Chapitre 13 : Gaïa
Au commencement du monde :
Je me promenais dans le nouveau palais. Il était fait d'or et de lumière, comme un second soleil, brillant dans l'obscurité même du monde. Papa venait de créer le « nouveau monde ».
J'avais dans l'aile ouest une magnifique serre. J'y cultivais toute sorte de plantes, enivrant l'air de doux parfums exquis. Père avait frappé fort.
Justement, je le vois, dans son bureau. Il regarde une boule de cristal. A l'intérieur se trouve un squelette encapuchonné de noir. Deux grandes ailes de la même couleur l'encadrent. C'est Erèbe, l'obscurité même. En m'approchant de l'embrasure de la porte, j'entends des bribes de conversation.
-... Je sais tout ça ! Mais ça ne m'explique pas comment la trouver, elle !
Chaos fulmine de rage. Ses yeux lancent des flammes à son interlocuteur - littéralement. S'il était présent dans cette pièce, il aurait été carbonisé.
-Je comprends, Seigneur. Mais tu vas devoir attendre. L'élue n'est pas encore née. Plusieurs millénaires peuvent passer avant qu'elle ne pointe le bout de son nez si délicat.
Sa voix est calme, mais si glaçante. Elle me fait froid dans le dos. Oui, moi, Gaïa, déesse de la Terre, j'ai peur. Je n'ai que l'apparence d'une petite fille, mon âme est déjà vieille. Mais la peur, elle, réside dans nos cauchemars. Et Erèbe n'est autre que l'incarnation même de mes peurs.
Mon père exclame sa rage en brûlant le mobilier. Ce qui fait disparaître le dieu de l'orbe.
-Je la trouverais... je la trouverais... et elle sera mienne. Même si ça me prend des siècles ! fulmine-t-il.
Aujourd'hui, lors de la guerre contre Gaïa :
Il fallait que je repense à cette histoire. Maintenant, alors que des misérables demi-dieux préfèrent me voir endormie. Et pourtant... pourtant, je ne peux m'empêcher de joindre Héra par la pensée.
Ma petite-fille.
Je la fais sursauter. Tant mieux.
Gaïa bredouille-t-elle.
Ravie de t'entendre, mon enfant. Ecoute ma mise en garde : tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a qu'une façon de me sceller. Et je l'accepterais. Mais sachée que tout à un prix : vous donnerez naissance à un monstre, capable de tout détruire d'un regard. Tu n'y pourras rien, les Parques y ont veillé. Elle se camouflera chez une adorable enfant. Mais chaque jour qui passe, le démon grignotera son âme pour prendre sa place. Chaos, mon père, sert cette cause depuis trop longtemps pour reculer maintenant. Sauve-la !
Héra gémit mentalement. Par la connexion, nous sommes reliées. Chaque coup, chaque brûlure que je prends, elle le ressent. Mon corps commence à lâcher. Je suis si fatiguée...
Comment faire pour l'arrêter ?
Sa question me permet de me reconcentrer. Pendant des siècles, j'ai cherché la solution à ce problème. Alors, d'une dernière volonté, je réponds :
Rien n'arrête la destruction.
Enfin des explications !
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L'Oracle de Delphes
