Disclaimer: cette série ne m'appartient pas, je ne cherche pas à me faire de l'argent en écrivant cette fiction.

Warning: cette histoire comprend quelques mentions de sexe. Rien de graphique mais je préfère prévenir.

Dire la vérité aux enfants

- Maman! cria Juleka en frappant à la porte de la chambre de sa mère. La répétition va commencer! Tu viens?

La porte s'ouvrit et Anarka apparut dans l'embrasure. Derrière elle s'étalaient des piles de vêtements, objets divers, vieux livres et meubles qu'on distinguait à peine. En effet, Anarka détestait ranger et ne supportait pas qu'on essaie de brider sa liberté. Avec son énergie habituelle, elle s'adressa à sa fille:

- Je sais! Commencez sans moi, je vous rejoins!

- Heu, Maman, est-ce que ça va?

- Bien sûr! Pourquoi tu dis ça?

- Ta tresse est à moitié défaite et…

Sa tresse était défaite et ses vêtements froissés, ce qui était inhabituel, même pour elle. Anarka fronça les sourcils et répondit:

- J'essaie un nouveau style de coiffure, c'est tout!

- D'accord… s'il y avait un problème, tu me le dirais, n'est-ce pas?

- T'inquiètes! J'ai le vent en poupe.

Pas convaincue, Juleka hocha la tête et alla rejoindre le groupe sur le pont. Anarka referma la porte, soupira et alla ouvrir celle du placard. Fred Haprèle s'y trouvait assis au milieu d'un tas de vêtements.

- C'est pas passé loin! s'écria-t-elle.

- S'il te plait, parle moins fort!

Anarka acquiesça et le mime sortit et récupéra ses vêtements jonchés à travers la pièce. Sa nouvelle petite amie était vraiment une bombe au plumard. Le seul problème, c'était qu'elle était à peu près aussi silencieuse.

- On va rejoindre nos moussaillons sur le pont? proposa-t-elle.

- Heu… s'ils me voient arriver comme ça, ils vont comprendre qu'on est ensemble!

- Alors on pourrait peut-être leur dire, tout simplement?

Fred resta songeur. Lui et Anarka avaient fait connaissance quelques mois plus tôt lors d'une réunion de parents d'élèves et le contact était passé tout de suite. Il appréciait son énergie débordante et elle trouvait son calme très reposant. Le seul problème, c'était que la fille de Fred et les jumeaux d'Anarka n'étaient pas encore au courant.

- Je me sens gêné pour en parler à Mylène, avoua Fred. Elle est tellement fragile, tellement sensible. Si tu avais vu sa réaction quand Laurence est partie. Elle a pleuré pendant des semaines!

- Ta Mylène avait cinq ans quand sa mère a pris le large. Elle a grandi et c'est une fille courageuse. Il en faut, du courage, pour militer comme elle le fait!

- Je sais, mais… Qu'est-ce qui se passerait si ça tournait mal? L'amitié entre tes enfants et la mienne pourrait en souffrir. Mylène est la prunelle de mes yeux, je ne veux pas que ça se passe mal pour elle.

- Nos filles sont copines de classe depuis des années, elles sont tout le temps fourrées ensemble, et Luka est un gars responsable. Ils sauront gérer ça!

Fred hocha la tête et acheva de lacer ses chaussures. Anarka avait raison. Sa fille et les enfants d'Anarka avaient probablement assez de maturité pour comprendre la situation. Cependant, il y avait encore une chose qui le gênait.

- Tu crois que tes enfants vont m'accepter? Je veux dire, c'est le rêve de tous les enfants de séparés, que leurs parents se remettent ensemble.

Ce que Fred n'osait pas dire, c'était qu'il se sentait désavantagé quand il se comparait au père biologique des jumeaux. En effet, Jagged Stone était une star du rock riche, populaire et célèbre dans le monde entier. Quel ado ne préfèrerait pas l'avoir pour beau-père plutôt que lui, un assistant d'éducation et mime à temps partiel, pas spécialement riche et pratiquement inconnu?

- Je sais pas ce qu'il en est pour ta Mylène, répondit Anarka, mais mes jumeaux ont bien compris qu'il n'y a plus rien entre le vieux pirate et moi.

- T'es sûre? J'ai plutôt l'impression qu'ils adorent leur père.

- Oh, c'est le cas! C'est même un peu contrariant quand on pense qu'il leur a tourné le dos pendant quinze ans. Mais ils savent qu'on ne se remettra pas ensemble. Jagged est avec Penny et franchement, je l'admire d'arriver à supporter le vieux pirate. Je ne sais pas comment elle fait!

- Ah?

- C'est pas le pire bougre de la Terre mais par moments, il se comporte vraiment comme un gamin. J'ai envie d'une relation avec un adulte, tu vois? Quelqu'un comme toi.

Elle l'attrapa par les épaules et il l'embrassa. Ensuite, elle s'assit sur le lit et il pensa un instant qu'elle allait lui proposer de refaire une partie de jambes en l'air. Mais elle lui tendit un élastique et s'enquit:

- Tu veux bien me refaire ma tresse, s'te plait?

Il s'exécuta. Elle pensa qu'il faisait ça très bien, assez serré pour que sa coiffure soit impeccable, assez souple pour que ça ne fasse pas mal. C'était rare, un homme qui savait faire ça. Et en même temps, ce n'était peut-être pas surprenant: un parent qui élève seul une fille doit forcément savoir la coiffer.

Sur le pont, le groupe avait commencé à jouer. La tresse terminée, Anarka remercia Fred, puis attrapa une boîte de bouchons d'oreilles et la lui présenta :

- On va les écouter?

- Vas-y sans moi, protesta-t-il. Je préfère attendre encore un peu.

- Bon. Tu me préviendras quand tu seras prêt.

Il acquiesça et elle alla rejoindre les enfants sur le pont.

A suivre...