Je m'appelle Eva Huautah, j'ai seize ans, et, quand on m'observe, personne ne devinerait que je suis née ici, à La Push. On me remarque malgré moi, avec ma peau claire et mes yeux verts qui semblent étrangers dans ce lieu. À chaque fois que j'en parle en dehors de la tribu, personne ne me croit quand je dis que je suis cent pour cent native chaque fois que je parle de mes origines.

Si les gens de la communauté de La Push ne se connaissaient pas tous depuis ma naissance, j'aurais sans doute été rejetée par mon peuple. Pour couronner le tout, je suis frêle et régulièrement malade. Le moindre coup marque ma peau de bleus, et chaque hiver, sans exception, j'attrape tous les virus qui passent…

En ce qui concerne ma personnalité, elle s'accorde bien avec mon apparence. Je suis quelqu'un de doux, prévenant, sensible — très sensible — et je porte souvent un air affolé sur le visage. Je suis presque trop naïve, je manque terriblement de confiance en moi, et sans Paul pour veiller sur moi, je me serai déjà fait dévorer toute crue par le premier imbécile venu.

Vous vous demandez sûrement qui est Paul. Eh bien, c'est mon meilleur ami depuis l'école primaire. Nous nous sommes rencontrés quand nous avions huit ans; il déménageait de Tacoma à la suite du divorce de ses parents. Paul est mon exact opposé et a tout d'un véritable Quileute : il a la peau mate, les yeux sombres, une carrure imposante. Je ne l'ai jamais vu malade de ma vie, sauf peut-être un rhume, une fois. C'est un garçon au caractère bien trempé, jaloux, possessif, dominant, et parfois — souvent — violent. Mais pas avec moi. Jamais!

Depuis notre enfance, nous avons pris l'habitude que je vienne passer tous mes week-ends chez lui. Chez lui, je me sens comme chez moi, et son père, Thomas, me considère comme un membre de la famille. Mes parents, eux aussi, traitent Paul comme leur fils, mais il vient rarement chez moi : je n'ai pas de console de jeu vidéo et pas de télé dans ma chambre… Vous comprenez!

À l'école, nos camarades pensent que nous formons un couple, mais nous avons toujours nié. Nous ne nous sommes jamais embrassés, on ne se tient pratiquement jamais la main, et la plupart du temps, il traîne avec ses copains plutôt qu'avec moi. Je ne suis pas amoureuse de Paul, et autant que je sache, lui n'est pas amoureux de moi. D'ailleurs, il a déjà eu des petites amies!

Pourtant, depuis l'année dernière, notre relation a pris un nouveau tournant… C'était un samedi matin, et je me suis réveillée brusquement, sentant le sexe de Paul appuyé ferme-ment contre mes fesses, à travers le tissu de son short. Il dormait profondément, respirant doucement, son bras passé autour de ma taille. Ce n'était pas la première fois que je remarquais ses érections matinales — il ne s'en était jamais vraiment caché et je savais que c'était fréquent chez les garçons. Mais c'était la première fois que je la sentais contre moi.

Et ça m'a fait quelque chose.

Je n'avais jamais pensé à Paul de cette manière avant ce jour-là, mais la sensation de son sexe contre moi m'a surprise… agréablement. Avant même de m'en rendre compte, j'ai commencé à remuer légèrement le bassin, et quand son érection s'est retrouvée pressée entre mes jambes, frôlant mon clitoris, je me suis pétrifiée d'un coup.

— Paul? ai-je murmuré, totalement paniquée.

— Hm? a-t-il répondu, se rapprochant encore dans son sommeil.

— Paul, réveille-toi ! j'ai supplié avec une pointe d'affolement dans la voix.

— Quoi? a-t-il grogné d'un souffle toujours endormi. Oh ! s'est-il exclamé en s'écartant précipitamment dès qu'il a compris.

Il s'est confondu en excuses, et j'ai essayé de le rassurer, lui disant que ce n'était rien, qu'il ne devait pas s'en faire. Restant de dos, j'ai continué de l'observer discrètement du coin de l'œil. Il s'est allongé sur le dos, son sexe encore tendu. J'ai remarqué qu'il a lentement glissé sa main dans son pantalon de pyjama. Avec une impulsion que je n'explique toujours pas, je l'ai retenu dans son geste et me suis tournée vers lui, le regard timide.

— Est-ce… Est-ce que tu me laisserais te faire une pipe? ai-je osé demander.

— Quoi? s'est-il étranglé, en écarquillant les yeux.

— J'aimerais bien essayer…, ai-je alors avoué dans un murmure.

Un sourire indéchiffrable se joua sur ses lèvres et après un silence tendu, il hocha la tête, visiblement aussi troublé que moi. Lentement, il a retiré son pantalon de pyjama qu'il a jeté au sol, une complicité silencieuse se tissant entre nous, quelque chose de nouveau. Quelque chose de différent…

J'ai glissé sous les couvertures afin de le prendre dans ma bouche. Délicatement, j'ai entamé des vas et vient. Je lui ai suçoté le gland, tout en faisant attention de ne pas lui faire mal par inadvertance. Très vite, il a accompagné mes mouvements en remuant les hanches, s'enfonçant un peu plus dans ma gorge.

Il m'avait murmuré de stopper, lorsqu'il a senti qu'il allait éjaculer, mais je continuai, emportée par l'instant. J'ai avalé sa semence, puis je suis remontée près de lui, le cœur battant.

— Tu aurais dû t'arrêter quand je te l'ai dit, m'a-t-il grondé doucement, les yeux encore pétillants.

— J'étais curieuse de goûter…, ai-je répondu en m'essuyant la bouche, un petit sourire coquin sur les lèvres, et je n'ai pas regretté.

En me regardant, il s'est léché les lèvres, un sourire en coin. Il s'est relevé lentement vers moi, nos visages étaient si proches que je pouvais sentir la chaleur de son souffle contre ma peau. Pendant un instant, nos yeux se sont défiés en une joute silencieuse qu'aucun de nous ne désirait interrompre. Son regard finit par s'adoucir, et il caressa mon bras délicatement.

— Et toi, ça va? a-t-il demandé, un brin de tendresse dans la voix.

— Oui, ça va, on peut se recoucher si tu veux, ai-je simplement répondu alors que j'avais du feu dans le bas du ventre.

D'un geste hésitant, il a appuyé sa main sur ma vulve à travers le tissu de mon pyjama. Une douce chaleur se propagea, et je frémis malgré moi.

— Tu es toute trempée, m'a-t-il susurré, me faisant frissonner de nouveau. Je vais m'occuper de toi.

Avec une tendresse inattendue, il m'a aidé à me rallonger, ajustant ma position comme pour prolonger cet instant hors du temps. D'un geste lent, il m'a retiré mon bas de pyjama avant de s'installer entre mes jambes. Je me suis abandonné à lui faire tout long, le laissant replier mes jambes et écarter un peu plus mes cuisses.

Puis, il s'approcha, et j'ai senti ses doigts m'effleurer doucement. J'ai mordu ma lèvre inférieure pour contenir un gémissement. J'ai serré les draps de mes poings tout en me tortillant légèrement. Il commença par me pénétrer d'un doigt, et bien que la sensation soit légèrement étrange au début, il s'est appliqué à me caresser le clitoris de son autre main. Ce fut tout de suite beaucoup mieux! Il trouva rapidement ce qui me plaisait, sa main se déplaçant avec douceur. Il a continué comme ça jusqu'à ce qu'il puisse mettre trois doigts en moi, faisant des mouvements de va-et-vient.

Le fait que ce soit lui me rassurait, et il a poursuivi son exploration de ma vulve, remplaçant ses doigts par sa langue. Ses gestes étaient sûrs, m'apportant un mélange de sensations que je n'avais jamais connues auparavant.

Il s'est redressé alors, ses doigts toujours présents en moi, afin de découvrir de mes autres zones sensibles avec soin… Il a tout d'abord pincé mes tétons, devenus durs. Il les a mordillés, léchés et suçotés, cherchant ce qui me ferait le plus réagir. J'étais consciente de son regard sur moi, de son attention, ce qui me faisait d'autant plus frissonner de plaisir.

C'est alors que j'ai décidé de prendre un peu de contrôle, mes mains explorant mon propre corps sous son regard captivé. Lui aussi, a trouvé son propre tempo… Il a saisi son sexe gonflant et s'est masturbé doucement au-dessus de moi, calant son rythme sur le mien. C'est alors que, dans un élan de passion partagé, nous avons joui ensemble, lui, éjaculant sur mon ventre.

— Excuse-moi, a-t-il dit en me tendant quelque chose pour me nettoyer.

— Ce n'est rien…, ai-je répondu, balayant ses excuses du revers de la main.

Je me suis redressée vers lui, un sourire timide aux lèvres.

— Merci pour…, ai-je déclaré en haussant les épaules.

— Pourquoi tu me remercies? a-t-il ricané, amusé. C'est plutôt à moi de le faire…

Depuis ce jour, Paul et moi avons continué à partager des moments comme celui-ci. Lorsque nous nous voyons, nous couchons ensemble, généralement de manière impulsive et souvent intense. Bien que nous n'ayons pas encore défini notre relation, nous sommes sûrs d'une chose : nous ne faisons pas l'amour. Nous ne sommes toujours pas un couple, et même si nous partageons une certaine intimité, nous ne nous sommes jamais embrassés.

Nous ne nous tenons quasiment jamais la main et il passe toujours plus de temps avec ses amis qu'avec moi. Je n'ai toujours pas de sentiment amoureux pour lui, et pour autant que je sache, il ne semble pas en éprouver pour moi.

— À quoi tu penses? me demande-t-il, me tirant de mes réflexions.

Il me fixe, ses mains me caressant le cul tandis que j'ondule au-dessus de lui.

— Allez, dis-moi, insiste-t-il. Sinon je vais te mettre la fessée ! argumente-t-il en claquant légèrement une fesse de sa main droite.

Je soupire et me mords la lèvre inférieure.

D'un mouvement agile, il inverse notre position et se retrouve au-dessus de moi, ajoutant une nouvelle énergie à notre jeu.

— Dis-moi où je m'arrête ! me menace-t-il.

— Très bien, soupiré-je. Je pensais à nous.

— Quoi? s'étrangle-t-il, avant de se stopper net.

Je grogne et lui donne une petite tape sur les fesses, et il reprend rapidement.

— Pas comme ça ! dis-je. Tu te souviens de notre première fois?

Il sourit, amusé, avant d'accélérer son rythme.

— Oh, oui bébé ! affirme-t-il.

Je vois soudain son regard s'assombrir, plein d'un désir nouveau. Mes mains accompagnent ses mouvements en caressant mon clitoris, et nous finissons par jouir à quelques minutes d'intervalle. Il se retire et jette son préservatif usagé dans la poubelle. Il est nu, luisant de transpiration. Bon Dieu, ce qu'il est sexy!

Récemment, il avait eu quelques poussées de croissance et commençait à développer une musculature parfaite. Je ne pouvais m'empêcher de désirer lui sauter dessus dès que je voyais ses pectoraux qui dépasse de ses t-shirts devenus trop petits pour lui!

Je sors du lit et entreprends de ramasser mes vêtements éparpillés au sol. Alors que j'enfile ma culotte, il m'arrête.

— Qu'est-ce que tu fais?

— Je m'habille, expliqué-je en fronçant les sourcils. Ton père va bientôt rentrer et je ne voudrais pas qu'il nous trouve complètement nus dans ta chambre.

— Il ne rentre pas du week-end et ce n'est pas dans mes projets de te déshabiller à nouveau quand je voudrai te prendre dans la cuisine.

Je remonte mon pantalon et lui lance un sourire narquois. Son regard s'obscurcit, trahissant un mélange de colère et de désir.

— Ne me contrarie pas, gronde-t-il.

— Ou quoi? Tu vas me punir? je me moque, un sourire aux lèvres. Tu sais très bien que j'adore ça ! ajouté-je, avec un clin d'œil.

Je m'habille rapidement, oubliant volontairement mon soutien-gorge, sachant qu'il raffole quand je n'en porte pas.

Je quitte la chambre et me rends au salon pour regarder un peu la télévision. Un match de hockey est diffusé, et j'aimerais savoir quelle équipe mène.

— Eva, j'ai changé d'avis, je ne vais plus te baiser du week-end, et ça sera tant pis pour toi, me dit-il, d'une voix résolue. À la place, on va faire une compète sur Mario Kart.

Je ricane en le voyant s'installer avec sa manette de jeu dans les mains. Il pense vraiment que ça me dérange? Oui, j'adore quand on couche ensemble, mais j'aime surtout passer du temps avec mon meilleur ami.

— On termine de regarder le match, et, je te fous la raclée de ta vie, mon petit pote ! je réponds en riant, me moquant ouvertement de lui.