Et voici comme d'habitude la version française ! J'espère qu'elle vous plaira ! Pour être honnête, j'ai du mal à écrire Niffty, donc j'espère qu'elle ne sera pas trop OOC ...
En tout cas bonne lecture à tous et, je ne le dis pas, mais merci pour vous commentaires ! Je les lis tous :)
Depuis leur petit pari, Vaggie était moins distante avec lui. Cela avait surpris Alastor mais il avait fini par apprécier cette nouvelle proximité. Non seulement d'être une excellente nouvelle pour la manipulation de Charlie (qu'avait-il de plus proche de la personne que vous souhaitiez manipuler que sa partenaire actuelle!), il avait trouvé en Vaggie un caractère bien plus malicieux qu'il ne le pensait au début.
Elle avait certes un caractère militaire, autoritaire et une détermination sans faille tournée pour le projet de Charlie, il avait néanmoins constaté qu'elle savait utilisé son intelligence manifeste avec malice pour manipuler les résidents considérés comme «récalcitrants». Lorsque la sévérité ne fonctionnait pas, elle usait alors de paroles qui, selon Alastor, frôlait le mensonge. Parfois, quand elle constatait qu'un de leur client n'était pas réceptif, elle argumentait pour lui faire faire ce qu'elle désirait. Loin, très loin, de la manière suave qu'Alastor usait, et toujours avec un ton ferme, mais elle utilisait une logique plus que douteuse pour berner sa victime.
Lorsqu'elle constatait qu'Alastor la voyait en action, elle se contentait d'un rougissement, d'un froncement de sourcil et d'un doigt d'honneur avant de s'en aller. Il allait sans dire que le Démon Radio appréciait de plus en plus l'ex-Exorciste, à sa propre surprise.
Les bonjours polis et les altercations amicales de la petite ange ne passa pas sous le radar de Charlie. La Princesse ne fit aucune remarque mais ces regards longs et ces sourires radieux en disaient plus que tous les mots qu'il connaissait. Il gagnait des points, et c'était à son avantage. Ce qui le surprenait, cependant, était que ce n'était pas quelques choses qu'il avait planifié. Jusqu'à maintenant, il avait toujours eu le contrôle sur les relations qu'il établissait, afin que celles-ci lui soient le plus lucratif. Se lier d'amitié avec un humain sans but n'avait aucun sens, qu'importe ce que lui répétait Angel, lors de leur rare moment de beuverie. Cependant, il ne se fiait pas trop à ce que le Pécheur Araignée lui disait. Il était trop sentimental, et même si son intelligence émotionnel était importante, elle était clairement biaisé par son besoin constant d'attention.
Pour Alastor, de toute sa vie et de toute sa mort, un lien humain avait un objectif. Personne n'entamait une conversation sans avoir une idée en tête qu'elle soit bienveillante, comme pour demander de l'aide, ou bien malveillante, comme pour abuser de la bonté d'autrui.
Le Démon Cerf était un homme réfléchi. Il avait compris que s'il voulait vivre dans ce monde rempli de requins, alors chacune de ces actions devaient être calculées, chaque gestes mesuré, chaque mot précis. Il avait toujours eu un esprit très cartésien et cela lui allait très bien.
La seule personne qui ne rentrait pas dans son cadre de manipulation habituelle était Niffty, mais pour une raison d'une simplicité effrayante: elle était purement et incroyablement imprévisible. Elle n'était pas saine d'esprit, c'était la seule chose qu'il pouvait réellement et concrètement dire sur elle qui ne soit pas erronée. Elle avait une obsession pour les insectes aussi, mais son rapport avec ces derniers étaient des plus étranges. Elle les décimait dès qu'elle les voyait mais, parfois, sans aucune raison apparente, elle se figeait et les observer vivre comme s'il s'agissait de l'une des merveilles du monde. Puis, elle reprenait leur extermination avec une ferveur qui occultait la folie.
Il aimait beaucoup Niffty. Non pas comme il aimait Rosie, qui était une amie qui le comprenait et avec qu'il avait des discussions sensées! Mais plus comme un animal de compagnie qu'on avait oublié de dresser et qui se débrouillait comme il le pouvait. Elle était erratique, insensible, maniaque, obsédée, et tout cela l'amusait avec ferveur. C'était passionnant à observer et c'était un atout majeur dans ses cartes. Petite, d'une apparence faible, mais avec la dangerosité d'un piranha. C'était parfait. De plus, le contrat avait été simple: elle lui obéissait au doigt et à l'œil et il lui laissait le champs libre pour effectuer la tâche qu'il lui demandait. Elle n'avait même pas eu la présence d'esprit de se rendre compte que ce contrat n'était nullement à son avantage, mais il s'en fichait. Ce n'était pas son problème après tout.
La petite créature était cependant un peu invasive et, bien qu'il lui permettait quelques rapprochements, il n'appréciait nullement être touché. Elle avait tendance à grimper sur lui, à se positionner sur son épaule, à sauter sur sa tête et à écarter ces oreilles. Cela le faisait à chaque fois frémir et un son statique sortait de sa bouche alors qu'il enlevait délicatement l'intruse de sa personne. Son rapport au touché avait toujours était … conflictuel. Il aimait quand il était celui qui pouvait contrôler celui-ci, pas celui qui le subissait. Cela lui rappelait bien trop souvent les gifles et les coups de bâtons de son géniteur alors que, enfant, il n'avait rien fait pour mériter un tel châtiment. Le bonheur d'avoir planté la fourche dans la gorge de son paternel, cependant, avait été un délice.
Il faisait nuit rouge en Enfers et Alastor se baladait dans les couloirs de l'Hôtel. Charlie, suite à des disputes de plus en plus fréquentes et de plus en plus dangereuses, avait exigé un couvre-feu pour ces résidents. Plus personne ne devait être en dehors de leur chambre à partir de 23h. Angel lui avait gentiment fait remarqué qu'il n'y avait pas assez d'horloge dans l'Hôtel mais son horrible père, toujours prêt pour faire plaisir à sa fille, avait créer des multitudes de pendules les plus abjectes les uns des autres, toutes personnifiés selon le résident qui le possédait. Le sien ressemblait à une crotte de cerf. Il s'en était débarrassé dès la première occasion.
Toujours est-il que la nuit, à tour de rôle, le personnel de l'Hôtel faisaient des rondes pour constater s'il y avait un irrespect des règles établies. Le plus souvent, si ce n'est tout le temps, patrouillaient Vaggie, Husk et Alastor. Vaggie car elle était responsable de l'Hôtel et qu'elle savait se battre, Husk car de toute manière il passait ces soirées à boire et Alastor qui de toute manière n'avait pas besoin de beaucoup de sommeil. De plus, à son plus grand contentement, la menace de se faire attraper par le Démon Radio était suffisante pour faire trembler les résidents au fond de leur lit soyeux.
Il se trouvait au premier étage, dédié aux activités de groupes de Charlie pour la rédemption. En plus d'avoir des salles de classes pour les illettrés, il y avait une pièce de musique, un petit amphithéâtre, un atelier pour les travaux manuels, une bibliothèque pour s'instruire, ainsi que diverses pièces dont il ne se souvenait plus la fonction.
Si le Démon Cerf détestait sa forme animal démoniaque, celle-ci avait néanmoins l'habilitée accommodante de posséder une bonne ouïe. Et cette nuit-là, dans le silence muet de l'étage, un faible sanglot résonna d'une salle de classe. Son sourire se fit plus carnassier et ces yeux se transformaient déjà en cadran. Il allait rapidement faire disparaitre la tristesse du résident face à l'horreur de sa présence. Via ces ombres, il se téléporta dans la pièce qu'il envahit d'obscurité. Il sortit, tel un fléau biblique, prêt à déverser sa colère sur sa pauvre victime. Il perdu toute consistante quand il se rendit compte de la minuscule créature qui pleurait devant lui. L'œil unique de Niffty coulait à flot, inondant le bas de son petit visage qui était crispé de détresse. Elle tenait dans ces minuscules mains un énième cafard qui semblait en tout point décédé, bien que cela ne soit pas de manière criminelle. Au contraire, il semblerait que l'insecte soit mort tout simplement de vieillesse. Il regarda, de manière incrédule, la petite servante qui continuait à geindre. Il ne comprenait pas vraiment la raison d'un tel état et, très sincèrement, il ne voulait pas savoir. Il n'avait ni la patience ni la compassion pour être un soutien émotionnel. Le terme même l'aurait fait hurler de rire si la situation n'avait pas été des plus déconcertantes. Niffty était certes imprévisible, mais il était pourtant claire qu'elle ne portait pas dans son cœur les arthropodes. Pourtant, son visage dévasté signifiait bien que la disparition de cette vermine particulière semblait la toucher. Il ne bougea pas quand elle bondit sur lui et se mit à pleurer sur son épaule. La stupéfaction laissa rapidement place au dégout qui s'afficha rapidement sur ses traits et il voulut se dégager de l'étreinte imposée le plus rapidement possible. Il pouvait, de bien des manières, éloigner la misérable créature de sa personne. Il était tout à fait apte à l'arracher avec ces bras, ces tentacules noires, à se téléporter à travers son ombre pour s'extraire de ces minuscules bras qui l'enserrait. Cependant, il ne fit rien quand, dans un souffle brisé et misérable, elle murmura:
«Il ne reviendra pas.»
Et là, le cœur glacial d'Alastor se figea d'une douleur qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. Une cicatrice qu'il pensait avoir longtemps pansait et qui avait disparu dans les méandres du temps. En cet instant précis, il se rappela. Il se remémora ce minuscule carouge à épaulette qu'il avait récupéré après que son nid n'ait été détruit. Sa mère lui avait de suite appris à s'occuper de l'animal, à lui confectionner un nid, à le nourrir, avant que deux jours plus tard, son géniteur ne l'écrase volontairement sous sa botte avant de les battre pour avoir réaliser une action sans son autorisation. Alastor avait donc pleuré dans les bras de sa mère la perte de son petit Armstrong et lui avait dit ces exactes paroles. En réponse, avec son sourire éclatant malgré les bleu et les dents jaunâtres, elle lui avait fredonner une chanson de son cru, un petit air de jazz qui parlait de la montée au ciel pour toutes les êtres vivants, qu'ils soient animaux, noires ou blancs.
Sans se rendre compte de ce fait, il chantonna cette mélodie qu'on lui chuchotait à l'oreille, comme si sa propre mère était descendue du Paradis pour la lui rappeler. Il berça lentement la petite femme, portée par sa propre nostalgie. Alors qu'elle commençait à se calmer, sa respiration erratique reprenant un rythme plus lent et contrôlé, il entendit furtivement des pas s'éloigner dans le couloir. Il désirait envoyer une de ses invocations afin de vérifier de qui il s'agissait mais son attention se retourna rapidement vers le petit être dans ces bras.
«C'est jolie, comme chanson.» sanglota-t-elle encore un peu, alors qu'elle essuyait son visage contre sa veste.
«C'est une création d'une personne qui m'était très chère.» répondit-il, simplement, alors qu'il l'éloignait et, d'un geste, nettoya toute trace de morve et de larmes de son costume.
Pour une fois, Niffty sembla timide, comme si elle voulait demander de qui il s'agissait mais qu'elle savait que cela ne lui n'était pas permis, ce qui était bien plus malin de sa part que ce qu'il s'imaginait.
«Merci.» finit-elle par chuchoter en regardant le cadavre du cafard, raid sur le dos. Bien qu'il s'en fichait, il jeta un œil à la servante.
«Ma chère.» commença-t-il, de sa voix la plus douce et suave «Pourquoi un telle réaction face à la mort de …» il ne savait pas réellement comment continuer. Au vu de l'état de la jeune femme, traiter cet insecte de vermine lui semblait inapproprié, tout comme il l'aurait été pour Armstrong.
«Sinatra.» le nomma-t-elle. «Je le connais depuis le jour où il est sorti de son œuf. J'ai essayé de l'éliminer un nombre incalculable de fois. J'ai tout fait, vraiment tout. Mais en 1 an, j'ai jamais réussi ne serait-ce qu'à le toucher.»
Un larme coula de son œil.
«J'aurais voulu le tuer de son vivant.»
Une logique douteuse mais venant d'un esprit malade. Bizarrement, pour Alastor, cela avait du sens, ce qui en disait long sur lui. Il préféra ignorer cette question. D'un geste presque amicale, il prit la petite femme dans ces bras.
«Je te ramène dans ta chambre.» lui assura-t-il, alors qu'elle lui jetait un œil légèrement surpris. «Prends le temps qu'il te faut pour faire ton deuil, je m'occuperai des tâches ménagères jusqu'à ton rétablissement.»
Elle ne répondit pas, l'œil cyclique posait sur lui alors qu'elle déposa sa tête sur son épaule, trop épuisée par sa détresse pour faire un mouvement de plus.
Il se contenta de se diriger vers sa chambre en silence.
Cela faisait plusieurs jours que Niffty était enfermée dans ses quartiers, et dès lors que quelqu'un voulait la voir, ne serait-ce que pour prendre de ces nouvelles, Alastor les décourageait, prétestant qu'elle était dans une phase meurtrière et qu'il avait, pour le bien des résidents, pris la décision de l'enfermer dans sa chambre.
Au vu des nombreuses réticences de sa famille adoptive, il avait fini par mettre un bouclier à sens unique autour de la pièce de la petite servante. Cela avait fait grand débat, un jour, dans la cuisine, alors que Charlie s'indignait de se traitement.
«Tu ne peux tout simplement pas nous empêcher de la voir!» lui assura-t-elle, d'un ton autoritaire mais bienveillant.
«Bien évidemment que je le peux!»lui répondit-il en sirotant sa tasse de thé avec son élégance habituelle. «Charlie, très chère, bien qu'elle soit ton amie, elle n'en reste pas moins ma propriété. Et pour la sureté de tout le monde, dont nos nouveaux résidents, il vaut mieux attendre qu'elle recontrôle ces pulsions.»
«Mais elle doit se sentir si seule!» fini par dire la Princesse, révélant enfin la véritable raison de son entêtement.
«Bébé.» intervient Vaggie en lui prenant la main. «Si Alastor juge qu'il vaut mieux l'isoler pour l'instant, alors il faudrait peut-être l'écouter
«Elle a pas tort.» intervient Angel. «Elle a tendance à vouloir tuer les insectes et je suis une araignée. J'fais confiance à Smiley.»
«Vous avez surement raison.» fini par concéder Charlie et son visage exprimé une véritable peine.
«Est-ce que c'est vrai?» intervient soudain une voix angélique qui fit se tendre Alastor sur sa chaise. Il ne tourna même pas le regard vers le Roi, sa présence même confirmé que ces yeux n'étaient pas centrés sur lui. L'attention de l'Ange Déchu était sur Husk qui n'avait pas dit un mot de la discussion, dégustant ce qui semblait être un mélange de céréales et de confitures. C'était un véritable problème. A son grand dam, Lucifer avait largement la possibilité de détruire son œuvre et donc, de dévoiler aux yeux des autres qu'Alastor leur avait honteusement menti. Le Gérant et le Barman n'échangèrent même pas un regard, aucune menace indirecte ne fut réalisée avant que le Démon Chat réponde d'un ton naturel:
«Ouais, ça lui arrive assez rarement mais quand c'est le cas, c'est un massacre. Vous devriez laisser faire le boss pour cette fois, votre Majesté.»
Le mensonge coula des lèvres d'Husk avec une fluidité et une transparence que personne dans la salle ne vit l'eau trouble du ruisseau. Le Démon Radio posa ses yeux sur le Démon Chat, son visage toujours impassible mais celui d'Husk était plus mystérieuse. Quand il posa ses iris jaunes sur lui, une boule de rage se forma dans son abdomen et il lui fallut tout son contrôle pour ne pas éliminer cette peste. Le message qu'il venait de lui transmettre était limpide: il savait.
