Journal de la revieweuse
Lilinnea : Diantre ! J'ai été découverte ! XD Mdr je ne sais pas comment gérer autant de ressemblance, ça va me mettre une sacrée pression en plus lol.
Je peux répondre à ta question concernant le programme de Reis. En fait, ce n'est pas qu'il n'a pas le droit d'en parler, c'est que lui-même est un peu dans le flou. Ysée n'a pas défini de profil au démarrage et donc, il ne sait pas exactement son but précis. Il a une ligne directrice mais aucun détail si tu veux. Ne t'en fais pas, on aura de plus en plus de détails au fur et à mesure.
Début de collocation !
CHAPITRE 4 - PREMIÈRES OBSERVATIONS
Ysée passa le restant de l'après-midi dans sa chambre, rivée sur le programme de traitement de texte de son ordinateur portable et écouteurs vissés dans les oreilles. Hélas pour elle, sa session d'écriture ne fut pas des plus productives car ses pensées dérivaient régulièrement vers Reis. Ce dernier n'avait pas cherché à réitérer une approche mais d'une certaine façon, il revenait à la charge par le biais d'un écho net et vibrant :
« Programme-moi, Ysée. »
La jeune femme fronça du nez. Tu parles. C'était le boulot de Nell et de son crush, pas le sien.
« Sérieux... Moi ? Pff... »
Non, vraiment, rien n'allait là-dedans. Elle chassa néanmoins rapidement la fugace pensée de laisser tomber et d'éteindre l'androïde. Elle aurait trop l'impression de le « tuer ». Fichus robots trop réalistes. On ne s'encombrait pas d'autant d'état d'âme avec la domotique ou autres IA trouvées sur le net.
D'un autre côté, par égard pour le travail acharné de Nell, elle pouvait au moins juste surveiller Reis de loin pour s'assurer que son comportement basique n'avait rien d'anormal. Ce n'était que l'affaire de quelques jours, après tout...
Ysée effaça le dernier paragraphe qu'elle venait d'écrire après avoir eu à le relire trois fois pour enfin se rendre compte que rien ne reflétait ce qu'elle voulait retranscrire. Un soupir frustré gonfla ses joues et elle referma son ordinateur pour s'étirer avec aise avant de se raidir en voyant l'heure avancée. Il était temps d'aller s'occuper du dîner.
Quand elle descendit au rez-de-chaussée, elle retrouva Reis qui divertissait Siam en agitant un bouchon de liège accroché au bout d'une ficelle. Il se remit debout en voyant Ysée arriver et la suivit des yeux vers la cuisine pour ouvrir les placards à la recherche de quoi préparer.
Il prit le temps d'analyser son visage absent pendant qu'elle fredonnait du bout des lèvres l'air qui se diffusait dans ses écouteurs. Elle semblait indifférente à sa présence.
« Je peux t'aider ? »
Elle leva les yeux vers lui, un peu surprise.
« Tu sais cuisiner ?
_ Ce n'est pas ma fonction première mais je peux trouver des idées selon ce qu'il y a.
_ Vas-y, pour voir ? »
Ysée n'aimait pas cuisiner et n'avait aucune imagination ; cette proposition était la bienvenue. Reis la rejoignit et se posta devant les placards ouverts qu'il scanna rapidement avant d'inspecter ensuite le frigo. Ses yeux verts se voilèrent de flou un instant puis il se tourna vers l'humaine.
« Il y aurait de quoi faire des nouilles sautées au wok avec des légumes. »
Son interlocutrice manqua de s'étrangler. Si on était peu regardant sur sa technicité, elle aurait pu préparer ce plat mais elle anticipait avec réticence le temps de préparation et l'amont de vaisselle qui, pour elle, ne contrebalançaient pas le plaisir de la dégustation. Pour Ysée, la cuisine n'était pas un plaisir mais une corvée.
« Tu n'as pas plus simple ? Entre tous les légumes à couper, les nouilles à cuire, la...
_ Si on s'y met à deux, ce sera plus simple. »
Elle fit la moue. Après tout, les androïdes étaient prévus pour assister les humains, non ? Autant en profiter.
« D'accord. Va pour le wok. Mais avant... »
La jeune femme retourna un instant dans le salon pour se diriger vers Siam qui s'était installée sur le fauteuil. Elle prit la frimousse brune du félin en coupe et lui grattouilla le cou.
« Il y en a une qui doit avoir faim aussi, hein, ma beauté ? Et après manger, on ira te brosser. »
Reis eut ainsi la confirmation que sa colocataire humaine était capable de grands sourires fondants... et qu'elle était complètement gaga de ce chat. Il retint un sourire en coin face au drastique changement de comportement d'Ysée puis s'attela à sortir les ingrédients pendant que la jeune femme remplissait de croquettes la gamelle de Siam.
Après avoir mis l'eau à bouillir et préparé la quantité de pâtes, elle alla chercher les couverts pour mettre la table.
La voix de Reis l'interpella alors qu'elle avait presque terminé.
« Deux couverts ? Tu attends quelqu'un ? »
Elle s'arrêta avant de lever les yeux au ciel avec un soupir. Quelle idiote.
« N'importe quoi... maugréa-t-elle pour elle-même. Merci d'avoir relevé. »
L'androïde la guetta avec attention. Le fait d'avoir pensé à préparer une assiette pour lui l'intriguait, autant que le remerciement qu'elle lui adressait.
« Je pensais que tu faisais partie de la catégorie d'humains qui apprécient moyennement les androïdes.
_ Non. Je fais surtout partie de la catégorie qui associe votre image ultra-réaliste à un être humain, c'est tout, répliqua-t-elle. Et puis, je n'ai pas l'habitude de côtoyer un androïde d'aussi près et aussi longtemps. J'ai surtout croisé dans ma vie des androïdes employés de caisse. »
Reis préféra ne pas prolonger l'échange car il décelait au ton employé par Ysée un léger embarras qui traduisait son sentiment d'avoir eu l'air ridicule.
« Merci quand même. »
Il serait toujours plus positif pour lui de faire face à une personne qui n'éprouvait pas de profond ressentiment envers les machines.
La jeune femme haussa les épaules avec désinvolture sans prêter plus attention à l'androïde et commanda à la télévision de s'allumer pour avoir un fond sonore qui diluerait le silence entre elle et Reis. L'écran s'alluma sur les pubs et l'une d'entre elles se centrait sur CyberLife et ses derniers modèles révolutionnaires.
Elle observa les visages des robots destinés aux travaux de bricolage de la maison ou les assistants ménagers qui étaient présentés. Force était de constater que, bien que dotés de figures affables et harmonieuses, ils étaient bien loin de la beauté pourtant simple de Reis. Ce prototype qu'elle épiait en train d'éplucher des carottes semblait avoir été trop bien conçu et détaillé par rapport à ses homologues assistants.
Ysée papillonna des paupières quand elle s'aperçut qu'elle était bien trop absorbée par sa contemplation, les yeux de Reis dirigés dans les siens.
« Tout va bien ?
_ O-Oui, oui, se reprit son interlocutrice en s'ébrouant de gêne. C'est cette pub. Je me demande vraiment à quoi pensait CyberLife quand ils t'ont modelé. Pourquoi un androïde voué à l'aide sociale a-t-il besoin d'être aussi... »
Elle s'interrompit en lui tournant le dos pour cacher la grimace qu'elle arborait.
« Aussi quoi ? » demanda Reis avec innocence.
Nouvelle vague de honte chez l'humaine dont le silence mettait à mal l'algorithme de l'androïde qui ne comprenait pas.
« Je suis une machine, Ysée. Je suis incapable me vexer. »
Ysée se fit encore plus petite. Ce n'était pas faux, mais ce n'était pas à ce type de réaction qu'elle pensait. Cela restait un peu embarrassant pour elle qui peinait à dissocier androïde et être vivant.
Elle reprit le poivron qu'elle avait commencé à découper, rentra la tête dans les épaules et ses longs cheveux châtains méchés de caramel retombèrent autour de ses joues pour former un rideau salvateur.
« Aussi... bien fait, lâcha-t-elle d'une voix bougonne quasi imperceptible. D'accord, c'est pour du social, il faut que tu ais l'air avenant. Mais quand même... »
Oui, elle se posait assurément la question. Et ces options de personnalisation...
La LED de Reis ondulait doucement par vagues lumineuses. Elle venait... de le complimenter ?
« Tu me trouves beau ? traduisit-il, aussi naturel que direct.
_ C-C-C'est une chose qui ne se demande pas, Reis ! siffla Ysée, le visage en feu. Jamais. Il y a des questions pièges comme ça qu'il ne faut pas poser.
_ Ah bon ?
_ E-Exactement. Ça peut gêner ton interlocuteur. C'est comme quand un collègue de travail te demande si tu veux voir une photo de son gamin. Tu n'en as strictement rien à faire et tu n'en as pas envie mais tu te sens obligé de répondre « oui » par bienséance. »
Court silence analytique.
« Alors, tu as menti ? répliqua Reis.
_ Non, mais...
_ Oh. Dans ce cas, merci. Mais c'est aussi un peu grâce à toi. C'est toi qui m'a personnalisé. »
Ysée manqua de laisser retomber sa tête contre sa poitrine tant elle était dépitée. Cet échange était tellement gênant...
La jeune femme fit de son mieux pour reprendre une posture détachée et entreprit de découper son poivron avec énergie.
« Bof. J'ai vu des RPG plus généreux dans la création d'avatars que ce que tu proposais.
_ Tu t'es quand même attardée vingt-sept minutes et trente-deux secondes sur mon mode personnalisation. »
Il cilla de surprise quand elle fit volte-face pointa un index accusateur vers lui.
« Stop. Fin de la conversation. Et vérifie que tes paramètres de franchise n'ont pas été mis en mode ultra. »
L'androïde la considéra en silence, très attentif à ce visage tendu face à lui. Il se retint de lui faire remarquer qu'en l'absence de profil défini lors de sa mise en route, il était normal pour lui d'être maladroit dans ses réactions. Elle n'était pas vraiment en colère mais elle n'avait de toute évidence pas apprécié la conversation. Cela étant, cela lui permettait d'ajuster certains aspects de son comportement. Être moins direct et mettre plus de décorum.
Il acquiesça pour l'apaiser avec un léger sourire reconnaissant pour sa patience.
« Je ferai attention. »
La suite de la préparation du repas se déroula dans un silence religieux entre Reis qui obéissait à son ordre et Ysée qui se répétait en boucle qu'elle faisait face à un robot et qu'elle n'avait aucune raison de se trouver bizarre de trouver un androïde beau. On disait bien qu'une voiture était belle, quelle différence y avait-il ? Aucune. On parlait de ma-chi-nes.
Non. Il n'y avait aucune différence. Ce fut pourtant avec un grand soin qu'elle ignora Reis jusqu'au moment de passer à table. La jeune femme se servit une portion de nouilles sautées et commença à manger avec plaisir pendant que Reis s'occupait d'une partie de la vaisselle.
« C'est délicieux, se réjouit-elle. Même sans être spécialisé, tu as su te débrouiller.
_ Ce n'était pas difficile. Ce ne sont que des instructions à exécuter comme demandé. »
Le regard d'Ysée se voila dans le lointain. Des instructions à exécuter. Oui. Forcément, vu comme ça, c'était facile. Les androïdes savaient peut-être saisir les nuances infinitésimales des interactions humaines, ils conserveraient à jamais leur binarité implacable de machines. Faire ou ne pas faire. Capable ou incapable. Correct ou incorrect.
Quelques coups de fourchette de nouilles plus tard , elle remarqua que le silence était revenu dans la cuisine. Un coup d'œil par-dessus son épaule lui indiqua que Reis avait terminé et il attendait sagement sans bouger, les mains dans son dos.
« Ne reste pas là. Viens t'asseoir avec moi, même si tu ne manges pas, l'invita la jeune femme. Ça fera toujours moins bizarre que de rester planter dans la cuisine. »
L'androïde s'exécuta et s'installa aux côtés de l'humaine. Elle n'avait pas menti quand elle avait avoué voir des êtres vivants et non des machines à travers les androïdes. En dépit de son côté un peu réservé, Ysée faisait montre d'égard envers lui. Il appréciait cela.
Il était certes mieux pour Ysée de ne pas avoir quelqu'un qui la guettait dans son dos comme un majordome mais il était toujours étrange d'être deux à table alors qu'elle était la seule à manger. Bien qu'elle était du genre à préférer le silence aux conversations sans fond, elle se sentit vite obligée de chercher comment rendre son dîner moins pesant.
« Votre anatomie d'androïde n'est vraiment pas conçue pour ingérer d'aliments ? finit-elle par demander, autant par curiosité que pour briser le silence.
_ À terme, je pourrais sans doute le faire, confirma Reis. Cette fonctionnalité sera intégrée plus tard. Pour le moment, mon développement comportemental est le plus important. »
Son interlocutrice fut surprise. Les seuls androïdes jouissant de ce type de caractéristiques aussi poussées dans le réalisme étaient ceux qui vivaient au plus près des humains comme ceux qui pouvaient servir de partenaires – de vie ou sexuels - ou encore ces enfants-robots qui pouvaient soulager les couples en mal d'enfants.
Ce type d'androïde pourtant très en vogue aux États-Unis était actuellement interdit en France car le gouvernement ne reconnaissait pas à ce jour la possibilité d'accorder un statut d'être à part entière aux robots. Des associations sociales et familiales bataillaient dur pour faire changer les choses, mais le corps dirigeant tenait bon.
Malgré tout, il n'était pas rare de trouver de temps en temps sur internet des histoire glauques d'androïdes dont le programme avait été modifié par leur propriétaire pour s'adonner à tout et n'importe quoi jusqu'à sombrer dans l'ignoble. La jurisprudence peinait alors à déterminer les sentences en cas de débordement avéré car il régnait un flou persistant sur le statut des robots.
La jeune femme réprima un frisson glacé à ce type de souvenir. Heureusement, Reis n'était pas ce type d'androïde. CyberLife n'avait aucune autorisation gouvernementale pour se lancer dans la production d'androïdes de compagnie. Rendre tous les robots dédiés à l'aide sociale – et donc amenés à vivre avec un humain - capables de « manger » ne devait être que l'étape suivante vers une humanisation plus réaliste.
« Au moins, tu ne coûtes pas cher en nourriture, concéda Ysée.
_ Oui, quelques millilitres de thirium de temps en temps pour assurer le bon fonctionnement de mes biocomposants n'est pas cher payé. Et ce que j'ingère, je le garde, contrairement à vous. Je ne coûte pas cher non plus en chasses d'eau ou en papier toilette. »
Le regard doucement rieur de Reis se heurta aux gros yeux réprobateurs de la jeune femme.
« Reis... » gronda-t-elle en retenant néanmoins un sourire amusé.
Celui-ci opina du chef en pinçant son sourire, satisfait que son trait d'humour ait fonctionné.
Après le repas, tous deux se partagèrent le rangement. Quand Ysée lui tendit la deuxième assiette à mettre dans le lave-vaisselle, le regard de Reis s'accrocha à un petit bracelet-manchette qui ornait le poignet de la jeune femme et sur lequel était gravé son prénom à côté d'un cabochon de pierre mauve. Cette vision généra une interrogation en lui.
« Ysée, pourquoi m'as-tu appelé Reis ? »
L'interpellée parut surprise de sa question.
« Ce n'est pas un prénom commun. Du moins en France. Moins de dix naissances en moyenne par an, étaya-t-il pour se justifier. Ça m'intriguait. »
Le visage de son interlocutrice se referma un peu de réserve sans afficher toutefois plus de rancune ou d'embarras. Elle garda le silence pendant qu'elle lui donnait les derniers couverts. Reis croyait pourtant qu'il s'agissait d'une question anodine ; il ne s'attendait pas à une réaction si tiède.
« Ça vient d'un personnage de fiction ? » essaya-t-il avec curiosité.
Ysée remua un peu.
« On peut dire ça. »
Reis se tut car il la sentait sur le point d'en dire plus. Elle hésita encore un long moment en triturant l'une de ses bagues qui avait un peu tourné sur son doigt puis elle abdiqua.
« Reis est un... personnage de ma création, avoua-t-elle. J'écris. C'est un de mes passe-temps. J'écris des histoires et je publie sur internet. Quand j'ai fini de te personnaliser, je me suis rendu compte que tu correspondais à l'image que j'avais de ce protagoniste. » Elle se racla un peu la gorge et leva le nez ailleurs. « Voilà. Rien de bien fou, tu vois. »
Ysée ignorait quelle réaction elle s'attendait à recevoir mais pas à ce sourire discret que lui retourna l'androïde.
« J'aime beaucoup ce nom. Je le préfère à Marc-Eustache.
_ T-Tu avais entendu ? Oh dear... » se dépita l'humaine en se massant les sinus mais avec un début de rire en se remémorant sa panique quand elle avait failli lui octroyer ce nom ridicule.
Elle pouffa un peu malgré tout en gardant un œil en coin sur Reis qui souriait aussi par transfert. Décidément, son drôle de colocataire ne l'épargnait pas, même s'il se montrait indulgent avec elle.
La jeune femme retrouva son sérieux et le darda d'une curiosité mêlée de méfiance.
« Je me suis toujours demandé... Les androïdes mentent-ils ?
_ Le mensonge, éhonté ou nécessaire, fait partie intégrante du comportement humain. C'est peut-être le paramètre le plus délicat à nous implémenter car il faut correctement déterminer quand y faire appel ou non. Donc oui, nous pouvons mentir. »
Ysée le toisa un peu avant de plisser davantage les paupières sur lui.
« Tu ne serais pas en train de me mentir, là ? »
Reis cilla, indécis.
« Non, je ne mens pas.
_ Qu'est-ce qui me dit que tu ne me mens pas parce que justement tu as déterminé qu'il serait mieux de mentir pour que je pense que tu savais mentir ? Mentir à propos de la capacité à mentir constitue-t-il encore un mensonge ou est-ce ça s'annule ? Et si tu devais faire face à un CAPTCHA qui demande à prouver que tu n'es pas un robot, comment réagirais-tu ? »
La diode sur la tempe de Reis fit quelques tours rapides et il semblait déconcerté. Ysée soutint encore quelques secondes l'expression un peu perdue de son interlocuteur avant de glousser.
« Ça va, je plaisantais. Je voulais voir si je pouvais t'embrouiller un peu, s'excusa-t-elle en retrouvant un sérieux en demi-teinte. Merci de m'avoir répondu. C'est peut-être pour ça que beaucoup d'humains n'aiment pas ou craignent les androïdes. » Les yeux qu'elle mêla aux siens étaient résignés avec une pointe de froideur. « Parce que vous êtes dotés du même sens de la tromperie ou de la trahison que nous. »
Reis ne put réagir tout de suite, saisi d'une drôle d'impression. Celle d'avoir soudain perdu le peu de positif qu'il avait réussi à instaurer lors de ses échanges avec Ysée. Il ne pouvait pas rester sur cette note déçue.
« Je ne te mens pas, Ysée, lui lança-t-il alors qu'elle s'en retournait sans demander son reste. Je... »
Il s'interrompit car elle avait déjà disparu vers l'étage. Il était décontenancé. Il décelait chez Ysée un bon fond tapissé de timidité qu'elle cherchait à contrebalancer par le silence ou le sarcasme tout en étant capable de dérision. Hélas, une pointe de douleur ténue venait régulièrement galvauder les choses. De quoi qu'il puisse s'agir, ce serait à lui de parvenir à comprendre pour espérer l'aider au mieux.
J'aime bien le décalage entre Ysée qui ne sait pas où se mettre et Reis qui met les pieds dans le plat sans faire exprès ^^' Il va avoir un peu de travail, ce petit.
