Journal de la revieweuse
Lilinnea: Vi, les appendicites, ça fait mal. J'avoue, je me suis servie de la mienne ici (à la différence que ma péritonite a bien viré en début de nécrose quand ils m'ont ouverte d'où le pourquoi on m'a mise sous antibios pendant 3 jours. Sauf que tout ça, je ne l'ai appris que quand j'ai revu mon médecin traitant qui avait eu mon dossier XD Bref)
Reis est doublement intéressé par Ysée. Déjà parce que s'il la connaît mieux, il pourra mieux fonctionner et aussi... ben parce qu'il l'aime bien. Mais ça, il n'en a pas vraiment conscience.
Donc donc donc... qu'allons-nous apprendre ?
CHAPITRE 12 - EN DOUCE
Ysée fut réveillée en début de soirée pour son dîner et vit qu'elle était seule dans sa chambre. Reis était parti. Cela n'était guère étonnant car l'heure des visites était passée mais elle se surprit à trouver étrange de ne pas voir l'androïde dans son périmètre proche. Il fallait croire qu'elle s'était bien plus habituée à sa présence qu'elle ne l'aurait cru au départ. Lui, le robot non-terminé qui lui avait demandé de l'aide pour parfaire son programme ; voilà qu'elle en était amenée à le chercher des yeux.
À défaut de voir Reis, la jeune femme avait trouvé un petit mot laissé sous ses lunettes déposées sur la table de chevet :
« Tu avais besoin de récupérer, j'en ai profité pour te laisser. Je t'excuserai auprès de Siam pour sa séance de brossage. Repose-toi bien.
À très vite.
Reis. »
C'était ce même billet qui empêchait Ysée de former ses idées pour une future trame d'écrit. Elle tapotait au ralenti sur le clavier de sa tablette et se rendit compte que certaines phrases de son brainstorming ne voulaient rien dire.
Elle reposa la tablette dans un soupir et re-déplia le bout de papier, sans s'apercevoir qu'un vague sourire éclairait ses traits. C'était bête. Ce message n'avait rien de spécial et pourtant, il lui faisait plaisir. Elle entendait même la voix posée de Reis dicter les mots à mesure qu'elle les lisait dans son esprit.
L'objet de ses pensées se montra en début d'après-midi du lendemain et constata tout de suite que la patiente n'avait pas passé la meilleure des nuits. Les cercles sombres qui ourlaient ses yeux parlaient d'eux-mêmes.
« C'est ta perfusion qui t'a empêchée de dormir ? » subodora-t-il.
Silence penaud en face.
« Je ne sais dormir qu'en chien-de-fusil et entre ma cicatrice et mon bras que je n'ose pas bouger... »
L'androïde ne put s'empêcher de sourire entre désolation et gentille moquerie.
« Ce n'est pas drôle, marmotta la vexée, les joues roses de honte. Dès que je lève un peu le bras, mon sang remonte dans la perfusion. Ça me retourne le cœur. C'est facile pour toi, tu ne sais pas ce que c'est. Tu ne ressens pas. » Sa moue pincée s'égara dans le vague de ses pensées. « Quelque chose de bien pratique... »
Reis sentit tout de suite un changement d'état d'esprit chez son interlocutrice. Ysée la hérissonne était prête à pointer le bout de ses piques. Pourquoi parler de l'absence d'émotions chez les androïdes la faisait-elle réagir ainsi ? Ce devait sans doute être son tempérament angoissé et en proie à une sur-réflexion sur tout qui la courrouçait.
La présence d'un tatouage de LED bien caché sous la nuque d'Ysée lui revint. Y avait-il un lien ? Il était curieux mais ne savait s'il devait aborder le sujet. Ou comment l'aborder.
L'androïde laissa son regard dériver dehors vers les ambulances qui se livraient à un ballet d'entrées et de sorties du parking en contre-bas. Cette vision lui amena une autre pensée.
« En parlant de ressentir, je me demande si tu n'aurais pas tapé dans l'œil du brancardier qui s'est occupé de toi hier », essaya-t-il avec légèreté pour détendre l'atmosphère.
Ysée leva un regard terne vers lui en haussant les sourcils.
« N'importe quoi.
_ Il était aux petits soins avec toi, toujours à essayer de te faire sourire.
_ Arrête, le rembarra-t-elle avec désintérêt. Il doit faire ça avec tous les patients pour essayer de les rassurer. Rien de plus. »
La boule de piques était de retour, agrémentée de cette aura fraîche dissuasive qu'Ysée revêtait quand elle n'était pas à l'aise.
Un peu décontenancé par ce triste retour en arrière, Reis n'essaya pas de relever mais le mal était fait. Ysée garda un silence tendu entre ses pensées avant de soupirer de mauvaise grâce.
« Et quand bien même tu aurais raison, ça me ferait une belle jambe. Tu vois mon père ? Voilà sa copie conforme, grinça-t-elle en se désignant. Une autre handicapée émotionnelle qui resterait muette même face à son âme-sœur sur le point de disparaître à tout jamais.
_ Tu ne t'entends pas avec ton père ? » demanda Reis en repensant à la visite de la veille.
Ysée soupira de dépit. Ce n'était pas ça mais les choses étaient compliquées. Elle savait que son père l'aimait au point de se couper un bras si cela pouvait lui permettre de sauver sa fille mais il n'avait jamais su montrer ses sentiments. Ray Wiley était un homme qui intériorisait plus encore qu'elle et imaginer un dialogue à cœur ouvert sur des sujets personnels entre eux relevait de la chimère.
« Le langage d'amour de mon père, c'est les cadeaux. Ah, ça, pour avoir eu tout ce que je voulais, j'ai été servie... murmura la jeune femme avant de lever les yeux au ciel. Mais bon, ce n'est pas de sa faute. Je sais qu'il fait comme il peut et à sa manière. Il vient d'une famille pas très portée sur l'amour et la communication non plus, ça n'aide pas. »
Reis ne sut estimer ce qui l'atteignit plus entre cette nouvelle démonstration de résignation détachée dont faisait preuve Ysée ou la pensée supplémentaire de constater que cette dernière était très esseulée. Elle intellectualisait sans mal de façon rationnelle cette absence de réelle affection paternelle, mais comment en avait-elle vraiment souffert au cours de sa construction personnelle ? Sans doute bien plus qu'elle ne l'affichait.
L'androïde demeura interdit, incapable de déterminer comment reprendre le fil après ça, lorsque qu'une infirmière toqua à la porte entrouverte pour s'enquérir de l'état de santé de la patiente. Ysée confirma que tout allait bien hormis la fatigue.
« Quand pourrai-je sortir ?
_ Vos analyses sont bonnes et sans trace d'infection. Vous pourrez rentrer chez vous demain après-midi. Concernant les fils, ils se résorberont d'eux-mêmes donc vous n'aurez qu'à changer le pansement tous les jours. Je repasserai plus tard pour votre piqûre anti-phlébite.
_ Hein ? Encore une piqûre ? Je ne peux pas me lever ? se plaignit Ysée avec une tête de chien battu.
_ Ce n'est pas encore conseillé, je suis navrée. »
L'humaine s'avoua vaincue en se renfrognant dans son lit et l'infirmière s'en retourna après avoir mis une nouvelle poche de perfusion.
« Arrêtez de vouloir introduire des trucs dans mon corps... grogna la bélonéphobe en croisant les bras.
_ Ça ira, Ysée. Tu es bien plus résistante que tu ne le penses. »
L'apostrophée fut interpellée par le fin voile terne qui obombrait un peu le visage de Reis alors qu'il prononçait ces mots.
« Je dirais même que tu es trop résistante, ajouta-t-il à voix basse.
_ Comment ç... »
La sonnerie de portable de la jeune femme coupa court à la conversation. Quand elle attrapa l'appareil, elle eut la surprise de voir le nom de Nell s'afficher sur son écran.
« Ysée ? Papa m'a laissé un message en disant que tu étais à l'hôpital mais que ça allait. Que s'est-il passé ? »
L'alitée roula des yeux. Son père avait vraiment le don pour semer la confusion dans sa façon d'annoncer les choses. C'était comme le jour où Ysée avait eu son accident avec sa plaie ouverte à la main quand la nourrice avait appelé Ray Wiley en catastrophe: « Je suis à l'hôpital avec Ysée mais tout va bien », avait-il juste annoncé au téléphone à son épouse encore au travail pour la prévenir...
Cela étant, Ysée n'allait pas se priver de tirer sur cette perche qu'on lui tendait :
« Ce que j'ai ? À toi de me le dire, sister. Je me cuisine un truc avec ce que tu as acheté et je finis au bloc avec le ventre en vrac. »
Silence livide en face où même Reis faisait les gros yeux à Ysée en signe de désapprobation face à cette blague.
« Je plaisante, Nell. Respire, se hâta d'ajouter Ysée en réprimant un rire. J'ai juste été victime d'une appendicite froudroy... Ah ! Aouille... ça tire... Ho ho... Aouh...
_ Bien fait, se moqua Nell entre le soulagement et la vexation. Ça t'apprendra à me faire tourner en bourrique, sale gosse. Continue de rire et fais craquer tes sutures. »
Reis esquissa un sourire amusé et sortit dans le couloir pour laisser les deux sœurs discuter tranquillement. Ses pensées se perdirent dans le dernier échange qu'il avait eu avec Ysée. Oui. Elle était résistante. Mais pas seulement par rapport à sa peur des piqûres. Elle était résistante à tout. Sa solitude, le silence qu'elle s'imposait et qui la dissimulait de tout alors que son esprit fourmillait en continu, sa mélancolie intérieure qu'elle niait sous couvert de contrôle et de sourires, les approches extérieures. Ysée n'était pas un hérisson mais une chambre forte dotée de miradors qui surveillaient avec une vigilance extrême ce qui l'approchait. Cette pensée le rendait...
L'androïde ferma les yeux dans une grimace. Encore ce drôle de flou qui l'avait traversé et perturbait son flux de données.
« Qu'est-ce que... »
La voix d'Ysée qui l'appela depuis sa chambre l'extirpa de ses pensées. Il secoua la tête et retourna à l'intérieur.
« Oui ?
_ Nell voudrait te parler », expliqua la jeune femme en lui tendant son portable d'un air circonspect.
Quoiqu'un peu étonné, Reis prit l'appareil et le mit à son oreille.
« Bonjour, Nell. C'est un plaisir. »
Ysée guetta avec attention la scène, curieuse de savoir ce que sa sœur aînée voulait à Reis. Ce devait être à propos du suivi de son programme ou quel qu'autre sujet à propos de son développement; rien de bien surprenant en somme mais la jeune femme s'interrogeait.
À sa grande déception, elle ne fut pas en mesure de découvrir grand chose car ce qu'elle entendait des réponses de l'androïde ne l'orientait sur aucune piste concrète.
« Ah bon ? Oh. Non, je reconnais que je n'ai pas fait attention... s'étonnait Reis au milieu du flot de paroles qui grésillait depuis le téléphone. Non plus... Vraiment ? » Un sourire illumina son visage. « Bien sûr. Merci de votre confiance. » Il opina du chef peu après. « Très bien. Dès que possible. »
La jeune femme alitée dut reconnaître sa défaite et soupira. À tous les coups, c'était pour le travail. Nell et ses enfants robotiques... Reis lui rendit son téléphone après avoir raccroché et elle se laissa retomber dans son oreiller.
« Bon. Les parents, c'est fait. Nell, c'est fait. Les collègues, je suis en train de répondre à leurs SMS et... Ah ?! » Elle se raidit. « ReadyCheck ! On avait raid hier soir et je n'ai pas pu les prévenir de mon absence ! Ils ont dû se demander pourquoi je les ai plantés... »
Ysée se rua sur l'application qu'elle partageait avec ses camarades de jeu pour communiquer hors du casque de VR mais se heurta à un bug qui la bloquait sur une page de chargement sans aboutir. Elle pesta sa frustration et maudit cette fichue appli qui ne fonctionnait qu'un coup sur trois sur son téléphone.
« Tu rentres demain, rappela Reis avec tempérance. Tu pourras leur expliquer à ce moment-là, non ?
_ Notre GM est cool mais il déteste qu'on lui pose des lapins. D'accord, j'ai une bonne excuse mais c'est pour le principe, tu comprends ? »
L'androïde ne s'étonna guère d'entendre ça. L'extrême discipline d'Ysée dans toute sa splendeur... La jeune femme se tourna vers lui, les mains en prière.
« Reis, je peux abuser encore un peu de ton adorable gentillesse ? Quand tu rentreras à la maison, tu pourrais te connecter sur Team Chat depuis mon ordinateur portable et laisser un mot sur le canal général ? Tu mets un truc simple comme « Coucou tout le monde, vraiment désolée pour le plantage d'hier mais j'ai dû aller à l'hôpital. Rien de grave. Je me dispell un debuff d'appendicite et je reviens m'occuper de vos PV » et voilà.
_ Si ça peut te rassurer, répondit-il. Je peux même partir maintenant. »
Court silence.
« Déjà...?
_ Oui, Nell m'a donné quelques tâches à effectuer. Ça fera d'une pierre deux coups. »
Ysée ouvrit la bouche mais sa tête ne sut quoi lui faire dire. Elle ravala ses mots muets et opina du chef en signe de compréhension. Bah. Ce n'était pas comme si Reis allait rester là toute la journée. Il avait sans doute mieux à faire comme dévorer la bibliothèque de Nell plutôt que de tenir compagnie à quelqu'un qui ne pouvait même pas se lever.
« Pour les identifiants, c'est facile, j'utilise les mêmes partout. Nom d'utilisateur : Ayulun et le mot de passe, c'est Mo0nMaiden07! expliqua-t-elle en épelant le tout avec soin.
_ Tu sais que ce n'est pas prudent d'avoir un seul identifiant pour toutes ses connexions, n'est-ce pas ? » morigéna l'androïde en haussant les sourcils.
Légère grimace de culpabilité agrémentée d'un sourire suppliant. Il la considéra un instant avant d'étirer un léger sourire victorieux.
« Mon adorable gentillesse, as-tu dit ? »
La piégée se figea, prise sur le fait. Elle avait vraiment dit ça comme ça ? Sa mine décontenancée et surprise valait le détour pour Reis. Il se retint de trop s'en amuser pour ne pas vexer l'humaine et se dirigea vers la sortie.
« Rien que pour cet aveu franc de la part de la grande silencieuse que tu es, c'est entendu. À très vite, Ysée.
_ À plus tard... et... merci. »
Quand la porte se referma, le silence qui retomba dans sa chambre lui parut plus lourd que la sensation de vide qui s'en dégageait.
Reis regagna par taxi le domicile de Nell, non sans une certaine satisfaction. La demande d'Ysée tombait à point nommé suite à la mission secrète qui lui avait été confiée par sa sœur aînée.
Ainsi donc, cette cachottière introvertie fêterait son anniversaire le lendemain et elle s'était bien gardée de le lui dire. Dommage pour elle, Ysée avait une grande sœur aimante qui n'avait pas envie de laisser sa cadette sans rien le jour de ses vingt-quatre ans. Nell était peut-être à des milliers de kilomètres de la France mais qu'à cela ne tienne: l'androïde qui vivait actuellement avec sa petite sœur ferait un parfait agent de liaison pour préparer quelque chose.
Avant de s'atteler aux préparatifs, Reis avait la requête d'Ysée à honorer. En rentrant à la maison, il se rendit directement à l'étage avec Siam sur ses talons. Il poussa la porte de la chambre occupée par Ysée et trouva le fameux ordinateur portable posé dans un coin. Il l'alluma et se retrouva sur la première page de connexion. Il entra les identifiants puis découvrit un beau fond d'écran d'Ayulun qui l'accueillait sur l'écran de bureau.
« En effet, Ayulun est vraiment partout », constata-t-il en se connectant ensuite sur Team Chat.
Comme demandé, il recopia le message précédemment dicté par Ysée et quitta ensuite le programme. Mission accomplie. La vestale lunaire de ReadyCheck ne finirait pas sur le banc de touche pour manquement aggravé.
Reis s'attarda un instant sur l'image de fond d'écran tandis que les paroles de la jeune femme lui revenaient en mémoire.
« Pour les identifiants, c'est facile, j'utilise les mêmes partout. »
Des associations d'idées se firent d'elles-mêmes sans qu'il n'y fasse attention et très vite, il fut mis face à un dilemme. Un dilemme improbe.
L'androïde referma l'ordinateur d'un coup, les lèvres pincées. Non. S'il faisait ça, ce ne serait pas correct vis-à-vis de la confiance dont Ysée faisait preuve envers lui. Ce serait aussi bafouer le vœu de discrétion qu'elle avait émis.
Et pourtant... il était curieux. Ysée était un paradoxe étrange pour lui. Le peu de bribes d'elle-même qu'elle lui accordait - même de façon involontaire – ne faisait qu'accroître son mystère... et l'envie de le résoudre. L'envie de la connaître. L'envie de découvrir ce qui ternissait cette jeune femme discrète mais qui avait pourtant les moyens de s'exprimer.
Chassant le faible grésillement dans son esprit d'un mouvement de tête qui faisait clignoter sa LED temporale plus vivement, Reis rouvrit l'ordinateur et lança le moteur de recherche d'internet.
« Plate-forme sociale de publication. »
Il cliqua sur le premier lien qui s'afficha et se rendit directement dans l'encadrement de recherche du site.
« Recherche par auteur : Ayulun. »
Il s'immobilisa lorsque qu'une page s'ouvrit sur un profil dont l'image d'avatar ne lui laissa aucun doute : une illustration enjolivée d'une lune.
Reis ne s'attarda pas à lire les quelques lignes qui présentaient Ysée sans la désigner ouvertement ; il était plus intéressé par la liste de titres qui s'alignaient les uns derrière les autres.
Une nouvelle pointe de malaise vint se loger dans un recoin de son système pour lui rappeler que ce qu'il s'apprêtait à faire n'était ni bien, ni conforme à ce qui lui avait été interdit. Toutefois, le plus surprenant pour lui était de constater qu'il se sentait capable de passer au-dessus de cette remarque comme il aurait pu regarder au-travers du judas d'une épaisse porte blindée.
Il cliqua sur le titre de la première histoire. La première d'une longue série.
Comme elle le lui avait juré, Ysée n'écrivait en effet pas de nouvelles érotiques ni rien d'autre d'un genre douteux. Mais alors, quelle honte y avait-il pour elle d'avouer qu'elle prenait plaisir à inventer et écrire des histoires d'amour ?
Reis dévora chacune des quinze histoires plus ou moins longues qu'avait publiées la jeune femme. Toutes avaient un point commun qu'il nota comme étant la signature de l'auteur : chaque scénario était agrémenté d'un petit élément fantastique qui venait auréoler les couples et leurs péripéties d'une touche de magie.
Dans Droit au Cœur, la protagoniste avait le pouvoir de voir le fil de la destinée qui liait les âmes-sœurs et jouait les entremetteuses alors qu'elle-même était incapable de voir son propre fil. Dans Fake Liar, un garçon était contraint de ne s'exprimer que par le contraire de ce qu'il pensait vraiment au fond de lui.
Il y avait de tout. Des histoires compliquées, de la simplicité, des coups de foudre, des romances plus timides mais toujours le même soin était apporté à la construction des personnages et leurs interactions.
Enfin, l'androïde rencontra celui auquel il devait son nom. Feelings était la dernière histoire en date écrite par Ysée et contait la mauvaise fortune d'un autre Reis à qui une femme un peu sorcière avait volé toutes ses émotions. Il devait les réapprendre auprès de différentes personnes que la sorcière lui désignait et, alors qu'il ne lui manquait plus que l'amour à récupérer pour être de nouveau complet, il se retrouva contraint à côtoyer Clélie, une jeune fille au cœur froid.
Quelques heures plus tard, Reis referma l'ordinateur comme un automate. Il s'était aussi hasardé à jeter un coup d'œil aux commentaires que les lecteurs pouvaient laisser et ceux qui revenaient le plus condensaient avec justesse le travail méticuleux de l'auteur.
« Tellement d'émotions dans ta façon de retranscrire les sentiments. »
« Tes protagonistes sont humains et touchants. Ils évoluent avec les mêmes difficultés que nous pouvons rencontrer. »
« Enfin une histoire d'amour qui n'est pas faite que d'arc-en-ciel et de paillettes ! On en oublie que l'amour peut-être compliqué, mer-ci ! »
« C'est beau, c'est simple et c'est vibrant. Beaucoup beaucoup de sensibilité qui arrive même à me faire monter les larmes, j'adore. »
Et tout cela... c'était Ysée. Ysée qui se terrait derrière un cerveau trop factuel et strict. Ysée qui réfutait ses émotions alors qu'elle débordait sous ses silences. Ysée qui rabrouait tout ce qui touchait à l'affection.
Pourquoi ?
Petite parenthèse lexique RPG:
Je me dispell un debuff = Je me défais d'un sort/état négatif affectant mes capacités.
GM = Guild Master
Le mystère des écrits d'Ysée est levé. Est-ce que le parallèle entre son histoire avec Reis et son histoire appelée Feelings est énorme? Oui, et c'est d'ailleurs pour ça qu'Ysée a baptisé Reis de la sorte. Est-ce qu'il aura une importance? Non. Il n'y aura tout au plus que des allusions éparses.
