La fin d'une époque

Comme la fin de l'année scolaire était proche, le départ d'Albus Dumbledore n'avait pas impacté les élèves, encore moins celui de Julia Genest, dont le rôle était plus qu'anecdotique. Cela n'avait donc pas dérangé les quatre directeurs de se partager la direction de l'école pour les dernières semaines et de désigner Pomona en tant que directrice par intérim.

-Bien, fit Minerva. Les élèves repartent dans deux jours chez eux. Il est temps que nous prenions quelques décisions.

-Avant toute chose, est-ce que nous pouvons être certains que Dumbledore ne pourra plus être désigné directeur ? demanda Pomona

-Le Grimoire de Poudlard est formel, l'école ne permettra plus qu'il puisse avoir de responsabilité ici, décréta Minerva.

-Et si le ministère le veut ? demanda Severus. Nous connaissons tous sa proportion à prendre des décisions censées, si on doit se fier au cas Dolores Ombrage.

-C'est le point le plus intéressant sur lequel je me suis penchée après avoir subi le harcèlement discontinu du ministère qui veut mettre la main sur notre école, grogna Minerva. Pour me calmer, j'ai feuilleté le Grimoire et j'ai appris quelques informations très intéressantes. Dont la première est que le partenariat entre l'école et le ministère peut être révoqué si le ministère fait ouvertement défaut. Ce qui a été le cas.

-Quand ? sursauta Pomona

-Je parie sur les détraqueurs pour attraper Black alors qu'il leur a déjà échappé, ricana Severus.

-J'étais plutôt sur Dolores Ombrage elle-même et ses plumes de sang, contra Filius.

-Vous avez tous les deux perdus, déclara Minerva en souriant malgré elle. Le contrat entre Poudlard et le ministère a été rompu quand ce dernier a imposé Dumbledore comme professeur.

Les trois autres directeurs la regardèrent avec de grands yeux et bouche bée.

-J'ai dû faire la même tête quand je l'ai appris, ricana Minerva. Vous voulez savoir le pire ?

-Parce qu'il y a plus que le fait que le ministère n'avait aucun droit sur cette école depuis des dizaines d'années ? s'indigna Pomona

-Oh oui, fit Minerva. Il semblerait qu'Albus ait été au courant et que c'est ce qui lui a permis de prendre autant de décisions contraires à l'éthique durant toutes ses années, comme les sorts de coercition ou encore de dresser l'école contre la maison Serpentard.

-Si je l'attrape … siffla Severus.

-Nous avons plus important à faire, tempéra Minerva. Comme reconnaître l'incompétence du ministère pour déclarer l'école institut indépendant.

-Pardon ? s'étouffa Severus

-C'est possible ? demanda Filius

-Oui, confirma Minerva. Le contrat étant caduc, le ministère n'a plus aucun droit sur l'école. Dès que les élèves seront partis, nous pourrons le faire et prendre les mesures qui s'imposent, comme reprendre notre comptabilité, contacter les guildes pour qu'ils puissent nous fournir des maîtres quand nous aurions besoin de professeurs, être libres d'élaborer nos programmes pour que nos élèves soient les meilleurs, remonter les barrières …

-Faire de Poudlard une véritable école, résuma Filius. C'est une formidable idée !

-Nous aurons bien assez de deux mois pour tout mettre en ordre, songea Severus. Il est dommage que je sois obligé de partir …

-Justement, à ce propos, interrompit Minerva. Si nous devons déclarer cette école institut indépendant, nous allons devoir désigner un nouveau directeur ou une nouvelle directrice ainsi que son adjoint. Je vous le dis tout de suite, je ne compte pas prendre l'un de ses deux postes en septembre.

-Pourquoi ? s'étonna Pomona

-Je suis adjointe depuis presque trente ans, expliqua Minerva. Je cumule avec mon poste de directrice de Gryffondor et de professeur de métamorphoses et je suis complètement épuisée, sachant qu'Albus se déchargeait allègrement de ses propres responsabilités envers l'école sur moi. Je ne veux plus continuer à me ruiner la santé alors que je pourrais enseigner tranquillement ma passion.

-C'est compréhensible, fit Pomona. Je ne comprends même pas comment tu as pu tenir aussi longtemps.

-Moi non plus, soupira Minerva. J'ai pris le temps d'établir une nouvelle répartition des charges et je pense que si le directeur est tout à son poste, le directeur adjoint aussi.

-Effectivement, c'est logique, concéda Filius. J'ai souvenir que c'était le cas jusqu'à qu'Albus te propose le poste.

-Dans l'idéal, j'aimerai que ce soit Pomona ou Filius qui reprennent la tête de Poudlard, fit Minerva. Et le poste d'adjoint à Severus.

-J'accepterai avec plaisir, à condition de trouver un remplaçant adéquat, sourit Filius.

-Idem, fit Pomona.

-Je rappelle à toute fin utile que je suis censé quitter cette école dans trois jours, fit Severus.

-Justement, cela veut dire que tu n'auras plus aucune responsabilité ici, rebondit Minerva. J'aimerai savoir si ton apprentissage pourrait se combiner à un poste de directeur adjoint aux yeux de la guilde.

-Je leur poserai la question, fit Severus.

-Tu n'es pas contre ? demanda Pomona

-Même si la guilde me l'imposait, j'étais un peu triste de partir, avoua Severus. De plus, il y a très peu de personnes qui sont prêtes à soutenir les Serpentards. La population sorcière est bien trop conditionnée à les détester pour rien. Mais si je peux rester pour au moins garantir une certaine équité …

-Ce serait merveilleux, sourit Pomona.

-Une chose qui m'a frappé ces dernières années, ce sont les comptes de l'école, songea Severus. Pendant la crise de l'héritier de Serpentard, j'ai été surpris que Dumbledore exige qu'on attende que les mandragores les plus jeunes de Pomona mûrissent pour que je puisse brasser la potion pour libérer les élèves.

-Moi aussi, abonda Pomona. D'autant plus que j'avais des mandragores mûres peu après la première attaque et elles ont toutes subitement succombées à une maladie inconnue. Même après ça, Albus a refusé que je me procure de nouveaux plants, qu'ils soient matures ou non.

-Encore moins que j'aille chercher l'ingrédient préparé, ajouta Severus. Il a déclaré que l'école n'avait pas le budget. Les racines de mandragores ne sont pas si exorbitantes !

-Effectivement, il faudrait engager un comptable, fit Minerva en pinçant les lèvres. Albus a toujours tenu les cordons de la bourse et il est vrai que certaines de ses décisions ne sont pas vraiment cohérentes.

-Je propose qu'on épure les comptes par Gringotts, fit Severus. Et ensuite, engager un comptable pour les surveiller tout au long de l'année.

-A partir de là, nous pourrions savoir combien de personnes nous pourrions engager pour la bonne marche de l'école, fit Filius.

-Ou lesquels changer, grogna Pomona. J'aime Hagrid, ne vous méprenez pas, mais professeur de soins aux créatures magiques, vraiment ? Je ne comprends même pas pourquoi on ne l'a pas renvoyé dès que cet hippogriffe a blessé le jeune Malfoy. C'est le genre de créature qu'on ne présente en années d'ASPIC, pas à des élèves de troisième année ! C'est un passionné, je ne le nie pas, mais clairement pas adapté pour les débutants ! Sans compter les traumatismes !

Les trois autres professeurs hochèrent la tête. L'incident avec l'hippogriffe n'était que le premier parmi une longue liste qui avaient eu lieu depuis que le demi-géant était professeur. A chaque fois, le vieux sorcier intervenait et quand il ne reportait pas la faute sur les Serpentards présents qu'il accusait d'avoir enfreint les règles, il déclarait que le professeur prenait encore ses marques. Excuse valable la première année, cela allait de soi, mais pas les suivantes.

-Trelawney aussi, tant qu'à faire, bougonna Severus. Les élèves considèrent que son cours est aussi utile que celui de Binns, qui se passe de tout commentaire.

Tous levèrent les yeux au ciel. Ce n'était pas faute d'avoir demandé à Albus Dumbledore de remplacer le professeur fantôme car son programme était en totale inadéquation avec les BUSE et les ASPIC de la matière et clairement incomplet en règle générale.

-Voilà ce que je propose, fit Minerva. Faisons chacun une liste de ce qui est nécessaire, ce qui pourrait être amélioré et ce qu'on pourrait apporter. Dans quelques jours, nous recouperons nos idées et commencerons à prendre des décisions pour la prochaine année scolaire. Nous attendrons l'instant où le dernier élève aura quitté l'école pour la déclarer institut indépendant et couper l'herbe sous le pied du ministère. Filius, Severus, réfléchissez à ce changement de poste. Pomona ?

-Ça me convient, sourit la sorcière. Pendant que j'y pense, le poste de Genest devrait être supprimé puisqu'il a prouvé son inutilité selon ses critères actuels. Il faudrait également coucher des idées pour l'internat.

-C'est noté, hocha la tête Minerva. Des questions ?

§§§§§

Severus reprenait son souffle assez bruyamment.

-Est-ce que tout va bien ? s'enquit Garrick

-Je t'avoue que c'est la première fois où j'ai eu aussi peur, avoua Severus en haletant.

Le retour des élèves était pour le lendemain matin et Severus avait voulu en profiter pour rencontrer quelques apothicaires de l'allée des Embrumes pour qu'ils deviennent les fournisseurs officiels de l'école. Ces dernières années, les ingrédients étaient fournis par un obscur apothicaire sélectionné par Dumbledore et très souvent, la qualité était minimale. Plusieurs fois, il avait proposé de s'associer avec Pomona pour créer une serre spécialement dévolue pour les potions mais le directeur avait toujours refusé. Maintenant qu'il n'était plus là, c'était un projet qui pouvait être mis en place, d'autant plus que ça reviendrait largement moins cher à l'école. S'il faisait la tournée des apothicaires, c'était d'abord pour trouver un fournisseur le temps que la serre soit pleinement fonctionnelle mais surtout, pour connaître les méthodes préconisées pour la culture des ingrédients végétaux. Malgré leurs maîtrises respectives, ni Pomona ni lui n'avaient eu l'occasion de produire leurs propres ingrédients de potions et s'ils voulaient être efficaces tout de suite, ils devaient éviter immédiatement tous les écueils.

C'était là qu'il s'était fait piéger.

Quand Severus se rendait dans le Londres sorcier, c'était uniquement dans le cadre des rares recherches commandées par Albus Dumbledore. Dans ces moments-là, il recherchait la meilleure qualité pour ne pas avoir à amputer l'échec de ses essais aux ingrédients qu'il utilisait initialement pour ses cours. Tous les apothicaires du Chemin de Traverse et de l'allée des Embrumes retenaient leur souffle quand il parcourait le pavé pour trouver ce qu'il voulait. Ses habitudes étaient donc bien connues donc monter une embuscade tout aussi facile.

Piéger la boutique de l'un des apothicaires les plus mal famés de l'allée des Embrumes encore plus.

Les ingrédients stockés dans une officine ne pouvaient pas réagir entre eux quand ils étaient encore bruts. L'explosion qui avait eu lieu dans l'arrière-boutique avait donc alerté Severus qui s'était mis sur ses gardes. Sa baguette était donc déjà dégainée quand l'apothicaire s'était écroulé, mort. Il avait pu ainsi contrer les sorts qui avaient déferlé sur lui de la part de mercenaires qui venaient d'abattre le commerçant. L'affrontement avait duré une vingtaine de minutes jusqu'à ce que l'un des mercenaires ne rencontre un mur, ébranlant les fondations de la boutique et offrant une ouverture à Severus pour s'enfuir. Conscient qu'il ne trouverait pas d'alliés aux alentours, il avait pris le parti de s'enfuir pour semer ses adversaires. La course-poursuite avait duré presqu'une heure jusqu'à ce que le maître de potions ait pris assez d'avance sur ses poursuivants pour transplaner non loin et se débarrasser de tous les sorts espions qui pouvaient se trouver sur lui et rallier la nouvelle boutique de Garrick Ollivander. Ce dernier lui avait ouvert la porte et l'avait accueilli avec inquiétude devant son état.

Il était rare de voir Severus Snape trembler de tous ses membres.

Assez inquiet, Garrick l'avait mené dans son salon et lui avait collé une tasse d'un thé elfe qui réveillerait un mort. Il aurait pu choisir un alcool fort mais il préférait que son protégé reste lucide après son état de choc.

Butant sur les mots, le sorcier lui raconta ce qui venait de se passer et au fur et à mesure de son récit, il parvenait à se reprendre.

-Quelles sont tes suppositions ? demanda Garrick

-Je pense que Dumbledore a bougé ses pions, déclara Severus. Je suis la personne à abattre à plus d'un titre : maître d'apprentissage d'Harry Potter, mangemort devenu espion pour l'Ordre du Phénix, Serpentard et directeur de Serpentard et pire, je suis peut-être le seul à pouvoir rassembler quasiment un quart de la population sous une autre bannière que celle du lord ou la sienne.

-C'est probable, concéda Garrick. Ça me semblait bizarre qu'il se tienne tranquille alors que sa réputation et son pouvoir sur le monde sorcier a été réduit à néant. A moins de quitter le pays et de recommencer tout ce qu'il avait entrepris pour le plus grand Bien, il n'a que trois options : faire profil bas jusqu'à la fin de sa vie, se venger des personnes qui lui ont fait tout perdre et récupérer tout ce qu'il a perdu, en sachant que les deux derniers points peuvent se compléter.

Garrick se renfonça dans son siège.

-Est-ce que tu penses qu'ils savent que tu es en vie ? demanda Garrick, songeur

-C'étaient des mercenaires, rappela Severus. Tant qu'ils n'ont pas vu mon cadavre, je doute qu'ils croient à ma mort.

-C'est évident, lâcha Garrick. Est-ce qu'ils t'ont lancé des sorts qui pourraient te tuer à retardement ?

-La personne à abattre, rappela Severus.

-Donc oui, traduisit Garrick. Te connaissant, tu as dû te débarrasser de tout ce qui traînait sur toi. Tu permets que je vérifie ?

-Fais-toi plaisir, accepta Severus.

Le mage démantela quelques malédictions vicieuses qui n'étaient pas sorcières, ce qui l'inquiéta. Il allait devoir leur mettre la main dessus pour savoir leurs connaissances exactes.

-Est-ce que tu as un endroit où tu pourrais te réfugier pour cet été ? demanda Garrick. Ces mercenaires n'y sont pas allés de main morte.

-Je pourrais naviguer à travers le patrimoine Prince, répondit Severus. La seule adresse que Dumbledore me connait est l'ancien domicile de mes parents, et il a été transformé en refuge magique en septembre dernier.

-C'est déjà ça, marmonna Garrick. L'identité de Severus Snape commence à devenir assez encombrante.

-Je sais, souffla Severus. Mais j'en ai besoin au minimum jusqu'à ce que Dumbledore ne soit plus de ce monde, au maximum jusqu'à ce que j'en ai terminé avec l'apprentissage d'Harry Potter. Après, je pourrais définitivement devenir Seth Prince.

-Tu y as réfléchi, constata Garrick.

-Mes responsabilités en tant qu'héritier Prince sont bien plus stimulantes que celles en tant que Severus Snape, fit Severus. Mais il faut faire les choses bien et pour l'instant, je suis plus utile en tant que Severus Snape.

-Est-ce que tu te rends encore aux réunions des mangemorts ? s'inquiéta Garrick

-Elles se sont espacées depuis que Bellatrix Lestrange a disparu, avoua Severus. Le lord semble particulièrement paranoïaque, surtout depuis que Lucius est revenu sans la marque et que de moins en moins de mangemorts répondent à ses appels. Je pense qu'il va me convoquer d'ici quelques jours et quand il va comprendre que je ne pourrais toujours pas lui livrer Harry et encore moins Poudlard, il va me faire tuer.

-C'est ce qui est le plus probable, constata Garrick. Quand comptes-tu disparaître ?

-Je dois travailler avec Tom sur la possibilité de transférer la marque sur un support amovible, comme un médaillon ou une gourmette, répondit Severus.

-Pourquoi vouloir garder cette marque maudite ? s'étonna Garrick

-Ma marque me permet d'identifier les autres porteurs, expliqua Severus. Ne plus assister aux réunions de ce fou serait un soulagement mais ce n'est pas pour autant que nous n'avons pas besoin de connaître ses plans.

Garrick hocha la tête. Vu comme ça … Mais comme Laze avait également noté que la marque pouvait puiser dans la magie de ses porteurs, il fallait impérativement que Severus soit à l'abri d'un possible vol de sa magie par Voldemort …

§§§§§

Théo Nott posa ses bagages dans le hall d'entrée après que le portauloin de sa bague de lord l'ait transporté loin de toute cette folie.

Flash-Back

Les élèves avaient pris le train pour retourner à Londres, où leurs familles les attendaient pour les vacances. Mais ils furent surpris en arrivant sur le quai 9 ¾ de découvrir qu'en lieu et place des familles, de nombreux aurors les attendaient de pied ferme. Pour éviter la cohue, Hermione Granger avait fait bloquer les portes pour que personne ne puisse descendre et avait prié les élèves de se tenir tranquille le temps que la situation soit réglée. Daphnée Greengrass, Draco Malfoy, Neville Longbottom et Théo, seuls lady et lords scolarisés, descendirent du train pour faire face aux aurors.

-Ah ! Justement les personnes que nous cherchions ! sourit machiavéliquement l'un des aurors. Nous aurions des questions à vous poser donc vous allez nous suivre tous les quatre.

-Vous vous oubliez, déclara Draco.

-Comment ça ? grinça un autre auror. Je vous signale que nous représentons la loi donc vous n'avez pas votre mot à dire !

-Ça vous a peut-être échappé mais nous ne sommes pas des sorciers lambda, rappela Daphnée. Et même si c'était le cas, vous êtes obligés de nous dire pourquoi nous sommes en état d'arrestation.

-Vous n'êtes pas en état d'arrestation, s'hérissa un auror.

-Vraiment ? railla Théo. Ça y ressemble à s'y méprendre, pourtant. Donc, des questions sur quoi ?

-Nous avons reçu des plaintes comme quoi vous serez à l'origine de troubles à l'ordre public, déclara le premier auror. Nous devons vous interroger pour savoir si nous devons y donner suite ou pas.

-Très bien, fit Neville. Nous ne bougerons pas sans la présence de notre aide juridique.

-Nous n'avons pas le temps ! siffla un auror

-Oh, mais vous le prendrez, assura Draco. Si vous voulez nous emmener de manière officielle, il est dans notre droit de vérifier que vous pouvez bien le faire.

-Vous n'êtes que des gosses, cracha un auror. Nous savons tous que vous allez vous cacher derrière vos parents et leurs titres pour ne pas prendre vos responsabilités.

-Oh, mais nous prenons nos responsabilités très au sérieux, sourit malicieusement Neville. Même au point d'être les tenants du titre de nos familles respectives.

Pour appuyer ses dires, les quatre élèves montrèrent leurs bagues symbolisant leurs charges, faisant blêmir les aurors.

-Impossible … souffla l'un d'entre eux.

-J'imagine que vous pensez comme la majorité du peuple sorcier, que nous avions annoncé avoir repris nos titres uniquement pour faire parler de nous, renifla Daphnée, qui ne supportait pas cette rumeur lancée par Dumbledore. Donc maintenant que vous savez que vous n'avez pas d'élèves lambda en face de vous mais quatre lady et lords en fonction, vous allez pouvoir nous dire pourquoi vous avez bloqué tout le quai 9 ¾ pour nous « poser des questions ».

-Moi aussi, je suis curieuse, déclara une voix dans le dos des aurors.

Ces derniers se retournèrent et devinrent translucides en reconnaissant Amelia Bones, la directrice de la justice.

-Madame Bones … balbutia l'un d'entre.

-Directrice Bones, pour vous, claqua sèchement Amelia. Nous allons discuter de cet entretien dans mon bureau et je vous conseille de ne pas faire d'histoire si vous ne voulez pas que je vous mette à pied immédiatement. Mesdames, messieurs, veuillez les escorter jusqu'au quartier général, je vais vous y rejoindre dans peu de temps.

Plusieurs sorts d'immobilisation fusèrent sur les six aurors qui avaient bloqué la descente du train et ils disparurent grâce à un portauloin.

-Milady, milords, salua Amelia. Pourriez-vous passer au département de la justice pour faire votre déposition ?

-Avec plaisir, sourit Neville. Ces aurors me semblent bien désinvoltes …

-Ne m'en parlez pas, souffla Amelia en levant les yeux au ciel. Je les ai dans le collimateur depuis un certain temps. Ce sont d'ailleurs eux qui s'en sont pris à votre mère, lord Malfoy, quand votre père avait brièvement disparu.

Le regard de Draco s'enflamma. Sans l'intervention de Kingsley Shacklebolt, Narcissa Malfoy aurait passé des moments inconfortables, au mieux.

-Nous serons là, promit Théo.

-Parfait, sourit Amelia. Si vous pouviez maintenant libérer les élèves, je pense qu'ils ont hâte de retrouver leurs familles.

Ils éclatèrent de rire.

Fin Flash-Back

Alors que les élèves se déversaient enfin sur le quai, les quatre amis avaient convenu de prendre le temps de déposer leurs bagages et d'activer leurs protections magiques avant de se rendre au ministère. Ils voulaient se débarrasser de ce désagrément avant de plonger dans le monde des adultes.

Théo se secoua et appela ses elfes de maison pour sécuriser la place. Même s'il avait renié son père et expulsé les mangemorts, il ne tenait pas à laisser une faille dans sa protection. Une fois ses ordres donnés, il fila dans le cœur de la maison renouveler ses barrières magiques en faisant couler son sang. La magie rugit de bonheur et se renforça, amenant un sourire satisfait sur les lèvres du nouveau lord Nott. Si tout pouvait être aussi bon …

§§§§§

Hermione déposa un bouquet de fleurs sur la tombe de ses parents. Elle prit le temps de se recueillir quelques minutes avant de tourner des talons et de se rendre au manoir Longbottom où Luna et Neville l'y attendaient.

-Alors ? demanda Luna. Que faisons-nous maintenant ?

-D'abord toi, sourit Hermione. Théoriquement, il te reste encore un an avant d'avoir tes « ASPIC » à Poudlard.

-A la base, avec Astoria, nous nous étions mises d'accord pour ne pas revenir à Poudlard l'année prochaine, fit Luna. Mais comme Dumbledore n'est plus à la tête de l'école, nous allons en discuter cet été. Nous avons jusqu'à mi-août pour rendre notre réponse.

-Ce qui me fait penser … fit Hermione. Que va faire Paul Parkinson ? Il doit entrer en première année, non ?

-C'est exact, confirma Neville. J'ai proposé à Pansy que son frère demande l'asile au clan Black.

-C'est quelque chose de très lourd de conséquences, fit Luna.

-Comment ça ? fit Hermione. Je ne vois pas en quoi …

-Pour résumer, si Paul demande l'asile, il ne pourra plus être considéré comme un Parkinson jusqu'à ce que son chef de famille le réintègre dans sa famille, expliqua Neville. L'avantage est qu'ainsi, ses parents ne pourront pas lui mettre la main dessus et le forcer à rejoindre Voldemort, même à onze ans.

-Est-ce que Pansy a accepté ? demanda Luna

-Elle y réfléchit encore, avoua Neville. Nous le saurons bien assez tôt, je pense.

-Et maintenant ? demanda Luna

-Maintenant que nous avons terminé avec Poudlard, il est temps de prendre notre vie en main mais pas comme on s'y attendrait, décréta Neville.

-Toi, tu as entendu des choses qui ne t'ont pas plu, sourit Hermione.

-Pour le bon peuple sorcier, Harry et moi allons devenir aurors comme nos pères avant nous, grinça Neville. Toi, tu entreras au ministère pour défendre les droits des nés de moldus et nos amis Serpentards vont immédiatement aller ramper aux pieds de Voldemort. Ce n'est pas comme s'ils refusent ce programme depuis un an.

-Tu as une idée pour leur faire remarquer qu'ils n'ont aucune influence sur nous ? demanda Hermione

-Continuer nos études, proposa Neville. Comme on nous l'a souvent fait remarquer, nous sommes trop jeunes pour nous préoccuper de la guerre, donc nous allons les laisser s'en occuper comme les adultes sont censés le faire.

Un sourire machiavélique orna les lèvres d'Hermione.

-Ça leur fera les pieds, ricana Hermione. Je vais retourner dans le monde non magique, qu'ils commencent à baliser d'avoir perdu la sorcière la plus intelligente de la génération.

-Je sais que Théo a l'intention de rejoindre le département des Mystères, fit Luna. Draco veut entamer des études de médicomagie. Daphnée et Blaise ne se sont pas encore décidés mais je pense qu'il va choisir les aurors dès que la guerre sera terminée.

-On fait quoi pour Voldemort ? s'inquiéta Luna

-On va voir avec Tom Riddle-Gaunt, proposa Neville. Nous aurons plus d'idées tous ensemble.