Personnes à surveiller
C'était fou comme les choses allaient mieux maintenant qu'Albus Dumbledore ne parasitait plus le ministère.
Rufus Scrimgeour, le ministre de la Magie, avait voulu s'engouffrer dans la brèche mais il avait eu la surprise de voir de nombreux membres du Magenmagot lui rappeler les règles exactes de l'assemblée et de l'organisation du ministère. Entre autres, le ministre n'avait pas à mettre le nez – ni même de mettre les pieds dans l'hémicycle – dans les affaires du Magenmagot, ni dans le pan législatif et surtout pas dans les programmes scolaires. Quand la porte de l'assemblée s'était refermée sur son nez, il avait été prié d'étudier lui-même les rapports qui arrivaient sur son bureau au lieu de déléguer à ses « conseillers » et de débattre réellement avec les principaux concernés avant de prendre des décisions qui pourraient impacter toute la population et non seulement satisfaire un très petit nombre.
Cas concret, avec la déchéance de Dumbledore, Amelia Bones avait enfin la main sur tout son département. En quelques jours, elle avait tout réorganisé notamment pour que les aurors soient enfin efficaces. Certains aurors avaient été écartés du terrain, comme Nymphadora Tonks, car ils étaient un danger pour les autres comme pour eux-mêmes à cause d'une insuffisance de connaissances et de formation. Sans aucun état d'âme, elle les avait renvoyés sur les bancs du programme des aurors et s'ils ne satisfaisaient toujours pas les véritables critères de recrutement du bureau des aurors, elle ferait en sorte de les écarter de manière durable.
Plusieurs bureaucrates s'indignèrent de ses réformes alors que la guerre était à leurs portes. Les différents directeurs de département – qui étaient, pour la très grande majorité, opposés à la politique d'Albus Dumbledore mais jamais écoutés – avaient rétorqué qu'ils seraient bien plus efficaces s'ils ne laissaient pas le vieux sorcier réfléchir à leur place … ou les payer pour qu'ils regardent ailleurs. Ils regrettèrent d'ailleurs leur envolée lyrique car Amelia Bones déclencha une immense enquête sur la corruption au sein du ministère et les premiers à tomber furent ceux qui l'ouvraient sur les réformes en cours.
Kingsley Shacklebolt était satisfait de tous les bouleversements qui avaient lieu. Ils avaient permis d'enrayer l'influence de Dumbledore comme celle de Voldemort. Mais ce qui l'enchantait directement, c'était le départ de Nymphadora Tonks, à qui Amelia Bones lui avait imposé le stage de maîtrise de son don de métamorphage sous peine de le voir définitivement scellé et elle renvoyée du corps des aurors. L'auror sénior avait ainsi pu parler ouvertement avec ses amis appartenant à Serpentard sans se faire fusiller du regard par les bien-pensants de l'Ordre du Phénix qui rasaient les murs. Leur leader désormais déchu, le seul qui pouvait reprendre le flambeau s'étant détaché de leur combat à cause de « divergences d'opinion », ils n'avaient donc plus personne pour leur dire quoi faire voire, comment agir.
-Et ? demanda Minerva. En quoi cela devrait nous concerner ?
Le noyau dur ou du moins, celles et ceux qui voulaient réellement lutter contre Voldemort et non obéir aux ordres de Dumbledore, s'étaient réunis au premier jour des vacances pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Phénix. Kingsley venait de faire un résumé du comportement des quelques membres qui travaillaient également au bureau des aurors.
-Il y a certains membres qui ont toujours eu les dents longues, comprit Severus. Sans Dumbledore pour les tenir en laisse très courte et en sachant qu'Harry ne veut plus rien à voir avec ses bonnes œuvres, quelqu'un va sûrement tenter de reprendre la tête de la lutte contre le lord … et y perdre sans aucun doute la vie.
Minerva McGonagall, Filius Flitwick, Severus Snape, Kingsley Shacklebolt et Alastor Maugrey se regardèrent et un même nom leur vint à l'esprit.
-Molly Prewett s'est toujours considérée comme la plus proche d'Albus, grommela Alastor. Effectivement, ça ne m'étonnerait pas qu'elle veuille reprendre le flambeau …
-Mais elle n'est pas Albus ! rappela Minerva
-C'est vrai, concéda Filius. Mais tout le monde sait qu'elle est en quelque sorte l'intendante de l'Ordre et qu'elle a la confiance d'Albus. Même s'il a été chassé de tous ses postes, je parie que beaucoup pensent qu'il est seulement victime d'une cabale menée contre lui.
-Je répète, en quoi ça nous concerne ? fit Minerva
-Le réseau formé par Dumbledore est accessible pour toute personne assez douée pour tromper les membres de l'Ordre avec sa bonne foi, répondit Severus. A part nous, qui sait que le désir de Molly Weasley d'entrer dans les cercles sangs purs est en fait une obsession à laquelle elle n'est pas prête à renoncer ?
-Pas faux, grogna Alastor. Albus ne s'est jamais préoccupé d'entraîner correctement les membres de l'Ordre. Ils ne sont pas assez méfiants donc si la Prewett les approche, ils feront ce qu'elle veut.
-Il va falloir l'écarter du QG, décida Minerva.
-Ce n'est pas le sujet, fit Filius. Nous devons savoir si nous devons dissoudre l'Ordre ou pas.
-L'Ordre n'a pas grande utilité, même du temps de Dumbledore, fit remarquer Severus. Mes informations n'étaient que rarement prises en compte et quand l'Ordre intervenait, c'était toujours trop tard et avec des moyens insuffisants, vous ne pouvez pas le nier.
Tous durent le concéder car ce n'était pas faute d'avoir proposé à l'ancien directeur des améliorations.
-Vous pensez qu'en demandant une réunion de l'Ordre et en demandant que tout le monde fasse profil bas pour les prochaines semaines, cela neutralisera les trouble-fêtes ? s'inquiéta Minerva
-Je crains que nous n'arrivions trop tard, fit Filius.
Tous se renfrognèrent. En effet, ils auraient dû avoir cette discussion dès la disgrâce de Dumbledore annoncée mais avec le ministère et l'école à remettre sur pied, ils avaient été submergés.
-Nous allons les surveiller, décida Alastor. Nous connaissons la plupart des membres et s'ils en viennent à commettre des crimes, nous pourrions, Shacklebolt et moi, les mettre à l'ombre pour un moment, le temps de comprendre.
-Et Molly ? demanda Minerva
-Tout ce que nous avons contre elle, c'est sa fidélité aveugle pour Dumbledore, haussa des épaules Severus. Tant qu'elle ne fait rien de plus, nous ne pourrons que la surveiller elle aussi …
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Vernon Dursley n'aimait pas son emploi actuel.
Personne ne l'y appréciait et pire, personne ne le respectait ! Il aurait bien voulu leur montrer ce dont il était réellement capable mais dès qu'il faisait mine de se lever pour faire valoir son point de vue, généralement avec ses poings, il ne pouvait plus bouger, prisonnier de son propre corps.
Dans ces moments-là, il haïssait encore plus la magie !
Après avoir lancé la voiture sur la pute de son fils, Vernon avait perdu connaissance et s'était réveillé dans une cellule avec Dudley. Tous les deux avaient eu des soins sommaires mais rien n'avait été fait pour réduire la douleur ni pour faire disparaître les cicatrices dues à l'accident de voiture. Jamais ils n'avaient pu voir leurs geôliers ou leurs médecins et ce, pendant plusieurs mois.
Jusqu'à ce qu'entre le monstre dans sa cellule.
Certes, il avait grandi mais il le voyait toujours comme le gamin sur lequel il avait toujours le dessus dès qu'il élevait la voix. Il avait donc commencé à lui hurler dessus, bien aidé par sa fierté, son fils.
Les choses avaient dégénéré quand le monstre, sans même s'approcher d'eux, leur avait brisé les bras. La douleur était plus horrible que lors de l'accident de voiture et contrairement à la première fois, rien n'avait été fait pour les soigner.
-Comme quand ta baleine de fils et toi me tabassiez et que vous me laissiez crever dans mon placard, cracha le monstre. Tu vas enfin comprendre ce que tu me faisais subir …
Et il l'avait fait.
Quand Harry Potter se pointait dans sa cellule, il lui faisait exactement ce que Vernon lui avait fait dans son enfance, dans l'ordre chronologique en plus. Les coups, les blessures non soignées, les brûlures à vif, les privations d'eau et de nourriture … tout y passait. En quelques mois à peine, il était passé d'énorme à squelettique et avec son état de faiblesse, il lui était impossible de récupérer un tant soit peu, sans oublier qu'il ne pouvait pas dormir, le monstre débarquant à toute heure du jour ou de la nuit.
S'il n'y avait que ça …
Quand le monstre n'était pas là, c'en était un autre qui prenait le relais et celui-là, Vernon en tremblait violemment encore, rien qu'en y pensant.
Contrairement au monstre, celui qui se faisait appeler Ric usait sans scrupule de magie sur lui et son fils. Il leur avait fait avouer leurs plus sombres secrets, leurs pensées les plus intimes, absolument tout, tout en les torturant de manière encore plus inventive que le monstre, au point de craindre sa venue dès qu'il arrivait au bout du couloir.
Et puis un jour, tout s'arrêta.
Une sorte de gnome, de lutin ou de nain, Vernon ne savait quoi, l'avait emmené en un instant dans un studio minuscule où il y avait le strict minimum. A l'intérieur, en évidence sur la table, un contrat de travail en tant que vigile dans l'entreprise qu'il dirigeait jusqu'à ce qu'il se fasse virer. Oh, il avait bien essayé d'y échapper mais dès qu'il n'était pas rentré à vingt heures, il perdait connaissance et se réveillait dans le studio. Il avait joué à ce petit jeu pendant deux semaines et aurait pu continuer longtemps si ses réserves ne s'étaient amenuisées et quand il avait voulu faire des courses, son relevé de compte avait indiqué qu'il était déjà dans le rouge. Il devait donc travailler.
Vernon anciennement Dursley n'avait pas été accueilli avec les honneurs, loin de là. Lors de son entretien, le directeur des ressources humaines, ainsi que la directrice de l'entreprise et ses adjoints, lui avaient largement reproché ses trois semaines de retard avant d'enchaîner sur la politique de l'entreprise. En effet, apprit le nouveau vigile, à la suite du renvoi d'un cadre un an plus tôt, des situations d'harcèlement moral et sexuel et d'agression verbale comme physique avaient été mises à jour. Le protagoniste principal avait beau être mort dans un accident de voiture et n'encombrait plus le monde avec son comportement odieux – Vernon dut serrer les poings devant cette remarque déplacée, même si elle semblait justifiée pour son auteur – ses protégés avaient dû répondre de leurs actes une fois leur mentor disparu du paysage et ainsi, l'entreprise s'était débarrassée de ses éléments problématiques et entendait protéger ses employés sur le sujet, tout comme se montrer de la plus grande sévérité en cas de fautes avérées ou même soupçonnées. Vernon avait fait semblant de donner son accord à ses nouvelles conditions de travail mais était certain que son comportement habituel lui permettrait d'être tranquille.
Il n'aurait pas pu avoir plus tort.
Dès le lendemain, un jeune employé lui manqua de respect aux yeux de Vernon et ce dernier voulut lui montrer qui était le patron en ces lieux. Mais au moment où il avait voulu sortir de sa guérite pour lui montrer la vie avec ses poings, le vigile fut pris de vertiges puis de paralysie sur la chaise sur laquelle il était retombé. Voyant sa chance, l'employé avait tracé sa route et avait raconté sa mésaventure à tous ses collègues tant et si bien qu'au déjeuner, quand les regards tombaient sur l'homme désagréable qui assurait la sécurité à l'entrée des employés, des pouffements railleurs les accompagnaient. Quand la même scène se répéta le lendemain, le vigile comprit qu'il avait été ensorcelé par magie. Il comprit également que le seul moyen de lever la malédiction était de trouver l'un de ces monstres et de le convaincre de lever le sort. Mais même cette possibilité lui avait été retirée car quand il voulait aller au-delà de la supérette du quartier, il perdait connaissance et se réveillait dans le studio. Personne ne pouvait venir chez lui également, il n'avait même pas de chaînes câblées, aucun loisir ne lui était autorisé comme le cinéma ou le restaurant et en plus, son salaire était amputé de moitié. En effet, sur son bulletin de paie, il était indiqué qu'il remboursait une dette due aux services de Sa Majesté qui, au montant total, lui prendrait au moins jusqu'à la fin de sa vie. Il avait voulu s'insurger auprès de la comptabilité mais on lui avait bien fait comprendre que quand un courrier du fisc parvenait à l'entreprise, après vérification, on ne pouvait que s'exécuter.
Quand il avait noté qu'il ne pouvait pas se satisfaire sexuellement parlant, notamment en faisant appel à des professionnelles, Vernon décida de chercher sur son lieu de travail. Certaines femmes été intéressées mais quand il avait voulu avoir des relations immédiatement, peu importe qu'ils soient sur le lieu de travail, et qu'elles refusèrent, les choses se dégradèrent.
La première fois qu'il voulut retenir une employée pour qu'elle reste avec lui, il avait senti ses forces décliner. Elle avait ainsi pu partir et depuis, ne l'approchait plus si elle le pouvait et dans le cas contraire, elle était toujours entourée. Cela se reproduisit plusieurs fois mais quand, au comble de la frustration, il voulut frapper une femme pour qu'elle se tienne tranquille mais comme avec l'employé qui lui avait manqué de respect, il perdit le contrôle de son corps qui se figea. La femme du jour put s'enfuir et n'hésita pas une seule seconde à signaler ce comportement inadéquat. Habitué à réussir à se dédouaner, Vernon n'échappa pourtant pas à un blâme mais la leçon fut finalement comprise : il n'y avait aucune chance qu'il retrouve sa vie d'avant.
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Pétunia Evans avait parcouru du chemin depuis son divorce. Encore plus après la mort de son ex-mari et de son fils.
Elle n'avait pas été surprise d'être l'une des seules personnes à avoir assisté à leur enterrement. Elle en avait été d'autant plus contente en voyant que Marjorie, qui était censée préparer cette journée, s'était contentée de faire un peu de place dans la porcherie qu'était devenue le salon du 4 Privet Drive et de siffler toutes les bouteilles d'alcool à disposition. Quand elle avait posé les pieds dans son ancienne maison, la crasse et la saleté présente dans tous les coins l'avaient révulsé et lui avaient fait faire immédiatement demi-tour. Heureusement, elle n'avait même pas eu besoin de présenter ses condoléances à son ex-belle-sœur puisqu'elle était déjà ivre avant même que les cercueils soient en terre.
Quand Pétunia était rentré enfin chez elle, à trois heures de son ancien domicile, elle s'était félicitée de ne pas avoir emmené Johan et Luka, sa belle-fille et son petit-fils. La jeune femme avait vécu l'enfer auprès des deux Dursley et les spécialistes dénichés par son avocat avaient eu fort à faire pour l'aider à passer le cap difficile de son viol, sa grossesse, la naissance de son fils et son quasi esclavage. La jeune femme était encore mineure et n'avait même pas repris contact avec sa famille, contrairement à Pétunia qui voulait mettre les choses à plat. Elle avait récupéré la tutelle de sa belle-fille pour soulager sa famille et cette dernière avait accepté avec soulagement et tristesse également.
Deux jours plus tard, Pétunia s'était présenté devant le notaire pour connaître les dernières dispositions de Vernon et de Dudley. Sans surprise, son ex-mari n'avait pas rédigé de testament donc tous ses biens – et ses dettes – revenaient à Dudley. Mais ce dernier également mort, tout revenait à son fils, Luka, un an à peine, sous la responsabilité de sa mère Johan, mineure, elle-même sous la responsabilité de Pétunia. La fraîchement grand-mère avait donc pris connaissance de l'héritage de son petit-fils sous les hurlements de Marjorie, la sœur de Vernon, qui ne recevait rien, et elle n'était pas étonnée de voir que les dettes étaient supérieures aux biens possédés par Vernon. Ce qui l'était plus, c'était que la maison de Marjorie appartienne également à son frère.
Elle avait tout vendu.
Ni Johan ni elle n'avaient assez d'argent pour payer les dettes de Vernon – et ce n'était pas comme si elles voulaient être attachées à ses actes – sans oublier qu'elles avaient toutes les deux des souvenirs très sombres de ses propriétés. Elles n'avaient donc aucun intérêt à les garder, peu importe que Marjorie se retrouve à la rue, parce que ce n'était pas comme si elle ne l'avait pas cherché. Une fois les propriétés vendues et les dettes épongées, le reste avait été placé sur un compte pour l'avenir de Luka et ce désastreux pan de leurs vies fut à jamais enterré.
Pétunia avait trouvé un emploi dans un hôtel après les formidables vacances que lui avait offert Harry. Mais très vite, elle avait aspiré à plus et par le biais de Matthew Lawrence, son avocat lors de son divorce, avait demandé à Harry de s'associer avec elle pour un projet qu'elle avait mûri depuis qu'elle avait appris que son mari la trompait. Dans son emploi du temps surchargé, le brun avait pris le temps de rendre visite à sa tante adoptive et sa famille et avait été enchanté de son idée. En moins de temps qu'il ne fallait en dire, il avait trouvé une propriété non loin de la demeure Potter qu'elle occupait et l'avait fait rénover aux goûts de Pétunia. Très vite, le succès de la maison d'hôtes de Pétunia fut incontesté et gagna en renommée aux alentours. Johan l'aidait du mieux qu'elle pouvait, quand elle ne s'occupait pas de son fils et tous les trois vivaient parfaitement heureux.
-Harry ! s'exclama Pétunia après que la sonnette lui ait indiqué qu'une personne venait d'entrer sur la propriété
-Bonjour Pétunia, salua Harry. Je venais aux nouvelles.
Le jeune elfe noir en avait assez des complots et des pièges et avait décidé de s'accorder un peu de calme. Au fil des années, surtout depuis qu'ils avaient fui ensemble le 4 Privet Drive un an auparavant, leur relation s'était apaisée, devenant proche de celle que devait avoir une tante et son neveu.
Pétunia l'installa dans la cuisine et lui servit une tasse de thé.
-Tout se passe bien ici ? demanda Harry
-Je n'ai pas à me plaindre, sourit Pétunia. J'ai même des anciens clients qui m'ont demandé s'il n'était pas possible de louer la maison pour une réception de mariage.
-Tu ne disposes que de six chambres dont deux familiales, fit remarquer Harry.
-Je n'ai pas les détails, avoua Pétunia. Mais il y a un hôtel à quelques kilomètres donc ce n'est pas impossible.
-Tu es la gérante, toi seule pourrait dire si c'est possible, déclara Harry.
-J'y réfléchis, sourit Pétunia. Allons, dis-moi pourquoi tu es là.
-J'ai eu une idée et j'aimerai en discuter avec toi, répondit Harry. Tu gères une maison d'hôtes et je me demandais si ça ne t'intéresserait pas … d'élargir tes compétences.
Pétunia reposa sa tasse en le regardant fixement son neveu.
-Explique-moi, fit Pétunia.
-Tu as en charge six chambres d'hôtes, tu peux accueillir jusqu'à seize personnes, fit Harry. Tu m'as toujours demandé pourquoi je n'avais pas restauré les deux granges derrière la maison. Est-ce que tu penses que tu serais partante pour gérer des chambres d'hôtes … magiques ?
-Des … sorciers ? hésita Pétunia
-Pas de pure souche, reconnut Harry. Peut-être ceux qui sont nés dans le monde non magique, s'ils ont gardé des liens assez forts. Sinon, ce seraient essentiellement d'autres créatures magiques qui viendraient, comme des loups garous, des vampires ou des gobelins.
-Ce ne sera pas … dangereux ? s'inquiéta Pétunia
-Pas autant que si tu accueilles des inconnus dans ta maison d'hôtes, haussa des épaules Harry. Tes clients seront des habitués du monde non magique et ne feront rien pour se faire remarquer. Bien entendu, si ça t'intéresse, je peux te mettre en contact avec des représentants de différents peuples magiques pour que tu puisses les accueillir dans les meilleures conditions.
-Je ne dis pas non mais … est-ce que ça ne leur semblera pas bizarre que ce soit une personne non magique qui gère ce genre d'établissement ? demanda Pétunia
-Pas si tu intègres le réseau de refuges magiques, répondit Harry. Ces établissements sont ouverts à tous et sont totalement neutres. Un seul problème et la personne est exclue et être sans pouvoirs n'est pas une excuse.
-Pourquoi me le proposer ? fit Pétunia, curieuse
-Dudley était un sorcier, annonça gravement Harry.
Pétunia sursauta. Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux.
-J'ai été examiné par des spécialistes et ils ont déclaré que ma magie devait être particulièrement puissante depuis mon plus jeune âge, dévoila Harry. Des études internationales côté magique ont prouvé qu'un enfant exposé à la magie depuis son plus jeune âge avait plus de chances de devenir magique. Dudley aurait dû être un sorcier mais en voyant ce que Vernon faisait quand ma magie se manifestait, la sienne s'est violemment réprimée au point de disparaître, c'est mon hypothèse. Dans tous les cas, je sens de la magie en Luka donc il ne serait pas étonnant que d'ici quelques années, tu voies de nouveau des peluches voler dans les airs …
-Tu me demandes de ne pas avoir avec lui le comportement que j'ai eu avec toi, traduisit Pétunia.
-Ni toi, ni Johan, confirma Harry. Si j'ai le moindre soupçon, sois certaine que je mettrai cet enfant en sécurité et que vous prierez rapidement de ne pas être six pieds sous terre comme ce bon Vernon. Je ne veux pas que cet enfant croie qu'il est un monstre parce qu'il a de la magie. Je veux qu'il soit à l'aise avec sa nature et qu'il ne la renie pas. Si tu ne t'en sens pas capable, je m'arrangerai autrement mais fais-toi à l'idée que dans ce cas, il ne restera pas ici.
Pétunia hocha la tête. C'était de bonne guerre. Harry avait vécu l'enfer sous son toit parce que Vernon n'acceptait pas sa présence. C'était donc normal qu'il ne veuille pas qu'un autre enfant passe par le même calvaire que lui.
-Diriger une auberge magique et éduquer Luka en tant qu'être magique sont complémentaires mais tu n'es pas obligé d'accepter tout ou rien, poursuivit Harry. Tu peux accepter l'un ou l'autre, ce n'est pas un problème, mais en ce qui concerne Luka, des dispositions seront prises pour que tu te décides au plus tard un an après ses premières manifestations magiques. Après, tu n'auras plus ton mot à dire. Suis-je clair ?
-Oui, fit Pétunia. Et pour Johan ?
-Je ne connais pas sa position sur la magie mais dans le cas où elle sera contre, je ne lui laisserai pas l'occasion de maltraiter Luka, déclara fermement Harry.
-Ne peux-tu pas lui en parler maintenant ? demande Pétunia
-J'aurais bien aimé mais j'entrerai en violation de la loi du Secret, soupira Harry. Dans les faits, je n'ai aucun lien de sang avec elle donc aucune raison de lui dire que j'appartiens au monde magique. Nous devons attendre les premiers éclats de magie de Luka pour agir.
-Et si elle est contre ? demanda Pétunia
-J'ai quelques idées, avoua Harry. Je pense que je pourrais trouver une famille pour s'occuper de lui dans le monde sorcier, qui sait, mais si tu la gardes avec toi, il ne restera pas.
-Je comprends, fit Pétunia en hochant de la tête.
Harry savoura une nouvelle gorgée de thé.
-Il faut que tu saches que Dumbledore est un criminel recherché dans le monde magique, annonça Harry.
-Ah bon ? sursauta Pétunia. Il me semblait pourtant qu'il était célèbre et respecté.
-Effectivement, confirma Harry. Mais il s'est rendu coupable de nombreux délits et crimes à Poudlard et le ministère le recherche pour qu'il puisse répondre à ces accusations. Il a été chassé de l'école quelques jours avant la fin des cours.
-Est-ce qu'on l'a retrouvé ? demanda Pétunia
-Pas encore, répondit Harry. En revanche, si je me fie à certains de ses actes … il se peut qu'il se mette à ta recherche.
-Pourquoi ? s'étonna Pétunia
-Je me suis mis en travers de certains de ses plans, notamment quand nous sommes partis de Privet Drive, expliqua simplement Harry. Je lui ai également retiré mon soutien politique ce qui l'a mis en difficulté.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda Pétunia
-Je viens de renforcer les protections magiques tout autour de la maison, répondit Harry. Désormais, elles t'indiqueront si un sorcier s'approche de la propriété et surtout, si quelqu'un vient avec de mauvaises intentions. Dans ce cas, utilise immédiatement le portauloin que je t'ai confié en prenant bien soin de toucher directement les personnes que tu veux emmener ou les objets que tu veux apporter avec toi.
-D'où le fait que tu me demandes de mettre les affaires auxquelles je tiens le plus dans le sac que tu m'as offert, comprit Pétunia.
-Exactement … fit Harry
