L'avenir se prépare au présent

Jeremiah Prince observa son descendant traiter le courrier du jour. Généralement, quand il était libéré de Poudlard, Severus aidait Constantin à répondre aux sollicitations pour le chef de famille, comprenant petit à petit ses futures responsabilités. Ainsi, il avait pu arrêter certains membres du clan à obtenir plus que ce qu'ils ne pouvaient avoir et rappeler subtilement que même s'il ne recevait plus personne à son domicile et qu'il était aidé par un assistant efficace, c'était toujours Jeremiah qui dirigeait le clan et nul autre, même si sa fin était proche.

-Quand ces pique-assiettes vont-ils comprendre que vous n'êtes pas un coffre ambulant ? râla Severus en se redressant

-Quand je leur couperai totalement les vivres, pas avant, je le crains, sourit Jeremiah.

-Alors qu'attendez-vous ?! pesta Severus

-J'attends que mon successeur puisse le faire pour que je puisse profiter du spectacle, ricana Jeremiah.

-Vous avez pourtant encore de belles années devant vous, fit remarquer Severus.

-Je ne te savais pas aussi flagorneur, siffla Jeremiah. Tu m'avais habitué à mieux en matière de flatteries subtiles.

-Oh, ça va, grogna Severus.

-As-tu fini ? demanda Jeremiah. Nous devons discuter.

-Si c'est au sujet de votre prochaine abdication … commença Severus.

-C'est lié, concéda Jeremiah.

-Soit, soupira Severus. Ces réponses pourront attendre encore un moment.

Quelques minutes plus tard, tous les deux avaient une boisson chaude et profitaient de la terrasse ensoleillée.

-Je sais que tu n'aimes pas l'entendre mais je ne vais pas tarder à transmettre mon titre et mes responsabilités et tu es le premier à dire que mes autres descendants sont des incapables, fit Jeremiah. Tu es mon petit-fils et même si tu es de sang mêlé, tu sauras faire prospérer le clan Prince mieux que ces m'as-tu-vu.

Conscient que toute protestation était inutile, Severus garda le silence.

-Même si mon espérance de vie s'est améliorée depuis ton arrivée, je pense que d'ici une ou deux années, je laisserai ma place et ça sera sans appel, décréta Jeremiah. Je souhaite faire une transition en douceur pour que mon successeur puisse compter sur moi à ses débuts.

-Et ce successeur, ce serait moi ? grinça Severus sans pouvoir s'en empêcher

-Oui, confirma Jeremiah. Je détesterai l'idée que tout ce que ma famille et moi avons fait à travers les siècles sombre dans la corruption et la décadence.

-Et le fait est ? demanda Severus

-Je veux que ta position soit entérinée avant que tu deviennes lord, annonça Jeremiah.

-Vous voulez que je prenne femme, se renfrogna Severus. Nous en avons déjà parlé. Personne ne voudra épouser un ancien mangemort ou même un sang mêlé, qu'importe qu'il soit l'héritier Prince. De plus, je ne veux pas m'encombrer d'une sorcière qui finira par me reprocher mon style de vie austère, pour ne pas dire totalement ennuyant.

-Il est vrai que j'aurais préféré que tu te maries avant que je ne te passe la main, concéda Jeremiah. Mais il n'y a pas que ce moyen pour assurer ta position au sein de notre clan.

-Mettre enceinte une pauvre cruche n'est pas la meilleure des idées non plus, cingla Severus.

-Pourquoi cette idée te plait encore moins ? s'étonna Jeremiah

L'aîné connaissait sa réticence pour le mariage mais il ne s'était jamais aperçu qu'il en avait aussi quand il s'agissait d'avoir des enfants.

-Je n'ai pas eu le meilleur des exemples comme père, grimaça Severus. Et mon comportement à Poudlard parle de lui-même. Je ne ferai pas un bon père.

-Parce qu'il ne s'agissait pas de tes propres enfants et que les sorts laissés par Dumbledore sur toi comme sur ta salle de classe t'empêchaient d'être vraiment toi-même, rappela Jeremiah. Je pense qu'au contraire, en sachant parfaitement ce que tu ne veux pas pour tes propres enfants, tu ferais un excellent père.

-Mouais … bougonna Severus. Mais le problème reste le même. Je ne tiens pas à m'encombrer d'une sorcière qui ne me respectera sûrement pas en cherchant uniquement le prestige de lady Prince.

-Tu les penses toutes vénales, constata Jeremiah.

-Vous ne le pensez pas ? railla Severus. Jetez un coup d'œil à toutes les propositions de mariage qui vous parviennent. Vous serez surpris de savoir ce que ça cache réellement après enquête.

-J'en ai une petite idée, sourit Jeremiah. Raison pour laquelle je refuse tout contrat de mariage pour mon héritier depuis le reniement d'Eileen.

Severus se ferma complètement. Même si cela faisait des années qu'il était auprès de son grand-père, Eileen Snape anciennement Prince était un tabou aussi bien d'un côté comme de l'autre. Ils n'avaient pas encore eu la patience de s'installer autour d'une table pour discuter à cœur ouvert de la raison pour laquelle l'adolescente avait quitté son foyer strict pour épouser un moldu de la pire espèce, ni pour révéler la manière horrible dont elle était morte.

-Au moins, contrairement à ces consanguins sangs purs, vous ne prétendez pas savoir mieux que vos descendants qui conviendrait le mieux pour partager leur vie.

Severus comprenait les avantages qui pouvaient découler de l'alliance qui s'effectuait lors d'un mariage arrangé mais pas le principe même. Les futurs mariés étaient choisis en bas âge et étaient attachés aux choix souvent à côté de la plaque de leurs parents et de leur entourage, ce qui se transformait souvent en union malheureuse et depuis que la notion de pureté du sang s'était introduite dans la société, c'était de pire en pire. Jeremiah comprit aisément qu'il lui serait extrêmement difficile de mener Severus sur le chemin de l'autel.

-J'aurais une autre proposition à te faire, fit Jeremiah.

-Laquelle ? demanda Severus, méfiant

-Une Mère de Lignée, annonça Jeremiah en croisant mentalement les doigts.

-Il me semble avoir vu cela quelque part, fronça des sourcils Severus.

-J'ai dû en faire mention en passant, balaya Jeremiah. Une Mère ou un Père de Lignée était beaucoup plus utilisé quand les couples de même sexe étaient plus présents dans la société. Ils permettaient audit couple de pouvoir avoir des enfants de manière naturelle. Des couples hétérosexuels pouvaient également y avoir recours en cas de difficultés à concevoir voire de stérilité ou de danger mortel pour l'un des membres du couple.

-Et ? fit Severus

-Tu pourrais en utiliser une, lâcha Jeremiah.

-Vous venez de dire que vous préfèrerez que je me marie, pointa Severus.

-Je ne nie pas, confirma Jeremiah. Mais tu es particulièrement réticent à cette solution donc je cherche des alternatives. Comme tu l'as souvent fait remarquer, c'est toi qui vas vivre avec les conséquences de ces actes toute ta vie donc ton avis devrait plus importer que le mien.

-Certes, grogna Severus. Mais pourquoi maintenant ?

-Seth Prince se fait une place dans la société sorcière, rappela Jeremiah. Tu as toi-même déclaré que Severus Snape n'aurait plus d'utilité au plus tôt quand ce sorcier de pacotille ne sera plus et au plus tard quand Harry Potter aura fini son apprentissage. Nous devons profiter du fait que personne ne s'intéresse réellement à Seth Prince pour consolider sa position. Cela ne passe pas forcément par un mariage mais un héritier, si. Ou une héritière, ce n'est pas un problème.

-Ce n'est pas le problème ? répéta lentement Severus

Jeremiah eut un sourire gêné. Il comprenait parfaitement le problème qui se posait parce qu'il avait le même que lui : il détestait positivement qu'on se mêle de sa vie privée. Malheureusement, il n'avait pas le choix, il fallait qu'ils s'y intéressent maintenant.

-Je sais ce que tu penses, soupira Jeremiah. Mais tu sais que si tu veux avoir un minimum de paix à la tête du clan Prince, ta place doit être sûre. Si ça ne passe pas par un mariage en grande pompe, l'héritier est obligatoire.

-Et vous avez déjà sélectionné la poule pondeuse que j'allais devoir saillir ? grinça Severus

-Un peu de tenue, jeune homme, gronda Jeremiah. N'oublie pas que je suis encore lord Prince et que si tu continues à faire ta forte tête, je n'aurais aucun scrupule à te coller dans les pattes l'une de ces garces dont le but est de te rendre la vie difficile, au mieux !

Severus était à la limite de bouder. Même si Jeremiah était un vieillard qui avait étonnamment encore toute sa tête, il était également en position de faire tout ce qu'il avait dit … pour commencer.

Il avait cessé de douter de son pouvoir de nuisance, après tout.

-Je ne capitule pas, prévint Severus. Mais pour la beauté du débat, quels seront les critères auxquels cette … Mère de Ligne devra répondre ?

-Mère de Lignée, corrigea Jeremiah. C'est bête à dire mais dans ton cas, les mêmes que si tu devais l'épouser.

-Dans mon cas ? fit Severus en levant un sourcil

-Tu es célibataire, rappela Jeremiah. Si tu avais été en couple et que pour une raison X ou Y, vous ne pouviez pas enfanter de manière naturelle, la Mère de Lignée servirait littéralement de mère porteuse. Mais là, ce n'est pas d'un utérus dont tu as besoin, mais d'une femme. Il faut être minimum deux pour faire un enfant.

-D'accord, grommela Severus. Ensuite ?

-Ses origines seront importantes, poursuivit Jeremiah. A cause de Dumbledore et de son soi-disant opposé, la consanguinité fait de plus en plus de ravages. Donc éviter les sangs purs les plus proches … ou choisir une sorcière de sang mêlé voire une née de moldus.

-A quoi dois-je ce volte-face ? railla Severus. Dois-je vous rappeler que c'est à cause de votre mariage si « pur » que votre fille s'est enfuie d'ici et que grâce à son union « contre-nature », je reste le seul de cette famille qui ne soit pas à moitié fou et au moins capable d'utiliser correctement sa magie ?

Jeremiah grinça des dents. Severus savait taper là où ça faisait mal. Et enfoncer le couteau dans la plaie tout en le remuant longuement aussi.

-Je reconnais mes erreurs, cracha Jeremiah. Le fait est que toi, sang mêlé, es plus puissant que la quasi-totalité de mes descendants. Un héritier puissant assiérait ta place et la prospérité du clan.

-Et où trouverez-vous cette perle rare ? demanda Severus

-Tu n'es pas contre ? s'étonna Jeremiah

-Sur le principe, non, soupira Severus. Dans mon cas … j'aimerai avoir tous les éléments en main pour y réfléchir.

-Il se peut que j'aie trouvé quelqu'un, avoua Jeremiah. Mais comme tu me l'as bien fait comprendre, ce sera ton choix.

§§§§§

Pansy Parkinson était nerveuse et sa nervosité faisait sourire son frère Paul. Le jeune adolescent riait sous cape car ce n'était pas elle qui allait agir aujourd'hui.

L'année qui s'était écoulée était la meilleure qu'il avait passé dans sa jeune existence. Cela faisait déjà quelques années que Pansy était en internat mais loin de ses parents « aimants », il avait pu respirer et ce n'était pas un euphémisme. Il avait été pris en charge par Constantin Pavel, l'assistant de Jeremiah Prince, et sa femme Carmen et honnêtement, leur vie était à l'opposé de celle des Parkinson. Même si Constantin était un sang pur espagnol, Carmen était une née de moldus, ce qui lui avait valu l'interdiction formelle d'entrer sur le domaine Prince. Le couple, dont les enfants étaient désormais adultes et établis dans d'autres contrées, vivait à cheval entre le monde sorcier et le monde non magique. Ainsi, Paul avait été inscrit dans un institut moldu non magique et avait enfin pu se faire des amis sans que cela soit dicté par ses parents. Cette scolarité lui avait également permis de renforcer ses acquis et de se rendre compte au tendre âge de dix ans que les buts de Voldemort étaient voués à l'échec avant même de se réaliser. Qu'est-ce que quelques centaines sorciers pouvaient faire contre cinquante-cinq millions de moldus, en sachant que parmi eux, les forces de l'ordre faisaient plusieurs centaines de milliers et cela, sans compter toutes les armes et les techniques de défense dont ils disposaient et qu'ignoraient les sorciers ? Strictement rien. Pareil pour le grand projet de Dumbledore qui pensait qu'en ouvrant le monde sorcier aux moldus, ces derniers les accueilleraient comme des dieux. Oui, ils acceptaient plus ou moins les différences mais ils n'avaient pas leur pareil pour faire tomber les dictatures. Or, de ce qu'avait raconté Ginny Weasley et Luna Lovegood, Albus Dumbledore prenait ses décisions tout seul parce qu'il était certain d'avoir la bonne et unique parole. Résultat, son champion ne pouvait plus le voir en peinture et il venait d'être mis sur le ban de la société.

Dès la fin de l'année scolaire, Pansy avait rejoint son petit frère Paul et lui avait expliqué de vive voix l'une des possibilités de le mettre en sécurité. Demander l'asile au sein d'un clan plus puissant que le sien couperait tous les ponts avec ses parents – voire, possibilité extrêmement négative, si le clan choisi n'était pas le bon, se soumettre volontaire à l'esclavage – mais au moins, ils ne pourraient plus lui faire de mal. Maintenant que leur frère aîné n'était plus là, il était seul avec Pansy et il ne tenait pas à se faire maltraiter parce qu'il ne correspondait pas aux standards étriqués de Voldemort. Le choix du clan en question avait été assez ardu et quand les lords ou ladies en fonction venaient de prendre leurs responsabilités, le clan en question était un peu affaibli par un lord vieillissant, quand il n'avait pas la puissance nécessaire de tenir tête aux mangemorts et ses alliés. Au fur et à mesure des critères non remplis, il n'était resté qu'un seul clan : Black.

Un frisson inconscient traversa Paul. Le clan Black était la force de frappe principale de Voldemort pendant la première guerre avec le soutien financier de Walburga, la baguette et la folie de Bellatrix, sans oublier Sirius qui aurait vendu les Potter. L'adolescent se souvenait parfaitement de ses parents qui utilisaient volontiers le souvenir de la sorcière pour le faire tenir tranquille et les débats durant lesquels ils présumaient des connaissances exactes de Sirius. Plus que Bellatrix, Sirius avait hanté les cauchemars de Paul car il se disait que l'ancien prisonnier avait quand même trahi son meilleur ami.

Puis était venu Beltaine dernier.

Outre le fait qu'il semblait en pleine forme alors qu'on le disait mort depuis deux ans, Sirius Black s'était révélé être le nouveau lord Black et ne s'était pas gêné pour dévoiler au grand jour l'erreur judiciaire dont il avait été victime. Cela lui permettait d'être intouchable par le ministère dans ses procédures légales et les alliés de Voldemort comme de Dumbledore s'en étaient rapidement mordus les doigts quand ils avaient voulu lui porter préjudice.

Et c'était devant lui que le petit garçon de dix ans allait se présenter et le convaincre de lui accorder l'asile.

Trop stressée pour pouvoir faire quoi que ce soit, Daphnée et Draco avaient pris sur eux d'expliquer à Paul à la place de sa sœur en quoi consistait la demande d'asile et les points sur lesquels il fallait qu'il insiste. D'après eux, Sirius Black était parfaitement au courant de la démarche et n'était pas contre la lui accorder mais la magie étant ce qu'elle était, il valait mieux suivre les traditions.

Un homme entra dans le salon où avaient été installés la fratrie Parkinson.

-Lord Black va vous recevoir, annonça Walden, le majordome du clan Black. Si monsieur veut bien me suivre.

Paul se tourna vers Pansy et lui serra la main.

-Paul … souffla Pansy, les larmes aux yeux.

-T'inquiète pas, sourit Paul. Lord Black et moi savons ce que nous avons à faire. Et quand je serais en sécurité, tu pourras aller botter les fesses de Voldemort et de Dumbledore.

Souriant malgré tout, elle l'embrassa sur le front avant de le laisser partir.

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Grâce au sort de secret posé sur la propriété de Godric's Hollow, personne ne sut que de grands travaux avaient lieu.

Après la première visite de Ric et d'Harry pendant laquelle ils avaient déblayé les lieux, Kali était venue à son tour pour tester la magie ambiante et évaluer les risques encourus lors de la réalisation d'un rituel d'identification et de localisation de cette ampleur. La présence de la magie de Dumbledore n'avait pas facilité les choses mais finalement, l'elfe noire avait pu établir qu'avec une purification du site préalable, le rituel pouvait parfaitement fonctionner.

Il n'en fallait pas plus pour que Garrick, Ragnok et Laze investissent les lieux pour tout préparer. Ric avait opté pour un rituel sorcier antérieur à son compagnon, ce qui protégeait toutes les personnes non-sorcières qui allaient participer. Les runes sorcières furent soigneusement choisies puis assez profondément enterrées pour qu'on ne puisse pas les trouver facilement avant le grand jour. Elles avaient été gravées sur des pierres semi-précieuses fournies par Ragnok pour élargir la portée du rituel et surtout, pour être polies ensuite et réutilisées. Comme cela, il n'y aurait aucune preuve et rien pour que quiconque puisse découvrir ce qu'ils avaient fait exactement.

Les différents ingrédients nécessaires pour tracer les lignes du cercle d'invocation avaient été minutieusement récoltés par Laze à travers la forêt interdite. Ce fut avec horreur qu'il découvrit les restes du village des fées détruit et de nombreux autres encore. En pestant sur la cruauté des sorciers, Harry lui raconta qu'il restait une survivante du village qui vivait désormais sur le domaine des Longbottom. Le fondateur se promit de lui rendre visite pour au moins savoir s'il y avait une possibilité qu'elle puisse en recréer un nouveau.

Puisque le rituel ne concernait pas de près ou de loin Harry, la Senestre décida de tendre son piège à la fin de la journée du 31 juillet et de réaliser le rituel quand le soleil serait au zénith. L'heure important peu, cela laissait assez de temps à la magie de se dissiper pour que les adversaires qui n'allaient pas tarder à débarquer et qui étaient un tant soit peu sensible à la magie ne se doutent pas qu'il s'agissait d'un piège. Ils terminèrent par un bouclier qui contiendrait la vague de magie pour éviter de prévenir la moitié de l'Europe qu'il se tramait quelque chose en Grande Bretagne.

Le rituel d'identification et de localisation fut réalisé en moins d'une demi-heure et les cinq doigts de la Senestre apprécièrent à leur juste valeur les quelques heures de répit qu'ils eurent avant les affrontements de la soirée. Ils n'allèrent pas très loin – la maison des Potter était parfaitement fonctionnelle, même si la nurserie avait explosé – et des lits de camp furent installés à la va-vite pour qu'ils puissent dormir quelques heures.

Leurs premiers « invités » commencèrent à arriver dès qu'ils levèrent le sort de secret, aux alentours de dix-huit heures. Comme dans l'imaginaire sorcier, un rituel – interdit – d'augmentation de pouvoirs magiques – toujours interdit – devait avoir un maximum de spectateurs – alors qu'en réalité, c'était totalement inutile – la Senestre avait décidé suivre le mouvement, même si leur organisation ne leur permettait pas de réaliser le rituel prévu en entier. Après Severus Snape, Amelia Bones et Kingsley Shacklebolt se présentèrent avec une dizaine d'aurors qui n'avaient aucun lien direct avec les mangemorts ou l'Ordre du Phénix et mis sous serment de secret concernant leur participation à l'opération. Un détachement d'unspeakers en provenance du département des Mystères britannique arriva par la suite, avec un détachement d'unspeakers et d'aurors internationaux, directement mandatés par le conseil international magique. Et enfin, alors que le soleil amorçait la fin de sa descente, les membres de l'Ordre du Phénix « sûrs ».

-Eh ben, ils ne se foulent pas, persifla Laze, qui avait modifié ses traits pour ne pas être reconnu.

-Tu oublies que Dumbledore ne leur a pas permis d'avoir la notion d'anticipation, rappela Garrick, ayant lui aussi modifié ses traits. Si on ne leur dit pas qu'ils doivent arriver en avance, ils arriveront à l'heure des festivités, pas avant.

-Pourquoi on les a invités, déjà ? grogna Ric, qui avait caché ses caractéristiques elfes pour ne pas éveiller les soupçons

-Pour qu'ils fassent office de témoins, répondit Garrick. On leur a simplement dit qu'ils assisteraient à quelque chose qui augmenterait les chances de l'Ordre de vaincre Voldemort, donc ils ne bougeront pas. Au cas où, on a placé une barrière autour d'eux pour qu'ils restent à leur place.

-Je trouve qu'il y a beaucoup de monde pour combattre, nota Laze.

-Avec le renvoi de Dumbledore, les rapports alarmants sont enfin parvenus à destination, répondit Ragnok, sous un puissant glamour pour passer pour un sorcier. Les autres agences m'ont révélé que les ministères sorciers s'étaient affolés depuis l'article des directeurs de maison de Poudlard et sont sur le pied de guerre pour que Voldemort n'ait aucune chance de poursuivre sa conquête du monde.

-Et pour cela, ils n'ont rien trouvé de mieux que de me coller une garde rapprochée, grogna Harry.

Quand il avait requis la présence et l'aide d'Amelia Bones, celle-ci lui avait fait part de la demande du conseil international magique pour défaire les agissements de Dumbledore et neutraliser Voldemort. Comme les événements avaient tendance à se concentrer sur Harry ces dernières années, tous en avaient déduit qu'une équipe réduite autour du jeune homme serait efficace pour palier au plus gros des dégâts. Comprenant qu'ils n'allaient pas le lâcher de sitôt, il leur avait brièvement expliqué plus en détail le piège que la Senestre – sans les nommer – avait l'intention de mettre en place, sans cacher qu'ils comptaient attirer Dumbledore. Il n'avait pas fallu longtemps, aussi bien pour les aurors britanniques que pour les aurors internationaux, pour concéder que le plan était le plus sécuritaire possible et qu'ils en étaient.

Lorsque le ciel se teinta d'orange, les aurors internationaux se dissimulèrent sur la propriété en utilisant des artefacts ou des sorts que même Ric et Garrick eurent du mal à percer. Les aurors britanniques suivirent, tant et si bien qu'il ne resta que les membres de l'Ordre du Phénix sur place. Heureusement, Minerva McGonagall, venue sur l'invitation d'Harry, prit les choses en main et les envoya dans la maison remise en état. Très vite, il ne resta qu'Harry, Severus, Ric, Laze et Kali.

-Comment est-ce que tu peux être sûr que Dumbledore va venir ? demanda Severus

-Quand j'ai laissé entendre notre plan, il y avait quelques indices que seul Dumbledore pouvait traduire, expliqua Harry. Des indices qui concernent Poudlard.

-Lesquels ? demanda Severus. Et comment est-ce que toi, tu les connais ?

-La Chambre des Secret ne renfermait pas qu'un basilic, ricana Harry. Quant à ces informations … est-ce que vous saviez que le bureau dans lequel Dumbledore nous recevait n'était que l'antichambre du véritable bureau du directeur ? Ses appartements étaient en fait l'ancien salon attenant.

Severus écarquilla des yeux.

-C'est une plaisanterie ? lâcha sombrement Severus

-J'aurais bien aimé … en fait, non, corrigea Harry.

-Cela vous dérange, fit Laze. Pourquoi ?

-Il y a une rumeur qui court parmi les directeurs de maison, expliqua Severus. Une rumeur qui dit que le blason de Poudlard surplombe le bureau du directeur de l'école, ce qu'aucun de nous n'a pu voir. Un blason qui n'apparait que si le directeur est reconnu par l'école. Dumbledore s'est toujours contenté d'accrocher des répliques des étendards de chaque maison, puisqu'ils ne pouvaient quitter le bureau des directeurs de maison que si on avait réellement besoin d'eux à l'extérieur. Si c'est vrai, où se trouve le véritable directeur de Poudlard et comment ça se fait que Dumbledore soit resté aussi longtemps en place ?

-Des questions très intéressantes auxquelles les réponses arriveront sûrement après sa capture, fit Ric, à l'affut.

Garrick se retourna brutalement vers l'ouest, baguette en main.

-Ils arrivent, annonça Garrick, serrant les dents.

Tous se mirent en place comme s'ils allaient réellement faire un rituel. Cinq minutes plus tard, les barrières affaiblies ployèrent avant de se briser et une nuée de silhouettes envahit le terrain. Baguette en main et encadré par Severus, Ric, Laze et Garrick, Harry fronça des sourcils, quelque chose le dérangeant.

Jusqu'à ce que la foule se fende et laisse voir leur chef, qui ne leur était pas si inconnu que cela mais qui n'était clairement pas Albus Dumbledore.

-Personne ne sera plus puissant que lord Voldemort, cracha Voldemort. Abattez-les !

Le chaos se déchaîna.