La vie continue

Draco Malfoy bouclait ses valises, l'heure du départ approchant.

Malgré la mort de Voldemort, ses amis et lui ne s'étaient pas précipités pour reprendre leurs sièges au Magenmagot et réformer la société. Non, ils avaient bien compris qu'il fallait prendre son temps pour effacer les idées folles de Voldemort et qu'en attendant la mort de Dumbledore, qui alimentait cette folie, leurs représentants feraient parfaitement l'affaire.

C'était pour cette raison que le blond avait décidé de poursuivre ses études hors de sa contrée natale. Si la scolarité avait été totalement décrédibilisée par les actes de Dumbledore, l'enseignement supérieur avait été réduite à peau de chagrin car le vieux sorcier avait bien évidemment là aussi réformé ce que les sorciers devaient savoir. Ainsi, il n'avait plus aucune valeur au niveau international et ça allait à l'encontre de leurs plans.

Draco avait opté pour la Norvège et son programme élitiste de droit international où il serait accompagné de Théo Nott, qui serait en potions. Daphnée et Blaise étaient en Italie, tous les deux en sortilèges et avaient décidé d'une colocation non loin du domicile de Mina Cozzolini, la maîtresse d'apprentissage de Ginny Weasley. Neville avait opté pour la France et son programme de flore magique tout comme Pansy pour étudier la médecine magique et veiller sur son frère Paul, Luna et Astoria qui allaient entrer à Beauxbâtons. Seuls Hermione et Harry avaient décidé de rester en Grande Bretagne, la jeune femme ayant décidé de se former directement en politique sorcière aux côtés d'Augusta Longbottom et Harry devant terminer son apprentissage auprès de Severus Snape. Bien entendu, puisqu'il y avait au moins un sang pur dans chaque groupe, ils avaient toute latitude pour se rendre visite les uns les autres via les cheminées de leurs propriétés.

-Draco ?

-Maman, un problème ? s'inquiéta Draco

La blonde n'aimait pas l'idée que son fils parte aussi loin mais elle reconnaissait qu'il ne pourrait rien faire avec un peuple qui avait du mal à comprendre que les Serpentards n'étaient pas le mal incarné. De toutes les façons, quand ceux qui seront réellement l'avenir du pays auront tous quitté le pays, les laissant dépérir la bouche ouverte, alors ces imbéciles comprendront qu'il était temps d'être en phase avec son temps et la Magie.

-Tu es sûr de vouloir partir aussi loin ? s'inquiéta Narcissa. La France aurait parfaitement convenu.

Draco leva les yeux au ciel. La France était également bien plus proche de la Suisse où le couple Malfoy avait décidé de s'exiler pour les prochaines années.

-Je sais que tu voudrais que je sois aussi proche de toi, sourit Draco. Mais je dois penser à mon avenir et il n'y a aucun cursus sur le continent qui me convient mieux que celui qui est en Norvège. De toutes les façons, avec une cheminée ou même un portauloin, je ne serais jamais très loin de toi.

-Mais si on s'en prend à toi … s'angoissa Narcissa.

-Les autres pays ne sont pas aussi laxistes que la Grande Bretagne, déclara Draco en levant les yeux au ciel. Et assez intelligents pour ne pas me haïr au premier regard parce qu'un hurluberlu dont ils ne connaissent ni de Merlin ni de Morgan leur a dit que ça devait être comme ça et pas autrement sans explication. Ils vont peut-être avoir une certaine réserve en me regardant mais ils vont prendre le temps d'apprendre à me connaître avant d'émettre une opinion. Ils me laisseront ma chance, maman, et c'est plus que ce qu'on pourrait faire ici.

Narcissa capitula, car Draco avait raison.

-Mais la Norvège … geignit Narcissa.

-Le réseau de cheminée international fonctionne toujours, ricana presque Draco. Je viendrais passer quelques jours avec père et toi pendant les vacances.

-Pas les week-ends ? s'indigna Narcissa

-Et je travaille quand mes cours ? taquina Draco. Ce n'est pas parce que nous nous verrons moins que je ne t'aime pas autant, maman.

Devant cette preuve d'amour, la blonde ne put s'empêcher de serrer son fils dans ses bras.

§§§§§

Molly Weasley ruminait au Terrier.

Avec l'expulsion d'Albus Dumbledore de l'école, l'Ordre du Phénix s'était retrouvé totalement perdu. Les membres s'étaient rendu compte que si c'était arrivé, c'était parce que leur leader n'était pas aussi vertueux qu'il avait voulu le faire croire et pire, que c'étaient leurs enfants qui en avaient été victimes. Ils ne savaient donc plus à qui faire confiance.

Les imbéciles …

La matrone avait essayé de maintenir la cohésion de l'Ordre mais sans le soutien de ses grands noms – Minerva McGonagall, Filius Flitwick, Alastor Maugrey et, à son plus grand déplaisir, Severus Snape – on concédait seulement qu'elle avait la confiance d'Albus et ce n'était plus une référence.

Heureusement, en tant qu'intendante de l'Ordre du Phénix, elle devait être la seule à savoir comment l'organisation fonctionnait réellement, mis à part son fondateur. Elle avait ainsi pu se mettre en contact avec les alliés moins conventionnels du vieux sorcier et agir dans l'ombre.

-Maman ?

Un grand sourire orna le visage de la matrone en entendant la voix de son dernier fils.

-Ron ! Tu es réveillé ? Tu as faim ? demanda Molly

-Oui maman, fit Ron en baillant ouvertement.

Ron avait fini Poudlard avec un niveau Acceptable mais ce n'était pas suffisant pour qu'il entame le programme des aurors, puisqu'il n'avait pas eu son BUSE de potions. Mais Molly était sûre de ses talents de persuasion pour que Kingsley et Alastor puissent intercéder en sa faveur pour qu'au mois de septembre, son fils soit accepté.

La mère de famille prépara rapidement le repas gargantuesque de sa progéniture et l'observa distraitement pendant qu'il se bâfrait. Depuis la disparition de Ginny un an plus tôt, Molly vivait seule dans la maison familiale. Muriel, la tante d'Arthur, avait exigé la présence de son neveu à ses côtés et les mauvaises relations qu'elle entretenait avec le reste de ses fils faisaient qu'elle ne recevait aucune visite. Grâce à cela, elle avait bien été tentée d'y héberger Albus Dumbledore lui-même mais ce dernier lui avait indiqué que les barrières devaient sûrement être configurées sur Arthur, ce qui ne garantirait pas le secret de ses allées et venues.

Molly savait que sa place dans le clan Weasley était sur la sellette. Son comportement général depuis la naissance de Ron allait à l'encontre des convictions du clan qu'elle avait rejoint à son mariage, enfin plus que d'habitude. Puisqu'Albus avait exigé que ses deux derniers enfants soient les plus proches du Survivant, elle les avait éduqués pour qu'ils puissent l'aider à le guider dans le monde sorcier pour le mener à son apogée. Elle savait parfaitement qu'Harry Potter, en plus d'être le Survivant, était destiné à les débarrasser définitivement de Voldemort et à user du poids du clan Potter pour aider à réformer la société sorcière sans qu'elle ne soit polluée par des mages noirs. Ses enfants avaient parfaitement réussi leur mission mais elle n'avait jamais su à quel moment Ron avait cessé d'être le meilleur ami du Survivant et Ginny de vouloir être la prochaine lady Potter. Pire, sa fille avait cessé de lui obéir et s'était enfuie au moment où elle pouvait devenir la petite-amie du Survivant. Entre ça, l'éloignement du Survivant d'Albus Dumbledore, le départ de ce dernier de Poudlard et surtout, la disparition définitive de Voldemort, plus personne ne faisait aussi facilement confiance à ce grand sorcier.

Mais …

Mais … il n'y avait qu'Albus Dumbledore qui pouvait la mener à sa destinée. Elle qui aurait dû devenir sang pur par un mariage richissime le deviendrait quand son idole aurait enfin la main sur le clan Potter. Mais pour cela, il fallait mettre la main sur ce gamin capricieux qui refusait de servir le plus grand Bien !

-Ron ? fit Molly

-Oui maman ? répondit le roux la bouche pleine

-Harry ne quitte pas Hermione, si j'ai bien compris ? demanda Molly

-Je parie qu'ils sortent ensemble, grommela Ron, l'air sombre. Mais je suis tellement mieux que lui !

-C'est vrai, mon chéri, cajola Molly. On devrait lui rendre visite pour l'en convaincre. Tu as son adresse ?

-Faut que je cherche dans mes affaires, fit Ron.

-Fais vite alors, pressa Molly. On y va aujourd'hui.

§§§§§

-Je n'aime pas quand tu t'isoles, fit une voix dans son dos.

Une paire de bras s'enserra et il se laissa aller dans cette étreinte.

-Laze …

-Oui, amour ? sourit Laze

Ric continua de savourer l'étreinte.

La mort de Voldemort avait dégagé un grand boulevard dans le monde sorcier, boulevard dans lequel leurs alliés s'engouffraient pour anéantir sans attendre les préceptes qu'il avait infiltré dans la société sorcière. Même s'il s'occupait consciencieusement de la convalescence de son descendant, l'elfe noir savait que la lutte n'était pas terminée. Il restait encore Dumbledore mais surtout Eutar, sujet de sa réflexion ces derniers temps et la raison de son isolement actuel.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Laze

-Eutaryn m'a défié, annonça Ric.

-Pardon ?! hoqueta Laze

Le sorcier contourna son compagnon et s'assit face à lui.

-Tu peux répéter ? gronda Laze

-Eutaryn m'a défié, répéta Ric. Il veut que nous nous affrontions dans un duel à mort.

-Quand ? demanda Laze

-A la date de mon choix, répondit Ric.

-Quel est le problème ? fit Laze. Ce n'est pas ce que tu voulais ?

-Si, soupira Ric. Mais je veux surtout qu'il reste en vie pour qu'il puisse répondre de ses actes devant les nôtres. Il a détruit notre société pendant mille ans, personne ne voudra qu'il meure dans une autre dimension pour qu'il évite de donner des explications.

-Tu ne peux pas changer les termes du duel ? demanda Laze

-Pas vraiment, non, souffla Ric. L'un de nous devra mourir pendant ce duel.

Laze garda le silence un moment. Lui non plus n'était pas satisfait de cette porte de sortie choisie par Eutaryn mais il était conscient qu'elle était la seule qui pouvait s'offrir à lui en tant qu'elfe noir. Isolé dans un monde qu'il ne connaissait pas, ne pouvant pas retourner dans son monde d'origine où tout ce qui l'attendait, c'était la mort, sans oublier qu'il s'était mis à dos les seuls elfes noirs qui auraient pu l'aider, il ne pouvait même pas faire un mea culpa car ce n'était pas dans sa nature. Le duel à mort était donc logique, même s'il ne plaisait à personne.

-Tu dois obligatoirement le tuer ? demanda lentement Laze

-C'est un duel à mort, railla Ric.

-Ça, je l'avais bien compris, balaya Laze. Mais quelles sont les conditions du duel ?

-L'un des adversaires doit porter un coup fatal qui conduirait à la mort de l'un des adversaires, récita Ric.

Laze écarquilla des yeux.

-Je rêve ou cela comprend que l'un des adversaires puisse se faire tuer par l'une de ses propres attaques ? sursauta Laze

-Nous en avions déjà discuté, sourit Ric. Contrairement aux sorciers, les elfes ne laissent que peu de place à l'interprétation.

Laze se renfrogna pendant que le sourire de Ric s'agrandit. Quand ils avaient fini par reconnaître leur lien d'âme sœur, ils avaient eu de nombreux débats, notamment entre les différences entre leurs deux natures. Si Laze avait eu du mal à se faire à la nature sanglante des elfes noirs, Ric, même s'il se promenait dans la dimension des humains depuis un certain temps, ne cautionnait pas la nonchalance des sorciers dans leurs rapports avec la Magie. Entre autres.

-Nous en discuterons un autre jour, promit Laze. Le duel est officiellement terminé quand l'adversaire est mort ou quand le coup fatal est porté ?

-C'est la même chose, non ? fit Ric, un peu perdu

-Non, assura Laze. Est-ce que tu as la possibilité de changer cette condition ?

-Oui, en sachant que c'est la même chose, insista Ric.

-Parfait, sourit Laze. Attends un peu avant de renvoyer ta réponse, mais si tu commences à la rédiger, je veux que tu changes ce point.

-Tu te rends compte que je vais affronter et tuer celui qui est responsable de ton kidnapping et de ton emprisonnement de mille ans ? articula Ric

-Oh, mais ne t'inquiète pas, j'aurais l'occasion de me venger, sourit machiavéliquement Laze. Je vais de ce pas arranger les détails.

Il embrassa tendrement son compagnon pour le rassurer.

-Eutaryn paiera pour ses crimes, décréta Laze. Humilie-le dans l'arène, je m'occupe du reste.

Sur ces mots, Laze fila.

§§§§§

-Mia cara ?

-Maîtresse ? fit Ginny en se redressant

-J'aimerai regarder les résultats de tes recherches, sourit Mina Cozzolini.

La rousse rassembla ses affaires en mettant plusieurs feuilles de côté qu'elle apporta rapidement à la sorcière.

L'apprentissage en métamorphoses s'était révélé totalement différent de tous les contes qu'avait pu raconter Dumbledore à sa mère. Certes, elle ne s'attendait pas à obtenir sa maîtrise d'un claquement de doigts mais clairement pas à travailler aussi dur.

Mina Cozzolini avait une manière bien à elle d'obtenir le meilleur de ses apprentis. Elle testait d'abord leurs nerfs et selon le moment où ils craquaient, elle pouvait dire avec précision de quoi il était capable et pour cela, rien de plus simple, elle les transformait en domestique pour la maisonnée.

Ainsi, dès que Muriel avait eu le dos tourné, Mina lui avait indiqué qu'elle aurait la charge du ménage, de la lessive et de la cuisine pour toute la maison. Ce ne fut qu'au bout de huit mois qu'excédée, Ginny avait transformé sans baguette un objet qui traînait là pour remplacer le seau qui lui servait à nettoyer le sol et qui avait une nouvelle fois disparu. Ce dont Mina ne s'attendait pas, en revanche, c'était le retour de bâtons de la jeune fille quand elle avait découvert les responsables d'une partie de ses péripéties depuis qu'elle était arrivée, les propres apprentis en métamorphoses du mari de Mina, deux jeunes hommes de vingt-trois ans dont les familles payaient grassement Julio pour qu'ils puissent faire quelque chose de leurs dix doigts. Les deux imbéciles – l'avis de Ginny comme du couple Cozzolini – avaient quand même mis un mois pour se débarrasser de tout ce qui leur était tombé sur le coin du museau et les hurlements de leurs parents n'y avaient rien changé.

Cela faisait donc quelques mois que la rousse commençait réellement son apprentissage ou plutôt, sa partie pratique. Comme l'avait expliqué Mina après l'épisode du retour à l'envoyeur, Ginny devait se débarrasser de cette mauvaise habitude d'avoir toujours recours à sa baguette pour laisser sa magie s'exprimer. Le concept n'était pas si compliqué à comprendre mais l'application était une autre paire de manches. Au bout d'un mois, étonnée de ne pas voir de progrès de la part de son apprentie, elle avait fait examiner sa baguette et avait découvert qu'elle possédait des sorts de restriction et d'appartenance, c'est-à-dire qu'elle attirait et filtrait toute la magie de Ginny pour n'en laisser passer qu'une partie. Outrée, Mina ne s'était pas embarrassée de scrupules et avait fait détruire la baguette fautive pour que son apprentie puisse en avoir une nouvelle sur mesure et sans « ajouts » néfastes. Cela lui avait d'ailleurs permis de se rendre compte de sa puissance supérieure à la moyenne et de sa créativité, montrant son lien de parenté avec Frédérique et Georges Weasley, les fondateurs de la boutique Weasley et Weasley, farces et attrapes, dont la réputation commençait à dépasser les frontières. Alors qu'elle n'était qu'aux balbutiement de son apprentissage, elle avait également perfectionné son sort fétiche, le Chauve-Furie, où plusieurs chauves-souris attaquaient la victime. Les créatures avaient désormais hauteur d'homme et la rousse les métamorphosait directement depuis les vêtements de son adversaire.

-Tes recherches sont très complètes, sourit Mina après avoir consulté les documents. Assieds-toi, j'aimerai discuter avec toi.

La rousse obtempéra.

-En pratique, tu réussis tous les exercices que je te donne, félicita Mina. Y compris les plus difficiles, ce qui prouve que tu as une véritable affinité avec la métamorphose. Mais je sens qu'il te faut plus.

-Je ne comprends pas, maîtresse, fit Ginny, perdue.

-Tu as la bougeotte, jeune fille, rit Mina. Je te vois souvent, quand tu t'ennuies, regarder dehors les enfants courir, voler sur un balai, jouer …

-Nous avions un jardin chez mes parents, avoua Ginny. Je jouais beaucoup dehors avec mes frères et ils étaient tous de très bons joueurs de quidditch à Poudlard …

Chaque membre de la fratrie Weasley se défendait honorablement sur un balai, y compris Bill et Percy qui pourtant, n'avaient pas fait partie de l'équipe de Gryffondor, le premier à cause des finances des parents – c'était Muriel, qui avait vu les performances de Charlie, lui avait offert son matériel pour qu'il entre dans l'équipe, contre l'avis de Molly – et le second car il avait une nette préférence pour les livres. Dans tous les cas, tous se dépensaient énormément et il était vrai que Ginny n'était pas faite pour rester derrière un bureau, s'il fallait se fier à l'air de pure satisfaction qu'elle avait arboré en se vengeant des deux crétins.

-Est-ce que tu connais la métamorphose de combat ? demanda Mina

-Non, fit Ginny.

-Dans les grandes lignes, c'est l'utilisation de la métamorphose en duel, expliqua Mina. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui peuvent l'utiliser d'instinct mais je pense que tu peux être l'une d'entre elles.

-Vraiment ? s'étonna Ginny

-Oui, assura Mina. Cela pourrait également aider dans ton problème … d'activité.

Ginny rougit. Effectivement, bouger simplement une baguette n'était pas quelque chose qui la satisfaisait entièrement. Cela faisait plus d'un an qu'elle ne se dépensait pas physiquement donc elle était tentée par le tournant que pourrait prendre son apprentissage.

-On commence quand ? fit Ginny, impatiente.

-Maintenant ? proposa Mina. J'ai besoin de connaître tes prédispositions en métamorphoses de combat et nous avons les parfaits adversaires pour toi.

Ginny eut un sourire machiavélique.

-Est-ce qu'ils vont encore aller pleurer dans les robes de leurs parents quand j'aurais fini de leur botter le derrière ? ricana Ginny

-Bien entendu, fit Mina. Reste à savoir de quelle manière tu vas le faire pour qu'ils cessent cette détestable habitude.

Ginny éclata de rire.

§§§§§

Ce n'était pas courant mais Olympe Maxime avait décidé de recevoir tous les élèves qui entraient à Beauxbâtons cette année et qui avaient fait au moins deux années à Poudlard.

Depuis l'année dernière, elle voyait de plus en plus de demandes de transferts arriver sur son bureau. Elle avait été étonnée de ne pas en avoir vu plus tôt mais elle avait appris l'amère vérité depuis peu : Albus Dumbledore avait littéralement interdit les retraits des élèves et il avait justifié sa décision en arguant que Poudlard était l'endroit le plus sûr de Grande Bretagne et que c'était pour cette raison que le Survivant y faisait ses études. Quand ledit Survivant avait répondu aux abonnés absents l'année suivante, cela avait suffi pour que les élèves désertent à leur tour.

Par curiosité, Olympe avait étudié le profil des élèves qui arrivaient à Beauxbâtons en cours de scolarité et celui de leurs parents. Il y avait essentiellement des enfants nés de parents non magiques mais également des enfants nés d'unions mixtes qui vivaient essentiellement dans le monde non magique, les rares enfants nés de parents sorciers arrivaient parce que leurs parents travaillaient dans des réseaux internationaux et cela faisait plusieurs années que les sangs purs avaient pris des mesures pour que les leurs aient accès à toute l'éducation nécessaire, notamment en n'inscrivant qu'un seul enfant à Poudlard et en lui donnant des cours de rattrapage à chaque vacances. Malheureusement, l'ensemble ne comptait qu'une quinzaine d'élèves l'année dernière et à peine plus cette année et tout cela pour une raison : l'intégralité de la population britannique faisait entièrement confiance à Albus Dumbledore malgré son inutilité dans la société et l'accumulation néfaste de pouvoirs qu'il usait à tort et à travers.

Trois élèves avaient attiré son attention : Luna Lovegood, fille de Xénophilius Lovegood, propriétaire du mensuel le Chicaneur qui était encensé à travers le monde sauf en Grande Bretagne, Astoria Greengrass et Paul Parkinson, tous les deux enfants de mangemorts. Ce qui était curieux avec eux, c'était qu'ils étaient amis et malgré leur différence d'âge, n'avaient pas l'intention de se séparer. Il n'avait pas fallu beaucoup de recherches pour découvrir que les deux jeunes filles formaient, avec une autre actuellement en apprentissage en Italie, les Dames du Dragon, car elles étaient les cadettes d'un autre groupe plus important, les Dragons, issus de toutes les maisons de Poudlard et réunis autour d'Harry Potter malgré la réprobation d'Albus Dumbledore. Quant au jeune garçon de onze ans, il était sous la protection du clan Black qui, pour sa sécurité, avait décidé de lui faire quitter le pays.

Tout cela avait poussé Olympe à prendre quelques mesures supplémentaires. Tout d'abord, en coordination avec les forces de l'ordre, elle avait renforcé les protections de l'école. Ensuite, elle avait prié les professeurs d'histoire sorcière et magique de faire des cours spéciaux sur la Grande Bretagne et sur Voldemort, pour décourager ses élèves de suivre sa voie maudite. Enfin, elle avait soigneusement vérifié les convictions de chaque adulte présent dans l'école et demandé une surveillance sur les élèves qui pourraient basculer dans cette idéologie perverse, notamment en ayant des contacts avec des mangemorts reconnus ou leurs familles. Oui, elle menait des procès d'intention, mais elle ne tenait pas à se retrouver avec une réplique de Poudlard, où Voldemort faisait directement son marché. Même si le sorcier était mort, son idéologie n'avait pas encore disparu et s'il y en avait qui voulait la faire revivre, ce ne serait clairement pas dans son école !

L'avantage de l'arrivée de ces élèves britanniques, c'était qu'ils n'étaient pas aveugles concernant Albus Dumbledore. Ils étaient conscients – ou plutôt, leurs parents étaient conscients – que tant que les alliés de Dumbledore étaient encore au pouvoir, la Grande Bretagne ne pourrait pas mettre définitivement derrière elle l'épisode Voldemort. Mettre les enfants à l'abri de leur influence pernicieuse n'était qu'un moyen d'exprimer leur réprobation sur ce qui avait été fait dans la société et de ne pas les utiliser comme moyen de pression pour que tout reste comme avant, ce qui avait conduit à deux guerres successives quand même.

Olympe avait eu l'occasion de jeter un coup d'œil au règlement de Poudlard et s'était aperçue des nombreuses différences avec son propre règlement. Les règles étaient là, ce n'était pas le problème, mais elles restaient merveilleusement vagues sur certains points ou inéquitables sur d'autres voire aberrantes. Par exemple, elle avait eu l'occasion de croiser Argus Rusard, le concierge de Poudlard, qui parlait ouvertement de la possibilité de punitions physiques sur les élèves. Elle avait découvert que le règlement n'avait pas été révisé pour les interdire, ce qui expliquait le scandale avec Dolores Ombrage quelques années plus tôt : officiellement, elle était en droit de punir les élèves en les forçant à se scarifier par le biais d'une plume de sang. Autre point qui l'avait fait tiquer, les préfets et les préfets en chef exerçaient des responsabilités beaucoup trop lourdes pour des élèves qui préparaient leurs examens. Il n'avait pas fallu longtemps pour comprendre que quand Dumbledore était devenu directeur adjoint, il avait supprimé la possibilité aux professeurs d'avoir des apprentis, qui faisaient le lien entre les élèves et les professeurs, et avait fusionné leurs fonctions avec celle des représentants des élèves ou délégués, présents dans chaque classe. Or, à ses yeux, les élèves devaient d'abord se concentrer sur leurs études avant d'exercer une quelconque influence sur leurs pairs. Autre pays, autres mœurs certes, mais en considérant la direction qu'avait prise Poudlard sous le règne de Dumbledore, on ne pouvait se douter que le problème avait été pris dans le mauvais sens trop longtemps.

Olympe sortit de ses pensées. Il ne servait plus à rien de recenser les manquements de l'école britannique puisque désormais, son ancien directeur était recherché pour répondre de ses crimes et son ennemi attitré, Voldemort, était passé de vie à trépas sans qu'il n'ait eu à lever le petit doigt. Elle espérait désormais qu'il serait rapidement attrapé et qu'il explique exactement ce qu'il comptait faire du monde sorcier.

La demi-géante s'avança et observa ses nouveaux élèves avant de prendre la parole.

-Bonjour à toutes et tous ! fit Olympe Maxime d'une voix forte, attirant l'attention de tous. Je vous souhaite la bienvenue à Beauxbâtons …