Adieux poignants
Deux hommes se tenaient devant le caveau du clan Prince, chacun un bouquet de fleurs dans les mains.
-Je me demande pourquoi tu ne l'as pas épousé, rouspéta le plus vieux.
-Il suffit, vieux fou ! siffla le plus jeune. Vous êtes le premier à avoir accepté que cela se passe ainsi !
Pour toute réponse, le plus vieux renifla.
Si le clan Prince reprenait tranquillement du prestige dans les cercles sang pur, il fut ramené sur le devant de la scène quand il fallut organiser les funérailles de Severus Snape mais surtout quand la population découvrit que la meilleure amie du Sauveur avait intégré cette famille en tant que Mère de Lignée.
Jeremiah Prince avait présenté à Yule après la disparition de Voldemort son héritier Seth et la Mère de Lignée Prince Hermione Granger. La plupart des membres du clan qui louchaient sur sa tête en avaient été furieux, d'autant plus qu'ils n'avaient jamais entendu parler de ce sorcier, mis à part quand il représentait leur lord à certains événements mondains. Les mois suivants, ils avaient dû déplorer plusieurs duels d'honneur, autant de tentatives d'assassinat ou encore de corruption. Malheureusement pour eux, s'ils avaient eu l'espoir de pouvoir manipuler leur lord, ils s'étaient rendu compte que son héritier était encore plus incorruptible que lui. Ces cousins et cousines indélicats s'étaient alors tournés vers la Mère de Lignée Prince mais ils s'étaient aperçus qu'elle était installée au manoir Prince, sous la protection directe de Jeremiah et de Seth, quant à passer par sa famille et ses amis pour l'influencer … le Sauveur avait déjà expliqué qu'il n'aimait pas les manières des sorciers pur souche qui estimaient que tout leur était dû sans prouver leur valeur.
L'attaque du ministère pendant la cérémonie de fin d'études de Poudlard, même si elle était tragique, avait été une aubaine pour le clan Prince. Cela faisait des années que Jeremiah et Severus avaient établi que l'utilité de Severus Snape s'arrêterait quand il ne serait plus aussi en vue que quand il était le maître d'apprentissage du Sauveur, malgré ses faits d'armes qui avaient adouci sa position et sa réputation. Il était prévu que Severus Snape meure au mieux dans une attaque spectaculaire savamment organisée, au pire dans un accident quelconque, pour qu'il puisse reprendre complètement l'identité de Seth Prince. L'attaque était tombée à pic mais il avait fallu attendre des mois pour qu'il puisse supporter les différents rituels pour devenir lord Prince, les batailles de Godric's Hollow, de Poudlard et du ministère ne lui ayant pas permis de se reposer correctement.
Après les trois premiers mois, la grossesse d'Hermione avait été bien plus paisible. Sans surprise, le premier-né Prince était prématuré de six semaines et son état de santé eut du mal à se stabiliser. Alexandre Severus Prince avait été surveillé par les médicomages pendant les deux premières années de sa vie à cause de sa faible constitution puis le risque de la dragoncelle se rajouta l'année suivante avant de laisser un enfant en pleine forme grandir en toute sérénité. Cet enfant fut suivi trois ans plus tard par des jumeaux, Adelia et Loïc, qui traversèrent les mêmes soucis de santé que leur frère aîné. Leur mère supporta bien mieux cette nouvelle grossesse mais elle n'arrangea pas son état de santé.
En effet, si Hermione Granger avait accepté le rôle de Mère de Lignée à son dix-neuvième anniversaire et avait vu son nouveau traitement doubler son espérance de vie, sa première grossesse la réduisit dans la foulée et la seconde, gémellaire de surcroit, la baissa drastiquement. Ses dernières semaines la clouèrent au lit mais cela ne l'empêcha pas de prendre soin de ses enfants à la hauteur de ses moyens. Dans ce but, Seth Prince l'y aida et cela leur permit de tisser une amitié sincère qui l'avait fait réfléchir plus d'une fois à l'idée de l'épouser mais il avait dû concéder que le statut de Mère de Lignée lui convenait bien mieux.
La jeune femme ne s'était pas contentée de mettre au monde les héritiers Prince. Si la réforme de la petite enfance sorcière avait été dirigée par Harry Potter, Théo Nott et Seth Prince, Hermione avait apporté sa pierre dans celle des études supérieures. Elle avait personnellement traqué les lois mises en place par Albus Dumbledore qui dissimulaient l'étendue du marché du travail puis avait émis bon nombre de propositions ouvertement inspirées de l'enseignement supérieur moldu pour structurer toutes les études qui étaient entre les mains du ministère auparavant. Son travail avait été récompensé par le vote de la loi Granger qui instaurait officiellement la création d'une université magique sur l'archipel britannique où les études nécessaires pour tous les corps de métiers seraient enseignées. Ainsi, le programme des aurors comme l'apprentissage en médicomagie et de nombreux autres déménagèrent respectivement du ministère et de St Mangouste pour s'installer dans un grand campus au cœur de l'Angleterre où leur apprentissage ne serait pas pollué par des « gens qui savent ».
Malheureusement, elle n'était plus là pour se réjouir de ses accomplissements.
Hermione Granger, Mère de la Lignée Prince, avait rendu son dernier souffle six ans après avoir accepté cette charge. Les funérailles se firent en petit comité et Jeremiah comme Seth se surprirent à verser quelques larmes lors de sa veillée. Les enfants, encore assez jeunes, ne comprirent pas réellement qu'ils ne la reverraient plus mais on les avait préparés à cette éventualité depuis plusieurs semaines. Adelia, Loïc et Alexandre mettraient du temps à accepter ce départ mais personne ne pouvait y faire grand-chose.
-Une fois, fit Seth, elle m'avait avoué qu'elle aurait aimé être enterrée auprès de ses parents.
-En tant que Mère de Lignée … protesta Jeremiah.
-Elle a déjà réglé le problème, renifla Seth. Pour sa famille moldue, elle a fait en sorte qu'elle croie qu'elle avait fait don de son corps à la science, pour qu'on ne se doute jamais qu'elle a été enterrée dans le monde magique. Cependant, elle a demandé qu'un morceau d'elle soit enterré auprès d'eux et elle s'est décidée pour ses cheveux.
Jeremiah ne put s'empêcher de sourire. Même si c'était un domaine qu'il considérait comme exclusivement féminin, il avait souvent entendu la jeune femme pester sur ses cheveux indomptables, cheveux que sa mère adorait. C'était un beau symbole et un beau cadeau.
-Comment le prend Harry ? demanda Jeremiah
Au-delà de l'apprentissage d'Harry Potter avec Severus Snape, le brun était devenu un proche du clan Prince à cause de ses liens avec Hermione. Il ne se passait pas trois jours sans une visite du jeune homme qui, quand il ne passait pas son temps à rendre visite à sa meilleure amie, jouait avec ses enfants ou entamait de longues discussions sur les potions avec son ancien maître d'apprentissage.
-Il était l'un des rares à savoir qu'elle allait mourir, rappela Seth. Il a eu le temps de se préparer mais ça lui a quand même donné un coup. Au moins, il a eu le temps de lui présenter sa compagne.
-Ah bon ? s'étonna Jeremiah. Je ne savais pas que lord Potter était en couple.
-Peu le savent, déclara Seth. Je pense que ce n'est pas maintenant que le monde le saura. On le harcèle suffisamment en temps normal …
-Ce n'est pas le problème de la populace non plus, ricana Jeremiah.
Les deux sorciers se recueillirent encore une dizaine de minutes avant de reprendre le chemin vers le manoir Prince.
-Il est prévu que tu continues les projets d'Hermione, fit Jeremiah.
-C'est une noble cause, confirma Seth. Mais surtout, c'est un domaine sur lequel personne ne s'est penché depuis trop longtemps. Je l'ai laissé entre ses mains parce qu'il lui fallait un défi pour avancer et maintenant, il faut le mener à sa conclusion.
Jeremiah hocha la tête. L'enfance sorcière comme l'éducation étaient des domaines bien trop malmenés depuis que Dumbledore avait accédé au pouvoir.
-Il va falloir que je m'organise pour passer du temps avec les enfants, songea Seth à voix haute.
Jeremiah grimaça. Sang pur, il n'avait réellement accordé un regard à ses enfants que quand ils étaient aptes à paraître en société, soit vers l'âge de dix ans. Quand ils l'avaient appris, Hermione et Seth avaient vertement refusé de suivre la « tradition » et passaient beaucoup de temps avec leurs enfants, au point que les elfes nurses avaient une présence anecdotique auprès des plus jeunes. Visiblement, Seth voulait continuer cette ligne de conduite, que le plus âgé avait toujours considéré comme une lubie.
Mais si Jeremiah voulait être honnête, il reproduirait ce comportement autant de fois qu'il le faudrait s'il pouvait toujours voir ces trois petites silhouettes lui sauter dans les bras et être heureux à ses côtés.
-Papa ! Grand-Père ! s'écrièrent Adelia, Alexandre et Loïc en rejoignant leur père et leur grand-père.
La vie était belle, malgré la douleur de la perte d'une proche.
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Le sorcier ne comprenait pas où il était emmené.
Malgré l'attaque qu'il avait mené contre Poudlard et la certitude qu'il récupérerait son fief, Albus Dumbledore avait été vaincu, capturé et jeté en prison. Il avait cru qu'avec ses talents oratoires, il convaincrait le Magenmagot qu'il faisait tout cela pour le plus grand Bien que la population sorcière suivait depuis des années mais jamais il ne se retrouva devant cette assemblée qu'il avait dirigée pendant des années. Non, à la place, il s'était retrouvé dans une autre bien plus grande, avec des spectateurs qu'il n'avait pas pu déterminer, allongé sur un lit duquel il ne pouvait pas bouger le moindre muscle. Là, il avait revécu toute sa vie. Pas seulement ce qui l'avait rendu célèbre mais également l'envers du décor qui lui avait permis d'obtenir cette place prédominante dans la société sorcière de la Grande Bretagne.
Ça avait été un enfer.
Il s'était rendu compte que le plus grand Bien qu'il avait conçu avec Gellert Grindelwald était démoli par l'exemple même de sa propre vie. Son idéologie se heurtait de manière frontale à la réalité de la magie et chaque fois qu'il avait dû expliquer son point de vue, des exemples concrets lui étaient opposés, remettant en cause sa soi-disant omniscience. Son procès – ou Jugement, s'il avait bien compris les propos de ses gardes – avait duré de nombreuses semaines et s'était conclu par sa culpabilité pour atteinte à la Magie. Il s'attendait à être sanctionné par un emprisonnement à vie à Nurmengard mais pas forcément dans la cellule face à celle de Gellert Grindelwald – qui, après son jugement, avait vu sa propre peine rectifiée grâce à l'influence qu'il avait eue sur lui – ni … sans magie.
Albus Dumbledore ne s'était jamais rendu compte à quel point la magie avait fait partie intégrante de sa vie. Si dans son enfance, il avait eu l'occasion de vivre dans le monde moldu, ne plus avoir de magie était complètement différent. Son âge se faisait maintenant durement ressentir et son corps ne le suivait plus, le laissant perclus de douleur sur son lit. Pour le soulager, il aurait demandé des potions anti-douleur mais puisqu'il n'avait plus de magie, elles pouvaient se révéler être des poisons comme toutes les potions brassées avec de la magie. La médicamentation moldue étant totalement étrangère à son organisme, ses effets étaient multipliés par dix et il avait fallu de longs mois avant de trouver le dosage correct.
Le Jugement d'Albus avait révélé une autre facette de ses buts : il était seul. A force de comploter, de manipuler et de faire chanter les personnes autour de lui, il n'avait jamais pris le temps de trouver une personne avec laquelle partager sa vie. Certes, Gellert avait été là mais au lieu de trouver un équilibre entre eux et de réfléchir ensemble à leurs buts, il avait préféré le sacrifier pour instaurer le plus grand Bien à son image. Pendant un moment, il s'était vanté que les élèves de Poudlard étaient ses enfants … mais maintenant que la population sorcière britannique avait enlevé ses œillères, sa « bienveillance » ne pouvait être qualifiée que de dictature et de d'autres noms bien moins corrects. Pas de famille, pas d'amis proches … puisqu'on n'était plus obligé de le fréquenter, personne ne faisait l'effort de lui rendre visite et encore moins de lui écrire, ce qui lui fit découvrir les affres de la solitude. Même Gellert, dont la cellule se trouvait face à la sienne, ne lui adressait pas la parole.
Ses lamentations quant à sa situation ne lui avait pas fait appréhender qu'une nuit, on l'assomme et on le kidnappe au sein même de sa prison.
La magie dont on usa sur lui pour le maintenir aveugle, sourd, muet et immobile était particulièrement douloureuse. Pendant de longues heures, il ne pouvait même pas crier et prévenir ses géôliers qui n'étaient pas des plus doux. Il fut balloté dans tous les sens jusqu'à être déposé sur un sol rocailleux. Les sorts disparurent et il se déplia lentement, testant ses articulations avant d'essayer de se lever.
-Il y a un siège à côté de vous ainsi qu'un verre et une carafe d'eau, fit une voix.
Violemment, l'ancien sorcier se tourna et croisa de plein fouet une paire d'émeraudes qu'il reconnut sans mal.
-Harry ?! croassa Albus
-Bonsoir Dumbledore, salua Harry. Avez-vous fait bon voyage ? Je vous en prie, buvez, je sais que vous en avez besoin.
Avec méfiance, le vieil homme se redressa pour s'asseoir, inspecta rapidement ce qu'il y avait sur la table avant de boire goulument le verre présenté. Il se resservit encore deux fois avant de se sentir satisfait.
-Où suis-je ? demanda Albus d'une voix faible
-Le lieu ne vous dira rien, assura Harry en se rapprochant. En revanche, la raison vous intéressera beaucoup plus.
-Je ne comprends pas, fit Albus.
-C'est normal, sourit Harry. Dès l'instant où il vous faut écouter et réfléchir au point de vue des autres, vous vous montrez particulièrement obtus, c'en est effarant. Mais bref, nous n'allons pas commenter vos nombreuses « qualités » ou sinon, nous en aurons pour la nuit entière. Nous allons remonter à une soixantaine d'années. A l'époque, vous parcouriez encore le monde avec Gellert Grindelwald à la recherche des magies les plus puissantes pour justifier la mise en place du plus grand Bien que vous aviez imaginé. Un jour, vous êtes tombé sur une zone magique qui ne correspondait à rien du tout en Bulgarie.
Les interrogatoires successifs de Gellert Grindelwald et de Randrian Eutaryn avait permis à la Senestre de localiser la faille dans la dimension des elfes mais également dans celle des humains, le Jugement de Magia et le Conseil Magiques ayant soigneusement tu tout ce qui concernait Shanleigh RoseSang et par extension, Randrian Eutaryn et la dimension des elfes noirs.
Albus fronça des sourcils. Visiblement, il avait également noté que cette histoire en particulier n'avait pas été rendue publique et donc, que son interlocuteur n'aurait jamais dû la connaître.
-Là-bas, vous y avez rencontré un homme nommé Eutar, poursuivit Harry. Un homme qui vous a révélé provenir d'une autre dimension où la Magie est bien plus puissante et diversifiée. Il vous a fait miroiter des connaissances inouïes à condition de lui rendre un service. Ce service, comme vous l'avez découvert après des jours et des jours à discuter et à « échanger », c'était un bébé, une petite fille d'à peine un an qu'il faudrait éduquer pour en faire une parfaite combattante. Mais vous vous êtes heurtés à trois problèmes principaux : d'abord, vous ne saviez pas vous occuper d'enfants, encore plus aussi jeunes. Ensuite, à l'instant même où cet enfant vous a été personnellement confié, un cocon de lumière l'a entouré et vous a empêché de l'approcher. Enfin … une femme n'était pas faite pour être sur le champ de bataille. Si vous étiez focalisé sur votre récompense, Gellert a pris à cœur le rôle de père qui lui était tombé dessus. C'est d'ailleurs son comportement envers cette petite fille qui vous a poussé à vous séparer de lui.
Albus serra les dents. Oui, la jalousie qui l'avait envahi en voyant son compagnon porter plus d'attention à cette gamine au lieu de lui. Il l'avait pris pour une trahison et avait décidé de se débarrasser de ce sorcier qui s'éloignait de plus en plus de ses buts car il était clair qu'il n'allait pas la restituer quand Eutar la réclamerait ni ne lui enseignerait ce qu'il aurait demandé. Une fois Gellert neutralisé et la barrière entourant Lily tombée, il n'avait pas tardé à la confier à un couple moldu pour ne plus l'avoir sous les yeux.
-Cette petite fille est devenue Lily Evans, ma mère, fit Harry. Une sorcière qui n'avait aucune confiance en vous malgré la « bienveillance » que vous lui portiez. Jusqu'à ce que vous vous rendiez compte qu'elle détournait une nouvelle fois l'une de vos marionnettes, James Potter.
-Elle ne me servait à rien ! cracha Albus. Sa mort a enfin servi mes plans !
-Vraiment, Albus ? fit une nouvelle voix
Le vieil homme se tourna et blêmit drastiquement à la limite du malaise car devant lui se trouvait Lily Evans Potter.
-Rassurez-vous, vieux fou, vous m'avez bel et bien tué, sourit Lily. Mais il y a bien des manières de ramener des esprits défunts, vous savez.
-Pourquoi ? hoqueta Albus
-Pourquoi est-ce que vous êtes ici ? traduisit Lily. Je n'ai pas hanté vos rêves pour le plaisir de le faire, Albus. Je vous avais prévenu qu'un jour, vous paierez pour tout ce que vous avez fait. Mon fils a eu la gentillesse de me montrer le résultat.
Rageur, Albus se tourna vers Harry.
-Tu aurais dû être comme je le voulais ! siffla Albus
-J'aurais dû, confirma Harry. Mais en étant le fils de ma mère, vous auriez dû vous douter que vos plans ne fonctionneraient jamais comme vous l'aviez imaginé. J'ai cessé de vous voir comme un mentor dès l'instant où Hagrid m'a laissé à Privet Drive après m'avoir fait acheter mes affaires pour ma première rentrée à Poudlard. On ne peut décemment pas demander à un enfant maltraité de faire confiance aveuglément à une personne qui n'a même pas pris la peine de lui rendre visite pendant son enfance et encore moins quand il assure que c'est pour sa sécurité qu'il doit retourner dans son foyer violent. Maman, es-tu satisfaite ?
-Presque, mon chéri, sourit Lily. Tu m'as dit qu'il avait été soumis au Jugement de Magia. Quelles ont été les sanctions ?
-Il a été jugé coupable d'atteinte à la Magie, répondit Harry. Son nom est désormais frappé de l'infamie, il a été renié du clan Dumbledore, tous ses biens, son argent et ses travaux ont été reversés à toutes ses victimes et enfin, sa magie a été totalement retirée. Il est enfermé à Nurmengard jusqu'à la fin de ses jours en face de la cellule de son ancien compagnon Gellert Grindelwald. Mais le plus savoureux, c'est que quand la pierre philosophale avait été cachée illégalement à Poudlard, il a réussi à en tirer une fiole d'élixir de longue vie qui n'a pas besoin de couler dans les veines d'un être magique pour fonctionner. D'après les Flamel, la quantité qu'il a pu ingérer lui a octroyé au moins un siècle supplémentaire de vie.
Albus écarquilla des yeux, effaré. Oui, il avait bu l'élixir de longue vie pour continuer à instaurer le plus grand Bien. Mais tout à se lamenter que ses plans avaient définitivement échoué, il ne s'était pas rendu compte que cette longévité accrue allait se retourner contre lui ! Sans aucune chance de sortir de sa cellule, sa peine de prison allait être très, très longue !
Anéanti, Albus Dumbledore vit dans un brouillard flou son retour dans sa cellule et resta apathique durant de longues semaines.
Après son départ, Lily prit tendrement Harry dans ses bras. Nolan, tout proche, les observa. Depuis que la grotte de la famille lui avait annoncé l'éveil d'Harry, il avait eu le temps de faire appel à un shaman nécromancien de sa connaissance pour parler à sa sœur disparue et apprendre à la connaître. Elle ne s'était jamais cachée vouloir assister à la déchéance de son meurtrier et n'avait jamais douté que son fils le mènerait à sa chute. Réaliser son vœu avait donc été assez simple mais il avait fallu attendre que Ric soit assez remis de sa grossesse pour pouvoir faire l'aller et le retour de ce sorcier maudit par la Magie.
Harry savait également que dès que l'âme de sa mère serait apaisée, il ne lui resterait qu'une lune pour pouvoir lui parler, ce qui l'avait poussé à rester un peu plus longtemps dans la dimension des elfes, pour la connaître elle comme pour connaître son oncle Nolan sans avoir à se cacher du conseil.
Une lune pour être une famille …
