Auteur: Lady Zalia

Type: Post-Poudlard. Aventure, Romance. Pairing [Harry/Drago].

Résumé du chapitre précédent: Après avoir subi un Impero de la part de mystérieux ravisseurs, Drago est de retour en sécurité à Poudlard. Il décide de ne plus se cacher et vivre pleinement sa relation avec Harry.

Disclaimers: Moins d'une semaine de retard ! Je m'améliore ! XD Bon j'aime beaucoup ce chapitre et j'ai vraiment pris plaisir à l'écrire. On s'approche doucement de la fin de l'histoire. Je pense qu'elle fera onze chapitres au total. ^^ Bonne lecture !


Chapitre 9

Drago attrapa une fiole de philtre de paix et la vida d'une traite. La veille au soir, il avait dit qu'il accompagnerait Harry et James à Pré-au-Lard, mais aujourd'hui il n'était plus si sûr de lui. Et si les hommes de son père revenaient le chercher ? Et s'il mettait James en danger par sa seule présence ? Et si Harry percevait son angoisse et le trouvait faible et pathétique ? Lui, c'était le Survivant, il avait vécu bien pire durant la guerre. Comment pourrait-il accepter d'avoir un amant aussi médiocre ?

Il se força à respirer lentement, observant les tremblements de ses mains s'estomper à mesure que la potion faisait effet. Il devait se reprendre. Ne pas laisser son père gagner.

Fréquenter la Grande Salle pendant les vacances était un bon entraînement. Il y avait peu de monde, peu de bruit. Il se força à sourire alors qu'il arrivait au rez-de-chaussée. Mais arrivé devant la grande table qui rassemblait les élèves et professeurs restés à Poudlard pour les vacances, la brusque attention qu'on lui porta lui donna envie de s'enfuir en courant.

Il y avait Minerva et Dolly qui l'observaient avec inquiétude, Neville, Harry et James qui lui souriaient et la plupart des élèves qui le regardaient avec curiosité. Il se doutait qu'il avait l'air effrayé et il s'efforça de recomposer un sourire naturel, sans grand succès.

- Dwago !

L'exclamation enthousiaste de James fit brusquement retomber l'atmosphère et plusieurs élèves pouffèrent à entendre appeler ainsi leur strict professeur de potion. Cependant cela aida Drago à se détendre, et il s'assit en bout de table, entre son meilleur ami et le petit garçon.

- Bonjour à tous. Coucou James !

Il embrassa le bambin sur le front, esquivant adroitement les doigts pleins de beurre qu'il tendait déjà dans sa direction. Autour de la table, les élèves et ses collègues le saluèrent à leur tour.

Chacun semblait concentré sur son petit déjeuner et Drago se servit, remplissant sa tasse de thé avant d'attraper quelques scones. Harry avait cessé de manger pour essuyer tant bien que mal les mains de son fils pendant que Neville continuait de mâchonner son porridge. Plus personne n'osait parler et ce fut finalement la directrice qui brisa le silence.

- Drago, comment vous sentez-vous ?

Il se retint de grogner. Il savait que sa question partait d'une bonne intention, mais bon sang, ne pouvait-il pas avoir un peu d'intimité ? S'attendait-elle réellement à ce qu'il s'épanche sur son mal-être devant toute la tablée ? Il lui offrit un sourire faux et fit un vague geste de la main.

- Très bien, merci, et vous Minerva ? Avez-vous passé de bonnes fêtes ?

Il espérait qu'elle comprendrait qu'il souhaitait éviter le sujet…

- Aussi agréables et calmes qu'à l'accoutumée. Nous n'étions que 9 à table, n'est-ce pas Harry ?

Son petit ami hocha la tête.

- Le château me paraît trop grand dans ces moments-là. Je suis heureux que vous soyez revenu pour la deuxième semaine. C'est comme si les vraies vacances commençaient enfin.

Les discussions continuèrent sur des sujets plus anodins, permettant à Drago de déjeuner sereinement. Son philtre de paix était efficace mais il savait néanmoins que son équilibre mental était précaire. Lorsque Harry se leva pour sortir de table, il ne put s'empêcher de jeter un regard angoissé en direction de l'entrée. Le château était rassurant. Impénétrable. N'était-ce pas trop tôt pour en sortir ?

- Neville, Drago, je vous propose de nous retrouver dans mon bureau d'ici une trentaine de minutes, le temps que je débarbouille James et que je l'habille pour l'extérieur. Ça vous convient ?

- Nickel !

Le botaniste s'était levé à son tour et Drago sentit son rythme cardiaque s'emballer à nouveau. Il resserra les doigts autour de ses couverts mais fut incapable d'amener la moindre nourriture à sa bouche.

Son petit ami dû percevoir son trouble, car il se pencha vers lui et se mit à chuchoter à son oreille.

- Drag', si tu ne t'en sens pas encore capable, il n'y a pas de soucis, je comprendrais. Je ne veux pas que tu te sentes obligé, d'accord ?

Le sourire de Harry était doux, bienveillant. Il ne le jugeait pas, il acceptait sa faiblesse. Et c'est justement pour cela que Drago ne voulait pas y succomber. Il voulait préserver ce sourire qui lui donnait la force de combattre ses peurs.

- Je vais mettre une cape et je te rejoins. Ne pars pas sans moi.

Il était déterminé. Il vida sa tasse de thé de quelques gorgées et se leva de table. Il savait que s'il hésitait trop, son anxiété allait le rattraper, donc il devait foncer dans le tas. Et peut-être pour la première fois de sa vie, agir en Gryffondor.

Il rejoignit ses quartiers d'un pas vif. D'un Accio, il récupéra sa cape, une écharpe et une sacoche en cuir noir. Puis il repartit en sens inverse pour rejoindre les deux Gryffondors.

À son arrivée, Neville n'était pas encore là, mais Drago rentra directement dans l'appartement du Gryffondor, le retrouvant en pleine bataille avec son fils. Manifestement, le petit garçon ne voulait pas enfiler son pull, préférant porter le sweat à capuche de son père, bien trop grand pour lui.

- Mais enfin James, tu as tes vêtements, à ta taille. Tu ressembles à un épouvantail comme ça !

- M'en fiche !

Drago s'approcha pour lui chuchoter à l'oreille.

- Je crois qu'il veut porter ton sweat parce qu'il y a ton odeur. Ça a peut-être un côté rassurant pour lui, comme il te voit si rarement. On pourrait se contenter d'utiliser une formule pour le faire rétrécir, qu'en penses-tu ?

Harry soupira.

- Bon d'accord, mais je te laisse le faire. Je n'ai jamais lancé un tel sortilège. James, approche. Drago a une idée.

D'un coup de baguette, le Serpentard rétrécit le sweat qui se trouva parfaitement ajusté à la silhouette enfantine.

- Whoaaaa ! Top cool ! Meci Dwago !

Drago se baissa pour accrocher une écharpe autour du cou de James tandis que son père terminait d'enfiler son manteau.

- Tu pourrais essayer de prononcer correctement mon prénom, qu'en penses-tu ? C'est Dra-go. Essaye de répéter après moi.

- RA-GO.

- Dra. Comme dragon.

- DRAGON !

Harry éclata de rire alors que Neville entrait, leur jetant à tous deux un regard interrogatif.

- Drago essaye d'entraîner James à dire son prénom correctement. Il y est presque.

Étant tous réunis, ils se rassemblèrent devant la cheminée qui était déjà allumée, et Neville passa le premier, puis vinrent Harry avec James et enfin Drago. Réapparaître au beau milieu des Trois Balais lui provoqua un mouvement de recul instantané, cependant il ne pouvait aller bien loin, et il sortit de l'âtre malgré sa nervosité.

Leur arrivée avait été remarquée par les quelques clients de la taverne, heureusement l'ambiance était plutôt calme en ce mercredi matin. Les trois professeurs saluèrent brièvement Mme Rosmerta avant de quitter les lieux. Drago se sentait toujours horriblement coupable pour l'avoir plongée sous Imperium durant sa 6e année, et maintenant qu'il avait vécu lui-même, plusieurs jours, contrôlé par un autre, le sentiment de malaise était d'autant plus important.

Neville les emmena à la boutique "Fleurs effarantes" qui vendait des graines et du matériel de botanique, puis ils se rendirent chez Gaichiffon. Toute la boutique était décorée dans les teintes mauves, à l'image de la devanture. Les étagères sur les murs contenaient toute sorte de vêtements et des mannequins enchantés proposaient différents accessoires.

La vendeuse était une jeune sorcière hyperactive, aidée par un elfe de maison du nom de Greebly. Elle avait jailli depuis l'arrière de son comptoir en les voyant entrer, au point que Drago, pris par surprise, avait failli lui jeter un sort.

- Bonjour messieurs ! Bienvenue chez Gaichiffon ! Je suis Alice, pour vous servir. Que puis-je pour vous ?

- Bonjour. Nous venons acheter des vêtements pour mon fils. Il a quatre ans.

Les yeux de la sorcière brillèrent de cupidité à cette annonce et Harry soupira intérieurement. Nul n'ignorait que Harry Potter était riche, Ginny s'en était bien suffisamment vanté. Il espérait cependant que la vendeuse saurait faire preuve de professionnalisme avant de songer à le plumer…

Elle lui proposa plusieurs tenues typiquement sorcières, toutes dans des teintes assez sombres. Il y avait des pantalons en tissu souple et des robes pour enfants, mais rien de tout cela ne plaisait à Harry. Il trouvait cela vraiment trop guindé, et après trois bons quart d'heure à essayer différentes tenues, il se leva de la chaise qui lui avait été proposée.

Drago et Neville avaient ponctué les essayages de leurs commentaires mais ayant grandi dans des familles de Sang Pur, ils n'avaient pas la même vision que Harry.

- Bon, désolé mais ça va pas le faire. Je veux des vêtements confortables, dans lesquels il puisse bouger et jouer. Et des choses colorées et joyeuses, pas la version miniature de la garde-robe d'Albus Dumbledore.

La vendeuse le regarda avec un air choqué tandis que Neville éclatait de rire. Drago avait croisé les bras et James était en train de s'impatienter.

- Mais, monsieur Potter… C'est ce que nous avons de plus moderne en matière de vêtements pour enfants.

- Je me doute et ce n'est pas contre vous, mais je pense que je vais aller dans une boutique moldue. Vous devriez vraiment faire un tour de leur côté parfois. Qui sait, ça vous donnerait des idées… Allez les gars, désolé de vous avoir fait perdre tout ce temps. Je pense qu'on va rentrer au château et on ira à Manchester cet après-midi après sa sieste. Il y a un centre commercial moldu qui a plusieurs boutiques de vêtements. On finira bien par trouver notre bonheur. Pas vrai Jamie ?

- Moui. On va cheché du chocolat ?

- Non pas aujourd'hui, surtout qu'on va déjeuner une fois rentrés au château. Mais si tu veux je t'achèterai une gaufre au centre commercial tout à l'heure.

L'idée sembla réjouir le petit garçon qui bondit sur ses pieds avec enthousiasme. Drago le prit dans ses bras et ils regagnèrent le château par le réseau de cheminées.

Il restait une bonne vingtaine de minutes avant l'heure du repas et ils s'installèrent dans le salon pour se réchauffer autour d'un thé. Neville avait sorti un carnet de sa poche qu'il lisait attentivement, comme s'il vérifiait quelque chose.

- Bon, cet après-midi je vous laisse en amoureux. J'ai une livraison à réceptionner et des boutures à préparer pour la rentrée. De toute façon, je suis persuadé que Drago est de bien meilleur conseil que moi en matière de mode.

Harry rougit au qualificatif et évidemment James rebondit sur l'appellation.

- Papaaa ! Dwago et toi vous êtes amoueux ?

Le Serpentard écarquilla les yeux et se tourna vers Harry, ouvrant la bouche puis la refermant sans prononcer aucun mot. Le Survivant sourit, un peu plus habitué aux questions gênantes de son fils.

- Drago et moi nous sortons ensemble. Ça veut dire qu'il me plait et que je lui plais. On ne sait pas encore si nous sommes amoureux, mais quand on sera sûr, on te le dira, d'accord ?

James hocha la tête à plusieurs reprises tandis que Drago soupirait de soulagement. La réponse de Harry avait eu le mérite de satisfaire la curiosité du petit garçon tout en leur épargnant une déclaration qu'aucun des deux ne se sentait prêt à faire.

Neville rigola face à leur malaise évident et le Serpentard le fusilla du regard. Le botaniste avait beau être son ami, il trouverait bien une manière de se venger…

Ils firent une partie de carte puis rejoignirent la Grande Salle pour déjeuner avant de se séparer. James faisait une sieste en début d'après-midi et ils avaient prévu de se retrouver vers 15 heures à l'appartement du professeur de Défense contre les Forces du Mal. Cette fois, ils comptaient aller dans le monde moldu, et Drago profita de leur séparation pour boire un nouveau philtre de paix. Il se doutait qu'aller dans un lieu plus peuplé que Pré-au-Lard risquait de lui provoquer une crise de panique, mais il ne voulait pas abandonner Harry et James après leur avoir promis de les accompagner…

Son fils entre les bras, Harry saisit une bonne poignée de poudre de Cheminette et la lança dans l'âtre.

- Chaudron Baveur !

Il jeta un dernier coup d'œil à son petit ami avant que la magie ne fasse effet, le transportant en un clin d'œil jusqu'à Londres. Comme à leur habitude, quelques clients levèrent la tête pour voir qui arrivait, et il s'écarta de quelques pas pour permettre à Drago de le rejoindre.

Après être resté cloîtré dans ses appartements deux jours durant, le Serpentard avait repris sa vie comme si de rien n'était, et si Harry en avait été soulagé et satisfait, il ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur l'état mental du potionniste.

Il avait accepté de les accompagner à Pré-au-Lard le matin même, et voilà qu'il venait même leur tenir compagnie dans le monde moldu…

L'objet de ses pensées apparut bientôt devant lui, lui adressant un sourire crispé. Il y avait définitivement quelque chose de tendu dans sa posture, mais Harry préféra faire comme si de rien n'était.

- On transplane jusqu'à Manchester ? Je connais une ruelle discrète.

Drago hocha la tête, lui emboitant le pas jusque dans l'arrière-cour. Harry réduisit sa canne pour la mettre dans sa poche et accrocha fermement son fils contre lui, tendant son autre main à son petit ami qui fronça les sourcils.

- Ça va le faire pour James? Il a déjà fait un transplanage d'escorte ?

- Oui, on n'avait pas le choix. Il n'y en a pas pour longtemps, Jamie, tu connais.

James resserra ses bras autour du cou de son père tandis que Drago s'accrochait de la même manière, comme s'il voulait lui aussi protéger le petit garçon.

Le transplanage se fit sans incident, leur permettant de parcourir plusieurs centaines de kilomètres en l'espace d'un instant.

Manchester était très touristique, notamment à cette période de l'année, et toute la ville était illuminée pour les fêtes de fin d'année. Des guirlandes colorées surplombaient chaque avenue, et des décorations éphémères égayaient chaque vitrine.

À mesure qu'ils approchaient du centre commercial, Harry pouvait voir les yeux de James s'émerveiller face à ce qui les entourait. Il savait que son fils allait rarement dans le monde moldu et il était heureux de pouvoir lui faire découvrir cela.

Bien que la neige soit récemment tombée, les trottoirs étaient déneigés par le flot permanent des passants. À cette heure de la journée, il y avait de nombreux promeneurs qui profitaient des vacances pour sortir avec leurs enfants.

Harry et Drago avaient légèrement modifié leur tenue pour se fondre dans la masse, mais cela n'empêchait pas le Serpentard de regarder sans cesse autour de lui, comme s'il craignait que quelqu'un le reconnaisse.

Ils atteignirent bientôt le centre commercial où ils furent accueillis par un cantique de Noël diffusé depuis des haut-parleurs. James commença à courir en direction d'une boutique de jouets, et Harry le rattrapa tant bien que mal.

- James, tu ne dois pas t'éloigner de nous ! Tu sais que je ne peux plus courir derrière toi ! Pour la peine maintenant, tu me tiens la main !

Le petit garçon fit une moue renfrognée tandis que son père attrapait son bras d'un geste vif.

- Mais papaaa ! Je veux regarder !

- On ira voir après. D'abord on va acheter des vêtements et ensuite on ira voir le magasin de jouets.

Harry se retourna pour chercher Drago du regard. Son petit ami était resté figé depuis qu'il lui avait lâché la main, les yeux écarquillés par l'angoisse, tout son corps tendu et douloureux, tétanisé comme un lapin pris entre les serres d'un hippogriffe.

Le Gryffondor s'empressa de le rejoindre, posant doucement sa main sur sa joue pour lui faire reprendre contact avec la réalité. Le potionniste cilla et relâcha brusquement son souffle

- Ha… Harry ?

- Je suis là. Est-ce que tu veux partir ? Si tu ne te sens pas bien, tu peux retourner à Poudlard, je comprendrais, ne t'inquiète pas.

James s'était aussi aperçu que quelque chose n'allait pas, car il avait cessé sa bouderie et scrutait le visage du Serpentard dans l'espoir de comprendre la situation.

Drago attrapa sa main et y déposa un bref baiser avant de l'éloigner de son visage. Il était redevenu aussi imperturbable que d'habitude, et il lui offrit même un sourire, comme s'il ne comprenait pas la raison de son émoi.

- Je vais bien. J'ai cru voir quelque chose, mais ne t'inquiète pas, je suis un grand garçon. Allons donc acheter des vêtements pour James, et ensuite je nous offrirai une crêpe ou une gaufre au salon de thé le plus proche !

Il souleva James pour le mettre sur ses épaules, permettant à Harry de lui accrocher le bras tout en marchant avec sa canne de son autre main.

L'ex-Auror n'était pas dupe, cependant il fit comme si de rien n'était. Si Drago voulait affronter ses peurs, il serait à ses côtés.

Ils trouvèrent bientôt une boutique de vêtements pour enfants où ils arpentèrent les rayons, encadrant James comme s'ils voulaient le protéger d'une menace quelconque. Sans surprise, les tenues en vente étaient bien plus joyeuses que celles proposées dans la boutique sorcière. Il y avait des jeans de toutes les couleurs, des pantalons de velours bien chauds, des t-shirts avec toutes sortes de motifs, des sweats à capuche en polaire ou des pulls brodés en relief. James n'avait jamais regardé la télévision et ne connaissait pas les personnages de dessins animés moldus, cependant il choisit un t-shirt avec un chien habillé en pompier et un autre avec une voiture pourvue d'yeux.

Harry lui prit aussi une chemise à carreaux en flanelle, un sweat épais, un beau pull noir avec des étoiles rouges, quelques pantalons et une paire de baskets. Il se revoyait enfant avec les vieux vêtements de Dudley et voulait que son fils ne souffre pas de vêtements trop froids ou inconfortables. Il faudrait sans doute revenir au cours de l'année pour acheter des vêtements d'été, mais c'était déjà un bon début.

À la caisse, la vendeuse les regarda avec un sourire un peu niais et leur offrir une promotion supplémentaire, en échange de quoi Harry accepta de faire une carte de fidélité.

Ils avaient passé près d'une heure dans le magasin mais contrairement aux deux adultes, James avait encore toute son énergie. Il les entraîna jusqu'à la boutique de jouets où il parcourut les rayons avec avidité, sous les yeux désolés de Harry qui avait bien du mal à refuser quelque chose à son fils !

- Papaaaa ! Regarde ! Une voitue !

Une voiture téléguidée était en démonstration, manœuvrée par l'un des vendeurs dans le but de séduire leur petite clientèle, et Harry dut attirer son fils à l'écart pour lui parler loin des oreilles indiscrètes.

- Chéri, je suis navré mais on ne peut pas prendre ce jouet. Il fonctionne à l'électricité, et si on l'emmenait à Poudlard, la magie du château casserait ton jouet tout neuf. Je veux bien prendre quelque chose pour te récompenser d'avoir été aussi sage au magasin de vêtements, mais il faut que tu trouves quelque chose qui ne bouge pas.

Finalement, ils repartirent avec une grosse voiture en plastique et un jeu de société moldu. Comme promis, Drago les entraîna jusqu'à un café d'où s'échappait une odeur alléchante, et ils prirent une place contre la vitrine, leur laissant tout le loisir d'observer les allées et venues des clients du centre commercial.

Le moment était paisible. Harry et James se partageaient un chocolat chaud garni de crème fouettée tandis que Drago dégustait un Chaï tea latte. Ils n'étaient pas pressés plus que cela de rejoindre Poudlard. James était déjà en train de jouer avec sa voiture sur la table alors que Harry et Drago discutaient à voix basse.

La frayeur de tout à l'heure semblait avoir été oubliée et Harry n'avait pas osé demander à son petit ami ce qu'il avait cru voir, mais soudain les lumières du centre commercial clignotèrent, et Drago se leva tout d'un coup, baguette à la main.

Il l'imita, gardant cependant sa baguette dissimulée dans sa manche. Mais alors qu'il venait de lancer une petite zone d'illusion pour éviter que les moldus ne s'alarment de leur comportement, Drago bondit hors du café comme s'il avait un Détraqueur aux trousses.

Harry n'avait même pas eu le temps de lui demander ce qu'il avait vu !

Il hésita un instant à le poursuivre avant de se rendre à l'évidence : il ne pourrait jamais le rattraper avec James et sa jambe raide.

Il se rassit avec un soupir, espérant que le Serpentard ne fasse pas n'importe quoi. Avait-il vu l'un de ses ravisseurs ? Était-il effrayé ou au contraire en colère ?

- Papa ? Pouquoi il est pati Dwago ?

- Je… Je ne sais pas. Je crois qu'il a vu quelqu'un qu'il connaissait. Je ne sais pas s'il va revenir. Termine ton goûter, on va essayer de le retrouver.

Leur chocolat terminé, Harry utilisa l'enchantement des quatre-points pour le guider dans la direction de Drago, et ses pas le menèrent jusqu'à l'extérieur du centre commercial. On aurait dit que son petit ami avait été entraîné ici volontairement, car ils débouchèrent bientôt dans une ruelle isolée où 3 sorciers encapuchonnés tentaient de mettre à terre le potionniste par des divers maléfices.

Drago se défendait bien, mais il avait été acculé dans une impasse et le combat était inégal. Harry aurait voulu voler immédiatement à son secours, mais il n'oubliait pas que son fils était avec lui. Il l'entraîna à l'entrée de la ruelle où il l'assit sur un cube de climatisation.

- Chéri, je dois aller aider Drago. Je vais te rendre invisible et te protéger. Surtout tu ne bouges pas et tu ne fais pas de bruit. Je te promets qu'on n'en aura pas pour longtemps. Papa va botter les fesses des méchants.

Il s'empressa de désillusionner James et le protéger sous un bouclier pour éviter les sors perdus avant de rejoindre le combat. Par chance les 3 bandits avaient été trop concentrés sur leur duel pour le remarquer et son premier Stupefix mit à terre l'un d'entre eux, rétablissant l'équilibre. Les malfrats avaient beau être à deux contre deux, ils se trouvaient dans une situation périlleuse puisque Drago était d'un côté et Harry de l'autre, de sorte qu'ils ne pouvaient jamais regarder leurs deux adversaires en même temps.

Moins de trois minutes plus tard, leurs ennemis étaient à terre, ligotés ou stupéfixés, et Drago en profita pour asséner un violent coup de pied dans le visage de l'un d'entre eux.

- Tu n'aurais pas dû venir ! Où est James ?! Tu imagines qu'ils pourraient le prendre pour cible ?!

Dès le combat terminé, Harry s'était empressé de récupérer son fils et de dissiper les sortilèges qui le protégeaient.

- Drago, c'était un piège ! Je ne pouvais tout de même pas te laisser battre tout seul contre trois personnes !

- Papa et Dwago l'ont botté les fesses des méchants !

James ne semblait pas effrayé le moins du monde, et Drago déposa un baiser sur son front tout en le serrant dans ses bras.

- James, ton père est un risque-tout. Tu es inconscient Harry ! Tu ne peux plus prendre de risques pareils avec ton fils ! Tu n'es plus Auror et ce sont mes problèmes, pas les tiens !

- Mais je tiens à toi ! Si tu es blessé ou si tu es enlevé, ce sont mes problèmes ! Ne pars plus tout seul comme ça. Laisse-moi t'aider, correctement, sans mettre James en danger.

- Harry, si l'un de vous était blessé par ma faute, je ne me le pardonnerais jamais. Tu sais comment est mon père. Il ne reculera devant rien.

James regardait les deux adultes, mais il ignorait pourquoi Drago avait l'air aussi inquiet. Frustré de ne pas comprendre la situation, il attira l'attention de son père en tirant sur ses vêtements.

- Papaaaa ! On rente à Poularr !

- Oui chéri. On doit juste envoyer les méchants en prison.

Drago pinça les lèvres. Sans doute aurait-il aimé punir les 3 bandits qui avaient osé l'enlever et l'attaquer, mais il était impensable de le faire sous les yeux de James.

- Tu comptes faire comment ?

- Il suffit de laisser un message à mes anciens collègues. Ils sauront où me trouver s'ils veulent en savoir plus. Et qui sait, peut-être qu'ils pourront dénoncer ton père ?!

- J'en doute… Il est beaucoup trop prudent.

Harry récupéra un bloc de polystyrène dans une poubelle à proximité autour duquel il attacha leurs agresseurs. Il griffonna rapidement une note pour expliquer la situation et pointa sa baguette sur l'objet.

- Portus ! Destination, bureau des Aurors, Ministère de la Magie.

Une lumière bleue nimba le groupe qui disparut en un instant. Le Gryffondor soupira de soulagement.

- Voilà une bonne chose de réglée. Heureusement qu'ils ont oublié de retirer mes accès, c'est tout de même plus pratique que d'appeler un Auror et attendre qu'il ne daigne se pointer.

Drago le regarda avec un air interdit.

- L'usage des Portoloins est strictement encadré. J'ignorais que les Aurors avaient un tel pouvoir.

- Le risque était trop grand que les bandits se désartibulent lorsqu'on essayait de les faire transplaner, et il est impossible de transporter plus de deux personnes sur un balai donc c'est la seule solution. Allons, nous avons eu suffisamment d'émotions pour aujourd'hui. Rentrons à Poudlard.

Drago s'affala sur son lit, le regard perdu dans le plafond de sa chambre.

Aujourd'hui, il avait perdu la chance de se venger. La vraie raison pour laquelle il était parti seul, il la connaissait parfaitement. Il aurait voulu les blesser, les faire souffrir comme ils l'avaient fait souffrir, loin du regard si lumineux de son petit ami.

Cette fois encore, Harry l'avait empêché de basculer du côté obscur. Qui sait ce qu'il se serait passé sans lui ? Lorsqu'il s'était lancé à la poursuite du bandit qui le narguait, il savait pertinemment que c'était un piège, mais la tentation avait été trop forte. Sans doute avaient-ils pour projet de le ramener auprès de son père, dans un endroit où personne ne pourrait l'atteindre. Mais si une part de lui avait peur de ce qui aurait pu se produire, une part encore plus grande était furieuse de ce qu'ils avaient osé lui faire et de ce qu'ils faisaient encore.

En le suivant, en l'espionnant, en le traquant ainsi, ils faisaient de lui une proie. Un animal faible et vulnérable. Et il mettait Harry et James en danger.

Il ignorait comment ils étaient parvenus à le suivre, mais le plus probable était qu'ils aient un espion au Chaudron Baveur… À moins qu'ils n'aient apposé un sortilège de traçage directement sur sa baguette magique ?

Il observa le morceau de bois entre ses doigts. Si c'était le cas, il ne pouvait bien évidemment pas lever le sort par lui-même. L'idée que son père ou l'un de ses sbires continue de l'espionner le fit frissonner. Pire, cette idée l'obsédait, l'empêchant de trouver le sommeil. Maintenant qu'il y songeait, cela semblait être la seule possibilité…

Frustré à force de tourner et de retourner dans son lit, il finit par se lever et s'habiller. Autant que son insomnie soit constructive… Il décida de faire une ronde à travers les couloirs du château. Bien sûr, il n'y avait pas âme qui vive à cette heure de la nuit, d'autant plus pendant les vacances. Tout en marchant, il se remémora son adolescence, et toutes les fois où son éducation l'avait éloigné de Harry. S'il s'était montré plus agréable et moins hautain, son petit ami aurait-il été réparti à Serpentard comme il l'avait affirmé l'autre jour ? Il s'amusa à imaginer un Harry Potter en vert-et-argent, partageant le dortoir avec lui, Crabbe, Goyle, Nott et Zabini.

Quelque part, les choses étaient mieux ainsi… Il savait pertinemment qu'il n'aurait jamais pu l'accompagner comme l'avaient fait Weasley et Granger lors de leur 7e année. Ce simple fait aurait pu bouleverser l'issue de la guerre.

Inconsciemment, ses pas le menèrent jusqu'à l'appartement du professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il posa sa main à plat sur la porte, hésitant entre frapper et repartir. Harry était probablement déjà endormi à cette heure et il ne voulait pas prendre le risque de réveiller James, mais il aurait aimé pouvoir le voir, lui parler, se réfugier dans ses bras…

Alors qu'il venait de tourner les talons et s'apprêtait à faire demi-tour, la porte s'ouvrit derrière lui, le faisant sursauter.

- Drago ?

- Harry ?! Tu… Je pensais que tu dormais…

- Je ne t'ai pas entendu frapper.

Il secoua la tête.

- Je n'ai pas osé, je ne voulais pas réveiller James. Comment as-tu deviné que j'étais là ?

- Je ne sais pas, un pressentiment. J'ai le sommeil plutôt léger. Tu veux entrer ?

Sur une impulsion, il se jeta dans ses bras, et sans surprise le Survivant l'accueillit immédiatement contre lui. L'étreinte de Harry était chaude, réconfortante. Drago se sentit relâcher un souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir.

Tout doucement, comme pour ne pas l'effrayer, son petit-ami le manipula jusqu'à le faire entrer dans l'appartement. Une fois la porte refermée, Drago prit conscience qu'il était gelé. Les couloirs du château étaient parcourus de courants d'air tandis qu'il régnait une douce chaleur chez son petit ami.

Le salon était plongé dans une demi-obscurité, uniquement éclairé par les braises rougeoyantes dans la cheminée. Manifestement, il était sur le point de se coucher, car il avait retiré ses chaussures et son pull.

- Je sais que tu ne voulais pas que les choses aillent trop vite mais… Est-ce que je peux dormir avec toi, s'il te plait ? Juste dormir…

Il avait rajouté la deuxième partie de sa phrase d'une petite voix, mais Harry ne l'avait pas lâché, bien au contraire.

- Viens.

Il le guida jusqu'à sa chambre où la lampe de chevet était allumée, et sans hésiter une seule seconde, retira son pantalon, ses chaussettes et son t-shirt avant de se glisser dans le lit et tapoter la place à ses côtés.

Ça paraissait si simple…

Timidement, Drago l'imita, retirant ses vêtements avant de prendre place sous l'épaisse couette de plumes. Immédiatement Harry l'attira contre lui pour un baiser. Il venait sans doute de se brosser les dents car ses lèvres et sa langue étaient fraîches et mentholées.

Il n'alla cependant pas plus loin, se contentant de le serrer entre ses bras avant de s'immobiliser, permettant au Serpentard de se détendre peu à peu.

Le corps de Harry était ferme et assez musclé. Rassurant. Drago se retourna pour lover son dos contre le torse du Survivant, et sourit alors qu'un léger baiser était déposé sur sa nuque.

Cette fois, plus aucune pensée parasite ne le perturba et il put trouver rapidement le sommeil.

Drago fut réveillé par la sensation d'une masse sur son torse. Si son premier réflexe aurait été de saisir sa baguette sous son oreiller, les éclats de voix lui permirent d'identifier en un instant où il se trouvait et avec qui il était.

- Papaaa ! Dwago !

James semblait toujours heureux de voir son père en sa compagnie et cet enthousiasme lui arracha un éclat de rire suivi d'un bâillement.

- Bonjour James… Huum, j'ai l'impression de ne pas avoir assez dormi. Quelle heure est-il ?

- Ce n'est pas qu'une impression. Il est à peine plus de 7 heures du matin. Jamie, tu veux bien aller jouer dans ta chambre et laisser papa et Drago dormir encore un peu ?

- Non ! Câlin !

Harry attrapa son fils d'un bras et souleva la couette de l'autre avant de se rallonger, tenant le petit garçon contre son torse. Drago ouvrit les yeux pour les observer. Malgré la fatigue, Le Survivant arborait un large sourire et serrait son fils dans ses bras avec une affection flagrante. Le Serpentard en fut attendri.

- Il se réveille tous les matins aussi tôt ?

- Je crains que oui.

- Une telle chose aurait été tellement impensable dans une famille comme la mienne. Mais… même si j'aurais aimé dormir quelques heures de plus, je trouve ça… cool.

Le regard de Harry s'illumina, comme s'il était traversé par une idée soudaine.

- Cool… Est-ce que tu voudras venir à la maison pendant les grandes vacances d'été ? Enfin j'imagine que tu voudras avoir ton propre chez toi, mais… je veux dire, James va passer un mois avec moi. Je ne sais pas encore si ce sera en août ou en juillet mais… je ne veux pas que cela te gène.

Harry semblait ballotté par ses incertitudes et Drago posa une main sur sa joue pour le calmer.

- Harry, James ne sera jamais une gêne pour moi. Je serais heureux de partager ça avec vous deux.

Même si Drago aurait aimé avoir un fils, il avait depuis longtemps tracé une croix sur cette idée, tant il ne s'imaginait pas capable d'avoir une relation sexuelle avec une femme. Mais à cet instant, il s'imaginait très bien vivre avec Harry et James, élever le petit garçon à ses côtés… et cette idée serrait son cœur d'un nouvel espoir.

Il déposa un baiser sur le front des deux Potter, s'attirant un regard enamouré de son petit ami.

- Tu es d'accord, Jamie ? Drago va venir vivre avec nous cet été ?

- Ouiii ! On ira à la piscine !

- On a encore le temps de prévoir ça. C'est dans 6 mois !

Ils restèrent encore plusieurs minutes, enlacés l'un contre l'autre puis Harry incita James à descendre du lit avant de découvrir ses jambes. Ce ne fut qu'en voyant le Survivant commencer à masser sa jambe raide avec l'onguent qu'il lui avait préparé, que Drago prit conscience qu'il avait oublié quelque chose.

- Ta blessure ! J'ai complètement oublié de te dire ! J'ai trouvé le nom du maléfice en fouillant dans le bureau de mon père ! Il faut… que je fasse des essais. Il faut que je brasse une potion pour endiguer la nécrose… Comment ça a pu me sortir de la tête !

Il se sentait mortifié mais Harry secoua la tête avec un sourire.

- Ne te sens pas coupable pour ça, Drago, tu as eu bien d'autres choses à penser, et puis c'est moi qui t'ai incité à sortir. Ces moments passés avec toi sont précieux.

- N'empêche qu'il faut que je m'y mette au plus vite. Il faut que je contacte mon ancien professeur à Sainte-Mangouste. Je ne veux plus perdre de temps. On peut guérir ta jambe, Harry !

Le Gryffondor sourit largement tout en continuant son massage.

- Tu entends ça, James ?! Drago va peut-être réussir à soigner la jambe de papa. Ce serait bien que je puisse me remettre à courir.

Il devait y avoir là trop d'émotions pour le petit garçon car il leva les yeux vers le Serpentard, manifestement au bord des larmes.

- Si… si papa a plus mal… Ça va ête comme avant ? Papa va touner avec maman ?

Drago ne savait pas trop quoi répondre. Il avait l'espoir, quelque part, d'être devenu précieux aux yeux du petit garçon comme ce dernier l'était devenu pour lui. Mais il était assez réaliste pour se douter que ce dernier espérait probablement que ses parents se remettent ensemble. Heureusement, Harry eut tôt fait de le détromper.

- Non chéri, on ne peut pas revenir en arrière. Maintenant je suis professeur à Poudlard et je suis en couple avec Drago. Avec ta maman, on ne faisait que se disputer. C'est mieux pour tous les deux que nous soyons séparés, et je pense aussi que c'est mieux pour toi. Quand j'étais Auror, je rentrais tard, je ne pouvais pas passer beaucoup de temps avec toi. Maintenant, on se voit moins souvent, mais quand tu viens, je reste avec toi tout le temps.

James hocha la tête.

- Z'aime bien Dwago. Je veux que tu te mahi avec et que vous faites un petit fèr.

Harry éclata de rire alors que Drago écarquillait les yeux.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il a dit ?

- Il veut que je t'épouse et te mette enceinte.

- Par Salazar… James. Il n'y a que les mamans qui peuvent… Faire des enfants. Moi je suis un garçon, comme papa et toi.

- Pouquoiii ?

Le Survivant était dans une telle hilarité que lorsqu'il partit dans la salle de bain, on entendait encore son rire à travers la porte. Drago ferma brièvement les yeux et maugréa.

- Alors, hem… Les garçons et les filles sont un peu différents. Pour qu'un enfant naisse, il faut… Merlin, je ne peux pas expliquer ça. Tu sais quoi, oublie ce que je t'ai dit ! On verra plus tard, d'accord ? Je veux bien me marier avec ton papa mais d'abord je dois le soigner. Parce que j'aime ton papa très fort et je veux qu'il n'ait plus mal. Pour l'instant, c'est ma top priorité.

- Top piorité !

- C'est ça. Allez, et si on s'habillait pendant que papa prend sa douche ? Tu pourrais mettre les nouveaux vêtements qu'on a achetés hier !

Le reste de la journée se passa tranquillement. Après le déjeuner, Harry emmena James jouer dans le parc du château tandis que Drago commençait à travailler sur un antidote. La météo était maussade, et l'après-midi, Harry, James et Neville jouèrent à des jeux de société pour passer le temps.

Le Serpentard voulait progresser autant que possible avant la reprise des cours, quitte à sacrifier un peu de son temps avec les deux Potter. Heureusement le botaniste était tout disposé à leur tenir compagnie, et ils passèrent une agréable fin de semaine.

Harry apprit à James à faire un bonhomme de neige, il enchanta la petite voiture moldue pour tenir partout où son fils la posait, y compris sur les murs ou à l'envers sous les tables, et il l'emmena même en promenade en balai au-dessus du château.

Avec la déclaration du Serpentard, l'ex-Auror osait espérer un avenir radieux, où il pourrait à nouveau courir, sauter, porter son fils sur ses épaules et grimper aux arbres. Drago venait dormir dans son lit presque tous les soirs, et s'il ne s'était encore rien passé, c'était avant tout parce que leur journée respective les laissait épuisés.

Finalement, le dimanche après-midi arriva, et Harry fut contraint à regret de refaire le sac de son fils. Il venait de passer une semaine de rêve et ne pouvait qu'être attristé par la séparation d'avec son enfant. Il retrouva Ginny à l'heure prévue aux Trois Balais où la jeune femme semblait toujours aussi revêche à son sujet.

- Bonjour mon chéri. Harry.

- Bonjour Ginny.

- Coucou maman ! Z'ai passé une supé semaine !

Elle embrassa son fils sur le front et le serra dans ses bras.

- Tu me raconteras tout ça ?

- Ouiiii !

- Gin'... Je ne compte pas attendre 6 mois avant de revoir James. Je veux passer au moins un weekend par mois avec lui.

- Tu es de plus en plus exigeant.

- C'est mon droit et c'est autant pour moi que pour lui. Il a besoin de voir son père. Je te laisse décider du weekend qui t'arrange le mieux, mais si tu t'esquives, je verrai directement avec Molly.

- Laisse mes parents en dehors de ça. Je t'enverrai un hibou. James, on y va.

- Bisou papa !

Harry embrassa son fils avant que son ex-femme ne l'entraîne à sa suite, puis il regagna Poudlard. Il était un peu attristé à l'idée de ne plus voir James avant plusieurs semaines, mais il savait qu'il allait bientôt être pris dans son travail de professeur et qu'il n'aurait pas été bon pour le petit garçon qu'il reste avec lui.

De retour au château, il rejoignit immédiatement les appartements du potionniste. Ce dernier était dans son laboratoire, concentré sur ses essais, et Harry invoqua une chaise à proximité pour pouvoir lui parler sans le gêner.

- Maintenant que James est retourné chez sa mère, j'imagine que le nom de mon nouveau petit-ami ne va pas tarder à être rendu public.

Le Serpentard leva un instant les yeux de son chaudron et fit une moue indéfinissable.

- Qu'elle le fasse, je te l'ai dit, je n'ai pas honte de sortir avec toi.

Harry rosit sous le compliment.

- C'est très flatteur, mais tu pourrais trouver cela intrusif. Qui sait ce que Rita Skeeter pourrait raconter… Je ne veux pas qu'elle te nuise à travers moi.

- Harry, ne te torture pas pour ça. De toute façon, mon père va tout faire pour me pourrir la vie dès qu'il apprendra la vérité. Ce n'est pas une journaliste à scandale qui va me faire peur. J'ai fait mon choix. Je ne veux plus me cacher, et encore moins devant ton fils.

Il avait très envie d'embrasser son petit ami après une telle déclaration, mais il s'abstient de tout mouvement, tandis que ce dernier continuait sa préparation.

- Qui a dit que les Serpentards n'étaient pas courageux ?

Drago secoua la tête, mais il n'avait pu s'empêcher de sourire. Ils gardèrent le silence jusqu'à la fin de la préparation, puis dînèrent de quelques sandwichs et d'un potage dans le salon du potionniste.

L'ambiance était paisible, chacun d'entre eux était perdu dans ses pensées. Ils n'avaient pas besoin de se parler, simplement de profiter de la présence de l'être aimé.

Pour la première fois, ils dormirent dans le lit de Drago et s'ils restèrent encore chastes, Harry pensait de plus en plus souvent à sauter le pas. Le corps de son petit ami l'attirait réellement et dormir contre lui avec un caleçon pour tout vêtement ne laissait plus grande place à l'imagination. Il savait que le Serpentard le désirait, mais il lui avait toujours dit qu'il irait à son rythme, c'était donc à lui de décider quand.

Le lundi matin sonna comme un brusque retour à la réalité après ces deux semaines de vacances.

Tout avait commencé normalement et ils avaient tous deux rejoint la Grande Salle pour prendre le petit déjeuner lorsque le courrier était arrivé. Harry ne s'attendait pas à recevoir si tôt des nouvelles de Ginny, mais lorsqu'il vit l'enveloppe rouge entre les pattes du hibou, son estomac se serra immédiatement.

Son premier réflexe avait été de s'emparer de la Beuglante pour l'ouvrir loin des oreilles des élèves, mais Neville fut plus rapide que lui. D'un moulinet souple de sa baguette, il enferma la lettre enchantée dans une bulle de silence, et ils purent tous assister aux hurlements muets d'une enveloppe qui s'agitait et crachait sans pouvoir les atteindre.

Finalement la lettre se consuma d'elle-même sans produire le moindre son, et si quelques élèves avaient remarqué leur manège et leur adressaient un regard curieux, la plupart d'entre eux ne s'étaient aperçu de rien.

Harry soupira de soulagement et évacua les cendres tombées sur la table d'un coup de baguette.

- Merci Neville. Je ne sais pas ce que Ginny voulait me dire, mais ce n'était manifestement rien d'aimable. Heureusement que tu es intervenu. Je n'ose pas imaginer si toute la Grande Salle avait entendu. Je suis persuadé que c'est à propos de nous deux, Drago.

Son petit ami lâcha un grognement méprisant tandis que Neville lui adressait un sourire lumineux.

- Pas de soucis, Harry. Avec toutes les Beuglantes que m'a envoyé ma grand-mère, je peux t'assurer que ce sort a changé ma vie. C'est Hermione qui l'avait découvert. Mais je crois qu'il va falloir que tu aies une discussion avec Ginny.

- Humf… Je garderai ma baguette à portée aux prochains repas et je vais espérer que celle-ci lui ait permis de se défouler. De toute façon ce n'est pas rationnel. Je suis sûr qu'elle est juste mesquine parce qu'elle ne supporte pas de me voir heureux avec quelqu'un d'autre qu'elle.

Le botaniste leva les sourcils.

- Alors que c'est elle qui t'a largué ?!

- Ouai, ne cherche pas à comprendre. Je suppose qu'elle voulait me faire réagir, voir si j'allais me battre pour la récupérer. Sauf qu'elle m'a trop souvent blessé par des paroles cruelles et quand nous nous sommes séparés, ça a été un soulagement pour moi. Mais bon, je pense que ça lui passera. Je vais suggérer à Ron et Hermione de lui présenter des hommes, histoire de lui changer les idées.

Drago ricana.

- J'ai presque pitié pour le prochain homme qui tombera sous son charme. Allons, c'est l'heure de retrouver nos monstres. Bon courage messieurs !

Il termina sa tasse de thé d'une longue gorgée et se leva de table pour regagner les cachots.

Harry se leva à son tour puis appela un elfe de maison pour le ramener plus rapidement à sa salle. Comme chaque jour, son emploi du temps était chargé. Il commençait par les élèves de 1e année avec qui il devait étudier les goules.

L'image d'une goule taille réelle était projetée sur le tableau, et Harry ne put s'empêcher de penser à la goule des Weasley, déguisée en Ron. La grande majorité de ces créatures étaient inoffensives et pouvaient même être domestiquées, mais elles restaient une nuisance assez commune dans les maisons sorcières et pouvaient représenter un danger pour les jeunes enfants.

Ses élèves arrivèrent bientôt en une masse braillarde et agitée, la plupart d'entre eux occupés à se raconter leurs vacances, au point qu'Harry dut faire résonner un bruit de claquement pour obtenir enfin le silence.

- Bien ! J'espère que vous avez tous passé de bonnes vacances, cependant il est temps de se remettre au travail. Aujourd'hui, nous allons étudier les goules. Sortez votre cahier pour prendre des notes.

- Monsieur ! Pourquoi vous avez pas ramené de goule en cage ? Vous avez pas réussi à en attraper ? Si vous voulez j'peux dire à mon père de ramener la nôtre?!

Il s'agissait de Jacob Bagnold, un élève de Serdaigle qui venait d'une famille sorcière.

- Si je n'ai pas jugé utile de vous ramener une véritable goule, c'est avant tout car je trouve ce traitement particulièrement cruel. Les goules sont certes des créatures limitées, mais elles restent des êtres vivants qui ressentent comme vous la douleur et l'inconfort. Je ne vois pas la nécessité de faire subir cela à l'une d'elles alors qu'une image suffit pour permettre à ceux qui n'en ont jamais vu de voir à quoi elles ressemblent. Les goules donc… Prenez vos plumes et notez ! Les goules sont des créatures humanoïdes à la peau dans des teintes grises, jaune ou verdâtre… Oui Damian ?

- Monsieur, vous parlez trop vite, j'ai pas le temps de noter !

- La leçon s'écrit au tableau en même temps que je parle, comme d'habitude. Donc je disais. Les goules sont généralement maigres et leurs dents sont pointues. Elles sont carnivores et se nourrissent de petites créatures comme les rats, souris, araignées ou doxys. Oui Charlotte ?

- Monsieur, j'ai le nez qui coule ! Je peux avoir un mouchoir ?

Harry soupira, roula des yeux et fit léviter l'énorme boîte de mouchoirs jusqu'à son élève.

- Je vous ai déjà dit d'avoir vos propres mouchoirs… Bref, où en étais-je…

- On parlait de Doxys. D'ailleurs, le doxycide…

- On s'arrête là, Daniel. Le sujet du cours, ce sont les goules. Maintenant le prochain qui pose une question qui n'est pas en rapport avec le cours fera perdre 5 points à sa maison. Donc. Les goules ont une intelligence très limitée et sont rarement agressives, mais une goule maltraitée, blessée ou affamée peut représenter un danger, c'est pourquoi nous allons apprendre à les mettre hors d'état de nuire, bien évidemment sans les tuer.

- Monsieur ! Je peux jeter mon mouchoir à la poubelle ?

Le Gryffondor ferma brièvement les yeux. La journée allait être longue.

- Charlotte, cinq points en moins pour Poufsouffle. Le prochain c'est dix points et un devoir supplémentaire pour toute la classe.

Le cours put enfin se dérouler sans interruption inutile et Harry put enchaîner avec la deuxième heure où étaient cette fois réunis Gryffondor et Serpentard de deuxième année.

- Monsieur, j'ai vu que vous aviez reçu une Beuglante ce matin au déjeuner ! C'était qui ?

- Je ne vois vraiment pas en quoi ça vous regarde. Maintenant je vous préviens, j'ai été sympa de ne pas vous donner de devoir pendant les vacances de Noël, mais ne me tentez pas. On se tait et on se concentre sur le cours !

À midi, il avait eu l'envie d'infliger un sortilège de mutisme à plusieurs élèves, retiré plus de points qu'il n'en avait distribués et donné un devoir supplémentaire à ses deux groupes de troisième année. Il commençait à se sentir bien plus Rogue que Lupin et espérait que les classes de l'après-midi seraient plus studieuses.

Un mois plus tard, Minerva McGonagall avait organisé une réunion de tous ses enseignants autour de la grande table de la salle des professeurs, et sa mine était soucieuse.

- Chers collègues, j'ai reçu il y a quelques jours une nouvelle qui ne me réjouit pas. Le ministère a décidé d'inspecter chaque professeur de Poudlard pour vérifier que le contenu des cours est bien conforme au programme établi. Les inspections vont débuter d'ici quelques semaines. Chacun d'entre vous va être visité par l'un des vénérables examinateurs des ASPIC et les premières matières nommées ont été la Défense contre les forces du mal et la Métamorphose, autrement dit les collègues nouvellement recrutés.

Drago jeta un regard soucieux en direction de son petit-ami. Si lui-même était parfaitement confiant sur ses capacités à enseigner, ce n'était pas le cas de Harry qui doutait encore de lui. Et quelque chose lui disait que ces fameuses "inspections" n'étaient pas aussi anodines qu'elles en avaient l'air…

Lucius Malefoy était resté étonnamment discret depuis l'annonce officielle de leur mise en couple dans la presse. L'information avait sans doute été diffusée par Ginevra Weasley et Harry et Drago avaient traversé la tempête médiatique avec un stoïcisme à toute épreuve. Drago avait bien entendu été répudié de la maison Malefoy, mais rien d'autre ne lui était parvenu de la part de ses parents. Aujourd'hui, il avait le pressentiment que cette nouvelle volonté du Ministère était signée de son père et ils risquaient d'en avoir bientôt la confirmation…


Fin du chapitre 9

Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? Harry, Drago et James sont trop mignons ! #^_^# 😚

Finalement Drago s'est remis assez vite de son traumatisme. Mais Lucius n'a pas encore fini de faire parler de lui... 😏