Le Serpent et l'Oiseau

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Coucou !

J'espère que vous allez bien de votre côté. Du mien, ma longue absence s'explique entre autres par un dilemme interne : supprimer ou ne pas supprimer ce chapitre ? o.o Bon, finalement, il est toujours là. C'est un chapitre de transition un peu remanié, dont je suis loin d'être satisfaite mais j'ai résisté au bouton SUPPRIMER qui avait au moins l'avantage de la simplicité.

Un merci tout particulier bien sûr à toutes mes revieweuses, vous êtes des amours : Sun Dae V, Orlane Sayan, Baccarat V (ça me fait trop plaisir que tu aies apprécié ce chapitre, que ce soit pour les intrigues au Ministère ou ce cher Maugrey, merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser un petit mot !) et Tiph l'Andouille.

J'espère que la suite vous plaira quand même !

Bonne lecture !

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Rappel des personnages

Apprentis du Bureau des Aurors : Alice Rowle, Frank Londubat, Benjy Fenwick, Andrzej Markiewicz, Travis Wenworth, Fabian Prewett, Gideon Prewett

Intervenants : Kevin (Dissimulation), Whittaker (Vol en milieu hostile), Spellman (Duel), Muddle (Potion – a vécu il y a peu un accident de barbe qui l'a beaucoup marqué)

Aurors mentionnés : Alastor Maugrey, John Dawlish, Reese Williamson, Roberto Perez, Kaitlyn O'Neil, Sturgis Podmore

Guérisseur du Bureau : Arnold Brooks

Chef de la Justice Magique : Bartemius Croupton

Chef du département de détournement des objets moldus : Loren Zeller (croisé une fois – n'aime pas trop Alice car c'est une « Rowle », « ils embauchent vraiment n'importe qui ») ; ami de Maugrey, engagé contre les Mangemorts

Chef des Affaires Internes : Ambroise Selwyn, anti-moldu

Ministre de la Magie : Harold Minchum, également oncle de Travis, au dynamisme pas fou-fou

Autres personnages : Marlène McKinnon, meilleure amie d'Alice, Guérisseuse. Jack Adams, colocataire d'Alice et Marlène, ex-apprenti. Rabastan Lestrange, dont Alice a particulièrement peur. Narcissa Black, ancienne amie d'Alice. Rosalia Parkinson, membre des Affaires Internes. Un lézard décédé. Gregory Moscowitch, un trafiquant suspect.

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Previously on –

Panique au Bureau des Aurors. Le matin qui suit la nuit où Jack a attaqué Davis à coups de batte (si vous savez, le taré de l'hôpital qui harcelait Marlène), Dawlish, sous Imperium, attaque ses collègues dans l'open space. Un Auror (Perez) n'en réchappe pas. Pendant Maugrey décide de prendre les apprentis en main pour leur apprendre à résister au maléfice (un exercice difficile que seul Londubat parvient à réellement maîtriser), une enquête des Affaires Internes, par l'intermédiaire de Parkinson, est lancée, sur Zeller d'abord, puis sur Maugrey lui-même ; Parkinson incite par ailleurs Alice, en lui promettant un poste d'Auror, à témoigner contre lui. Elle décide, accompagnée de Frank, d'en faire part à Maugrey lui-même, qui a arrêté un dénommé Gregory Moscowitch, un receleur qui fournit à « Eric Munch » et sa société, M.R. Magneto, des scrutoscopes, et qui devait être arrêté par Dawlish le jour où il a été soumis à l'Imperium. Maugrey n'est pas trop inquiet des accusations. Ce n'est qu'une fois seule avec lui qu'Alice osera poser à Frank la question qu'elle meurt d'envie de poser : elle apprendra ainsi que non seulement son père est bel et bien mort, mais qu'il était également un Auror.

(J'espère que vous suivez)

(Dites-moi sinon je réexplique !)

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CHAPITRE 15

L'art de la négociation

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oOoOo

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« IL FAUT ARRÊTER L'HYPOCRISIE »

L'attaque du Bureau des Aurors continue de faire jaser. Alors qu'a fuité la semaine l'information que John Dawlish sortait tout juste d'une intervention aux côtés de Loren Zeller, le chef du Département de détournement des objets moldus, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le manque de soutien et de protection procurés aux Aurors. Ou plutôt, à ceux qui ne se rangent pas du côté de Zeller et sa clique. « Dawlish et Zeller ne se sont jamais bien entendus », affirme un proche du fonctionnaire. « J'ose espérer qu'il a suivi le protocole et qu'il ne l'a pas laissé seul pendant une intervention, mais vous savez ce que c'est, on ne peut s'empêcher d'avoir un doute. »

Des propos certes mesurés, mais qui sont loin d'avoir plu à Julius Brown, qui s'est empressé de voler au secours de son collègue. « Il est clair que l'attaque du Bureau des Aurors provient de l'organisation que nous connaissons depuis quelques années sous le nom de Mangemorts. Arrêtons l'hypocrisie ! Loren entretient de très bonnes relation avec le Bureau et John Dawlish n'en fait pas exception. » Si Zeller n'a pas souhaité s'exprimer sur la question, laissant les conclusions de l'enquête aux Affaires Internes, une réunion sera néanmoins organisé entre lui et plusieurs chefs de Département pour discuter de la sécurité au sein du Ministère.

[...]

Alice referma immédiatement la Gazette qui traînait sur la table basse en le voyant pénétrer dans la salle d'étude. Elle adressa à Londubat un sourire.

— Prêt pour la journée qui s'annonce ?

— Whittaker dès le matin, j'en suis pas si sûr, fit-il en jetant un coup d'œil à l'emploi du temps.

Il se servit un café court, puis la suivit dans le couloir pour rejoindre la salle de transplanage où les attendait le portoloin. Alors qu'ils passaient devant l'open space, un bruit se fit entendre. Parkinson faisait face à Maugrey entre deux colonnes, un index menaçant pointé dans sa direction.

— C'était mon enquête, Alastor. Vous n'aviez aucune autorisation de vous en mêler.

— Sacrée enquête...

L'Auror lui tendit plusieurs feuillets en soutenant son regard ; son œil marron était clair et perçant, insensible à l'indignation de son interlocutrice.

— J'ai jugé qu'elle méritait une autre perspective. Vous voulez savoir ce que j'ai trouvé ?

— Je lis La Gazette, je vous remercie.

— Il fallait bien faire vous parvenir l'information, puisque vous n'écoutez pas. John Dawlish a été en contact avec un Mangemort quelques heures à peine avant son retour. Vous serez gentille d'arrêter de déverser des salades sur Zeller et moi, ça en devient ridicule.

Parkinson souffla par le nez, furieuse.

— Un Mangemort... Votre obsession à en voir partout vous perdra. Les « Mangemorts » ne se sont pas manifestés depuis des semaines !

— Avec un meurtre par Imperium, c'est une affirmation hautement contestable, répliqua Maugrey, perdant clairement patience.

— Je me demande qui croira une seconde à vos explications fantaisistes...

De la part de la reine de l'extrapolation en personne, voilà qui était plutôt ironique. Alice savoura d'autant plus la colère de Parkinson qu'elle était teintée d'impuissance ; les regards de la petite assemblée – tous les Aurors avaient momentanément suspendu leur travail – l'écrasaient d'un jugement sans appel. Maugrey avait gagné. Elle avait perdu. Un fait qu'entérinait le carton posé sur son bureau.

— Vous en avez une autre, Mrs Parkinson ? Je vous écoute.

— Vous vous croyez sans doute intelligent...

— Je n'ai pas à me plaindre.

— Croupton vous protège encore du haut de sa tour. Ne l'oubliez pas, plus vous monterez, Fol Œil, de plus haut vous tomberez.

Il y eut un silence. Puis la voix de Fabian, qu'elle n'avait pas entendu arriver, se glissa dans son oreille.

— Franchement, je suis déçu. Si tu veux menacer Fol Œil, fais-le avec un peu de panache, merde, pas en employant des clichés à deux noises.

— Surtout que c'est la dernière chose que tu risques de faire dans ta vie.

Maugrey eut un rictus.

— C'est ça. Vous pouvez remballer votre lézard et dire à Ambroise Selwyn que je l'attends avec impatience.

Parkinson tourna les talons et retourna à ses cartons, remballant ses dernières photos de monuments, ses plumes et ses carnets de notes d'un geste furieux.

— Adieu ! souffla Fabian.

— Petit ange parti trop tôt, renchérit son frère. Magyar Junior me manquera...

Londubat fronça les sourcils.

— Magyar Junior ?

— C'est comme ça qu'on surnomme son lézard empaillé.

— On trouvait ça un peu étrange qu'elle se balade partout avec ce truc. Après une petite étude, on a découvert que c'était en réalité un dispositif magique assez élaboré...

— Parkinson se sert de Magyar pour enregistrer les conversations dans l'open space. C'est comme ça qu'elle a obtenu une partie de ses informations.

— C'est plutôt malin, acquiesça Fabian. T'as l'air un peu excentrique quand tu te balades avec un lézard mort mais bon, suffit d'assumer.

Gideon hocha la tête.

— Parkinson n'est pas la première à essayer. A mon avis, ce sera loin d'être la dernière...

D'ordinaire chaude, inaltérable, sa voix s'était teintée d'amertume. Le coup d'œil décoché à Fabian prouvait bien que malgré les plaisanteries, ils prenaient la menace au sérieux. Il y avait quelque chose d'inquiétant à l'idée que la noirceur ambiante contamine même les frères Prewett.

oOoOo

Le départ de Rosalia Parkinson ôta une épine dans le pied du Bureau des Aurors ; les employés l'arpentaient avec une légèreté nouvelle. Avec le temps, la méfiance envers Dawlish finit par retomber. Il n'était plus rare de le voir discuter avec Hopkins, O'Neil ou Williamson, ou bien, signe d'un retour à la normal, d'apercevoir les petits sauts de grenouille de Fabian dans le couloir, nostalgique hommage au « bon vieux temps ».

Depuis quelques jours, la brume matinale qui enveloppait la brique londonienne s'était dissipée ; un soleil lumineux irradiait à travers les fenêtres du Ministère. C'était bien la seule bonne nouvelle du moment, la météo, fût-elle artificielle.

Les cours, eux, se faisaient chaque fois un peu plus intense, une carte de plus déposée sur un château friable. Arnold Brooks était si fatigué de les voir débarquer à l'infirmerie qu'il s'était déterminé à assister aux exercices, notamment ceux qui impliquaient des maléfice – mais les explosions de potions n'étaient pas en reste –, pour apporter des bases de guérison aux apprentis.

— Alors ?

Devant lui, le corps inanimé de Benjy qui, en bon Gryffondor qu'il était, avait encore oublié de vérifier ses arrières.

— Il n'a l'air qu'assommé... Enervatum ?

— Bien joué, Mr Wenworth. Allez-y, énervez-le.

Malgré les dents serrées de Spellman, il fallait bien le dire, sa présence se révélait utile. Il leur apprenait les principaux sorts de diagnostic permettant de distinguer une simple perte de conscience d'une dégradation des organes vitaux, passait en revue les moyens rapides de recoudre une blessure, mais aussi les sorts de protection les plus efficaces pour venir en aide à une personne à terre.

Au bout d'un moment, ils parvinrent à une autonomie satisfaisante, seuls les cas les plus graves se retrouvaient dans la petite salle de Brooks.

Pour le reste, chacun à leur rythme, ils progressaient. Si son absence de répondant en sortilège plongeait parfois le duel dans une impasse, Andrzej avait poussé l'art de la diversion à un degré impressionnant de maîtrise. « Donnez à un objet de votre environnement une forme humaine », avait ordonné Kevin. Résultat, d'une poignée de chaises étaient nés une séries de clones terrifiants, aux yeux enfoncés dans leurs orbites, trop de bras – ou pas assez –, des jambes d'une longueur inégale, une bouche édentée, ouverte sur du vide.

Des « Frankenstein » comme les appelait Benjy dont l'humanité était contestable, mais néanmoins d'une efficacité redoutable pour créer une diversion.

Travis, lui, travaillait avec acharnement pour arracher aux intervenants la moindre petite louange, qu'il réinvestissait dans son travail tel un carburant. Il arrivait dans les séances déjà entraîné, connaissait toutes les notions sur le bout des doigts. Alice se demandait comment il trouvait le temps, mais se doutait qu'il n'avait chez lui la plus petite charge mentale, et que des professeurs particuliers se tenaient à sa disposition pour revoir tout ce qu'il n'avait pas saisi. Elle avait déduit de ses monologues à la machine à café qu'il n'avait pas d'autre vie sociale que leur petit groupe, qui l'évitait la plupart du temps.

Jody était faite du même bois, mais pour elle, c'était moins compréhensible encore. Lors des simulations de Spellman, elle était celle qui allait le plus loin, répondait de manière créative aux situations les plus difficiles. Elle était capable de cartographier puis mémoriser sans mal un environnement, dont elle n'hésitait pas à se servir, jouant sur le long-terme, évitant les décisions irréfléchies.

Mais Jody était déjà talentueuse, déjà compétitrice. Celui qui avait le plus progressé, et dont Alice était la plus fière, c'était bien Frank Londubat. Lui, réfléchir dans l'urgence n'avait jamais été son fort. Il préférait prendre son temps pour évaluer tous les pans d'une situation, un temps que Spellman ne lui donnait jamais. Toutefois, à force d'essuyer les plâtres – Brooks adorait faire des démonstrations avec son corps inanimé –, il était devenu plus volontaire, n'hésitant plus à attaquer si nécessaire. Simulations d'araignées, de loups, de manticores, Spellman lui fit combattre toute une ménagerie avant d'envoyer le troll des montagnes qui finit par le terrasser.

La situation présentée à Alice fut différente. Il ne fut pas question d'adeptes de la magie noire ou de créatures magiques classées XXXXX, mais d'une maison tout ce qu'il y avait de plus ordinaire. Avant d'y entrer, elle prit soin de cartographier les lieux et les êtres humains qui les occupaient. Des moldus, probablement, les seules traces de magie dataient d'à peine quelques heures.

« Un signalement a été fait. Vous avez reçu un mot : Nous tenons les enfants du Ministre en otage. A vous d'intervenir. »

Alice commençait à connaître la fourberie de Spellman ; dans chaque recoin se dissimulait un impensé qu'il lui faudrait résoudre ou recevoir en pleine face.

— J'imagine que je ne peux pas transplaner.

— Non. Impossible. Vous n'y entendez que des cris.

Pourquoi envoyer un mot ? Les agresseurs n'étaient pas venus pour menacer le Ministre. Il s'agissait d'une prise d'otage, ils devaient bien vouloir quelque chose.

Fallait-il attaquer par surprise ? Mais comment la surprise serait-elle possible s'ils savaient que les Aurors finiraient par arriver, qu'ils désiraient même leur arrivée ? Défoncer la porte créerait de la confusion, une panique, tout comme attaquer le champ de force anti-transplanage qu'elle lisait à l'intérieur.

— Je me protège.

— Par quel moyen ?

— Paroi de verre. Protego. Je m'approche de la porte et je demande aux hommes à l'intérieur ce qu'ils veulent.

— Ils veulent la libération de trois prisonniers : deux sont des meurtriers, ils attendent le baiser du Détraqueur, un autre est complice.

— Je demande... pourquoi.

— Ils ne vous le disent pas. Par contre, ils vous annoncent que s'ils n'ont pas de réponse positive dans cinq minutes, ils tueront un premier enfant.

— J'appelle des renforts.

— Ils vous entendent à travers la porte. « Appelez des renforts et les enfants meurent. » Ils vous informent qu'ils ont jeté un sortilège d'intrusion dans la maison. Ils sauront.

Le visage de ceux qui étaient encore conscients était aussi pâles que celui d'Alice. Mais elle n'avait pas le temps de s'indigner devant l'injustice des traitements, ni devant le fait que sa propre situation ne lui permettait pas de prouver ses compétences en duel.

Ce n'était pas un duel, en effet, c'était une négociation.

— Je lance un sortilège de brouillage pour m'assurer que les hommes masqués ne puissent pas m'entendre informer les Aurors.

— Et ensuite ?

— Je leur dis de se tenir prêt à intervenir. Ils doivent toutefois se postent à l'extérieur de la zone de la maison et n'entrer seulement lorsque j'en donnerai l'ordre. Je les informe des demandes des deux hommes.

— Ils vous répondent qu'ils ne libéreront pas les prisonniers.

— Même pour sauver des vies ?

Elle n'avait pu s'empêcher de s'indigner. Pourquoi, parce que les enfants étaient moldus ? Spellman, impassible, se contenta de secouer la tête.

— Je demande aux Aurors de protéger les autres maisons du quartier, décida-t-elle.

— Et vous, Miss Rowle, que faites-vous ? Le temps presse...

« Cinq minutes. »

— Je lance un sortilège de cartographie avancée.

— Allez-y.

Tabula spatii !

Une carte s'afficha. En rouge, les déplacements des deux hommes dans la maison. En bleu, trois enfants figés au milieu du salon.

Ses adversaires étaient deux, ce qui compliquait les choses. Alice avait beau savoir la situation fictive, la pression entamait ses capacités de réflexion et l'immobilité des points bleus la paralysait.

En observant la carte, elle se rendit compte qu'il y avait en réalité deux portes. La première était celle qu'elle avait en face d'elle et qui menait à un étroit hall d'entrée. La seconde donnait sur le jardin.

— La deuxième porte est-elle fermée ? demanda-t-elle à Spellman.

— Oui. Mais pas magiquement.

Il lui fallait un plan. Ce n'était pas une partie d'échecs, il s'agissait de pions qu'elle ne pouvait pas sacrifier. L'un des hommes masqués tenait un enfant dans ses bras. Il avait mis sa baguette sur sa tempe. L'autre marchait de long en large entre les tables.

Un bam beaucoup trop réaliste se fit entendre.

— Ah, commenta Spellman. Quelqu'un a dû les prévenir. Les moldus ont envoyé leur propre brigade d'intervention. Ils arrivent vers vous.

« Dégagez-les ou ils meurent tous ! » retentit une autre voix qu'Alice n'eut aucun mal à identifier comme l'un des criminels.

— Les hommes de cette Brigade pointent sur vous des armes qui peuvent vous tuer s'ils les actionnent. Ils sont quinze et vous entourent, vous crient de déposer le bâton que vous avez à la main.

Alice sentait son cœur battre si vite qu'elle eut l'impression qu'on lui avait remplacé par celui d'un lapin.

— Je suis là pour vous aider ! cria Alice.

« Ne bougez plus ! »

— D'accord, regardez, je pose ma baguette sur le sol !

Pendant qu'elle le faisait, lentement, pour que les moldus ne viennent pas la cribler de balles, elle l'avait agitée pour lancer silencieusement un sort de sommeil, retenant sa propre respiration.

Spellman en retint les effets pour le groupe mais hocha la tête d'un air appréciatif.

— Vos moldus dorment sur le sol.

Alice était seule. L'Auror blessé n'était plus là. Elle se retrouvait avec une quinzaine de moldus plongé dans le sommeil, trois enfants en danger de mort et deux hommes masqués plutôt vindicatifs. Elle éleva la voix en direction de la maison fictive.

— Personne ne libérera vos prisonniers... Vous ne vous en sortirez pas vivants, transplanez avant que ce ne soit plus possible !

« Endoloris. »

Silence.

« La prochaine fois, ce sera un cran au-dessus, si tu vois ce que je veux dire... »

Alice n'avait pas le temps de s'émouvoir devant l'horreur de la situation. Sur la carte, un des points bleus s'était mis à clignoter.

Elle était seule. Si elle demandait aux Aurors d'intervenir, ils tueraient les enfants. Si elle ne faisait rien, ils les tueraient un par un pour le même résultat. Elle s'arrêta un instant sur la porte de derrière dévoilée par la cartographie des lieux, songeant que la 'méthode Andrzej' lui aurait été à cet instant bien utile. Elle était persuadée que les preneurs d'otage fictifs avaient préparé la situation. Ils l'observaient par un quelconque moyen, probablement par un sortilège de détection corporelle, ou comme elle, de cartographie spatiale qui fonctionnait sur le même principe. Il lui fallait absolument faire diversion. Et d'une certaine façon, même si la métamorphose était incomplète, était-ce vraiment important ?

— Par le biais d'un objet, je crée un corps qui porte ma forme au cas où ils me surveilleraient par sortilège. Je lance un frigesco pour dissimuler ma propre chaleur corporelle. Je m'approche de la porte de l'autre salle.

Son plan était bancal. En passant par derrière, elle ne pourrait atteindre que l'un des hommes tandis que l'autre aurait le champ libre pour attaquer un enfant.

— Quel objet, Miss Rowle ? demanda Spellman avec curiosité.

Alice se souvint alors des moldus qui dormaient sur le sol.

— Une arme. Je prends l'une d'elles que je transforme à mon image.

— Allez-y.

Converto.

L'arme prit une forme vaguement humaine, des bras sans mains, des jambes sans pieds, un visage blanc et dépourvu d'aspérité. Alice abaissa sa température pour qu'elle s'aligne sur la chaleur ambiante et régla à 37°C celle du mannequin terrifiant.

« Nous sommes en train de négocier ! » annonça l'arme transformée, pourtant dépourvue de bouche, avec la voix d'Alice.

— Je prends une deuxième arme, décida Alice.

Spellman la fit apparaître à ses pieds.

« Je vous conseille de négocier plus vite. »

Alice laissa le mannequin répondre à sa place et annonça à Spellman qu'elle filait dans la salle qui jouxtait celle où se jouait le drame. Elle tenait à la main sa baguette et une arme noire qu'elle ne connaissait pas.

Revelio.

Le sortilège lui dévoila ce qu'elle devait savoir. Sur les murs qui la séparait de l'autre salle, elle jeta un sortilège de transparence, de son côté seulement. C'était un sort à la technique délicate et Alice dut se concentrer pour empêcher ses mains de trembler. Le mur, désormais transparent, révélait à elle une situation complexe. L'un des hommes tenait toujours un enfant dans une main, la baguette dans l'autre. L'autre homme regardait une carte et discutait à travers le mur avec le mannequin d'Alice d'un ton féroce.

Elle avait compris qu'il ne servirait à rien d'entrer dans la salle. Mais plus elle attendrait, plus ils comprendraient sans mal qu'elle avait déserté ce côté-là du mur.

Inconstantia.

Il suffisait d'un petit trou dans le mur pour laisser passer l'objet qu'elle avait rendu invisible. Une alarme retentit dans la salle. L'un des hommes hurla.

« Ne bougez plus ! »

« Avada Kedav... ! »

Il ne vit pas l'arme approcher de sa tempe et n'entendit que le fracas qui abîma ses oreilles. Il s'effondra. Perturbé, l'autre homme commençait à jeter des maléfices dans un vide.

Alice, qui contrôlait son arme de derrière le mur, lâcha soudain sa baguette, le souffle court. Elle sentit ses jambes se dérober à elle et s'assit sur le sol, le visage pâle. Dans la salle de duel régnait un silence total. On avait cessé d'entendre les voix des hommes et les cris paniqués des enfants.

— Dans l'exercice de vos fonctions, fit remarquer Spellman, vous êtes supposés neutraliser, pas tuer.

Devant le teint livide d'Alice, la vieille femme laissa néanmoins entrevoir l'un de ses rares sourires.

— Mais nous devons aussi faire des choix. C'était très intéressant, Miss Rowle. Utiliser des objets moldus à votre disposition était ingénieux et si créer un espace d'inconsistance temporaire était risqué, c'est un risque qui a payé.

— Un enfant a subi...

— Un enfant toujours vivant, Miss Rowle. Il aurait pu en être autrement. Et vous, vous êtes saine et sauve. Allons, remettez-vous, ce n'était qu'une simple simulation. Vous en verrez d'autres.

Spellman lui tapota l'épaule.

— Je pense que cela suffit pour aujourd'hui.

Alice se releva avec difficulté. L'adrénaline qu'elle sentait refluer dans ses veines avait emporté avec elle une partie de son énergie.

— Ce n'était pas vraiment un duel..., murmura-t-elle alors que Spellman faisait disparaître les dernières traces de la simulation. Si ?

— Je n'ai pas besoin de vérifier vos compétences en duel, Miss Rowle. Je les connais. Ce que j'essaie de vous apprendre à présent, c'est que le duel n'est pas toujours une solution viable. Je ne suis pas certaine que vos efforts auraient payé, si vous aviez défoncé la porte pour les affronter en face.

Dans le couloir, Travis, qui avait entendu les mots de Spellman, lui adressa un regard noir dans lequel se mêlait surprise et admiration.

— Elle te propose toujours à toi les simulations les plus tordues...

— On échange quand tu veux, marmonna Alice.

— Je sais pas comment t'as fait, commenta Benjy, j'aurais tellement pris la fuite à l'arrivée des moldus. Bon, on a dix minutes avant la Dissimulation, c'est ça ?

— Oui, répondit Andrzej avec un sourire.

Jody soupira.

— Merde... Comme tout le monde, j'adore Kevin, mais je crois que son histoire d'invisibilité relative je vais finir par la lui faire bouffer.

— Tu viens Alice ?

— Je vous rejoins dans deux minutes.

Londubat la regarda un instant, mais Alice lui fit signe qu'il pouvait rester. Elle avait besoin d'un peu de calme et savait que sa présence ne serait pas un problème. La baguette qu'il tenait toujours entre ses mains lui rappela alors sa performance tout à fait correcte au tac au tac. Elle rassembla le peu d'énergie qui lui restait pour lui sourire.

— Félicitations au fait.

— Pourquoi ?

— Tu n'as pas vaincu le troll mais t'as combattu pas mal de monde dans cette forêt ! J'ai bien aimé le moment où t'en as assommé un en déracinant un arbre.

— Tu me répètes tout le temps d'utiliser mon environnement.

— Ça me fait plaisir de voir que tu m'écoutes.

Londubat sourit à son tour.

— Félicitations à toi. Je ne sais pas comment tu as fait pour ne pas paniquer devant cette situation impossible...

— Honnêtement, je ne suis pas sûre que j'aurais supporté un Avada Kedavra de plus.

Alice jeta un coup d'œil à montre. L'heure approchait. Elle s'accorda encore quelques secondes le dos contre le mur pour tenter d'effacer le duel fictif, mais aux accents terriblement réels, qu'elle venait de mener.

— Merlin, souffla-t-elle en regardant ses doigts. J'arrête pas de trembler.

Londubat fixait avec tant attention les mains d'Alice qu'elle s'en sentit gênée et les fourra dans ses poches. Il releva les yeux vers elle.

— Tu ferais une bonne Auror, tu sais.

Il sourit.

— Je vais me prendre un café.

Si les mots de Spellman avait provoqué une sensation de plaisir dans l'esprit d'Alice – encore trop perturbé pour les apprécier à leur juste valeur –, ceux de Londubat firent naître en elle quelque chose d'indescriptible. Elle ne put que le regarder s'avancer dans le couloir pour rejoindre la salle d'étude.

Lorsqu'elle sortit enfin les mains de ses poches en s'apprêtant à le rejoindre, Alice réalisa qu'elles avaient cessé de trembler.

oOoOo

— Ah, et Mrs Hunt a pris quelques jours de vacances en Espagne, annonça Kevin en marquant la fin du cours. Elle m'a dit de vous donner ça.

— Elle est sérieuse ? murmura Jody.

Sur le morceau de parchemin distribué par Kevin était inscrite une longue liste de sortilèges de traque à maîtriser, ainsi qu'une demi-douzaine de références astrologiques :

Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? (Christina Singer),

La Vie affective selon les signes (Antarès Bastide),

La philosophie du cheveu : traité pratique d'aquamancie (Kendall Krishnamurti), etc.

Une fois dans la bibliothèque, Alice se dit que ces livres seraient parfaits pour caler la table un peu bancale de la salle d'étude, puis remarqua avec stupéfaction qu'ils ne cessaient de disparaître, empruntés et pire, lus, par Travis Wenworth. Elle lisait en revanche avec beaucoup d'intérêt – quoique un soupçon de méfiance – tous les livres que leur transmettait Pieter Petrovski, dont l'expertise sur la magie noire se révélait toujours aussi passionnante.

Tandis que Wenworth perdait son temps dans des traités d'astrologie, Alice essayait comme elle pouvait de déchiffrer les notes de Frank Londubat.

— Je ne comprends pas... c'est quoi une « navigation défensive » ?

— C'est un retour en arrière. Si tu fais une erreur dans la construction ou la déconstruction du champ de force, tu peux la réparer grâce à un mouvement très technique...

— Comment tu sais tout ça ?

Londubat sourit. Il désigna à côté de lui un ouvrage intitulé Glossaire de sorcellerie maritime ; Alice hocha la tête, admirative de son sens pratique. Ces temps-ci, un seul cours lui prenait plus d'énergie que le duel, et ce n'était pas celui dispensé par Walter Muddle. Bien sûr, l'intervenant en potion mettait tous ses efforts à leur rendre la vie difficile, répétant sans cesse, la main sur sa courte barbe, qu'ils ne seraient jamais prêt à temps. Non, il s'agissait en réalité de l'art compliqué des champs de force, dont ils savaient avec certitude que la théorie tomberait aux examens. Non seulement les cours de Cormac Dickinson étaient loin d'être faciles à suivre, mais ils nécessitaient en plus une traduction a posteriori.

Travis était le seul qui n'avait pas besoin d'amener en cours son dictionnaire. Sa tante par alliance faisait également partie de la BIHM et lui donnait des cours particuliers pendant son temps libre. Et il ne fallait pas compter sur Travis pour partager son savoir. A chaque question que Benjamin ou Andrzej avaient tenté de lui poser, il avait posé son doigt sur ses lèvres en murmurant « secret défense », ce qui avait intensifié chez Alice l'envie de l'assommer à coups de Glossaire de sorcellerie maritime.

— Les examens sont différents chaque année, s'était excusé Gideon quand le petit groupe d'apprenti était allé lui demander conseil. A mon époque, c'était une dissertation écrite sur le sujet suivant : « L'importance de l'angle dans le champ de force ».

— L'importance de l'angle..., marmonna Benjy. Je ne sais même pas ce que ça veut dire !

— Il y a des champs de force de structure parallèle, mais il y en a aussi d'autres basés sur les angles, dont le degré paramètre en partie la force magique. Mais pas d'inquiétude, vous verrez tout ça avec la numérologie.

Benjy avait pâli.

— Parfois, je suis content d'être avec vous. Mais y'a des fois où tu me parles de structure parallèle et de numérologie et je me demande sincèrement ce que je fous là.

— C'est pas si dur, soupira Gideon.

Trois paires de regards noirs se figèrent sur lui.

— Bon. Mettons que vous vouliez créer un champ de force de base. Vous n'avez pas besoin de vous préoccuper de la structure. Vous jetez votre sort et... pouf !

— Pouf ? répéta Alice, sceptique.

— C'est lorsqu'on veut combiner les effets que ça devient plus difficile, un champ de force durable pour protéger une maison par exemple, avec un effet bouclier, un sortilège pour la rendre incartable, un repousse-moldu et j'en passe... Si on veut faire les choses bien, ne pas rendre la magie repérable ou annulée par un simple finite incantatem, on construit le champ de force en « empilant » les maléfices. Mais pas au hasard ! Si quelque chose dépasse, il suffit de tirer le fil pour que tout s'effondre.

— Hum hum...

Gideon sourit, mais finit par poursuivre.

— La méthode des sortilèges parallèles est la plus simple. Ils ne se toucheront jamais entre eux et ça évite donc une dégradation progressive du champ de force, voire d'empêcher que la maison autour de laquelle on l'a construit n'explose.

— J'aime bien cette méthode, commenta Fenwick.

— Il en existe une autre, plus exigeante, qui consiste à calculer les angles. La construction de ce type de champ de force est plus difficile parce qu'il faut penser à tout. Tous les sortilèges ne peuvent se croiser, certains oui mais jamais plus qu'à sept degrés, bref, c'est complexe... Mais lorsqu'elle est bien maîtrisée, la puissance et la durée de champ de force peut se multiplier par mille. Ça permet à certains sorts de se nourrir les uns des autres, à leurs effets de se combiner...

— C'est courant, ce type de champ de force ? interrogea Alice.

Gideon haussa les épaules.

— Tu te souviens de la « maison des horreurs » ?

Alice hocha la tête, voyant difficilement comment elle aurait pu l'oublier. Elle se souvint de l'expression un peu effrayée de Fabian devant l'ampleur de la tâche.

— C'était une construction complexe qui utilisait les croisements de sortilèges. C'est très rare parce que ça demande un haut niveau de magie, mais ce n'est pas impossible.

Gideon parut considérer la conversation close puisqu'il posa sur ses yeux son bonnet des Frelons de Wimbourne et commença une petite sieste sur le canapé. Benjy, Alice et Frank échangèrent un regard dans laquelle dansait une lueur de panique.

Les cours, les sorts, les trolls, les concepts, les degrés des angles et de miscibilité semblaient s'allier pour mener contre eux une attaque groupée.

Ils n'allaient jamais parvenir à tout maîtriser...

oOoOo

Le soir, Alice rentrait chez elle plus fatiguée que jamais. La plupart du temps, elle restait si longtemps s'entraîner avec Londubat que Marlène était déjà arrivée. Ses colocataires lui laissaient une assiette qu'elle réchauffait rapidement avant de s'effondrer sur son lit pour y dormir jusqu'au matin. Londubat avait dû partir plus tôt, cette fois-ci, et Marlène était encore à l'hôpital. Jack s'activait dans la cuisine. Alice remarqua avec soulagement qu'aucune odeur de brûlé n'avait encore envahi la pièce.

Alice le salua d'un « B'jur » sans conviction avant d'aller s'écrouler comme une loque sur le canapé. Jack vint la rejoindre quelques minutes plus tard, et s'assit à côté d'elle.

— Je laisse la soupe chauffer en attendant Marlène.

— Super... T'es parfait, murmura-t-elle.

Elle aurait été bien incapable de bouger d'un pouce pour se faire à manger. Elle fit un effort pour ouvrir un œil, mais celui-ci se révéla infructueux.

— Finalement j'ai changé d'avis, déclara Jack, je ne déteste pas faire la cuisine.

Alice l'observait de ses yeux plissés. « Ne t'endors pas ! »

— Je sais que c'est juste des légumes bouillis dans l'eau, mais je suis plutôt fier de moi.

— Tu peux ! Moi je suis impressionnée en tout cas. Mais bon il m'en faut peu, ma seule compétence c'est d'éplucher les patates.

Ce qu'elle faisait tout de même avec brio. Jack sourit.

— Hé, c'est déjà pas si mal.

— Je te remercie de prendre soin de mon égo.

— Bah, les amis sont là pour ça.

Cette fois-ci, Alice parvint à décoller les paupières pour le regarder. Jack avait retrouvé un peu de couleur.

— Tu as eu ton groupe de parole aujourd'hui ?

— Oui.

Alice avait remarqué qu'il paraissait plus apaisé en revenant des séances à l'hôpital.

— J'ai eu du mal à m'habituer, dit-il, à parler... Maintenant... Je dis pas que c'est un miracle ou quoi, mais je ne sais pas, je n'ai plus l'impression d'être... moi contre tous les autres, tu vois ?

— Je crois que oui.

— Et toi Alice ? Comment ça se passe au Bureau ?

Alice le regarda longuement. Le Bureau. C'était la première fois qu'ils en parlaient ensemble, justement, du Bureau. Les allusions aux Aurors laissaient souvent Jack dans un état de colère ou de torpeur. Mais là, c'était lui qui avait abordé le sujet en premier.

Jack dut saisir en vol ses doutes puisqu'il ajouta :

— Tu peux m'en parler, tu sais. J'ai... j'ai lâché l'affaire. C'est ce qui m'a fait le plus de bien, je crois. Je ne sais toujours pas quoi faire de ma vie, ceci dit. Tout ce que je sais, c'est que je ne serai pas Auror et c'est probablement mieux ainsi.

— Jack...

— C'est toujours mieux de s'engluer dans sa frustration jusqu'à déglinguer des connards à coups de...

Il n'eut pas besoin de terminer sa phrase.

— Je suis désolé, d'ailleurs. J'ai jamais trop eu l'occasion... ou le courage de le dire, mais je sais que j'ai déconné. Je sais que t'as dû essayer de rattraper le coup et...

— C'est rien, Jack.

Ils savaient tous les deux que ça ne l'était pas, rien. D'une certaine façon, le drame de l'open space avait presque gommé dans l'esprit d'Alice le souvenir de cette peur-là. Pourtant, elle n'en menait pas large ce matin-là devant Maugrey Fol Œil, convaincue que Jack finirait enfermé à Azkaban, seul entre les mains glacées des Détraqueurs.

— C'est plutôt épuisant en fait, murmura-t-elle au bout de quelques secondes de silence. Le Bureau, je veux dire.

— Ça, j'aurais pu le deviner tout seul.

Il la regardait avec insistance. Alice ramena ses jambes contre son torse. Puisque c'était lui qui le demandait... Elle commença à raconter. Elle mêla les histoires de lézard empaillé, d'apprentis peints en jaune, de séances d'Imperium, de cafés enfilés, de duel éprouvants et encore un peu de café. Son récit était fouillis, un peu brut. Jack la faisait souvent revenir en arrière pour mieux le comprendre.

— Au moins, vous ne risquez pas de vous ennuyer, remarqua-t-il.

— C'est sûr. Mais parfois c'est juste... trop.

— Je sais.

Au retour de Marlène, ils mangèrent tranquillement une soupe un peu fade mais nourrissante, sur laquelle aucune des deux filles ne fit le moindre commentaire. L'ambiance était détendue. Alice aussi. Parler avec Jack, qui connaissait parfaitement le caractère éprouvant de ce qu'elle vivait chaque jour lui avait fait du bien. Mais malgré le côté pénible, souvent dangereux de la formation, plus le temps passait et plus elle savait ce qu'elle y faisait. Elle gardait à l'esprit les quelques mots de Londubat.

« Tu ferais une très bonne Auror, tu sais. »

Et même si elle n'était pas encore encline à le croire, il la pensait capable et ça...

Alice reprit une louche de sa soupe fade avec un sourire.

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(A suivre)

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N/A

Je l'avais promis à quelques-uns entre vous : au programme du prochain chapitre, une balade et une forêt ! (qui plus est, en charmante compagnie...)

Merci d'avoir lu le chapitre jusqu'au bout, merci d'être toujours là, n'hésitez pas à faire un petit coucou en review (chaque review, sachez-le, est redistribuée à une association de défense des lézards). Je vous dis à bientôt, je vais essayer d'être plus rapide cette fois, mais le prochain chapitre va nécessiter des modifs, il n'est pas tout à fait prêt. Mais j'ai hâte. BIENTÔT LA FORÊT. MOUAHAHA.

Bisous, à très vite !