Hello,

Gigibulle : le nouveau nom sera bientôt dévoilé ^^. Concernant le Reylo, je te laisse lire le chapitre ci-dessous ;)

Chapitre 14

«Finalement, s'amusa Leia, je vois qu'on m'a laissé opter pour ma tactique.

-Laisser partir Rey avec lui était la meilleure des solutions. Je n'allais sûrement pas contrecarrer ton plan, se défendit Luke. Ce n'est pas moi qui aie conservé mon poste de générale. Et puis, ils ne sont pas totalement seuls.»

Leia lui renvoya son sourire entendu.

«Je suis rassuré de voir que les conflits sont derrière nous et que ton fils continue d'aller dans la bonne voie. Je ne m'attendais pas à une telle complaisance de sa part, reconnut le Jedi. L'ami de Rey est déjà plongé dans les données confiées.

-Je dois bien admettre, avoua Leia, que Ben me surprend un peu plus chaque jour. Il semble toujours avoir un coup d'avance également. J'aurais simplement aimé pouvoir lui parler avant son départ mais il s'est précité!

-C'est de ta faute, la provoqua Luke.

-Je n'ai pas envoyé Rey seulement pour cette raison, bien que, je reconnaisse leur entrain à tous les deux à partir au plus vite. Je ne voyais simplement pas qui d'autre j'aurais pu envoyer à ses côtés. Après tout, c'est Ben qui a demandé un représentant.»

A croire, songea Leia après réflexion, qu'il l'avait fait exprès pour s'assurer la présence de Rey à ses côtés.

«Le pilote? la questionna Luke. Après tout, il apparaît comme évident qu'il aurait été ton successeur pour mener la Résistance. Il aurait été plus légitime si la politique était vraiment rentrée en jeu.

-Tu oublies, mon cher frère, que tout comme Casterfo, Poe a été une victime collatérale de Kylo Ren.

-Maintenant que nous ne formons plus qu'un seul véritable camp, il va bien falloir s'associer, souligna tout de même Luke. Tout le monde va devoir y mettre du sien.

-J'en ai conscience, souffla Leia, mais le chemin va être long.»

/

Pour une fois qu'elle se sentait à sa place lors d'une visite, Rey ne cacha pas son bonheur ni sa curiosité pour la planète et ses habitants. Tout respirait la nature et la sérénité ici, chose étonnante pour un producteur de carburant. Les jeunes enfants apprenaient des anciens dans un équilibre respecté entre technologie et ancienne croyance. Elle s'approcha d'un jeune groupe et se mit à leur hauteur.

Elle observa leurs petits doigts tisser et replier la matière avec une habileté déconcertante pour leur âge. Cela lui rappela la Rey du même âge, déjà si adroite pour nettoyer les pièces.

«Qu'est-ce que c'est?»

La petite fille lui sourit mais ne parut pas comprendre sa question. Rey désigna alors le tissu entre ses doigts et l'encouragea à continuer.

«Le peuple d'ici ne maîtrise pas notre langue, Miss Rey, intervint C-3PO. Ils utilisent un dialecte très ancien. Seul leur sénateur a acquis les bases rudimentaires pour les débats qu'il menait autrefois au Sénat et pour les accords commerciaux comme ceux qui justifient notre présence aujourd'hui.

-Peux-tu traduire dans ce cas? lui demanda Rey.

-Je maîtrise plus de 6 millions de formes de communication, répéta C-3PO pour la millième fois. Evidemment que je peux traduire.

-Dis-lui que je m'appelle Rey, que j'aime beaucoup ce qu'elle fait. C'est très joli.»

C-3PO s'occupa du message puis se retourna vers elle.

«Elle s'appelle Ghani. Pour le reste, elle est très flattée que vous aimiez.»

Rey lui retourna son sourire mais fut rapidement appelée pour retrouver une posture davantage professionnelle. Elle retrouva donc Ben qui attendait patiemment qu'elle termine son investigation avant de rejoindre les raffineries.

Une partie qui, à coup sûr, ne susciterait pas autant son intérêt mais qui était nécessaire. Résignée, elle se mit à le suivre lorsqu'elle se sentit retenue par le pantalon. Elle baissa les yeux et sourit en reconnaissant la jeune Ghani. Avec timidité, cette dernière lui tendit un vêtement. Rey s'en saisit avec un immense sourire mais n'eut pas le temps de la remercier que la petite s'était déjà enfouie avec des joues rougissantes. Elle rigola et regarda son présent, bien décidée à le mettre à la célébration de ce soir prévue en l'honneur du renouvellement de leur accord.

Finalement, la visite fut plus divertissante que prévue. Rey ne cessa de questionner C-3PO, trop heureux d'étaler sa culture avec bien trop de détails mais cela rendit le tout fortement intéressant.

Elle s'amusa également à observer Ben dans les négociations où il tentait, avec subtilité, de l'inclure au maximum malgré le manque de bienséance évident de leur hôte envers elle.

Il n'a d'yeux que pour toi.

Après une énième tentative ratée, Rey n'avait pu se retenir d'ouvrir l'une de leurs discussions parallèles.

Je vais finir par me montrer jalouse.

Tu devrais plutôt t'offusquer du peu d'intérêt qu'il accorde à la Résistance. Il n'accepte de vous fournir du carburant uniquement car je le lui impose.

Peu importe. Bientôt tout le monde saura qu'il n'existe plus aucune différence entre Premier Ordre et Résistance. Il finira, comme tous les autres, par l'accepter. Et puis, la seule chose qui compte pour lui c'est qu'on paye.

Rey s'interrogea brièvement d'ailleurs sur la question des finances. Elle n'avait pas vraiment été briefée avant leur départ.

Le Premier Ordre a largement de quoi offrir à son allié le carburant nécessaire à ses vaisseaux. Et puis, tu as raison tout finira par ne former plus qu'un.

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«On n'avait pas ce genre de fête sur Jakku, déclara Rey face aux festivités qui se déroulaient sous leurs yeux.»

Malgré le comportement de leur hôte envers la Résistance, Rey reconnaissait le succès de cette mission. Le carburant était en train d'être chargé dans leurs différents transports et leur nouvel accord leur était plus que profitable. Ils ne leur restaient désormais plus qu'à profiter de l'hospitalité de la planète.

«Ça aurait sans doute rendu la vie un peu moins difficile. C'est sûrement pour ça que rien n'a jamais été fait. Nous n'étions pas là pour nous distraire, uniquement pour travailler. J'aime bien les fêtes, j'ai réellement découvert ce que c'était en intégrant la Résistance. La première à laquelle j'ai assisté était en ton honneur en quelque sorte…»

Elle lui sourit avec une certaine ironie. Elle n'eut d'ailleurs pas besoin de lui préciser qu'il s'agissait de la célébration suite leur victoire sur Starkiller.

«Tu t'y connais davantage que moi en religion, reprit-elle, saurais-tu m'expliquer ce que cette fête représente pour eux? Je sais qu'elle n'est pas réellement en notre honneur, un hasard du calendrier aura voulu que nous venions pile aujourd'hui. Je ne veux pas être obligée de demander à 3-PO, il a été plus que passionnant cet après-midi mais là je n'ai pas la force.»

Elle lui sourit pour qu'il la prenne en pitié, déjà satisfaite d'avoir réussi à se débarrasser du droïde qui avait tendance à trop rester entre eux à son goût.

«Dire qu'il a passé une grande partie de ton enfance avec toi, je me demande comme tu as fait, osa-t-elle dans un petit rire nerveux.

-Il était la plupart du temps avec ma mère, précisa Ben. Néanmoins, il peut se révéler être un très bon devriez l'écouter plus souvent. Il sait énormément de choses. »

Elle se tourna vers lui avec amusement.

«Es-tu en train de me dire que tu lui demandais sciemment de te raconter des histoires? s'étonna-t-elle. Tu es encore plus patient que je ne le croyais.

-Ça pouvait se révéler utile quand je voulais m'endormir, reconnut-il. Ses jacassements incessants étaient les seuls en capacité d'être plus forts que les voix dans ma tête. A l'écouter, je finissais par tomber de sommeil.»

Il la regarda et, à son expression, il savait qu'il venait d'avouer une chose qu'il aurait mieux fait de garder pour lui.

«Outre cela, reprit-il avec calme, il m'a beaucoup aidé quand j'ai voulu comprendre les rouages politiques et l'histoire de la Galaxie.

-Parce que ça t'intéressait? ricana Rey. Tu n'étais qu'un petit garçon, tu aurais dû avoir d'autres préoccupations. Celles de ton âge.

-Pas si ces dernières me permettaient de comprendre pourquoi le front de ma mère se plissait si souvent lors des repas.

-Depuis que tu m'as avoué la vérité sur mes parents…

-Tu l'as découverte toute seule, la coupa-t-il.

-Je me dis parfois, reprit Rey, que la vie que j'ai menée était peut-être moins dure que celle que j'aurais pu avoir avec eux. Ils auraient pu se servir de moi, m'utiliser ou me vendre plus âgée à un revendeur d'un autre style qu'Unkar. Ça s'est déjà vu sur Jakku.»

La prostitution était un commerce rentable même quand il y avait si peu d'argent sur une planète.

«Il vaut peut-être mieux que tu le crois ainsi, concéda-t-il. Pour répondre à ta question, le rituel auquel nous allons assister ce soir s'adresse à leur déesse. Elle est à la fois la maîtresse de la nature, de la fertilité et de la culture. Les trois piliers essentiels au peuple de Mintir. Cette veillée est organisée pour lui rendre hommage et s'assurer une nouvelle année de prospérité, de naissance et d'harmonie avec leur environnement. Je savais que tu poserais la question alors j'ai demandé au chef de m'expliquer.

-Merci.»

Elle sourit et se reconcentra sur la procession, satisfaite de voir qu'il la connaissait si bien. La suite se déroula avec curiosité pour elle surtout lorsque Ben, après s'être absenté, se décida enfin à lui tenir compagnie à nouveau. Elle se nota mentalement que sénateur ou non, elle réussirait à le garder pour le reste de la soirée.

Elle était déjà flattée qu'il lui accorde plus de temps qu'à leur hôte.

«Qu'est-ce que c'est? lui demanda-t-elle en relevant les yeux de la coupe qu'il lui tendait.»

Le liquide rougeâtre qu'elle contenait ne l'inspirait pas énormément. Elle observa les personnes autour d'elle et détailla avec attention le petit manège qui se déroulait. L'ensemble des hommes se tenait en file indienne, attendant leur tour pour recevoir une coupe. Ensuite, ils la rapportaient auprès d'une femme et buvaient tour à tour. Elle se reconcentra sur Ben.

«Le Sénateur a été le premier à être servi. Il m'a ensuite demandé de prendre celle-ci sans me fournir d'information. Je suppose qu'il s'attend à ce qu'on respecte leur tradition, lui expliqua-t-il.

-Il s'attend à ce que je le boiveça ? dit-elle en ne masquant pas son dégoû m'a appris à ne pas être difficile mais là… »

Evidemment elle le ferait pour ne pas froisser leur hôte mais elle n'y prendrait sûrement aucun plaisir. Elle ignorait si c'était la texture ou l'odeur qui la répugnait le plus. Ben interrompit cette épineuse question lorsqu'elle sentit sa main gantée contre la sienne. Il lui reprit la coupe, la porta à ses lèvres et but avec naturel avant de l'inviter à la reprendre ensuite.

Quelque peu rassurée par ce geste, elle la récupéra, ferma les yeux et aspira à son tour le reste du liquide.

«Je suis ravi de vous voir respecter nos coutumes.»

La voix belliqueuse du Sénateur la força à avaler rapidement et à rouvrir les yeux.

«C'est du sang de gountag.»

Elle s'apprêtait à lui sourire mais cette révélation la coupa dans son élan.

«Un noble animal. Il est sacré à nos yeux car il est le symbole totem de notre déesse. C'est par ce sang que la prospérité des trois piliers sera assurée pour le couple qui le partage.»

Il se tourna vers la foule.

«Nous espérons beaucoup de naissance.»

Il se retourna vers eux avec un petit sourire de connivence.

«J'ignorais en recevoir un.»

Il les inspecta un à un avant de se retirer. Rey releva les yeux vers Ben et le fixa d'un air perçant. Etait-il seulement au courant de cette notion lorsqu'il avait bu avant elle? Elle ne préféra pas poser la question.

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«Je me sens enivrée, avoua-t-elle dans un petit rire un peu plus tard dans la nuit. C'est peut-être l'effet de ce sang de gountag. Après tout s'il encourage à la fornication, ça expliquerait pourquoi j'apprécie autant ton visage dans cette lumière. Ou bien que je me cherche des excuses pour pouvoir te le dire.

-Peut-être es-tu ivre d'autre chose?

-Sans doute, plaisanta Rey. Cette planète me rappelle définitivement Jakku mais avec une saveur inédite de liberté. J'aurais préféré passer mon enfance ici même en étant orpheline. Ça aurait sans doute était plus supportable.

-Possible mais tu n'as rien à regretter.

-Peut-être et pourtant je n'avais pas la force de partir, reconnut-elle avec une pointe de tristesse. Ça, je le regrette. Si Finn ne s'était pas écrasé près de Niima, je crois que j'y serais encore. J'étais si naïve. En y repensant, je me sens ridicule à avoir attendu désespérément des personnes qui ne le méritaient pas. Je me berçais d'illusions. Je le répète, je te suis reconnaissante.

-C'est pour ça que tu tiens autant à ton ami? la questionna Ben. Tu sembles sincèrement attaché à lui. La réciproque est vraie vu la façon dont il panique dès que tu quittes son champ de vision.»

Cette petite remarque l'amusa et provoqua une sensation agréable dans son estomac.

«J'apprécie Finn pour sa gentillesse et sa personnalité, souligna-t-elle. Il est un incroyable soutien et il se soucie sincèrement de moi. Mais tu as raison, je le vois aussi comme cette personne qui m'a permise, par la force des choses, à partir. Je ne lui ai jamais dit mais je l'en remercie. Il sait qu'il est comme un frère pour moi. Tes parents n'ont jamais envisagé d'avoir un autre enfant?»

Il fut étonné par ce brusque revirement et l'aspect personnel de cette demande. Pourquoi voulait-elle savoir s'il avait toujours été destiné à être fils unique?

«Quand j'étais plus jeune, je me suis posé la question. Ils ne l'ont jamais évoqué devant moi. S'ils y ont songé, force est de constater que ça n'a pas abouti. Après ma naissance, les choses ont évolué différemment entre eux.

-De quelle façon?

-Ils étaient à la fois proches et distants. Ils n'aspiraient pas à la même vie.

-Et toi tu étais au milieu?»

Même si elle ne se montrait pas particulièrement insistante et faisait preuve d'une relative bienveillance, la curiosité de Rey le mettait mal à l'aise.

«A suivre les cours d'Histoire de 3-PO, se moqua-t-elle en ayant senti sa frilosité. Tu sais, je crois que je vais devoir lui en parler. Ne serait-ce pour savoir ce qu'il pensait de son jeune élève. Je trouve ça bien trop amusant pour ne pas le faire surtout quand on sait à quel point il peut exaspérer Poe. Quand tu es parti pour le temple, il a dû te regretter. Comme Chewie. Tu as conscience qu'il attend un geste de ta part? Il nous en parle, souvent, insista-t-elle.

-Je crois qu'ils savaient tous deux que ça finirait par arriver donc ils y étaient préparés, éluda Ben. J'étais enthousiaste à l'époque à l'idée de partir mener la vie de Jedi même si j'étais l'unique élève.»

Comme lors de conversations précédentes, elle hésita. Elle savait qu'il avait volontairement omis sa dernière remarque. Elle savait aussi qu'un wookie était en train de devenir fou avec cette histoire. Elle choisit pourtant de respecter sa volonté, se notant toutefois de réessayer prochainement.

« Ça a dû être curieux ensuite de côtoyer d'autres apprentis? rebondit-elle. J'ai du mal à m'imaginer vivre avec autant de personnes sensibles à la Force autour de moi. Ton oncle est mon professeur donc c'est différent et toi et moi c'est encore un autre niveau. C'est plus fusionnel.»

Ben se retint de montrer son étonnement. Son ami Finn, malgré leur proximité fraternelle, ne semblait donc pas lui avoir avoué sa sensibilité. Devait-il lui en parler ou bien laisser l'ancien déserteur le faire par lui-même?

«Pourquoi serait-ce curieux? lui demanda-t-il en retour. Je me doutais que je n'étais pas le seul à avoir de telles facultés. Tout comme maintenant d'ailleurs. Tu serais perturbée à l'idée d'en croiser d'autres que Skywalker et moi?

-Je ne sais pas, avoua-t-elle. Toi, tu avais des amis? Bizarrement, il y a une part de moi qui serait heureuse de pouvoir échanger avec d'autres élèves. Ça doit être instructif mais d'un autre côté… il n'y a jamais eu de concurrence entre vous? Des dissensions?

-Si, c'est inévitable. Nous étions jeunes et même si la méditation devait calmer nos pulsions, on était dans une période de notre vie qui pousse à dire ce que l'on pense. Un Jedi même avec la meilleure des volontés ne peut être parfait surtout quand il est adolescent. On a tous nos caractères et nos façons de voir les choses. C'est utopique de croire que nous nous entendions tous.

-Personne n'était jaloux de savoir qui tu étais? osa-t-elle. Après tout, tu étais le neveu de Luke et donc descendant d'une puissante lignée. Certains pouvaient être envieux. Que ce soit de ce lien ou de tes capacités. Ton oncle n'a jamais caché que tu étais son meilleur élève, le plus prometteur.

-Peut-être étais-je doué et sans en avoir conscience que je voulais le prouver, en tout cas je n'ai jamais cherché à le montrer. Du moins aux autres élèves.»

Si Ben avait bien cherché une reconnaissance, ce n'était pas celle de ses camarades.

«Pour ton autre question, je croyais en avoir, avoua-t-il avec difficulté.

-Cette nuit-là, qu'est-ce que tu as vraiment cru?le questionna Rey. »

Tout et rien. Au fond, il n'avait simplement pas compris pourquoi Luke se trouvait au-dessus de lui. Il n'avait pas cherché d'explication, il avait saisi la chance de s'en sortir et d'enfin se libérer d'un poids. Il s'était senti trahi et libre en même temps. Il avait cessé de refouler les pensées négatives. Le neveu avait été blessé mais l'homme en devenir avait remercié Luke d'avoir franchi le cap cette fameuse soirée.

«Qu'il avait pris la décision pour moi, répondit-il finalement.»

Luke lui avait permis de faire un choix, d'assumer enfin qui il était vraiment, d'arrêter de faire semblant et d'embrasser enfin ce qu'il avait repoussé avec tant de force. Voilà pourquoi il avait lui-même remercié son oncle pour ça.

«Je me sentais mieux car enfin ce qu'ils craignaient tant avait fini par arriver. Je n'avais plus à l'attendre.

-C'est vraiment ce que tu voulais? insista-t-elle. Pourquoi en vouloir autant à ta famille dans ce cas?

-Car les choses changent. C'est ce que je croyais bon pour moi à ce moment-là.»

En douterait-il désormais? Voilà ce qu'il pouvait lire dans les prunelles de son interlocutrice.

«Et pour tes amis?» osa Rey ensuite ayant bien noté sa sensibilité sur le sujet. Ceux que tu croyais avoir?

-Crois-moi, tu ne veux pas entendre ce qu'il s'est passé. Sache juste que je suis coupable.»

Elle le dévisagea une seconde et Rey frémit à la pensée de l'horreur qui avait dû se produire.

«Luke m'a comparé à toi quand nous nous sommes rencontrés lui et moi, préféra-t-elle enchaîner.

-Une comparaison fort peu flatteuse, ironisa Ben.

-Je l'ai effrayé par ma puissance brute et ma capacité notoire à me laisser séduire par l'appel de l'obscurité. C'est juste que, parfois, moi aussi j'ai envie de faire ce qui me plaît et d'agir comme je l'entends.

-Tu ne trouves pas que tu as déjà suffisamment désobéi? la provoqua-t-il.

-Tout dépend de la nature de la désobéissance.»

Elle lui lança un regard équivoque avant de redevenir sérieuse.

«On a environ 10 ans d'écart toi et moi.»

Il acquiesça d'un vague signe de tête bien qu'il ne comprît pas pourquoi elle évoquait leur différence d'âge à un tel moment.

«Et nous sommes une dyade. Tu penses, hésita-t-elle, que je pourrais être une réponse à ta solitude? Qu'on m'a lié à toi pour te venir en aide? En choisissant précisément un moment de ta vie capital pour le faire… elle s'arrêta brusquement en réalisant ce qu'elle venait de lui déblatérer.»

Elle aurait mieux fait de réfléchir plus longtemps avant de sortir une énormité pareille.

«Je ne sais pas, balbutia Ben. C'est possible mais je n'en sais rien.»

Ils laissèrent passer un silence.

«Tu n'es pas la première à y avoir pensé.

-Vraiment? s'étonna-t-elle sincèrement.»

Tout à coup, elle se sentait moins honteuse de lui avoir partagé cette idée saugrenue.

«Je ne pense pas que ce serait une bonne chose de le croire, reprit-il.

-Pourquoi? Ça expliquerait beaucoup de choses. Je t'ai toujours dit que j'étais là pour t'aider. C'est une mission que j'ai acceptée.

-Moi pas. Je préfère que tu aies une existence propre et indépendante à la mienne.

-Elle ne sera jamais dépendante totalement. Nous sommes liés, insista Rey. Je n'ai aucun problème avec ça. Cette dyade m'apporte l'équilibre qui me manquait tant. Je me sens enfin complète et je n'ai pas honte de le dire. Tu vivrais bien mieux si tu l'acceptais pleinement toi aussi. Ça fait partie de nous.

-Je ne la rejette pas, se défendit-il.

-Non, elle regarda au loin, mais tu t'arranges pour qu'elle fonctionne comme tu l'entends.

-C'est un reproche?

-Un regret. Je te suis reconnaissante pour tout ce qu'on a pu accomplir ensemble, pour tout ce que tu m'as appris. Seulement, j'aurais aimé moi aussi te montrer certaines choses. Je suis patiente, le moment venu ce sera à mon tour de t'enseigner.»

Il plissa des yeux et suivit son regard loin, intrigué. Qu'avait-elle en tête exactement? Il était curieux et acceptait volontiers son reproche reconnaissant la véracité de celui-ci.

Elle prit une longue inspiration, se mordit la lèvre inférieure puis se décida finalement à aborder un sujet qu'il n'avait toujours fait qu'effleurer.

«Pourquoi tu l'as fait?»

Elle se détourna et attendit qu'il en fasse de même, leurs yeux plongés dans ceux de l'autre.

«Par vengeancepour cette enfance ratée ? Pour leur manque criant d'intérêt à ton égard? Je te comprends d'un certain sens et pourtant je ne peux m'empêcher de me demander comment tu as pu déclencher ton sabre ?

-Je ne crois pas que ça nous aidera d'en parler, lui répondit-il d'une voix grave.»

Son regard retrouva l'horizon.

«Tu veux savoir, reprit Ben, mais une fois encore je ne pense pas que tu sois prête à entendre ce que j'ai à dire. Et je ne suis pas sûr de vouloir en parler.

-Je sais que tu éprouves de la culpabilité. Je l'ai senti dans notre lien notamment quand tu as revu ta mère la première fois. Tu avais honte de paraître devant elle après ce que tu avais fait. Avez-vous essayé d'en parlerelle et toi ? Elle est revenue te parler une deuxième fois?

-Ca ne te regarde pas et cette discussion n'a déjà que trop duré.

-Ne la fuis pas, souffla Rey. Je ne voulais pas te braquer, je voulais seulement avoir des explications. J'aimais bien ton père et je t'apprécie, toi. J'essaie juste de reconstruire le schéma.

-Tu n'es pas ma mère et tu n'es pas en position d'exiger quoi que ce soit de moi, s'agaça Ben. Si tu crois avoir suffisamment d'influence sur moi pour m'y pousser, sache que tu te trompes.»

Et si Leia l'interrogeait? se demanda-t-elle.

«Je l'avais espéré, conclut-elle. Pas pour te manipuler mais pour te permettre d'alléger un peu ta conscience auprès d'une personne prête à t'écouter et à te comprendre.

-Ça prouve simplement que tu es encore bien trop naïve. Avoir partagé mon intimité ne t'offre pas tous les droits, surtout pour une simple nuit.»

Elle réprima une grimace et se força à garder son calme.

«Je pensais simplement que tu accepterais de te confier, lui répondit-elle. Comme j'ai pu le faire avec toi à propos de mes parents ou de mon enfance, simplement parce que je te faisais confiance. Crois-tu que je vais répéter tout ce que tu me dis à ta mère ou à ton oncle? Ce n'est pas le cas et puis ils n'ont pas besoin de moi pour le savoir. On en a déjà eu la preuve.»

Le souvenir amer de Luke évoquant ses sentiments à Ben lui donna la nausée.

«Je te l'ai dit, continua Rey, je pensais notre lien plus fort que ça. Je me suis de toute évidence fourvoyée. Nous ne sommes peut-être pas aussi fusionnels que je l'avais imaginé, peut-être aurions-nous dû avoir d'autres nuits!»

Elle pivota et mit fin à la discussion. Elle était à la fois blessée par son attitude et vexée par le peu d'importance qu'il semblait accorder à leur nuit ensemble. Il lui avait balancé au visage comme un fait sans importance. Un discours bien différent de celui qu'il lui avait tenu dernièrement. Etait-elle allée trop loin en lui posant toutes ces questions? Elle avait simplement voulu mieux le comprendre et lui, en retour, s'était montré hautain.

Tout ce temps avait-il fait semblant? Pour la première fois, elle douta. Sa réaction était-elle simplement celle d'un homme blessé qui avait choisi la colère comme arme de défense? Ou bien avait-il été honnête pour la première fois? N'était-elle qu'une fille de rien à ses yeux? Une personne certes qu'il appréciait mais pas suffisamment spéciale pour envisager davantage?

Elle marcha, son cerveau rempli de questions, jusqu'à croiser un serviteur pour qu'il la conduise jusqu'à la chambre qui avait dû être réservée pour elle.

«Le sénateur a prévu ces deux chambres, il désigna deux portes en face à face puis ouvrit celle près de lui, pour vous et le Seigneur Ren.

-Mer…commença Rey.

-Ca ne sera pas utile. Une seule chambre suffira.»

L'aplomb avec lequel Ben venait de dire ça au jeune homme face à elle l'obligea à attendre que ce dernier s'éloigne pour se tourner vers lui. Elle le regarda de haut, un air pincé sur le visage, nullement prête à se laisser attendrir quoiqu'il puisse tenter bien qu'elle fut forcée de se retenir de sourire en le voyant débouler ici. Il était revenu, s'amusa-t-elle. Cela prouvait-il que, malgré ses dires, elle possédait bien un certain pouvoir sur lui? Elle en possédait suffisamment pour qu'il vienne la retrouver aussi vite en tout cas. Cette pensée provoqua un doux sentiment de satisfaction en elle. Pour autant, elle ne comptait pas lui céder.

«Pourquoi? demanda-t-elle simplement.

-Pourquoi pas? Après tout, nous avons bu la même coupe tous les deux. Ça ne choquerait personne.

-Si tu crois pouvoir obtenir quelque chose de moi…

-Ce n'est pas moi qui aie évoqué l'idée d'avoir d'autres nuits, lui répondit-il. »

Était-ce réellement une invitation? Oserait-il, après la débâcle de tout à l'heure, lui proposer une telle chose en plein milieu d'un couloir, sans y mettre les formes et sans aucune bienséance? La croyait-il assez sotte pour l'accepter dans son lit après ce qu'il lui avait dit ? Elle venait peut-être de Jakku mais elle n'était pas une putain pour autant.

«A cause de toi, nous n'avons plus qu'une seule chambre. Je vais être forcée de m'en accommoder, concéda-t-elle avec sécheresse.»

Elle entra donc et se tourna légèrement pour voir s'il aurait vraiment l'audace de la suivre. Il déambula dans la pièce après avoir fermé la porte puis la scruta d'un œil avisé. Elle aussi avait très bien noté l'unique lit.

«Il ne fait pas froid ici, constata-t-elle avec détachement. Ce n'est pas comme dans le vaisseau. C'est agréable.

-Tu m'as déjà réveillé. Tu bouges beaucoup dans ton sommeil. Pour une fille du désert, se moqua-t-il, tu es étrangement frileuse.»

Comment avait-elle pu croire pendant tout ce temps qu'il n'avait jamais constaté qu'elle le rejoignait parfois dans son lit via une connexion? Pourquoi ne l'avait-il jamais dit plus tôt?

«Si tu le savais, s'énerva-t-elle, pourquoi faire comme si de rien n'était?

-Tu étais tout à fait libre de l'évoquer toi aussi. Pour être honnête, je pensais que tu n'en avais pas forcément conscience. Tu dors toujours à poing fermé. Visiblement, je me suis trompé.

-Non, c'était le cas mais j'ai fini par me réveiller. Une fois, admit-elle. Ton commandant t'avait appelé via la borne de communication située dans ta chambre et ça m'a tiré de mon sommeil. C'est là que j'ai réalisé que j'avais la faculté d'établir une connexion même endormie.

-Tu ne perçois pas mes rêves? s'inquiéta-t-il.

-Non, reconnut-elle perplexe que ce soit sa première question.

-Crois-moi, tu n'aimerais pas voir ce qui s'y passe. C'est pour ton bien si je t'ai posé la question.

-Tu te soucis de mon bien-êtremaintenant ? ironisa Rey.

-Je crois l'avoir prouvé en ne te renvoyant pas dans ta chambre. Tu ne m'as pas demandé mon consentement pour dormir à mes côtés simplement pour te réchauffer, précisa-t-il.

-Tu viens de faire exactement la même chose!»

Elle leva le bras pour désigner la chambre.

-Qui a parlé de dormir? s'interrogea Ben?»

Elle haussa un sourcil.

«On a une République à mettre en place. Je comptais bien l'évoquer d'abord avec toi.

-Dans ce cas, j'ai besoin d'un verre. Peut-être qu'une bonne coupe de sang de gountag me conviendrait! se lamenta Rey. Voir deux, il n'en fraudait pas moins pour m'exciter à la perspective de cette nuit fabuleuse qui nous attend.»

Elle était épuisée d'avance de parler politique. Elle aurait cru que ce soir, il lui aurait épargné cette corvée.

«Oui, elle fit un signe de tête, il m'en faut deux. Je boirai aussi la tienne! Ici personne n'ira vérifier si nous l'avons bu ensemble.»

Elle se dirigea avec nonchalance vers la table basse pour se saisir d'une coupe et en humer l'odeur. Elle avait repéré ce souffle nauséabond dès son entrée dans la chambre, déjà écœurée de savoir qu'il y en avait tout un pichet ici. Probablement pour pimenter la nuit des habitants, pensa-t-elle avec dégoût.

«Après réflexion, ce n'était pas si mauvais tout à l'heure. Toi en tout cas, tu as eu l'air d'apprécier. Tu es habitué à des mets plus raffinés que moi. Je reconnais que la subtilité de cette mixture m'échappe. Je préfère d'autres artisanats.»

Elle tira sur le pull que la jeune Ghani lui avait offert et qu'elle avait revêtu pour la soirée.

«Cette chose est immonde, constata Ben.

-Mettrais-tu en doute mon goût? De la part d'une personne aimant cette chose, elle agita le bras, permets-moi de remettre en doute ton avis.»

Il s'approcha d'elle et, sans qu'elle ne s'y attende, se saisit du col de son pull et tira brutalement des deux mains sur le tissu créant une ouverture béante sur le devant qui allait du haut de sa poitrine à la moitié de son ventre.

«C'était un cadeau! s'énerva-t-elle davantage outrée par le fait qu'il l'ait abîmé que de se retrouver à moitié nue face à lui. »

Il ne lui répondit pas et avec la même violence, il se saisit de la coupe entre ses doigts avant de venir verser le liquide rouge dans son cou et son décolleté. Elle sentit les gouttes se faufiler entre ses seins et le long de ses côtes, imbibant son sous-vêtement. Elle ne commenta pas et attendit avec fébrilité la suite, soudainement mutique face à ses dernières actions. Il se pencha vers elle avec empressement. Elle sentit ses lèvres dévorer son cou, descendre sur sa clavicule et venir y goûter le sang.

Il alla plus bas, glissant sa langue dans le creux de sa poitrine. Il lécha la peau qui frissonnait sous les caresses et la froideur de la boisson. Elle songea que le gountag était effectivement un merveilleux excitant utilisé de cette façon. Il finit par redresser son visage vers le sien et elle ne comprit pas pourquoi voir ses lèvres clairsemées de rouge la poussa à s'en saisir avec la même brutalité qu'il venait de lui laver le décolleté.

Elle avait détesté l'odeur plus tôt mais sur lui, en cet instant, elle aurait pu enduire son corps de cette étrange lotion et lui faire subir le même sort qu'à elle quelques secondes plus tôt. Il déchira complètement son pull. Cette fois, elle ne protesta pas préférant joindre ses mains derrière son cou pour le coller à elle.

Elle jura dans sa tête, propulsée dans un mélange d'enthousiasme et de satisfaction malsaine. Enfin, pensait-elle avec délectation. Enfin il se décidait à agir, enfin il laissait éclater toute cette bestialité qu'elle avait déjà ressentie chez lui à plusieurs reprises et dont elle avait toujours espéré goûter. Pas de Poe, ni de Finn pour venir les déranger cette fois.

Dans un geste toujours sans douceur, il la poussa contre lui par la ceinture avant de tirer dessus et de la jeter au loin. Ses mains passèrent sous le tissu, s'arrêtant sur la cambrure de son postérieur puis de pousser pour faire descendre son pantalon. Sa bouche suivit le même tracé et elle jubila à la vision de sa tête s'approchant de son nombril. Il la débarrassa de son pantalon et de ses chaussures, la laissant uniquement vêtue de son soutien-gorge trempé et de sa culotte. D'une main délicatement glissée dans son dos, il enleva la barrière humide et fondit aussitôt sur ce qu'elle révéla.

Il se mit à lui embrasser la poitrine de façon appuyée, suçotant les dernières gouttes s'y trouvant. Avec empressement, la main qui ne palpait pas son sein se glissa à la lisière de sa culotte. Sans attendre plus longtemps, elle agrippa son poignet et la poussa sur son entrejambe.

Elle se crispa quand ses doigts s'activèrent en elle bien que cette expérience fut trop rapide à son goût. Il la poussa sur le lit et elle lui proposa sa gorge pour continuer sa dégustation. Il s'était montré sec, alors elle n'hésita pas à le déshabiller avec la même fougue. Quand la peau nue de son torse se découvrit sous ses doigts, elle y passa les ongles et lui transmit la seule idée que lui inspirait cette vision.

Elle avait envie qu'il la soumette, qu'il la plaque et qu'il fasse d'elle ce dont il avait envie. Elle retint un cri en constatant que l'un de ses fantasmes se réalisait enfin. Combien de fois avait-elle rêvé ce moment? Combien de fois s'était-elle imaginée l'avoir de cette façon entre ses doigts? Il la bascula, son dos se retrouva enfoncé dans le matelas et tout son poids à lui l'y écrasait. Elle lui lécha le visage pour réponse façonnant son corps de ses mains, oubliant toute pudeur et faux semblant. Elle avait envie de lui et comptait bien lui montrer de toutes les façons possibles. Avec sa langue d'abord qui joua paresseusement avec la sienne de longues minutes avant de s'aventurer de plus en plus bas quand elle l'obligea à se relever. Dire qu'elle aima la façon empressée dont il tira sur sa tête et entremêla ses cheveux pour la plaquer contre son entrejambe la fit presque rougir. Tout comme le fait qu'elle avait songé à lui faire cela plus d'une fois.

Le bruit de succion, sa respiration saccadée à lui entrecoupé par ses gémissements à elle, lui fit perdre la raison. Il la relâcha brutalement la repoussant sans vergogne sur le lit. Il la tira par les chevilles et s'écrasa sur elle. Il lui enserra les poignets et serra doucement puis il lui palpa les hanches d'une main, les cajolant comme elles ne l'avaient jamais été puis en fit de même avec ses seins. Elle passa une jambe de chaque côté de son corps pour le plaquer à elle et il la souleva pour la prendre dans ses bras.

Elle enfonça ses ongles dans ses épaules et se hissa. Il la plaqua contre lui et poussa en elle. Elle ondula du bassin et ferma les yeux, trop heureuse de la délivrance sensuelle qu'il se daignait enfin lui accorder.

Peu importe ici que quelqu'un l'entende crier. Dans ses bras, elle se laissa totalement aller. Si leur première nuit fut tendre, celle-ci fut tourmentée.

/

«Bordel!» fut la première pensée cohérente qui s'aventura dans sa tête le matin suivant. Elle reprit néanmoins vite ses esprits. Elle était complètement nue, simplement recouverte par endroit du drap défait. Elle se redressa, passa une main dans ses cheveux et s'inquiéta une seconde en voyant d'étranges tâches rouges sur le matelas.

Puis elle se rappela le sang. Celui de ce pauvre gountag que Ben avait sans vergogne jeté sur elle avant de le boire de la meilleure des façons. Elle n'avait pas remarqué la veille que malgré ce délicieux nettoyage, le liquide avait tout de même tâché le lit. Elle porta son regard sur sa droite et constata que le tissu était aussi froissé de ce côté. Et collant. Elle espérait vivement ne pas croiser le personnel en charge de remettre ce lit en état, premier témoin de leurs activités de la veille.

Il avait dormi près d'elle mais n'avait pas jugé bon de la réveiller lorsqu'il s'était levé. Elle le chercha alors instinctivement dans la Force, quelque peu étonnée en le sentant si détendu. D'habitude, elle le percevait toujours avec une tension latente conséquence directe des engagements liés à son rôle de Suprême Leader et à la pression naturelle qui en découlait. Elle se laissa bercer par ce nouveau sentiment de complétude, cette sérénité nouvelle qui était la sienne.

Sans entrer en contact, il devait clairement sentir qu'elle était réveillée et qu'elle pensait à lui. Elle aurait pu se vexer d'être seule après les événements de la nuit mais, au contraire, elle apprécia cette petite bulle de solitude.

Elle se leva et se dirigea vers la petite salle d'eau, bien décidée à nettoyer son corps des excès de la soirée.

Elle remonta les couloirs d'un pas léger, un petit sourire figé sur les lèvres. Elle n'appréhendait pas ses retrouvailles avec lui, ne se sentant pas mal à l'aise à l'idée de le confronter suite à leur débordement. Cette fois, elle préférait ne pas se poser de questions et laisser faire les choses. A quoi bon m'en préoccuper maintenant? s'était-elle dit. J'aurais beau imaginer tous les scénarios possibles, il arrivera toujours à me surprendre.

Pourtant, elle ne pouvait tout de même s'empêcher de s'interroger sur ce qu'il pourrait bien lui dire? Allait-il faire comme si de rien ne s'était passé ou bien aborder le sujet frontalement? Devait-elle s'attendre à la même désillusion que la première fois? Une nuit passionnée et un quasi-rejet le lendemain? Elle ne savait dire pourquoi mais cette fois, elle sentait que non. Etait-ce dû aux sentiments qu'elle avait perçus chez lui à son réveil? Elle n'en était pas sûre. C'était peut-être davantage lié à la sauvagerie dont il avait fait preuve avec elle.

L'avait-elle déjà connu si relâchéet si sûr de lui tout en étant si dominateur et décideur avec elle? Non, elle en était persuadée. Même dans d'autres occasions, elle ne l'avait connu si peu sous pression.

Après s'être lavée et préparée, elle avait fini par ramasser ses affaires de la veille. Elle s'était attardée sur le pull en lambeau. Un cadeau qu'elle ne pourrait plus porter et dont elle avait dû se séparer à regret.

Elle entra donc avec une nonchalance certaine dans la pièce où elle savait le trouver. Elle ne fut pas étonnée de le voir seul, comme s'il avait attendu sa venue et s'était assuré qu'ils ne seraient pas dérangés. Elle n'eut pas à subir le silence gênant et lourd de sens de la dernière fois car il entama presque tout de suite la conversation.

«Tu as bien dormi?»

Elle haussa les sourcils ne masquant pas son étonnement de le voir s'intéresser à la qualité de son sommeil.

«Après tant d'exercice, finit-elle par répondre, mon corps était épuisé. Je n'ai eu aucun mal à trouver le sommeil. Et puis, tu étais là pour me tenir chaud.»

Elle n'avait pas oublié qu'ils devaient aussi parler de ça.

«Ce n'était pas la première fois, souligna-t-il.

-Tu aurais pu t'en aller, précisa Rey. D'autres n'auraient pas hésité à le faire.

-Pour aller où? Je te rappelle que nous n'avions qu'une chambre.

-Dois-je comprendre que tout ça n'était pas commandité dans ce cas? Serais-tu plus spontané que je ne l'imagine? s'amusa-t-elle.

-Peut-être sous-estimes tu simplement la puissance de tes charmes. Ce sont eux qui ont été les moteurs de mon comportement.»

A la façon dont il l'affirma, elle savait qu'il disait la vérité.

«Pourquoi aurais-je quitté la chambre? demanda-t-il. Parce que j'avais obtenu ce que j'étais venu chercher et qu'il me suffisait de partir après avoir terminé?

-Tu aurais pu être gêné et vouloir dormir ailleurs pour éviter toute confusion de mon côté.

-Parce que tu l'es?Confuse, ajouta-t-il.»

Maintenant oui, songea-t-elle suite à cette discussion déstabilisante et elle ignorait comment se sortir de ce guêpier dans lequel elle s'était elle-même fourrée.

«Tu n'as pas à l'être, reprit-il subitement. S'il est vrai que j'ai apprécié la tournure de cette soirée, je songe aussi qu'il est inutile de revenir dessus pour se trouver des excuses. D'autant plus quand cette situation est susceptible de se reproduire.

-Susceptible de se reproduire? répéta Rey incrédule.

-Si c'est ce que tu veux.»

Etait-il vraiment en train de lui proposer ce à quoi elle songeait? Lui demandait-il de devenir sa maîtresse? Elle n'arrivait pas à le croire et pourtant à la façon dont il la détailla, elle savait qu'elle ne se trompait pas sur ses intentions. L'autre fois, il lui avait proposé de mettre de la distance entre eux mais aujourd'hui, il lui soumettait l'exact opposé. Avec un sérieux déconcertant. De la même façon qu'il lui aurait expliqué un plan ou une mission de reconnaissance.

Elle réfléchit un instant. Obtiendrait-elle ce qu'elle espérait de lui en acceptant? Elle était foutrement intéressée par son indécente proposition et elle lutta pour ne pas baser son choix sur de simples envies lubriques. Ben avait ce talent pour réveiller tous ses instincts primaires, un mot de lui et elle se retrouvait comme la veille à lui demander de lui donner du plaisir. Elle se força donc à réfléchir avec sa tête.

Pourrait-elle enfin l'amener à ce qu'elle désirait vraiment? Le sexe lui permettrait indéniablement de se rapprocher de lui. Tout de moins physiquement. Mais lui ouvrirait-il une autre voie? Celle qu'elle voulait réellement conquérir? S'ils devenaient amants pour de bon qu'y gagneraient-ils tous les deux?

Elle se demanda brièvement s'il était seulement motivé par le sexe ou si d'autres raisons pouvaient entrer en jeu. Elle lui plaisait et il avait envie d'elle. Sa proposition signifiait clairement qu'il la voulait se satisfaisant de cet étrange sentiment de puissance que cela provoqua en elle.

Sa part sombre éprouvait un étrange sentiment d'excitation à l'idée de se faire corrompre, à la simple pensée qu'il pourrait complètement la soumettre comme il l'avait fait la veille au soir.

Son côté rationnel, quant à lui, débutait déjà son travail d'activation des leviers de protection. Souffrirait-elle si elle s'embarquait dans cette sorte de relation?

«Demande-le moi clairement, murmura-t-elle finalement en plongeant son regard dans le sien. Si tu sais ce que tu veux et que tu le réclames alors je ne veux pas de sous-entendu. Demande-le moi et justifie-le si tu veux vraiment une réponse positive de ma part.»

Elle crut déceler une moue moqueuse sur ses lèvres.

«Couche avec moi.»

Il se redressa et s'approcha d'elle de quelques pas.

«Parce que j'aime ça et que je sais que toi aussi. Tu es attirante, enchaîna-t-il, j'apprécie ton odeur, la douceur de ta peau et tu es la seule personne qui me donne envie de sourire.»

Cette franchise qu'elle n'avait osé espérer la déstabilisa. Elle ne s'était nullement attendue à une telle énumération de sa part, ni même à ce qu'il le fasse. Elle pensait que, comme habituellement, il aurait trouvé une réplique cinglante ou une diversion intelligente. Ainsi, se dit-elle avec un rare plaisir, elle lui donnait envie de sourire. De la liste de compliments qu'il venait de lui faire, c'était de loin celui qu'elle préférait.

"Dois-je continuer à me justifier ou bien ai-je était suffisamment éloquent? Je crois t'avoir déjà fait une démonstration satisfaisante hier soir, cependant s'il faut encore te convaincre je peux recommencer.»

Voilà qu'elle retrouvait le Ben arrogant. Allait-elle pousser le vice et lui demander comment il pouvait en être aussi sûr ? Ou bien arrêterait-elle de le torturer en le faisant languir ?

«D'accord, lâcha-t-elle sans aucune forme de convenance comme s'ils s'accordaient sur un échange financier où chacun y trouverait son intérêt.

-Bien cela prouve que tu sais te montrer raisonnable.

-Avec les bons arguments, elle leva les yeux vers lui, et la bonne démonstration, je sais me montrer docile bien que j'aimerais te faire part de quelques exigences.

-Lesquelles? demanda-t-il en pivotant à nouveau dans sa direction.

-L'exclusivité.»

Elle sourit avec ironie.

«Loin de moi l'idée d'être jalouse mais je n'aime pas partager. Et puis, de cette façon, je sais que toi comme moi ne prenons aucun risque même si j'ai remarqué ton implant la première fois.»

Prévoyant comme elle, il se protégeait des maladies et d'un éventuel rejeton non désiré.

«Et la liberté, continua-t-elle en le fixant toujours. A la fois de dire non mais également de te faire ce que j'ai envie.»

Cette fois, elle vit la lueur de surprise traverser son regard mais elle comprit bien vite que celle-ci se transforma en curiosité.

«Ca me paraissait évident, trouva-t-il seulement à lui répondre.»

Ainsi, un accord tacite venait d'être passé entre eux.