Version française de l'histoire "A new life". Cette histoire est la suite de "Un anniversaire pas comme les autres", mais peut être lue séparément. Elle fait suite à "A Tale of Three Letters" et son adorable scène finale.
Ces incroyables personnages ne m'appartiennent pas, mais ils appartiennent à la très talentueuse Martha Williamson. Un immense merci à Eric Mabius, Kristin Booth, Geoff Gustafson, Crystal Lowe et Gregory Harrison pour leur donner vie comme ils le font.
Une nouvelle vie
Chapitre 2
Le lendemain, Oliver se réveilla de bonne heure avec le chant des oiseaux. Il avait eu du mal à s'endormir. La présence de Shane à ses côtés lui avait manqué. Elle avait l'habitude de s'endormir dans ses bras et le lit lui avait semblé beaucoup trop grand pour lui seul. Il était tôt, mais il voulait passer le plus de temps possible avec Shane et le petit avant d'aller au DLO. Il se leva en sifflotant et se dirigea d'un pas léger vers la chambre voisine pour contempler le petit berceau qui trônait au milieu de la pièce. Ce soir, son fils y dormirait pour la toute première fois de sa vie. Un sourire illumina le visage du jeune papa.
.
.
Hôpital Denver Mercy
«Toc, toc», dit Oliver en passant la tête par l'entrebâillement de la porte.
«Dis-moi, mon chéri, qui peut bien venir nous rendre visite?» demanda-t-elle à un Matthew qui finissait à peine son petit-déjeuner dans les bras de sa maman.
«Entrez, bel inconnu» répondit-elle en direction de la porte.
«Quel accueil! Je devrais venir plus souvent», répliqua Oliver en riant.
«Ne perds pas trop de temps, chéri. Je ne pense pas rester ici très longtemps», lui sourit-elle en retour.
«Bientôt mon amour, ou plutôt, mes amours. Bientôt nous serons tous ensemble à la maison.»
«A quelle heure penses-tu quitter le bureau aujourd'hui?» demanda-t-elle à son mari avec de l'impatience dans le regard.
«Le plus tôt sera le mieux. Je viendrai dans l'après-midi pour que nous ne rentrions pas trop tard à la maison. J'ai hâte de passer la soirée avec ma très chère femme et notre adorable petit trésor.»
Quand l'heure d'aller travailler arriva, Oliver embrassa tendrement ses deux amours et rejoignit la sortie de la chambre à reculons afin de les contempler jusqu'à la dernière seconde. Quand il arriva finalement à la porte, il se frotta le dos avec une petite grimace.
«Tu as mal?» s'inquiéta Shane.
«Ne t'inquiète pas, mon amour. Aucune poignée de porte ne me détournera jamais de ma magnifique épouse.»
«Contente d'entendre ça!A tout à l'heure, Oliver» lui répondit-elle en riant de la «collision» de son mari avec la porte.
.
.
Au DLO
«Norman, Rita, bonjour! Comment allez-vous en une si belle journée?» demanda Oliver en entrant dans le DLO.
«Bonjour Oliver. Tu es d'une humeur splendide! La paternité te va à ravir.» répondit Rita avec son enthousiasme habituel.
«Bonjour Oliver», se contenta de dire Norman.
«Comment ne pas être heureux? Le soleil brille, il fait chaud, et je ramène Shane et Matthew à la maison tout à l'heure», ajouta l'heureux papa. «Qu'avons-nous aujourd'hui?»
«Euh, pas grand-chose pour le moment», répondit Norman, quelque peu gêné par cette situation inhabituelle.
«Juste un peu de tri, mais pas de mission particulière», précisa Rita.
«Nous pourrions peut-être faire un peu de rangement dans le DLO. Qu'en pensez-vous? Ce sera une journée plutôt tranquille…A moins qu'une lettre urgente arrive dans la journée», proposa Oliver.
«Bonne idée, Oliver. Je viens de trouver une toute nouvelle série de timbres anciens et j'aurais besoin de revoir un peu le classement de ma collection.»
Oliver enleva sa veste, l'accrocha au porte-manteau à côté de son bureau et s'assit afin de réfléchir à ce qu'il avait à faire aujourd'hui. Il prit sa sacoche et la posa devant lui. Lorsqu'il l'ouvrit, ses yeux se mirent à briller d'émerveillement. Il mit la main à l'intérieur et en sortit une minuscule chaussette. Elle était tellement petite. Depuis ces dernières semaines, Shane s'amusait à lui faire toutes sortes de clins d'œil. Un jour, il avait trouvé un biberon à la place de son prix «Nuit noire» en arrivant au bureau. Un autre jour, il avait trouvé Dumbarton «dormant» sous la couverture dans le petit berceau encore vide. A cet instant précis, le DLO n'existait plus. Seule cette petite chaussette comptait pour Oliver, ou plutôt celui à qui elle appartenait. Tournant son regard vers lui, Rita aperçut son chef de section et ami en pleine rêverie et contemplation. Elle en fût tellement attendrie qu'elle sortit son téléphone et prit discrètement une photo du papa pour l'envoyer à Shane. Aussitôt, la maman lui écrivit: «Va voir Oliver et dis-lui d'ouvrir le message que je vais t'envoyer». Aussitôt dit, aussitôt fait, Rita se dirigea vers Oliver et lui tendit son téléphone.
«Oliver, tu as reçu un message», dit-elle énigmatiquement.
Dans ses pensées, Oliver ne l'entendit pas.
«Oliver», dit-elle un peu plus fort, ayant quelques scrupules à le faire sortir de sa bulle.
Soudain, il réalisa qu'elle était là, en face de lui.
«Pardon Rita. Est-ce que tu me parlais?»
«Oui. Je te disais que tu avais reçu un message», répéta-t-elle en lui tendant son téléphone. «Appuie sur «OUVRIR»» se sentit-elle obligée de préciser.
Oliver s'exécuta et, lorsqu'il ouvrit le message, une photo de Shane tenant Matthew dans ses bras remplit l'écran du téléphone.
«Oh, Rita! Merci beaucoup! Est-ce que je peux avoir la photo?» se hasarda Oliver.
«Eh bien, à vrai dire, c'est Shane qu'il faudra remercier», lui dit-elle avec un petit sourire. «Mon téléphone n'est pas relié à l'imprimante, mais tu peux le regarder autant que tu veux» ajouta-t-elle avec un sourire attendri face à ce nouvel Oliver qu'elle avait connu autrefois si peu démonstratif et qui aujourd'hui ne pouvait plus contenir sa joie.
La journée se passa sans encombre, entre rangement, tri et rêveries. A l'heure du déjeuner, Oliver, Norman et Rita allèrent au restaurant de Ramon afin de manger un repas rapide. Ramon fut ravi de retrouver «Ovileer». Ces dernières semaines, Shane et son mari avaient pris l'habitude de rentrer à la maison le midi afin que la future maman puisse faire une petite sieste pour être suffisamment en forme pour le travail de l'après-midi. Après un rapide repas, nos 3 amis se rendirent à l'hôpital pour faire une visite surprise à Shane et au bébé. Avant de repartir, Norman et Rita s'éclipsèrent et attendirent Oliver dans le couloir pour leur laisser un peu d'intimité. Il aurait voulu serrer Shane dans ses bras, mais il ne le pouvait pas tant qu'elle était couchée dans un lit d'hôpital. Il dut se contenter de l'embrasser, mais il fit durer ce moment le plus longtemps possible. Sachant qu'il était attendu, il finit par mettre fin à ce doux contact. Une caresse au petit visage endormi et il repartit.
La journée avait été très longue pour Oliver, qui n'avait pensé, au fil des heures, qu'au moment où il pourrait enfin aller chercher sa femme et son fils, ou plutôt LEUR fils, pour les ramener à la maison.
La montre d'Oliver indiqua 16h.
«C'est l'heure», annonça-t-il gaiement à Norman et Rita.
Norman lui tendit une main chaleureuse. Il se souvenait lui-même de ce qu'il avait ressenti le jour où on lui avait annoncé la naissance de sa fille adoptive.
Rita serra Oliver dans ses bras. Elle était tellement heureuse de savoir que sa meilleure amie allait rentrer à la maison pour commencer la plus belle aventure de sa vie.
Avant de se rendre à l'hôpital, Oliver alla à la maison afin de prendre le siège auto pour le bébé, ainsi que sa poussette. Lui et Shane avaient trouvé un accord concernant la voiture. Celle de Shane était plus adaptée et plus confortable pour une famille. Il garderait la Jaguar pour quand ils ne seraient qu'à deux. Il se dit que ça n'arriverait probablement pas très souvent, au moins pour le moment. En entrant dans la maison, il attrapa les clés que Shane avait laissées dans l'entrée. Il installa aussitôt le siège auto à l'arrière de la voiture de sa femme, puis mit la poussette dans le coffre. Ce matin, il avait tout laissé dans l'entrée afin de ne pas perdre une minute.
.
.
Hôpital Denver Mercy
Oliver gara la voiture aussi près de l'entrée de l'hôpital que possible pour que Shane n'ait pas à marcher trop loin. Puis, il alla chercher la poussette dans le coffre. Enfin, il sortit le siège qui était dans la voiture et essaya de l'installer sur la poussette, qu'il vérifia afin d'être sûre que le petit y serait en sécurité. Comment avait-il fait pour la plier ainsi? Et maintenant, que devait-il faire pour la déplier afin qu'elle puisse accueillir Matthew? Shane le lui avait montré plusieurs fois et tous les deux s'étaient entrainés afin d'être prêts le moment venu. Eh bien…le moment était venu et Oliver était incapable de lui faire prendre une position appropriée. Que faire?
«Je sais!» pensa Oliver.
Il reposa la poussette dans le coffre, puis se dirigea d'un pas rapide vers la cabine téléphonique à l'entrée de l'hôpital. Le téléphone eut à peine le temps de sonner.
«Rita, sauve-moi! Je suis sur le parking de l'hôpital. La poussette se rebelle!» supplia-t-il.
«Pas de panique, Oliver, J'arrive.»
Un geste par ci, un geste par là. A peine Rita fut-elle arrivée que la poussette fut opérationnelle.
«Formidable! Quelle bonne idée vous avez eue toutes les deux de choisir le même modèle de poussette!» dit-il avec reconnaissance.
«Avec plaisir. Je me dépêche. Norman m'attend pour aller voir la petite », lui fit-elle en souriant alors qu'elle retournait à sa voiture, prête à rendre visite à sa petite, qui était à l'hôpital où elle suivait un traitement pour une maladie cardiaque.
La poussette étant prête, Oliver se dirigea d'un pas décidé vers l'accueil en poussant l'engin vide. Il sourit en pensant que dans quelques minutes, son fils y serait confortablement installé. Il rejoignit Shane dans sa chambre. Elle était debout et s'activait pour rassembler les quelques affaires qu'Oliver lui avait apportées. Quand il vit qu'elle n'était plus dans son lit, il ne put résister. Il se précipita vers elle sans dire un mot, passa ses bras autour d'elle et posa ses lèvres sur les siennes.
«Bonjour, mon amour. Tu m'as tellement manqué», lui dit-il en relâchant son étreinte.
«Alors, elle ne t'a pas posé trop de problème?» demanda-t-elle en regardant la poussette.
«C'est un jeu d'enfant», répondit-il avec un petit sourire incertain.
«Tu as pensé à remercier Rita?»
«Rita? As-tu si peu confiance en moi?» répliqua-t-il avec une pointe de déception.
«Mais si, bien sûr que j'ai confiance en toi, chéri! C'est juste que ces engins modernes ne sont généralement pas tes amis…et je vous ai vus tous les deux par la fenêtre», dit-elle en lui caressant tendrement la joue.
«Je te rappelle que j'ai assemblé deux balancelles, et à plusieurs reprises», répondit-il fièrement.
«Touché! »
Sur ce, ils s'embrassèrent tendrement.
«Est-ce que tu es prête, mon amour?»
«Oui, j'ai fini de rassembler mes affaires juste avant que tu arrives et j'ai reçu nos documents de sortie. Nous sommes libres de rentrer à la maison.».
«Et toi, mon chéri? Tu es prêt à venir avec papa?» dit-il doucement au tout petit.
«Je viens de le nourrir. Il a fait son rot. Il n'attendait plus qu'un gros câlin de son papa», répondit Shane à sa place.
Sans perdre une seconde, Oliver prit le tout petit Matthew dans ses grandes mains, déposa un doux baiser sur son front et le couvrir d'un torrent d'amour. Quand il déposa son bébé dans sa poussette. Il semblait se perdre à l'intérieur tant il était petit.
«Est-ce qu'on peut partir?» demanda Shane, impatiente de rentrer à la maison.
«On a vos papiers de sortie, donc oui, tous les feux sont verts», répondit-il gaiement.
Oliver prit la valise sous son bras et commença à pousser la poussette.
«Oliver, je ne suis pas en sucre. Je peux porter ma valise. Elle n'est pas très lourde.»
«Bien sûr que tu peux. Tu es la femme la plus forte que je connaisse», dit-il en faisant un signe de tête en direction du nouveau-né. «Mais tu as besoin de te reposer et j'ai hâte que nous soyons à la maison pour que tu puisses te détendre».
Arrivé à la voiture, Oliver installa le petit dans son siège puis, se tournant vers sa femme, il lui demanda:
«Est-ce que tu veux conduire?»
«Ça dépend. Est-ce que je peux conduire et admirer cette petite merveille en même temps?» demanda-t-elle avec un clin d'œil.
«J'ai compris!» répondit-il en riant. «Je conduis.»
«Je pense que c'est plus prudent, effectivement», ajouta-t-elle sur le même ton que son mari.
Oliver aida Shane à s'installer confortablement dans la voiture puis s'apprêtait à fermer la portière.
«Ah, j'ai failli oublier. Merci, mon amour», dit-il en se penchant pour l'embrasser.
«C'est avec plaisir, chéri. Tu peux me remercier de cette façon quand tu veux. Mais c'est pour quoi cette fois-ci?»
«Merci pour la photo de Matti et de toi que tu as envoyée à Rita», répondit-il, des étoiles pleins les yeux alors que des larmes commençaient à couler.
Le trajet fut assez court et silencieux. Tous deux étaient comme sur un nuage, mélange de fatigue et d'euphorie.
.
.
Chez les O'Toole
Oliver gara la voiture devant la maison, puis en fit le tour pour ouvrir la portière passager. Shane sortit la poussette du coffre et n'eut aucun mal à la déplier. Oliver se dit qu'il prendrait des cours de rattrapage avec sa femme. La maman y déposa délicatement son nouveau-né puis, prenant le bras d'Oliver, elle conduisit le tout petit jusqu'à la porte de la maison. Une fois dans l'entrée, elle prit Matthew dans ses bras et ses deux parents l'emmenèrent à l'étage. Oliver garda son bras autour des épaules de sa femme pendant tout le trajet. Arrivés devant le berceau, Shane l'y déposa délicatement. Le couple resta penché au-dessus de ce magnifique spectacle et le regarda dormir un long moment.
Au bout de quelques minutes, ils décidèrent d'aller dans le salon afin de profiter d'un petit moment en tête à tête. Ils n'avaient envie de rien, juste d'être à deux. Assis sur le canapé, Oliver passa son bras autour des épaules de Shane, qui s'endormit presque aussitôt dans ses bras. Il en profita pour resserrer son étreinte et pour caresser les cheveux blonds qui chatouillaient son visage. Il n'osa pas bouger de peur de la réveiller.
«Il est réveillé?» demanda-t-elle dans un murmure.
«Non, mon amour. Repose-toi.»
Mais à peine eut-il dit cela que des pleurs se firent entendre à travers le babyphone posé devant eux.
«Est-ce que j'ai dormi si longtemps? Il a déjà faim? J'arrive, mon chéri», dit-elle en se levant soudain, tout à coup bien réveillée.
«Prends ton temps, mon amour. Je prépare le dîner» répondit Oliver.
Il se dirigea vers la cuisine tandis que Shane se précipita à l'étage. Elle redescendit environ une demie heure plus tard.
«Est-ce qu'il a bien mangé?» s'enquit Oliver.
«J'imagine que oui» répondit-elle. «Je ne suis pas encore sûre de ce qu'il doit avaler, mais il a fait son rôt et il avait l'air ravi de son dîner. En parlant de dîner, qu'est-ce que tu as préparé de bon? J'ai une fin de loup.»
Alors qu'elle le suivait vers la cuisine, Shane aperçut par l'encadrement de la porte du salon que son ordinateur avait été déposé sur la table basse et qu'il était ouvert.
«Qu'est-ce que ça veut dire?» demanda-t-elle à Oliver.
«Tu devrais aller voir», répondit-il simplement.
En regardant sur l'écran, elle vit le visage de Becky, et un appel prêt à être lancé.
«Mais qu'est-ce que ça veut dire?» demanda-t-elle à nouveau.
«Elle attend ton appel. Je lui ai dit que tu avais quelque-chose d'important à lui dire. Et pour ton information, c'est mon père qui m'a montré comment faire ça», lui répondit-il avec un sourire malicieux.
Shane s'installa devant l'écran et lança l'appel. C'est alors que Matthew commença à pleurer.
«Reste ici, je m'en occupe», se dépêcha de dire Oliver avant que Shane ait le temps de se lever.
«Shaney!»
«Becky!»
Oliver s'éloigna en entendant sa femme et son amie crier de joie en raison de leurs retrouvailles. Il y avait si longtemps qu'elles ne s'étaient pas revues. Oliver mit quelques minutes à calmer le bébé. Puis, quand le nouveau-né fut apaisé, il rejoignit sa maman dans les bras protecteurs de son papa. Quand Oliver entra dans la pièce, il prit la conversation en cours de route.
«On ne s'est pas vues depuis combien de temps?» demanda Shane à son amie.
«On s'est vues quelques temps après ton mariage. Tu m'avais appelée en visio pour me montrer des photos. Tu étais magnifique. Ou plutôt, vous étiez magnifiques tous les deux. Tu avais essayé de me convaincre du contraire, mais je savais bien que tu étais folle de lui», répondit Becky.
«Oui, et tu m'avais dit de me trouver un autre Oliver, un qui soit disponible. Mais il n'y en avait aucun autre que je voulais. Ce serait Oliver O'Toole ou personne d'autre», affirma Shane en dévorant du regard son mari qui écoutait encore depuis l'encadrement de la porte.
«Oliver m'a téléphoné pour me dire que tu voulais me parler de quelque-chose.»
«Oui, c'est vrai. J'ai quelque-chose à t'annoncer», commença Shane avec une mine épanouie.
«Non, Shaney! Ne me dis pas que tu es enceinte!» s'exclama Becky.
«D'accord, je ne te le dis pas. Je ne le suis pas», répondit Shane en souriant à Oliver. Elle fit alors signe à son mari d'approcher. «Becky, je voudrais te présenter quelqu'un».
Oliver passa la tête devant la webcam.
«Bonjour Mademoiselle Starkwell».
«Bonjour Oliver. Je suis ravie de vous revoir, mais je pense qu'on s'est déjà rencontrés. Et vous pouvez m'appeler Becky maintenant», dit-elle avec un clin d'œil.
Oliver s'assit alors à côté de sa femme et pris le petit dans ses mains afin de le présenter à Becky.
«Voici Matthew, notre petit trésor. Il n'a pas deux jours», dit fièrement Oliver.
«Oh, Shaney et Oliver, quelle merveille vous avez là!Il faut absolument que je vienne vite à Denver pour voir ce petit trésor! »
«Tu peux venir quand tu veux. Tu es la bienvenue chez nous», assura Shane.
«Je vous le confirme», précisa Oliver.
«D'accord, on se rappelle très vite pour organiser ça», promit Becky avec un grand sourire.
«Alors, qu'est-ce qu'on mange, Oliver?» demanda Shane alors que son ventre se mit à gargouiller.
«Installe-toi confortablement et attends-moi. J'arrive.» répondit-il en déposant Matthew dans les bras de sa maman.
Shane se délectait de voir ce tout petit étendu contre elle. Oliver revint rapidement avec, dans les mains, un plateau rempli de différents bols. Il le posa sur la table, après avoir demandé à Shane d'éloigner un peu son ordinateur. Puis il repartit à la cuisine et revint avec deux grands bols de salade.
«Puisque nous vivons de nouveaux bouleversements, et les plus adorables qui soient», dit-il en regardant son fils endormi tout contre Shane,«je me suis dit que c'était le moment idéal pour retenter une petite expérience scientifique comme tu en as le secret», poursuivit-il en regardant sa femme d'un air espiègle. «J'ai demandé à Ramon tout ce qu'on pouvait mettre dans une salade et il m'a préparé un assortiment».
«Est-ce que tu penses que tu pourras survivre à ça? Tu n'as pas semblé aimer ça la première fois» demanda-t-elle en riant.
«Je boirais même un frappé miel-gingembre-Kumbacha si ça peut te faire plaisir.»
«Kombucha, Oliver».
Tous deux se mirent à rire de bon cœur. Soudain, le visage d'Oliver changea.
«Et je marcherais sur des braises pour toi. Je veux que tu sois heureuse, mon amour». Le regard d'Oliver, alors qu'il disait ces mots, devint profond et témoignait de l'amour infini qu'il avait pour son épouse. Son sourire s'était effacé pour laisser place au sérieux de ce moment.
«Oh, je le suis, Oliver. Je ne pourrais pas être plus heureuse qu'avec toi et notre petit trésor.»
Shane avança son visage vers Oliver, qui était encore debout. Il s'approcha alors d'elle et l'embrassa tendrement.
Nos deux amoureux mangèrent en tête à tête, sous la supervision de Matthew, qui ne quitta pas les bras de sa maman.
La nuit fut entre-coupée par les réveils de Matthew. Quand Oliver ouvrit les yeux au petit matin, Shane n'était pas à ses côtés. Il n'eut aucune difficulté à imaginer où elle pouvait se trouver. Il se leva donc et la rejoignit dans la chambre voisine. La douce clarté de ce matin d'été éclairait la pièce. Shane était en train d'allaiter le petit, assise dans la chaise à bascule centenaire des O'Toole.
«Bonjour, mon amour», lui dit-il en embrassant le dessus de sa tête. «Et bon appétit, mon chéri».
«Bonjour, chéri», lui répondit-elle, visiblement fatiguée par le manque de sommeil mais épanouie.
«La maternité te va à ravir, même si tu étais déjà la plus belle femme que j'aie jamais vue».
Shane se mit à rougir.
«Je vais préparer le petit-déjeuner. Qu'est-ce qui te ferait plaisir?» demanda-il.
«Du chocolat chaud et un peu de pain grillé, s'il te plaît.»
«Vos désirs sont des ordres, Madame.»
Quand Shane arriva dans la cuisine, le chocolat fumait dans la casserole et des tartines étaient dans le grille-pain. La jeune maman déposa le bébé dans son petit transat, qui était posé sur la table du coin repas, puis elle s'installa sur une chaise non loin de lui.
«J'avais déjà presque oublié ce que c'était d'avoir les mains libres», s'exclama-t-elle avec un sourire en prenant son bol dans une main et sa tartine dans l'autre.
La journée fut agréable. Oliver et Shane étaient contents de pouvoir rester à la maison pour le reste de la semaine. Norman, Rita et Charley se débrouilleraient très bien sans eux pendant quelques jours.
Le reste de la semaine fut plutôt chargé. Ils eurent la visite de Norman et Rita. Ils étaient impatients de pouvoir présenter leur petite fille à son nouveau copain, mais elle était à l'hôpital. Elle devait encore voir des spécialistes avant que ses parents ne puissent venir la ramener chez eux.
«Vous imaginez quand ils pourront jouer ensemble?» s'exclama Norman avec des étoiles pleins les yeux.
«Ils seront comme des frères et sœurs!» ajouta Rita avec l'enthousiasme qu'on lui connait.
Nos 4 amis étaient installés dans le salon tandis que le petit Matthew était installé dans son transat, sous le regard bienveillant et protecteur de ses parents.
«Regardez-nous», déclara Oliver. «Quand nous nous sommes rencontrés et que nous avons commencé à travailler ensemble, est-ce vous auriez pu imaginer qu'on en arriverait là? Vous, Norman et Rita, mariés et attendant de ramener votre petite fille à la maison. Et toi, ma Shane, mon amour, qui m'a offert ce que je n'aurais jamais osé espérer même dans mes rêves les plus fous. Tu m'as promis de m'aimer pour toujours. Et maintenant, tu m'offres le plus beau des trésors, notre petit Matthew».
«Oliver, si tu voulais me faire pleurer, c'est réussi», déclara Shane, qui retenait difficilement ses larmes.
«Je crois qu'on devrait tous pleurer» ajouta Norman les larmes aux yeux.
«Tu sais toujours trouver les mots, Oliver», répliqua Rita.
Le samedi fut ensoleillé. Oliver et Shane avait prévu un après-midi agréable avec Joe dans le jardin.
«Oliver, tu es prêt? Dépêche-toi, ton père ne va pas tarder», cria Shane depuis le salon.
«J'arrive dans une minute», répondit-il depuis leur chambre.
Oliver alla regarder dans son placard et hésita. «Allez, Shane sera contente», pensa-t-il. Il attrapa un jeans, puis il enfila le T-shirt que Norman et Rita lui avait offert la veille. Il alla devant le miroir pour voir à quoi il ressemblait et ne put s'empêcher de rire en voyant le message «Super Papa» flanqué sur le T-shirt. «Shane ne pourra pas dire que ces vêtements ne sont pas décontractés», pensa-t-il.
«Ça y est, je suis prêt», dit-il simplement en arrivant dans la cuisine.
Shane ne put s'empêcher de rire aux éclats.
«Je vois ça, Super Papa!»
Le couple entendit alors le nouveau-né pleurer.
«Je l'ai allaité i peine 30 minutes. Ce n'est pas pour ça. Il faut sûrement changer sa couche», annonça-t-elle.
«Continue ce que tu fais. J'y vais», se dépêcha de répondre fièrement le papa.
«Bonjour mon chéri. Tu vas être un gentil bébé avec papa?» demanda-t-il au tout petit.
Il sortit son fils de son berceau et inspecta sa couche. Il ne put retenir une grimace.
«Oh, Matti. Je t'aime, mais tu sens plus mauvais que la pomme de terre de tonton Norman et tatie Rita!»
Il l'emmena aussitôt jusqu'à la table à langer qui avait été installée dans la chambre. Il prépara tout ce dont il aurait besoin: lingettes, couche propre, poubelle. Il voulait vraiment faire des efforts pour aider Shane. Il décolla soigneusement les attaches adhésives de la couche sale puis, en la retirant, il ne put contenir son dégoût.
«C'est vraiment parce que je t'aime. Comment tu peux faire ça? Je croyais que tu ne buvais que du lait?»
Avec un gros effort, il essuya son fils avant de le nettoyer. Lorsqu'Oliver attrapa la couche propre, il n'eut pas le temps de la mettre en place qu'un petit jet partit du tout petit et arriva jusqu'à son papa.
«Oh non!» laissa-t-il échapper.
«Comment des choses aussi malodorantes peuvent-elle sortir d'un être aussi mignon que toi?» demanda-t-il à Matthew, qui ne cessait de regarder son papa se démener pour s'occuper au mieux de lui.
Oliver nettoya de nouveau le nouveau-né et changea enfin sa couche. Quand il eut terminé, il le reposa dans son lit le temps d'aller chercher un autre T-shirt. Tournant son visage vers la porte, il aperçut Shane qui lui souriait, à la fois amusée et attendrie par ce qu'elle venait de voir.
«Ça va papa, tu t'en es sorti?Je t'ai entendu dans le babyphone » demanda-t-elle à son mari.
«Moi, ça va, mais mon beau T-shirt n'a pas survécu à l'opération», répondit-il en se tournant vers elle.
«Oliver, mon mari courageux! Ne t'en fais pas. Un petit passage au lave-linge et il sera comme neuf. Il parait que les petits garçons aiment faire ça. Tu dois être content que je t'ai dit de ne pas mettre un de tes costumes aujourd'hui! Demande à Joe. Je suis sûre que tu lui as fait la même chose quand tu avais l'âge de Matthew. Tiens, enfile ça», lui lança-t-elle en lui tendant une chemise à carreaux décontractée propre pour qu'il se change.
L'après-midi avec Joe fut très agréable. Shane ne put s'empêcher de raconter à son beau-père la mésaventure que son mari avait rencontrée le matin.
«Oh chérie! Si tu savais tout ce qu'il m'a fait subir quand il était petit!» déclara-t-il en parlant de son fils.
«Fils, je suis désolé de t'apprendre ça, mais tu vas devoir apprendre à te salir», l'informa-t-il.
«Oh, je ne pense pas que…»
«Si, chéri», interrompit Shane. «Le temps des costumes à la maison est terminé, à moins que tu aies envie de te changer sans arrêt. Tu devras les garder pour le travail.»
Shane attrapa la main d'Oliver et frappa dans sa propre main en guise d'accord.
Oliver et Shane devaient reprendre la direction du DLO dès le lundi. Ils en étaient donc aux derniers préparatifs pour s'assurer que tout soit prêt pour Matthew. Ils convinrent tous ensemble que Joe viendrait chez son fils et sa belle-fille dès le matin pour s'occuper du tout petit. Il était aux anges de s'occuper de son petit-fils. Joe remarqua le visage inquiet de la jeune maman alors qu'elle serrait son petit tout contre elle.
«Est-ce que tu vas bien?» s'assura-t-il.
«Oui…euh…oui. C'est juste que Matthew est si petit. J'ai peur qu'il croie que sa maman ne veut plus être avec lui. C'est bête, je sais mais…»
«…mais rien. Oliver et toi êtes tous les deux fous d'amour pour ce petit trésor. Tu n'es pas la première mère qui travaille. Mon petit-fils et moi passerons du temps entre hommes tous les deux. Et ne t'inquiète pas, nous viendrons vous voir au DLO dans la matinée. Tu verras, vous serez tellement occupés que vous ne verrez pas le temps passer.»
Shane lui sourit en guise de réponse.
Le soir venu, une fois que Joe fut reparti et que Matthew fut installé pour la nuit, Oliver alla au tourne-disque et y plaça un disque. Puis il offrit une main à sa femme.
«Me ferais-tu l'honneur de m'accorder cette danse?» l'invita-t-il.
«Avec plaisir, très cher», lui répondit-elle, des étoiles pleins les yeux alors qu'elle entendit les premières notes de «Moon River».
«Est-ce que tu te souviens?» demanda Oliver en enlaçant sa femme.
«Comment pourrais-je oublier? C'est sur cette musique que nous avons dansé pour la première fois», dit-elle en l'embrassant tendrement.
«Le plus beau jour de ma vie est quand tu y es entrée. Nous ne pouvions pas être ensemble à ce moment-là», commença-t-il avec une pointe de tristesse en repensant à cette période. «Mais je savais que je ne serais jamais heureux si je ne pouvais pas être avec je ne t'avais pas rencontrée chez ce vendeur de café, et si tu n'avais pas été aussi patiente avec moi, je n'aurais jamais connu ce bonheur. »
Shane passa ses bras autour du cou d'Oliver, posa sa tête sur l'épaule de son mari, puis tous les deux dansèrent encore et encore au rythme de la musique.
(A suivre)
