Version française de l'histoire "A new life". Cette histoire est la suite de "Un anniversaire pas comme les autres", mais peut être lue séparément. Elle fait suite à "A Tale of Three Letters" et son adorable scène finale.
Ces incroyables personnages ne m'appartiennent pas, mais ils appartiennent à la très talentueuse Martha Williamson. Un immense merci à Eric Mabius, Kristin Booth, Geoff Gustafson, Crystal Lowe et Gregory Harrison pour leur donner vie comme ils le font.
Une nouvelle vie
Chapitre 3
Oliver et Shane arrivèrent au bureau de Poste d'un pas léger. Bras dessus bras dessous, nos heureux parents entendirent une voix joyeuse les interpeler.
«Bonjour vous deux! Comment allez-vous aujourd'hui?» Les accueillit Hazel.
«Etant donné les derniers événements qui nous sont arrivés, nous sommes sur un petit nuage», répondit d'abord Shane.
«Le petit nuage matérialise un état de bonheur intense et d'euphorie, comme une sorte de rêve éveillé», expliqua Oliver.
«Nous allons très bien, Hazel, plus heureux que jamais», précisa la jeune maman.
«Où est le bébé?» demanda la factrice.
«Il est avec le père d'Oliver. On doit te laisser. Norman et Rita nous attendent. On n'est pas en avance.»
«Norman, Rita, bonjour», annonça Oliver en entrant.
«Oh, bonjour Oliver ! Bonjour Shane!" répondit Rita avec un grand sourire. «Comment allez-vous? La séparation n'a pas été trop difficile?»
«Oh, Rita! Si tu savais…Mon petit amour dormait quand on a quitté la maison», répondit la maman en faisant une grimace exagérément triste.
«Alors, ce n'est plus moi?» lui demanda Oliver en prenant une mine déçue à l'attention de sa femme.
«Bien sûr que tu l'es, Oliver. Mais tu n'es plus le seul. Il faudra bien te faire à cette idée», lui répondit-elle avec un clin d'œil. Puis, se rapprochant de son mari, elle lui chuchota à l'oreille: «Chéri, est-ce que tu as remarqué qu'on était au bureau?»
«Ah bon? Je n'avais pas remarqué», lui souffla-t-il avec un sourire.
«Vous avez l'air en forme tous les 2! Vous êtes trop mignons». Rita était tellement heureuse de voir ses amis aussi épanouis.
Alors que tous les 3 se mirent à rire, Shane aperçut Norman.
«Est-ce que ça va? Tu as l'air bizarre.»
«Oui, ça va. C'est juste qu'on a reçu une lettre ce matin», annonça-t-il d'un air perplexe.
«Montre-moi cette lettre qui te gêne tellement», lui demanda Oliver.
Norman lui tendit l'enveloppe avant de donner quelques informations la concernant.
«L'écriture est visiblement celle d'un enfant. La graphie est soignée, mais encore hésitante. Je pencherais pour un auteur de 7 ou 8 ans, peut-être un garçon. Le courrier est adressé à la bibliothèque de quartier de Cherry Creek.»
«Pourquoi la lettre nous est parvenue dans ce cas?» interrogea Shane.
Après avoir jeté un coup d'œil à ce qu'il avait dans les mains, Oliver fut en mesure de lui répondre.
«L'expéditeur a oublié de mettre un timbre», déclara-t-il.
«Ah, je vois. Mais un enfant n'écrit jamais une lettre pour rien. Ça doit être important», dit-elle avec une pointe d'inquiétude pour ce petit écrivain. «Que fait-on dans une telle situation?»
«Affranchissement insuffisant…», commença Norman.
« …retour à l'envoyeur», termina Oliver.
«A-t-on son adresse?» demanda Rita.
«Non. Nous n'avons qu'une chose à faire», déclara Oliver en tendant la lettre à sa femme.
Shane la prit puis, après avoir choisi l'un des coupe-papiers d'Oliver, elle ouvrit soigneusement l'enveloppe et lut la lettre à haute voix:
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Monsieur Croley,
Je m'appelle Thomas. J'ai 8 ans la semaine prochaine. Je t'écris parce que j'ai quelque-chose à te demander. Ma maman est partie travailler très loin. Papa ne sait pas quand elle reviendra. Je vois qu'il est triste. Il travaille beaucoup, et des fois je dois aller dormir avant qu'il rentre. Je fais du basket pendant les vacances et aussi du cirque. C'est amusant. Mais je voudrais bien que mon papa vienne me voir de temps en temps. On habite à deux pas de la bibliothèque, mais il est trop occupé. Mon spectacle de cirque est le 25 juillet. Est-ce que tu pourrais lui donner sa journée? S'il te plaît, je veux voir mon papa. Tu peux lui dire de venir me voir? Dis-lui qu'il s'amurera bien.
Merci.
Tommy Callum
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Nos 4 POstables eurent la larme à l'œil à cette lecture.
«Il faut absolument qu'on fasse quelque-chose pour Thomas. Il dit qu'il n'habite pas loin de la bibliothèque. Je vais lancer une recherche pour voir si nous trouvons un certain Monsieur Callum qui habite à Cherry Creek. Il faudra sûrement un peu de temps», déclara Shane.
Chacun se rendit alors à son poste de travail en attendant que l'ordinateur montre ses talents. Levant la tête des documents qu'il complétait, Oliver remarqua sa femme qui souriait d'un air attendri à son écran. Il se doutait bien de ce qu'elle regardait comme ça. Il se leva alors de son bureau et se plaça derrière elle pour voir l'écran, lui aussi.
«Je peux me joindre à toi, mon amour? », lui chuchota-t-il dans l'oreille, tandis que les cheveux blonds lui chatouillaient le visage.
«Avec plaisir, chéri».
Le couple contempla amoureusement les photos de leur petit Matthew que Shane faisait défiler à l'écran.
«Où en est ta recherche?» demanda-t-il.
«Attend que je…». Shane n'eut pas le temps de finir sa phrase. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, elle leva la tête et aperçut Joe qui arrivait avec la poussette.
«Matthew!» La maman se précipita vers son bébé et le prit dans ses bras. «Tu m'as tellement manqué!» dit-elle les yeux brillant de larmes.
«On l'a quitté i peine 2 heures», précisa Oliver innocemment.
«Oui, je sais. C'était interminable!» répondit-elle.
Le nourrisson commença à pleurer.
«Il doit avoir faim, c'est l'heure. Je vous laisse», se dépêcha-t-elle de dire avant de se mettre à l'écart pour allaiter le tout petit.
Joe croisa le regard d'incompréhension de son fils, qui était surpris de voir sa femme comme ça. Il lui sourit tendrement.
«Tu sais Oliver, maintenant c'est une maman», lui dit-il en guise d'explication.
«Elle a beaucoup de mal à penser à autre chose qu'au bébé», s'inquiéta Oliver.
«C'est normal. C'est tout nouveau pour vous deux. Il vous faut juste du temps», le rassura son père.
«Est-ce que tu viens manger avec nous, papa?»
«Avec plaisir, fils».
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Tous les 5 se dirigèrent d'un pas léger vers le restaurant de Ramon, Shane ayant pris le contrôle de la poussette.
«Mes postiers préférés!» furent-ils accueillis par Ramon.«Shane, Ovileer, et petit Matteo!Quel plaisir de vous voir. Comment va notre belle petite famille?»
«Nous allons tous très bien, merci», répondit fièrement Oliver.
Après que nos amis se furent installés à une table, «Ovileer» décida de s'éloigner un peu avec le petit pour bavarder avec Ramon afin de permettre à Shane de profiter un peu de son déjeuner. Quand le repas fut terminé, Oliver et Shane n'eurent pas d'autre choix que de laisser repartir Joe avec leur petit trésor. Mais avant la séparation, la maman ne put s'empêcher de donner quelques recommandations au grand-père.
«Si vous sortez cet après-midi, pensez à prendre des vêtements de rechange. On ne sait jamais.»
«Compris.»
«Et surtout, pensez à bien couvrir sa tête. Il est fragile.»
«Oui, maman», répondit Joe avec un grand sourire amusé.
A ces mots, Shane remarqua le visage de son beau-père.
«Oh, je suis désolée. Je ne voulais pas insinuer que vous…», s'excusa-t-elle en réalisant qu'elle avait, malgré elle, douté des capacités de l'homme.
«Ne t'inquiète pas, chérie. Tout va bien. Tu es une maman, je comprends. Et c'est tellement mignon de te voir protéger ton bébé de cette façon», la rassura-t-il en l'embrassant affectueusement sur la joue.
Shane lui sourit de reconnaissance. Elle était tellement heureuse d'avoir un beau-père tel que lui. Elle n'aurait pas pu rêver d'un meilleur grand-père pour son enfant.
Après cela, les deux parents embrassèrent tendrement le nourrisson et les regardèrent s'éloigner. Puis nos 4 POstables repartirent au bureau pour tenter de livrer le plus vite possible sa lettre à Thomas. Sur le chemin, Shane soupira, contrariée d'avoir réagi de cette façon avec Joe.
«Ne t'inquiète pas, mon amour. Mon père va très bien s'en occuper», lui murmura-t-il, le bras autour de ses épaules.
«Je n'en doute pas. Si seulement j'avais réfléchi avant de parler», se lamenta-t-elle.
«C'est ce que j'aime chez toi. Tu dis toujours ce que tu as sur le cœur» continua-t-il avant de l'embrasser sur le côté de la tête.
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De retour au DLO, Shane alla immédiatement consulter son ordinateur.
«Bingo!» s'exclama-t-elle. «J'ai un nom, «Michael Callum», et une adresse à Cherry Creek. Tu devrais lui téléphoner, Oliver».
L'homme s'installa derrière son bureau, décrocha son téléphone, et composa le numéro de la bibliothèque que Shane lui tendit. Puis il partagea avec son équipe le résultat de son appel.
«Très chers amis, Thomas finit son cours de cirque à 15h et Michael va l'y chercher. Nous les rencontrerons à 16h», répondit Oliver.
Les POstables profitèrent des quelques heures, avant le rendez-vous, pour trier et ré-expédier quelques lettres égarées. L'après-midi fut très chargé, ce qui fut très bénéfique pour Shane. Même si Matthew lui manquait, reprendre ses vieilles habitudes de travail lui faisait beaucoup de bien.
Quand sa montre indiqua l'heure de partir, Oliver en informa son équipe. Tous se dirigèrent alors vers la Jaguar et s'y installèrent, Shane à côté de son mari, Norman et Rita à l'arrière. Le chef de section gara la voiture devant une maison en plain-pied et frappa à une porte rouge. Un homme mince d'une trentaine d'année leur ouvrit.
«Bonjour. Je m'appelle Oliver O'Toole et voici mes collègues Shane McInerney, Norman Dorman et Rita Haywith-Dorman. Nous travaillons pour le service Postal. Je vous ai téléphoné tout à l'heure parce que nous avons une lettre particulière à remettre à Thomas», déclara Oliver. Il essayait toujours de garder les choses «professionnelles», mais cela devenait de plus en plus difficile, même pour lui.
«Je suis son père. Vous pouvez me la donner», répondit Michael.
«Quand une lettre nous est confiée, nous sommes dans l'obligation de la livrer à son destinataire ou, le cas échéant, à son expéditeur en personne», expliqua Norman.
«La lettre n'a pas été affranchie. Nous ne pouvons donc pas la livrer à son destinataire. C'est pourquoi nous sommes ici, pour la rendre à son auteur», compléta Oliver.
Michael invita nos 4 POstables à entrer, puis les conduisit à la terrasse l'arrière de la maison. Thomas jouait dans le jardin. Les adultes s'assirent afin de s'entretenir au sujet de la situation.
«Puis-je aller parler à Thomas au sujet de son courrier?» demanda Oliver.
Michael lui donna son accord.
«A qui la lettre est-elle adressée?» interrogea le père.
«A un certain M. Croley. Savez-vous de qui il s'agit?» demanda Shane.
«C'est mon employeur», répondit leur hôte, retenant difficilement l'émotion qui l'envahissait.
Shane ne put résister au besoin de l'informer du contenu de la lettre. C'est alors que des larmes commencèrent à couler le long des joues de l'homme.
«Avez-vous des enfants?» demanda-t-il à ses 3 visiteurs.
«Oui», répondirent joyeusement en cœur Norman et Rita.
«Et vous, Mme McInerney?»
«Oui» dit-elle en regardant tendrement vers Oliver, comme dans un réflexe.
Michael compris à la façon dont Shane regardait son mari.
«Ah, je vois. M. O'Toole est donc votre…?»
«Euh…oui, mon mari», compléta-t-elle, gênée d'avoir, malgré elle, dévoilé une information personnelle le concernant, lui qui mettait un point d'honneur à garder sa vie privée. Elle avait été tellement touchée de le voir accroupi, en train de parler à l'enfant. Elle l'avait alors imaginé en faire autant avec leur propre fils quand Matthew aurait besoin de parler dans quelques années. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle l'avait regardé de cette façon.
«Si je peux me permettre», commença Michael, «ne faites pas la même erreur que moi. Ma femme a dû partir à l'étranger pour son travail. Ça fait 3 mois. Nous espérons son retour dans les prochains mois, mais nous n'avons aucune date pour le moment. Vous ne pouvez pas comprendre ma peine si vous ne l'avez pas vécue vous-même».
«Je sais ce que c'est, croyez-moi», répondit Shane en baissant le regard.
«J'en suis sincèrement désolé», lui répondit-il. «J'ai essayé de tenir bon pour Tommy. Mais avec le temps, j'ai perdu pied. Je me suis plongé dans le travail pour ne pas penser à ma peine. Je ne m'étais pas rendu compte que Thomas en souffrait autant. Même si c'est temporaire, sa maman lui manque. Et à cause de moi, son papa aussi», poursuivit-il alors que les larmes commençaient à couler le long de ses joues. «Ne faites jamais passer votre travail avant votre famille. Sinon, un jour, il sera trop tard.»
Bouleversés par ce récit, tous les regards se tournèrent vers Thomas. Ils le virent alors se jeter en pleure dans les bras d'Oliver, qui les referma autour de lui. Après un moment, l'enfant le relâcha et essuya les larmes de ses petites joues. Puis, prenant la main de cet inconnu qui l'avait consolé, tous deux rejoignirent la terrasse. Michael se leva pour accueillir son fils. Ils se regardèrent alors droit dans les yeux et, ne pouvant dire un mot, l'enfant sauta dans les bras de son papa, qui le serra fort contre lui, lui disant encore et encore à quel point il l'aimait. Oliver s'assit à côté de Shane. La voyant au bord des larmes à cause de ces retrouvailles père-fils, il s'autorisa un rare geste d'affection en public pour essayer de l'apaiser et il prit la main de sa femme dans la sienne.
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Le trajet retour vers le DLO se fit dans le calme, chacun des 4 essayant au mieux de se remettre de ses émotions et pensant à son propre enfant et aux relations de famille qu'il ou elle espérait construire. La journée, et particulièrement son dénouement, avait été très éprouvants. Une fois arrivés au bureau, les deux couples se souhaitèrent une bonne fin de journée et chacun reprit le chemin de la maison.
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«Que t'a dit Thomas quand vous étiez dans le jardin?» demanda Shane à Oliver alors qu'ils marchaient entre la voiture et la maison.
«Il m'a expliqué que sa mère travaillait pour une organisation qui vient en aide aux populations déplacées suite à des catastrophes naturelles. Elle a été appelée en urgence i mois après que le Mozambique a été frappé par un cyclone. Il sait que la population sur place a besoin de sa maman, mais c'est très difficile pour un enfant de cet âge-là. Et il croit que son père ne veut pas de lui parce qu'il préfère travailler plutôt qu'être avec lui. C'est en tout cas ce qu'il m'a dit», expliqua-t-il tristement.
«Michael nous a expliqué que l'absence de sa femme le faisait tellement souffrir qu'il avait perdu pied», poursuivit-elle.
« J'ai une bonne idée de ce qu'il peut ressentir», commença-t-il doucement en se replongeant dans cette période difficile de sa relation avec Shane. Après 3 mois, et même avant, je n'étais plus qu'une âme en peine. J'ose à peine imaginer ce que je serais devenu si tu n'étais pas revenue…», se souvint-il le cœur lourd, en caressant la joue de son amour.
«…mais je suis revenue. Parce que tu es le seul homme que j'ai jamais aimé. Je t'aime et tu sais que je ne te quitterai jamais. Tu es le seul amour de ma vie», lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux avant de l'embrasser tendrement.
Oliver était sur le point d'ouvrir la porte de la maison quand Shane l'en empêcha.
«Oliver, il faut que je te parle de quelque-chose.»
«Oui, mon amour. Je t'écoute.»
«Eh bien, je…», commença-t-elle.
«Bonjour tous les 2!» dit Joe en ouvrant la porte. «J'ai entendu la poignée. Je me suis dit que vous aviez peut-être oublié vos clés».
«Papa! Vous avez passé une belle journée tous les deux?» lui demanda Oliver.
«C'était formidable! Vous pouvez me confier ce petit chéri quand vous voulez. Il est adorable», dit l'heureux grand-père des étoiles pleins les yeux. «Il a juste…»
«Quoi?» s'inquiéta Shane.
«Rien de grave, ne t'inquiète pas», tenta de la rassurer son beau-père. «Je pense juste qu'il n'a pas aimé son biberon. Il n'a pas bu il va très bien.»
Oliver conduisit Shane dans la maison. Matthew était installé dans son transat, ses yeux se fermant tout doucement. Quand ses deux parents s'approchèrent, ils aperçurent deux petits paquets posés sur lui.
«Qu'est-ce que tu as là, mon chéri?» lui demanda sa maman.
«Nous nous sommes bien amusés tous les deux et il a voulu vous préparer un petit quelque-chose que vous puissiez emmener au bureau», expliqua fièrement Joe avec un clin d'œil.
«Un pour papa», énonça Joe en tendant un premier paquet à son fils.
Quand Oliver ouvrit son cadeau, un sourire illumina son visage. Dans les mains, il tenait un petit cadre composé de deux parties. Sur la gauche, une minuscule empreinte de main avait été faite avec de la peinture. Sur la droite avait été placée une photo de Matthew. Le bébé avait été habillé en petit postier avec une casquette bleue, une chemisette bleue et un short aux couleurs postales.
«Oh, mon chéri. Je vois que tu es déjà prêt à perpétuer la tradition de la famille O'Toole», dit-il en caressant la tête du tout petit. «Merci papa!» répliqua-t-il en prenant son père dans ses bras.
«Un pour maman», énonça ensuite Joe à l'attention de Shane.
Quand la maman ouvrit le paquet, elle eut un cadeau similaire à celui de son mari. Sur la gauche, son fils avait déposé une minuscule empreinte de sa main. Sur la droite avait aussi été déposée une photo du tout petit. Cette fois-ci, il était habillé du même short bleu et la même chemisette. Mais sa tenue était accompagnée d'une toute petite paire de bretelles et d'une minuscule cravate.
«Il me semble que tu as un faible pour les beaux gentlemen en costume. Vous pourrez déposer les cadres sur vos bureaux au DLO», lui dit Joe en souriant.
«Vous n'avez pas idée du mal que j'ai eu à trouver une tenue et des accessoires aussi petits. Je pense qu'il pourra encore les mettre un petit moment», déclara-t-il joyeusement au couple.
Alors qu'Oliver était attendri par cette attention de son père, Shane ne dit pas un mot. Elle gardait les yeux rivés sur la petite photo. Sa gorge était serrée et elle était incapable d'ouvrir la bouche. C'est alors que la maman se mit à sangloter silencieusement.
«Papa, tu peux nous laisser un moment, s'il te plaît?» demanda Oliver, qui ne détournait pas son regard de sa femme.
«Bien sûr. Prenez votre temps. Je serai dans la cuisine», assura Joe, l'air inquiet.
«Merci papa», répondit le jeune papa, comme dans un souffle. Son cœur se déchirait à cette vision de son amour.
Quand son père eut quitté la pièce, il passa ses bras autour de sa femme et la serra fort. Toujours en pleure, elle lui répondit en passant les bras autour du cou de son mari. Elle pleura un moment dans ses bras puis, doucement, elle commença à se calmer. Elle fut soudain si calme qu'il crut qu'elle s'était endormie. Oliver relâcha alors son étreinte afin de voir le visage de Shane. Elle le regardait dans les yeux, d'un regard plein de tristesse.
«Dis-moi ce qui ne va pas, mon amour.»
«Oh, Oliver!» commença-t-elle en retenant ses larmes. «C'est cette lettre. Pendant que tu parlais à Thomas, Michael nous a expliqué comment ils en étaient arrivés là. Sa femme est partie pour le travail. Ensuite, lui a mis son travail avant sa famille. Et avant qu'il puisse s'en rendre compte, sa relation avec son fils en a pâti et maintenant, Thomas souffre de l'absence de ses deux parents. Je ne veux pas que Matthew vive la même chose.»
«Bien sûr que non!» s'empressa de dire Oliver pour calmer les inquiétudes de la jeune maman. «Ne t'inquiète pas, Shane. Matti va très bien. C'est tout nouveau pour nous. Il faut juste qu'on trouve un bon équilibre. Et tu sais qu'il est très bien avec mon père pendant qu'on est au travail».
«Je sais, chéri. De nombreux parents travaillent, et je ne dis pas que je veux arrêter. Mais regarde-le. Il est encore tellement petit. Il a besoin de moi», expliqua-t-elle avant de marquer une pause. «Et j'ai besoin de lui. C'est trop tôt. Cette journée a été très difficile.»
«Ne t'inquiète pas, mon amour. Tu as accouché i peine quelques jours. Si tu as besoin de rester avec le bébé quelques semaines, fais-le. Tu reviendras au bureau quand tu seras prête.»
Le visage de Shane s'illumina et elle retrouva le sourire.
«J'aime mieux te voir comme ça», lui dit-il tendrement en essuyant les larmes sur le visage de sa femme. «Est-ce que je peux faire revenir mon père? Il avait l'air inquiet quand il a quitté la pièce.»
Se sentant bien mieux, elle acquiesça en lui souriant.
«Papa!» appela Oliver.
Joe poussa doucement la porte pour voir comment allait sa belle-fille.
«Comment vas-tu, chérie? Je suis désolé. Si j'avais su que ce cadre…»
«Oh non, Joe!» l'interrompit-elle. «Je suis désolée que vous m'ayez vu dans cet état. J'aime beaucouple cadre ! C'est juste qu'en le voyant, je me suis rendue compte à quel point Matthew m'avait manqué aujourd'hui», poursuivit-elle en prenant le tout petit dans ses bras.
«Ne t'inquiète pas. Tu viens juste d'avoir un bébé. C'est tout à fait normal qu'il t'ait manqué. Il n'y a aucun problème», essaya-t-il de la rassurer.
«J'ai repris le travail trop vite. Mais après quelques semaines, ça devrait aller beaucoup mieux, j'en suis sûre. Je vais rester un peu avec mon petit gentleman», ajouta-t-elle avec un clin d'œil à l'intention de son beau-père.
«Je vais vous laisser maintenant. Je pense que vous avez besoin de passer du temps ensemble, tous les 3. Je vous aime», déclara Joe avant d'embrasser tout le couple pour leur dire au revoir.
«Au revoir papa.»
«Au revoir papa », fit-elle écho avec un sourire en direction de Joe.
Après le départ de son père, Oliver prit le nouveau-né des bras de Shane et l'installa dans son transat. Puis, il alla mettre un disque et le lança. Une musique familière se fit entendre avant que la chanson démarre:
In every heart there is a room
A sanctuary safe and strong
To heal the wounds from lovers past
Until a new one comes along
…
Oliver enlaça sa femme et tous deux se mirent à danser en suivant le rythme de la musique. Shane posa sa tête sur l'épaule de son mari. Alors, il murmura à son oreille : «Je t'aime, mon amour. Je serai toujours là pour toi et pour notre petit trésor.»
«Je le sais», répondit-elle en le serrant plus fort.
(A suivre)
