Noa relève la tête en panique, et croise le regard inquiet de Fujiwara-kun.
- Comment tu peux oublier ton frère? Demande-t-il, en paniquant lui aussi à cause de l'angoisse débordante de Noa.
- Mais je sais pas! J'étais trop concentrée sur le volley! Oh mon Dieu, mon père va me tuer…
La phrase en français déconcerte les membres de Shiratorizawa. Tendou fronce les yeux et sa tête penche sur sa droite. Il trouve les mimiques faciales de Noa comiques. Et cela l'est encore plus, quand on constate que cela cesse une fois sur le terrain.
Le visage de la jeune Naoki affiche, à cet instant, une expression plus qu'inquiète, voir même paniquée. Son ongle de son pouce se loge de nouveau entre ses dents. Elle tente de se remettre ses idées en place. Il faut qu'elle sorte du gymnase, retrouve son frère et lui fasse promettre qu'il n'en parlera pas à leur père, ou alors… Ce serra la fin de Noa Naoki.
Elle vérifie qu'elle a toutes ses affaires. Elle enfonce ses mains dans ses poches et constate que c'est la cas. La brune s'apprête à partir, son pied droit amorce un début de mouvement quand Noa se rappelle un détails plus ou moins primordiale: elle n'a aucune idée d'où se trouve le club d'échec…
Son visage vire de nouveau au blanc cadavérique, à une telle vitesse qu'on dirait un clignotant de voiture. Cela inquiètent les membres de Shiratorizawa, qui observe le manège de la pointue du Lif depuis tout à l'heure.
Fujiwara a sa main en suspens, comme si il hésitait à la poser sur l'épaule de notre protagoniste. Tendou sourit étrangement tout en observant Noa avec un air un peu moins fatigué qu'à l'ordinaire. Ushijima converse ma mono-expression, mais ses sourcils fins sont légèrement froncés, ce qui témoigne de son incompréhension. Semi-semi et le reste de l'équipe affiche une mine un peu perdu et une paire de sourcils froissés.
- Heu… Est-ce que quelqu'un sait où se trouve le club d'échec? Demande Noa, en se tournant lentement vers les joueurs.
Elle est malaisée, et son visage retranscrit très fidèlement cette émotion. Tendou glousse à côté du capitaine de Shiratorizawa. Fujiwara soupire de soulagement, il s'était préparé au pire, mais visiblement la français s'est seulement perdue. Ce qui explique pourquoi elle a débarqué comme une touriste dans le club de volley…
Un sourire en coin pointe le bout de son nez sur le visage du manager. Tendou, en un coup d'œil le remarque, et il sourit en miroir: Toshiro-kun a une idée et en générale, elles plaisent bien à Satori.
- Tu pourrais l'accompagner Semi? Propose le brun en jetant un regard malicieux au second passeur de l'équipe.
Le concerné, qui ne s'y attendait visiblement pas, fronce les sourcils et sursaute à moitié. Il n'a pas le temps de prononcé un mot, que Tendou est déjà dans le coup fourré du manger -ils font la paire ces deux -, et pousse le blond vers la française.
Noa braque son regard pétillant d'espoir vers le numéro trois. Semi frissonne, passe une main sur sa nuque, et détourne le regard en bégayant. Il ne sait même pas pourquoi il réagit comme ça, mais cela l'énerve de plus en plus.
Les regards narquois de Tendou et Fujiwara sont braqués sur lui, si bien qu'il est un peu forcé d'accepter la proposition du manager.
Il hoche la tête et s'avance d'un pas ou deux pour signifier qu'il accepte sa mission. Le visage de Noa s'illumine de nouveau – vous avez la métaphore du clignotante encore en tête?- et ses lèvres s'étirent un sourire lumineux.
Et en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, Semi prend sa veste de club et suit Noa à l'extérieur. Le soleil est haut dans le ciel, mais un vent frais vient s'infiltrer dans les mèches désordonnées de la brune. Le numéro trois l'observe enfoncer ses mains dans son manteau, tandis que lui même cache son nez dans le col de sa veste.
- Pourquoi tu dois aller au club d'échec? Demande le blond tout en avançant.
Il pose son regard sur Noa qui se trouve à sa droite. La brune lui sourit. Semi, du haut de son mètre soixante-dix-neuf, l'observe, attendant une réponse.
- Mon petit frère y est inscrit. Il avait une compétition… Ou quelque chose dans ce genre là, j'ai pas tout compris.
Le visage du passeur prend un air étonné.
- Ton frère est à Shiratorizawa? Répète-t-il étonné.
- Oui, il a passé l'examen et a été admis, répond Noa fièrement. Il est en seconde. Fin' en première année.
L'espace d'un instant, elle a oublié que les termes «secondes», «premières» et «terminales» ne sont en vigueur que en France. Semi ne comprendra pas si elle s'exprime ainsi.
- Il a réussi l'examen? s'étonne le blond cendré. Fortiche ton frangin.
Elle sourit, assez fier de la réussite de son frère. Le blond entre par la fameuse porte laisser ouverte et Noa le suit.
- Et pourquoi tu n'es pas à Shiratorizawa toi? Poursuit le passeur en lui jetant un regard en coi emplie de curiosité.
La brune fronce les sourcils. Elle ne leur a jamais dis qu'elle ne faisait pas partie de leur lycée… Comment a-t-il su? Un éclair de génie – assez rare chez notre protagoniste, il faut se l'accorder – lui traverse les neurones. Noa se souvient avoir préciser qu'elle jouer en tant que titulaire de son équipe de volley, et les membres du club masculins connaissent sûrement ceux du club féminin, si toute fois, il existe. Ou alors cela vient du fait, qu'elle ne connaît pas les lieux, ou qu'elle a campé parce qu'elle ne savait pas si elle avait le droit d'entrer.
- Quand j'ai décidé de faire mes études au Japon, mon meilleur ami, le passeur de mon équipe, est venu avec moi. Et on a choisi ensemble le lycée où on voulait aller pour être sûr d'être dans le même, explique la brune avec un sourire.
- De toute façon, je ne serais jamais aller à Shiratorizawa, fait remarquer Noa en gloussant.
Semi fronce les sourcils. Il ne comprend pas vraiment pourquoi… Est-ce parce qu'elle n'aime pas le lycée.
- Je n'aurais jamais réussi l'examen!
Le blond sourit aussi devant l'autodérision de l'Ace.
- Tu serais aller où? Continu Eita, amusé.
Il tourne à droite, et se rend compte que parler avec Noa est très agréable malgré son regard brûlant qui lui liquéfie les muscles.
- Sûrement Aoba Josai, mon ancienne correspondant y est. Ah d'ailleurs!
Elle sort son téléphone, se souvenant soudain que Mimi-chan lui a répondu. Le numéro trois l'observe. Elle ne dit rien, et semble concentré sur son cellulaire.
Ses yeux dorées lisent les caractères français envoyés par la japonaise. Aucune erreur de syntaxe, pas la moindre faute d'orthographe, Mitsuki est presque aussi douée, voir plus, que Noa en français. C'est assez ahurissant.
D'ailleurs Noa a beaucoup jalousé l'aisance linguistique de Mimi-chan, quand elle, au même âge galérais pour apprendre ses kanas et katakanas.
Son son écran s'affiche la réponse de la japonaise:
De Mimi-chan:
Oui ( )
Je suis en dernière année à Aoba Josai! Tu es donc sur Miyagi ce week-end? Faut absolument qu'on se voit No-chan, ça fait tellement longtemps…
Souhaite bonne chance à ton petit frère pour moi (. ~)
Cependant, j'ai un emploie du temps très chargé.~ ( _ ~) Je suis libre de 14h30 à 15h40, ça t'ira?
Bisous (* *)
Noa sourit, comme d'habitude, les messages de Mimi-chan sont surchargés d'émoticônes, des kaomoji. En voyant l'heure, la brune plisse les yeux. Il est environ midi, son frère a fini sa compète' d'échec et leur père vient les chercher à quatorze heure. Selon ses calculs, ils auront le temps de manger, et peut-être son père acceptera de la conduire jusqu'au lycée de son ancienne correspondante…
- Un message d'elle! Explique Noa en revenant dans la conversation.
Semi hoche la tête. Aoba Josai, c'est un peu leur ennemi juré, bien que leur adversaire ne les ai jamais battu. Le blond ne ressent aucune rancœur envers leur club de volley, mais il sait que Ushijima a une sorte obsession avec le capitaine de Aoba Josai.
Le passeur prend un nouveau couloir, cependant Noa, qui est en train de répondre à son ancienne correspondante ne regarde pas le chemin à suivre et continue son chemin. Semi s'arrête, et en un grand pas atteint la position de la brune. Il l'attrape par la manche et la tire vers lui. Noa manque de tomber, mais Semi l'aide à retrouver son équilibre en lui tenant les avants bras.
- C'est par là… explique-t-il.
Noa braque son regard dorée sur le jeune homme. Elle lui sourit et Semi à l'impression que c'est lui qui manque de tomber, il se ressaisit juste à temps. Il lâche prise tandis que notre protagoniste le remercie.
Semi lui rend sou sourire et reprend leur route. Il tourne la tête vers la brune. Elle alterne son regard entre son écran et lui, pour ne pas reproduire la même erreur. Quand leur regard se croisent, les lèvres de Noa s'étirent de nouveau en un sourire. Semi s'apprête à lui dire quelque chose, il ouvre la bouche:
- Dis.. Je
- NOA!
Les deux joueurs de volley sursautent. La brune regarde la source du bruit: il s'agit de Alex. Debout dans l'encadrement de la porte du club d'échec, il agite sa main pour être sûr que Noa ne le manque pas des yeux.
- Je vais te laisser, lance Semi.
Noa se tourne vers lui, un petit lueur triste dans le regard.
- D'accord. Merci de m'avoir montrer le chemin, dit-elle. Je me serais encore perdue sans toi. J'espère qu'on se reverra Semi-semi!
Le blond frissonne tandis que Noa lui adresse un signe de la main avant de tourner les talons et de rejoindre son frère. Il l'observe un instant, et les muscles de ses épaules se décrispent enfin.
Au loin, la brune vient d'arriver à la hauteur de son frère et lui parle activement. Le plus jeune, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à son aînée, semble hausser le ton et réprimander sa sœur. Noa passe une main sur sa nuque et son visage se tourne vers Semi. Malgré la distance, il peut voir l'air gêné de la volleyeuse. Quand elle l'aperçoit, cette expression disparaît quelques peu, Noa sourit et elle lui adresse un clin d'œil.
Semi hausse les sourcils, rougit et détourne le regard. Il se tourne entièrement pour repartir en direction du gymnase en essayant d'ignorer les tourbillons de la tempête qui se joue dans son estomac, sans qu'il ne comprenne pourquoi.
