Claquement de portière, les mains enfoncées dans les poches de sa veste en simili-cuir, Noa sort de la voiture paternel avec un air bougon. Elle a du s'asseoir à l'arrière. Et elle n'apprécie pas du tout, mais alors pas du tout.
Au contraire, Alex qui est installé à l'avant, à gauche de leur père. Il offre un grand sourire à Noa quand Mr. Naoki redémarre la voiture. La brune regarde son père et son frère s'éloigner.
Et elle espère de tout son cœur que l'Asticot n'aborde pas le sujet fâcheux de son abandon à leur père sinon elle peut dire adieu à la vie.
Debout devant le lycée de Mimi-chan, elle soupire et sort son téléphone pour regarder l'heure: il est 14h03. Noa est en avance, mais comme répète sans arrêt son père: l'avance est mère de sûreté.
Elle regarde autour d'elle et pose ses yeux ambré un peu partout. Un parking peu rempli un peu plus long sur sa droite, des bâtiments droit devant elle, un arbre sur la gauche et personne au alentour.
De nouveau, ses yeux se posent sur l'écran de son téléphone, à la recherche des indications de Mitsuki pour trouver leur point de rendez-vous.
Un fameux Gymnase Est. Noa ne comprend pas très bien pourquoi. Dans ses souvenirs, Mimi-chan ne faisait pas parti d'un club sportif, mais celui de littérature fantaisie. Et il lui semble que le sport n'est pas la grande passion de sa correspondante, qui se limite à un footing le week-end.
Mais passons, Noa n'a pas eut le réflexe de questionner son amie, donc nous n'obtiendrons jamais la réponse. Du moins pas tout de suite.
Selon la japonaise, Noa doit entrer dans le lycée et se diriger sur la gauche, vers l'Est, vous l'aurez compris -vous, car Noa ne l'a pas encore saisi.
- À gauche, mais pourquoi à gauche? Marmonne-t-elle en avançant.
Noa arpente l'une des allées principales de Aoba Josai sans rencontrer personne. Elle erre comme une âme en peine à la recherche de se foutu gymnase Est. Elle marche depuis bientôt dix minutes, quand elle aperçoit un banc. Ô bonheur, Ô joie!
La brune s'installa donc sur l'assise en pierre et observe la paysage autour d'elle. Le vent fait voler les feuilles des arbres, la chaleur de l'été s'estompe peu à peu. Noa regarde de nouveau l'heure sur son téléphone. Les minutes n'ont ps beaucoup défilées. Et l'Ace prend la décision d'attendre Mimi-chan sur ce banc. La japonaise saura bien la retrouver dans le bahut qui est le sien.
Dans l'un des rares moments de calmes – début d'après-midi, digestion pour Noa, ceci explique cela- la brune regarde distraitement le ciel bleu, et les quelques nuages qui le composent. Des voix lui parviennent lors de son moment de détente.
En tournant la tête derrière elle pour chercher la source de bruit, Noa constate qu'il vient du bâtiment un peu plus loin. Un gymnase, la porte est ouverte.
Cependant, Noa est trop loin pour entendre distinctement ce qu'il se dit. Assise sur la banc en pierre, elle se dit qu'aller voir ce qui se passe dans ce gymnase pourrait tromper son ennuie et faire passer le temps avant l'arriver de Mitsuki.
Seulement, voilà, la brune est atteinte par un symptômes que 90% des adolescents (et adultes, arrêtons de se mentir) connaissent: la flemme. Confortablement installée sur ce merveilleux banc en pierre, elle se dit aussi qu'elle peut très bien rester sur le banc et que la distraction que peut offrir ce gymnase n'est sûrement pas à la hauteur de ses espérances.
Et après quelques minutes – que dis-je? Secondes- de débat intérieur, le naturel curieux de Noa refait surface, et la volleyeuse finit par se lever et s'approcher du bâtiment.
Les voix se font plus fortes à mesure qu'elle s'avance vers la source de distraction. Noa reconnaît des accents japonais, rien de surprenant. Elle constate seulement sur le moment que l'accent de la préfecture de Miyagi est différent que celui de Tokyo -encore logique.
Ses pas la porte encore plus prêt, et alors qu'elle allait commencer à écouter les discussions, un ballon de volley sort par la porte ouverte du gymnase. Il s'arrête docilement au pied de la joueuse du Lif.
Elle en conclue donc qu'il s'agit d'un gymnase de volley, et cela l'a met en joie. Elle pense même naïvement avoir une sorte de détection magique des clubs de volley au vu de l'harmonie du hasard qui la suit. Le club de Shiratorizawa ce matin, celui de Aoba Josai l'après-midi, s'en est presque trop beau.
Et grâce au drôle de talent de Noa – ou la magie du scénario-, elle se penche et referme ses petites mains sur la balle de volley.
L'Ace du Lif relève la tête, cherche la personne qui a envoyé le ballon roulé jusqu'ici. Personne, seulement la porte entre-ouvert du gymnase bruyant.
Noa s'en approche à pas feutré; les fameuses voix résonnent, elle les entends depuis l'extérieur, mais elle peut les comprendre à présent.
- Ton service est plus que raté là, Shittykawa!
Elle fronce les sourcils. C'est la première fois qu'elle entend un nom être associé à une insulte. Cocasse comme situation.
Noa jette un coup d'œil dans le gymnase - Peut-être celui de son rendez-vous avec Mimi-chan?
Des garçons sont en train de s'entraîner au volley. Un sourire apparaît sur les lèvres de notre protagoniste.
Elle sort de sa semi-cachette, à savoir derrière la porte. Noa tient le ballon des deux mains en entrant dans le gymnase, avec un air joyeux sur le faciès. Elle regarde les joueurs les plus près. Un garçon aux cheveux bruns hérissés en pointe. Son vêtement affiche le numéro quatre, et il parle avec un autre joueur. Portant, le numéro un sur son chasuble, il a des cheveux châtains coiffés avec soin/ Il tire la langue à son coéquipier tandis que sa main droite se perd dans ses mèches ordonnées.
- Iwa-chan! C'est pas gentil, non me frappe pas!
Noa sourit, cette discutions lui rappelle étrangement sa relation avec Lucka. Et en pensant à Lucka, elle espère qu'il n'est pas blessé suite à sa chute dans les escaliers, car si il doit être remplacé par Léo, sa colère sera inoubliable -dans le mauvais sens du terme.
- Heu… Excusez-moi dit l'Ace du Lif pour attirer l'attention des joueurs de Aoba Josai. C'est à vous?
Elle tend le ballon.
- Oh oui, merci de l'avoir rapporté! Déclare le châtain en voyant un clin d'œil à la brune.
Celui au numéro quatre, le fameux «Iwa-chan», s'approche de Noa et récupère l'objet en lui adressant un regard sombre en biais. Il espère que la brune ne soit pas une énième groupies de son meilleur ami, et que le dit meilleur ami va rester concentré sur l'entraînement et non essayer de draguer la fille.
- Tu n'es pas du lycée? Questionne «Shittykawa», un sourire enjôleur sur le visage.
Sa main passe une nouvelle fois dans ses cheveux, de manière calculé fait parti de sa technique de drague habituelle. Mais il est tombé sur la mauvaise personne, car Noa ne réagit pas au signaux que lui envoie son interlocuteur.
- Non, j'ai une amie qui est ici, et vu que je suis de passage, j'en profite pour la voir. Elle m'a donné rendez-vous à côté du…
Elle sort son téléphone pour vérifier l'emplacement donné par Mitsuki.
- Gymnase Est, finit-elle. Vos savez où c'est?
- Tu y es! Répond le garçon charmeur.
Le premier joueur lève les yeux au ciel. Il pose ensuite son regard vert sur l'inconnue. Des cheveux courts, brun clairs, environ un mètre soixante dix, et des yeux ambres brillants.
"Iwa-chan" trouve un air quelconque à la jeune fille, presque simplet. Pourtant, son coéquipier continue son manège.
-Une si belle jeune fille ne peut rester seule dans le froid, commence le châtain.
Noa fronce les sourcils. Il ne fait pas si froid...
-Ça te dirais de rester à l'intérieur, et assister à notre entraînement?
Les yeux dorés de notre protagoniste s'illumine. C'en est presque trop beau pour être vrai. Heureuse, elle accepte la proposition du jeune homme, sans remarquer que l'air dépité du brun s'accentue davantage.
-Je peux?
Le dragueur hoche la tête, et un grand sourire envahit le visage de Noa. Elle remercie le garçon et celui-ci, sans se soucier des sourcils froncés de son camarade, commence à expliquer ce qu'ils font et les règles de base du volley.
La brune perd vite son entrain. Certes, elle apprécie la proposition d'assister à leur entraînement, mais le fait qu'il la prenne pour une novice l'agace un peu. Surtout qu'elle porte un t-shirt comique sur le volley, il pourrait être plus observateur.
Noa se tourne vers le numéro 4. Elle prend un air inquisiteur puis fait un signe visuel pour montrer au brun qu'elle parle de son coéquipier.
Cependant, "Iwa-chan" lui renvoie son air interrogatif, ne comprenant pas la gestuelle de Noa.
"Shittykawa" continue son explication sur les différents services pour les nuls, et essaie de capter l'attention de notre protagoniste à plusieurs reprises. Il va même jusqu'à lui toucher l'épaule.
Noa sursaute, regarde la main du volleyeur posé sur son épaule.
Le brun, quant à lui, est prêt à frapper son compère. Mais la réaction de note protagoniste le prend de cours.
La brune a finit par comprendre que le numéro 1 l'a drague ouvertement, ce qu'elle trouve très gênant.
Elle prend la main du châtain -sous l'ai étonné de celui-ci- et la retire de son épaule avant de se tourner vers celui aux cheveux hérissés.
-Tu joues à quel poste? lui demande-t-elle.
Il semble étonné.
-Attaquant, Ace de l'équipe, répond-il en essayant d'ignorer la mine choquée de son meilleur ami.
-Moi aussi! s'étonne Noa.
Et c'est à ce moment là que Oikawa se sent un peu con, d'avoir expliquer les règles à quelqu'un qui visiblement joie déjà au volley.
-Tu joues dans quelle équipe? relance "Iwa-chan" en quittant son expression de colère.
Maintenant qu'il a comprit que Noa n'est pas une fangirl du capitaine de son équipe, la colère de l'attaquant est parti aussi vite que l'assurance du dit Capitaine.
- Lycée International Français à Tokyo, répond fièrement Noa.
Le visage du numéro 1 se tord en une mine étonné.
- L'équipe mixte ? Intervient-il.
Noa hoche vivement la tête, fière et surprise à la fois d'être reconnue.
- L'équipe mixte ? répète le numéro 4.
La brune sourit et le capitaine de Aoba Josai répond à l'attaquant :
- C'est la seule équipe mixte de tout Tokyo ! Voir de tout le Japon... Tu sais, il y a un article sur eux dans le magasin.
"Iwa-chan" hoche la tête à son tour. Il se rappelle effectivement s'être fait harcelé par le châtain pour qu'il regarde sa foutue revue.
- De ce que j'ai lu, reprend le numéro 1, vous avez participé aux Nationnals l'année dernière en séparant votre équipe en deux. Et vous êtes arrivé assez loin dans le tournoi.
