- Merci, Madame!

Noa s'incline vers la mère de son amie. La brune vient de descendre de la voiture de la mère de Mimi-chan, et celle-ci avait raison quand elle disait que le «Madame» à la française ouvrait des portes.

Murakami-san, la mère de l'ancienne correspondante de Noa, est complémentent francophile et le moindre mots prononcés par notre protagoniste ravivait la femme à l'avant de la voiture.
«Ton accent est délicieux!» est devenu sa phrase préférée.

Mitsuki lui adresse un signe de la main quand la voiture démarre. Et Noa soupire, un peu de soulagement -l'attention suraiguë de la mère de son ami était effrayant, et pour dire Murakami-san lui prête plus attention qu'à la route!-, et un peu de stress.

Elle doit entrer dans le lycée des corbeaux, trouver le club de volley masculins, puis demander un autographe à un garçon de 15 ans.

- Normal, c'est tout à fait normal, essaie-t-elle de se convaincre.

Mais le faite d'être devant Karasuno rend la chose beaucoup plus réaliste que lorsqu'elle était dans la chambre de Lucka à se moquer de lui.

La brune inspire comme pour se donner du courage, elle replace sa veste et avance en direction du lycée en essayant d'être le plus déterminé possible.
Noa pénètre dans l'enceinte du lycée, et personne ne l'en empêche.

- On rentre vraiment comme dans du beurre dans les lycée japonais, murmure-t-elle en repensant à Shiratorizawa et Aoba Josai.

Elle pense également à son propre lycée et au portail électrique. Chaque élèves possède un badge et sans badge, tu rentres pas.

Le lycée de Karasuno à l'air physiquement moins «huppé» que l'académie de Shiratorizawa ou encore le lycée de Aoba Josai.

Une de ses mains passe dans ses cheveux et tente de replacer vainement une mèche de cheveux qui tombe sans arrêt sur front, tandis que Noa s'enfonce un peu plus dans les entrailles de Karasuno. Il n'a pas grand monde, mais Noa aperçoit deux ou trop individu à travers les fenêtres du bâtiment. Ce qui la rassures un peu, car en plissant les yeux, les lieux ressemblent à des vieux bâtiments désaffecté.

Noa frissonne en imaginant les pires scénarios possible, dont certains incluant un kidnapping de sa personne suivit d'une séquestration à longueur indéterminée.

Elle sort plusieurs fois son téléphone sa poche. Et elle harcèle Lucka de message pour le prévenir que l'ambiance de Karasuno est un peu trop glauque pour ton cœur fragile. Lucka a le culot de lui répondre: « cœur fragile mdrrr, prend ton courage à deux mains et lance toi troufion».

Joie, bonheur et paillettes, Noa tente de se calmer. Elle est à deux doigts de faire demi-tours et d'oublier ce stupide autographe, et peu importe l'avis de son meilleur ami dans tout ça. Elle est même prête à faire une croix sur les corvées et les desserts échangés avec son passeur.

Seulement, voilà. Elle vient seulement de ce rappeler qu'elle a dit à son père de venir la chercher à 18h devant le lycée des corbeaux. Il est actuellement 16h10. Elle ne peut pas demander à son paternel de venir la chercher plus tôt, où elle subira des réflexions du genre «je ne suis pas ton taxi personnel» suivi de comparaison avec son frère, tellement «plus parfait» sur ce point.

La brune croise les bras. Le dos tourné aux bâtiments, elle regarde la sortie avec envie. Elle pense même à son lit double qui l'attend chez son père. La fatigue du jour commence à arriver, et après avoir fait la tournée des lycées de la préfecture de Miyagi, c'est compréhensible.

Le téléphone de Noa vibre. Elle le dégaine et regarde pourquoi. Un nouveau message de Lucka, qui possède visiblement des pouvoirs psychiques:

De Lulu:
Te défiles pas
Quelques secondes après avoir lu ce message, un nouveau surgit des méandre téléphonique.

De Lulu:
Saches que si tu déshonore ta promesse, la mort te paraîtra être un refuge comparé à la souffrance que tu vas subir quand on se verra

Noa sent son échine être parcouru d'un frison très désagréable. Elle tient à la vie, alors finalement elle tourne les talons et fait face aux bâtiments. Un pas après l'autre, elle s'éloigne de la sortie.
Au bout de quelques minutes d'errances, elle arrive à ce qui ressemble à des gymnases.

Elle s'approche, et hésite. Qu'est-ce qu'elle va avoir l'air con… Elle remarque une fenêtre en format rectangle mais elle est trop haute pour elle. Pourtant Noa n'est pas si petite que ça. Elle grogne et commence à grimper sur le bâtiment pour observer ce qui se passer à l'intérieur.

À la force de ses bras, elle assiste à un entraînement de Handball. Mauvais sport, mauvais gymnase. Elle lâche la barre à laquelle elle se maintenant en jurant. Elle manque d'ailleurs de se casser la gueule en atterrant sur ses pieds. Les bras perpendiculaire à son corps, elle tente de retrouver son équilibre.

Elle peste en attendant que les douleurs de sa voûte plantaire disparaissent en emportant avec elle, les sensations de fourmis désagréables dans ses jambes.

Le visage barré par une moue énervée, Noa se redresse et marche jusqu'au prochain gymnase. Ses pas sont lourds sur le bitume, elle frappe dans un petite pierre qui s'en va, rouler un peu plus loin.

Quand elle arrive au second gymnase, la brune réitère son escalade. Sa main gauche solidement accrochée à une barre en métal transversale, elle se hisse pour que ses yeux atteignent la vitre rectangulaire. Il y a plus de gens dans ce gymnase-ci.

Les mains de la lycéenne sont moites. Elle resserre sa prise à s'en faire mal aux phalanges. Ses yeux dorée virent sur la droite, des équipements de basket sont installés. Elle soupire déjà en imaginant devoir vérifier tous les halls omnisports avant de tomber sur le bon.

La française fait glisser son regard sur la gauche. Des installations de Volley. Noa reconnaît les filets et les chariots de ballon. Ils ont les mêmes au Lif. Elle chercher parmi les lycéens présent le fameux Kageyama en essayant de se souvenir de sa face. Seulement un visage apparaît de l'autre côté du verre.

Noa pousse un cri, sursaute en même temps, se cogne la tête sur la foutue barre et finit par tomber.
Au même moment, la porte à gauche de la fenêtre s'ouvre, et un garçon aux cheveux gris sort du gymnase.

Noa ne le remarque pas tout de suite. Assise par terre, elle vérifie qu'elle n'a rien de casser, mais à part une douleur au coccyx, ça à l'air d'aller. Elle se relève donc en pestant:

- Putain! Plus jamais je rendrais service à Lucka. Il peut aller se brosser la prochaine fois…

La brune époussette son jeans, et se remercie d'avoir mit son téléphone dans la poche de sa veste plus que dans celle de son pantalon.

- Mais quel con! Je vais l…

- Excusez-moi?

Noa sursaute une nouvelle fois. Elle ne attendait à entendre une voix alors qu'elle rouspéter seule contre Lucka. Après, cela semble logique que le visage qui l'a vu également à travers la fenêtre soit venue voir qui est la folle qui les observait.

- Tu n'es pas blessée? s'enquit le garçon.

Les mêmes cheveux gris, le garçon qui s'adresse à présent à notre protagoniste, est plus que certainement le visage que Noa a aperçu il y a quelques secondes.

- Oui, ça va … répond la brune en japonais, tout en riant nerveusement.

Elle observe son interlocuteur. Il assez grand et élancé. Ses prunelles noisettes sont pleine d'inquiétudes et ne quitte pas Noa. Un grain de beauté unique se trouve sous son œil gauche, et un doux sourire accompagne le reste de son visage.

Presque immédiatement, Noa fait le lien avec les paroles de Mimi-chan: «Le mignon aux cheveux gris». Elle est plutôt d'accord avec d'ailleurs, mais là n'est pas la question.

- Heu.. C'est bien ici le club de Volley masculin de Karasuno? Demande-t-elle à la place.