28 Octobre : Eventail 1 (Mo Dao Zhu Shi/ The Untamed)

Nie Huaisang cachait le bas de son visage avec son éventail, comme toujours ou presque.

Il n'était pas surpris par ce qui était en train de se passer. Ce qui le surprenait par contre, était qu'il était le seul avec Jin Ling à le réaliser.

Les deux chefs de secte échangèrent un regard signifiant pendant que Jiang Wanyin hurlait après le Clan Lan pour leur trahison. Même s'il haïssait encore son frère, il le connaissait assez pour savoir que ce qu'ils venaient de dire était la pire des trahisons qu'il pouvait encore recevoir.

Wei Ying n'avait rien dit. Il avait attendu un peu que la colère passe, que chacun balaye une fois de plus ses sensibilités en restant silencieux. L'adolescent emplis de colère et d'orgueil avait murit avec les années, comme Huaisang lui-même avait enfin pu se laisser aller à exprimer réellement sa personnalité une fois ses ennemis morts et son frère vengé et envoyé à son repos. Wei Ying avait apprit le cout autant que la valeur du silence.

Les deux étaient sans doutes les seuls qui réalisaient ce qui se passait du coté de la secte Lan parce qu'ils étaient les seuls qui attendaient cet évènement depuis des années.

Wei Wuxian se leva soudain de sa place aux cotés de son mari. Sans un mot, il quitta discrètement la salle sans que personne ne fasse de commentaire. On s'était habitué à son excentricité après tout. Les plus vieux chefs de secte étaient soit morts, soit assez décatit pour laisser la place à leurs héritiers. Le cultivateur démoniaque n'avait plus réellement d'ennemi parmi la cultivation actuelle. Ses seuls ennemis restaient Jiang Wanyin, lui-même et… son mari.

Seulement, jamais il ne s'en rendrait compte. Jamais Wei Ying ne voudrait s'en rendre compte. Jamais il n'avait voulu voir qu'il s'éteignait lentement auprès de Lan Wangji pour petit à petit coller à ce que lui et les autres Lan voulaient qu'ils soient. Même si Wangji ne l'avait jamais dit, jamais montré, ses attitudes étaient assez signifiantes. Il se raidissait imperceptiblement lorsque son mari transgressait une règle, il pinçait les lèvres ou faisait de qu'il fallait pour "réparer l'erreur". Ce n'était même pas conscient chez le Lan. Son oncle l'avait si bien instillé dans son cerveau que c'était devenu un mécanisme dont il n'était pas conscient. Les trente trois coups de fouet reçut dans sa jeunesse avaient un peu tempéré cette réaction, mais elle restait là, tapis tout au fond de son esprit, à détruire lentement celui qu'il désirait de toute son âme.

C'était quelque chose que Nia Huaisang avait compris depuis bien longtemps aussi. Les Lan n'aimaient pas réellement. Ils désiraient de toute leur âme mais ce n'était pas de l'amour. Ils étaient les descendants d'un moine. L'amour leur était étranger. Le désir et la luxure par contre… Il n'y avait pas besoin d'autant de règles pour contenir l'amour. On ne contenait pas une sentiment aussi positif. Luxure et désir, c'était un autre débat.

Depuis des années, Lan Wangji avait usé et abusé de l'affection de son mari. Avait usé et abusé de sa bienveillance. Pire, de sa reconnaissance. Wei Wuxian avait été lui aussi trop bien manipulé par son enfance pour faire autre chose qu'éprouver de la reconnaissance pour ceux qui lui offraient un peu de ce qu'il considérait comme de la gentillesse. Ce n'était pas de l'amour, juste de la reconnaissance.

Leur relation était celle d'amis sans doute. Mais certainement pas de l'amour. C'était trop malsain et déséquilibré pour en être.

Et, après toutes ces années, Wangji avait eut le geste et le mot malheureux de trop.

Huaisang secoua doucement la tête lorsque Jin Ling avorta un mouvement pour se lever et courir après son oncle. S'il le faisait, tout le monde allait le remarquer. Lui à l'inverse… Il avait bien longtemps qu'il laissait de plus en plus de place à son héritier. Le fils de Nie Zhongui était aussi doué que son père. Avec l'éducation reçue maintenant que la malédiction de leur secte était sous contrôle, il avait tout ce qu'il fallait pour être le meilleur Zhongzhu que le Royaume Impur ait jamais eut.

Huaisang se pencha a son oreille.

"- Je reviens."

"- Wei Wuxian ?"
Il n'était pas étonnant que l'adolescent ait vu et comprit.

"- Oui, je te laisse parler à ma place s'il le faut." Huaisang lui faisait assez confiance pour ca.