Jour 22_Fessée

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La première fessée de sa vie, James l'avait reçue à treize ans, de Sirius. Ce n'était pas censé être excitant. Ils finissaient leur première année et une relation aussi fraternelle que fusionnelle s'était créée entre eux.

Une relation sans la moindre ambiguïté, comme celle des enfants qu'ils étaient. Et puis il y avait eu cette main qui avait claqué sur ses fesses, en se dirigeant vers le terrain de Quidditch, qui avait laissé James tout émoustillé.

Il n'avait pas compris mais avait refusé de se poser plus de questions. Sirius était et restait Sirius. Son meilleur ami. Sauf qu'il avait recommencé. Sa main qui claquait avec une blague à la clé.

Quand ils se changeaient dans le vestiaire ou dans le dortoir.

Et James aimait. A chaque fois, il avait aimé ça. Il s'était trouvé trop con, à se sentir excité par d'anodines claques sur ses fesses.

Il avait mis plusieurs mois à lui avouer. Probablement la pire conversation de sa vie. Sirius s'était marré. Evidemment. Et il lui avait proposé de l'embrasser. Une réaction con de plus.

Mais, Sirius non plus n'avait jamais embrassé personne. Il était curieux et il fallait bien commencer un jour. James avait haussé les épaules. Autant s'entraîner avec quelqu'un qui ne le jugerait pas.

Ils s'étaient embrassés. Du bout des lèvres, d'abord, puis ils y avaient passé l'après-midi. Ils avaient testé et expérimenté. Ils y avaient mis la langue. Ils avaient failli s'étouffer.

Ils avaient mis du temps à trouver le bon angle et à rendre ces baisers pas trop désagréables. Pas trop désagréables mais pas exceptionnels non plus. James n'avais compris que plusieurs mois plus tard qu'il n'était pas gay.

Du. Tout.

Il avait compris quand Evans l'avait enguirlandé pour les millième fois et qu'elle s'était penchée vers lui. Elle avait appuyé ses mains sur la table qui les séparait et sa poitrine naissante était apparue, par le col de sa chemise entrouverte.

C'était la première fois qu'une érection le prenait en public.

La première, mais certainement pas la dernière. A chaque fois qu'il était l'objet des remontrances de Lily, il finissait pas l'imaginer lui donner la fessée.

A quatre pattes, penché sur ses genoux ou plaqué contre une porte, il était prêt à se damner pour qu'elle claque ses jolies mains sur ses fesses et qu'elle les fasse rougir.

Pour autant, les années lui avaient aussi appris qu'il n'avait pas besoin d'elle pour être excité à la simple idée d'une fessée. En toute honnêteté, un troll des cavernes pouvait lui en mettre une qu'il se sentirait durcir exactement de la même manière.