Mot de l'auteur : Qui avait oublié qu'elle partait en weekend prolongé ? Bibi. Décidément, on ne se refait question rythme de parution. Il faut savoir que cette histoire a été écrite en mars, biiiien après un long OS. Comme d'hab, je ne pouvais pas m'arrêter à un OS, et j'ai voulu faire un préquel, qui a donné cette petite fanfiction, dont je posterai les bonus à la suite.
A ce jour, trois bonus sont prévus, dont un POV de Marcus plus approfondis, et deux autres sur lesquels je travaille encore. Je ne donne pas de rythme de parution, car ce sont déjà de bons pavés, et j'espère qu'ils vous plairont autant.
Merci à vous d'avoir lu, merci à ma bêta pour son travail attentionné.
Coeur sur vous :)
Kiss Kiss
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Donne-moi ton cœur baby
Epilogue
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Juin 2005
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- Y a pas un truc qui crame ? interrogea Oliver après s'être étiré dans l'entrée de la cuisine.
Vraiment, il ne s'y ferait jamais de se réveiller à cinq heures du matin en même temps que Marcus. Son visage encore endormit se crispa alors qu'il commençait à tousser. Dans la cuisine, Marcus avait ouvert la fenêtre pour chasser la fumée qu'il dirigeait vers l'extérieur avec un torchon.
- J'ai peut-être cramé des pancakes, répondit le policier avec une moue dépitée.
Oliver ouvrit la baie vitrée du salon pour créer un courant d'air avant de le rejoindre, traînant ses claquettes sur le carrelage.
- Ah oui, quand même, commenta Oliver en constatant la poêle cramée dans son évier. Mais comment ça se fait que le détecteur n'ait pas sonné ?
- Parce que je l'ai éteint, répondit simplement Marcus en haussant les épaules.
- Mais pourquoi tu l'as éteint ?
- Parce qu'il ne faisait que sonner.
Oliver camoufla de justesse un ricanement sous forme de toux, mais le regard que lui lança Marcus montrait qu'il n'était pas dupe. Il ne fit alors aucun effort pour retenir le sourire qui étirait ses lèvres.
- Et ça ne t'as pas donné un léger indice à propos de ta cuisson ? railla finalement Oliver avant de se faire chasser de la cuisine par un claquement de torchon sur le derrière.
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Juillet 2005
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- Tu vas me le payer cher, siffla Draco entre ses dents, avant de relâcher la volaille qui commençait à se débattre.
Le flash de l'appareil de Hermione illumina le visage de l'avocat qui ne se faisait pas prier pour montrer son mécontentement, agrandissant au contraire le sourire présent sur le visage d'Oliver. A leur pied, le jeune coq trottina joyeusement à la découverte de son enclos, tandis que Harry, le visage resplendissant, regardait les autres poussins gratter la terre avec entrain.
- Je te jure que si cette horreur chante le matin, il finira à la broche, menaça Draco après avoir épousseté sa chemise du bout des doigts.
- Ne dis pas ça devant lui, le vendeur a dit qu'il est sensible, le sermonna Oliver. Je dis que c'est une question de temps avant que tu ne t'y attaches. Regarde ce port altier, cette intelligence dans son regard…
Du bout de la patte, le nouvellement nommé Draco Junior grattait déjà la terre à la recherche de nourriture, secouant sa tête blanche avec animation.
- Va en Enfer, jura Draco avant de quitter le poulailler d'un pas allongé.
Si Oliver avait pu, il aurait sourit jusqu'aux oreilles. A la place, Harry le rejoignit, clairement amusé par la nouvelle animation qui se déroulait dans son jardin. Un peu plus loin, Ron et Hermione suivaient les poussins qui se déplaçaient en une joyeuse nuée colorée, piaillant à souhait.
- Il ne fera pas longtemps la gueule, tu sais, lança son ami.
- C'est certain. Je pense que je commence à bien le connaître, lui lança Oliver après l'avoir attiré dans une accolade. Encore joyeux anniversaire.
- Merci. Franchement c'est trop chouette ce que vous avez fait.
- C'était avec plaisir, répondit Oliver. On s'est dit qu'un poulailler sans poules, c'était un peu trop calme.
- Tu n'es pas obligé de rester, tu sais, reprit Harry, en lui désignant le portillon d'un mouvement de tête.
Un sourire gêné aux lèvres, Oliver hocha la tête. C'était certain qu'il n'allait pas rester dans l'enclos, bien qu'il ait fait l'effort d'y entrer pour voir le visage de Draco quand ils offriraient leur cadeaux à Harry. La cagnotte qu'ils avaient ouvert avait recueilli suffisamment pour que Harry soit comblé du bonheur de ses petits poussins, et Oliver n'avait pas pu résister quand il avait vu le coquelet de soie. Pour autant, il ne serait pas surprit d'éventuelles représailles de la part de l'avocat.
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Août 2005
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- Oliver, commença Draco avec un sourire glacé, je te présente Oliver.
- Nom de Dieu, jura Oliver après s'être approché du poulailler. C'est quoi ça ?
- Un coq Padoue, répondit l'avocat avec un ton mielleux qui donna à Oliver une furieuse envie de meurtre. Harry m'a dit que Draco Junior avait besoin de compagnie. Nous l'avons nommé Oliver Junior.
Les mains dans les poches de son jeans, Marcus détourna le regard mais Oliver eut le temps de voir qu'il se pinçait les lèvres, et ses yeux brillaient particulièrement. Sans la moindre délicatesse, Oliver lui flanqua un coup dans les côtes.
- T'es pas sensé être de mon côté ?
- Quand tu joues à un jeu, il faut t'attendre à perdre de temps en temps, répondit simplement Marcus.
Draco approuva d'un sage hochement de tête pendant que Harry terminait de distribuer le grain dans l'enclos. L'espèce de coquelet qui portait le patronyme d'Oliver sembla le regarder d'un air vide, secouant sa ridicule coiffe comme s'il n'était pas à sa place dans le poulailler.
Ce n'était pas vraiment ce qu'avait Oliver en tête en amenant Marcus rencontrer un peu plus officiellement Harry et Draco, mais ça avait le mérite d'avoir mit tout le monde de bonne humeur. Sauf Oliver senior. Mais comment une ridicule créature pareille pouvait survivre dans la chaine alimentaire ?
- Attends, il lui fait quoi Draco Junior là ? s'étonna le châtain en ouvrant des yeux ronds sur l'animation dans l'enclos.
- Je pense qu'il essaye de le monter, intervint timidement Harry. Ça fait deux jours qu'il lui tourne autour.
- Quoi ? Des coqs ça peut être gay ? s'étrangla Oliver tandis que Draco affichait un sourire hautain beaucoup trop satisfait. Alors ça, c'est hors de question ! Mais sépare-les bon sang ! Marcus, arrête de rigoler, merde !
oOo
Septembre 2005
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- Okay, j'en déduis que Marcus est parti ce matin, commenta Harry après avoir franchi la porte.
Une espèce de gémissement défait lui parvint depuis le salon d'Oliver. A peine passé l'entrée, Harry fut agressé par une odeur de tabac froid au point de plisser le nez. Il lui semblait pourtant qu'Oliver avait prit la ferme décision de ne plus fumer en intérieur depuis le mois de juin.
Allongé sur le canapé, un coude replié sur son visage, Oliver expira lentement la fumée d'une cigarette en direction du plafond. Il n'était vêtu que d'un jogging, et son ventre pâle était caché sous un coussin qu'il serrait contre lui de son autre bras. Harry s'installa dans le fauteuil à côté, contemplant une boite de conserve délaissée sur la table basse. Des raviolis en boîte ?
- T'es comme ça depuis combien de temps ? demanda Harry en saisissant une bouteille de vin posée à même le sol.
Elle semblait pleine, comme si Oliver l'avait ouvert avant de se raviser.
- Sais pas.
- Oliver, fais un effort.
Sans le regarder, l'autre haussa les épaules mollement.
- Je vais bien, t'avais pas à venir.
- Regarde-moi pour voir ?
Sans aucun effort, Oliver releva à peine son coude pour le fixer d'un regard humide. Ses yeux rouges étaient gonflés et beaucoup trop brillant pour qu'il aille aussi bien qu'il le clamait. Harry hocha la tête doucement avant de quitter le fauteuil pour s'asseoir plus près, sur le tapis.
- Ouais, je m'en doutais, dit-il simplement.
Il ne fit aucun commentaire supplémentaire, et se contenta de rester à côté. A un moment, Oliver renifla et son visage disparu à nouveau sous son coude.
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Octobre 2005
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- Alors tu joues du… tu peux répéter ce que c'est ? demanda Oliver en faisant de son mieux pour ne pas être blessant.
Le jeune homme face à lui lui offrit un sourire resplendissant de ceux qu'on les amateurs quand ils parlent ce qui les fait vibrer. A la vue de la constellation de tâches de rousseur sur son visage pâle, Oliver se fit la réflexion stupide qu'il devait être beaucoup plus jeune qu'il voulait le faire croire. Pas de barbe, des cheveux peignés au millimètre près – peut-être du gel.
Il avait une tête de bébé, en fait.
- Du muchosa, répondit son rencard en hochant la tête avec enthousiasme.
- Ah. Et c'est quoi ?
- C'est un instrument à vent, le plus souvent réalisé avec du bois, de la peau, et même de la corne…
Cigarette au bec, Oliver n'était déjà plus présent mentalement. Son cerveau n'arrivait même plus à faire l'effort de s'intéresser à ce que le jeune homme lui débitait pourtant avec passion. S'il devait être honnête, il avait arrêté de suivre la conversation dès qu'ils s'étaient attablés quand Colin avait mentionné vouloir ouvrir un portefeuille épargne retraite au vu des taux intéressants.
C'était bien la première et dernière fois qu'il faisait confiance à Hermione pour lui présenter un collègue qui serait selon elle « totalement assorti à lui ». S'ils allaient bien ensemble, Oliver le prenait comme une terrible insulte. Il ne savait pas qu'il était possible d'être aussi jeune et pourtant si mortellement ennuyant.
Occupé à noyer distraitement les glaçons de son verre avec l'aide de sa paille, Oliver hochait la tête automatiquement alors que son rencard lui faisait un exposé complet d'un instrument dont il n'avait jamais entendu parlé. Du coin de l'œil, il chercha Katie du regard pour l'appeler au secours, mais elle était occupée à prendre d'autres commandes.
Après une longue tirade sans réussir à couper Colin, Oliver baissa la armes, et mâchouilla sa paille avant d'avaler de longues gorgée de whiskey-coca. Le jour déclinant laissait petit à petit place à la nuit, et Oliver se rendit compte que Colin avait arrêté de parler et semblait attendre une réponse à une question qu'il n'avait pas le moindre du monde écouté.
La providence elle-même sembla vouloir le sortir de cet instant gênant car le téléphone d'Oliver sonna bruyamment, et lui fournit une excuse pour interrompre le moment. Pour peu qu'il ait été croyant, Oliver se serait signé en voyant le contact qui l'appelait.
- Juste une minute, excuse-moi ça ne sera pas long. Oui, Harry ?
- Oliver a pondu un œuf !
La bouche ouverte, Oliver essaya de remettre son cerveau en marche.
- … pardon ?
- Je viens de rentrer du boulot, et j'ai vu que Oliver couve un œuf, reprit Harry d'une voix toute excitée.
Oliver battit plusieurs fois des cils. Qu'est-ce que c'était que cette conversation lunaire ?
- Mais c'est pas un coq ? reprit Oliver, oubliant totalement la présence de Colin.
- Apparemment non. Écoute, je crois que Draco est le père, il essaye de la monter depuis plusieurs jours.
Alors c'était ça, la vengeance dont avait parlé l'avocat. Il était beaucoup trop intelligent pour juste avoir acheté un coq ridicule et rendre la monnaie de sa pièce à Oliver en l'affublant du même nom. Il savait que c'était une poule depuis le début. Le salopard.
- Comment a-t-il osé ? s'indigna Oliver.
- Oli, Oliver est une fille ! Draco a suggéré de l'appeler Olivia.
- Ça va j'ai compris ! Je te rappelle plus tard, je suis occupé. Mais dis à Draco que je n'ai pas dit mon dernier mot !
Se rendant alors compte qu'il devait être extrêmement malpoli, Oliver raccrocha son téléphone puis se dandina sur sa chaise. Alors que Colin semblait vouloir relancer la conversation, Oliver prit les devants et se racla la gorge, cherchant ses mots avec soin.
- Je suis désolé, mais je commence à me sentir fatigué…
C'était en partie vraie.
- … tu es quelqu'un de très fascinant…
Pas du tout. Pas dans cet univers.
- … mais je ne crois pas être disposé ce soir, conclut-il tout en se demandant si ce n'était pas trop condescendant.
Plutôt vrai, pour le coup.
A l'air réellement peiné face à lui, Oliver sentait qu'il l'avait blessé. On aurait dit un chiot triste et ça suffit à le faire culpabiliser. Ouais, à sa place il n'aurait pas aimé qu'on lui dise ça. Oliver lui offrit un sourire désolé, et rebondit plus honnêtement.
- En vérité, je pense qu'on est trop différent. Je te souhaite de trouver quelqu'un qui partagera ta passion.
Ça sonnait craignos, mais selon lui bien mieux qu'un banal « C'est pas toi, c'est moi ». Avec un petit sourire crispé, Colin le remercia pour son honnêteté et quand il se leva en annonçant qu'il allait payer, Oliver ne fut pas surprit de le voir partir directement sans lui dire au revoir.
Ouais, il l'avait bien mérité.
Le moral dans les chaussettes, il enfonça son mégot dans le cendrier et termina son verre avant de lever la main pour faire signe qu'il en prendrait un autre.
oOo
- Attends une seconde, intima Oliver en cherchant à tâtons le digicode de sa résidence.
Ça lui demanda un effort pour l'atteindre, car son taux d'alcoolémie additionné aux traitements infligés à sa bouche n'aidaient pas à sa concentration. Cette fois, il avait eu un peu plus de chance avec sa conquête du soir. Grand, large d'épaule, et de la barbe. Un peu trop tatoué, peut-être aussi un peu trop châtain. Pas une tête de bébé, mais quelqu'un dont il avait déjà oublié le nom et qui était allé droit au but ; la promesse d'une partie de jambes en l'air dont il avait bien besoin pour se changer les idées.
D'un geste automatique, il tapa le code d'entrée avant d'être précipité dans son hall, guidé par le poids d'un corps pressé contre le sien. Terry – ou Jerry, il ne savait même plus – ne semblait pas perdre son temps car il fut assez vite attiré dans l'escalier.
Le temps de monter les trois étages, il était hors d'haleine et peut-être recouvert de bave sur une partie de son cou, ce qui commençait un peu à le dégoûter à la réflexion. Ce fut lorsqu'Oliver s'appuya à la porte de son appartement que celle-ci s'ouvrit brusquement et qu'il se rattrapa comme il put à l'encadrement, avant que son cerveau ne percute enfin ce qui se passait.
Il n'y avait que deux personnes à avoir les clés de chez lui, et Harry était en week-end avec Draco. Quand à l'autre personne...
- Sérieusement ? railla Marcus en le dévisageant sévèrement.
Plusieurs choses se bousculèrent avec précipitation dans la tête d'Oliver.
Marcus, chez lui.
Dire qu'il était bouleversé était un trop faible mot, car quelque chose d'inarticulé mourut dans sa gorge, tandis qu'un sourire pudique illuminait son visage sans qu'il puisse le contrôler.
Après le départ de Marcus, il y avait eut quelques SMS. De temps en temps, un appel. Et pour ne plus sentir la douleur qui lui étreignait la poitrine, Oliver avait finalement choisi de ne plus répondre. Ils s'étaient mis d'accord bien en amont, ils pouvaient fréquenter librement qui ils voulaient le temps qu'ils étaient séparés, en attendant le passage en commission du policier. Oliver s'était d'abord dit qu'il s'en foutait, mais Marcus avait laissé un tel vide dans son appartement qu'il avait finalement prit le contre-pied, et enchaîné les coups d'un soir. Son lit était moins vide, mais le manque dans ses tripes n'en était que plus douloureux.
Parce qu'il ne trouvait pas ce qu'il cherchait.
Il n'y avait plus personne pour l'enlacer en petite cuillère la nuit. Personne pour avoir la merveilleuse idée de faire la vaisselle alors qu'il prenait sa douche et qu'au choix, il finissait gelé ou brûlé. Personne pour oublier des plats dans le four et enfumer l'appartement, regarder des films le soir, ou écouter des comédies musicales lors des sessions ménages. Parce que Marcus avait reprit tout ça en partant, et Oliver s'était rendu compte qu'il était simplement tombé amoureux.
Et là, sans prévenir, Marcus était à nouveau chez lui, et ça avait quelque chose d'irréel.
Pourtant, plus il le voyait et plus il réalisait qu'il était à nouveau là, et combien il lui avait manqué. Son parfum lui parvenait depuis la porte entrouverte, son merveilleux collier de barbe suivait les contours de sa mâchoire et ses yeux sombres le toisaient avec réprobation comme ils savaient si bien le faire.
Marcus était revenu.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? fut la chose la plus intelligible qui franchit la bouche d'Oliver.
- C'est un peu le but d'une surprise, répondit Marcus avec une patience hors norme. C'est qui ça ?
- Euh, Jerry, répondit Oliver, d'un coup extrêmement gêné par la situation.
- Terry, corrigea son invité. Du coup, vous êtes... ?
Il les désigna d'un mouvement un peu curieux et Marcus sorti sur le pallier, une main dans l'encadrement de la porte. Son visage indiquait clairement une hostilité qu'Oliver ne savait pas trop comment interpréter.
- Je suis l'officiel, claqua Marcus. Donc t'es gentil, mais tu dégages.
Le cerveau d'Oliver afficha probablement un encéphalogramme plat. Marcus avait bien dit « l'officiel » ?
- Ça ne me dérange pas, à trois, proposa Terry avec un air clairement intéressé.
Marcus le toisa sans cacher son mépris, comme s'il cherchait à évaluer son QI par la force de son regard. A la place, un rictus déforma sa bouche alors qu'il tirait sans ménagement Oliver à l'intérieur par le col de sa veste.
- Même pas en rêve.
Il claqua la porte sans cérémonie avant de la verrouiller et de s'adosser contre, les bras croisés sur son torse. Son père avait curieusement la même attitude quand il le surprenait après qu'il ait fait le mur.
- T'allais vraiment t'envoyer en l'air avec ce détraqué ?
Oliver haussa les épaules, amusé par la situation.
- Ben au moins il a tenté sa chance. On ne peut pas lui en vouloir pour ça.
Dans l'attente de la suite, il joua nerveusement avec la manche de sa veste. Marcus le toisait toujours sévèrement, et il devait admettre qu'il ne savait pas trop comment l'interpréter. Après tout, c'était lui qui avait proposé cette histoire de relation libre. Oliver n'avait fait que passer le temps en espérant qu'il revienne.
- Tu ne m'as pas appelé depuis trois semaine, reprit Marcus, sans exécuter le moindre pas.
- Tu ne l'as pas fait non plus, répondit Oliver.
Avec fatigue, il retira sa veste avant de la ranger, puis retira ses chaussures. Marcus leva un sourcil amusé en le voyant glisser ses pieds dans une paire de claquettes sans avoir retiré ses chaussettes avant. Une habitude qu'il avait prise du policier après vécu tout l'été avec lui. Sans faire le moindre commentaire, il s'installa sur le canapé. Marcus le suivit de son pas rythmé.
- Tu n'as pas changé tes serrures, continua le policier. Ce n'est pas prudent.
- Il me semble que tu m'as dit plusieurs fois de ne plus tourner autour du pot, répondit Oliver d'un ton réprobateur. Alors va droit au but.
- Tu m'as manqué, dit alors Marcus avec un accent français à couper au couteau.
Il avait dit ça avec une simplicité désarmante tout en le rejoignant sur le canapé et Oliver laissa un sourire fleurir sur son visage, comprenant tout ce qui se cachait derrière cette simple phrase. Un peu timidement, il laissa glisser sa main dans celle du policier qui serra ses doigts.
- Je t'avais dit que si je revenais à Pré-au-lard, ça ne serait pas pour la beauté du paysage.
- Plus de demi-mot, agent Flint, exigea Oliver en l'étudiant du regard.
- Brigadier Flint, corrigea alors Marcus avec un sourire en coin.
Sans qu'Oliver l'ait vu venir, un poids s'abattit sur ses épaules et il offrit un sourire poli à Marcus avant de se relever, cherchant l'accès à sa baie vitrée du regard. A quoi est-ce qu'il s'était attendu ? Évidemment qu'il avait retrouvé son grade, Zabini avait plusieurs fois loué ses qualités lors des auditions qu'ils avaient eut à propos de Roger. Son équipe devait attendre son retour, et il avait sa vie à Londres, après tout. S'il était revenu, c'était sûrement pour récupérer ses dernières affaires et sa moto.
Le sourire de Marcus s'effaça quand Oliver se glissa dehors, une cigarette aux lèvres. Le balcon faiblement éclairé devait au moins camoufler un peu sa tristesse. Il savait qu'il aurait du se réjouir, pourtant il en était incapable. Il n'était pas un putain de saint comme Harry.
- Eh, je connais cette tête, viens ici, fit Marcus après l'avoir rejoint.
- Je suis content pour toi, articula Oliver d'une voix qu'il savait pourtant sonner extrêmement faux.
- Tu n'es toujours pas un bon menteur. Viens, je te dis.
Sans attendre de réponse, Marcus vola sa cigarette à ses lèvres et l'éloigna hors de portée. Le châtain s'adossa à la rembarre, les bras croisés et la mine pincée.
- T'es fatiguant, tu le sais ? soupira alors Marcus.
- Je te retourne le compliment. Tu sais, j'y ai vraiment cru quand t'as parlé d'« officiel » tout à l'heure ?
- Cette manie que tu as d'attaquer quand tu es blessé… souffla Marcus d'un air agacé. Tu veux bien me laisser terminer ce que j'avais à dire ?
La mince pincée, Oliver l'encouragea à parler d'un mouvement de tête. Marcus se positionna devant lui avant de poser ses mains de chaque côté de la rembarre. Son parfum emplissait le nez d'Oliver, et il réalisait à quel point il lui avait manqué. Devant son nez, le détail du collier de barbe le fascinait toujours autant et son regard se verrouilla sur ses lèvres alors qu'il parlait à voix basse.
- J'ai retrouvé mon poste à Londres, c'est un fait. Cependant, Fletcher a été arrêté la semaine dernière. On m'a proposé de venir pour terminer la procédure mais je ne suis pas venu que pour ça.
- T'as maigris, commenta alors Oliver, le nez vers le col de son t-shirt.
- Arrête de faire l'idiot, intima Marcus en penchant la tête pour poser son front contre le sien. Il y avait un poste vacant à la brigade de Pré-au-lard, tu le savais ?
Bien sûr qu'il le savait, il avait littéralement harcelé Draco pour savoir s'il pouvait continuer d'espérer ou s'il devait faire son deuil et passer à autre chose. Avec nervosité, il passa sa langue sur sa lèvre inférieure.
- C'est un poste contractuel, répondit Oliver, sans oser croiser son regard.
- Plus maintenant.
La dernière phrase de Marcus mourut entre eux, et quand il poussa doucement l'arête du nez d'Oliver, le châtain lui offrit un sourire défait. Tout l'été, c'était comme ça qu'ils se réveillaient quand l'autre avait tendance à traîner au lit.
Ça suffit pour qu'Oliver accepte de relever son regard vers lui.
- Ça veut dire que tu vas à nouveau loger en caserne ? tenta Oliver.
- Je te sens bien intéressé, tout d'un coup, le taquina Marcus en posant une main dans le creux de son dos.
- Bien évidemment.
- Bien évidemment.
Ils se fixèrent un instant avant qu'Oliver craque et capture ses lèvres entre les siennes. C'était léger, aérien, un peu hésitant avant que Marcus ne l'enserre plus fort, et Oliver lui offrit l'accès à sa bouche sans aucune résistance. Marcus avait ce goût inoubliable, cette sensation de plénitude qui lui envoya des frissons jusque dans les tripes.
Comme un drogué, Oliver le bouscula sans ménagement vers la baie vitrée, cherchant toujours plus ce qui lui avait tant manqué. Sans s'occuper de respirer, il le dévora, se gorgeant des grognements appréciateur de Marcus qui avait déjà passé une main chaude sous son polo.
- J'aimerai revenir sur cette notion d'officiel, glissa Oliver en abaissant la braguette de Marcus sans cérémonie.
- Je ne vois rien d'autre à ajouter, contra Marcus entre deux baisers. Ça me semblait assez clair.
- Et moi je crois qu'on va approfondir cette discussion plus tard, persista Oliver.
Son regard était ferme quand il soutient celui de Marcus, qui pressa ses hanches en réponse, lui faisant sentir son envie dans le même mouvement.
- Dans ce cas puisque tu en parles, va d'abord à la douche et lave tes dents, ivrogne, répondit Marcus. Je ne passe pas après cette chose en chaleur que tu as ramené.
- Seulement si tu viens avec moi, appuya Oliver, le regard envieux.
- Bien évidemment.
- Bien évidemment.
