Ne pas faire sauter sa couverture était une leçon durement acquise au contact des instructeurs de l'Armée Révolutionnaire. Sabo respectait scrupuleusement cet adage, cependant, il lui arrivait de révéler accidentellement sa position et son affiliation. Aussi, il s'enfuyait assez vite, au grand dam de ses collègues.

Ce jour-là, il provoqua la colère de Karasu, alors qu'ils étaient tous les deux stationnés sur North Blue pour quelques temps. Pour être plus précis, Sabo était venu rendre visite et prêter main forte à son subordonné et ami. Ils avaient partagé un verre de saké dans un bar et avaient mangé dans un restaurant qui servait du poisson et du riz.

-Au fait, ça avance?

Karasu se frotta le menton, dubitatif, malgré lui, le blond admira la grâce de ce simple geste qui évoquait chez lui mille plaisirs. Oh! Ils sortaient plus ou moins ensemble, couchaient dans le même lit quand ils le pouvaient, néanmoins, ils n'avaient pas défini leur relation au-delà du sexe et du bien-être.

-J'en sais rien, il faudrait constater par toi-même.

Que le Corbeau soit aussi perplexe ne présageait rien de bon, il était plutôt excellent dans le domaine des infiltrations de coutume. Sabo acquiesça et accepta de le suivre dans le fort qui intéressait son Commandant.

Le hasard voulu qu'on reconnaisse la tronche de Sabo quand il passa devant les portes de la cité, aussi, les soldats le prirent en chasse, parce que le blond ne voulait pas détruire une ville où une partie de la population était innocente.

-Mais j'en ai marre!

Le blond ne comprenait toujours pas comment on avait fait pour le reconnaître, et pourtant, il avait été très astucieux. Il avait opté pour la tenue des aristocrates en visite en province.

-Mais j'y peux rien!

Karasu éprouvait une envie folle de fesser le jeune homme, certes, ce n'était pas de sa faute si certains soldats étaient plus observateurs que d'autres, mais il n'empêchait!

-Écoute, on en discutera plus tard, d'accord? Tu as vraiment la poisse!

Pour une fois, le blond n'allait pas arguer contre son subordonné, et confrère, ce n'était ni l'endroit, ni le moment.

-Attends! Il en vient de toutes parts!

Sabo attrapa son collègue par son manteau, et le força à pénétrer dans une maison solitaire, et qui paraissait vide de ses habitants.

-Voilà ce qu'on va faire…

Sabo plaqua ses lèvres contre celles de son aîné de vingt ans, qui comprit aussitôt le message. Nul besoin de préparation, faire le plus de bruit serait au menu du jour. Le Corbeau plaqua durement le jeune homme contre la porte dans un grand fracas assourdissant.

Le blond gémit brutalement, et il passa ses bras autour de la nuque de son homologue. D'habitude, ils préféraient la discrétion, toutefois, dans le cas présent, il fallait prétendre.

Karasu se frotta contre le jeune homme, qui mima ceux qui n'en pouvaient plus, trop absorbés dans leurs activités. Karasu émit des cris de gorge gutturaux, ressemblant à ceux qu'un animal en rut.

Par pur souci de réalisme, Sabo cala ses jambes contre les hanches du Corbeau, qui les agrippa fermement, pareil, dans un pur souci de réalisme. L'homme plus âgé effectua des mouvements de va-et-vient avec une telle fougue que le mur semblait se déchiqueter à vue d'œil.

Pourtant, un désir naissait, intense, et impérieux, aussi, le jeu d'acteur de mêla à des sentiments bien réels. L'embrassade de Karasu se fit plus grande, plus possessive, et son membre se dressait fièrement dans ses boxers.

Sabo était heureux, en dépit des circonstances, il avait su tirer en partie du plaisir. Il se cambra contre la porte qui en méritait tout juste le nom maintenant. Il ferma les yeux gaiement, et se mordit les lèvres.

Karasu nageait en plein bonheur, il avait oublié qu'il portait des vêtements, que son confrère était aussi habillé que lui, néanmoins, la jouissance s'empara de lui violemment. Comme dans un rêve, ils se réveillèrent tous deux, embarrassés.

-Eh bien, je crois qu'ils sont partis…

Tu m'étonnes, songea Karasu. Pour la peine, il fessa pour de bon le derrière bombé du blond.