Petit mot de l'autrice : j'aime bien celui là !


Jour 12 : Myrcella & Cersei (II)

Ua saison 5


- Vous ne connaissez pas ma mère, murmura Myrcella pour la dixième fois. Jamais elle ne viendra.

Au fond d'elle-même, Myrcella se demandait ce qu'elle essayait de faire en répétant ces deux phrases. Si les Aspics ne l'avait pas encore assassinée, c'était uniquement parce qu'elles avaient décidé de faire chanter Cersei. Celle-ci avait deux mois pour venir à Dorne, sans quoi elles tueraient leur ancienne protégée. D'après elles, un Lannister devait payer pour la mort du prince Oberyn. À défaut de la mère, cela serait la fille. Aujourd'hui était le dernier jour de l'échéance fixée par les aspics, et Cersei n'était toujours pas là. Myrcella aurait ainsi dû plaider sa cause, expliquer que si sa mère n'était pas là, c'était uniquement parce qu'elle avait été retenue, en somme se battre pour obtenir un délais. Au lieu de cela, elle se retrouvait à répéter encore et encore ces mêmes mots. Pourquoi ? Elle l'ignorait. Ou peut-être se voilait-elle simplement la face : elle espérait au fond d'elle-même que sa mère ne vienne la secourir, mais tâchait de se préparer pour le moment où il serait évident qu'elle ne viendrait pas. Car l'on parlait de Cersei Lannister, tout de même. Même si elle savait que sa mère aimait profondément ses enfants, jamais elle n'accepterait de se sacrifier pour eux...

Ainsi, lorsque les Aspics la poussèrent hors du château, faisant fi de sa litanie, Myrcella pensait qu'elles allaient l'exécuter sans sourciller.

Il n'en fut rien.

Car lorsqu'elle pénétra dans la cour d'honneur, ce fut pour tomber nez à nez avec sa mère.

Son cadavre, du moins.

- Tu t'es trompée, commenta laconiquement Obara.

- Elle est arrivée ce matin, rajouta Nymeria. Elle a attendu le dernier moment en espérant trouver une solution pour te récupérer et voyant qu'elle n'y arriverait pas, elle est venue. Pour la première fois de ma vie, je ressens comme une once de respect pour elle.

Myrcella, elle, ne savait plus ce qu'elle ressentait. Du soulagement, à l'idée de s'en sortir ? De la joie, en voyant que contrairement à ce qu'elle pensait, sa mère l'aimait plus que tout, y comprit que sa propre vie ? Ou de la douleur, à l'idée de vivre avec l'atroce culpabilité d'avoir causé sa mort, et ce jusqu'à la fin de ses jours ?

- Ton bateau est là-bas. Il te conduira à Port-Réal. À Dorne, nous tenons parole.

Myrcella était trop sonnée pour répondre quoi que ce soit. Elle se contenta alors de suivre le capitaine du navire, docilement.

Ce ne fut que lorsque le navire leva l'ancre que Myrcella fut de nouveau capable de formuler une pensée cohérente : elle songea que les Aspics auraient mieux fait de la tuer elle aussi. Car dès qu'elle en aurait les moyens, elle se vengerait.

Un Lannister payait toujours ses dettes.