Petit mot de l'autrice : aller ça rattrape !
Jour 16 : Myrcella & Illyrio
UA de beaucoup de choses
Illyrio n'était pas sûr de savoir que penser de Myrcella Baratheon. Après tout, elle lui avait mentit, s'annonçant sous une fausse identité pour obtenir une entrevue avec lui. Ceci étant dit, il comprenait aisément pourquoi elle l'avait fait : son frère Joffrey était en guerre contre la reine Daenerys. S'il avait su qui elle était, jamais il ne l'aurait laissé approché de lui. Pas alors qu'il était la Main de la Reine : recevoir une telle ennemie aurait été trop dangereux. Mais comprendre les raisons derrière son mensonge ne l'aidait pas à voir sa présence d'un bon œil.
Du moins, c'est ce qu'il pensait, jusqu'à ce qu'elle prononce une phrase improbable :
- J'ai de quoi faire tomber Joffrey pour de bon.
Oui, cela, Illyrio ne l'avait pas vu venir. Il fit néanmoins de son mieux pour masquer sa surprise.
- Etes-vous bien en train de parler de trahison ?
- Oui, souffla Myrcella. On peut dire ça.
- Pourquoi donc voudriez-vous trahir votre frère ?
- Il... Je...
- Lady Myrcella, l'interrompit Illyrio, il va falloir être plus convaincante que cela, si vous voulez que cette entrevue se termine autrement qu'avec votre tête sur une pique.
La menace eut l'effet escompté, puisque la jeune fille cessa de bafouiller.
- Je ne veux pas d'un bain de sang. La guerre n'a commencé que depuis deux mois, et on compte déjà des centaines de morts. Cela ne va pas aller en s'arrangeant. Et tout cela pour quoi ? Pour que Joffrey ou Daenerys Targaryen finisse par l'emporter ? Des milliers de morts, de familles éplorées, pour la victoire d'un seul ? Autant en finir le plus tôt possible.
- C'est une pensée charitable. Mais ne voulez-vous pas voir votre frère triompher ? J'ai bien du mal à le croire.
- Joffrey aurait été un bon roi, je me serai battue pour lui. Mais Joffrey n'est pas un homme bon. C'est même tout l'inverse, à vrai dire. Il est cruel, et sanguinaire. Ce n'est pas ce que je souhaite pour les Sept Couronnes. Elles ont déjà trop souffert. C'est pour cela que je suis venue. Je me suis dit que, même si je ne connaissais pas Daenerys Targaryen, je ne risquais pas grand chose. Elle ne peut pas être pire que Joffrey.
La lueur terrifiée dans les yeux de la princesse le convaincu qu'elle était sincère.
- Tout le monde connaît la vérité sur nos... origines, poursuivit-elle. Mais cela ne sont que des rumeurs. Or, je possède des preuves. Des preuves qui montrent que Joffrey, Tommen et moi-même n'avons aucune légitimité. Si je les donnais à votre reine... nous ne serions plus une menace, et la guerre n'aurait plus lieu.
- Et vous nous les donneriez comme cela ?
- Non. Je veux la garantie que Tommen et moi-même seront sauvés. Vous pouvez nous envoyer en exil à Essos si cela vous chante, peu importe. Mais nous devons avoir la vie sauve. Je vous donnerai les indications pour trouver les preuves une fois que nous soyons été tous deux exfiltrés de Port-Réal, et en sécurité.
- Et Joffrey ?
- Faites ce que vous pensez être le mieux, se contenta de répondre la princesse.
Intéressant... Dans de telles conditions, comment refuser ? Illyrio songea alors qu'en définitive, Myrcella avait eu bien raison de masquer en premier lieu son identité : ne pas la recevoir aurait été bien dommage...
