Salut aux fans de Banana Fish dont je fais fraîchement partie depuis quelques semaines! Cette idée de fanfiction me tournoyait dans la tête alors j'ai fini par craquer et par écrire ce premier jet. J'ai une autre fanfiction en cours d'écriture mais sur l'univers d'Harry Potter, plus un mémoire en cours de rédaction, plus mon boulot en parallèle, lol. Je suis débordée. Mais je vais essayer d'en faire une histoire courte, plutôt fragmentée avec des ellipses pour me concentrer sur les scènes que j'ai envie d'écrire. Les chapitres seront courts pour que je puisse poster rapidement. J'espère que ce décor vous plaira.

Bonne lecture,

DarkPotter's


Tête baissée, le visage écrasé contre la poitrine de sa mère, Eiji sanglotait violemment dans les bras de cette dernière qui n'en menait également pas large. Le père d'Eiji était au volant de la voiture familiale tandis qu'ils franchissaient les grilles de la clinique psychiatrique au nom étrange de Bananafish. Ses doigts étaient exsangues à force de serrer le volant aussi fort…

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Les yeux verts perçants, Ash suivait la berline du regard entre ses mèches blondes qui flottaient dans la brise. Son corps frêle était nonchalamment appuyé contre une rambarde, ses hanches saillantes apparaissant au-dessus de son jean délavé bleu pâle. L'adolescent de 17 ans se postait souvent à cet endroit pour observer le manège des entrées et des sorties de la clinique.

- Ash, ton camarade de chambre est arrivé, prévient un infirmier à la carrure imposante, tout en se dirigeant vers le petit parking où la berline venait de se garer. Tu es prié de le laisser tranquille, d'accord?

- Tu sais bien que tu peux me faire confiance…, répond l'adolescent avec un sourire en coin.

- C'est ça…, grommelle l'infirmier.

Toute trace d'humour s'effaça du visage de l'adolescent en découvrant un jeune garçon peut-être un peu plus jeune que lui sortir du véhicule sans jamais quitter les bras de sa mère qui s'agrippait également à son fils. Leurs visages étaient maculés de larmes, leurs traits déformés par une souffrance dévorante. Le père, silencieux, mais clairement tout aussi affecté, ouvrit la marche en direction de l'infirmier qui les attendait avec une lueur compatissante dans les yeux.

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Ash avait attendu que les parents du garçon s'en aillent pour entrer dans la chambre qu'ils allaient dorénavant partager. Déglutissant bruyamment, les mains un peu moites, il referma doucement la porte derrière lui, tout de suite conscient des sanglots qui s'élevaient dans la pièce. Ash n'avait pas l'habitude d'un tel étalement d'émotions, lui qui avait appris à survivre en verrouillant le plus possible ses émotions à double tour.

Ash resta un moment figé à l'entrée de la chambre, observant la silhouette fœtale d'Eiji trembler sous les draps. Son visage était caché par ses mains. Ash se gratta la tête avant de se diriger vers son côté de la chambre où se trouvait, comme du côté d'Eiji, un lit contre le mur, une table de chevet et une petite armoire. Entre leurs espaces se trouvaient une fenêtre et une porte donnant sur une petite salle de bain avec une toilette, un évier et un bac à douche.

Ash ouvrit le tiroir de la table de chevet et en sortit en bonbon emballé dans un papier blanc et jaune. Il se rapprocha du jeune garçon qui lui tournait le dos.

- Comment tu t'appelles? demanda Ash lentement.

L'adolescent attendit patiemment que le jeune garçon essuie quelques larmes avant de se tourner vers lui. Sa lèvre inférieure était tremblante et ses yeux semblables à ceux d'une personne en pleine crise d'allergie.

- Eiji…

- Il paraît que le sucre réconforte un peu. C'est une histoire de neurochimie, de synthèse indirecte de sérotonine par la facilitation de l'entrée de tryptophane dans le cerveau… euh…, s'interrompit Ash en voyant le mine déconcertée et curieuse d'Eiji. Euh, enfin, je voulais simplement te donner ça…

Ash déposa le bonbon à côté d'Eiji et recula inconsciemment d'un pas. Les sourcils du jeune garçon se soulevèrent et ses doigts attrapèrent délicatement le bonbon. Il l'observa, médusé, avant de poser son regard ébène sur lui. Ash soutint son regard, une expression indéchiffrable sur le visage.

- Ça me touche beaucoup… merci. Comment t'appelles-tu? questionna Eiji sans cligner des paupières.

- Ash.

- C'est original, remarqua le jeune garçon.

- Tes parents ont l'air gentil. C'est une chance, enchaîna l'adolescent sur un autre sujet.

- Oui, je sais. Je m'en veux d'autant plus d'être comme ça. Ils ne méritent pas de souffrir à cause de moi. Ce sont de super parents.

- Tu es là pour quoi? Dépression?

- Oui…, répond Eiji en baissant la tête.

- Ce n'est la faute de personne, tu sais. La dépression est une maladie. Ce n'est pas de la paresse ou pour embêter tes proches que tu te comportes comme ça. Je suis certain que tes parents comprennent ça et savent que tu fais tout ce que tu peux pour aller mieux, raisonne Ash avec un léger sourire compatissant.

- Merci, finit par répondre le jeune garçon en relevant la tête. Ça me fait du bien ce que tu dis. Tu as l'air de savoir beaucoup de choses sur la vie. Tu as quel âge?

- 17 ans. Bientôt la liberté…, marmonne Ash, l'air rêveur.

- 17 ans?! Je suis plus âgé que toi. Je n'ai pas encore vécu grand-chose en ce qui me concerne…

- Crois-moi, c'est pour le mieux. Tu as toute la vie devant toi, Eiji…

Intrigué, le jeune garçon penche la tête sur le côté, ses grands yeux innocents observant l'adolescent piétiner inconsciemment sur place, le regard perdu dans le vide.

- Tu es hospitalisé depuis longtemps?

- Une semaine. Mais je suis un habitué des lieux.

- Ah bon?

- Je vais te faire une confidence: venir ici m'aide à ne pas sombrer dans la folie, ce qui peut paraître paradoxal dans un lieu qui symbolise souvent la folie pour les gens qui n'y mettent pas les pieds.

- Tu viens ici pour quoi? ose demander Eiji après un instant d'hésitation.

- Ils me qualifient ici d'orthorexique quand je vais plutôt bien et d'anorexique quand ça se gâte, c'est-à-dire que je suis très sélectif par rapport à mon alimentation et par période, je cesse de m'alimenter.

- Oh…, je suis désolé. Peut-être que je ferais mieux de te rendre ce bonbon alors, raisonna le jeune garçon en observant plus attentivement la maigreur de l'adolescent.

Ses clavicules étaient saillantes, à l'image de ses hanches. Sa silhouette faisait davantage penser à celle d'une adolescente de 14 ans. Exposé au regard d'Eiji, Ash croisa fermement ses bras filiformes sur son buste.

- Garde-le. Justement, ça fait partie des choses que je ne mange pas, précisa l'adolescent à voix basse.

- Pourquoi tu ne manges pas de bonbon? ne put s'empêcher de demander Eiji.

- Ces choses-là font grossir… Mais elles réconfortent aussi, alors vas-y, mange-le. Ça va te faire du bien…

- Merci, Ash, finit par répondre Eiji en souriant avant de glisser le bonbon moelleux dans sa bouche…