Salut salut ! Voilà un premier chapitre écrit pour introduire un peu mon personnage.
Attention : mention de sujets sensibles (agression sexuelle, violence, vulgarité légère)
O~~O~~O Année 1519 O~~O~~O
C'était un après-midi d'hiver classique sur une île hivernale basique. De la neige, un ciel blanc, un vent frais et sec, un soleil timide et une foule monstre qui se bousculait aux abords des stands de nourriture et bibelots en tous genres.
" Non mais alors là, s'écria une voix sur le marché bondé, tu te prends pour qui, au juste, gamine ? Tu veux que j'te frappe ?
- Ouuuh, j'ai peur, si peur... " se moqua une voix féminine en réponse.
Leifnir resserra sa poigne sur la nuque de l'homme qui se surprit à glapir de peur.
" C'est plutôt à moi de te demander pour qui tu te prends. Alors maintenant, rends moi l'argent que tu m'as volé et on n'en parle plus.
- Tu peux t'brosser !"
La canon d'un pistolet se posa sur sa tempe.
" Ok, ok, c'est bon, pardon ! Tiens ! paniqua le voleur en poussant une bourse en cuir contre son ventre, m-maintenant lâche-moi !
- Meeeeerci. Tu vois, quand tu veux ! S'esclaffa la fille avec un sourire narquois.
Puis elle le lâcha, purement et simplement et l'homme partit faire la bise au sol. Leifnir lui fit un joyeux signe de la main - il leva son majeur en retour - et tourna les talons, sa bourse de berries bien en main. Cet abruti avait osé s'en prendre à elle juste parce qu'elle paraissait frêle. Eh bien, il ne fallait jamais se fier aux apparences ! Et il se trouvait que ce type aboyait plus qu'il ne frappait. C'était un avantage pour Leifnir qui, malgré ses connaissances en combat, n'aurait peut-être pas pu rivaliser si son adversaire avait été un tant soit peu plus costaud et connaisseur dans l'art de foutre des mandales. Leifnir, elle, passait d'abord par la case diplomatie - cela ne durait que très peu de temps puisqu'elle n'était pas patiente pour un sou.
Elle avait déjà trop perdu en étant faible. Beaucoup trop. Alors il n'était plus temps de l'être : jamais plus elle ne devait se montrer vulnérable afin qu'on serve d'elle à mauvais escient et surtout, elle se devait de s'imposer pour mener à bien ses objectifs. La jeune femme passa un main dans ses courts cheveux bruns et ondulés en soufflant. La neige crissait sous ses pas en une mélodie apaisante, si on omettait les bruits ambiants qui avaient tendance à l'étouffer. Elle avait besoin de calme alors, elle se dirigea vers l'auberge dans laquelle elle avait loué une chambre la veille.
" Un verre de jus de pomme, s'il vous plaît."
La barmaid lui envoya son dû en le faisant glisser sur le comptoir d'un geste maîtrisé. C'était pas souvent qu'on lui demandait un verre de jus de pomme et était sûre qu'elle n'avait pas touché à son stock depuis au moins cinq bonnes années.
" Tu cherche quelque chose par ici, ma jolie ? lui demanda la tenancière aux boucles noires et à la forte carrure tandis qu'elle essuyait des verres par-ci par-là, table six, quatre pintes ! héla-t-elle à un de ses employés qui avait l'air plus paumé qu'autre chose - un petit nouveau sans doute.
- Qu'est-ce-qui vous fait dire que je cherche quelque chose ? s'enquit Leifnir en sirotant son jus de pomme à la paille.
- T'as l'air paumée comme un chien errant. S'tu veux du travail, j'aurai bien besoin d'un commis de cuisine.
- Oula, non. Moi, je suis juste de passage. Vous connaissez pas cette personne, par hasard ?"
La gamine brune lui tendit un papier droit sous le nez. Le portrait robot d'un homme aux cheveux hérissés, blancs et le visage divisé par une cicatrice longiligne qui partait de son front et rejoignait son menton - quelque chose de maîtrisé, subtil et presque parfaitement droit, comme si on l'avait torturé des heures durant pour lui infliger ce supplice qui restera à jamais ancré dans sa peau.
" J'connais pas. T'es sûre que t'as pas besoin d'boulot ? insista la grosse femme avec un sourire sympa.
- Sans façon merci, mais je penserai à vous si un jour je repasse par là, hein.
- Je connais cet homme, intervint la voix graveleuse d'un homme qui venait de s'asseoir à côté d'elle et s'était penché sur son épaule pour regarder le portrait, la dernière fois qu'j'l'ai vu, c'était à Sabaody.
- Y'a combien de temps ?! s'exclama Leifnir en prenant le type par les épaules pour le secouer.
- Trois ou quatre ans je dirais, bafouilla-t-il, il m'a soigné quand j'ai perdu mon bras sur un chantier. "
La jeune femme le remercia en lui secouant la main, attrapa son sac et paya la tenancière.
" Voilà ma part pour les trois dernières nuits. Au revoir !"
O~~O~~O
Leifnir savait que trouver un navire n'allait pas être chose aisée, depuis que le sien avait malencontreusement coulé en arrivant au port de l'île enneigée. Et ses économies ne lui permettraient pas d'en acheter un neuf. La seule solution qui lui restait ?
Trouver un taxi.
Après plusieurs essais peu fructueux, elle se racla la gorge pour éclaircir sa voix.
" 'Scusez-moi messieurs. Est-ce que-
- Nan, gamine, maintenant fous le camps ! "
La jeune femme s'assit sur un tonneau en poussant un râle de frustration. Pourquoi personne ne voulait-il la prendre au sérieux et l'écouter ?
Elle qui pensait qu'avoir un corps de femme serait plus aisé pour amadouer les gens, c'était raté.
" Salut, tu cherche un bateau c'est ça ? "
Leifnir sursauta un coup quand un homme à l'apparence soignée se présenta à elle. Elle haussa les sourcils et un sourire soulagé vint étirer sa bouche. Ah, enfin peut-être un peu de chance !
" Je m'appelle Scaril et il se trouve que je fais partie du célèbre équipage de Barbe-Blanche et que nous nous allons dans la même direction que Sabaody ! s'ébaudit l'homme à grand renfort de gestes ridicules, veux-tu te joindre à nous ?
- Ah, ça, c'est super ! Vous tombez à pic ! Je signe où ? "
Le grand dadet eut un ricanement et l'emmena bien vite au navire, qui était gigantesque et sur lequel grouillaient d'innombrables pirates, comme un banc de poissons au fin fond de l'océan. Dans toute sa naïveté, Leifnir ne parvint pas à voir le sourire narquois de l'homme qui l'avait abordé et elle plongea tête la première dans le piège : n'importe quelle personne plus avisée qu'elle aurait sentit le piège à plein nez, mais Leifnir ne faisait pas partie de ces gens-là et avait encore beaucoup à apprendre sur ce monde.
Que ce monde était dur, trompeur et sournois.
Aussi, sa surprise fut immense quand elle sentit un coup sec derrière sa nuque. Puis, plus rien d'autre que le noir.
O~~O~~O
Portgas D. Ace n'était pas un garçon comme les autres. Jeune, il avait réussi à se creuser une place dans le dur monde de la piraterie, ce monde dont l'âge d'or avait débuté à cause - où grâce ? - de son géniteur mal aimé.
Oui, Portgas D. Ace, dans toute sa fougue jeunesse, se croyait indestructible, plus fort que tous ceux qui lui avaient craché au visage pour avoir eu l'audace d'exister, plus malin que ces pouilleux à qui il avait refait le portrait pour montrer à quel point il était au-dessus d'eux. Plus audacieux, pour avoir absorbé un fruit du démon lui permettant d'illustrer en toute splendeur son caractère tout feu tout flamme.
Mais Portgas D. Ace était, dans toute sa naïveté encore enfantine, bouffi d'orgueil. Et c'est ainsi qu'Edward Newgate lui apprit la leçon : à grand coup de poing dans le visage, le laissant sonné sur le pont du Moby Dick. Ce fut encore une claque pour le jeune homme tout juste sorti de l'enfance et qui croyait déjà tout savoir de ce monde de fous.
" T'es sacrément têtu. Tiens, mange, lui dit ce foutu pirate à la coupe en forme de banane en lui tendant un bol de ragoût.
- Fiche-moi la paix ! Je t'ai rien demandé, grommela Ace en repoussant la main salvatrice, pourquoi tu t'occupes de moi ?!
- Parce que t'as besoin de manger, comme tout le monde. Alors mange avant que j'm'énerve.
- Ah Thatch, te voilà, intervint Marco en passant à leurs côtés, et Ace, salua-t-il tandis que le gamin prenait le bol de mauvaise grâce, on a besoin de toi en-
- NAVIRE IMPOSTEUR À TRIBORD !" S'époumona la vigie.
Une flopée de marins leva la tête vers ledit tribord et Marco soupira. Thatch explosa de rire.
" Alors là, ça va barder. Préparez vous les amis, c'est l'heure de se défouler un peu.
- Qu'est-ce-qu...commença Ace avant d'apercevoir le drapeau ennemi, attends, un faux Moby Dick ?
- Il semblerait qu'un équipage ce soit amusé à parader sous une fausse bannière, répondit le Phénix avec flegme tout en commençant à déployer ses ailes flamboyantes.
- Quelle idée de voler notre identité ! Pas de chance pour eux, ils sont tombés sur les mauvaises personnes." Se moqua un marin, provocant l'hilarité de ses camarades.
Ace n'avait jamais vu de gens assez fous pour usurper l'identité d'un des équipages le plus puissant de leur génération ; et ils allaient payer le prix fort pour leur bêtise pour le moins incongrue.
Les pirates de Barbe-Blanche se jetèrent à corps perdu dans la bataille, surprenant les imposteurs qui ne savaient plus où donner de la tête. Ace s'incrusta même dans ce beau bordel, sous le regard méfiant de Marco sous ses plumes mystiques.
" Je t'ai à l'œil, gamin. Tu reste avec moi, on va chercher le capitaine de ce rafiot."
Le jeune homme grommela mais suivit tout de même son aîné, esquivant des coups tout en renvoyant des griffes enflammées. Il espérait au moins qu'ils trouveraient un trésor, histoire de dire qu'ils n'avaient cassé la gueule de ces imbéciles qu'en guise de punition pour avoir fait les malins ; le trésor était bien plus palpitant, mine de rien.
Ace faillit se faire trancher le torse par un sabre mais il esquiva, fit une clé de bras au type et le fracassa par terre.
" Toi ! Dis-moi où vous cachez votre trésor, ordonna le garçon tout feu tout flamme au pauvre gars, saignant et bavant sur le parquet taché de graisse et de flaques de sang.
- D-dans la cale. " Répondit-il immédiatement avant de tomber inerte.
Désobéissant et profitant que Marco ait le dos tourné, Ace se faufila jusqu'à la cale - drôle d'endroit pour ranger un trésor, mais soit. C'est sur les dernières marches qu'il entendit des bruits sourds ainsi que des cris de rage et de douleur.
Quelqu'un était arrivé avant lui ?
Il entra dans la cale aux relents de moisissure brutalement, prêt à en découdre et découvrit une scène plus que surprenante qui le coupa dans son élan.
Une jeune femme aux cheveux courts se débattait contre un des imposteurs avec hargne, allongée sur la sol et le gros porc presque étendu sur elle pour lui infliger dieu sait quoi. Cela mis Ace dans une colère folle et alors qu'il s'apprêtait à intervenir, la fille parvint à se courber pour lancer un pied dans l'entrejambe de son agresseur, l'autre dans son nez qui émit un craquement sonore. Le pervers tomba à la renverse, inerte.
" Putain, non mais quel con ! " jura-t-elle en se redressant, son t-shirt désormais en lambeau et dévoilant son buste nu.
Ace la regarda se relever, le nez ensanglanté, la gorge rougie par les traces de doigt de l'imposteur. Il tenta un pas vers elle mais elle bougea violemment, sans remarquer sa présence, trop focalisée sur ce qui venait de lui arriver.
" Quelle putain de plaie ce corps, s'exclama-t-elle en jetant violemment son pied dans les côtes de sa désormais victime, vraiment de la merde d'être une femme ! Heu, salut ? "
Elle l'avait enfin vu, dans toute sa rage, et ne semblait pas se formaliser qu'elle avait les seins à l'air devant lui. Il essaya de faire un nouveau pas en avant mais elle se rebiffa avec hargne.
" M'approche pas, ordonna-t-elle avec frayeur tout en faisant un pas en arrière, mais prête à en découdre, sinon j'te fracasse.
- Je vais pas te faire de mal, détends toi. Je venais juste pour le trésor, expliqua Ace en mettant ses deux mains en l'air pour se montrer plus vulnérable aux yeux de l'inconnue, et je peux te passer ma chemise, aussi, finit-il avec un air détendu bien qu'il se mit à rougir face à l'impudeur de son interlocutrice.
- Un trésor ? Je sais pas de quoi tu parle. Y'a rien ici. "
Le garçon se gratta la tête, perplexe - la fille engagea un nouveau mouvement de recul, toujours angoissée par sa précédente agression. Ace finit par retirer lentement sa chemise jaune pour ne pas la brusquer, et il lui tendit du bout du bras, sans bouger les jambes d'un poil, les yeux détournés.
" Mets ça, où tu vas attraper froid. "
La brune attrapa le bout de tissu du bout des doigts et se recula pour l'enfiler. Elle avait plus l'air d'être plus embêtée par le froid ambiant plutôt que par sa semi-nudité. Il ne savait pas quoi faire à part la ramener avec lui. Mais le problème, c'est qu'il ne faisait même pas partie de l'équipage du vieux fou - il essayait même encore de le tuer !
Et s'il l'intégrait aux Spades ? De toute façon, il finirait bien par partir à un moment, n'est-ce pas ?
Un fracas sourd se fit entendre du haut des escaliers et le corps d'un des marchands d'esclaves dévala les marches dans la douleur. La silhouette de Marco suivit le mouvement et la fille se braqua, puis se précipita en arrière.
" Marco ?! "
Le Phénix prit le temps d'observer son environnement ; une cale dégueu, froide et humide, une petite prison sombre seulement habillée d'une planche en bois et d'une gamelle à moitié vide, un vieux bureau en bois rongé par l'humidité avec une chaise, une lampe à huile, un mec ensanglanté étalé sur le sol, son "protégé" torse nu au milieu de tout ça et une fille portant la chemise de ce même protégé, en boule dans un coin de la pièce.
C'était quoi tout ce bordel ?
" C'est quoi ce bordel ? demande-t-il pour exprimer très clairement sa pensée, Ace, je t'avais dit de rester avec moi !
- Je cherchais le trésor, sauf qu'il n'est pas là, répondit bêtement Ace en se frottant la nuque.
- C'est normal, le trésor est là-haut, triple andouille. C'est qui, cette fille ?
- Heuu... il se tourna vers la brune qui les regardait avec un air farouche tout en boutonnant la chemise jaune, tu t'appelles comment ?
- Leifnir, dit-elle sèchement, toujours méfiante.
- Elle s'app-
- Oui, j'ai entendu, je suis pas sourd oï. Tu fais partie de cet équipage ? s'enquit Marco à la gamine en faisant un pas vers elle.
- Nan, ils m'ont capturée pour me vendre. Vous pouvez me sortir de là ? Ça pue, et ils ont même pas de bonne bouffe, ici. "
Marco haussa les sourcils. Elle était bizarre, cette fille.
La voix d'Izou les appela depuis le pont. Il était temps de repartir, ces imposteurs avec eut une bonne leçon bien méritée.
" On se tire. Venez, vous deux, ordonna Marco en tournant les talons.
- Attendez. "
Leifnir se précipita vers le bureau, fouilla dans tous ses tiroirs et en sortit un pistolet rafistolé, rayé et tâché de peinture colorée. Elle récupéra aussi une bourse en cuir et une petite dague.
" C'est bon. "
La jeune femme suivit avec difficulté les deux pirates tandis qu'ils couraient vers l'extérieur ; elle prit une grande bouffée d'air frais. Mais elle était épuisée et affaiblie. Elle avait été enfermée quasiment un mois dans cette prison pourrie, à échapper tant bien que mal à ce gros balourd lubrique qui avait finalement presque eut ce qu'il voulait pendant que tout le monde était trop occupé par la bataille. Leifnir frissonna rien qu'en y repensant. Sa tête tournait et elle avait chaud, puis froid. Envie de vomir. Ses oreilles bourdonnaient. Le contrecoup des derniers chocs arrivait avec bien plus de violence que prévu. L'adrénaline tombait.
Et les mains de ce pervers sur ses seins et ses fesses remontèrent vivement dans sa mémoire, comme pour la torturer un peu plus. Des souvenirs plus anciens refirent eux aussi surface par-dessus et lui donnèrent un haut-le-coeur ; elle se pencha par-dessus le bastingage pour vomir ses tripes en se demandant pourquoi elle s'était donné la peine de ne pas dégobiller sur le parquet. Elle aurait au moins pu se venger un peu de ces connards d'esclavagistes.
" Oï, tiens le coup. " Lui dit Marco en tenant ses cheveux en arrière - elle le laissa faire, trop affaiblie pour le repousser.
Elle cracha une dernière fois, un goût aigre dans la bouche, avant de s'effondrer sur le pont sans plus de cérémonie. Marco la chargea dans ses bras comme un sac à patate ; Ace se chargea de ramasser ses affaires. Puis, une fois de plus, elle sombra dans le noir.
Ah, elle rêvait de cette sieste depuis des heures.
A suivre...
O~~O~~O
Yo tout le monde !
Voilà un premier chapitre, un peu long mais que je me suis bien amusée à écrire. Je ne sais pas où cette histoire va me mener et si je vais vraiment aller jusqu'à une vraie fin, pour une fois, mais j'essaierai de faire en sorte que oui :) Je vais écrire un peu au jour le jour et je verrais bien si j'ai l'inspiration mais pour le moment, ça part plutôt bien dans ma tête. Encore pas mal de mystère autour de Leifnir, qui est un petit mix entre des personnages d'autres oeuvres que j'adore ahah.
Les chapitres ne seront pas tous forcément longs comme ça, puisque celui-ci fait plutôt office d'introduction.
N'hésitez pas à laisser un avis si le coeur vous en dit ! c'est toujours chouette de communiquer avec vous :)
A bientôt !
