Notes: Bonjour! Je me suis lancée il y a longtemps dans un mode cross over/ fusion de personnages.(Cette histoire date de plusieurs années. A l'époque Castle passait encore sur les écrans. Qu'elles me manquent ces séries...) Ici nous retrouvons Flynn Rider : Rick Castle et Raiponce : Kate Beckett en plein milieu de la série One Upon a time! Idée un peu saugrenue mais bon... Vu les temps qui courent, une petite histoire légère et drôle ne fera de mal a personne! A titre indicatif : nous sommes autour de la saison 1 de OUAT. Bonne lecture!
Once Upon A Castle
La véritable histoire de Raiponse et Flynn Rider
Il était une fois... Une foret enchantée ou vivait tous les personnages de contes. Nous les connaissons bien, ou du moins, nous le croyons. Un jour ils se trouvèrent piégés dans un monde ou les fins heureuses n'existaient plus. Notre monde.
Voici comment tout a commencé...
/Flashback/
Je cours à perdre haleine, peu importe l'endroit peu importe la destination. Si c'est loin du château, c'est parfait ! Je ne suis pas loin de me prendre un arbre, je n'arrête pas de trébucher mais je cours ! D'un coup, je m'étale de tout mon long, me retournant constamment je n'avais pas vu la racine d'arbre par terre. Pestant, je me relève aussi vite que je le pouvais. Ouf ! Pas de blessures, manquerait plus que ça, tiens ! Je regarde de nouveau derrière moi. Je les distance pas mal... Mais je n'ai pas le temps de calculer combien, il faut que je trouve un abri.
Je cours de nouveau, me plaque contre une paroi tout en regardant tout autour de moi. Les bruits de sabots ne sont pas loin, mais ils semblent se diriger vers un autre chemin. Lentement, je resserre mon emprise sur le sac. Je sentais la couronne à travers l'épais cuir, ne voulant pas la briser, je lâche mon sac des mains pour réajuster la lanière. Je suis toujours aux aguets, et, étant trop a découverts je décide de longer la paroi...
Bien entendu je ne regarde pas ce que je fais, je laisse mes mains courir le long de la pierre, tout en scrutant les horizons. D'un coup, je me retrouve comme aspiré. Je m'étale de nouveau mais cette fois ci la surface est plus dure. Je fixe les feuillages face à moi qui me protège et tourne la tête pour regarder ou j'ai atterri.
Je me relève d'un coup... Sait-on jamais je suis peut-être en pleins dans un piège mis en place par les gardes... Non, soit réaliste Flynn, les gardes sont trop stupides pour faire un plan pareil !
Alors que toi, t'es un petit génie !
C'était la planque parfaite... Sauf que le fichu cheval avait un flair de chien. Je n'allais pas faire long feu si je restais ici. Je me mis en marche pour passer de l'autre côté, pas la peine de revenir sur mes pas, c'était le meilleur moyen pour se faire prendre... Et puis il semblerait qu'il y ait de la lumière dans le fond de cette grotte...
En moins de 5 minutes je me retrouvais dans une autre foret, moins dense, plus fleurie. Bon, il me fallait une autre cachette, une vraiment bonne cette fois. Parce que le temps que ces crétins trouve la grotte j'avais le temps de me décomposer sur place.
Même pas le temps de penser, voilà que se dressait face à moi une sorte de donjon. Je souris, c'était presque trop facile. Cacher un truc dans les bois c'est loin d'être simple... Surtout pour le retrouver. Mais dans une pièce...
Je fis le tour de l'immense donjon. Pas de porte.
Qu'est-ce que c'est ce délire ?!
Quel imbécile construisait un donjon sans porte ? Franchement, comment le type faisait pour rentrer chez lui ?
Je m'éloignais de quelque pas, cherchant une ouverture un peu plus en hauteur.
Sérieusement ?! Pensais-je en regardant la fenêtre en haut juste sous le toit du donjon.
Okay Flynn, prépare-toi à faire un peu de sport. Bien que tu n'en aies pas franchement besoin, vu ta carrure, mais quand il le faut... Il le faut !
/Flashback/
Je courrais de nouveau, riant cette fois. Comme les gens peuvent être stupide ! Personne ne voit la supercherie, mais quand je me plante ou que le tour ne fonctionne pas, il faut avoir un bon sprint ! J'ai appris sur le tas à faire ces jeux de hasard dans les rues, j'ai appris à courir vite pour fuir la police, j'ai su repérer les gens pas net, ou, lorsqu'on les croisait, valait mieux faire profil bas... Ou courir.
Courir, toujours courir... C'est devenu mon sport favori. Et puis ensuite vient le moment de la cachette. Un endroit où on se planque un bout de temps, histoire de se faire oublier.
Au détour d'une ruelle, j'escaladais le mur grâce à la gouttière. Une fois au premier palier, je poussais la porte fenêtre à l'aide de mon pied pour l'ouvrir. Je me glissais à l'intérieur, me collant au mur d'a côté, sans un regard au travers de la vitre. C'était le dernier truc auquel il fallait que je regarde. Des pas raisonnants contre les murs se firent plus précis. Ils s'approchaient. Je retenais mon souffle, toujours. Comme si, de là où ils étaient, ils pouvaient m'entendre respirer. C'était stupide, mais c'était une façon comme une autre de réduire le stress.
« Il a dû partir par la ! » cria une voix plus loin.
« Je suis sûr de l'avoir vu tourner ici ! » dit la voix juste en dessous de la fenêtre. « Putain ! »
Puis, les pas s'éloignèrent.
Je soufflais, enfin. Encore quelques minutes et je pouvais retourner chez moi.
Le retour se fit d'un pas plus lent. Non sans me retourner quelques fois, je m'étais fait prendre une fois. Les croyant partis, j'étais redescendu de ma cachette et j'avais commencé à revenir sur mes pas. Mais les gars m'avaient attendu au tournant et j'avais dû reprendre ma course. J'ai bien cru que j'allais y passer cette fois-là !
Il faut dire que les gars qui jouent aux jeux de hasard dans la rue ne sont pas tous des tendres. Souvent, ils envoient leurs molosses dans les rues, et il ne me faut pas trop longtemps pour les reconnaître, récupérer mes gains sous le regard ébahit des joueurs qui ne finissaient pas la partie, et courir.
Mais ceux-là n'étaient pas des lumières, je n'avais donc pas de soucis à me faire. Néanmoins, j'avais fait le fameux détour, par le petit passage sous terrain, pour brouiller les pistes.
J'escaladais de nouveaux la façade, à l'aide de quelques trous dans le mur cette fois. J'aurais pu déplacer la grosse porte d'entrée faussement barricadée, mais j'étais encore jeune et fort, pourquoi m'ennuierais-je à passer par la porte alors que je peux le faire par la fenêtre ?
Et me voilà chez moi. Certes, ce n'est pas le palace de notre maire Regina Mills, mais c'est vivable.
A peine eus je le temps de poser mes affaires sur une vieille table qui servait de « dépose tout » dans le « hall », qu'une petite tête rousse fit son apparition.
« PAPA ! » dit-elle en me fonçant dessus pour m'enlacer.
Ces bras étant petit, elle arrivait à peine a encercler mes jambes.
« Doucement Pumpink, et tu sais ce que j'ai dit à propos des cris ? »
« On ne crie pas dans la maison, on reste sage quand papa est pas là, et on aura droit à pleins de bonbons après ! »
La dernière partie n'était pas vraiment dans les « règles » mais je l'avais dit une fois, une seule et unique fois... Et ce n'était visiblement pas tombé dans l'oreille d'une sourde.
Faisant une petit mou désolée, elle se recula pour me laisser marcher vers la cuisine. Il était presque 19 h, l'heure de préparer quelque chose à manger.
« T'as beaucoup travaillé ? » me demanda-t-elle tout en s'asseyant sur la table de notre cuisine.
« Oui. Où est ta grand-mère ? »
« Elle est sortie parce que y'a un monsieur qui lui a dit qu'elle chanterait dans un cabanon ».
Cabanon, comprendre cabaret, mais je ne la repris même pas. Et puis, connaissant tous les deux la « grande Martha » nous savons que, peu importe la proposition ou le lieu, tant qu'elle peut chanter... Elle est heureuse.
Je sais que ma fille peut rester seule quelques heures, même si je ne suis pas toujours très rassuré, mais je n'ai pas d'autre choix.
« Ça fait longtemps qu'elle est partie ? » question stupide, ma fille ne savait pas encore lire l'heure.
Et comme je m'y attendais, elle haussa les épaules tout en attrapant un papier sur la table. C'était une réduction pour une pizza à se faire livrer. D'ailleurs, on se faisait souvent livrer ce genre de chose. On brouillait les pistes avec l'adresse, puis, une fois que le temps était écoulé, on récupérait la pizza gratuitement.
Les combines chez nous c'était devenue une sorte de seconde nature, même pour Alexis, ma fille, qui ne sais pas encore très bien compter pourtant... Elle est très douée pour ça. Pas de doute, c'est bien la fille de son père.
« Ch'ai pas » Dit-elle en posant la feuille après l'avoir observé « Dis papa, on peut commander encore une pizza gratuite ? »
Je me mis à rire, elle savait me prendre par les sentiments. De plus, je fouillais depuis tout a l'heure dans les placards, vides... Il semblerait qu'une pizza « gratuite » soit la dernière option.
« Tu veux m'accompagner à la cabine ? »
« Ouiiii ! » dit-elle en sautant de la table agilement. Elle courut vers l'entrée pour enfiler ses chaussures à la vitesse de l'éclair.
« Le premier habillé a gagné ! » lançais je en me précipitant sur mon manteau.
Elle mit les bouchées doubles pour finir de mettre les scratch de ses chaussures, puis se jeta sur sa veste, alors que je fouillais dans mon manteau a la recherche d'un autre bon de réduction avec le numéro dessus. Rien de ça dans les poches, comme d'habitude... Je dû revenir sur mes pas pour récupérer le bon.
« PREEEEETTTTEEEEEUUUU » lança Alexis avant de mettre ses mains sur sa bouche.
Les cris étaient prohibés ici, surtout à cause du fait que la maison était censée être « abandonnée ». Qui disait abandonnée, disait aucune charge, aucunes contraintes. Tout gratuit. Pour l'électricité on avait raccordé un fil et nos voisins nous fournissait sans le savoir.
La gazinière nous servait pour faire chauffer l'eau pour les douches et les bains. Notre hygiène de vie n'était pas des plus irréprochable, mais c'était suffisant. Alexis aimait encore notre mode de vie... Je ne voulais pas penser à l'adolescence... Ni même encore à l'école.
Normalement elle était censée rentrer cette année en CP, mais n'étant pas vraiment sur le registre des naissances, personne ne nous avait rien demandé.
Je fis les gros yeux, je ne la grondais pas, elle avait toujours été adorable. Et elle restait encore une enfant. Crier pour elle c'était aussi vital que de jouer ou courir.
« J'ai le numéro, on y va ! »
Je lui pris la main, et on descendit dans les escaliers pour sortir par la porte. La cabine téléphonique n'était qu'à 10 minutes, mais à chaque fois, sur le chemin, Alexis me racontait mille et une chose. Elle passait beaucoup de temps à la maison, je le regrettais... Mais nous n'avions pas le choix. Si on sortait en dehors des heures scolaires ça aurait été suspect. Il n'empêchait qu'on passait tous nos week-end dehors à construire des cabanes ou jouer aux pirates. Les parents me regardaient souvent d'un drôle d'air, tout comme les baby sitter ou les nanny. J'étais ce que ma mère aimait appeler un « grand gamin », visiblement qu'un adulte se retrouvait sous une cabane en bois ou, une épée fabriquée fait maison en criant « à l'abordage », ça n'était pas très courant...
Une fois arrivés à la cabine, je constatais qu'elle était cassée. Nous n'étions pas dans la partie la plus huppée de Storybrook... Mais peu de maisons abandonnées étaient disponible dans ces quartiers-là.
« Bon... On va devoir aller à l'autre » dis-je soupirant « Tu veux qu'on fasse l'avion ? »
« Je suis trop grande maintenant ! » me dit-elle en croisant les bras.
J'avais oublié la dernière fois ou j'avais soufflé quand il avait fallu la porter sur mes épaules. Elle s'en était souvenue et maintenant elle ne voulait plus que je la porte pour le faire. Peut-être que dans le fond, elle était un peu vexée.
« La course alors ? »
« Le dernier arrivé est une grosse vache qui pue ! » dit-elle en prenant déjà de l'avance.
« Eh ! Tu triches ! »
Et nous voilà partir pour une nouvelle course, pas que je n'étais pas entraîné, mais c'était la fin de journée et je commençais à fatiguer.
Une fois arrivés, ma fille s'arrêta à une centaine de mètres de l'arrivée pour revenir vers moi et s'agripper à mon bras.
« J'ai gagné ! » me dit elle l'air pas très rassurée.
« Non, tu n'es pas arrivée jusqu'à la cabine ».
« Mais c'est à cause de la maison du fantôme, si je vais là-bas il va m'attraper par la jambe et je vais être prisonnier. »
« Prisonnière, ma chérie » je ne la corrigeais que rarement lorsqu'elle faisait des fautes, je pris un air sérieux. « Et tu sais bien que les fantômes n'existent pas, Alexis ? »
« Mais c'est Gram qui l'a dit... Et elle dit jamais des mensonges, comme toi ».
Ce jour-là, j'aurais tué ma mère. Quelle idée d'aller lui raconter ça ?
Surtout que cette maison était entretenue et tout ce qu'il pouvait y avoir de normal, en dehors des volets toujours fermés et bien barricadés. Mais il fallait croire que la « légende » qu'avait raconté ma mère semblait faire peur à tous les habitants. Personnellement je ne prêtais pas attention à ce genre de truc.
« Tu veux que je te prouve qu'il n'y a pas de fantômes ? »
« Non ! Je veux que tu restes avec moi » me dit-elle en resserrant son emprise sur moi. « J'ai peur toute seule, et puis il fait noir maintenant... Je veux pas rester toute seule dehors dans le noir. »
Haussant les épaules, nous continuâmes notre chemin vers la cabine téléphonique. J'avais jeté des regards vers la maison, cherchant à voir s'il y avait de la lumière ou même quelqu'un, mais rien.
Ma mère avait raconté cette histoire 3 jours plus tôt, et maintenant que j'étais à coté de cette maison, j'avais envie d'aller voir ça de plus près.
Peut-être que cette maison était habitable après tout ?
[…]
Le lendemain matin, après avoir discuté avec ma mère sur la garde d'Alexis pour la journée, je décidais d'aller y faire un tour. Je sonnais à la porte, sous le regard intrigué d'une passante qui promenait son chien. Quoi ? On ne pouvait pas faire du porte à porte sans que ça paraisse suspect ?! Ne me dites pas qu'elle aussi croyait à cette histoire débile de fantôme !
Après cinq minutes d'attente, je décidais de faire le tour de la maison. Visiblement tout était barricadé. Je n'osais pas fracasser la porte d'entrée, les passants pouvaient me surprendre... Le reste des volets étaient barrés, en plus d'être fermés.
Soupirant, je levais la tête. Bon, j'étais bon pour de l'escalade jusqu'au toit. Une fois arrivé en haut, je cherchais un velux ouvert, mais rien. Bon heureusement que j'avais prévu mon « Kit maison » qui incluait un truc spécial pour ouvrir n'importe quoi. Sur le toit il y avait 3 vélux. Ils étaient tous fermés (bien entendu) mais un seul d'entre eux avait le store intérieur ouvert. Étrange... Je regardais à travers, et je vis que le plancher avait l'air plutôt loin. La chute serait brutale. Bon, ouvrant mon kit maison, je fis quelques tours de passe-passe et le velux s'ouvrit. « Tada ! » Aurait dit Alexis.
Je me glissais à l'intérieur, et sautait sur le plancher. Pas le temps de réfléchir au fait qu'il aurait pu être pourri et que j'aurais pu descendre d'un coup les 2 étages. De toute façon, une fois à l'intérieur, j'entendis un grand BANG puis des cliquetis et plus rien. Trou noir.
Lorsque je me réveillais, je me retrouvais dans la semi obscurité, sous le velux ouvert à présent qui n'éclairait que ma personne. J'étais attaché à une chaise par des liens pas très serrés, et je reconnu une forme humaine dans le fond de la pièce.
« Qui estes vous ? Et comment êtes-vous arrivé chez moi ? »
« Je vous aurais bien dit par la porte mais... » dis-je pour essayer de détendre l'atmosphère.
D'un coup, je me demandais pourquoi j'avais tant voulu rentrer la, ce n'était visiblement pas hanté, mais j'étais encore dans les ennuis.
« N'essayez pas de vous défendre... » Elle ne semblait pas énervée, j'aurais presque cru entendre de la peur dans sa voix.
Elle s'avança doucement, ses deux bras serraient le manche d'une poêle. Elle était quasiment prête à me la balancer si je bougeais. Ah, maintenant ça me revenait ! le Bang... Ce truc devait y être pour quelque chose. Et d'ailleurs j'allais avoir une sérieuse bosse derrière le crâne. « Je n'ai pas peur de vous, maintenant dites-moi... Qui estes vous et comment êtes-vous arrivé jusqu'à moi ? » me demanda t elle a nouveau en s'avançant vers la lumière.
J'essayais de distinguer quelque chose, vu qu'elle n'osait pas trop s'approcher non plus, ce qui la fit s'avancer un peu plus. Une fois dans la lumière, son emprise sur la poêle semblait moins forte, et elle me dévisageait tout comme je devais le faire à l'instant. Cette femme était... Magnifique ? Belle ? Resplendissante ? Je n'avais pas le mot exact, et, Mon Dieu ! Quelle chevelure !
« Qui estes vous et comment êtes-vous arrivé jusqu'à moi ? » dit-elle d'une voix plus douce à présent.
« Heuuu... »
« Qui estes vous et comment êtes-vous arrivé jusqu'à moi ? » » redemanda-t-elle en relevant sa poêle, son ton était plus dur.
« J'ignore comment je suis arrivé ici. Mais permettez-moi de vous dire » Commençais je en affichant mon sourire le plus sexy « Salut ! »
Elle me regarda sans broncher. Merde, d'habitude ça marchait avec toutes les nanas ce truc ! Bon, on ne sait jamais, j'enchaînais « Comment ça va ? Moi, c'est Rick Castle. Alors ? La vie est belle ? Hmm ? »
« Rahh ! » me dit-elle en me pointant sa poêle près de la figure. J'essayais de l'éviter malgré mes liens. « Comment avez-vous réussi à pénétrer chez moi, Rick Castle ? »
« Du calme... Alors voilà » dis-je tandis qu'elle éloignait un peu la poêle « J'ai entendu dire que dans le coin, enfin ici, c'était soi-disant abandonné. Et voyez-vous... Je n'aime pas me fier aux racontars, je suis plutôt du genre à vérifier par moi-même. Attendez ! » dis-je en me souvenant que j'avais mon kit maison dans les mains un peu plus tôt. « Qu'est-ce que vous avez fait de mon trousseau ? »
« Je l'ai caché ! » me répondit-elle en croisant les bras, presque contente d'elle-même « Quelque part ou vous ne le trouverez jamais ! »
Je balayais la pièce du regard. Seul un gros pot en terre cuite était visible. « Il est dans le pot c'est ça ? »
BANG ! trou noir.
[…]
« Maintenant je l'ai caché quelque part ou vous ne le trouverez jamais ! » me dit-elle alors que je me réveillais. « Expliquez-moi, pourquoi êtes-vous rentré ici, je ne crois pas votre histoire de fantômes Monsieur Castle »
Je soupirais. « Je cherchais juste un meilleur endroit pour me loger »
« Vous... Vous n'êtes pas ici pour me cambrioler ? »
« Pourquoi je ferais ça ! Je veux juste une maison plus spacieuse et plus confortable, c'est tout. »
« Vous dites la vérité ? »
« Non, j'aime bien vous mentir ! Mais bien sûr que oui ! Maintenant détachez moi, j'aimerais rentrer. Étant donné que vous habitez ici, je n'ai plus rien à y faire. »
Elle s'éloigna, visiblement en train de réfléchir sur mes propos. « Très bien Rick Castle, j'ai un marché à vous proposer. »
« Un marché ? »
« J'aimerais... J'aimerais découvrir le monde. Mais... Je suis malade et je... »
« Attendez ! Malade comme, comme dans vous venez de me contaminer parce que je viens de passer une heure avec vous ? »
« Non malade comme dans je ne peux pas sortir à cause du soleil. »
« Hein ? »
« J'ai ce qu'on appelle le Xeroderma pigmentosum, c'est génétique, c'est une maladie qui ne me permet pas d'être exposée au soleil. »
« Et en quoi je peux vous aider ? Qu'est-ce que j'y gagne à la fin ? »
« Vos clefs, peut-être ? Je suppose que vous aimeriez rentrer chez vous ? »
« Oh je peux passer par la fenêtre, y'a pas de soucis pour ça... Mais je vous avoue que ça m'ennuyait d'avoir à les refaire... » puis je continuais en marmonnant « Vu le temps que j'ai mis pour les créer ».
« Donc on est d'accord ? »
« Oh là ! Du calme ! Je n'ai jamais dit oui pour quoi que ce soit. Et puis, attendez une minute. Vous venez bien de me dire que vous ne pouvez pas sortir à cause du soleil. » Elle acquiesça « Ca veut dire qu'on va devoir attendre cette nuit pour sortir de la ?! » Même geste. « Oh non non non ! Je ne suis pas d'accord, là ! J'ai une vie en dehors d'ici, des gens qui m'attendent, je ne peux pas me permettre d'attendre la nuit ! »
« Pourtant, vous n'avez pas le choix on dirait. » dit-elle en montrant mes liens bien serrés.
Je grognais, puis, la fixait de nouveaux. Elle était vraiment magnifique. Ce qui m'étonna c'était cette histoire de maladie. J'en avait déjà entendu parler quelque part dans les journaux. Il paraît qu'ils avaient la peau toute blanche, ou pleine de taches, je crois. Or, elle était loin d'avoir ce genre de chose sur la figure. Hep ! Attendez-la ! Elle était en plus dans le halo de lumière que diffusait le velux que j'avais ouvert ! Elle était juste en train de me pipoter !
« Arrêtez de me mentir ! On va sortir dehors, Ok mais maintenant, pas ce soir ! »
« Je vous ai dit que... »
« Que rien du tout ! Ça fait vingt minutes que vous discutez avec moi sous le soleil et vous n'avez pas l'air d'être à l'agonie là. Cessez de me dire n'importe quoi et détachez-moi. »
Personne ne m'avait attrapé jusque-là, encore moins attaché. Dire que cette femme, d'une silhouette fine et frêle avait réussi à m'attraper me faisait peur pour la suite. Bon ok, elle l'avait fait par derrière, mais j'aurais dû mieux vérifier l'endroit avant de rentrer directement dans la gueule du loup ! Si une femme aussi frêle qu'elle arrivait à m'attacher si facilement qu'en était-il des molosses qui me pourchassaient régulièrement ? Je ne donnais pas cher de ma peau en cet instant.
Ce que j'avais dit l'avait stoppé net. Elle s'était écartée de moi comme si j'avais la peste et se regardait sous toutes les coutures. Pff, c'était bien ma veine, je n'étais pas près de sortir de là, moi !
« Bon, je peux être détaché et sortir, maintenant que vous savez qu'il n'y a aucun danger pour vous ? »
Elle prit son temps, mais les liens ne furent plus qu'un vague souvenir. Me massant les poignets, je fixais le velux ouvert. Ça avait l'air vachement haut.
« Comment on fait pour sortir de la maintenant ? »
« Vous ne pouvez pas, tout a été conçu pour que personne ne puisse sortir, ni rentrer. »
« C'est une blague ?! »
« C'est ma mère qui a tout barricadé. Elle sort par un endroit, mais je n'y ai jamais été parce que c'est dangereux pour moi, elle m'a dit que je souffrirais énormément. Et elle m'a dit aussi que je serais trop fragile pour affronter le monde extérieur. »
« Désolé de vous dire ça, mais votre mère est une très bonne menteuse, vous n'avez absolument rien à craindre du soleil... Et vous savez très bien vous défendre aussi, visiblement. » dis-je en grimaçant tout en touchant la bosse à l'arrière de mon crane.
« Désolée » me dit-elle avec un petit sourire d'excuse.
Bon, peut-être qu'il y avait une chaise ou un escabeau quelque part. Je la laissais planter là, à la recherche de quelque chose pour me sortir d'ici.
« Qu'est-ce que vous faites ? »
« Je cherche quelque chose pour me sortir de la ! Vous êtes très charmante, vraiment, et rester enfermé avec vous ne m'aurait pas gêné dans d'autre circonstances... Mais j'ai une vie dehors, des amis une famille... Enfin, vous voyez quoi. » Je me tournais vers elle, elle était plantée la toute seule dans la semi obscurité. « En fait non, vous ne devez probablement pas savoir de quoi je parle ».
« Vous ne pouvez pas sortir d'ici, toute la maison est barricadée et spécialement conçue pour qu'il ne m'arrive rien et ma mère ferme toujours derrière elle. »
« Croyez-moi, peu importe le lieu j'ai toujours su trouver une porte de sortie. »
« C'est vrai ? »
Elle était plantée la, impossible de sortir de la pièce, visiblement un salon, dans lequel nous nous trouvions à présent. Je lui fis signe de se pousser pour ensuite m'engouffrer dans le couloir. Tout en m'éloignant d'elle, je continuais.
« Votre mère vous ment pour vous garder enfermée, je ne sais pas très bien pourquoi, mais c'est aussi simple que ça... »
Elle semblait assimiler peu à peu mes paroles, mais je n'avais pas le temps pour ça. J'entrais dans une autre pièce, pour trouver quelque chose qui me sortirait de là. Une chaise de bureau... Ça pourrait faire l'affaire non ?
« Est ce que, si vous arrivez à sortir d'ici vous pouvez m'emmener avec vous ? »
« Une fois dehors, j'aurais la paix ? »
« Tout dépend de ce qu'il y a dehors. »
Je soupirais « Je ne serais jamais tranquille, en gros. »
« Vous connaissez le monde extérieur, vous savez à quel endroit il faut aller, quels sont les lieux peu fréquentable »
Oh, si elle savait !
« J'ai besoin d'un guide. Et après quand on aura vu tout ce qu'il fallait voir, vous me ramènerez chez moi et je vous rendrais votre bien. »
« Je n'ai pas franchement le choix quoi... » soupirant a nouveaux, je me tournais vers elle. « Bon, Ok mademoiselle... » Après tout ça me paraissait plutôt simple comme plan.
Elle sauta de joie sur place, « Oh ! Au fait, c'est Kate. Je m'appelle Kate. » Puis sortit à la va vite de la pièce. M'avait-elle abandonné ? En tout cas, je ne restais pas inactif, durant toute notre conversation, j'avais essayé de voir quel genre de chose aurait pu me permettrait de me hisser vers le vélux. La chaise de bureau avait fait l'affaire et j'étais à présent bras en l'air pour essayer d'atteindre les rebords du haut de ma chaise. Mais elle n'était pas assez haute. Peut être que si je prenais de l'élan en marchant sur le dossier...
PAAAFF !
Je m'écrasais de tout mon long sur le tapis, visiblement je n'étais pas assez grand, ou le vélux était encore trop loin. Et c'est au moment où, affalé par terre, face contre le tapis, les jambes entremêlées, qu'elle débarqua.
« Vous faites quoi ? » me demanda-t-elle en dépliant un escabeau.
Je me redressais d'un coup. « Vous avez ça chez vous depuis tout à l'heure et vous ne m'avez rien dit ?! »
« Eh bien j'avais oublié que je l'avais... Maintenant on va pouvoir sortir. »
Alors que je me précipitais pour enfin voir la lueur du jour et respirer l'extérieur, je la vis sortir de nouveau de la pièce. C'est pas vrai ! Mais qu'est ce qu'elle fiche encore ?!
En la voyant revenir je ne pus m'empêcher de pouffer, mais je ne fis aucuns commentaires. Après tout, elle faisait ce qu'elle voulait, je n'étais pas son père. Et, une fois sur le toit, je l'aidais à redescendre le long de la gouttière. Elle était très agile et ne semblait pas avoir peur du vide. Ce qu'elle craignait par contre c'était le soleil. Elle avait donc, pour l'occasion, prit des lunettes de soleil, un bonnet, des gants et une grosse veste.
Une fois sur la terre ferme, je soupirais. Ce n'était pas dans cet accoutrement qu'on risquait de passer inaperçu.
« Enlevez le bonnet au moins, on n'est pas en plein hiver ! »
« NON ! » cria-t-elle en le tenant fermement sur sa tête alors que j'approchais ma main pour l'enlever moi-même.
« Vous êtes ridicule comme ça. » soupirais je « Une vrai gamine »
« Je suis... Laissez-moi le temps de m'habituer d'accord ? »
Elle n'avait pas tort après tout, sa mère lui avait tellement bassiné qu'elle était malade, qu'elle avait fini par y croire dur comme fer.
« Bon, c'est l'heure du déjeuner on ne devrait pas voir trop de monde dans les rues, suivez-moi. »
Nous marchâmes jusqu'à chez moi. Après tout je n'avais pas d'autre endroit ou l'amener. En chemin, nous passâmes par le parc, elle enleva ses lunettes de soleil avec hésitation. Puis, une fois que ses yeux furent habitués à la lueur directe du soleil elle se mit à me sourire. Elle était vraiment belle, je n'avais aucun doute là-dessus. Même avec son accoutrement complètement ridicule.
« C'est vraiment beau » dit-elle en regardant le feuillage des arbres.
On était en automnes, ils avaient tous une couleur rouge orangé, je supposais qu'elle n'avait jamais vu ça de sa vie. Ou peut-être que si, en peinture, ou dans les livres.
C'est à ce moment-là que je croisais le sheriff Swan. Merde, c'était bien ma veine aujourd'hui.
« Bonjour Rick ! » me dit-elle d'un air beaucoup trop ravi à mon goût.
« Bonjour Sheriff » Je jetais un coup d'œil vers Kate qui avait le nez dans un cyprès et qui le respirait a grande bouffée.
« Je ne savais pas que vous donniez dans la drogue maintenant, qu'est-ce que vous lui avait donné à celle-là ? » me dit-elle en regardant Kate en fronçant les sourcils.
« Ça s'appelle la gentillesse, mais je ne sais pas si vous connaissez... »
« Bonjour ! » s'exclama joyeusement Kate en venant vers nous. « Je m'appelle Katherine Beckett et vous ? »
« Emma Swan, je suis le sheriff de la ville, vous allez bien ? »
« Oh oui ! Il fait vraiment beau aujourd'hui vous ne trouvez pas ? »
« En effet » dit la blonde en regardant le ciel, tout comme Kate le faisait.
« Bon, je ne voudrais pas interrompre votre conversation tellement palpitante, mais nous avons des choses à faire. »
« Comme allez jouer à des jeux de hasard dans les rues ? » me demanda la blonde.
« Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez » dis-je en continuant mon chemin.
« Bah voyons ! » dit-elle en restant planter la à nous regarder partir.
Alors que nous sortions du parc, je jetais un regard vers le sheriff. Elle était assez loin et ne pouvait plus nous entendre. J'en profitais pour attraper Kate par le bras. « Arrêtez de faire ça ! »
« Faire quoi ? » me dit-elle avec un regard perdu.
« D'avoir l'air si heureuse... C'est suspect ! »
Elle fronça des sourcils, mais ne répondit pas. Sans doute la contemplation des bâtisses était plus importante pour elle.
« Alors comme ça votre vrai prénom c'est Katherine ?... C'est mignon »
Elle se mit à grogner « Ne m'appelez pas comme ça ! » dit elle avait un air faussement menaçant.
« Ok, à la condition que vous enleviez votre bonnet et vos gants »
« C'est du chantage ?! »
« Un compromis plutôt »
Elle soupira. « Vous arrêterez vraiment si je les enlève ? »
Je me mis à cracher par terre « Promis, juré, craché ! »
« C'est vraiment dégouttant. » dit-elle en commençant à enlever son bonnet.
Nous marchâmes vers une des ruelles qui menait a chez moi. Et je me stoppais en plein milieux, Kate ne m'ayant pas vu me rentra dedans.
« Mais qu'est-ce que vous... ? » elle ne finit pas sa phrase, je la plaquais contre le mur ma main sur sa bouche.
Je me mis à chuchoter « On va passer par la » dis-je en désignant une autre ruelle de la tête. « Surtout aucuns bruits, pas de questions, vous me suivez et puis c'est tout. » Elle hocha la tête et j'enlevais ma main de sa bouche.
« IL EST LA ! » hurla une voix en notre direction.
Merde ! Ce n'est vraiment pas ma journée. Attrapant le bras de Kate, je me mis à courir tout en la traînant derrière moi. Elle comprit rapidement que les deux types qui nous suivaient n'était pas mes meilleurs amis, et se mit à courir aussi vite que moi.
Une fois assez loin, je m'engouffrais dans une impasse et commençait à grimper le long de la gouttière, comme l'autre fois. « Grouillez-vous ! » dis-je en direction de Kate qui me regardait sans rien faire. « Faites comme moi ! »
Je n'eus pas le temps de lui dire une seconde fois, avec une agilité déconcertante, elle me rattrapa presque aussi tôt et nous entrâmes par la fenêtre d'une des maisons.
Une fois à l'intérieur, je fis le même manège, plaquant Kate contre la paroi à mes côtés.
« Putain de merde ! Mais comment il fait ça ?! »
« Je n'en sais rien, regarde derrière les poubelles là-bas, je vais voir si la porte est fermée. »
On entendit des bruits. Kate et moi étions essoufflés, mais de là ou on était ils ne pouvaient pas entendre notre respiration erratique.
« Il s'est encore tiré, viens... On se casse. »
Quelques minutes plus tard, je me décollais enfin du mur pour regarder prudemment vers la fenêtre.
« On dirait que vous avez des ennuis » chuchota-t-elle.
« Ouai, mais les ennuis sont loin maintenant, on va pouvoir continuer. »
Nous sortîmes de notre cachette, et je pris soin de faire le même chemin que l'autre fois en passant par un « ralongit » comme le disait souvent Alexis. Kate regardait tout avec émerveillement, mais lorsque nous arrivions vers la maison elle fronça des sourcils.
« Elle est abandonnée cette maison, pourquoi vous... La porte est ouverte ? »
Cette fois, j'avais préféré rentrer par la porte, et puis c'était comme ça qu'on accueillait les invités non ?
« Bienvenue chez moi. » dis-je en ouvrant un peu plus la porte pour qu'elle puisse rentrer.
« C'est ça chez vous ? »
« Je peux aussi vous ramenez dans votre charmante demeure si ça ne vous plaît pas. »
« Non-non, c'est parfait ! Maintenant je comprends mieux pourquoi vous vouliez habiter chez moi. »
« Papa ? » demanda une petite voix en haut de l'escalier. « C'est qui, elle ? »
« Bonjour à toi aussi ma princesse »
Ma fille regardait Kate avec inquiétude, il est vrai que je n'avais encore jamais fait rentrer quelqu'un ici.
« Bonjour ! » lança joyeusement Kate, puis elle se tourna vers moi « C'est votre fille ? Je ne savais pas que vous aviez une fille... »
« Vous êtes qui ? » redemanda ma fille, en restant bien accrochée à mes côtés.
Elle se pencha vers elle avec un large sourire, c'est vrai que c'était quelque peu flippant cette joie de vivre.
« Je suis Kate »
« C'est Alexis, ma fille. » dis-je en voyant qu'elle ne lui répondrait pas.
« Enchantée » répondit-elle en regardant ma fille, puis, elle lui tendit la main.
Alexis regarda sa main puis me jeta un regard. Voyant qu'elle n'avait rien à craindre, elle lui tendit la main à son tour un peu méfiante et Kate se mit à sourire de plus belle.
« Bonjour madame » dis ma fille, ce qui me fit sourire.
« Bonjour jeune fille »
Je commençais à monter les escalier, Alexis lâcha bien vite la main de Kate pour grimper à mes côtés. Elle n'avait pas l'air très rassurée de voir une étrangère chez nous.
Arrivé dans le salon, j'aperçus ma mère.
« Mère, je vois que tu as préparé le diner... Merci » dis-je sarcastiquement en la voyant bouquiner un magazine.
« Tu n'aimes jamais ce que je fais à manger, alors c'est plus simple si tu cuisines toi-même, non ? »
« Pas faux » répondis je en me souvenant d'un plat qu'elle nous avait fait une semaine plus tôt avec un goût indéfinissable.
« Bonjour madame ! » laça Kate sans se départir de son sourire.
« Bon... Bonjour ? Richard ? »
« Quoi ? »
« Peux-tu me dire pourquoi tu as ramené une étrangère ici ? »
Ah oui, règle principale : ne jamais ramener une personne étrangère dans cette maison. Fichues règles.
« Mère, pour ton information c'est Kate ce n'est pas une véritable étrangère c'est... La fille qui habite dans la maison soi-disant « abandonnée », au passage merci d'avoir raconté cette histoire à Alexis ».
« Ce n'est pas vrai ! Alors vous habitez vraiment là-dedans ?! Tous ces bruits en fait, c'est vous ? » demanda ma mère sans attendre de réponses « Et, dites-moi, pourquoi vous êtes-vous barricadée comme ça ? C'est marrant je ne vous ai jamais vu au supermarché ou au Granny... Vous sortez le soir ? »
« Je... » Kate me lança un regard, ne sachant pas trop comment tout expliquer. Ou peut-être qu'elle n'était pas habituée au trop plein de questions.
« Kate était enfermée dans la maison, sa mère lui a raconter toute une histoire comme quoi elle était malade et qu'elle ne pouvait pas s'exposer au soleil. Elle n'est jamais sortie de la... »
« Jusqu'à ce que toi, tu y fourre ton nez et que tu la déloges » continua ma mère.
« Ouais, on peut dire ça... Mais elle m'y a forcé ! » répliquais je pour me défendre en la pointant du doigt.
« Je suis sûre que ça n'a pas dû être bien difficile. » dis ma mère avec un énorme sourire.
Je grognais en signe de réponse et commençait mon exploration dans le placard. Bien, mère semblait avoir fait quelques « courses ».
« T'es jamais sortie de chez toi ? Même pour aller au parc le week-end ? » demanda Alexis intriguée.
« Non, je n'avais pas le droit »
« Moi aussi je suis beaucoup à la maison, mais c'est parce que l'école est chère. »
« Tu ne vas pas à l'école ? »
« Non, sinon après on va devoir payer la maison et papa il gagne pas assez de l'argent »
« Il fait quoi ton papa comme travail ? »
« Il joue dans la rue avec des monsieur »
« Ce n'est pas un travail ça ! » répliqua Kate avec un froncement de sourcil que je devinais d'ici.
« Si ! Même qu'une fois il a gagné plein de sous et qu'on a mangé a emporté du Granny ! Et même que c'était très bon la tarte aux pommes ! »
« D'accord, d'accord ! Et toi, tu as quel âge ? »
« J'ai comme ça ! »
« Six ans ? »
« Mmh, tu sais jouer à la belote ? »
« Non. C'est quoi ? »
« Je peux t'apprendre, j'ai même le Uno. Tu connais le Uno ? »
« Non, je ne connais pas non plus. »
« Viens, je vais te montrer les cartes sont dans ma chambre. »
Alors que je mettais une casserole pour faire bouillir de l'eau, je sentis ma mère bouger pour venir dans la cuisine.
Explique-moi pourquoi tu es allé fourrer ton nez là-bas et que tu l'as emmené avec toi. » me demanda ma mère en s'approchant de moi.
« Elle était séquestrée, j'ai trouvé un moyen de rentrer mais pas de sortir, elle m'a expliqué qu'elle pourrait me sortir de la si je l'emmenais avec moi. Sauf qu'elle était un peu paumée dehors, alors, tu me connais... J'ai préféré ne pas la laisser seule… Et si jamais elle parle de moi a Swan je serais dans la merde. »
« Tu cherches toujours les ennuis Richard, un jour ça se retournera contre toi. » dit-elle en soupirant. « Tu sais pourquoi elle était enfermée là-bas ? »
« Je n'ai pas eu le temps de fouiller pour trouver son journal intime figure toi ! Je sais, je suis curieux et ça m'apprendra. Mais avoue que c'est dingue quand même ! Peut-être qu'il faudrait que j'aille... »
« N'y pense même pas ! Si tu retournes là-bas qui sait ce qu'il se passera avec sa mère. Si cette femme séquestre sa fille je doute qu'elle accueille avec joie le type qui l'a sorti de la. »
« Sérieux, cette femme est tarée ! Je veux dire, quel genre de mère séquestre son enfant toutes ses années en lui balançant tous ces mensonges ? »
« Je ne sais pas darling, mais à mon avis tu as mis la main dans un nid de guêpes, et j'ai comme l'impression qu'elle va nous apporter des ennuis... »
[…]
« UNO ! » Cria Alexis en lançant sa dernière carte sur la table.
Ma mère lui lança un regard réprobateur et Alexis se rassit avec une mine désolée.
« Pardon. »
« Ce n'est pas grave ma chérie... » répondis je « Il se fait tard, c'est l'heure pour toi d'aller te coucher. »
Elle acquiesça et sauta de sa chaise pour se rendre dans la chambre.
« Votre fille est adorable » dis Kate en la regardant partir. « Mais dites-moi, votre femme... Enfin si ce n'est pas indiscret ? »
« Elle n'a pas voulu la garder. Elle me l'a laissé en disant qu'elle avait vécu les pires premiers 9 mois de sa vie, qu'elle me laissait les années à venir. »
« Charmant. »
« Vous trouvez aussi ? » dis-je sarcastiquement.
« Alexis a déjà vu sa mère ? »
« Non, je lui ai dit qu'elle était partie, elle n'a pas voulu en savoir plus. C'est un ange, je sais que peu d'enfant sont aussi conciliant. »
« Dites-moi, pourquoi Alexis s'est excusée tout a l'heure ? »
« Oh... Ça c'est juste qu'ici nous n'avons pas le droit d'élever trop la voix ou de laisser les lumières allumées. Comme vous l'avez dit en arrivant, cette maison est abandonnée. Du moins elle est censée l'être. » dis-je avec un petit sourire.
« Vous voulez dire qu'on va se coucher à l'heure du coucher du soleil ?! » me demanda-t-elle presque scandalisé.
« On peut aussi sortir dehors aussi, si vous voulez ? »
« Papa ? »
Alexis était prête, en pyjama et commençait déjà à se frotter les yeux.
« J'arrive. » dis-je en me levant.
« J'arrive pas bien avec la brosse, tu peux m'aider ? » Je me levais, Kate semblait faire de même.
« Je peux le faire si vous voulez, j'ai l'habitude. »
Effectivement, elle avait une magnifique chevelure, c'était incontestable.
« Enfin, si tu veux bien ? » demanda t elle a l'attention d'Alexis.
« Si tu me tire pas les cheveux, d'accord. »
Je haussais les épaules tandis que Kate se tournait vers moi. Puis, je les laissais seules quelques instants avant de venir à mon tour dans la salle de bain. Ma fille était sur un rehausseur, afin qu'elle puisse se voir dans la glace, Kate se tenait derrière elle et lui brossait doucement les cheveux.
« Tu as une très belle couleur de cheveux Alexis » dit-elle, elle ne m'avait sans doute pas vu.
« Toi aussi. Moi je suis comme Gram, papa dit que c'est hérétionaire. »
« Héréditaire » corrigeais je en faisant sursauter Kate. « Désolé. »
Une longue pause s'en suivit, seul le bruit de la brosse évitait un silence pesant. « Mais Alexis a raison, vous avez une magnifique chevelure. »
« Ma mère m'a dit que ce n'était pas bon de les couper souvent... Alors je les laisse pousser. »
« Elle n'a peut-être pas vraiment raison encore une fois, mais le résultat est très bien. »
« Tu pourras me faire une coiffure demain ? » demanda Alexis. Visiblement, elle s'attendait à la voir demain matin.
« Je ne sais pas si Kate sera encore avec nous demain matin ma chérie. »
« Si je peux, je te la ferais. Promis. Et je tiens toujours mes promesses. »
Cela paru suffire à ma fille, Kate s'arrêta reposa la brosse et Alexis se dirigea dans sa chambre.
Alors qu'elle grimpait dans son lit, j'attrapais un livre au hasard. « Non pas lui » me dit Alexis, elle se tourna pour récupérer un livre sous son oreiller « Lui. »
« Encore ? »
« Papa est ce que Kate pourra me chanter sa chanson après ? »
Je me tournais vers Kate qui venait de ranger les affaires dans la salle de bain jouxtant la chambre. Elle sortit à ce moment-là, ma tête du assez explicite pour qu'elle m'explique.
« Oh, j'ai juste chantonné un petit air en la coiffant tout a l'heure... Je ne suis pas une très bonne chanteuse mais... »
« Oh si tu as une super voix ! » dit Alexis avec un énorme sourire. « Alors papa, elle peut ? »
Je soupirais en capitulant. Elle fit un immense sourire, difficile de lui dire non. Je me mis ensuite à lire ce livre que j'avais lu des millions de fois, et qu'Alexis connaissait par cœur à présent. Je n'en lu pas plus de 2 chapitres, parce que je la voyais déjà somnoler. Kate, qui était restée en retrait s'avança alors que je fermais le livre.
Elle resta au milieu de la pièce ne sachant pas trop quoi faire. Alexis lui fit signe de s'asseoir sur le lit. Je lui cédais donc ma place et pris la sienne.
« Je ne vous voyais pas comme ça » chuchotais je.
J'étais adossée au chambranle de la porte. Jetant un regard vers Alexis, je vis qu'elle s'était endormie.
« Ah oui ? Et comment me voyez-vous ? » demanda-t-elle sur le même ton.
« Eh bien... ».
« Et je peux dire la même chose de vous. »
« Comment ça ? »
« Vous vous occupez de votre fille, avec votre mère. Vous essayez malgré vos problèmes d'être... Heureux. Je ne sais pas... Je ne vous voyais pas comme ça non plus. Comme un homme, responsable. »
« Je suppose que je dois vous dire merci ? »
« On sort dehors ? » dit-elle en se levant, puis sortant enfin de la chambre.
« Quand est-ce que vous allez me rendre mes clefs ? »
« Eh bien... Quand j'estimerais que j'en aurais assez vu. »
Je fermais la chambre d'Alexis, passant devants Kate pour prendre mon manteau. « Alors ne tardons pas, croyez-moi ici y'a pas grand-chose à voir ça va être rapide. »
« Dites-moi, a quoi elles vous servent, ces clefs ? »
Nous étions en train de descendre tranquillement l'escalier pour sortir enfin.
« Eh bien je vous l'ai déjà dit non ? »
« A vrai dire non, vous ne m'avez rien dit... Et puis comme nous sommes entrés chez vous sans les utiliser tout a l'heure, je suppose que ce n'est pas le trousseau de votre maison. »
« Vous supposez bien. »
Nous étions dehors, la nuit tombait déjà, et il n'était qu'à peine 20 heures.
« Dites-moi, votre mère elle va peut-être s'inquiéter quand elle ne vous verra pas chez vous ce soir ? »
« Elle m'a dit qu'elle avait de nombreuses choses à faire, il lui arrive de ne pas venir pendant plus d'une semaine. Elle sera là dans trois jours, je suppose que c'est suffisant pour tout voir ici ? »
« A Storybrook ? Oh 3 heures sont amplement suffisantes, croyez-moi. »
Nous étions près d'une vieille taverne, avec une ambiance assez particulière. Si elle voyait les choses les plus affreuses dans cette ville, peut-être qu'elle changerait plus facilement d'avis et qu'elle me supplierait de rentrer chez elle rapidement ?
« Vous avez faim ? Moi je meurs de faim... »
« On a déjà manger avant de jouer aux cartes je vous signale. »
« Oh ! Regardez une taverne ! » dis-je sans faire attention à ce qu'elle me disait. L'attrapant par la main, je l'entraînais avec moi vers le lieu-dit.
« Qu'est-ce que ça sent ? » me demanda-t-elle en humant la fumée, d'un air un peu dégoûté.
« Cigarette. Ça sent bon hein ? » dis-je en l'attrapant pour l'asseoir sur une des tables de la taverne. La table était recouverte de gras et des trucs en tout genre. « Vous avez peut-être soif ? Un martini ? Une vodka ? »
« Qu'est-ce que... »
« Ahhhh ! Te voilà ! » dit la voix qui m'attrapait à présent par le col de ma chemise. « Ça fait un bail dit moi Ricky, qu'on ne t'avait pas vu dans le coin. »
« Ohh salut Max » dis-je avec un petit sourire, mal à l'aise. Je fis un faux rire pour essayer de cacher mon embarras. Il n'était pas prévu au programme celui-là. « Ça va ? La forme ? »
« Ça ira mieux quand tu m'auras remboursé. »
« C'est que... Les temps sont durs, et la... La tout de suite, je n'ai rien sur moi, vois-tu. »
« Ça je m'en contre fou, maintenant que je t'ai sous la main je ne vais pas te lâcher crois moi » dit-il en m'obligeant à me lever pour m'amener vers la sortie.
« Eh ! » lança Kate en se levant d'un coup. « Attendez ! »
Mais Maxime ne fit même pas attention à elle, et nous étions déjà dehors. J'entendis un « Attendez ! Rendez-moi mon guide ! » avant que la porte ne se ferme.
Max me tenait toujours par le haut de ma chemise, m'obligeant à avancer vers sa voiture.
« Je vous demande de le relâcher ! »
Cette fille était folle elle ne savait pas à qui elle avait affaire.
« On dirait que ta petite amie a une folle envie de nous rejoindre... »
« Ce n'est pas ma petite amie, je ne la connais pas. »
« Ce n'est pas ce qu'il semblerait pourtant. » me dit-il avec un grand sourire.
Kate venait en notre direction, visiblement un peu en colère de voir que son guide partait sans elle. Ou peut-être était-ce autre chose, toujours était-il que j'étais en train de lui sauver la peau et qu'elle ne faisait que me coller.
« Qu'est-ce que vous faites ?! » Dit-elle en le stoppant dans son geste.
« Tu as envie de nous rejoindre ? » répondit-il avec un sourire.
« NON ! » dis-je avant qu'elle ne dise quelque chose qu'elle pourrait regretter.
« Bien, alors laisse nous et va voir ailleurs si j'y suis. »
« Mais puisque vous êtes là, je ne vois pas pourquoi j'irais ailleurs ! »
Je fermais les yeux, cette femme était... Elle cherchait les emmerdes et elle venait juste de sonner à la bonne porte.
« Mais c'est qu'elle est drôle en plus ! » dit-il l'air faussement joyeux. « Embarquez-la avec l'autre ! » dit il a son sbire qui m'ouvrait gentiment la porte.
« Max c'est bon laisse la, elle n'a rien à voir avec tout ça ok ? »
« Je m'en fou, elle m'a gonflé. » Un des frères Stark commençait à s'approcher d'elle, et j'entendis un gros BANG, Max et moi nous tournions aussitôt vers le bruit. Le rouquin était face contre terre, complètement dans les vapes.
Max me lâcha, voyant qu'elle commençait à s'avancer vers nous. Il n'était pas armé cette fois ci, cette fille avait une chance de cocu !
« Ah tu fais moins le malin maintenant ! » dis je les poings sur les hanches très content de ce revirement de situation.
« T'inquiètes pas Castle, je t'aurais bien un jour ou l'autre. »
Il remonta dans sa voiture sans demander son reste. Je regardais la voiture s'en aller avec un rictus aux lèvres. Une fois peut-être, mais pas cette fois ci !
« Dites-moi, vous vous promenez toujours avec ça sous le bras ? » dis-je en désignant la poêle qu'elle avait dans la main.
« C'est utile non ? »
« Ah ça, je ne vous le fais pas dire ! »
[…]
J'avais finalement changé mes plans et décider de lui faire voir le festival annuel des mineurs. Ce n'était pas une énorme fête ou quelque chose qu'il fallait impérativement avoir vu, mais c'était la seule chose que j'avais sous la main à lui montrer.
Alors qu'on s'approchait, je fus surpris de voir que les lumières n'étaient pas allumées et que chacun avait une bougie en main. Étrange.
« C'est magnifique ! » me dit-elle en murmurant.
« Voilà l'unique fête importante de Storybrooke, le festival des mineurs »
Elle marchait d'un pas rapide vers les stands, et d'un coup je commençais à me demander si sa mère n'aurait pas pu être dans le coin. On était mal barré si c'était le cas.
Avant qu'elle ne s'enfonce dans la foule, je l'attrapais par le bras. « Dites-moi, votre mère elle vous en a parlé ? Vous savez si elle vient ici ? »
« Heu... Je n'en sais rien. »
Ça m'aidait beaucoup.
« Bonjour ! » me lança une voix qui me paraissait familière. « Nous sommes désolés mais nous n'avons plus de bougies à vendre... »
« Oh... » dit Kate alors que je m'avançais vers elles. La jeune femme en profita pour poser une pancarte indiquant que tout était vendu sur la table ou les cartons vides reposaient.
La femme s'appelait Mary Margaret Blanchard si je me souvenais bien. C'était une des instits de l'école primaire ou Alexis aurait dû aller. Elle n'avait probablement jamais vu ma fille.
« Bonjour Monsieur Castle » me dit-elle avec un sourire, alors que je posais à côté de Kate. « Ça fait un moment qu'on ne vous a pas vu dans le coin... Vous allez bien ? »
« Ça va, et vous ? »
« Très bien... Et comment va la petite fille rousse avec qui vous jouiez le week-end dernier ? »
« Heu... » la vache, c'est qu'elle avait fait attention à moi lorsque je l'avais croisée cette fois-là. « Bien. »
« Vous êtes nouvelle ici ? » demanda t elle a Kate, voyant que j'avais l'air mal à l'aise sur le sujet.
« Oh non, mais je sors très peu... »
« Ah, eh bien j'espère que vous profiterez de la fête... Et encore désolée pour les bougies, nous avons écoulés tout notre stock. »
On s'était éloigné du stand et on marchait à présent dans l'allée principale.
« Vous connaissez tout le monde on dirait ? »
« Pas vraiment, mais c'est juste que c'est une petite ville ici... Tout le monde se connaît. »
« Vous allez peut être rencontrer quelques amis j'imagine ? »
« Sans doute. »
« Rick ! »
« Oh, salut David ! »
Il se tourna alors vers Kate et fronça des sourcils. « Heu bonjour mademoiselle... »
« Kate, appelez-moi Kate. » dit-elle avec un énorme sourire.
David la dévisagea quelques secondes avant de se tourner vers moi.
« Au fait, tu as lu les nouvelles dernièrement ? »
« Ça dépend des quelles tu parles. »
« La disparition subite de Katheryn. »
« Je n'ai pas disparue ! » répondit de suite Kate.
« Non, pas vous, une autre Katheryn. » répondis je pour la faire taire et en apprendre davantage
« Mais votre nom ce n'est pas Kate ? » demanda alors David
« Diminutif de Katherine » dit on en même temps. Nous nous regardâmes surpris. Puis après quelques secondes de silences, j'enchaînais. « Toujours rien de nouveau ? »
« Pas vraiment depuis que sa voiture a été retrouvé sur le bas-côté à la sortie de Storybrook l'enquête piétine j'ai l'impression... » il poussa un soupir de lassitude. Le pauvre n'avait pas l'air franchement dans son assiette.
« Le Sheriff Swan n'a aucune piste ? » demandais je pour en savoir plus.
« David ? » demanda alors une voix que je connaissais trop bien.
« Emma ! »
« Il faut qu'on parle » continua a-t-elle d'une voix un peu embarrassée. Puis elle jeta un regard vers nous. « Tiens, vous êtes la Monsieur Castle ».
« Toujours là où on m'attend le moins Sheriff Swan ! »
« Tu as de bonnes nouvelles à propos de Katheryn » demanda David avec un air concerné.
« Non, j'ai bien peur que non. »
« Alors qu'est-ce qu'il se passe ? »
Kate et moi étions de total spectateur de la scène. Ne sachant pas trop quoi faire, ni quoi dire je restais la à les regarder. Et l'air gêné qu'affichait le Sheriff m'inquiétait quelque peu...
« J'ai besoin de que tu m'accompagne au poste pour me dire tout ce que tu sais. »
« Mais je pensais pourtant t'avoir tout dit »
« Moi aussi »
Sur ces paroles, David la suivit et monta à l'arrière de la voiture. Tout le monde s'était arrêté de parler et regardait la scène comme nous, impuissants.
« Comment plomber l'ambiance façon David Nolan ! » dis-je en tentant d'alléger l'atmosphère... Peine perdue.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » me demanda Kate qui n'avait rien compris.
Tout en m'éloignant de la fête, je commençais mon monologue.
« David est un ami... Pas un ami proche, un ami disons que je côtoie régulièrement. Vous savez la femme avec qui vous parliez tout a l'heure ? »
« La dame des bougies ? »
« C'est Mary Margaret Blanchard. Ils ne sont pas en couple mais j'en mettrais ma main a couper qu'ils s'aiment. Ça crève les yeux. » Petit silence, j'étais en train de lui parler d'un truc qui n'avait rien à voir. « Bref, malheureusement David est marié à Katheryn Nolan... Elle a disparue depuis peu, je l'ai lu dans le journal l'autre jour. Et je suppose qu'avec ce qu'on vient de voir, David est le premier suspect... Peut-être même que le Sherif Swan a trouvé quelque chose qui l'inculpe. »
« Mais ils sont mariés ! »
« Oh vous savez, ils ne sont pas heureux dans leur mariage. Je n'ai jamais vu un type plus triste que lui lorsqu'il est avec sa femme. Ce qui n'est pas le cas de la petite blonde qui s'est marié récemment... Je sais plus son nom, attendez ça va me revenir. »
« Mais, cette femme, la dame des bougies ? Heu... Madame Blanchard c'est ça ? » j'acquiesçais. « Elle est mariée aussi ? »
« Dites-moi ça ne vous intéresse plus de voir la ville maintenant ? »
« Plus vraiment, parlez-moi des gens d'ici. »
« Sérieusement ? J'en ai pour des heures ! Vous savez ici c'est un petit village y'a peut-être pas un million d'habitant mais chacun a ses histoires et pas sûr que j'aurais fini à la fin de la soirée. »
« Mais j'ai trois jours devants moi, vous avez oublié ? »
« Oh mon Dieu non ! Ça, je n'ai malheureusement pas oublié ! »
« Alors ? »
Je soupirais, elle était du genre coriace. « Qu'est-ce que vous voulez savoir. »
« Je ne sais pas, c'est quoi le dernier potin en ville en dehors de cette histoire de disparition ? »
« Le fils du Sheriff qu'a adopté le maire ? Cette histoire de conte de fée ? »
« Quoi ? Quel conte de fée ? »
« Le fils du maire, qui est aussi le fils biologique du Sheriff pense que tous les gens d'ici vienne d'un conte en particulier. »
« C'est vrai ?! Et vous viendrez du quel ? Et moi ? »
« Doucement ! Je n'en sais rien ! Ce môme a 10 ans, vous n'allez quand même pas croire ça ? »
« Et pourquoi pas ? Je trouve que ça serait une belle histoire. »
« Comme vous dites, une histoire. Mais là, nous sommes dans la réalité. »
« Et que raconte-il exactement ? »
« Il dit que sa mère adoptive est la méchante reine, vous savez du conte de blanche neige. Blanche Neige est Mary Margaret... »
« La femme des bougies. »
« David, serait son prince charmant. »
« Mais il est marié ! »
« Exact, et... » continuais je « ils auraient eu Emma ensemble, le Sheriff »
« Mais... Ils ont le même âge ! »
« Je vous ai dit que c'était des histoires... »
« Comment aurait-il pu l'avoir alors ? »
« Vous savez quoi ? On demandera directement à la source demain ok ? »
« Vous voulez dire qu'on va parler à ce garçon demain ? »
« C'était l'idée. »
« Et comment ça se passe pour ce soir alors ? »
« Il est la ! » hurla une voix derrière nous.
« Ce n'est pas possible... » soupirais je tout en commençant à courir, Kate à ma suite.
« Ils ne vous lâchent jamais ceux-là ? »
« Ils m'aiment beaucoup » dis-je en continuant de courir. « Malheureusement ce n'est pas réciproque. »
« Le lâche pas de vue ! » lança un des rouquins.
« Coures plus vite ! » lança le second.
« Par la ! » dis-je a Kate en lui indiquant une petite ruelle sur la gauche.
Ils étaient trop proche pour qu'on puisse escalader le mur et se cacher comme l'autre fois. Je continuais de tourner à droite, puis à gauche à nouveau. L'un d'eux était assez proche pour avoir le temps de voir ou nous bifurquions.
Heureusement je connaissais un autre endroit comme ma poche. La mine. Nous nous engagions donc dans la forêt quelques minutes avant d'en ressortir pour arriver dans une petite clairière ou l'entrée de la mine se trouvait. Ce n'était certes pas un bon lieu vu que quelques jours plus tôt le fils du Sheriff et de la maire y était allé avec le psy et ils avaient failli y rester, mais je n'avais pas d'autres choix.
« Arrête-toi » dit l'un des rouquins alors que nous entrions dans la mine.
« Ils sont bloqués, on va les attendre ici. »*Bloqués, mais bien sûr ! Ces gars-là n'étaient vraiment pas des lumières. De mon côté, j'avais ralenti l'allure. Kate avait sans doute entendu ses derniers mots.
« Dites-moi Monsieur Castle, dans une mine il n'y a qu'une entrée et pas plusieurs sorties je me trompe ? »
« Oui, vous vous trompez. »
Sans la lâcher, je l'entraînais toujours plus loin à l'endroit où je savais qu'on pourrait ressortir intacts.
[…]
« Qu'est-ce que vous êtes stupide ma parole ! »
L'un des frères rouquins se leva et s'avança vers elle menaçant. « Qu'est-ce que vous fichez la ? »
« Je veux la même chose que vous messieurs. Que ce Rick Castle paye. »
« Et vous êtes qui ? »
« Qui je suis importe peu, ce qui importe c'est que nous voulons la même chose. »
« Ils sont rentrés par la, y'a aucun moyen de sortie, on attend pour les cueillir. »
« Bandes d'idiots ! Depuis que la mine s'est effondré plusieurs puits ont été construit pour éviter un possible affaissement. »
« Vous voulez dire qu'a l'heure où l'on parle ils sont déjà en train de sortir et de courir dans une autre cachette ? »
« Merde ! » jura l'autre. « Qu'est ce qu'on fait maintenant ? »
« On va attendre » murmura la femme.
« Attendre ?! Pas question, ce type nous doit plusieurs billets je n'ai pas que ça à faire d'attendre ! »
« Si vous le pourchassez tous les jours il se méfiera tout le temps... Par contre, si vous lui laisser le temps de croire que vous avez lâchés prise, il commencera à se montrer un peu plus et à prendre des risques. »
« Sérieusement, pourquoi vous voulez nous aider, il vous a fait quoi Castle ? Il vous doit aussi de l'argent ? »
« Non, il m'a pris un bien beaucoup plus précieux... »
« Et on va faire quoi de la fille, puisqu'il la lâche plus depuis tout a l'heure ? »
« La fille ? Je m'en occupe. » coupa la femme alors que l'autre rouquin s'apprêtait à répondre.
« Bon, on est censé tous rentrer chez nous alors, d'après votre plan. Et ça va durer combien de temps tout ça ? Comment on se recontacte ? »
« Donnez-moi votre numéro de portable, je vous recontacterais quand il sera temps. »
« Mais combien de temps exactement ? »
« Vous êtes beaucoup trop impatient... Laissez faire les choses et imaginez à ce que vous lui ferez une fois que vous l'aurez. Ça devrait vous suffire le temps de patienter non ? »
L'autre grogna. Il n'avait pas plus de choix de toute façon. Puis, chacun repartit de son côté.
[…]
J'avais fini par lui lâcher le bras, nous marchions droit devant... En même temps il n'y avait pas d'autres passages. Elle restait silencieuse mais j'avais l'impression qu'elle avait beaucoup de questions à me poser. Je l'en remerciais de ne rien dire. Je bifurquais ensuite sur la gauche, le passage était plus étroit, il fallait nous baisser, ce n'était pas très pratique mais je savais que nous n'en n'avions pas pour longtemps.
Arrivée enfin là où je voulais, je fus surpris de voir que l'ouverture que je m'attendais à voir avait été bouchée.
« On fait comment maintenant ? » demanda Kate l'air agacée.
« Je ne pouvais pas prévoir que la sortie avait été condamnée ! Je ne viens pas ici tous les jours pour vérifier vous savez ? »
« Y'a d'autres sorties ? »
« Je ne connais que celle-ci, mais je suppose que oui. »
« Donc, on va perdre notre temps à chercher c'est ça ? »
« Vous êtes perspicace comme fille ! »
« Et vous, vous êtes un très mauvais guide ! »
« Je ne suis pas guide ! Vous m'avez forcé la main pour ça ! »
Elle poussa un grognement et rebroussa chemin. Ne voulant pas la suivre, je me mis à escalader la paroi pour essayer de déboucher la sortie. Ce n'était pas du tout pratique, il fallait que je me tienne à une main, et de l'autre j'essayais d'enlever petit à petit les pierres qui bouchaient le trou.
« Vous faites quoi ? »
J'en perdis l'équilibre, et ma main glissa, cette avec laquelle j'étais accroché tenta quelques secondes de ne pas lâcher la prise... En vain. Heureusement je n'étais pas très haut, la chute ne me ferait que quelques bleus... Je me levais rapidement comme si rien ne s'était passé, mais j'avais vu un petit sourire un coin sur son visage. Qu'elle s'était empressée d'effacer lorsque je l'avais regardé.
« Oh je m'amuse à grimper pour le plaisir » répondis je sarcastiquement.
« J'ai trouvé une sortie » Et sans plus de cérémonie, elle se mit à s'en aller.
Je la suivis d'un pas rapide, non sans me cogner au passage. Et quelques minutes plus tard, nous étions dehors, je respirais l'air de la forêt a plein poumons. Ça faisait plaisir d'être libre.
« Qu'est ce qu'on fait maintenant ? »
« On va rentrer. »
Sur ce, je commençais à me diriger vers la ville, mais Kate ne me suivait pas.
« Qu'est-ce que vous faites ? Venez ! »
« C'est bizarre mais... Cette forêt me dit quelque chose... »
« Vous m'avez pourtant dit que vous n'étiez jamais sortie de chez vous non ? »
« Pas dans le sens où j'y suis déjà allée, dans le sens où j'ai l'impression de ressentir quelque chose que j'ai déjà vécu. »
/FLASH/
Je regarde à travers la fenêtre et je ne vois que la cime des arbres. Mais je préfère le soir, parce que le soir il y a les étoiles... Et chaque année, un jour en particulier, il y a même des étoiles filantes dans le ciel. J'aime particulièrement ce jour-là, parce que quelque chose se passe, parce que j'ai l'impression de ne pas être vraiment seule, comme si je regardais ces étoiles entourées de monde, parce que je sais que quelque part il y a quelqu'un qui, comme moi, regarde le ciel et voit ces étoiles. Parce que pour une fois quelqu'un peut voir ce que moi je vois, comme quelque chose que l'on partage. Je sais, c'est stupide, mais ici je n'ai pas grand-chose à faire alors...
Mais ce n'est pas encore la nuit, la seule vue que j'ai c'est ces sapins et ces arbres et cette odeur...
/FLASH/
« Vous sentez ? »
« Quoi ? »
« Cette odeur, celle des sapins... Vous sentez ? »
« Je sens surtout qu'on n'est pas près de s'en aller... »
Elle s'était rapprochée d'un arbre et... Mais qu'était-elle en train de faire ?!
« Écoutez, restez la si ça vous chante moi je rentre. »
[…]
Je me tournais pour la millième fois, pourquoi j'avais accepté qu'elle vienne ici, pourquoi j'avais accepté de l'emmener avec moi. TROIS JOURS, il me restait deux fichus jours. J'allais finir à l'hôpital avant. Ce canapé était certes, très confortable pour regarder un DVD mais pas pour y dormir. Je sentais pointer le mal de dos demain matin.
Et ça n'avait pas loupé. Le lendemain matin j'étais plié en deux, essayant de me masser comme je pouvais le dos.
« Bien dormit ? » me demanda Kate avec un sourire.
Je la regardais, blasé. Elle se fichait de moi ou quoi ? « Comme un bébé, ça doit se voir sur ma figure » ironisais je.
« Papa regardes ! » s'exclama Alexis en tournant sur elle-même. Kate lui avait fait 2 nattes tressées du haut de son crane jusqu'à la pointe. Une coiffure que je n'aurais probablement jamais pu réussir moi-même. J'ai beaucoup de talents cachés, mais pas celui-là.
« C'est très joli, et ça te va à ravir ! » dis-je avec un sourire. Le compliment la fit sourire et elle vint s'asseoir à mes côtés.
« C'est Kate qui me l'a fait ce matin, elle m'avait demandé une ou deux nattes mais je préfère deux comme ça je vois mieux dans la glace. »
Perspicace ma fille. Kate la regarda en souriant. « Je n'avais encore jamais coiffée quelqu'un, et je trouve ça très sympa. Surtout que tu as été très calme, et tu n'as pas bougé. »
« Presque pas. » rectifia ma fille.
« Que va-t-on faire aujourd'hui ? » demanda Kate.
« Je vous avoue que là tout de suite la seule chose qui me viens c'est récupérer le sommeil que j'ai perdu cette nuit. »
« On ne va pas rester là ! » dit-elle avec indignation.
« Oh si ! » s'exclama joyeusement Alexis « Comme ça on pourra faire des jeux tous ensemble toute la journée, et je serais pas toute seule avec Gram. »
Visiblement la phrase qu'elle venait de sortir avait bloqué Kate dans ses pensées. « Tu peux venir avec nous ? »
« Pas question » rétorquais je « Nous somme vendredi et il y a école. » soupirs de la part des deux.
« Oh allez, on fera attention » me dit Kate.
« Dis oui papa ! »
Elles se liguaient contre moi maintenant, super. « Bon... Mais je vous préviens si jamais on croise Mademoiselle Blanchard ou je ne sais qui, on rentre. Et fissa ! »
« D'accord ! » dirent elles en cœur.
Et nous voilà en pleine forêt en train de construire un château de princesse.
« Dites-moi » demandais je à Kate qui plaçait une branche pour faire un des pans du mur. « Votre visite de la ville... On la fait quand ? »
« Oh eh bien... Plus tard ? »
« Vous ne vouliez pas voir le petit qui parlait de cette histoire de conte ? »
« Plus tard, on a le temps ! »
A la fin de la matinée, nous étions rentrés pour manger. J'étais vanné, cassé en deux par le canapé et ce début de journée en pleine forêt. Je n'avais qu'une envie, dormir. Alexis somnolait déjà sur le canapé, et je faisais de même. Mais c'était sans compter sur Kate qui me secouait.
« Allez, debout ! »
« Eh ! J'ai le droit à un peu de répit là, quand même ! »
« Non, il ne me reste plus qu'un jour et demie, y'a plus de répit maintenant. »
« Le répit c'est quand ça vous arrange hein ? »
« Vous venez ou je dois vous chercher moi-même ? » dit-elle alors qu'elle enfilait son manteau.
« C'est bon ! C'est bon ! J'arrive ! » dis-je en me levant, tout en jetant un regard vers ma mère qui avait un énorme sourire collé au visage. « Quoi ? »
« Non rien » dit-elle sans se départir de son sourire.
Ce qui voulait dire en langage codé, quelque chose. Je ne savais pas bien quoi mais la connaissant ça devait être du style « cette femme te mène par le bout du nez » ou quelque chose dans ce goût-là.
Nous arrivions devants l'école, le garçonnet était bien là mais il discutait avec le sheriff. Hors de question que je débarque à ce moment-là. Heureusement pour moi Madame Mills arriva et coupa court à la conversation. Elle attrapa son fils et ils rentrèrent dans la Mercédès.
« Eh oh ?! » me dit Kate en secouant sa main devants mes yeux « Vous m'écoutez ? »
« Oui ? »
« Je disais, on les suit. Venez ! » Et sans plus de cérémonie, elle attrapa ma main et se mit à suivre la voiture. Je savais ou habitait la maire, donc je n'avais pas besoin de courir, mais Kate elle semblait très enthousiaste et commençait à suivre la voiture d'un pas plus que pressé.
« Vous savez, si vous faites ça c'est le meilleur moyen pour qu'elle comprenne qu'on la suit. »
« Et comment doit-on faire monsieur je sais tout, alors ? »
« Vous observez le maître, et vous vous taisez. »
Je marchais tranquillement, la voiture tourna à un coin de rue, je vis Kate faire les gros yeux mais vu mon air tranquille elle ne fit aucun commentaire oral. Arrivés devants la maison elle souffla.
« Vous saviez déjà ou elle habitait c'est ça ? »
« Je vous l'ai dit, c'est une petite ville ici. On y fait vite le tour et tout se sait. D'ailleurs, je suis étonné que votre mère n'ait pas encore débarqué. »
« Ma mère n'est pas en ville, elle m'a dit qu'elle prenait sa voiture pour partir dans un autre état je crois. Enfin elle n'est pas ici, j'en suis sure. »
Entre ce qu'elle dit et ce qu'elle fait... Moi j'ai comme un mauvais pressentiment... Mais bon, la tout de suite fallait trouver un moyen pour rentrer chez Régina Mills sans se faire prendre. Et bizarrement le plan que j'avais en tête avait l'air complètement débile.
« Qu'est ce qu'on fait maintenant ? »
Bonne question. Que fait-on. Bon, après une rapide analyse je me dis que l'arbre peut être une bonne option. D'abord on trouve un moyen de lui faire ouvrir sa fenêtre ensuite on grimpe à l'arbre.
Par chance ça n'avait pas été bien compliqué pour qu'il ouvre sa fenêtre, malheureusement lorsqu'il avait fallu grimper à l'arbre je n'avais pas bien fait attention au fait que, de là où elle était, la maire nous voyait très bien. Elle était à présent devants le perron et nous regardait d'un air noir. Son fils par contre avait fermé la fenêtre, mais je savais qu'il écoutait ce qu'il se passait.
« Vous savez qu'il y a des salles de sport pour ça ? » me demanda-t-elle d'un air froid et désagréable.
« Bonjour Madame le maire ! »
« Qu'est-ce que vous faites dans mon jardin ? »
« Les salles de sport c'est d'un démodés ! Et puis votre arbre à pleins de branche c'est le meilleur pour l'escalade ! »
« Sortez de chez moi ! » dit-elle sur un ton qui était sans équivoque.
« Bien ! Bien ! Sachez juste que vous pourriez faire un tabac avec votre arbre. »
Elle s'était figée en voyant Kate, comme si elle ne s'attendait pas à la voir là.
« Mademoiselle... » dit-elle d'un air toujours aussi glacial.
Même Kate en avait perdu son sourire. « Madame » Répondit-elle d'un ton neutre.
Je descendis donc du dit arbre, et je me posais à ses côtés. « Bon, maintenant que je me suis bien entraîné, je vais aller dans les salles de sports continuer, alors ! » dis-je en embarquant Kate avec moi.
« Elle n'a pas l'air très amicale cette femme, je comprends mieux pourquoi vous n'avez pas sonné chez elle. »
« Vous la connaissez ? »
« Non, pourquoi ? »
« Parce qu'elle vous regardait d'une façon étrange... »
« Ah, vous trouvez aussi ?! »
« Vous êtes sûre de ne l'avoir jamais vu ? »
« Mais vous n'écoutez pas quand je parle ?! Je vous ai déjà dit non ! »
[…]
Ne me demandez pas comment nous en étions arrivés là. En fait, tout s'était déroulé si vite que je n'avais pas eu le temps de dire ouf. Enfin jusque-là. Nous avions trouvé refuge dans une autre maison abandonnée. Il nous était maintenant impossible de retourner chez moi. Toujours dans le même quartier, mais cette fois il fallait redoubler de prudence. C'était comme si nous avions toute la ville au cul, si je pouvais l'exprimer ainsi.
Mère et Alexis étaient dans un autre endroit beaucoup plus sûr et plus loin. Je savais que se cacher dans le même quartier n'était pas très intelligent, mais je n'avais pas beaucoup de choix, plus nous étions au même endroit, plus facile cela serait de nous trouver. Et s'il y avait bien une chose que je ne voulais pas, c'était qu'Alexis en pâtisse.
J'avais voulu ramener Kate chez elle après ces trois jours mais Maxime et les 2 molosses qui m'avaient un peu oublié ces derniers temps étaient sortis de nulle part pour me courser. J'étais même sûr d'avoir entendu une voix de femme. En en discutant avec Kate, nous étions d'accord que sa mère avait parlé, je ne sais pas pourquoi elle était avec eux... Mais Kate était visiblement dans les ennuis autant que moi maintenant.
Au lieu de trois jours comme prévu, cela faisait presque une semaine que Kate et moi étions ensemble à présent.
/Flash-back/
Bon eh bien je crois que j'ai remplis ma part du contrat... dis-je en la regardant.
Nous marchions cote a cote en direction de chez elle. Les trois jours étaient entamés et si nous ne voulions pas que sa mère se rende compte de la supercherie, il fallait qu'elle rentre. Je devais avouer que ces quelques jours passés en sa compagnie avaient changé mon quotidien. Ou plutôt, bousculé. Et ça m'attristait de devoir la laisser de nouveau chez elle, seule, enfermée. Mais c'était le deal.
Nous étions dans le jardin arrière de sa maison, alors qu'elle allait me tendre les clefs, je vis débarquer les 2 rouquins qui m'avaient jusque-là fichu la paix.
COURREZ ! Avais-je dit à Kate tandis que celle-ci me suivait déjà en courant. Habitude, peut-être. Il était vrai que vivre avec moi voulait aussi dire faire régulièrement du sport. De la course pour être plus précis.
ATTRAPEZ-LES ! Hurla une voix de femme que je ne connaissais pas, je me retournais un instant pour voir qui pouvait bien être là en plus des deux molosses. Je ne l'avais pas vu. Et je n'avais pas vu non plus la petite haie fasse à moi. Je m'étalais dans les fleurs, Kate m'aida à me relever difficilement, et nous reprîmes notre course. Il était moins une, l'un des frangins s'était rapproché dangereusement de nous et nous avions failli nous faire prendre cette fois ci.
Nous dévalions les rues à la recherche d'un endroit pour se cacher. Kate devants cette fois, au détour d'un tournant, elle me plaqua contre le mur et je ne pus qu'observer la scène. Vous dire que j'étais étonné, n'était pas encore assez suffisant pour ce que je venais de voir.
Cette fille avait été enfermée, seule, chez elle et la voilà poêle à la main en train d'assommer l'un des deux frères qui nous suivait. Et quand je dis assommer je pèse vraiment mes mots. Le bruit que la poêle était loin du simple « bang » auquel j'avais eu droit. Elle regarda le spectacle plus ébahit qu'autre chose, ou peut-être ne s'attendait-elle pas à ce genre de résultat. Toujours était-il qu'ils étaient deux et qu'il en restait encore un. Je doutais qu'on puisse l'avoir la même façon, surtout avec le corps de son frère par terre.
Lui attrapant le bras, je l'entraînais dans une nouvelle course, cette fois ci pas d'escalade. J'ouvris une porte au hasard. Et tombais sur le Granny's. Enfin, nous étions rentrés par derrière, pas sure que notre cachette soit des plus discrète.
Vous avez vu ?! Me demanda Kate en faisant tournoyé sa poêle dans sa main.
Ouais, vous lui avez probablement fait un traumatisme crânien... Si ça pouvait aussi avoir un effet sur sa mémoire, je voue un culte à votre superbe arme de défense.
Bon, ce n'était pas tout, il fallait trouver une planque. Je savais que le sheriff avait quitté les lieux il y a peu pour vivre chez Mademoiselle Blanchard, tant mieux. Qui restait il ici maintenant ? Un certain écrivain a moto. Je ne savais pas son nom, il était nouveau dans la ville. A vrai dire depuis le débarquement de notre « adorable » sheriff j'avais comme l'impression que les choses avaient changée ici.
On était en fin d'après-midi, connaissant Granny elle préparait sans doute les repas du soir donc nous ne risquions pas de la croiser ici. Je grimpais les escaliers, Kate à ma suite afin de nous cacher dans une chambre.
Je fermais derrière nous en barricadant la porte avec une chaise, puis j'essayais de trouver un moyen pour sortir sans nous faire repérer. Par chance, la fenêtre donnait sur le jardin et non sur la rue, du coup je pouvais voir le second gars venir et ouvrir la porte. Une fois qu'il était à l'intérieur, j'avais sorti ma tête pour mieux calculer la distance ou les choses qui nous permettraient de descendre.
Finalement nous avions réussi à descendre le long du mur de là où nous étions. Et c'est en courant que nous étions revenus chez nous, enfin, chez moi. J'avais emballé les affaires d'Alexis et de son côté ma mère avait fait les siennes. Je lui avais expliqué la situation tout en fourrant les affaires de ma fille dans un sac. Alexis était paniquée, mais n'envenima pas la situation en pleurant... Je ne pourrais jamais assez lui être redevable pour ce qu'elle était. Ma fille était un ange sur terre.
Suite à cela, ma mère et Alexis étaient allées dans un autre quartier, et j'avais essayé de mon côté de trouver quelque chose dans un quartier aussi éloigné. Mais malheureusement il n'y avait pas énormément de maison libres ou abandonnées. Nous avions dû nous rabattre sur une maison voisine.
/Flash-back/
De là ou j'étais je pouvais voir notre ancienne maison côté jardin. Ce qui m'avait aussi permis de voir que les deux frères n'avaient pas fait long feu avant de débarquer une bonne heure après que nous ayons tous désertés. Je les avais vu ressortir 2 bonnes heures après et j'imaginais bien l'état de la maison...
Finalement, l'ironie était que nous étions enfermés de nouveaux sans moyen de sortir. Parce que qui disait sortie, disait : tomber sur les frères Stark.
Au bout de deux jours, j'avais finalement décidé de bouger. Certes, ils ne nous avaient pas vu, mais il valait mieux que nous ne restions pas longtemps au même endroit.
Nous avions donc changé pour nous retrouver dans un appartement vide. C'était bizarre, personne ne partait vraiment en vacances ici... Mais c'était tant mieux pour nous puisque nous avions pu investir les lieux.
« Je vais devoir sortir encore une fois. »
« On déménage ? »
« Non, je voudrais acheter quelques petites choses et voir si mère et Alexis vont bien... Deux jours sans nouvelles... Et j'ai l'impression de devenir fou. »
Elle acquiesça, mais je sentais qu'elle n'était pas très rassurée d'être seule ici.
« Ne vous inquiétez pas je reviendrais d'ici deux bonnes heures. »
« Mais je ne m'inquiète pas. » dit-elle avec aplomb, ce qui me fit sourire.
« Bon, si vous avez le moindre problème rendez-vous au puits, vous savez celui qu'on a vu en sortant de la mine l'autre fois. »
« Ok. »
Je jetais un dernier regard vers elle avant de prendre mon manteau et sortir. Ça ne m'enchantait pas de la laisser la, mais sortir a 2 était beaucoup trop risqué. Surtout qu'on avait bougé deux jours avant...
Je passais par l'escalier pour finalement descendre dans la cave. La meilleure sortie c'est toujours par là. Surtout que si je sors tout pimpant par l'entrée, je ne donne pas plus de 2 jours à ces idiots pour venir là. Ils sont crétins certes, mais la mère de Kate a l'air très intelligente, elle.
Je marchais d'un pas rapide pour ne pas attirer l'attention. Courir c'est bien, mais surtout quand on a quelqu'un aux trousses. Je fis un petit détour par le commerce du coin, trouvant au bout de cinq minutes de que je voulais, je le mis sous ma veste et sortit l'air de rien. Dans ces petits commerces pas d'antivols ni de barrières à l'entrée. Ça facilite la vie, enfin surtout la mienne.
Je jetais constamment des regards en arrière, surtout quand je m'approchais de la maison dans laquelle étaient mère et Alexis. Je n'avais jamais été séparé de ma fille pendant plus d'une journée... Et je devais sans doute être mort de stress depuis plus de deux jours. Je ne cessais de faire des allées retour dans l'appartement, imaginant le pire.
J'étais passé par de nombreux raccourcis, derrière le Granny's, puis, j'étais rentré dans l'immeuble ou habitait Mary Margaret et Emma, j'étais ressorti de nouveau par les caves... Je m'étais vite caché dans les cyprès lorsque j'avais entendu un bruit suspect. Une fois arrivée face à la porte j'entrais rapidement. A l'intérieur y régnait un calme étrange... Trop silencieux pour être normal.
J'avais donc fouillé toutes les pièces en appelant doucement ma fille ou ma mère... Mais rien. Elles avaient disparu ! Lorsque je sortis de la maison, je courrais à en perdre haleine. Nous nous étions donnés rendez-vous à la lisière de la forêt en cas de pépins. Et visiblement, il y avait un gros pépin !
Je dû m'arrêter en cours de route pour reprendre mon souffle, j'avais mal à la poitrine, ma gorge était en feu et mes jambes flageolantes... Des tas de scénarios horribles défilaient dans ma tête. Est-ce que la mère de Kate les avait trouvés ?! Est-ce que les frères Stark étaient en train de les menacer physiquement ?
Cette dernière vision me redonna de l'effort et je couru plus vite encore vers la forêt. Une fois arrivé, je m'enfonçais dans la forêt pour éviter d'être trop visible. De là ou j'étais j'entendais son rire. Je tournais vivement la tête, la cherchant du regard. Est-ce que je rêvais ? Est-ce que mon imagination me jouait des tours ?
Je couru de nouveau en direction du bruit. Puis, je les vis, je la vis. Je soupirais de soulagement, et m'élançais pour ensuite enlacer ma fille possessivement.
« Tu es la » Chuchotais je sans relâche.
« Papa, qu'est-ce que tu fais ? » me demande ma fille, surprise de voir que je la serrais si fort contre moi.
« Je suis allé à la maison et je ne vous ai pas trouvé »
Ma mère s'était avancée vers nous, un fin sourire sur les lèvres.
« Désolée kiddo, je ne savais pas quand est-ce que tu allais venir, si j'avais su j'aurais laissé un mot. »
« Ce n'est pas grave, vous allez bien c'est tout ce qui compte. » Puis, je lâchais ma fille pour ensuite sortir de sous ma veste ce que j'avais pris au magasin. « TADA ! »
« C'est quoi ? » me demanda ma fille en fronçant les sourcils.
« Ça s'appelle un talkie-walkie »
« C'est super gros » je le lui tendis et elle le prit pour le regarder « et c'est lourd en plus ! On dirait un gros téléphone. »
« C'est un peu ça... ça nous permettra de rester en contact entre nous. »
« Je pourrais aussi parler à Kate ? »
« Oui, aussi. »
« Elle est où ? »
« En lieu sûr... »
« Papa, quand est ce qu'on rentre à la maison ? »
« Je ne sais pas ma chérie » dis-je en la serrant de nouveau dans mes bras. « Je ne sais pas... »
J'avais prévu la fuite, mais je n'avais pas prévu l'après fuite. Sur le coup ma fille avait presque trouvé ça marrant d'aller se cacher. Mais cela durait depuis plusieurs jours. Elle devait trouver le temps long, tout comme moi d'ailleurs.
Après un trop court moment avec ma fille, je dû me résoudre à rentrer. Je me pressais sur le chemin du retour espérant que Kate ne soit pas sortie comme l'avait fait Mère et Alexis. De toute façon elle savait très bien qu'elle risquerait gros. Je ne devrais pas avoir de soucis à me faire...
Mais une fois dans l'appartement, la même scène se joua. Aucuns bruits, pas de Kate en vue. Était-elle stupide au point d'être sortie ? Ah les femmes ! Je soufflais cherchant un endroit où elle aurait pu aller. La seule chose qui me venait à l'esprit était notre rendez-vous. Le puits.
Je sortis de l'appartement prestement, regardant de tout cotés au cas où. Puis je me pressais de nouveau vers la forêt. Maudissant Kate d'être sortie alors qu'il n'y avait aucune raison. Une fois arrivé près du lieu je la vis.
« Mais qu'est-ce que vous avez fait ! » Me dit-elle d'un ton assez fort. C'était la meilleure ça, elle s'enfuyait et c'était de ma faute !
« Je vous signale que c'est vous qui êtes sortie de l'appartement ! »
« Ça fait plus de 3 heures que je vous attends ! J'ai cru qu'ils vous avaient capturé ou je ne sais quoi ! Vous êtes stupide au point de ne pas savoir lire l'heure ?! »
« C'est la meilleure ça ! Je vous signale que je n'ai pas de montre, et que je n'ai encore jamais compté le temps passé avec ma fille. Je n'ai pas fait attention ce n'est quand même pas un drame ! »
Elle me poussa violemment. « Mais vous êtes complètement stupide ou quoi ? Vous auriez pu être pris en otage ou même tué je ne l'aurais même pas su ! »
« Vous vous faites du souci pour moi ? » dis-je avec un énorme sourire plaqué sur le visage.
« Bien sûr que non ! » dit-elle en s'éloignant de moi comme si j'avais la peste. « Vous connaissez mieux la ville que moi, j'aurais... »
A ce moment-là, des voix se firent entendre... Je plaquais la main sur la bouche de Kate en lui faisant de gros yeux, signe qu'elle devait se taire. Une fois qu'elle acquiesça, je l'embarquais pour qu'on se cache derrière un arbre.
« Gold » soufflais je. J'aperçus une jeune femme avec lui mais je ne savais pas qui c'était. Je ne l'avais encore jamais vu dans les rues.
Kate fronça des sourcils mais ne pipa mot. Et à ce moment-là, un vent étrange nous frappa. Et je su... Je n'étais pas Richard Castle qui habitait dans une maison abandonnée de Storybrooke. Non, j'étais Finn Ryder marié à Raiponce depuis quelques années maintenant, et nous avions une fille. Son nom n'était pas Alexis mais Sara et nous venions tout juste de retrouver notre mémoire... Après 28 ans de malédiction.
« Attendez » dit la femme.
« Non, non nous y sommes presque. » dit-il.
« Attendez... Attends... Rumplestiskin. » et il se retourna. « Je me souviens... » dit-elle avec un sourire. « Je t'aime. » continua-t-elle. Et ils s'enlacèrent.
Je n'entendais pas très bien de là ou j'étais, de plus ils s'avançaient encore plus vers le puits. Ils restèrent à quelques pas, discutant. Puis Rumplestinskin prit une fiole dans sa poche pour la poser sur le rebord. Je ne voyais pas distinctement, et Raiponce était tout comme moi en train de regarder ce qu'il se passait.
Il jeta la fiole dans le puis, et Raiponce se tourna vers moi, les sourcils froncés. Je haussais les épaules en guise de réponse, et me contentait de regarder la suite. Ils restèrent fixés à regarder dans le puis quelques secondes avant qu'une espèce d'énorme fumée violette en sorte.
« Qu'est-ce que... » chuchota Raiponce qui semblait tout aussi étonnée que moi. Je lui pris la main.
« Allons-nous-en, j'ai comme l'impression que cette chose va nous apporter des ennuis. »
« Comme si on n'en avait pas déjà » soupira-t-elle.
Et, doucement nous nous éloignâmes du lieu pour aller retrouver mère et Sara. Je crois que j'avais encore plus besoin d'être entouré d'elles à ce moment-là.
FIN
