Salut tout le monde !
J'espère que vous allez bien. Je vous partage enfin le chapitre 13.
Je suis désormais toute seule à la barre de ce projet mais Nathalie m'a quand même énormément aidée.
Il me reste le chapitre 16 à 18 à traduire. Quand aux autres, je vous proposerais que ma traduction non relue.
je m'excuse donc d'avance si la qualité n'est plus aussi poussée. Mais je vous rassure, j'irais au bout de cette histoire. Pour vous, mais également pour tous ceux qui ont participé.
Bonne lecture.
Draco se sentait comme une grosse limace quand il se réveilla le lendemain de Noël. En se remémorant la veille, il songea qu'il avait dû manger l'équivalent de son poids en nourriture et qu'il était donc le seul à blâmer pour ces ballonnements.
Allongé dans la pénombre de la chambre, une main posée sur les yeux et l'autre massant légèrement son ventre distendu, il souhaita qu'il existe un remède à la surabondance d'aliments dans le corps. Oh, mais oui, il y en avait un ! Il se demandait vaguement si Harry avait tous les ingrédients nécessaires à disposition pour lui permettre d'avaler un lot de Laxative Draught, puis il décida que cela réclamait trop de travail et qu'il valait mieux laisser faire la nature.
"Que fait cette main là-dessous ?" questionna Harry, amusé, en entrant dans la chambre avec une tasse de thé pour Draco. Alors qu'il la posait sur la table de chevet, Harry observa draco et sourit, ses yeux voyageant entre son visage et son aine.
Il tendit une main et attrapa le drap entre ses doigts. Il le fit tourner lentement autour de son poignet, le tirant jusqu'à ce que draco sente le courant d'air froid sur sa poitrine, puis plus bas, alors que le tissu s'éloignait.
Harry soupira de déception. "Dommage". Draco obersva Harry rcontempler ses doigts lui frotter le ventre, et son pénis à demi excité décida d'attirer un peu l'attention de son amant.
Draco observa les yeux plissés de Harry et sa langue qui sortait pour humidifier sa lèvre inférieure. Alors qu'il continuait à masser légèrement la partie médiane de son corps, il s'assurait que sa main frottait contre son érection, la faisant s'allonger et sursauter de façon invitante.
Un peu essoufflé, Harry dit : "Qu'est-ce que tu as au ventre ?"
draco s'amusa à constater que la tête d'Harry ne s'écartait pas de son aine, où sa bite était presque dure. "J'ai trop mangé hier", murmura-t-il, et il remarqua un éclair de sympathie traversé le visage d'Harry.
Ce dernier se pencha en avant et déposa un long baiser à côté de son nombril. En regardant son corps, Draco sentit un frisson de désir le traverser en sachant que le visage d'Harry était si proche de lui. Il gémit son appréciation et Harry l'embrassa à nouveau, écartant ses lèvres juste assez pour laisser sortir le bout de sa langue, humide et chaude, et la glisser sur sa peau. Draco gémit plus fort et se cambra sous la bouche de Harry. "Pendant que tu es en bas", soupira-t-il effrontément, en levant la main de son corps et en la posant contre l'arrière de la tête de Harry, en passant ses doigts dans les cheveux doux et court.
Harry ne le fit pas attendre. Il plaça sa bouche sur la verge de Draco et appuya légèrement, frottant l'intérieur humide de ses lèvres, promettant sans mot dire que beaucoup d'autres choses allaient suivre. Il le lécha avec une lenteur délibérée, ce qui amena draco à se tortiller de plaisir et à oublier son estomac en une fraction de seconde.
Harry s'installa sur le lit, sans jamais éloigner son visage de l'aine de Draco. Son souffle chaud le taquina, faisant vibrer sa poitrine de désir. Sa bouche reprit son exploration, se concentrant uniquement sur l'extrémité, où la peau était tendue, lisse et un peu humide avec la première goutte du liquide préséminal collant et cristallin. Harry fit un petit bruit avec sa gorge et draco baissa les yeux juste à temps pour voir son gland disparaître dans l'humidité attirante de la bouche curieuse. Il était impossible de ne pas bouger sous la sensation, mais une main appuyée sur sa hanche l'immobilisait pour le moment, tandis que la chaleur enveloppante se pressait tout autour de lui, léchant et tétant sa fente à la recherche de plus de liquide.
C'était incroyable d'être allongé là et de voir la tête d'Harry s'activer si lentement entre ses jambes, sans jamais le prendre plus loin dans sa bouche, mais en maintenant la pression constante de ses lèvres et de sa langue alors qu'il créait une tension si délicieuse ; une sensation qui faisait naitre des frissons érotiques le long de la colonne vertébrale de Draco.
Alors qu'il tirait sur les épaules de Harry pour l'amener plus haut sur le lit, Draco murmura : "Viens ici, toi."
Harry se laissa mouvoir, tout en imposant son propre rythme, traçant un chemin de baisers sur l'estomac de Draco et sur sa poitrine. Quand il se retrouva à quatre pattes au-dessus de lui, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, draco glissa ses mains sous l'ourlet de son T-shirt et le fit remonter sur son corps, s'efforçant de faire en sorte que ses doigts puissent profiter au maximum du contact de sa peau. Ils tirèrent le haut sans grâce, et Harry se laissa retomber sur lui, regardant avec amour Draco qui travaillait sur les boutons du pantalon de Harry, les ouvrant un par un, avec patience et soin. Ils ne firent qu'une bouchée du jean et des sous-vêtements de Harry, et ils eurent un petit rire, car il dut finalement céder et se retourner sur le dos, en enlevant ses derniers vêtements jusqu'à ce qu'il soit aussi nu que draco.
Ils roulèrent pour se faire face dans un mouvement harmonieux et coordonné jusqu'à ce qu'ils soient proches sans pour autant se toucher. Quand Harry sourit, presque timidement, Draco se pencha et l'embrassa, s'émerveillant pour la millionième fois de pouvoir le faire lorsqu'il le voulait. La nouveauté de leur relation ne se dissipait pas, et Draco savait que c'était en partie parce qu'ils avaient surmonté des années et des années d'histoire pour arriver à ce moment précis. Il était autant reconnaissant pour ce baiser qu'il l'était pour leur tout premier, ici dans le lit de Harry, il y a tant de mois.
Harry fondit sous son attention, et leurs mains avancèrent ensemble, cherchant des endroits pour se toucher ; un os de la hanche, une cuisse, et enfin les parties qui donnaient l'indication la plus évidente de l'intensité de leur désir l'un pour l'autre. Leurs gestes étaient parfaitement synchronisés, de sorte que lorsque draco enroula lentement ses doigts autour de Harry, ceux de Harry firent la même chose.
Quand celui-ci le touchait de cette façon, Draco savait que ce n'était pas uniquement pour assouvir un besoin sexuel. Il regarda avec une immense émotion d'adoration les paupières de Harry battre aussi vite que des ailes de papillon, sachant avec une certitude inébranlable qu'aucun contact intime ne viendrait à bout de leur envie de l'autre. Ce qu'ils avaient, c'était plus que du sexe. Ceci n'était que la manifestation physique d'un sentiment purement émotionnel ; une euphorie indescriptible que Draco aurait juré impossible à atteindre. Mais c'était avant Harry. Avait-il vraiment été en vie avant Harry ? draco n'en était pas sûr.
Il le regarda et vit tout cela et bien plus encore. Il remarqua les poils errants qu'Harry avait manqués lors de son rasage matinal, et la minuscule cicatrice blanche sous l'œil, seul souvenir d'une maladie d'enfance oubliée depuis longtemps. Il mémorisa la façon dont les narines de Harry se dilataient si légèrement chaque fois qu'il serrait sa verge en le caressant, le faisant encore et encore juste parce qu'il aimait l'expression sensuelle et léthargique qu'elle suscitait.
Le sentir si fort, si gros dans sa main, apporta à Draco un mélange d'émotions contradictoires. Ou peut-être pas tant que ça, mais plutôt des sentiments inattendus ou moins évidents. Le pénis d'Harry était plus gros, plus fort qu'il ne devait l'être, tout comme Harry lui-même. Il était franc, exigeant et pourtant désintéressé. Tout comme Harry. Draco le touchait avec adoration, de la même façon qu'il le ferait avec n'importe quelle partie de son corps, se sentant plus chanceux qu'il ne pensait avoir le droit de l'être. C'était son Harry, et Draco ne lâcherait jamais prise.
Ils étaient au-delà des mots lorsqu'ils étaient ensemble; un univers de deux personnes, unique à eux, car il était sûrement impossible que quelqu'un d'autre puisse ressentir tout cela. Leur véritable intimité était de pouvoir se regarder dans les yeux et de voir le même amour se refléter, d'observer cet éclair d'émotions sans nom laisser des traces dans leurs expressions, créant quelque chose en constante évolution à contempler. Il y aurait toujours des choses à apprendre sur l'autre, et c'était comme cela que ça devait être.
Draco savait que Harry était proche. C'était dans son regard et dans le souffle saccadé qu'il expirait. Ce fut ce constat qui lui fit prendre conscience de son propre état, et les yeux de Draco se fermèrent momentanément alors qu'il arquait sa colonne vertébrale, poussant imperceptiblement dans la main de Harry. Ils émirent de minuscules gémissements presque identiques alors que la première vague de chaleur exhalait vers l'extérieur et que le corps de Draco se préparait à l'orgasme. Dans une montée soudaine d'adrénaline, avant qu'il ne passe par-dessus bord, il regarda les yeux de Harry se voiler tandis qu'il se soumettait à son besoin naturel. Quelques secondes plus tard, la moiteur épaisse et chaude de son éjaculation peignit la main de Draco, et lubrifia le poing de Harry alors qu'il parcourait ces derniers coups de haut en bas jusqu'à ce que Draco vienne aussi, haletant doucement, incapable de détacher son regard de l'expression béate de son amant.
Ils se regardèrent pendant qu'ils retrouvaient leur calme, et Draco vit la rougeur sur ses joues s'estomper alors que sa respiration se stabilisait et redevenait normale. Il se réjouit de sentir le pénis d'Harry s'assouplir dans sa douce prise, jusqu'à ce qu'il soit souple et lourd dans sa paume, se modelant aux contours de ses doigts. Tandis que Draco relâchait son emprise sur le sexe d'Harry et traînait le bout de ses doigts à travers les boucles soyeuses de ses poils pubiens, ils s'embrassèrent lentement, prenant le temps de se goûter, et de retrouver la glorieuse sensation de leurs lèvres qui bougeaient ensemble. Lorsque le baiser se termina, Draco était triste, mais ils s'éloignèrent l'un de l'autre et il put revoir le beau visage de Harry, il n'y avait donc pas de quoi être attristé, en vérité.
"Je peux t'entendre penser", murmura Harry, avec un tout petit sourire.
"Désolé", répondit Draco avec sincérité, haussant les épaules en s'excusant de sa propre faiblesse pour tout ce qui avait un lien avec Harry.
"Pas besoin de t'excuser", dit Harry en riant. "Je pouvais entendre ce que tu pensais et il se trouve que j'approuve." Il se pencha et donna un baiser sur le bout du nez de Draco pour souligner son point de vue.
Draco gémit. "Suis-je si transparent que ça ?" dit-il dans une sorte de désespoir.
"Uniquement avec moi", le consola Harry, "et seulement parce que je sais ce que je cherche." Ils partagèrent un sourire avant qu'Harry ne s'allonge sur son dos et ne serre draco contre lui pour le câliner.
Draco posa sa tête sur sa poitrine, écoutant les battements, forts et réguliers, de son coeur. "Merci pour hier", dit Harry, en resserrant son emprise sur draco pendant qu'il parlait, une légère hésitation se faisant entendre dans sa voix. "C'était parfait. Je sais combien tu as travaillé dur pour arranger les choses avec les Weasley. Ta présence a fait de ce Noël le meilleur de tous les temps".
Draco se sentit étouffé sous l'émotion. Il pouvait entendre la sincérité dans la voix de Harry, et cela l'émut plus qu'il ne pouvait le dire. En avalant la boule dans sa gorge, il répondit : "Eh bien, tu as fait tout le travail, tu sais. J'ai juste bavardé avec quelques personnes, j'ai surtout beaucoup mangé, et j'ai bu encore plus". Il ne pensait pas qu'il pouvait supporter un débordement émotionnel à cet instant, sachant que cela le ferait pleurer pour Harry. Au lieu de cela, il fit de son mieux pour détourner la conversation vers un territoire humoristique. "Tu aurais pu m'avertir que Granger allait probablement allaiter les petits en public ! Ce qui me rappelle que tu pourrais me faire l'honneur de me jeter un Obliviate, s'il te plaît ? Comment ai-je pu dormir la nuit dernière après cette hideuse démonstration d'amour maternel ? Ça me dépasse complètement. Ça devait être l'alcool." Il se mit à renifler en feignant d'être dégoûté alors qu'il terminait de parler, entendant le ricanement de Harry lui traverser la poitrine et s'engouffrer dans son oreille.
"Menteur", dit Harry en riant. "Quand je suis entré dans la cuisine et que je t'ai vu regarder la poitrine de ma meilleure amie, tu étais l'incarnation du papa poule."
"Ça m'étonnerait", claqua Draco avec dédain, un soupçon d'espièglerie évident dans son ton. "Il n'y a même pas une once d'instinct paternel dans mon corps."
"Je sais", soupira Harry. "Je sais." Il embrassa le sommet de la tête de Draco et même ces quelques mots et ce simple mouvement trahissait la tristesse d'Harry, mais aussi son acceptation. Alors que draco s'apprêtait à parler, à dire quelque chose pour apaiser le moment, Harry le devança d'un ton vif, "Que veux-tu faire ce matin ? On a quelques heures avant d'aller chez Pansy et Vince."
Draco poussa un "hm" bruyant. Il se retourna et posa son menton sur la poitrine de Harry, le regardant alors qu'il réfléchissait aux options possibles. Finalement, il dit : "J'aimerais faire une promenade dans la neige."
"Tu sais qu'il ne neige pas dehors, n'est-ce pas ?" demanda Harry légèrement confus.
"Ah", répondit draco. "Mais tu m'as demandé ce que je voulais faire, pas ce que je pouvais faire."
Harry se mit à grogner. "C'est un truc de Serpentard, n'est-ce pas ? Tordre mes mots pour qu'ils signifient quelque chose que je n'ai pas dit."
"Ne discutons pas de sémantique si tôt un lendemain matin de Noël, d'accord ?" dit Draco, en souriant triomphalement à Harry. "Peut-être que nous pouvons faire ce que font les gens normaux. Allongeons-nous devant la télé et jouons avec tout ce qu'on a reçu hier. Qu'est-ce que tu en penses ?"
Harry eut l'air très pensif pendant un moment. Finalement, il dit : "Je pense que tu devrais prendre une douche avant que nous fassions autre chose. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, tu es un peu collant". Il sourit effrontément à Draco avant de le pousser, et de rouler hors du lit pour attraper ses vêtements et les enfiler.
Draco fit la moue. "Tu ne prends pas de douche avec moi ?", dit-il en roulant, boudant avec encore plus d'extravagance quand Harry secoua la tête.
"J'ai un peu de melon et du gingembre pour le petit déjeuner, vu que tu es trop plein pour autre chose", dit Harry, en sautillant sur place alors qu'il remontait son pantalon et le boutonnait rapidement. "Je vais remettre la bouilloire en marche parce que ce thé doit être trop froid pour être bu désormais", ajouta-t-il, en faisant un signe de tête à la tasse située à côté du lit de Draco. "Prends une bonne et longue douche, et je te vois dans la cuisine."
Sur ces mots, Harry se précipita hors de la chambre comme si la maison était en feu. Draco resta allongé un moment, se demandant pourquoi il était si pressé, avant de hausser les épaules et de se diriger vers la salle de bain.
~oOo~
Vingt minutes plus tard, Draco entra dans la cuisine pour voir Harry courir entre le frigo et la table, étalant les fruits et le thé.
"Hé", dit Draco avec douceur, en attrapant le poignet d'Harry alors qu'il passait de nouveau devant lui. "Ralentis, d'accord ? Tu me donnes le vertige."
Harry se laissa arrêter, et il se retourna pour se pencher dans le cou de Draco et déposer un baiser sur le morceau de peau mis à nu entre les revers de son peignoir.
"Tu es gelé !" s'exclama Draco, en état de choc et en repoussant Harry. "Mais qu'est-ce que tu as bien pu faire, bordel ?"
Harry rigola, mais timidement. Il baissa les yeux avant de regarder à nouveau Draco. "Hum, te trouver de la neige ?" dit-il avec espoir, en scrutant le visage de Draco pour y déceler des signes d'approbation.
"Que veux-tu dire par "trouver de la neige" ?" dit-il dans la confusion.
"Eh bien", commença Harry avec nervosité. "Tu as dit que tu voulais faire une promenade dans la neige, et j'ai pensé à cet endroit où il semble toujours y en avoir à cette époque de l'année." Il s'arrêta, regardant toujours Draco. "Alors, je suis allé jeter un coup d'oeil. Et il y en avait. De la neige, je veux dire. Alors si tu le pensais, on pourrait... Ooof !"
Draco se jeta sur Harry et le prit dans ses bras, le serrant très fort alors qu'il riait à gorge déployée et lui déposait des baisers humides sur le visage. Lorsqu'il remit Harry au sol, il dit avec excitation : "Tu es sérieux ? Tu es vraiment allé me chercher de la neige ?"
Le visage d'Harry était d'un rose éclatant, et il affichait le sourire le plus étincelant en hochant la tête, absolument ravi du plaisir de Draco.
"C'est sans aucun doute la chose la plus adorable qu'on ait jamais faite pour moi", dit Draco, avec sincérité.
"Et c'est parce que," dit Harry, en ce dirigeant vers lui à pas de loup, "je suis l'homme le plus adorable du monde."
Draco, captivé, observa Harry alors qu'il tirait sur la ceinture de son peignoir et défaisait le nœud. Les côtés du vêtement pendirent et Draco regarda les mains d'Harry séparer lentement le tissu avant de plonger à l'intérieur et de saisir deux poignées de chair propre et chaude.
"Espèce de salaud !" cria Draco alors que les doigts glacés le serraient et qu'il se tortillait pour se libérer de la torture. Harry éclata de rire, ne laissant pas Draco s'éloigner d'un pouce. "Tu aurais pu les réchauffer d'abord !" dit Draco, en riant presque aussi fort que Harry.
"Pourquoi avoir un chien et aboyer soi-même ?" dit Harry en souriant, faisant glisser ses mains autour du corps de Draco jusqu'à ce qu'il ait une fesse rebondie dans chaque paume. "Maintenant, bois ton thé avant qu'il ne refroidisse cette fois-ci", ajouta-t-il, mais il y avait là un soupçon de taquinerie dans sa voix, et Draco savait qu'il essayait de l'exciter et de l'embêter à nouveau.
En se penchant pour embrasser Harry, il murmura : "Dans une minute."
Quelques secondes plus tard, il avait oublié son thé.
~oOo~
"Où sommes-nous ?" demanda Draco. Harry et lui se tenaient la main, emmitouflés dans leurs vêtements les plus chauds, admirant une vue de rêve sur des montagnes aux sommets enneigés, des hectares de pins et le scintillement d'un lac tout en bas.
"TU ne le reconnais pas ?" demanda Harry, en scrutant son visage pour y voir la moindre trace de prise de conscience.
Une pensée vint à Draco. Il se souvenait qu'Harry était toujours resté à Poudlard pour Noël, et d'après leurs discussions, il savait que les Dursley n'avaient jamais célébré les fêtes avec lui. "Sommes-nous en Écosse ?" dit-il, en regardant le visage d'Harry se fendre d'un sourire heureux. "Sommes-nous près de Poudlard ?" ajouta-t-il, et Harry sourit encore plus, un sourire brillant et éblouissant qui éclipsa l'éclat de la neige au reflet bleuté tout autour d'eux.
Harry balança un bras par-dessus son épaule et pointa derrière eux. "Le château est là-bas", dit-il. "On pouvait le voir il y a des années, mais les arbres sont trop grands maintenant. J'avais l'habitude de venir ici avec mon balai et de m'envoler au-dessus du lac. Le château était toujours calme à Noël, mais ça ne me dérangeait pas vraiment. Comment aurais-je pu m'en soucier, alors que j'avais tout cela pour moi ?" Il balaya le paysage de son bras, et les yeux de Draco suivirent le chemin.
"Nous aurions dû apporter des balais", déclara Draco, voulant rendre à Harry ses quelques souvenirs heureux des Noëls passés.
"Nous l'avons fait", dit Harry avec un sourire. "Mais j'ai pensé qu'on pourrait marcher un peu, d'abord."
"C'est un bon programme", répondit Draco. Ils se mirent en route pour une promenade tranquille, en écoutant le crissement de la neige épaisse et compacte sous leurs pieds. Draco dut admettre que c'était absolument magnifique. Il pouvait presque imaginer qu'il n'y avait pas d'autres personnes, tant le sentiment de solitude était paisible. Comme il serait merveilleux d'avoir une petite cabane en rondins perchée à flanc de colline parmi les arbres, avec un énorme feu de camp et un tas de peaux de mouton pour s'y blottir. Ils n'auraient pas besoin de chambre à coucher, car ils pourraient dormir là, sur l'âtre, réchauffés par les flammes et entre eux, en buvant du Scotch pur malt pour porter un toast à leur bonne fortune d'avoir le refuge le plus parfait au monde.
"Tu penses encore très fort", dit Harry avec un sourire.
"Es-tu sûr que tu n'exerces pas tes compétences de Legilimency sur moi ?" interrogea Draco avec suspicion, regardant Harry de haut en bas alors qu'il parlait.
"Il faudrait que je te regarde pour faire ça, n'est-ce pas ?" Harry répondit.
"Avec toi, je ne suis pas si sûr", lui dit Draco, ce qui fit sourciller Harry. "Avec n'importe qui d'autre, oui. Mais toi ? Je doute de connaître la moitié de ce dont tu es capable." C'était vrai ; draco se demandait souvent ce que Harry pourrait faire de sa magie s'il essayait vraiment. Il se doutait qu'il serait capable d'accomplir des choses incroyables, mais il respectait son souhait de ne pas chercher de réponses à ces questions.
"Je ne ferais jamais rien d'aussi grossier", dit Harry, et Draco crut entendre un soupçon d'inquiétude dans sa voix.
"Je sais que tu ne le ferais pas", apaisa-t-il, les arrêtant tous les deux pour qu'ils puissent se câliner sans craindre de tomber. "Mais parfois, il est effrayant de savoir que quelqu'un d'autre peut me connaître si bien. Je parie qu'il y a des moments où tu sais ce que je pense avant moi", dit-il, en regardant le visage de Harry pour lire la réponse dans son expression.
"Ton bonheur est ma mission numéro un dans la vie", dit Harry en riant, essayant de faire une blague de ce que Draco savait être la vérité.
Draco l'embrassa et il savait qu'il ne se lasserait jamais d'entendre ce gémissement étranglé qu'Harry faisait toujours avec le fond de sa gorge dans ces moments-là. Et il ne se fatiguerait jamais de la manière dont la langue d'Harry traçait une ligne délicate et humide sur sa lèvre inférieure avant de se glisser à l'intérieur pour faire fondre ses dernières réserves. Il n'en aurait jamais assez de Harry. Jamais.
Draco se recula au bout d'un moment et dit : "Ça te dirait d'aller voler, maintenant ?"
"Yep. Tends ta main."
Draco fit un clin d'œil à Harry alors qu'ils tendaient tous les deux le bras, entendant le sifflement des balais qui battaient dans l'air avant même qu'ils ne puissent les voir. Les balais se jetèrent dans leurs mains avec un son plaisant, et avant que draco ne puisse bouger, Harry était déjà sur le sien et montait en flèche dans le ciel, riant comme un fou. draco l'observa pendant une seconde ou deux avant de sauter sur le sien et de partir à sa poursuite.
Alors qu'ils flottaient tous deux au-dessus du lac, côte à côte, s'imprégnant de la tranquillité des lieux, Draco put enfin voir Poudlard s'élever de façon spectaculaire à travers la brume. C'était vraiment un bâtiment magnifique, et Draco sourit en se rappelant les moments heureux qu'il y avait passés. Bien sûr, il y avait aussi eu des tristes, et malheureusement, beaucoup d'entre eux étaient liés à Harry. Ils avaient été tellement différents tous les deux à l'époque.
"Tu veux jouer à un jeu ?" dit Harry, en attirant le regard de Draco sur lui.
"Quel genre de jeu ?" interrogea-t-il, en se demandant si cela nécessitait d'enlever certains de leurs vêtements, et aimant l'idée d'une telle compétition.
"Ce genre", dit Harry avec un large sourire. Il plongea une main dans la poche de son manteau et en sortit un poing bien fermé. Draco fronça les sourcils de confusion, tandis qu'Harry tournait sa paume vers le haut et déroulait ses doigts. À l'intérieur se trouvait une petite boule d'or, de la taille d'une noix.
Draco sentit ses lèvres s'étirer en un sourire, et il regarda Harry faire la même chose tandis que les ailes en dentelle s'ouvraient et que le Vif d'or se souleva de sa main, virevoltant entre eux pendant une seconde ou deux avant de filer aussi rapidement qu'un sortilège sortant d'une baguette de Mangemort.
"Après toi". Sourit Harry.
"Non", dit Draco. "Après toi".
Harry s'approcha, tirant draco vers lui avec une main sur sa cuisse. Alors qu'il se penchait pour embrasser Draco sur la joue, il chuchota : "Crois-moi, tu as besoin d'avance." Draco s'éloigna et ricana. "Ne me fais pas de faveurs, Potter."
"D'accord", dit Harry en riant, une fraction de seconde avant de s'envoler à une vitesse folle.
L'insolence d'Harry apporta une bouffée de chaleur à la poitrine de Draco, qui s'élança à sa poursuite, préférant la vue de son derrière à la chasse du Vif d'or en elle-même. Ils volèrent pendant un long moment, sans jamais voir la moindre lueur d'or, probablement parce qu'ils ne prenaient pas la peine de regarder. Ils se relayaient pour mener la chasse, exécutant des acrobaties à couper le souffle dans le ciel et se comportant généralement de manière totalement téméraire. Ils se rapprochaient de plus en plus de l'école, faisant d'énormes cercles avant de plonger à des vitesses terrifiantes, riant hystériquement d'eux-mêmes et de l'autre.
Draco pouvait ressentir la brûlure de l'air glacé sur son visage, il était engourdi de partout et pourtant il se sentait plein de vie. Si seulement leurs matchs de Quidditch avaient été comme ça - dans la joie et la bonne humeur. Mais draco vit le Vif d'or et il oublia de s'amuser, car il découvrit que le besoin de battre Harry une seule fois était toujours présent en lui, relevant la tête et rugissant pour se faire entendre.
Draco sut exactement à quel moment Harry réalisa qu'il avait trouvé le Vif d'or. Il avançait à une vitesse incroyable pour suivre draco de quelques centimètres, si près qu'il pouvait presque entendre le halètement excité d'Harry. Ils grimpèrent et grimpèrent jusqu'à ce qu'ils entrent dans les nuages et sortent dans la partie supérieure, toujours conscients de la sournoiserie de la tâche de métal précieux qui volait devant eux. Avec un dernier élan de vitesse, Draco poussa en avant, jetant un véritable sourire à Harry par-dessus son épaule alors même qu'il tendait la main et fermait les doigts autour du Vif d'or. Il dut regarder pour voir s'il l'avait attrapé ou non, car il était si engourdi qu'il ne pouvait pas sentir le tintement des ailes.
Ses doigts mirent une éternité à s'ouvrir, mais lorsqu'il vit la balle au repos dans sa main, il poussa un grand cri de joie et fit une boucle serrée, retournant son balai pour faire face à Harry. Il eut tout juste le temps de se réjouir de sa victoire avant que la bouche d'Harry ne s'écrase contre la sienne et aspire son dernier souffle. Ils se séparèrent que lorsque le manque d'air se fit sentir et Draco s'affaissa sur son balai, haletant pour l'oxygène et riant pathétiquement, parce que c'était le mieux qu'il pouvait faire.
"Tu es un tricheur !" déclara finalement Harry, alors qu'ils tombaient de plus en plus bas, son visage rougi par les coups de vent et l'effort physique.
"Hé ?" se mit à crier Draco, perplexe. "Comment peux-tu dire ça?"
« Tu m'as souri, c'était petit de ta part », Harry bouda, l'air légèrement déçu de ne pas avoir gagné.
Alors qu'ils atterrissaient et sautaient de leurs balais, Draco lui dit : "Je ne t'aurais jamais pris pour un mauvais perdant." Harry grogna, faussement irrité, et récupéra le Vif d'or, pour le désactiver et le remettre dans sa poche.
"Tu as très bien volé", dit Harry, en passant le dos de ses doigts sur la joue glacée de Draco.
"Oui, Monsieur Malefoy", vint une voix profonde et familière. "Vous avez très bien volé. Quel dommage qu'une telle compétence ait été moins qu'évidente pendant vos années d'école."
Draco se retourna pour faire face au propriétaire de la voix, et il fit un large sourire à Severus Rogue, debout au milieu de ses robes de marque, les bras croisés, un regard de résignation irritée sur son visage vieillissant.
"Bonjour, monsieur", dit respectueusement Draco, en tendant la main et en serrant vigoureusement celle de son ancien professeur. "Vous aussi, vous appréciez le paysage ?" demanda-t-il, se souvenant des longues promenades que faisait le directeur de maison quand il avait besoin de réfléchir.
"À peine", répondit Rogue, avec un sarcasme cinglant. "J'ai été informé que deux intrus avaient violé la sécurité de l'école, et j'ai donc dû me rendre sur les terres gelées de cet enfer qu'est ma prison". Il fit un geste théâtral en direction de l'école, et Draco s'amusa à renifler.
"Oh, ne soyez pas si misérable", lui dit-il sévèrement. "Vous aimez cet endroit. Vous le savez bien."
"Oui", répondit sèchement Rogue. "Maintenant que vous en parlez, je vois clairement comment mon rôle de sous directeur répond à toutes les ambitions de ma vie. Combien de fois ai-je rêvé, dans mes jeunes années, de travailler sous les yeux d'une sorcière écossaise sévère, transformant des étudiants paresseux en citoyens du futur à peine passables".
"Alors, pourquoi rester, si ça vous déplaît tellement?" vint la voix sèche d'Harry.
"Mais ça ne me déplaît pas, monsieur Potter," répondit Snape avec mépris. "Peut-être que la maison Gryffondor néglige de nourrir le sens de l'humour de ses élèves? »
Nous y revoilà. Draco entendit le grognement d'agacement à peine retenu de Harry. Il se frotta le front de frustration avant de dire : "Ne pouvons-nous pas tous nous entendre pour une fois ? C'est Noël, bordel, au cas où vous l'auriez oublié tous les deux."
Rogue fit un brusque signe de la tête. "Comme vous voulez", réussit-il à dire. "Peut-être une tasse de thé pour nous réchauffer tous vous conviendrait ?"
Draco sourit à son ancien professeur. Il était touché que l'offre ait été faite, alors que c'était sans doute contre sa préférence personnelle de divertir Harry.
"J'adorerais. Qu'en dis-tu, Harry ?" demanda Draco, en faisant un visage pathétique à son amant qui se retournait pour le regarder. Il observa la résistance d'Harry s'effondrer, et ce dernier hocha la tête, un sourire petit, mais bien présent sur les lèvres.
"On y va ?" dit Rogue, en faisant un geste du bras pour que draco et Harry montrent le chemin.
Saisissant la main libre d'Harry, draco les amena au niveau du professeur, et ils retournèrent lentement à Poudlard, draco faisant la conversation pour eux. Cela lui fit mal de voir la difficulté qu'avait Rogue à avancer. Il vieillissait maintenant, et la blessure à sa hanche lors de la bataille finale n'avait jamais totalement guéri. Il marchait avec un boitement prononcé, mais refusait d'utiliser une canne ou une aide quelconque. De temps en temps, Draco serrait la main de Harry, juste pour lui signifier qu'il ne l'avait pas oublié et que son effort était apprécié. Après tout, ce dernier savait qu'il aimait le directeur de la Maison de Serpentard, et il connaissait les raisons de la loyauté indéfectible de Draco. Il avait tout dit à Harry il y a peu de temps, et il s'était interrogé sur le changement subtil dans l'expression de Harry à l'époque, espérant que c'était le premier signe d'un adoucissement envers l'homme qui se trouvait actuellement à leur côté.
Quand ils furent près de l'école, Draco leva les yeux vers l'entrée principale et aperçut le professeur McGonagall se tenir sur la plus haute marche, les mains serrées sur sa poitrine. Elle semblait aussi aigrie que Draco s'en souvenait, mais lorsqu'ils montèrent l'escalier, il put observer la courbe caractéristique de ses fines lèvres, et il comprit qu'elle était heureuse de les voir. Harry se mit en route et envoya ses salutations avant d'atteindre son ancienne directrice de maison. Draco vit un vrai sourire se dessiner sur son visage alors qu'elle interrogeait Harry avec une affection évidente. Elle tendit la main, mais Harry mit son balai de côté et la souleva du sol, la faisant virevoltait tout en la serrant dans ses bras, provoquant un grand rire nerveux de sa part. Lorsqu'il la posa, Draco fut amusé de voir qu'elle était rouge et que sa main allait directement vers son chapeau pour essayer de le redresser et reprendre une expression sévère.
L'accueil de Draco était beaucoup plus formel et McGonagall sembla s'en réjouir. Elle les fit entrer dans l'école, demandant que du thé et des sandwiches soient envoyés à son bureau alors qu'elle les conduisait au deuxième étage.
Le professeur McGonagall dit à la gargouille, "Sorbet Citron", à voix haute, et la porte s'ouvrit pour qu'ils puissent passer. Harry ne bougea pas. Il eut l'air sonné pendant une brève seconde, et Draco ne comprenait pas pourquoi. La directrice se retourna vers lui et lui frotta brièvement le bras. Elle dit à Harry : "Les vieilles habitudes ont la vie dure", et il hocha tristement la tête, la suivant les yeux baissés. Draco leva un regard interrogatif vers Rogue et ce dernier se contenta de secouer la tête en signe d'impuissance avant de suivre Harry.
Draco entra en dernier dans le bureau et il vit Harry se poster devant le portrait du professeur Dumbledore, ses doigts reposant sur le cadre du tableau, alors qu'il regardait avec tristesse l'homme endormi. Le professeur McGonagall se tenait avec appréhension sur le côté, se mordillant la lèvre tout en observant l'interaction silencieuse de Harry avec son ancien mentor. Cela remua quelque chose à l'intérieur de Draco et il se mit debout derrière lui, enroulant ses bras autour de sa taille et le tirant en arrière dans une étreinte réconfortante. Il sentit Harry se raidir sur l'instant, mais la tension se dissipa vite et il soupira à voix haute, se détendant contre draco.
"Il me manque," murmura-t-il.
Après un long silence, Draco répondit, "Je sais".
Alors qu'ils commençaient à se détourner, le portrait sursauta et Dumbledore ouvrit un œil fatigué et se retourna pour les observer tous les deux. Draco regarda le visage du vieil homme revenir à la vigilance et il ne put s'empêcher de rire lorsque l'ancien directeur leur fit un clin d'œil à tous les deux avant de se réinstaller dans son siège et de refermer les yeux.
Le thé apparut juste à ce moment, et ils s'assirent tous les quatre avec un léger inconfort, principalement parce que les frontières entre eux avaient été modifiées au point d'être méconnaissable. Après s'être renseigné sur les fêtes de Noël à l'école, Draco se lança dans un monologue effusif sur leur vingt-cinq décembre, en notant, tout en faisant fi, du regard de Rogue. Il était clair que l'homme avait du mal à faire le lien entre ce Draco et l'ancien, et lorsqu'il accrocha le regard du professeur, il haussa les épaules nonchalamment et continua, décrivant le portrait que sa mère leur avait offert, ne manquant pas le coup d'oeil furtif partagé entre les professeurs McGonagall et Rogue. Il semblait à Draco que la force de sa relation avec Harry les avait pris par surprise, et il s'en servit pour mesurer son propre succès à devenir une personne plus détendue et mieux équilibrée.
Draco ne parla pas les baguettes. C'était une chose très personnelle pour Harry, après tout. Il fut donc surpris que ce dernier le mentionne de lui-même, car il avait eu l'intuition, erronée, qu'il ne choisirait pas de partager son expérience avec des gens comme Severus Rogue. Il y avait une nette tension dans la pièce, alors qu'Harry décrivait la sensation de tenir les baguettes et de "sentir" ses parents. Draco pouvait voir que Rogue mourait d'envie de poser des questions, mais étant fidèle à sa nature têtue, il ne ferait pas le premier pas. Alors Draco le fit pour lui.
"Harry, dis aux professeurs ce que tu as vu", déclara-t-il, ce penchant vers l'avant pour regarder Harry avec sérieux. L'ambiance silencieuse qui régnait dans la salle montrait clairement qu'aucun des deux professeurs ne croyait qu'Harry avait vécu autre chose qu'un voeu pieux ou une sorte de fantasme subconscient de ce qu'avaient été ses parents.
Harry mit un certain temps à se ressaisir, essayant peut-être d'ordonner ses pensées avant de parler. Lorsqu'il se lança, sa voix était calme, et le sentiment qui se cachait derrière lui était presque enfantin.
"Je ne sais pas pourquoi, mais c'est avec ma mère que c'est le plus fort", commença-t-il, en se renfrognant, peut-être parce que les mots ne décrivaient pas correctement ce qu'il espérait dire. "Je savais tout de suite à qui appartenait quelle baguette", ajouta-t-il, et Draco regarda avec intérêt Harry fouiller dans sa poche et récupérer les deux baguettes, les tenant fermement dans sa main. Il les observa longuement, faisant tourner les poignées dans sa paume de sorte que les baguettes roulèrent sur elles-mêmes encore et encore.
"Celle-ci était la sienne", murmura-t-il, prenant celle qui était la plus fine dans son autre main, dessinant lentement à travers l'air, laissant une traînée de minuscules bulles irisées dans son sillage. Draco regarda les sphères brillantes éclater une par une, et il ne put s'empêcher de penser à des images de bébés gazouillants en train de prendre leur bain.
"Peux-tu sentir ça ?" dit doucement Harry, les yeux rivés sur Draco. Il hocha la tête, mais en vérité, il n'était pas sûr d'avoir vraiment senti quelque chose, ou s'il avait simplement imaginé la sensation. "C'est le parfum du savon que ma mère avait l'habitude d'utiliser quand j'étais bébé. Comment puis-je savoir ça, Draco ?" La question était douloureuse ; un terrible appel à Draco pour qu'il lui fournisse les réponses dont il avait besoin, mais tout ce qu'il pouvait faire était de secouer tristement la tête, se sentant incompétent et frustré envers lui-même. "Je ne me souviens même pas d'avoir été baigné. Pas une seule fois", finit Harry, regardant la baguette comme si c'était le visage de sa mère à la place.
Draco se risqua à jeter un coup d'œil à Rogue et au professeur McGonagall. Rogue avait l'air mal à l'aise, mais peu convaincu. Le professeur McGonagall, en revanche, était blanche comme un linge et était sur le point de s'évanouir à tout moment.
Soudain, Harry pointa la baguette et fit un vigoureux mouvement de balancement. Un sourire commença à apparaître sur le visage d'Harry, mais son regard était perdu dans le vague, voyant peut-être quelque chose dans l'œil de son esprit, plutôt que la pièce ou ses occupants. "C'est ce qu'elle faisait quand elle lançait Boletus Auris sur mon père et Sirius", s'esclaffa Harry, mais Draco remarqua que Rogue avait maintenant une expression similaire à celle de McGonagall.
"Je n'ai jamais entendu parler de celui-là, Harry", déclara Draco, qui essayait de trouver un moyen de comprendre ce qu'il se passait.
"Non", répondit Harry en riant. "Moi non plus !"
Le professeur McGonagall s'éclaircit la gorge. "Oreille en forme de champignon", dit-elle, le souffle coupé. "C'était la malédiction la plus populaire de la maison Gryffondor, il y a quelques années." Draco pensa qu'elle avait l'air très malade, mais Harry ne sembla pas remarquer le malaise qui régnait dans la pièce.
"Ouais", sourit Harry. "Elle aimait celui-là. Et mon père avait l'air d'en recevoir beaucoup ! Elle disait toujours que Sirius et lui n'avaient que deux neurones à se battre en duel."
Harry se tut alors et regarda Rogue comme s'il ne le reconnaissait pas. Alors qu'il racontait l'insulte préférée de sa mère, le professeur s'était joint à lui, murmurant à l'unisson des paroles manifestement très familières. Draco vit Harry le fixer, la bouche légèrement ouverte, la mâchoire travaillant pour former des mots qui ne sortaient pas.
En réponse à sa question silencieuse, Rogue répondit : "Vous avez raison, Monsieur Potter. Votre mère était en effet adepte de ce sort en particulier, et les bénéficiaires étaient, comme vous le soulignez, le plus souvent votre père et votre parrain".
Il y eut un silence pesant durant lequel Rogue tenta d'échapper à l'examen de Harry, le professeur McGonagall reprit contenance et Draco les observa tous les trois, attentif au moindre mouvement. Finalement, c'est le professeur Rogue qui brisa la tension.
"Et la baguette de votre père ?" demanda-t-il, d'un ton désinvolte, mais Draco savait qu'il y avait quelque chose de plus profond derrière la question, il l'entendit dans l'intonation. Harry transféra la baguette de son père dans sa main dominante et en testa la sensation. Il était évident pour draco que Harry était à nouveau pris dans des souvenirs fantomatiques.
Aussitôt, Harry parla. "Ils n'ont pas été très gentils avec vous, cette nuit-là au Whomping Willow, n'est-ce pas ?" Harry fixa Rogue pendant qu'il discutait, et Draco aurait pu jurer avoir vu son ancien directeur de maison tressaillir quand le souvenir revint en force.
Harry et Draco en avaient déjà parlé au préalable, quand Harry lui avait un jour expliqué une partie de son histoire avec le professeur Rogue. La séquence des événements semblait avoir été transmise à Harry par Rémus Lupin, mais Draco pouvait dire, d'après les visages des deux hommes, qu'il y avait plus de choses à dire sur cette nuit-là que ce qui avait été révélé auparavant.
"Que voyez-vous ?" le pressa Rogue, et il était clair que tous les deux voulaient savoir, mais ne le faisaient pas simultanément.
"Tout, je pense", murmura Harry. "Vous avez eu raison de faire ce que vous avez fait", dit-il, et Draco regarda, avec étonnement, une expression de rage à peine déguisée déformer le visage de Rogue.
"Vous voyez ça ?" siffla-t-il.
Draco n'avait jamais vu Rogue aussi furieux.
Harry se contenta de hocher la tête. "Nous savons tous les deux comment fonctionne cette malédiction", dit-il de façon énigmatique, et Draco sut qu'il lui manquait quelque chose. "Si Rémus n'avait pas été en loup-garou, vous auriez pu le blesser gravement, comme j'ai blessé draco."
L'esprit de Draco lutta pour assembler le puzzle et la seule pièce qu'il trouva pour compléter ce tableau flou était le sort de Sectumsempra. Pensant à haute voix, Draco s'entendit adresser à Rogue. "Vous avez utilisé le Sectumsempra sur Rémus Lupin ?"
Rogue passa une main dans ses cheveux et soupira fortement. Ce n'était manifestement pas un bon souvenir à revivre.
"Il le fallait", déclara Harry. Draco s'accrocha à chacun de ses mots et il savait que les autres en faisaient autant. "Sirius a attiré le professeur Rogue vers l'arbre, sachant que c'était la pleine lune et que Rémus ne verrait pas une personne, mais un repas à la place. Mon père l'a découvert, et il était furieux contre Sirius. Il s'est dirigé vers l'arbre en courant et il a pu voir le professeur Rogue s'éloigner de l'entrée secrète dans le tronc, ayant manifestement vu Rémus, peut-être même alors qu'il se transformait. Rémus ne se souvient pas de ce qui s'est passé ensuite, mais après s'être métamorphosé, il est sorti du passage pour aller chercher Rogue. Papa essayait de l'aider, et il put voir le professeur Rogue lancer Sectumsempra à plusieurs reprises, essayant de ralentir Rémus. Cela n'a même pas ébouriffé sa fourrure". Harry avait l'air vraiment triste. La luminosité avait disparu de ses yeux, et Draco savait qu'il était profondément bouleversé par le comportement de son parrain.
"Mon père a essayé d'autres sorts pour distraire Rémus, mais ils n'ont pas fonctionné. Il a éloigné Rogue et a pris sa forme d'Animagus pour attirer Rémus", dit-il à Draco. En se tournant vers le professeur, Harry ajouta : "Il s'est toujours demandé pourquoi vous n'avez jamais dit à personne qu'il était un Animagus non enregistré. Vous le détestiez, après tout, et cela aurait suffi pour qu'il soit renvoyé de l'école".
"C'est un paiement à peine convenable pour mon sauveteur, même si je le méprise", soupira Rogue, pourtant très mécontent de la situation. "Si Black avait repris ses esprits et était venu lui-même, alors je l'aurais sans aucun doute dénoncé."
Harry était maintenant sur le bord de son siège, et Draco pouvait détecter une légère obsession tremblante dans ses paroles. "Mais qu'en est-il après l'école ? Voldemort n'aurait-il pas trouvé une utilité à cette information ? Papa s'attendait à ce que quelque chose se passe, mais ce n'est jamais arrivé. Pas avant la fin."
Rogue prit finalement une gorgée de son thé, mais cela ressemblait plus à un effort afin de se donner du temps pour penser, qu'à un vrai besoin d'hydratation. draco voulait lui arracher la tasse des mains et exiger une réponse, mais il se contint, sachant que si Harry arrivait à rester calme, alors il le pouvait aussi.
Enfin, le professeur Rogue prit la parole. Il ouvrit la bouche et parla pendant un long moment. Tout le monde prêta attention à ses propos et personne ne l'interrompit.
"On apprend à garder des informations en main, quand on a affaire au Seigneur des Ténèbres", commença-t-il. "La connaissance était la seule monnaie qui permettait de se protéger contre ses caprices les plus violents, et on ne savait jamais quand le besoin de protection se ferait sentir." Rogue se caressa délicatement le menton avant de poursuivre.
"Lorsque j'ai pris la Marque des Ténèbres, il n'y avait que peu de Mangemorts en service pour exiger un "cadeau" de quelque nature que ce soit, c'est pourquoi les informations que j'avais glanées à partir de mes observations sur votre père et d'autres personnes n'ont pas été échangées. J'ai appris à anticiper son tempérament avec précision, et j'ai pu détourner des répercussions non désirées en abandonnant des informations de manière désinvolte, gagnant ainsi le statut de source de renseignements fiable dans ses rangs".
Draco vit Rogue regarder par la fenêtre, évitant le regard des autres.
"La peur, je l'ai rapidement découvert, est une motivation incroyable", poursuivit-il, "et j'ai très vite réalisé que j'avais fait une terrible erreur. Mais bien sûr, il était beaucoup trop tard pour revenir en arrière".
Rogue se frottait l'avant-bras gauche et, pour draco, cela semblait être un geste inconscient, que le professeur serait sans doute mortifié d'apprendre qu'il l'avait fait. Rogue tourna son regard vers Harry, et ses yeux avaient l'air noirs et sans vie, comme ceux d'un requin.
"Dans ma colère de jeunesse, j'ai cherché à m'aligner sur la plus grande puissance, celle qui frapperait ceux que je détestais, sans scrupules. Lorsque j'ai pris conscience de mon erreur catastrophique, j'ai blâmé Black pour ma situation, tout comme je l'avais blâmé tout au long de ma vie scolaire, pour les choses que je ne pouvais pas contrôler. Black était celui que je détestais le plus". Rogue ricana, "avec ses manières arrogantes et son manque de loyauté. Tourner le dos à une famille aussi prestigieuse que la sienne était quelque chose que je ne pouvais pas comprendre. Son droit d'aînesse aurait été respecté grâce à la Maison de Serpentard, mais il affichait à chaque fois ses allégeances à Gryffondor, s'isolant de plus en plus, ne montrant aucun respect pour les choses à sa portée. Celles pour lesquelles j'aurais tué, mais qu'il a rejetées par vanité."
Draco pouvait voir à quel point Rogue était en colère, mais il restait confus. Il savait que Rogue détestait Sirius Black, mais il avait toujours pensé que sa vraie fureur était pour le père de Harry. Pourtant, Rogue disait le contraire. Y avait-il encore d'autres secrets dans cette histoire ? Ne seraient-elles jamais découvertes ?
Harry ne réagit pas du tout à l'effusion. Il resta simplement assis là, absorbant tout, mesurant peut-être la vérité des mots à sa manière.
"Je détestais votre père par défaut", déclara le professeur sans émotion. "J'avais essayé de me lier d'amitié avec lui au cours de notre première année d'école et il m'a tourné le dos en faveur de Black".
Effrayant, pensa draco. Tout comme moi avec Harry et Ron Weasley.
"Il n'y a pas de place pour la persécution", murmura Rogue, momentanément vulnérable. "Votre père et ses amis ont fait de ma vie un enfer pendant sept ans, et quand j'ai vu une opportunité de riposter, je l'ai saisie. Je ne suis pas fier de mes actions, mais je n'ai pas à m'excuser".
Ce seul commentaire, plus que tout autre, fit comprendre à Draco qu'il n'y aurait jamais de cessation complète des hostilités entre Harry et Severus Rogue. Il avait tenu bon avec le père de Harry et Sirius Black, et il y avait autant de reproches à leur égard qu'envers lui-même. Mais l'affirmation selon laquelle aucune excuse ne serait adressée à Harry pendant les années où il avait été le bouc émissaire du professeur, pour des événements échappant à son contrôle, était la seule chose qui les empêcherait de devenir autre chose que des ennemis passifs. Draco ressentit une légère détresse face à cette prise de conscience, mais l'enterra pour y réfléchir un autre jour.
L'air dans la pièce semblait différent et Draco regarda Harry et Rogue se détendre sur leur chaise, sachant que le moment était passé. Au moins, il n'y avait pas eu d'effusion de sang ou de membres cassés, se dit-il. Oui, tout bien considéré, cela aurait pu être bien pire.
Draco avait beaucoup de choses à analyser. Il n'avait jamais douté un seul instant de l'affirmation de Harry selon laquelle il pouvait "voir" ses parents à travers leurs baguettes, mais les preuves étaient vraiment sans équivoque, désormais. Il était heureux d'avoir joué un rôle, aussi minime soit-il, dans la réunification de Harry avec sa famille, sachant à quel point ce lien le réconforterait.
Le silence dans la pièce finit par devenir oppressant, et Draco ne peut plus se retenir. Il devait faire quelque chose. Penché en avant, il prit l'assiette d'encas et demanda joyeusement : "Un sandwich?"
~oOo~
Après que tout le monde eut pris son déjeuner, le professeur McGonagall insista pour faire visiter à Harry la nouvelle tour de la Défense Contre les Force du Mal. Cette dernière avait été rendue possible grâce à une subvention du ministère et la directrice en était vraiment fière. Draco et le professeur Rogue restèrent derrière, rattrapant les nouvelles familiales et discutant de politique, comme ils avaient l'habitude de le faire.
Draco était presque gêné de se rappeler les rêves qu'il avait nourris pendant son adolescence. Lorsque les problèmes avec son père étaient à leur apogée, il avait souvent souhaité que le professeur vienne à la rescousse de sa mère pour lui changer les idées, la protéger, l'aimer et lui donner les choses qu'elle méritait. Il grimaça en y repensant maintenant, réalisant à quel point ils étaient incompatibles. Il était heureux de n'avoir jamais partagé ses espoirs avec Rogue. Il savait que l'homme se serait moqué de lui.
Leur conversation repartit finalement sur l'école, et Draco ne put s'empêcher de poser une question qui le rongeait depuis un certain temps.
"Après la guerre, pourquoi n'avez-vous pas pris le poste de DCFM ? Vous l'avez toujours voulu."
Rogue rit doucement, secouant la tête de manière désapprobatrice. "Ce n'est pas parce que la malédiction du Seigneur des Ténèbres est levée que le poste n'est pas soumis à d'autres formes de malédiction."
Draco fronça les sourcils. Il n'avait aucune idée de ce que l'homme racontait.
"Dois-je vous l'expliquer clairement ?"
Draco haussa les épaules en guise d'excuses.
"Il est clair," poursuit-il sur un ton condescendant, "qu'il n'y a qu'une seule personne à qui ce poste est destiné, et que tout directeur de cet établissement mettrait rapidement à la retraite le titulaire du poste pour avoir une chance de remporter le prix ultime."
"Vous parlez d'Harry", dit Draco, en regardant Rogue hocher la tête en accord. "Mais Harry ne veut pas être professeur", ajouta-t-il, essayant d'écarter les implications de la petite promenade de son bien-aimé avec le professeur McGonagall. "Et je ne veux pas vivre à Poudlard", poursuivit-il, sentant une forte détermination sur le sujet se former dans son esprit. "Je veux vivre dans le confort, au manoir, pas dans une pièce miteuse et riquiqui d'un château plein de monstres boutonneux et pubères." Oui, Draco pourrait vraiment s'énerver à cette idée s'il se laissait aller.
Rogue sourit. "Bienvenue dans ma vie", dit-il, en offrant un courtois hochement de la tête.
"C'est peu probable", s'exclama Draco, coupé dans toutes réflexions sur le sujet par le retour de Harry et du professeur McGonagall.
Bien sûr, après la pensée troublante du professeur Rogue, le départ éventuel prit une signification différente pour Draco. Comme Harry avait promis à la directrice qu'il reviendrait bientôt, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter du fait que cela pourrait signifier quelque chose de bien plus qu'une simple visite de courtoisie et que Harry pensait déjà à sa nouvelle carrière. Le pire, c'est que Draco savait que Harry serait non seulement un brillant professeur, mais qu'il adorerait travailler avec les enfants. Il ne pouvait rien imaginer de pire, mais il savait que si nécessaire, qu'il partagerait son temps entre Londres et Poudlard.
Alors qu'ils s'éloignaient de l'école pour rentrer à l'appartement de Harry, Draco se retourna pour faire un dernier adieu à son ancien directeur de maison. Rogue se tenait sur les marches, souriant d'une oreille à l'autre, agitant la main dans ce qui était sans doute le geste le plus sarcastique que Draco ait jamais vu. Résistant à l'envie de lui renvoyer une version à un doigt de la sienne, Draco réussit à faire un bref signe de tête, et murmura "Partons d'ici", poussant un soupir de soulagement lorsqu'ils passèrent la frontière et transplanèrent.
~oOo~
Ils ne mirent pas longtemps à se changer, mais quand Draco et Harry arrivèrent chez Vince et Pansy, il y avait déjà un rassemblement important et le niveau de bruit passait de moyen à élevé. Ils réussirent à envoyer un «bonjour» volant à Pansy, qui faisait le tour de la place, ressemblant à une Molly Weasley hystérique et Draco fronça les sourcils face à son comportement, mais laissa tomber quand Vince haussa les épaules dans sa direction.
Il était amusé de noter qu'Harry se dirigeait vers Blaise, qui était présent avec une femme d'origine inconnue et d'aspect plutôt chevalin. Draco les regarda de loin exécuter leur propre version du "bonjour" masculin, souriant d'un air narquois à la façon dont Blaise essayait vraiment d'être «gay» en ce qui concernait les baisers de bienvenue, mais échouant misérablement quand il s'agissait de la subtile oeillade d'évaluation sur la tenue vestimentaire d'une personne. Ou peut-être que c'était juste Harry qui distrayait Blaise. Draco devait s'avouer à lui-même que Harry était le modèle de tous les pédés hétéros, et s'il n'était pas totalement gay, il aurait eu lui-même du mal à repérer la préférence sexuelle de Harry.
En se détournant pour aller leur chercher à boire, Draco tomba sur un Theo Nott à l'air très énervé et il finit par trouver un pan de mur vide contre lequel Theo put s'appuyer. Il s'avéra que la femme de Théo venait de le quitter. Pour une autre femme. Dire que son ancien camarade de classe traversait une crise de confiance personnelle était l'euphémisme du siècle, et Draco se sentit obligé de lui remonter le moral avec quelques récits enthousiastes.
Deux coupes de champagne plus tard, Draco se retrouva dans la position délicate de tenter d'expliquer à son copain plus qu'imbibé où se situait exactement le clitoris, et que oui, le sexe oral était non seulement possible, mais surtout conseillé si l'on voulait rester dans un état de bonheur matrimonial. C'est dans des moments comme celui-ci que Draco était heureux d'avoir lu les magazines "Magic!" de Pansy dans la salle commune de Serpentard. Non seulement c'est là qu'il avait appris tous les détails sanglants sur l'anatomie féminine, mais c'était aussi la source de la plus grande page d'agonie jamais connue de l'humanité sorcière. Draco pensa qu'il pouvait être utile de raconter certaines des lettres à Théo, dans l'espoir de montrer à son ami qu'il n'était pas seul dans son incompréhension. Cependant, tout ce qu'il réussit vraiment à faire, c'est de bouleverser l'homme au point qu'il sanglote sans contrôle, à peine capable de verbaliser son malheur que même un suceur de bite né comme Draco comprenne mieux les mystères de la femme que le pauvre Théo, un hétéro, ne le ferait jamais. Oh, merde. Où diable était Blaise quand on avait besoin de lui ? C'était bien plus son domaine.
Faisant bon usage de son éventuelle évasion, Draco alla chercher une bière dans le réfrigérateur pour Harry et partit à sa recherche. Le pauvre avait été acculé dans la salle à manger déserte par M. et Mme Bulstrode, les parents terriblement rigides et très ouvertement de droite, de Millicent. En s'approchant, Draco pouvait distinguer l'apparence calme de Harry, et en avançant encore, il put voir qu'il ne s'agissait que d'une façade et qu'il faisait de son mieux pour s'échapper. Lorsque draco se plaça à ses côtés et présenta à Harry sa bouteille de bière, il fut presque terrassé par le baiser bruyant et négligé de Harry sur sa bouche. Cette démonstration d'affection provoqua de forts haut-le-coeur de la part de monsieur Bulstrode qui amena sa femme outrée, en marmonnant une sorte d'absurdité sur les péchés commis contre Merlin.
"Merci", murmura Harry entre des petits baisers sur son visage. "Tu es mon héros", ajouta-t-il, en agrippant les fesses de Draco. Ce dernier soupira langoureusement. "Et ne l'oublie pas. Je pense que tu me dois une fière chandelle pour t'avoir sauvé d'un sort pire que les cheveux roux."
"Draco !" s'écria Harry, sous le choc. "Il se trouve que j'aime les cheveux roux."
"Ah, eh bien", répondit Draco en souriant. "Il y a toujours de la place dans le monde pour une perversion de plus, si tu veux mon avis."
Harry grogna, mi-amusé, mi-agacé. "Tu t'amuses bien ?" demanda-t-il, en enroulant ses bras autour de Draco et en serrant fort pendant une seconde ou deux.
"Merveilleusement", dit-il, en fronçant les sourcils alors qu'il se penchait pour voler un baiser rapide. "Pouvons-nous bientôt rentrer à la maison ?" demanda-t-il, en agitant les sourcils de manière suggestive. "J'aimerais apprendre à utiliser cet appareil photo", ronronna Draco, regardant avec un intérêt certain le rougissement soudain des joues de Harry.
"Non", lui dit Harry avec sévérité, le repoussant. "Tu aimes tellement te mêler aux autres ? Alors, vas-y et continue."
Draco laissa Harry le pousser hors de la pièce et le ramener vers le point culminant de la fête. Ils se séparèrent à nouveau, et Draco partit à la recherche de Pansy. Ce qu'il vit lorsqu'il la trouva enfin fut inquiétant. Elle semblait en proie à une sorte de folie, et la tension faisait littéralement vibrer l'air autour d'elle alors qu'elle se faufilait d'un groupe d'invités à l'autre, aboyant un rire aigu et cassant à des moments inappropriés de la discussion, le son rappelant celui d'un grattoir de métal.
Il fallut plusieurs tentatives à Draco pour la tirer sur le côté afin d'avoir une conversation correcte, car elle résista à ses astuces pendant un certain temps. Finalement, il la traîna dans les toilettes du rez-de-chaussée et verrouilla la porte, se penchant en arrière pour lui barrer la route. Elle avait l'air pathétique et perdue alors qu'elle se tenait devant lui, se tordant les mains et semblant paniquée, comme un Fléreur maltraité.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?" Interroge-t-il avec fermeté, décidant qu'une position autoritaire serait plus adaptée dans son état actuel.
"Rien", s'exclama-t-elle un peu trop vivement pour que cela soit crédible.
"J'ai peut-être été inattentif dernièrement, mais je ne suis pas stupide", dit-il, en la regardant promener ses yeux dans la petite pièce, cherchant peut-être un moyen de s'échapper. Elle ne répondit pas, alors il s'avança et lui serra doucement le haut des bras. Elle haleta lorsqu'il la toucha, puis les larmes lui montèrent aux yeux et elle combattit visiblement l'envie d'y succomber. Il la secoua légèrement, affectueusement et murmura son nom en la serrant dans ses bras.
Elle le laissa faire, restant sans bouger dans son étreinte. Alors qu'il regardait le sommet de sa tête, Draco prit désagréablement conscience qu'à un moment donné, il avait cessé de s'occuper de ses amis. Il l'avait toujours fait à l'école. Cela faisait partie de son rôle de leader dans sa maison. Mais avec ce pouvoir venait la responsabilité et Draco ne s'y était jamais dérobé à l'époque. Maintenant, il devait se demander s'il n'était pas devenu trop accaparé par Harry pour remarquer ce qui se passait autour de lui.
"Parle-moi", chuchota-t-il, en la berçant lentement et en lui caressant les cheveux d'une main douce. Il sentit les spasmes de sa poitrine exprimer sa détresse. Au bout d'un moment, sa petite voix se mit à gémir :
"Il va me quitter."
"Quoi ?" s'exclama-t-il, totalement incapable d'en croire ses oreilles. Vince et Pansy étaient proches. Leur relation était forte ; elle l'avait toujours été. Ils étaient un couple pour la vie, c'est ce qu'avait constamment pensé Draco. Leur constance était une chose qu'il avait toujours considérée comme acquise. Elle avait été au centre de son cercle d'amis. Vince et Pansy étaient le port fiable, robuste et attentionné dans n'importe quelle tempête, et il était tout simplement impensable qu'ils aient des ennuis. "Je n'y crois pas", dit-il. "Je n'y crois pas."
Elle s'éloigna et attrapa le rouleau de papier toilette, froissa une petite boule et la tamponna inefficacement sur ses yeux à peine humides.
"Eh bien, tu ferais mieux d'y croire", dit-elle, en ce pinçant la lèvre avec ses doigts.
"Quand est-ce arrivé ?" demanda Draco, luttant pour se faire à l'idée de ce qu'il entendait.
"La semaine dernière. Le mois dernier. Aujourd'hui", déclara-t-elle. "Putain, qui sait ?" Il la regarda, alarmé, se frotter sévèrement le visage, traçant des trainées rouges sur ses joues avec ses ongles.
"Arrête, Pans", supplia-t-il, en lui prenant les mains. "Ce que je veux dire c'est, qu'est-ce qu'il a dit ? Comment est-ce arrivé ?" Il se retourna et baissa le siège des toilettes, incitant Pansy à s'asseoir. Il s'agenouilla sur le sol devant elle alors qu'elle regardait sur ses genoux, son visage couvert de taches roses et rouges.
Elle poussa un grand soupir avant de marmonner : "Eh bien, il ne l'a pas vraiment dit, mais il n'a pas besoin de le faire". Le ton de sa voix s'éleva pendant qu'elle parlait, et lorsqu'elle finit sa phrase, elle était de nouveau perçante et nerveuse.
Draco était confus. Cela n'avait aucun sens ! Il ne savait pas quoi dire. Il avait besoin de temps pour réfléchir.
"Les choses ont été affreuses pendant plusieurs mois", sanglota-t-elle, les larmes coulant et tombant enfin librement. "On se parle à peine, et il ne me touche plus. Je sais qu'il ne m'aime pas ! Il pense que je suis inutile !"
"Pans, Pans", réconforta-t-il. "Il t'aime vraiment. Ces deux dernières années ont été dures pour vous deux, et vous êtes juste fatigués, c'est tout", dit-il, et il y croyait.
"Non !" s'écria-t-elle, en appuyant sa tête sur son épaule et en le laissant la tenir à nouveau. "Je ne peux plus rien faire de bien. Même cette fête est un désastre."
Il lui embrassa la tête et secoua la sienne lentement. "C'est une fête merveilleuse, ma chérie. Comme toujours. Tu es trop dure avec toi-même." Il tendit la main pour avoir plus de papier et l'encouragea à se moucher. Cela lui rappelait l'école, quand il était resté assis la moitié de la nuit dans la salle commune, à l'écouter pleurer sur sa famille, et les moments sombres qui l'attendaient. Ils avaient tous eu peur, mais ce temps était révolu depuis longtemps et maintenant, ils devraient tous tirer le meilleur parti de leur vie.
"Quand vous êtes-vous parlé sincèrement pour la dernière fois ?" demande-t-il gentiment, devinant la réponse avant même qu'elle ne la donne.
"Pas depuis la dernière fois que je suis allée à l'hôpital", s'étouffa-t-elle, les sanglots dans sa poitrine hachant ses mots.
Draco soupira. Vince n'avait jamais été très doué pour les émotions. Cela avait toujours été le domaine de Pansy. «Alors, je pense que c'est la première chose à faire lorsque les derniers invités seront partis», dit-t-il, offrant un petit sourire rassurant. «Il serait perdu sans toi, tu sais. Et te serais perdue sans lui aussi. " C'était vrai. Vince et Pansy avaient atteint une symbiose qui faisait presque douter qu'ils soient deux personnes distinctes. Ils formaient un tout. Quand vous en aviez un, vous aviez l'autre, que vous le vouliez ou non. C'était comme ça.
Prenant le contrôle de la situation, Draco dit à Pansy de rester où elle était, mais de ne pas fermer la porte à clé après lui. Elle s'exécuta sans poser de questions et il alla chercher d'Harry, lui expliquant le fond du problème avant de l'envoyer tenir compagnie à Pansy.
Cela fait, il partit à la recherche de Vince.
Vince se tenait dehors dans le froid, regardant l'horizon, même s'il faisait nuit, et qu'il y avait peu de choses à voir. Draco lui parla aussi, bien qu'il y ait eu moins de larmes et moins de paroles de sa part. Mais Draco connaissait suffisamment bien son ami pour voir les fissures à la surface, et pour établir un parallèle avec les inquiétudes de Pansy. Il informa Vince de ses plans, sans lui demander la permission. Draco se fixa un délai. Il allait faire sortir les invités de la maison dans l'heure qui suivait, en ne suscitant absolument aucun soupçon. La dernière chose dont ses amis avaient besoin était une attention non désirée de la part de tout le monde. Se sentant moins concerné par le bien-être imminent de Vince que par celui de Pansy, Draco le laissa là et se mit à la tâche.
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Lorsque le moment fut venu, faire asseoir Vince et Pansy pour qu'ils se parlent fut l'une des expériences les plus difficiles et les plus pénibles de la vie de Draco. Cela semblait mélodramatique de le dire, mais cette relation lui tenait à coeur. Elle était authentique là où celle de ses parents ne l'était que rarement. Il savait des choses sur eux deux ; des petits secrets et des souvenirs embarrassants partagés entre eux et il réalisa la valeur de l'amitié en cette fraction de seconde, plus qu'à tout autre moment de sa vie. Il comprit également à quel point la paix était fragile, et ses propres nerfs se mirent en boule à l'idée de se retrouver dans la même situation avec Harry à propos de quoi que ce soit.
Finalement, pour briser la gêne, Harry prit la parole. Il parla de choses apparemment sans importance au début, puis il suivit un chemin sinueux vers des domaines plus sensibles, en intégrant Vince et Pansy dans son histoire. Harry leur raconta ce que la famille représentait pour lui et combien Draco avait changé sa façon de vivre. Harry expliqua qu'il était une meilleure personne parce qu'il avait Draco à ses côtés et l'amour qu'il reçut lorsqu'il tourna son regard serein sur lui apporta une vague de satisfaction dans le cœur de Draco.
Étonnamment, c'est Vince qui parla le premier. Les mots étaient guindés et hésitants au début, et il eut du mal à se faire comprendre. Mais il eut le mérite de s'y tenir et, bien vite, des excuses murmurées et des déclarations d'amour éternel furent entendues. Des larmes coulèrent et des promesses dites à nouveau, alors que Vince et Pansy reconstituaient leur vie, surmontant la dévastation de leurs pertes pour construire une nouvelle base pour leur avenir.
Harry et Draco s'éclipsèrent au bout d'un moment, convaincus que leurs rôles étaient finis. Quelle chance Draco avait d'avoir Harry. Il se jura en silence de ne jamais le prendre pour acquis et de parler lorsqu'il le faudrait, plutôt que de laisser les blessures s'envenimer jusqu'à ce qu'elles soient douloureuses et trop importantes à traiter.
Ce n'est que lorsqu'ils sortirent de la cheminée dans le couloir de Harry que Draco commença à trembler. Ce qu'il croyait être un frisson momentané se développa jusqu'à ce que ses dents se mettent à claquer. Il ne pouvait pas s'arrêter ! Il était envahi de peur et d'une terrible nécessité de connaître Harry, de le garder près de lui, d'imprimer chaque partie de lui-même sur son corps afin qu'ils ne soient plus deux personnes séparées, mais deux moitiés qui formaient un tout parfait.
L'inquiétude se lisait sur le visage d'Harry qui s'approchait et tenait Draco dans ses bras, le regardant profondément dans les yeux, cherchant la cause de cette douleur et le remède. Harry se pencha et l'embrassa et ce n'était rien de plus qu'une tendre pression des lèvres, rien de plus que cela. Mais le contact brisa quelque chose à l'intérieur de Draco. Il sentit le besoin alarmant, consumant, de se déchainer et il claqua sa bouche contre celle d'Harry, forçant ses lèvres à s'écarter dans une frénésie et enfonçant sa langue entre la barrière de ses dents. L'explosion emporta également ce dernier, et leurs mains s'accrochèrent l'une l'autre, détruisant les fermoirs et les boutonnières dans leur course fiévreuse à la recherche de peau nue.
Les dents d'Harry abîmèrent la lèvre de Draco, et il y eut soudain un goût métallique et prononcé de sang dans sa bouche, mais Harry l'embrassa encore plus fort, aspirant le liquide alors même qu'il enfonçait vicieusement ses doigts dans le dos de Draco.
Dans leur hâte d'enlever leurs chaussures, ils trébuchèrent, et Harry perdit l'équilibre, n'évitant une lourde chute que grâce à la main de Draco. draco passa une fraction de seconde à regarder Harry, sa poitrine nue et les égratignures roses livides qu'il avait dû lui infliger à un moment donné, avant qu'il ne tombe sur lui et ne le cloue au sol, sa force physique étant multipliée par sa faim de lui. Draco enfonça ses dents dans l'épaule de Harry, mordant pour marquer et non pour jouer. Ses mains se déplaçaient avec insouciance sur son torse, alternant griffures puis caresses. Mais lorsqu'il arriva au pantalon de Harry, Draco ne pensa plus qu'à baiser. Il déchira littéralement le vêtement jusqu'à mi-cuisse et lutta avec le sien, se déshabillant qu'une seule fois avant de chevaucher à nouveau le corps de Harry, dans l'intention de forcer son érection en lui sans préparation ni lubrifiant. Draco était déséquilibré dans ces moments-là, ne se souciant que de prendre Harry en lui et de le posséder.
Le halètement paniqué de Harry ramena Draco au moment présent, bien qu'il n'ait été absent que pendant une fraction de seconde. Du lubrifiant se répandait sur le sol à côté d'eux, et la main d'Harry se frottait brutalement contre sa hanche, le forçant à se relever pour s'adapter à la violente et merveilleuse poussée de deux doigts dans son corps. Draco inclina sa tête en arrière et cria, faisant travailler ses hanches sur la main de Harry parce que celui-ci n'était pas assez rapide. Il tapa dans la flaque d'huile, envoyant des éclaboussures du liquide partout, mais sans s'en soucier. Draco tourna le haut de son corps jusqu'à ce qu'il puisse saisir la bite de Harry avec ses doigts glissants, et il fit un effort superficiel pour mettre du lubrifiant dessus avant de retirer la main de Harry et de s'empaler d'un coup sec.
Leurs cris résonnèrent dans le couloir, mais ils n'étaient pas aussi forts que le rugissement de la brûlure à l'intérieur de Draco. Ça lui faisait mal, mais c'était bon. La douleur dans son corps était précise et c'était comme une drogue. Il en avait tellement besoin. Besoin de se laisser une cicatrice d'Harry, de faire une marque indélébile, un rappel constant de ce qu'ils ils commencèrent à bouger, ce n'était pas joli. Ou gracieux, ou coordonné, ou même une manifestation d'amour, d'ailleurs. Mais pour Draco, c'était vrai. Il frappa son corps contre Harry, sentant le frottement de son trou et la bite de son amant faire quelque chose de parfait et de beau pour eux deux. Il serra les dents et regarda Harry, rouge, en sueur et tendu d'un désir insatiable, hurlant son excitation alors que Draco le baisait fort.
Harry lui attrapa les fesses, forçant ses hanches à rester immobiles pour qu'il puisse pousser vers le haut, prenant, d'une certaine manière les choses en mains au milieu de leur perte totale de contrôle. Ils se battirent pour le droit de faire du bien à l'autre, utilisant leur agressivité refoulée et leurs peurs pour décrire par des actions les mots qu'ils ne pouvaient pas dire.
Le plaisir était presque insupportable et Draco grogna sa libération imminente, alors même qu'Harry gémissait en retour, bien au-delà de toutes pensées cohérentes, ou des jouirent presque en même temps et avec leurs orgasmes vint une lassitude profonde; un épuisement corporel complet qui mettait en évidence la férocité de leur accouplement. Cela aurait été surprenant si ça avait duré plus de deux minutes.
Draco tomba presque au sol à côté d'Harry, chaque muscle de son corps réclamait de l'oxygène.
Ils se soulevèrent et haletèrent bruyamment, sans se regarder. Mais quand la main de Harry toucha la sienne, Draco la serra de toutes ses forces, sachant que leur partage explosif était à la fois compris et nécessaire pour Harry, tout autant que lui-même en avait eu envie.
Allongé là, se rétablissant aussi bien physiquement et psychologiquement, Draco savait que Harry et lui avaient partagé quelque chose de primitif, un instinct si bas qu'il n'y avait pas de mot pour cela dans son vocabulaire. Son être entier vibrait de vie, et celle-ci n'était pas seulement sienne, mais également celle d'Harry. C'était un moment spécial et il le savoura, fixant le haut plafond et sentant la pression froide du sol de pierre contre son dos nu. Il ne pouvait pas bouger. Ne le voulait pas. Il voulait juste rester là, à côté de Harry.
Cette pensée résumait tout dans les termes les plus simples.
~oOo~
Ils s'assirent à la table de la cuisine, se réchauffant les mains sur les tasses de chocolat chaud qu'Harry avait préparées. Il y avait de la crème fouettée et des petites guimauves blanches sur le dessus et Draco regarda une traînée de chantilly fondante coulée sur le côté de son mug, égaré dans ses pensées, heureux car Harry était son ancre et il ne pourrait jamais être vraiment perdu parce qu'il y avait toujours un moyen de revenir vers lui.«Avec ta permission,» commença nerveusement Harry, «j'aimerais parler à Hermione de Vince et Pansy. Je pense qu'elle pourrait les aider.» Il restait beaucoup de non-dits, mais Draco savait instinctivement à quel problème Harry faisait vraiment référence.«Ce n'est pas de ma permission que tu as besoin,» répondit-il, avançant un bras et saisissant la main tendue de Harry. Ils les posèrent sur la table et Harry frotta doucement son pouce sur la peau douce près des jointures de Draco. "Mais je pense que c'est une bonne idée." "Je vais leur envoyer un hibou demain, alors," répondit Harry, hochant lentement la tête pour lui-même. Draco secoua la sienne. «Certaines choses sont mieux faites en personne, Harry. Ce n'est pas une situation de «lettre». »
«Tu as raison,» soupira-t-il. "Demain alors."
«Demain,» approuva Draco. «Nous le ferons ensemble.»
Ils se sourirent. Bien sûr, ils le feraient ensemble. Après tout, c'était ainsi que les choses étaient destinées à être dorénavant.
