Je ne possède aucun des personnages des livres
Sauron a mis en place un plan pour dominer Arda, mais la conquête et la soif de pouvoir n'est pas le seul but de sa quête, son esprit est encore rampli par des ténèbres qu'il cherche à effacer pour se prouver qu'il peut être plus qu'un simple serviteur dévoué à un Valar déchu.
En espérant que cela vous plaise !
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Les ténèbres de Sauron
Sauron, l'ancien Maia de Aulë, le seigneur des anneaux et des ténèbres, contemplait depuis sa forteresse de Barad-dûr les vastes plaines du Mordor. Ses pensées, lourdes et profondes comme les ombres de la montagne du Destin, tournaient autour de deux obsessions : la domination totale d'Arda et une vengeance intime et brûlante contre celui qu'il avait autrefois servi, son maître, Morgoth.
Depuis qu'il avait façonné l'Anneau Unique, Sauron avait nourri une ambition inextinguible : soumettre chaque être vivant, chaque pensée libre, chaque souffle d'Arda à sa volonté. À l'époque où il avait été Mairon, un serviteur noble et talentueux de Aulë, il avait vu la beauté dans l'ordre et la perfection, mais ce n'était pas assez. La perfection devait être totale, absolue, et cette quête l'avait conduit à trahir son premier maître pour Melkor, le puissant Vala tombé dans les ténèbres.
Sous l'égide de Melkor, qu'il appela Morgoth en signe de dévotion, Sauron apprit à comprendre une autre facette du pouvoir : la peur. Là où Aulë façonnait et construisait avec amour, Morgoth écrasait et imposait. Pendant des siècles, Sauron fut le lieutenant parfait, conduisant les armées de Morgoth à des victoires dévastatrices, mais toujours dans l'ombre de son maître. Ce fut là que naquit une haine secrète, une rancune amère qui ne cessa jamais de croître.
Car Morgoth n'était pas seulement un maître. Il était un tyran, un être brutal dont la colère ne connaissait pas de limites. Sauron, bien qu'il ait servi avec zèle, ne pouvait échapper aux moments où Morgoth estimait que ses efforts étaient insuffisants ou ses échecs intolérables. Lorsque cela arrivait, le Vala déchu ne se contentait pas d'une réprimande : il infligeait des punitions qui dépassaient l'entendement.
Sauron se souvenait des hurlements déchirants qui résonnaient dans les grandes salles obscures d'Angband lorsque Morgoth l'appelait pour le punir. Les tortures qu'il avait endurées n'étaient pas simplement physiques ; elles étaient conçues pour briser son esprit, pour lui rappeler qu'il n'était rien d'autre qu'un outil entre les mains du Vala déchu. Morgoth, dans sa cruauté sans bornes, utilisait des flammes si intenses qu'elles faisaient hurler même les esprits immortels. Sauron avait senti son essence elle-même se disloquer sous la chaleur infernale, des morceaux de son être arrachés et réduits en cendres avant d'être douloureusement reformés par la seule volonté de Morgoth.
Toutefois, cela ne s'arrêtait pas là. Morgoth aimait manipuler son esprit autant que son corps. Il enfermait Sauron dans des illusions terrifiantes, des visions interminables de son propre échec ou de sa destruction, le forçant à revivre encore et encore ses défaites. Dans ces visions, Morgoth riait de lui, le rabaissant, lui faisant croire qu'il n'était qu'un être insignifiant, un pantin incapable de réussir par lui-même. Lorsqu'il n'était pas plongé dans ces cauchemars, Sauron était suspendu, littéralement écartelé entre des chaînes forgées à partir de la volonté même de Morgoth, tandis que des créatures de l'ombre le dévoraient, morceau par morceau, avant qu'il ne soit reconstruit dans une agonie insupportable.
Le plus cruel, peut-être, était que Morgoth ne le laissait jamais mourir. Chaque fois que le corps de Sauron était brisé, chaque fois que son essence touchait le bord du néant, Morgoth intervenait pour le soigner, reforgeant son esprit et son être pour continuer la torture. Ce cycle, où la douleur se mêlait à une fausse clémence, était une humiliation absolue pour Sauron. Il n'était pas seulement un serviteur ; il était un jouet, une marionnette entre les mains de ce maître impitoyable. Ces tortures atroces n'étaient pas le simple fruit d'une colère passagère : elles étaient préméditées, méthodiques. Morgoth voyait dans Sauron un outil précieux, mais aussi une chose qu'il fallait broyer pour la rendre encore plus obéissante. Parfois, il murmurait à Sauron des paroles venimeuses pendant ces sessions de souffrance :
- Tu n'es rien sans moi, Mairon. Tu es né pour servir et tu mourras en servant.
Ces mots résonnaient encore dans l'esprit de Sauron, longtemps après la chute de Morgoth. Chaque cicatrice invisible de ces supplices alimentait un feu sombre en lui, une haine qui ne pouvait jamais s'éteindre. Sauron méprisait Morgoth avec une intensité presque égale à son ancien respect. Malgré sa domination, le Vala déchu était impulsif, colérique, incapable de voir au-delà de son propre ego. Sauron détestait cet aspect de Morgoth : une faiblesse qu'il considérait comme indigne d'un être aussi puissant. Cette haine fut scellée lorsque les Valar enfermèrent Morgoth dans le Vide. Sauron, privé de son maître et de son bourreau, décida de poursuivre seul l'œuvre de domination, mais à sa manière : il ne serait pas seulement un seigneur des ténèbres, il serait un architecte du monde. Son règne ne serait pas basé sur la simple terreur, mais sur la soumission absolue de la volonté des autres à la sienne.
Ainsi naquit son plan. En forgeant l'Anneau Unique, il cherchait non seulement à contrôler les races libres, mais aussi à surpasser Morgoth dans la perfection du mal : là où Morgoth avait semé le chaos, Sauron voulait une domination ordonnée, froide, inébranlable. Cependant, pour atteindre ce but, il devait aussi affronter un ennemi intime : l'ombre de Morgoth lui-même. Bien que banni, le souvenir de Morgoth pesait sur Sauron comme une chaîne invisible. Melkor était plus qu'un maître, il était un bourreau, une force qui avait forgé les ambitions et les douleurs de son serviteur. Sauron se souvenait des humiliations, des moments où Morgoth avait écrasé ses propres idées sous son talon noir, de l'arrogance du Vala qui ne voyait en lui qu'un outil. Ces souvenirs nourrissaient une haine profonde, presque viscérale, contre celui qui avait été à la fois un mentor et un obstacle.
Sauron rêvait de surpasser Morgoth, de prouver que, malgré sa chute, il pouvait être plus grand que lui. Là où Morgoth avait échoué à corrompre entièrement les Elfes, Sauron voulait les plier. Là où Morgoth avait créé des créatures monstrueuses comme les Balrogs et les Dragons, Sauron forgeait des stratégies subtiles, des mensonges si séduisants qu'ils feraient tomber les plus sages. Toutefois, la vengeance n'était pas simple. En cherchant à surpasser son ancien maître, Sauron se confrontait aussi à ses propres limites. L'Anneau Unique, bien qu'il fût un chef-d'œuvre, était aussi un aveu de faiblesse : Sauron ne pouvait pas atteindre une domination complète sans un catalyseur. Cette dépendance à un objet, aussi puissant soit-il, le hantait. Chaque fois qu'il pensait à Morgoth, il se demandait si son ancien maître aurait considéré cela comme une trahison de l'idéal absolu du pouvoir.
Alors que les plaines du Mordor s'étendaient devant lui, Sauron contemplait les deux directions de son ambition. La première était limpide : dominer Arda, effacer la lumière des Eldar, briser les Hommes et plonger le monde dans une ère de ténèbres où chaque créature ne vivrait que pour le servir. La seconde, plus subtile, était une revanche contre Morgoth lui-même, une manière de dire :
- Regarde ce que j'ai accompli sans toi. Là où tu as échoué, j'ai réussi.
Cependant, Sauron était hanté par une question qu'il ne pouvait jamais exprimer : si Morgoth avait été libéré du Vide et avait vu son œuvre, aurait-il été impressionné ? Ou aurait-il méprisé ce qu'il considérerait comme une imitation ? C'était là le paradoxe central de Sauron : tout en cherchant à se libérer de l'ombre de Morgoth, il restait prisonnier de son influence. Chaque victoire qu'il remportait, chaque plan qu'il élaborait, était en partie motivé par le besoin de prouver qu'il était supérieur à son maître.
Ainsi, dans le cœur de Sauron, brûlaient deux flammes : celle d'un désir insatiable pour le contrôle d'Arda et celle d'une vengeance silencieuse contre celui qui avait formé les ténèbres en lui. Ces deux flammes l'alimentaient, mais elles le consumaient aussi, car même les plus grands seigneurs des ténèbres ne peuvent échapper aux chaînes de leur passé.
Sauron, maintenant maître des ombres et seigneur de Barad-dûr, n'était plus l'innocent Mairon qui cherchait à façonner le monde avec l'édification des grandes œuvres d'Aulë. Dans les profondeurs de sa forteresse, il ne voyait plus que la fracture béante entre son ancien idéal et l'empire de terreur qu'il était devenu. L'Anneau Unique, sa création suprême, était à la fois un symbole de sa grandeur et de sa faiblesse. Il avait réussi là où Morgoth avait échoué, mais à quel prix ? Le pouvoir qu'il avait cherché à concentrer entre ses mains ne faisait que l'engloutir davantage, la dépendance à l'Anneau devenait plus évidente à chaque instant.
Dans ses moments de solitude, Sauron repensait aux années de servitude sous Morgoth. Il revivait les supplices infligés par son ancien maître, qui l'avait détruit puis reconstruit, sans jamais lui accorder de répit. Les tortures physiques avaient laissé des marques invisibles, mais ce qui le hantait le plus, c'était l'humiliation mentale, cette sensation d'avoir été une simple marionnette manipulée dans un jeu où il n'était qu'une pièce sacrificielle.
Les années où il était tombé aux pieds de Morgoth, suppliant pour un peu de reconnaissance, s'étendaient devant lui comme un gouffre sans fin. À chaque échec, Morgoth l'humiliait davantage. Il se souvenait de l'instant où le Vala, d'un simple geste de la main, l'avait jeté dans un abîme de feu et de foudre, le laissant se tordre de douleur avant de le relever, simplement pour répéter l'humiliation. La douleur n'était qu'un moyen pour Morgoth de l'asservir. C'était cette brutalité, cette absence totale de miséricorde, qui avait forgé en Sauron une rage indicible, une rage non seulement contre son maître, mais contre la faiblesse même de l'existence.
Pourtant, il ne pouvait nier la vérité qui se cachait derrière sa quête : son désir de surpasser Morgoth n'était pas simplement une volonté de pouvoir, mais une lutte pour se libérer de l'ombre de ce dernier. Dans les profondeurs de son esprit, une pensée persistait :
- Si je réussis, si je prends le contrôle d'Arda, alors je serai le maître absolu, et il ne pourra plus jamais me rabaisser.
Ainsi, dans les ténèbres de Barad-dûr, Sauron travaillait inlassablement. Son esprit était aiguisé comme une lame, une lame forgée dans la douleur et la souffrance. Il connaissait le prix du pouvoir. Chaque mouvement qu'il faisait, chaque décision, portait le fardeau de sa lutte contre le spectre de Morgoth. Chaque confrontation avec les peuples d'Arda était un pas vers sa domination, mais aussi un pas vers une vengeance qu'il ne pourrait jamais vraiment assouvir.
Les Elfes, les Hommes, les Nains, tous se battaient contre lui, pensant que la guerre qu'il menait était celle de la conquête, du chaos, mais pour Sauron, chaque victoire, chaque âme corrompue par l'Anneau était une petite revanche. Il n'était pas simplement en guerre contre les races d'Arda : il était en guerre contre un souvenir, contre la douleur de la servitude passée, contre la version déformée de lui-même que Morgoth avait façonnée. Il voulait effacer l'humiliation, effacer la peur, effacer l'influence de Morgoth sur son âme.
Il savait que ce n'était pas une quête simple. La vengeance était une illusion qui l'aveuglait. À chaque fois qu'il pensait avoir dépassé son ancien maître, il se retrouvait face à un reflet de lui-même : une version plus noire, plus déformée, plus tordue, mais pourtant toujours marquée par le même besoin de dominer et de contrôler.
Le paradoxe de Sauron, ce qui le dévorait intérieurement, était que, tout en cherchant à s'affirmer comme étant plus grand que Morgoth, il restait lié à lui par des chaînes invisibles. La seule véritable victoire qu'il espérait était celle qui effacerait les cicatrices de son passé, mais cette victoire ne venait jamais, car chaque nouvelle tentative le renvoyait toujours un peu plus loin dans les ténèbres, là où il n'avait plus de nom ni d'identités, seulement un désir inextinguible de devenir le seul maître de tout ce qui existait et pourtant, à chaque instant où il contemplait la terre stérile du Mordor, une autre question persistait en lui :
- Si Morgoth voyait cela, que dirait-il ?
Peut-être qu'il trouverait l'œuvre de Sauron insignifiante, une pâle imitation de ses propres ambitions. Peut-être, dans son arrogance, mépriserait-il cette domination ordonnée, cette illusion de contrôle, mais cela ne changeait rien, parce que Sauron savait qu'il n'était pas en quête de l'approbation de Morgoth. Non, ce qu'il recherchait, au fond, c'était une libération : celle de son esprit, de sa volonté, et peut-être, au fond de lui-même, de son âme. Les flammes de la vengeance, bien qu'elles le consument, continueraient à le nourrir, mais à chaque pas vers son objectif, à chaque souffle de pouvoir qu'il prenait, la vérité devenait plus claire : même dans ses victoires, il était encore l'esclave d'un ancien maître.
Alors qu'il retournait dans les sombres profondeurs de Barad-dûr, Sauron se demanda si son plan pour corrompre les Hommes, les Nains et les Elfes grâce à l'Anneau suffirait, car au-delà de la domination, il y avait toujours cette autre bataille, plus intime, qui se jouait en lui : celle de l'ancien serviteur cherchant à briser le joug d'un maître, non par la rébellion, mais en devenant quelque chose de plus grand, de plus terrible.
Ainsi, dans le cœur de Sauron, brûlaient deux flammes : celle d'un désir insatiable pour le contrôle d'Arda et celle d'une vengeance silencieuse contre celui qui avait façonné les ténèbres en lui. Ces deux flammes l'alimentaient, mais elles le consumaient aussi, car même les plus grands seigneurs des ténèbres ne peuvent échapper aux chaînes de leur passé.
