Amour et intrigues

Buck se tenait dans les écuries, s'affairant avec le matériel, rangeant les brosses et les seaux tout en repensant à sa conversation avec Eddie.

Un sourire doux se dessina sur ses lèvres alors qu'il se remémorait les mots tendres échangés entre eux. Depuis qu'Eddie avait avoué ses sentiments, un nouvel élan de bonheur avait envahi son cœur. Il se sentait aimé, chéri, et chaque baiser échangé surpassait le précédent en intensité et en passion.

Les souvenirs de leurs moments intimes le remplissaient de chaleur.

«Je t'aime, Buck.» avait murmuré Eddie, ses yeux brillants de sincérité et d'émotion.

C'était la première fois qu'ils échangeaient ces mots, et chaque répétition de cette phrase renforçait leur lien. Buck adorait ça, être amoureux et se sentir aimé en retour. Il savait qu'il était la personne la plus chanceuse du monde pour avoir trouvé quelqu'un qui l'acceptait entièrement pour ce qu'il était, au-delà des titres et des attentes sociales.

Eddie voyait en lui non seulement un amant mais aussi un compagnon de vie.

Les moments passés ensemble étaient précieux, et il chérissait chaque sourire, chaque rire, chaque regard complice. Buck appréciait non seulement la passion physique qui les unissait, mais aussi la profondeur émotionnelle de leur relation.

En repensant à leurs échanges, aux moments qu'ils avaient partagés et à la promesse implicite de rester ensemble, Buck se sentit envahi par un sentiment de paix et d'entièreté qu'il n'avait jamais connu auparavant.

Eddie n'était pas seulement un partenaire pour lui, il était son refuge, son ancre dans la tempête. Dans ses bras, il trouvait ce réconfort qu'il avait cherché toute sa vie, un apaisement qui dépassait les mots, qui comblait les vides laissés par un passé douloureux.

Et surtout, ce qui le bouleversait, c'était de savoir qu'Eddie voulait de lui à ses côtés de façon permanente. Cette certitude, cet amour sans conditions, était quelque chose de nouveau pour lui, quelque chose qu'il avait longtemps cru impossible pour lui.

L'abandon qu'il avait subi à l'âge de deux ans, laissé seul dans la neige par des parents qu'il n'avait jamais connus, avait laissé en lui des blessures profondes. Il avait grandi avec cette question lancinante : pourquoi avait-on choisi de l'abandonner ? Qu'y avait-il de si mauvais en lui pour mériter d'être laissé à une mort certaine ?

Même avec Bobby et Athena, qui avaient été des parents exceptionnels pour lui, cette douleur n'avait jamais vraiment disparu. Elle restait tapie dans l'ombre, l'accompagnant comme un spectre, toujours prête à ressurgir dans ses moments de doute.

Mais la présence d'Eddie changeait tout.

Avec lui, ces questions, ces pensées sombres, s'éloignaient, s'estompaient presque comme un mauvais rêve au réveil. Eddie l'aimait d'une manière inconditionnelle, sans jugement ni réserve, et cette certitude était pour lui une source de guérison.

Grâce à lui, il commençait enfin à croire qu'il était digne d'amour, qu'il n'était pas fondamentalement défectueux comme il l'avait toujours craint. L'amour qu'il lui portait lui donnait la force de se voir autrement, de se réconcilier avec son passé et de faire taire ces voix intérieures qui lui murmuraient qu'il ne méritait pas d'être aimé.

Dans ses bras, Buck trouvait non seulement de la sécurité, mais aussi une nouvelle confiance en lui-même. Il savait qu'il pouvait affronter ses démons, qu'il n'était plus seul face à ses peurs. Eddie était là, avec lui, pour lui, prêt à l'accepter dans toute sa complexité, ses failles et ses forces.

Et cela faisait toute la différence.

Alors qu'il rangeait le matériel, Buck repensait à la douceur de ses lèvres sur les siennes, à la chaleur de ses bras l'enlaçant. Ces souvenirs lui apportaient un réconfort inestimable, une source de bonheur qui illuminait ses journées. Il savait que leur amour devait rester secret pour le moment, mais cela n'entachait en rien la profondeur de ses sentiments.

Il aimait chaque aspect de leur relation : les conversations nocturnes où ils partageaient leurs rêves et leurs peurs, les rires partagés qui éclipsaient les ombres de leurs vies, et même les moments plus intimes où Eddie lui faisait l'amour avec une passion sans égale.

Au milieu de ce bonheur qu'il chérissait tant, une peur tenace s'accrochait à lui, refusant de se dissiper malgré tous ses efforts pour l'ignorer. Chaque moment passé avec Eddie était teinté par l'ombre de cette angoisse sourde qui ne le quittait jamais vraiment. Il savait que leur amour, aussi profond et sincère soit-il, était aussi fragile qu'un fil de soie, prêt à se briser sous le poids des conventions et des attentes imposées par la société.

Cette peur n'était pas simplement celle de voir leur secret révélé, c'était la terreur de voir Eddie payer le prix de leur amour. Si leur relation venait à être découverte, les conséquences pour lui seraient dévastatrices. Le prince risquait non seulement de perdre son droit au trône, ce qui serait déjà un désastre en soi, mais il pourrait également voir s'effondrer tout ce qu'il avait construit avec tant de détermination et de dévouement. Le respect qu'il avait acquis au sein du royaume, son image de leader fort et droit, tout cela pourrait être anéanti en un instant.

Il craignait qu'il ne soit réduit à l'état de paria, rejeté par ceux qui avaient autrefois admiré sa droiture et son courage. Le peuple, les conseillers du roi, et même ceux qui le soutenaient de manière inconditionnelle, pourraient lui tourner le dos, incapables de comprendre, ou pire, de pardonner, un amour qui dérogeait aux normes établies. Pour Buck, l'idée que leur relation puisse ruiner sa vie était insupportable.

Il ne pouvait se résoudre à être la cause de la chute de l'homme qu'il aimait.

Buck savait que l'amour qu'ils partageaient valait tous les risques, mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour l'avenir de son prince. La pensée de le voir souffrir à cause de leur relation le hantait. Ils évoluaient sur une ligne fine, constamment en équilibre entre bonheur et catastrophe. C'était comme une ombre omniprésente, une épée de Damoclès suspendue au-dessus d'eux, prête à tomber à tout instant.

Malgré tout, il était résolu à chérir chaque seconde avec lui, à se battre pour leur amour et à protéger leur bonheur coûte que coûte. Leur amour, bien que clandestin, était la plus belle chose qu'il ait jamais connue, et il était prêt à tout pour le préserver.

Perdu dans ses pensées, il fut soudainement ramené à la réalité par une voix qu'il aurait préféré ne jamais entendre à nouveau. Cette voix, si familière et pourtant si désagréable, fit naître en lui une vague d'irritation qui monta rapidement en puissance. Il la reconnaissait trop bien, ce ton mielleux, presque suffocant dans sa fausse douceur, qui cachait à peine les véritables intentions de celle qui le portait.

En se retournant, il aperçut Lady Taylor s'approchant de lui, son sourire aussi faux que les politesses qu'elle s'apprêtait à déverser. Buck ne put s'empêcher de ressentir un profond malaise à l'idée de devoir échanger avec elle. Il savait pertinemment que chaque mot qu'elle prononcerait serait soigneusement calculé, chaque geste minutieusement orchestré pour servir ses propres intérêts. Il y avait quelque chose d'insidieux dans la manière dont elle se comportait, une sorte de duplicité qui le mettait toujours sur ses gardes.

L'idée de devoir feindre un quelconque intérêt ou une politesse envers elle l'exaspérait. Il n'aimait pas les jeux de manipulation auxquels elle excellait, ni l'attention intrusive qu'elle portait constamment sur lui, comme si elle cherchait à lire en lui, à percer ses défenses pour mieux exploiter ses failles. Il y avait dans ses yeux une lueur qu'il reconnaissait, une ambition dévorante qui n'avait rien à voir avec l'amabilité de façade qu'elle affichait.

– Buck, minauda-t-elle en s'approchant un peu plus, le forçant presque à reculer pour maintenir une distance confortable. Je suis tellement heureuse de te voir, je me disais que tu pourrais peut-être me donner ma leçon du jour.

Le son de son prénom, prononcé avec cette familiarité non désirée, le fit presque grimacer. Il détestait la manière dont elle parvenait à rendre chaque interaction avec elle si désagréable, même lorsqu'elle ne faisait que demander une chose aussi innocente qu'une leçon.

Mais il savait que rien n'était jamais innocent avec elle.

Il était toujours mal à l'aise en sa présence. Lady Taylor avait une manière de se comporter avec lui qui le mettait profondément mal à l'aise, comme si elle le considérait moins comme une personne et plus comme un objet de désir. Chaque fois qu'elle était près de lui, il ressentait un frisson désagréable le parcourir, une sensation de danger qui le rendait tendu.

Il n'aimait pas la manière dont elle le touchait, ses doigts glissant souvent sur son bras ou son épaule de manière trop familière, presque possessive. Elle le traitait comme un morceau de viande, quelque chose qu'elle pouvait s'approprier à sa guise. Cette attitude lui rappelait les pires moments de son passé, renforçant son sentiment de vulnérabilité et de dégoût.

Il sentit ses muscles se tendre sous la tension, conscient qu'il n'avait pas d'autre choix que de répondre, de jouer son rôle dans cette mascarade sociale. Pourtant, au fond de lui, il ne désirait qu'une chose : échapper à cette conversation, à cette femme, et retourner à ses pensées, là où la présence d'Eddie suffisait à chasser toutes les autres préoccupations.

En la voyant approcher, il dut faire un effort pour maîtriser sa réaction instinctive de recul et afficher un masque de courtoisie.

Il se redressa, cherchant à rester poli malgré l'irritation qu'il ressentait.

– Je suis désolé, mais ça ne sera pas possible aujourd'hui, madame, répondit-il poliment, essayant de garder une voix neutre malgré la tension dans ses muscles. Je suis attendu au palais.

La simple perspective de devoir prolonger cette conversation le rendait nerveux, chaque seconde passée en sa présence accentuant ce malaise qui s'insinuait en lui comme un poison lent. Buck aurait tout donné pour qu'elle comprenne l'allusion, pour qu'elle prenne ses réponses courtes et ses gestes réticents comme un signe qu'il ne souhaitait pas s'engager dans ce jeu perfide. Mais il savait que rien n'était jamais simple avec Lady Taylor. Elle était du genre à ne jamais abandonner ce qu'elle voulait, et en cet instant, son regard lui faisait comprendre sans l'ombre d'un doute que c'était lui qu'elle convoitait.

Il était bien conscient des intentions de la dame, trop conscient même.

Depuis des semaines, il essayait d'échapper à ses avances de plus en plus insistantes, esquivant les occasions de se retrouver seul avec elle, mais aujourd'hui, il n'avait pas eu cette chance. Ici, dans les écuries désertes, loin des regards indiscrets, il se retrouvait pris au piège, sans aucune issue apparente. L'espace se resserrait autour de lui, chaque pas de Lady Taylor résonnait comme une menace, une approche calculée qui réduisait lentement mais sûrement la distance entre eux.

Buck sentait son cœur battre plus fort, un mélange d'appréhension et de désespoir envahissant son esprit. Il savait qu'il ne pouvait pas se défendre, pas sans risquer de tout perdre. Elle était noble, une dame de la cour avec un pouvoir considérable, et lui… lui n'était rien. Juste un homme sans titre, sans protection, dont la vie pouvait être brisée par un simple mot de cette femme. Si elle décidait de faire de lui sa proie, il n'avait aucune échappatoire.

L'idée de ce qui pourrait arriver s'il la repoussait le glaçait.

Le rejet d'un noble pouvait avoir des conséquences terribles, et il le savait mieux que quiconque. Un mot de Lady Taylor, une accusation fabriquée, et il serait condamné, sa vie ne tenant qu'à un fil qu'elle pouvait couper à tout moment. Il ne pouvait pas se permettre d'attirer son courroux, mais il ne pouvait pas non plus céder à ses désirs. Il se sentait comme un animal acculé, pris dans un piège sans issue, où chaque option semblait le conduire à sa perte.

Le regard insistant de la jeune femme se fit plus perçant, et Buck sentit une sueur froide couler dans son dos. Il fallait qu'il trouve un moyen de se sortir de ce nid de vipères, de détourner son attention ou de trouver une excuse pour partir. Mais ici, seul avec elle, il se sentait désarmé, piégé dans une situation où chaque faux pas pouvait lui coûter la vie. Le poids de son impuissance l'écrasait, et il réalisa que, dans ce jeu cruel, il n'était qu'un pion à la merci d'une femme qui pouvait tout prendre de lui.

Il pensa avec amertume que si Eddie était resté, elle ne se serait jamais approchée de lui.

Son visage se durcit, ses traits délicats se contractant en une expression de colère et de frustration à peine contenue. Ses yeux, habituellement séduisants, lançaient maintenant des éclairs, et ses lèvres pincées trahissaient une irritation croissante.

– Le prince Eddie t'accapare tout ton temps, gronda-t-elle, sa voix se faisant plus froide et tranchante. Il ne m'en laisse même pas un petit peu.

Buck sentit la tension monter d'un cran, chaque muscle de son corps se contractant sous l'effet d'une peur sourde. Lady Taylor, d'habitude si maîtrisée, laissait maintenant transparaître un mécontentement qu'elle ne parvenait plus à dissimuler.

Elle n'avait jamais été habituée à ce qu'on lui refuse quoi que ce soit, et la déception mêlée de jalousie faisait naître en elle une colère froide, prête à éclater à tout moment. Sa présence, déjà oppressante, devenait presque suffocante, l'air autour d'eux semblant se charger d'une électricité statique.

Ses joues se teintaient de rouge, et ses narines palpitaient légèrement à chaque respiration, signe indiscutable de l'orage qui grondait en elle. Chaque souffle qu'elle prenait semblait plus lourd, plus menaçant, comme si elle luttait pour garder le contrôle de ses émotions. Buck savait que ce n'était qu'une question de secondes avant que sa façade ne se fissure complètement, révélant la véritable nature de cette femme dangereuse et capricieuse.

Lorsqu'elle tendit la main vers lui, ses doigts ornés de bagues scintillantes semblaient se transformer en griffes prêtes à l'agripper. L'or et les pierres précieuses étincelaient sous la lumière, mais pour Buck, ces parures n'avaient rien de séduisant. Elles étaient le symbole de son pouvoir, de sa domination, et à cet instant, elles n'étaient rien de moins que des instruments de torture.

Il ressentit une vague de dégoût l'envahir, son estomac se nouant à l'idée de ce qui pourrait se passer si elle parvenait à le toucher. Mais c'était la panique qui prenait le dessus, un instinct primal qui lui criait de fuir, de s'échapper avant que le piège ne se referme sur lui.

Mais avant que Lady Taylor ne puisse poser la main sur lui, il se sentit brusquement tiré en arrière. La force qui l'arracha à l'étreinte imminente de la noble fut si soudaine qu'il en perdit presque l'équilibre. Un instant plus tard, une silhouette massive se dressa entre eux, formant une barrière infranchissable.

C'était Tommy, son expression sombre et menaçante, une lueur de détermination brûlant dans ses yeux. Son apparition fut comme un souffle d'air frais pour Buck, une bouffée d'espoir au milieu de cet étau de terreur.

– Reculez, madame, gronda-t-il.

Tommy se tenait là, solidement planté, son corps formant un rempart protecteur. Chaque muscle de son dos tendu laissait deviner la force contenue, prête à éclater si nécessaire. Il était comme un lion prêt à bondir pour défendre son territoire, et dans ce moment de tension extrême, Buck se sentit, pour la première fois depuis le début de cet échange, en sécurité.

Le regard de Lady Taylor passa de la surprise à la colère, ses yeux lançant des éclairs en direction de Tommy. Mais même elle, avec toute son arrogance et son pouvoir, semblait hésiter devant l'attitude résolue de l'homme qui lui faisait face. Elle n'était plus en position de force, et elle le savait. Le temps d'une respiration, l'avantage venait de changer de camp, et Buck sentit un soulagement immense l'envahir.

Elle se redressa mais Tommy gronda de nouveau de façon menaçante.

– Reculez.

La réaction de Lady Taylor fut instantanée.

Ses sourcils se froncèrent davantage, créant des rides profondes sur son front habituellement lisse, et ses lèvres se retroussèrent légèrement en une grimace de mépris.

– Comment osez-vous ? s'offusqua-t-elle, sa voix tremblant de rage.

Tommy, sans se laisser intimider, resta fermement entre Lady Taylor et lui, son regard fixé sur elle avec une détermination inébranlable.

– Ne m'obligez pas, madame, répliqua Tommy avec froideur. J'ai ordre de mettre au cachot et à la question toute personne, quel que soit son statut, qui oserait toucher ce jeune homme sans sa permission.

– Vos ordres ne valent rien, cracha-t-elle. Je suis duchesse.

– Et son altesse royale, le prince Eddie, s'en fiche bien de votre rang, si vous essayez de toucher l'un de ses gens sans sa permission.

Buck garda le silence, observant la fureur dans les yeux de Lady Taylor.

Elle avait essayé plus d'une fois de l'attirer dans ses filets, mais Buck avait toujours trouvé un moyen de s'éclipser. Sans Tommy, il aurait bien eu du mal à s'en tirer à une heure si matinale.

Lady Taylor était terrifiante dans sa détermination.

– Mon père en entendra parler, lui promit-elle en tournant les talons.

– Le prince Eddie aussi, s'amusa Tommy.

– Tu risques le fouet, souffla Buck, décontenancé par ce qui venait de se passer.

– Si je l'avais touchée, peut-être, mais ce n'est pas le cas. De toute façon, elle sait qu'elle ne peut rien faire. Mes ordres prévalent sur tout ce que son père pourrait essayer de faire. Et puis, honnêtement, tu ne perds rien, elle n'est pas vraiment mon meilleur coup.

– Tu as... avec elle ? demanda Buck, choqué.

– Buck, à peu près tout le monde lui est passé dessus, sauf toi. Elle est du genre à aimer avoir un petit frisson avec le bas peuple.

– Tu penses que ça pourrait être elle qui... ? demanda Buck, laissant sa question en suspens.

– Trop petite, affirma Tommy. Ce que je sais de source sûre, c'est que c'est un homme qui te surveille, mais il pourrait travailler pour elle. C'est une vipère...

– Hey, j'aime les vipères, lui rappela-t-il. Ce sont des êtres adorables malgré ce que tout le monde croit.

– Ok, mauvais jeu de mots, mais fais attention à elle. Elle est prête à tout pour obtenir ce qu'elle veut, et là, sa cible, c'est toi.

Buck acquiesça et rejoignit Christopher, cherchant à chasser l'inquiétude de son esprit. Lorsqu'il arriva auprès de l'enfant, il le trouva concentré sur ses leçons avec Carla.

Carla avait eu du mal avec lui au début. Elle avait peur qu'il essaie de prendre sa place mais Buck avait su la rassurer. Ils avaient tous les deux les meilleurs intérêts du prince et maintenant ils s'entendaient plutôt bien.

Christopher leva les yeux et sourit en le voyant s'approcher.

– Salut, mon grand. Prêt pour une pause ? demanda Buck en s'accroupissant à hauteur de Christopher.

– Oui ! On joue à quoi ? demanda le petit prince avec enthousiasme.

Buck rit et sortit une petite balle de sa poche.

– À attraper cette balle. Prêt ?

Christopher hocha la tête avec enthousiasme, et ils commencèrent à jouer, échangeant rires et sourires. La présence de Christopher l'apaisait toujours, lui rappelant ce qui était vraiment important. Ils passèrent un moment agréable, oubliant les tensions et les dangers qui les entouraient.

Après quelques heures, Eddie apparut dans l'embrasure de la porte et fit signe à Buck de le rejoindre.

– Nous devons parler, se contenta-t-il de dire.

Il hocha la tête et se leva, adressant un dernier sourire à Christopher avant de suivre Eddie dehors. Il était prêt à expliquer ce qui s'était passé avec Lady Taylor pour apaiser la jalousie et la possessivité d'Eddie, persuadé que Tommy l'en avait déjà informé.

À peine la porte fermée, Eddie attrapa Buck par le col et le plaqua contre le mur, l'embrassant langoureusement. Buck gémit dans le baiser, peinant à respirer sous les assauts de son amant.

– Tu m'as manqué, souffla-t-il en fondant dans son cou et Buck bascula la tête en arrière en gémissant.

– Votre altesse, s'écria la voix de Lady Taylor, les figeant tous les deux.

Eddie grogna de l'interruption et Buck vit ses prunelles devenir noires de colère. Il s'enfonça dans le rideau pour rester caché de sa vue alors qu'Eddie faisait face à cette horrible femme.

– Lady Taylor ? répondit-il, se tournant vers elle.

– Nous devons parler de votre employé, tempêta-t-elle. Ce qui s'est passé ce matin aux écuries était inacceptable.

– Je suis parfaitement d'accord avec vous, affirma-t-il sèchement.

– Bien, donc je recommande cent coups de fouet à son égard.

Buck faillit s'étouffer et il voulut sortir de sa cachette pour défendre Tommy mais Eddie le maintenait en place d'une main ferme.

– Le fouet ? Que diable, je lui ai offert une caisse de champagne, se moqua-t-il. Maintenant, Duchesse, et si vous tenez à votre titre, ne vous approchez plus jamais de Buck, ou je vous ferai pendre sur la place de Grève comme la catin que vous êtes.

– Comment osez-vous ? s'offusqua-t-elle.

– Buck est hors de votre atteinte, répéta-t-il d'une voix froide et menaçante. Maintenant, vous devriez aller rejoindre votre père, ajouta-t-il alors que celui-ci venait de faire irruption au bout du couloir. Il a quelques mots à vous dire. Mais si j'apprends que, d'une quelconque façon que ce soit, vous vous amusez à essayer de faire du mal à Buck, vous et votre famille entière serez exécutées. Me suis-je bien fait comprendre ?

Buck put l'entendre déglutir de sa cachette avant qu'elle ne tourne les talons.

Le jeune prince la regarda disparaitre avant de le tirer contre lui et de l'embrasser à nouveau. Puis il l'attira dans sa propre chambre où il le fit basculer sur son lit.

– Tu m'as tellement manqué, souffla-t-il entre deux baisers. Tellement.

Il attrapa ses poignets et les ramena au-dessus de sa tête.

Buck haleta d'appréhension. Eddie avait envie de jouer et Buck était excité à cette simple idée. Eddie glissa sa main sur son entrejambe le faisant de nouveau haleter mais de plaisir cette fois. Il sentit ses doigts effleurer quelque chose entre le matelas et la tête de lit, et il l'attrapa du bout des doigts.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en se redressant.

Eddie se décala, et Buck relâcha immédiatement ce qu'il tenait sur le sol.

C'était une poupée à son effigie, si l'on en croyait la marque rouge sur l'œil. Buck n'était peut-être pas cultivé, mais il avait entendu dire ce que signifiait le fait de trouver ce genre de poupée dans un lieu qu'on fréquentait.

C'était une menace de mort claire.

Cette fois, ce n'était pas seulement le fait de le suivre, quelqu'un lui voulait clairement du mal. Eddie hurla des ordres avant de le prendre dans ses bras pour le bercer. Buck resta sans bouger, le regard fixé sur l'endroit où il avait jeté la poupée, longtemps après que Tommy l'ait emportée avec lui hors de la pièce.