Disclaimer: Je ne possède aucun droit sur Harry Potter, juste beaucoup d'amour pour cet univers ! Si vous cherchez J.K. Rowling... vous ne la trouverez pas ici. Par contre avec tous ses scandales sur X, vous devriez la trouver facilement là-bas.

SleepingFox09: Bonjour ! Merci à toi d'avoir traduit ta critique, c'est un effort qui n'était pas nécessaire, mais qui est très apprécié. Je ne suis pas le plus grand fan de Naruto, bien que j'apprécie l'œuvre, donc toute référence au manga/anime est involontaire. Néanmoins, je reconnais qu'il y a un certain esprit shonen par moment. Personnellement, c'est un aspect de mon histoire que j'apprécie, mais qui, je peux le reconnaitre, n'est pas forcément au goût de tous.

Sinon, quant aux niveaux de puissances, ils peuvent être difficiles à comprendre, mais j'ai fais attention à ce qu'ils restent cohérent. Voldemort, en terme de force et magie brute, est le plus puissant antagoniste. Cependant, d'autres sorciers puissants se sont élevés. Certains avaient de grandes armées, d'autres un sort particuliers qui les faisaient se démarquer et ainsi de suite. Pour ce qui est d'Hadrian, il a reçu un Power-up majeur, qui est l'agrandissement de son noyau. Cependant, un aspect n'est pas à confondre. Il n'a pas réellement gagné en force. Il a surtout gagné en endurance. Son plus grand noyau lui permet de frapper un peu plus fort, mais surtout plus longtemps. En dehors de cela, Hadrian lui-même ne change pas tant que ça. De plus, il a largement surpassé Deos. L'homme lui est tombé dessus avec une armée entière d'hommes, et tous, dont lui, ont péri face à Hadrian qui en est ressorti avec rien d'autres que de la fatigue et quelques égratignures. Quant à la "sorcière inconnue", tu t'es peut-être arrêté un peu tôt, mais il est expliqué ensuite qu'il lui est bien supérieur en terme de magie ( c'est un personnage très important pour la suite, donc elle devait se démarquer). Je pense que tu as arrêté ta lecture un peu tôt, ce qui a dû limiter ta compréhension de certains aspects. Néanmoins, tu as pris le temps de lire plus d'une dizaine de chapitre, et rien que pour cela, merci. Je te souhaite une bonne continuation, et si tu lis cette réponse, passe une bonne journée !

Taxus: Merci à toi ! J'avais quelques doutes en postant le chapitre précédent. Nous approchons de la fin, et je veux qu'elle soit aussi flamboyante que le reste de l'histoire. J'espère que jusqu'ici, ça tient ses promesses. Prends soin de toi, et bonne lecture !

Il n'y aura pas de chapitre le jeudi 17 octobre, manque de temps oblige. Néanmoins, à defaut de sortir un chapitre, j'ai pu finaliser le brouillon de la fin, et peut dire quasiment officiellement que la fanfic sera terminée dans 3 chapitres (epilogue compris). Désolé de l'attente, prenez soin de vous et à très vite !


14/12/1995, 02H36, Base de Voldemort, Roumanie:

Sirius, revenu à sa forme humaine, courait à vive allure aux côtés de Fortuna dans les sombres couloirs du manoir. Chaque pas résonnait avec urgence sur le sol de pierre froide, leurs souffles saccadés accompagnant cette course effrénée. Une angoisse sourde pesait sur eux. 'Pourquoi Hadrian ne nous a-t-il pas prévenus d'une alarme ou d'un quelconque système de défense ?' Cette question résonnait en boucle dans l'esprit de Sirius. S'il n'avait donné aucune alerte, cela ne pouvait signifier qu'une chose : même Hadrian n'était pas au courant des protections sournoises qui enserraient désormais la demeure.

Le premier réflexe de Sirius et Fortuna fut d'essayer de transplaner, de fuir ce piège mortel qui se refermait autour d'eux. Mais à leur grande horreur, ils constatèrent que leurs efforts étaient vains. "Tous les sortilèges de transports sont bloqués," souffla Fortuna, le visage crispé par la frustration. Des protections magiques, invisibles mais terriblement efficaces, avaient été placées, soit pour les emprisonner, soit – plus inquiétant encore – pour empêcher Hadrian de s'échapper.

Leur esprit stratège n'eut besoin que de quelques secondes pour assembler les pièces du puzzle. 'Tout avait été prémédité,' réalisa Sirius, son cœur battant la chamade. Il se souvenait encore du moment où, en arrivant, le manoir grouillait d'êtres magiques, des créatures prêtes à dévorer toute menace à des kilomètres à la ronde. Mais à présent, le lieu semblait désert, vidé de toute âme vivante. Un piège parfait. "C'était calculé depuis le début," murmura Sirius d'une voix rauque, la rage bouillonnant dans ses veines.

Et à l'extérieur, le vacarme incessant de puissants sortilèges et des cris furieux parvenait jusqu'à eux, résonnant à travers les murs épais. Il n'y avait aucun doute. 'Hadrian est en plein combat,' comprit Sirius en serrant les dents. "Nous devrions aller l'aider," insista Fortuna, essoufflée, ses jambes tremblantes après cette longue course. Ils n'avaient cessé de sprinter depuis leur entrée dans le manoir, se sentant vulnérables dans un lieu aussi hostile. Cependant, malgré leurs efforts, ils n'avaient encore rien trouvé. Pas la moindre âme, aucun ennemi à éliminer.

"Non !" répliqua durement Sirius, la noirceur de son regard trahissant le conflit intérieur qui déchirait son cœur. "Il nous a donné une mission." Sa voix, bien que dure, cachait une certaine tristesse. "Et puis, que pourrions-nous faire contre un adversaire capable de le retenir, lui, pendant plusieurs minutes ? Si nous intervenons, nous serions morts avant même de pouvoir lever nos baguettes." Il avait raison. Hadrian était d'une puissance phénoménale. S'il se retrouvait acculé, les chances de survie de Sirius et Fortuna face à un tel ennemi seraient minces.

La vie de Sirius Black n'avait jamais été simple. Dès sa naissance, il avait été prédestiné à devenir le prochain Lord Black, successeur d'Arcturus Black, un homme dont la réputation glaciale suffisait à imposer le respect et la peur au sein du Magenmagot. Cette destinée pesante, ce fardeau de lignée, Sirius l'avait ressenti dès son plus jeune âge. Mais contrairement à ce qu'on attendait de lui, il avait toujours aspiré à autre chose : liberté, amitié, aventure. Il ne souhaitait pas se conformer aux traditions étouffantes de sa famille, ni perpétuer ses valeurs archaïques.

Pourtant, parmi cette noirceur familiale, il existait des lumières. Sa cousine Andromeda, son grand-père Arcturus, et même son petit frère Regulus, avant que leur mère ne le corrompe, avaient montré des signes de bonté. Mais ces âmes bienveillantes paraissaient bien insignifiantes face à l'obscurité dévorante des autres membres de la famille Black. Un jour, à l'âge de seize ans, ne supportant plus la toxicité de son foyer, Sirius s'enfuit pour rejoindre les Potter. Il savait qu'en agissant ainsi, il serait radié de l'arbre généalogique, son nom brûlé à jamais de la tapisserie familiale.

Mais le destin en avait décidé autrement. À sa grande surprise, lorsqu'il fut libéré d'Azkaban, il découvrit qu'il était désormais Lord Black, succédant à son grand-père. La nouvelle l'avait abasourdi. Il ne se sentait pas prêt pour ce rôle de chef de la maison. 'Mais le pouvoir peut être une arme,' pensa-t-il alors. 'Et je m'en servirai pour protéger Harry et écraser Voldemort.'

Avec l'aide d'Hadrian, il s'était peu à peu habitué à son rôle, devenant le digne héritier d'Arcturus. La principale différence entre eux ? Sirius conservait une certaine légèreté d'âme, une insouciance que son grand-père n'avait jamais partagée. Ce n'est qu'après la mort de Remus, dernier survivant des Maraudeurs, que cette insouciance avait disparu. Ce meurtre, ce coup fatal, avait laissé une cicatrice profonde dans son cœur.

Désormais, Sirius était déterminé à honorer son titre : "Lord Sirius Orion Black," digne chef de la noble et ancienne maison Black. Et cette guerre, cette guerre maudite qui lui avait volé tant d'êtres chers, devait prendre fin. Il refusait que son nom soit souillé davantage par l'histoire, refusait de voir d'autres innocents périr sous le règne de la terreur.

C'est alors qu'un mouvement attira l'attention de Fortuna. "Là-bas, regarde !" s'écria-t-elle soudain, ses yeux fixant un long serpent qui glissait silencieusement d'une pièce à l'autre.

"C'est l'Horcruxe !" chuchota Sirius, ses instincts en alerte maximale. "Je suis sûr que c'est lui."

Fortuna hocha la tête, ses doigts crispés sur la poignée d'une porte pour garder son équilibre alors que la terre tremblait sous leurs pieds. "Nous devons suivre le serpent ! Si nous parvenons à le détruire, peut-être que…"

"Mais Hadrian nous a ordonné de-" commença-t-elle, la voix hésitante.

"Je sais ce qu'il a dit !" l'interrompit brusquement Sirius, sa voix vibrante de colère et de détermination. "Mais il n'a pas prévu tout cela ! Tous ces Mangemorts qui quittent la bâtisse en même temps que son arrivée, cette barrière qui l'emprisonne ? C'est un piège, Fortuna ! Hadrian est retenu ici pendant que Voldemort et son armée attaquent. Nous devons en finir avec cette guerre, et cela commence par détruire cet Horcruxe, ici et maintenant !"

Il termina sa phrase en s'élançant derrière le serpent, forçant Fortuna à lui emboîter le pas. Elle tenait énormément à Sirius, mais savait pertinemment qu'il laissait ses émotions prendre le dessus. Et pourtant, au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait raison. 'Hadrian passe son temps à élaborer des plans complexes, mais au final, la solution à tout cela est simple : affronter Voldemort directement.'

Hadrian avait toujours évité cette confrontation finale, probablement parce qu'il savait que ce serait sanglant. Mais pour Fortuna, prolonger cette guerre ne faisait que condamner davantage de vies innocentes. Chaque jour, les rangs de l'armée de Voldemort grossissaient, et chaque jour des moldus étaient massacrés.

'Cette guerre doit se terminer aujourd'hui,' décida-t-elle, sa main serrant fermement sa baguette. 'Peu importe les conséquences.'

Ils couraient sans relâche, jetant des coups d'œil furtifs en direction du jardin extérieur où Hadrian se battait. Mais la vitesse et l'intensité des sorts échangés rendaient impossible de discerner le déroulement exact de la bataille.

C'est alors qu'une voix rauque et moqueuse brisa le silence oppressant du manoir.

"Oh, oh, oh ! Qui avons-nous là ? Mon cher cousin Sirius, et… Fortuna Moon, c'est bien cela ? Vous êtes perdus ?" La voix, empreinte de folie, les fit se retourner brusquement.

"Bellatrix," cracha Sirius, ses yeux se plissant de haine pure.

La sorcière, couverte de cicatrices, se tenait face à eux. Hadrian l'avait affrontée à de multiples reprises, et à chaque fois, elle avait survécu, contre toute attente. Mais aujourd'hui, elle était changée, presque brisée. Son corps portait les stigmates de ses précédents combats, et pourtant, une lueur malfaisante brillait toujours dans ses yeux. 'Sa magie est encore plus puissante qu'avant,' réalisa Sirius, ses poings se serrant autour de sa baguette.

"Le Maître ne s'attendait pas à ce que Potter soit accompagné de quelques pions insignifiants. Il semblerait qu'il ait enfin décidé de vous sacrifier." Le rire sadique de Bellatrix résonna dans les couloirs déserts du manoir.

Sirius serra les dents, refusant de se laisser entraîner par la provocation. "Tu n'as pas une très bonne mine, Bella," rétorqua-t-il avec mépris. "Je n'arrive pas à décider qui est le plus laid entre toi et le serpent." Il pointa du doigt l'animal sinistre qui s'enroulait autour du cou de la sorcière.

"Qu'est-ce que tu as dit ?!" hurla Bellatrix, furieuse. "Sale traître à ton sang, je vais te tuer ici et maintenant !"

"Toujours aussi folle," murmura Sirius, se tournant brièvement vers Fortuna. "Je vais m'occuper d'elle. C'est une affaire de famille. Toi, occupe-toi du serpent." Sans attendre de réponse, il lança le premier sort en direction de Bellatrix.

"Mais Sirius, à deux, nous pourrions…" commença Fortuna, hésitante.

"Je sais !" rugit-il. "Mais nous n'avons pas le temps ! Les protections qui retiennent Hadrian empêchent probablement Voldemort de revenir tout de suite. Nous devons agir avant qu'il ne découvre un moyen de rentrer !"

Fortuna comprit rapidement ce que Sirius voulait dire. En dépit de son impulsivité, il avait raison. Ils devaient frapper vite et fort. 'Si nous détruisons l'Horcruxe maintenant, Voldemort redeviendra mortel,' se dit-elle, déterminée.

Elle lança un puissant sort élémentaire en direction de Bellatrix, mais le serpent s'interposa, détournant l'attaque. "C'est le moment," murmura-t-elle, ses yeux fixant l'animal qui fuyait de plus belle.

Sans perdre une seconde, elle s'élança à sa poursuite. 'Je dois détruire ce serpent. Je dois le faire maintenant.'

De son côté, Sirius faisait face à Bellatrix, sa baguette virevoltant dans un duel d'une intensité féroce. "C'est entre toi et moi, Bella," gronda-t-il entre ses dents serrées, la rage brûlant dans ses veines.

"Oh, Sirius !" s'exclama Bellatrix, un sourire dément sur les lèvres. "Je vois que tu as enfin appris à maîtriser la magie noire de notre famille. Mais c'est dommage pour toi, je la maîtrise bien mieux que toi." Son rire strident perça l'air alors qu'elle déviait habilement ses sorts.

'A toi de jouer, Fortuna,' pensa Sirius avec une urgence croissante, sa baguette répondant à chaque assaut de Bellatrix.

Fortuna courait de toutes ses forces, son cœur battant à tout rompre. 'Hadrian est en danger. Sirius est en danger. Et si Voldemort marche sur Poudlard… Harry est aussi en danger.' Elle connaissait le moyen de détruire un Horcruxe, mais dans cet état de stress et d'épuisement, elle doutait de pouvoir invoquer un Feudeymon suffisamment puissant pour détruire Nagini.

Pourtant, elle devait essayer. Elle ne pouvait pas échouer. 'Ce serpent ne doit pas s'échapper,' se répéta-t-elle, son esprit en ébullition.

Elle lança un autre sort en direction du serpent, qui parvint cette fois à frapper sa cible, laissant une fine entaille sanglante sur ses écailles. Mais ce n'était pas suffisant. 'Je dois le retenir,' pensa-t-elle. 'Juste assez longtemps pour le détruire.

'Aujourd'hui, cette guerre doit se terminer,' décida-t-elle, serrant sa baguette avec une force nouvelle. 'Quoi qu'il arrive.'

14/12/1995, 02H41, Base de Voldemort, Roumanie:

Le combat faisait rage depuis plus d'une quinzaine de minutes, et Hadrian commençait à ressentir le poids du temps. Chaque seconde s'étirait dans cette bataille, et pourtant, il n'en voyait pas la fin. L'inquiétude qui le rongeait à l'idée d'avoir laissé Harry et Albus seuls lui compressait le cœur comme un étau de fer, et c'était cette angoisse qui, progressivement, lui faisait abandonner toutes ses limites.

Enfin… presque toutes. Une seule retenue persistait en lui : le manoir. Sirius, Fortuna et les membres de l'ASDT se trouvaient encore à l'intérieur. Hadrian devait s'assurer de ne pas tout détruire dans un élan de rage incontrôlée. Malgré sa puissance, il ne pouvait pas se permettre d'annihiler les fondations du bâtiment qui abritait encore ses alliés. Cela compliquait tout.

Des sorts d'une intensité extraordinaire fusaient continuellement de sa baguette, chacun déchirant l'air lourd qui semblait s'épaissir autour d'eux à mesure que le duel se prolongeait. Némésis et Siena ripostaient avec une coordination redoutable, se couvrant l'une l'autre, leur magie se mêlant à la sienne dans une danse chaotique de destruction.

L'atmosphère autour d'eux était presque palpable, saturée de magie à un point tel que l'air semblait en trembler. De spectaculaires jets de lumière et d'énergie s'entrechoquaient, illuminant la nuit dans des éclats aveuglants. À chaque coup, le sol se soulevait comme s'il était un animal enragé, réagissant à l'intensité de leurs attaques. Même les éléments se joignaient à la bataille : la pluie qui tombait à torrent se transformait en lames de rasoir, déchirant brutalement les chairs des trois combattants, comme si la nature elle-même cherchait à les éliminer.

Il arriva un moment où la magie saturait tellement l'air que même leurs baguettes semblaient réagir de manière erratique. Hadrian sentit plusieurs fois sa propre baguette trembler entre ses doigts, hésitante, comme si la magie ambiante devenait impossible à contrôler. La bataille avait atteint un point de rupture où la maîtrise magique frôlait l'impossible.

Esquivant de justesse un sortilège de mort qui filait dans sa direction, lancé par la plus jeune, Hadrian riposta avec une rafale de lames de feu. Les flammes incandescentes s'élancèrent dans les airs, brûlant l'atmosphère avant de s'abattre sur Siena. Mais elle n'était pas seule. Némésis intervint, déviant les lames de justesse avec une épée de feu qu'elle avait conjurée, avant de la lancer en direction d'Hadrian avec une précision mortelle. Il sauta en arrière, son corps plié dans un mouvement désespéré, bannissant l'arme volante dans les décombres d'une vieille cabane à jardin. La sueur perlant sur son front se mêlait à la pluie qui s'abattait toujours sur eux.

Profitant d'un court instant de répit, Hadrian tenta une nouvelle fois de recourir à sa magie temporelle. Il leva sa baguette au-dessus de sa tête, un grondement sourd résonnant alors que les aiguilles d'une horloge apparurent sous ses pieds, marquant chaque battement de son cœur. Soudain, d'un geste tranchant, il fendit l'air. Le temps cessa alors de s'écouler, le monde autour de lui se figea, tombant dans un silence absolu. Seuls les battements de son propre cœur résonnaient dans ce vide glacé, échos solitaires dans le silence éternel.

Mais ce répit fut de courte durée. "Toujours pas !" Une voix perça le voile du temps suspendu. Un second battement de cœur, plus rapide, se fit entendre, se superposant au sien. Hadrian se figea, un éclair de compréhension traversant son esprit. 'Elle accélère sa propre temporalité ?!' se rendit-il compte en reculant sous l'assaut de Némésis.

C'était comme assister à une scène d'un film en accéléré. Ses mouvements, sa voix, tout allait plus vite, comme si elle échappait à l'emprise de son pouvoir. 'Elle manipule la magie temporelle pour faire l'inverse de ce que je fais. Elle accélère tandis que j'essaie de ralentir.' Cela rendait sa tâche bien plus difficile qu'il ne l'avait prévu. Bien qu'ils évoluent dans la même zone de distorsion temporelle, elle semblait échapper aux limitations qu'il imposait à l'espace environnant.

Balayant sa baguette en un grand arc, Hadrian conjura un arc électrique d'une puissance terrifiante, obligeant Némésis à reculer. Même elle, cette sorcière d'une incroyable puissance, ne pouvait ignorer la terreur que représentait un adversaire tel qu'Hadrian. Malgré ses tentatives pour dissimuler ses émotions, elle était terrifiée. Comment pouvait-il encore tenir tête à une personne se déplaçant 1,5 fois plus vite que lui ? Son regard anticipait ses attaques, et ses réflexes semblaient défier les lois de la nature.

Soudain, Hadrian s'effondra sur un genou, plantant sa baguette dans le sol avec force. Le temps reprit son cours normal, mais pas avant que Hadrian ne libère une ultime attaque : la gravité autour de Némésis se multiplia par dix, l'écrasant violemment au sol. Un cri de rage s'étrangla dans la gorge de la sorcière, tandis que son corps refusait de bouger, cloué par une force invisible.

Tentant de lever sa baguette avec difficulté, elle réussit à peine à soulever son bras. Hadrian, satisfait, se releva, prêt à porter le coup fatal. 'C'est terminé,' pensa-t-il en pointant sa baguette vers la sorcière accablée. Cependant, son moment de triomphe fut de courte durée.

Une détonation résonna soudainement derrière lui. "Bombarda !" Le sort, lancé par Siena, traversa l'espace et explosa à proximité d'Hadrian, le projetant en l'air avec une force brutale. Son corps percuta violemment la barrière magique, qui trembla sous l'impact. Le souffle coupé, sonné, Hadrian roula au sol en toussant, ses muscles protestant sous la douleur. À peine eut-il le temps de se redresser que les deux sorcières reprenaient leur assaut, leurs sorts fendant l'air avec une fureur renouvelée.

Hadrian esquiva avec la précision de l'instinct, sautant, roulant, répliquant. Chaque mouvement lui coûtait, chaque geste était une lutte contre la fatigue qui engourdissait ses membres. Ses réserves de magie diminuaient rapidement, mais il n'avait pas le temps de s'en soucier. Son noyau magique, renforcé depuis longtemps, lui permettait de puiser dans la magie ambiante pour se recharger, mais la quantité absorbée restait bien inférieure à ce qu'il dépensait. Malgré tout, cela lui offrait quelques précieuses minutes de répit.

Et dans un combat de ce niveau, chaque seconde était cruciale.

'Je n'arrive pas à les désarçonner,' réalisa-t-il en déviant une série de malédictions. 'Je dois les séparer. Siena est le maillon faible, il faut que je m'occupe d'elle en premier.'

Fermant les yeux un instant pour se concentrer, Hadrian conjura son sort signature : un Feudeymon modifié. Une tempête de feu noir s'éleva autour de lui, tourbillonnant avec une puissance dévastatrice. La chaleur infernale qui émanait de cette magie lui fit grincer des dents – contrôler une telle force demandait un effort titanesque, surtout près d'un manoir qu'il ne pouvait se permettre de détruire.

Un serpent de flammes noires d'une taille colossale se matérialisa, s'élançant vers Siena avec une vitesse terrifiante. La jeune sorcière, prise par surprise, tenta de conjurer un bouclier, mais elle échoua. Le serpent fondit sur elle, prêt à la dévorer dans un rugissement de feu.

"Tu rêves, Potter !" hurla Némésis, se jetant à travers les flammes pour déchirer le mur de feu d'un geste désespéré. Son corps suintait de sueur, sa respiration haletante. Elle parvint à repousser le serpent, mais à un prix : son visage était marqué par la fatigue, son énergie s'amenuisait visiblement. Hadrian discerna quelque chose dans son regard au-delà de la colère – était-ce de l'inquiétude ?

"Tu m'as… protégée ?" murmura Siena, abasourdie, ses yeux écarquillés d'incrédulité. La femme plus âgée vacilla, tombant à genoux sous le poids de son épuisement, avant de forcer son corps à se redresser.

Hadrian, de son côté, fit disparaître les flammes, puis lança une nouvelle salve d'attaques. Siena, malgré la peur qui la paralysait, parvint à reprendre ses esprits et riposta avec une fureur nouvelle. Malgré sa jeunesse, elle faisait preuve d'une puissance exceptionnelle. 'Elle est impressionnante,' admit Hadrian. Lorsqu'elle se concentrait pleinement, Siena réussissait à suivre son rythme, malgré la fatigue qui l'affaiblissait.

Il décida alors de changer de tactique. Plantant sa baguette dans le sol, il métamorphosa la terre en loups de pierre, les lançant à l'assaut des deux sorcières. Les créatures massives bondissaient de droite à gauche, esquivant les sorts de Némésis et Siena, se rapprochant dangereusement d'elles.

Némésis réagit rapidement, lançant un sort d'explosion qui pulvérisa les loups de pierre, créant un nuage de débris qui obscurcit la vue d'Hadrian. Profitant de cette diversion, elle attrapa Siena et l'attira hors de la zone de danger.

Une fois en sécurité, elle hocha la tête vers sa complice et se relança dans la bataille, forçant Hadrian à reculer légèrement sous la violence de son assaut. Le duel s'intensifiait, les deux adversaires puisant dans leurs dernières réserves de magie, se blessant, s'affaiblissant mutuellement, sans qu'aucun ne semble pouvoir prendre l'avantage.

Hadrian, malgré son engagement contre Némésis, ne quittait pas Siena des yeux. Il la vit commencer à chanter dans une langue ancienne, ce qui le remplit d'une inquiétude grandissante. Il connaissait la règle des sorts anciens : plus un chant durait longtemps, plus le sort qui en résultait était dévastateur.

'Je dois l'arrêter avant qu'elle ne termine,' pensa-t-il, sa tension montant d'un cran. Utilisant une technique qu'il avait maîtrisée en tant que Ghost, il s'éleva dans les airs, son corps se transformant en une brume noire. Sous cette forme, il put traverser les sorts et filer à travers le champ de bataille.

Reprenant sa forme matérielle, Hadrian dégaina Vengeance et tira trois balles magiques en direction de la jeune fille. Mais contre toute attente, un bouclier noir apparut devant Siena, déviant les balles d'énergie. Hadrian se tourna vers Némésis pour la voir, sa baguette levée, maintenant le bouclier avec une maîtrise impeccable.

Les balles, trop puissantes pour être complètement arrêtées, continuèrent leur course, s'éparpillant de part et d'autre. Mais avant que Némésis ne puisse se moquer de lui, Hadrian fit tourner sa baguette dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Les balles firent marche arrière, deux d'entre-elles frappant Siena de plein fouet, l'une au milieu du dos et l'autre dans la jambe. Un cri perça l'air alors que la jeune fille s'effondrait au sol, gravement blessée.

Némésis hurla de rage, mais le chant de Siena se termina dans un murmure étouffé. Les pierres sous les pieds d'Hadrian éclatèrent, formant des pieux acérés qui se jetèrent vers lui dans une série d'attaques mortelles. Esquivant tant bien que mal, Hadrian sentit un pieu lui effleurer la jambe, un autre lui entaillant le dos. Il était contraint à un mouvement constant, chaque souffle de douleur lui rappelant l'urgence de la situation.

Le souvenir de sa jambe coupée lui revenait en pleine figure. 'Cette jambe artificielle ne tiendra pas si ça continue,' pensa-t-il en grimaçant. Il n'avait pas le luxe de s'arrêter, de prendre une pause pour se soigner ou réfléchir. Chaque seconde le rapprochait de l'épuisement total.

'Combien de temps encore ?!' s'écria-t-il intérieurement, tout en déviant un autre sortilège de coupe. Il se sentait enragé comme il ne l'avait pas été depuis longtemps. Ses amis étaient en danger, son neveu affrontait probablement Voldemort en ce moment-même, et lui était coincé ici, à se battre contre deux sorcières démentes dans un manoir maudit.

La colère le consumait. Une rage dévorante, renforcée par le désespoir d'être si loin de ceux qu'il voulait protéger. Némésis, elle aussi, était consumée par une rage sans nom. Voir sa version plus jeune gravement blessée lui avait fait perdre toute retenue. Sa haine se déversait dans chaque attaque, son visage déformé par une fureur incontrôlable.

Le combat s'intensifia encore, des pieux de pierre jaillissant du sol, des explosions dévastant la terre, et des flammes dévorant l'air. Les deux adversaires, épuisés et blessés, se battaient avec une énergie presque désespérée.

Pourtant, Hadrian savait qu'il était celui dans la position la plus précaire. 'Même si je les bats, je devrai encore aller aider Harry et Dumbledore,' pensa-t-il avec inquiétude. 'Et avec toutes ces blessures, je ne pourrai pas tenir.'

La magie temporelle qu'ils manipulaient tous les deux laissait également des traces. Chaque sort puisait dans les distorsions du temps, ralentissant ou accélérant les attaques, créant des anomalies dangereuses qui mettaient en péril la réalité elle-même.

Enfin, les pieux cessèrent de jaillir du sol. Les deux adversaires s'immobilisèrent, se regardant droit dans les yeux.

"Tu n'as pas un noyau ordinaire," souffla Hadrian, son souffle court et douloureux.

"Pas trop tôt ! Je me demandais combien de temps il te faudrait pour comprendre," répliqua Némésis, haletante. Elle se tenait droite, malgré ses blessures, son visage tordu dans un sourire narquois.

Hadrian haussa un sourcil, perplexe. "Que veux-tu dire par là ?"

"Je t'ai suivi pendant des années. Je connais tes secrets, Potter," dit-elle avec un plaisir malicieux. "J'ai moi aussi subi ce rituel. Mon noyau a été renforcé, tout comme le tien. Merci pour ça d'ailleurs. Je n'ai jamais été aussi puissante."

Hadrian comprit enfin pourquoi ce combat semblait interminable. Leurs noyaux magiques, renforcés, se régénéraient constamment, permettant à chacun de récupérer une partie de son énergie. La seule différence entre eux résidait dans la force brute et les compétences.

"Je vois…" commença-t-il, mais il se figea soudain, son regard accroché à une silhouette qui émergeait du manoir.

'Fortuna !' La jeune femme boitait, son visage pâle comme la mort. 'Elle est blessée,' réalisa-t-il avec horreur. Mais ce qui l'inquiétait encore plus, c'était l'absence de Sirius et des membres de l'ASDT.

Hadrian n'hésita pas une seconde. Il savait qu'il devait la protéger. "Je réclame ma dette envers Fortuna Moon. Ma commande est simple : quitte ce manoir immédiatement !" ordonna-t-il d'une voix résonnante.

Fortuna tenta de lever sa baguette pour aider Hadrian, mais son corps refusa de lui obéir. Contre sa volonté, elle se retourna et franchit le voile magique, disparaissant de son champ de vision en transplanant aussitôt.

'Quelque chose a mal tourné,' pensa Hadrian, sentant son cœur se serrer. 'Fortuna est blessée, et Sirius…' Mais il n'avait pas le temps de réfléchir à cela. Il ne pouvait pas se permettre de la perdre aussi. Au moins, elle serait soignée au manoir Potter.

Il reporta toute son attention sur Némésis, ses émotions bouillonnant en lui comme un torrent déchaîné. 'Je dois mettre fin à tout ça, et vite.'

Le désespoir s'infiltrait dans chaque fibre de son être, mais il refusait de céder à la panique. 'Je n'y arriverai pas !' Poussant un hurlement primal, Hadrian déchaîna toute la magie qu'il lui restait, ses attaques se multipliant, frappant Némésis avec une férocité sauvage.

La sorcière recula sous la puissance des coups, pour la première fois réellement dépassée. Mais même alors qu'il la dominait, Hadrian savait qu'il ne pouvait se permettre de se relâcher. 'Je ne peux pas échouer… Je n'ai pas le droit.'

14/12/1995, 02H28, Poudlard, Ecosse:

"Protego totalum," murmura le directeur, achevant la mise en place de la dernière couche de protection autour de Poudlard. Les barrières magiques scintillaient légèrement dans l'air avant de devenir invisibles, enveloppant l'école comme une seconde peau, prêtes à repousser l'assaut imminent.

Dès qu'il avait reçu le message d'Hadrian, Albus s'était attelé à préparer les défenses du château. L'urgence l'avait poussé à des décisions difficiles, mais nécessaires. Tous les élèves en dessous de la cinquième année avaient été renvoyés chez eux, qu'ils le veuillent ou non. Il n'y avait pas de place pour le débat dans une situation aussi grave. Quant aux élèves plus âgés, ils étaient libres de rester et de combattre, mais Dumbledore espérait de tout son cœur qu'ils choisiraient de partir. Ces jeunes sorciers, malgré les mois d'entraînement intensif qu'Harry leur avait prodigués, n'étaient pas prêts à affronter une véritable guerre.

'Un trimestre d'entraînement ne prépare personne à la mort,' songea-t-il avec une gravité qui lui pesait sur les épaules.

Néanmoins, Albus était un homme sage, et s'il avait appris quelque chose au fil des années, c'était qu'il devait parfois faire confiance aux plus jeunes. Harry croyait que certains de ses camarades étaient prêts à se battre, à défendre ce qui leur était cher, et Dumbledore respectait cette conviction. Si Harry pensait que ses camarades de classe devaient rester et se battre, alors il lui ferait confiance. Mais cela ne l'empêcherait pas de prendre lui-même les devants pour retarder le plus possible l'inévitable affrontement avec Voldemort et son armée.

"Rassemblez-vous tous autour de moi !" appela-t-il depuis les grandes portes du château. En un instant, tous les membres de l'Ordre du Phénix encore vivants, les professeurs de Poudlard et même certains parents venus prêter main-forte se regroupèrent autour de lui, leurs visages marqués par l'inquiétude. Le danger imminent planait sur leurs têtes, et l'absence d'Hadrian dans ce moment crucial laissait même Dumbledore perplexe. 'Qu'est-ce qui a pu retenir un homme aussi capable si longtemps au point de n'envoyer qu'un simple message ?' se demanda-t-il.

Il prit une profonde inspiration avant de lever la main pour obtenir le silence. "Je suis désolé de vous avoir réveillés à une heure aussi tardive," commença-t-il, sa voix douce mais résonnant d'une gravité qui capta immédiatement l'attention de tous. "Mais il faut que vous compreniez : Poudlard est en grand danger." Il balaya l'assemblée de son regard perçant, s'assurant que chacun comprenait la gravité de la situation. "À l'heure où nous parlons, Voldemort et ses forces marchent dans notre direction. S'il parvient à gagner aujourd'hui, il ne sera plus qu'à un pas de prendre le contrôle du monde magique. Nous devons l'en empêcher."

Les mots semblaient résonner dans l'air comme une incantation sombre, mais Dumbledore savait que la vérité était parfois le plus grand catalyseur pour éveiller le courage dans le cœur des sorciers. 'La véritable cible de Voldemort, c'est Harry et moi,' pensa-t-il avec une sombre détermination. Le Seigneur des Ténèbres n'avait qu'un seul objectif : éliminer les deux plus grandes menaces à son ascension.

En ce qui le concernait, il ne craignait pas la mort. Il avait vécu une longue vie, traversé plus d'un siècle de lutte, et sentait le poids du temps peser sur ses épaules. 'Mais Harry…' Ce jeune homme avait encore toute sa vie devant lui, et Albus ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'il ait la chance de la vivre pleinement.

"Ce soir," continua-t-il avec un sourire las, voyant la peur naître sur certains visages, "je vous quitterai peut-être." Il leva rapidement la main pour faire taire les protestations qui émergeaient dans la foule. "Pas volontairement, je vous rassure," dit-il avec un petit rire, bien qu'il soit teinté de tristesse. "Mais si la vie de mes élèves est en jeu, je ne reculerai devant rien."

Il tourna alors son regard vers Minerva McGonagall, son ancienne élève devenue sa plus fidèle alliée. "Minerva, si quelque chose devait m'arriver, accepterais-tu de prendre ma place ?" demanda-t-il calmement. La question frappa McGonagall comme une gifle, et elle resta figée pendant un instant, terrifiée à l'idée de perdre son mentor, mais elle hocha finalement la tête.

"B-bien sûr, Albus. Ce serait un honneur," réussit-elle à balbutier, sa voix tremblante mais empreinte de détermination.

Dumbledore hocha lentement la tête, sentant la magie de Voldemort se rapprocher, un courant sombre qui ondulait à l'horizon. Il ne leur restait plus beaucoup de temps, et il comptait bien profiter de chaque minute pour les préparer.

"Voldemort visera Harry et moi en priorité," reprit-il, sa voix plus dure qu'à l'accoutumée. "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'arrêter une bonne fois pour toutes." Ses yeux, habituellement doux, se durcirent alors qu'il comprima son noyau magique, ressentant la familiarité de cette ancienne puissance qu'il n'avait pas utilisée depuis longtemps.

"Défendez l'école et les élèves autant que vous le pouvez. Ce soir, le destin de notre monde pourrait bien se jouer. Alors battez-vous de toutes vos forces !" Son ton était devenu presque tranchant, un écho de l'Albus plus jeune, celui qui avait autrefois mené des batailles avec passion et fougue. Aujourd'hui, malgré son âge avancé, il redevenait ce combattant redoutable, prêt à affronter son ancien élève.

"Et toi, Albus, où iras-tu ?" demanda Filius Flitwick, toujours curieux et soucieux du sort de son directeur.

Dumbledore sourit doucement avant de sortir sa baguette avec une lenteur presque cérémoniale, l'inspectant avec une lueur distante dans les yeux. "Je vais prendre les devants," déclara-t-il en fixant la baguette qu'il n'avait pas maniée de cette manière depuis des décennies. 'J'espère qu'elle ne m'en voudra pas d'avoir attendu si longtemps,' songea-t-il avec un amusement teinté de nostalgie.

"Attendez… Qu'est-ce que vous insinuez ? Vous n'allez tout de même pas partir seul !?" s'écria Hagrid, serrant son parapluie-baguette avec force, le regard empli de crainte.

"Ne t'inquiète pas, Hagrid. Je ne serai pas seul." Dumbledore sourit avec bienveillance avant d'ajouter d'un ton mystérieux : "Et puis, j'ai fait une promesse à Dame Magie elle-même. Je ne peux plus reculer maintenant."

Hagrid voulut insister, prêt à suivre son vieil ami dans la bataille, mais Dumbledore le coupa doucement mais fermement. "Non, Hagrid. Je te confie la défense de l'école. Protège les élèves, s'il te plaît." Le demi-géant baissa les épaules, comprenant qu'il n'avait pas d'autre choix que d'obéir. McGonagall s'approcha de lui, posant une main réconfortante sur son large dos.

"Ne vous inquiétez pas, mes amis," continua Dumbledore en se redressant, observant chacun d'eux avec un regard empreint de confiance. "Nous ferons ce qui est juste, et non ce qui est facile. Rien que pour cela, vous pouvez être fiers de vous."

Terminant son discours, le directeur fit un pas en arrière, scrutant une dernière fois la foule de sorciers et sorcières devant lui. Il savait que d'ici quelques secondes, ils seraient rejoints par les élèves qui avaient choisi de rester pour combattre aux côtés de leurs aînés. Tous se préparaient à participer à l'une des batailles les plus décisives du monde magique depuis des siècles. Il prit une grande inspiration, puis, juste avant que les portes du château ne s'ouvrent, révélant Harry et les autres élèves, il transplana.

L'effet fut immédiat : un sursaut général parcourut la foule. Il était censé être impossible de transplaner à Poudlard, mais à quoi bon être directeur de cette école s'il ne pouvait profiter de toutes les subtilités du rôle ?

Il réapparut au sommet d'une colline, à une distance raisonnable de l'école, dominant la vallée en contrebas. C'est là qu'il les vit.

Une armée noire, innombrable, qui se déployait dans l'obscurité. Ses rangs de sorciers, de créatures magiques et d'êtres étranges s'étendaient à perte de vue. En les voyant, un frisson glacé parcourut la colonne vertébrale du directeur.

'Il y a bien plus de soldats que ce que nous pensions,' réalisa-t-il, l'esprit en alerte. L'armée de Poudlard était en sous-effectif, largement dépassée en nombre.

Les deux meilleurs sorciers de leur côté étaient lui-même et Harry, mais si ce dernier était déjà destiné à un duel contre Tom, alors Dumbledore serait seul à affronter cette vague de destruction.

'Je n'ai pas le choix,' se dit-il en serrant sa baguette plus fermement. 'Le doute n'a plus sa place.'

Mais alors qu'il se préparait à lancer sa première attaque, un choc le paralysa.

En contrebas, Harry était déjà là. Le jeune homme se tenait debout sur son balai, calmement face à Voldemort. Et ils… discutaient ?

Le Seigneur des Ténèbres se mit soudain à rire, un rire partagé par ses hommes, et pointa du doigt une petite vallée proche de l'école. Harry hocha la tête et partit en direction de la vallée, tandis que Voldemort retournait vers son armée.

'Qu'est-ce que cela signifie ?' pensa Dumbledore, ses pensées s'emballant. 'Voldemort ne dirige plus son armée directement ?' La vérité le frappa alors comme un coup de poing. 'Il prépare quelque chose de plus grand.'

À ce moment précis, Voldemort leva sa baguette et une vague de magie brute déferla vers Poudlard. Les protections s'affaiblirent immédiatement sous le choc, certaines tombant même entièrement. Dumbledore grimaça. Il savait qu'il pourrait les relever, mais cela lui coûterait une énergie précieuse qu'il ne pouvait gaspiller maintenant.

Voldemort chancela brièvement, visiblement épuisé par son attaque, mais un autre homme s'avança à ses côtés. Ollivander, son vieil ami, enchaîné, semblait avoir été emmené de force. Le Seigneur des Ténèbres posa sa baguette sur l'abdomen du vendeur de baguettes et, dans un geste sinistre, commença à absorber sa magie.

"Il recharge ses réserves en absorbant la vie d'Ollivander !" comprit Dumbledore avec horreur.

Aussitôt, il se prépara à intervenir, une grande boule de feu apparaissant au bout de sa baguette, prête à être lancée. Mais Voldemort, comme s'il avait senti le danger, se tourna et, plissant les yeux, traîna Ollivander devant lui pour s'en servir comme d'un bouclier humain.

"Attends sagement ici, Albus ! Mon duel avec toi viendra plus tard. Pour l'instant, laisse-moi me débarrasser du morveux, et nous pourrons conclure ce qui a été commencé." La voix amplifiée de Voldemort retentit dans toute la vallée.

Dumbledore, le cœur lourd, relâcha son sortilège. Il était trop tard. La vie avait quitté le corps d'Ollivander, ses yeux se fermant à jamais tandis qu'il tombait sans vie au sol.

Voldemort s'éleva ensuite dans les airs, volant en direction de l'endroit où se trouvait Harry. Un instant, Dumbledore eut envie de se lancer à sa poursuite, mais il savait qu'il ne pouvait pas le faire.

L'armée de Voldemort, menée par l'homme que le Seigneur des Ténèbres avait désigné comme commandant, se dirigeait vers lui. Déjà, des sortilèges sifflaient dans l'air, le forçant à lever sa baguette pour se défendre.

C'est alors qu'un cri retentit derrière lui :

"Atlas !"

Un grand bouclier apparut soudainement, repoussant toutes les attaques.

Dumbledore se retourna, un sourire se formant sur ses lèvres lorsqu'il reconnut le nouvel arrivant.

"02H33, pas une minute de retard ! Prêt à te battre ?" demanda une voix familière.

Dumbledore soupira avec amusement en fixant l'horizon.

"Par Merlin, dis-moi que je rêve", grogna l'homme, contemplant avec stupeur l'armée innombrable de sorciers, de sorcières, de créatures magiques et d'êtres étranges qui surgissait des collines avoisinantes.