X

– Résumons, dit Dean en croquant allègrement dans son sandwich au beurre de cacahuètes. C'est Nico notre tueur au tarot, mais ce n'est pas lui qui m'a assommé puisqu'il est sorti du bar après Sam, sauf s'il est capable de se dédoubler.

Solveig n'avait pas passé la nuit seule, contrairement à ce à quoi elle s'était attendue. La soirée l'avait tellement choquée qu'elle n'avait même pas cherché à rejoindre Sam suite à l'intervention des secours, elle était juste rentrée chez elle. Assez rapidement toutefois, on avait frappé à sa porte. Lorsqu'elle avait ouvert et était tombée nez à nez avec le visage inquiet de Sam, elle avait de nouveau fondu en larmes et il l'avait attirée à lui sans hésiter pour la serrer contre lui et lui murmurer des mots de réconforts. Il s'était ensuite couché avec elle dans son lit une place, sans rien faire d'autre que se coller contre son dos. La jeune femme s'était endormie pendant qu'il lui caressait le ventre d'une main. C'était tout ce dont elle avait besoin.

Au matin, Dean les avait rejoints avec un petit déjeuner. Lui-même avait eu envie de prendre Solveig dans ses bras en voyant son visage défait, mais s'était contenté de lui tapoter maladroitement l'épaule.

– Il n'a pas avoué. Quand la police est venue le chercher, il a juste reconnu l'agression.

– L'agression d'une femme par strangulation, reconnais que c'est quand même un bon indice, répliqua Dean. À moins qu'il n'y ait deux tueurs au même endroit la même semaine. Et pourquoi il voulait la tuer?

Solveig haussa les épaules.

– Il a refusé de répondre, et ensuite j'ai dû partir.

– À côté de ça, Crowley est venu rendre visite à Dean, hier soir, ajouta Sam.

Solveig fronça les sourcils. Sa tête lui faisait mal, elle mourrait d'envie de les mettre à la porte et de retourner se coucher.

– Crowley… Le démon? Qu'est-ce qu'il voulait?

– Lui aussi sent qu'il y a quelque chose d'anormal derrière ces meurtres. Apparemment, il y a de l'agitation en enfer ces derniers jours.

– Ça peut être lié à n'importe quoi d'autre dans le monde, remarqua Dean en se frottant les joues. Je comprends pas pourquoi il pense que ça vient d'ici.

– Ça pourrait pas être lui qui t'aurait assommé? demanda Solveig.

– Tout est possible… Il nous a prêté main forte une fois, mais ça reste un démon… Difficile de lui faire totalement confiance.

Sam n'avait pas l'air convaincu:

– Mais quel intérêt d'assommer Dean juste après lui avoir confié ses doutes? Ça n'a pas de sens.

– Rien n'a de sens, dans cette histoire. La seule personne susceptible de s'en prendre à moi, c'est Nico, et vous l'aviez sous les yeux à ce moment-là.

– Et… la victime? Vous savez comment elle va? demanda Solveig d'une voix timide.

– Choquée, mais vivante, pour ce qu'on en sait, répondit Dean. On peut dire que tu lui as sauvé la vie…

Mal à l'aise, Solveig contempla le fond de sa tasse de thé. Si elle avait été Annie, elle y aurait peut-être lu quelque chose concernant son avenir, mais elle n'y voyait que des résidus de feuilles qui se mélangeaient à l'eau brune.

– C'était un coup de bol, ce mec ne savait vraiment pas se battre. C'est incroyable qu'il ait pu tuer deux personnes…

– Deux personnes endormies, ou absolument pas sur leurs gardes, fit remarquer Sam. Tu disais bien que la femme regardait la télé hier soir quand Nico a débarqué?

– Oui, c'est vrai qu'il l'a attaquée par derrière… Elle ne l'a pas vu venir. Il a dû faire pareil pour les autres victimes. Mais… Pourquoi? Pourquoi les tuer?

Les frères Winchester firent la même moue d'ignorance, ce qui aurait été comique dans n'importe quel autre contexte.

– On en saura plus quand il aura parlé, je suppose, conclut Sam.

Personne n'ajouta rien.

Solveig termina son sandwich. Elle détestait ce pain de mie américain ultra sucré, mais personne ne fabriquait de baguette digne de ce nom dans ce pays. Il y avait bien une boulangerie française dans son quartier, mais le pain y était hors de prix. Les français expatriés avaient beau dire que c'était le fromage qui leur manquait le plus, ça ne valait pas à ses yeux une bonne tartine de pain frais avec du beurre salé dessus.

Ceci dit, ce matin-là, elle aurait trouvé n'importe quel pain indigeste.

– Qu'est-ce qu'il se passe, dehors? s'exclama soudain Sam.

Il était le seul à pouvoir voir par la fenêtre sans bouger de sa chaise.

Dean se leva et colla son nez au carreau:

– La police, encore?

– Qu'est-ce qu'ils font? s'enquit Sam en fronçant les sourcils.

– J'en sais rien, ils se sont arrêtés à trois chalets d'ici environ… Restez là, je vais voir.

Il sortit précipitamment en les laissant seuls.

– Ça va? demanda Sam à Solveig d'une voix douce.

Elle avait l'air absente et complètement abattue.

– Pas trop… Ça t'ennuie si je vais me recoucher?

Sam lui assura que non, et elle se leva pour se diriger vers la chambre, mais avant même d'avoir atteint la porte, elle s'effondra à terre.

Lorsqu'elle émergea, elle trouva les deux frères qui l'observaient d'un air soucieux. À cet instant, elle trouva qu'ils se ressemblaient. Quelqu'un avait placé un gant frais sur son front et elle se trouvait visiblement allongée les jambes relevées sur le canapé – apparemment, les frères Winchester avaient de meilleures connaissances qu'elle en matière de premiers secours. La fraîcheur du tissu sur son front lui faisait du bien et lui rappelait, dans un souvenir très lointain, la façon dont sa mère s'occupait d'elle quand elle était toute petite. Elle n'était pas sure qu'on ait pris soin d'elle comme ça depuis. Cette prise de conscience la rendit un peu triste, puis elle se souvint tout d'un coup pourquoi elle était allongée de cette façon.

– J'ai fait un malaise, c'est ça?

Sam se frotta l'arrière du crâne.

– Un tout petit…

– Pas si petit que ça, répliqua Dean. Je suis parti dix bonnes minutes.

Sam lui caressa le visage. Il avait les sourcils froncés et l'air préoccupé par son état:

– Comment tu te sens? Ça va mieux?

– Oui, beaucoup mieux, soupira Solveig, ce qui était la vérité.

Elle respirait mieux et ne ressentait plus le poids énorme qui l'oppressait depuis ce matin.

– Tu es sujette aux malaises? reprit-il de sa voix douce et apaisante.

– Ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé, mais oui. Enfant, je faisais de l'épilepsie. Ma mère me mettait exactement dans cette position, bien joué.

Sam haussa les épaules avec modestie. Solveig reprit la parole:

– Il s'est passé quelque chose? Pourquoi la police est-elle revenue, Dean?

Elle sentit son hésitation.

– Ce n'est… Sans doute pas le moment d'en parler. Il vaut mieux que tu te reposes, répondit Sam à la place de son frère.

Solveig se redressa:

– Non. Dites-moi ce qui se passe.

Dean jeta un regard à Sam qui voulait clairement dire: Laisse tomber, elle est têtue. Elle lâchera rien, aussi Sam capitula:

– Il y a eu un nouveau meurtre, cette nuit.

Solveig sentit son cœur s'arrêter de battre:

– La dame d'hier soir?

– Non, une autre… Une femme qui vivait seule.

Elle ferma les yeux quelques instants. Rien de tout ceci n'avait de sens.

– Rien de tout ceci n'a de sens, pas vrai? reprit Sam, comme s'il lisait dans ses pensées.

– Ce n'est pas Nico le tueur alors?

– Sauf s'il l'avait tuée dans l'après-midi avant d'aller au bar… Le coroner nous confirmera l'heure de la mort dans la journée, mais ça me semble peu probable.

– On s'est trompés de meurtrier?

Les deux frères semblaient aussi perdus qu'elle, et ne surent que répondre.

– Il y a autre chose, ajouta Dean. Tu as le jeu de tarot d'Annie?

– Oh non…

– Oh si. La dame a été retrouvée assise dans le canapé, comme la précédente victime, vêtue d'une robe rouge et enroulée dans une cape bleue… Dans sa main, il y avait une épée et…

– Une balance, compléta Solveig dans un souffle, une main devant la bouche.

Sam et Dean la regardèrent avec des yeux ronds.

Solveig tendit la main vers la chambre:

– Va voir sur la table de chevet d'Annie, elle a dû laisser son tarot là.

Sam revint avec les cartes, qu'il lui tendit. Elle les fit rapidement défiler avant de leur montrer une arcane:

– C'est la Justice.

– Elle représente quoi, celle-ci? demanda Dean.

– Je m'y connais vraiment moins qu'Annie… Je ne sais pas, l'impartialité, la sentence, la punition? Il y a certainement d'autres lectures plus précises…

Dean se leva et jura.

– J'ai l'impression qu'on est revenus à notre point de départ! Un mec tente d'étrangler une femme, on l'arrête à temps, la police l'embarque et voilà qu'une autre personne est tuée juste après. Ça n'a aucun sens! Cass! Cass, t'es où, nom de dieu!

– Je suislà.

Solveig sursauta si fort que le gant de toilette glissa de son front et s'écrasa par terre dans un bruit mou.

– Putain, Cass! Pourquoi tu n'as pas répondu hier? Je t'ai appelé au moins vingt fois!

– Je n'étais pas disponible. J'étais en retraite de yoga.

– Pardon? En retraite de quoi?

Solveig fronça les sourcils:

– Tu étais avec Annie?

Castiel se retourna et la fixa longuement du regard, les yeux plissés.

– On s'est déjà vus.

– Oui, en effet, hier matin aux aurores. Vous m'avez traitée de fille de mauvaise vie.

Le visage de Castiel n'afficha aucune émotion.

– Je me souviens. Mais vous n'en êtes pas une, finalement.

– Quoi donc?

– Une prostituée.

Solveig ne put retenir un éclat de rire.

– Non, en effet, je ne suis que libraire.

– Ça n'aurait rien changé entre nous, vous savez.

Sam écarta les bras d'un air scandalisé:

– Mais ça suffit oui? Castiel, Solveig est ma copine.

– J'avais cru comprendre. Moi, j'apprécie passer du temps avec ton amie Annie. Une humaine vraiment charmante. Si tu es aussi fine qu'elle, je comprends ce que Sam te trouve.

Solveig avait envie de rire encore plus fort face à l'absurdité de cette conversation.

– Euh… Merci.

Dean se racla la gorge:

– Et, hum… C'est quoi cette histoire de yoga, Cass?

– Eh bien j'ai fait comme tu m'as dit. Je me suis fait passer pour un livreur de pizza et j'ai frappé à sa porte.

– T'es pas sérieux?

– C'était une blague?

Sam et Dean ne purent retenir un rire.

– Pourquoi tu as fait ça? demanda Sam, un grand sourire aux lèvres.

– Dean m'avait demandé de la surveiller.

– Quoi? s'exclama Solveig en se tournant vers Dean.

L'intéressé haussa les épaules, gêné.

– Désolé. Je voulais être sûr que je ne passais pas à coté de quelque chose, avec Annie.

– Et tu as eu raison, parce qu'elle a bien senti la présence de Crowley.

Sam intervint:

– Comment ça?

– Elle a cueilli des plantes de protection contre les démons hier matin, lui expliqua Dean. Comment sais-tu que c'était spécifiquement par rapport à Crowley?

– Elle me l'a dit, répondit Castiel.

Il y eut un silence, pendant lequel tout le monde attendait visiblement qu'il poursuive.

– Oh, je suis censé vous raconter?

– Oui, s'il te plaît, le pressa Dean.

– En fait, c'est très simple, énonça-t-il en les regardant tour à tour, Solveig comprise. J'ai sonné à la porte, habillé en livreur de pizza. J'avais même une boîte de pizza pour parfaire mon déguisement.

– Je parie qu'elle était vide, dit Sam.

Un éclair de surprise passa dans les yeux de Castiel:

– Comment le sais-tu?

– Oh, une intuition, répondit Sam en masquant le rire qui lui montait au visage. Continue.

– Elle m'a ouvert, m'a dit bonjour et m'a fait gentiment remarquer qu'elle n'avait pas commandé de pizza. J'ai dit, oui c'est vrai, en effet. Elle m'a dit aussi que ma boîte était vide, mais elle souriait. Je lui ai demandé pourquoi elle me laissait entrer et ne se méfiait pas de moi, et là, elle m'a dit «je sens que vous faites le bien autour de vous».

Sam et Dean eurent exactement la même mimique de surprise, les sourcils haussés:

– Tu veux dire qu'elle a compris que tu étais un ange?

– Elle ne l'a pas dit ainsi, mais oui, elle m'a expliqué qu'elle sentait les choses qui étaient surnaturelles. Pas chez les humains, mais chez les autres créatures, surtout les démons et les anges, même si elle ne les appelle pas ainsi.

– Elle n'a pas eu le mémo à propos des anges, non? ironisa Dean.

– Elle sent les créatures qui font le bien et celles qui font le mal, répéta consciencieusement Castiel, comme si Dean était parfaitement idiot.

– Et Crowley alors?

– J'y viens, Dean. On a donc parlé ouvertement, elle et moi. Je lui ai raconté nos combats, notre amitié et mon évolution personnelle, qui m'a fait passer d'ange du Seigneur à ange empli d'humanité, ce qui explique son ressenti envers ma personne, je suppose. Elle se doute qu'il y a quelque chose de surnaturel derrière les meurtres qui se passent ici depuis qu'elle a compris qu'ils représentaient des cartes de Tarot, mais comme vous, elle ne sentait pas de présence démoniaque autour de ça. Jusqu'à hier. Là, elle a senti quelque chose de noir arriver, de très noir mais aussi de très ambivalent, elle m'a dit n'avoir encore jamais ressenti une telle émotion, de la peur, du dégoût mais aussi… une sorte de foi. Elle m'a dit: «C'est un démon, mais peut-être un démon qui était un ange avant, donc j'ai pensé à Lucifer. Je n'ai jamais été confrontée à cela avant, Castiel. Mes protections habituelles suffisent toujours à les éloigner, je n'en ai jamais rencontré.» Comme je savais que Crowley était après vous et que Lucifer est toujours au fond de sa cage, j'ai compris tout de suite.

– D'accord mais… Et le yoga? reprit Dean, qui ne lâchait pas l'affaire.

– Oh, eh bien après cela elle m'a dit qu'elle avait été ravie d'avoir cette conversation avec moi mais qu'il fallait qu'elle file car elle s'était inscrite à un stage de yoga de deux jours. J'ai demandé si je pouvais venir, car sa compagnie m'était agréable, elle a accepté et voilà.

Sam, Dean et Solveig le regardaient avec des yeux ronds.

– Oui, c'est logique, laissa finalement échapper Sam.

– J'ai beaucoup aimé, bien plus que de courir derrière elle hier matin.

– Je t'expliquerai, dit Dean à Solveig en voyant sa tête. Écoute, reprit-il à l'attention de Castiel, justement, à propos de ces meurtres… On est paumés. On pensait avoir intercepté le tueur hier soir, pile sur le lieu de son nouveau crime, que Solveig a brillamment empêché soit dit en passant, la police l'a arrêté et il se trouve actuellement dans une prison du comté. Mais malgré ça, il y a quand même eu un nouveau meurtre hier soir, après que l'on a arrêté monsieur psychopathe.

– Que veux-tu que je fasse, Dean?

– Tu voudrais pas… Je sais pas, lire dans ses pensées? Ça nous donnerait une explication rationnelle face à ce grand bordel?

– D'accord, face de miche.

Il disparut dans un bruit d'ailes.

– Face de miche? répéta Solveig.

– Ne cherche pas à comprendre, répondit Sam. Ça va mieux?

– Oui, je crois… Merci d'avoir pris soin de moi. Je crois que la soirée d'hier m'a marquée plus que je ne le pensais.

Sam l'attira contre lui. Elle se laissa aller contre son torse en respirant son odeur de caramel chaud. Je ne bouge plus de là, se dit-elle. Assez de ces meurtres, de ces histoires d'anges, de démons, de chasse et de surnaturel. Je veux juste rester dans les bras de Sam.

Dean se servit un café en faisant comme s'il ne se passait rien de notable entre son frère et Solveig. Castiel revint au moment où il en buvait une première gorgée et se brûlait la langue.

– C'était bien votre tueur, dit Castiel. Mais ce n'est pas lui qui tire les ficelles.

– Développe, l'encouragea Dean.

– C'est une histoire classique. Il vient d'une famille religieuse à l'extrême, avec un père tyrannique qui faisait sa loi, une mère soumise à l'autorité. Le père le torturait et lui faisait vivre des horreurs en se basant sur l'Ancien Testament, bref, il est traumatisé. Un jour, il a rencontré quelqu'un qui l'a encouragé à se venger de manière symbolique, en assassinant symboliquement sa famille. Il a donc tué…

– Une représentation de son père, comprit Sam, dans son deuxième meurtre.

– L'Empereur, se souvint Solveig. Un personnage fortement attaché aux valeurs traditionnelles, qui n'aime pas être remis en question… Et qui peut se montrer violent si quelqu'un ose contrarier ses plans… Ça prend tout son sens, effectivement. Mais le Pendu?

– Le Pendu correspondait à sa transformation vers l'acceptation de ses souffrances, répondit Castiel. L'idée selon lui, c'est que c'est le premier pas vers l'accomplissement de son destin, car il s'est confronté à ses traumatismes pour les combattre.

– Le troisième meurtre devait représenter sa mère, j'imagine, compléta Dean.

– Oui, mais aussi la justice, la fin de la boucle. L'achèvement de son travail.

– Mais ce n'est pas son œuvre, pour finir.

– Non. C'est celle de son mentor. C'est aussi lui qui repassait derrière lui pour mettre en ordre les scènes de crime.

Il se tourna vers Solveig:

– Comme tu as arrêté Nico avant qu'il n'ait terminé son acte hier soir, il a pris le relais.

– Mais… qui est ce type?

– Je n'ai pu percevoir qu'un seul nom: Jessaphar. C'est ainsi qu'il s'est présenté à Nico.

– Ça veut dire quoi? demanda Dean en fronçant les sourcils.

– C'est le nom d'un ange: le sacrifice expiatoire.

– Effectivement. Et… C'est lui, du coup?

Castiel n'hésita pas une seconde:

– J'en doute. Jessaphar a été tué il y a des siècles parLucifer en personne.

– Ce ne serait pas le premier à avoir fait croire à sa mort…

– Crois-moi, Dean, ce type qui veut se faire passer pour un ange n'en est pas un. Ou alors, il n'est plus ici depuis longtemps: je te rappelle que je sens la présence de mes pairs.

– Génial. Et comment va-t-on le trouver maintenant? Nous voilà bien avancés. D'autant qu'on ne sait toujours pas ce qu'il veut et pourquoi il a continué l'œuvre de Nico… Elle est terminée d'ailleurs, non?

– Il dit qu'il attendait l'appel de Jessaphar. Mais selon lui, Solveig et Sam étaient contre-nature, si ça n'avait tenu qu'à lui, il les aurait tués sans hésiter.

Solveig fronça les sourcils:

– Pourquoi?

– Il ne supporte pas de voir des gens amoureux, c'est ce qu'il m'a dit. Il dit qu'il n'a pas eu d'amour, lui, à part de sa mère. Il a envie d'écraser tous ceux qui s'aiment devant lui.

– C'est débile, ricana Dean. Solveig et Sam ne sont pas amoureux. Ils couchent juste ensemble. Il ne supporte pas de voir des gens baiser, en fait.

Il ne vit pas Solveig pâlir dans son dos.

– Dean… commença Sam, mais Castiel l'interrompit:

– Je dois vous laisser à présent. On m'appelle, là-haut, ça m'a l'air urgent.

Il disparut de nouveau dans un battement d'aile. Solveig s'éclaircit la voix:

– Merci pour le café, mais j'aimerais bien me reposer maintenant. Vous voulez bien me laisser?

Elle espérait que personne n'entendrait les tremblements dans sa voix. À son grand soulagement, Sam quitta le chalet à la suite de son frère, non sans un dernier regard dans sa direction. Elle lui sourit mécaniquement avant de refermer la porte derrière eux.