Disclaimer: Pauvre moldu oublié que je suis, je ne possède point les droits pour cette magnifique œuvre qu'est Harry Potter.

LiberLycaride: Salut ! Eh bien... sans problèmes tu dis ? Sans doute oui ;). J'ai quand même pris le temps de raconter l'épreuve. J'ai lu pas mal de fanfiction où l'épreuve est ignorée ou quoi, et j'ai trouvé cela dommage. Alors bon, j'ai voulu mettre mon petit grain de sel à tout cela. En tout cas, j'espère que l'histoire plaît toujours autant. Bonne lecture !

fortinpatric: Toujours là depuis le temps hahaha ;)

Ukronia: Merci beaucoup ! Je suis content que l'histoire te plaise toujours, et comme tu le dis te "tienne en haleine". Comme je l'ai dit depuis le chapitre du bal, la romance va prendre une micro pause alors que le scénario va reprendre un peu le dessus. Le chapitre est assez lourd, et celui qui vient la semaine prochaine également. Mais bon... Il faut bien que ça bouge tôt ou tard ! En tout cas, encore merci pour le soutien, et bonne lecture !

Un sacré combat aujourd'hui, et pour une fois, notre Harry sera peut-être pas celui qui aura l'avantage...


Cette soirée-là, 23H33:

"Dans cette pièce, nous devrions être hors de portée des oreilles indiscrètes," affirma Alexander, son regard scrutant attentivement la chambre à la recherche de témoins potentiels.

Une fois sa reconnaissance terminée, il se tourna vers son interlocuteur et observa ce dernier refermer la porte d'un mouvement fluide, utilisant un sort qu'Alexander ne connaissait pas. "Désormais, nous sommes en sécurité," déclara l'homme d'un ton glacial.

"Comme vous le savez déjà, je suis Alexander Greengrass," se présenta le père de famille en tendant la main à son vis-à-vis. Celui-ci la serra, affichant un sourire que l'ancien Serpentard jugea plutôt malsain. L'homme se présenta à son tour comme un certain Tom Smith. Sans tarder, ils en vinrent à discuter des dernières nouvelles.

Au début, Alexander peinait à cerner la direction de la conversation, supposant qu'un code caché se dissimulait dans les paroles du mage. Il l'écouta donc avec une attention redoublée. Cependant, cette concentration excessive sur les dires de son interlocuteur, au détriment de sa vigilance, lui coûta cher.

Soudainement, l'homme qui s'était présenté sous le nom de Tom Smith dégaina sa baguette et plaqua violemment Alexander contre le mur, le prenant totalement par surprise. Le choc le fit grogner de douleur

"Que faites-vous Smith?!" siffla Alexander d'un ton menaçant, choqué par la force brute du sorcier qui se dressait devant lui. Rares étaient en effet les mages dotés d'une telle puissance physique. La plupart d'entre eux consacraient leur énergie exclusivement à leur développement magique, négligeant ainsi leur corps. C'était cet atout physique qu'Hadrian avait toujours possédé sur ses adversaires. Il n'avait jamais négligé son entraînement physique, que ce soit durant sa jeunesse au Quidditch ou plus tard dans les arts martiaux lorsqu'il avait rejoint les Aurors.

"Alexander Greengrass, il y a bien longtemps que l'on ne s'est pas vus," lança l'homme, sa baguette pressée contre la gorge du Lord anglais.

"Qui êtes-vous?" grogna-t-il en retour, agacé d'avoir été maîtrisé sans avoir pu répliquer.

"Antonin Dolohov," murmura le mage, savourant le tremblement d'Alexander lorsqu'il entendit son nom.

"Je suis ici pour vous proposer un marché," poursuivit Antonin. "Soit vous vous joignez au Seigneur des Ténèbres et espionnez Hadrian Potter pour notre compte. Soit vous refusez, et dans ce cas précis, votre famille entière sera éliminée," menaça le Mangemort, son sourire se transformant en une grimace quasi maniaque. "J'ai appris que votre femme se trouvait bien seule ces derniers temps. Le coma de la jeune Astoria a certainement dû fortement affecter la pauvre femme. Je suis persuadé qu'elle apprécierait un peu de réconfort."

Alexander bouillait de rage. Entendre cet homme menacer sa femme et ses filles en sa présence le rendait fou furieux. Le Mangemort avait osé s'infiltrer dans le manoir Potter sous le regard de tous les invités, l'avait enlevé et prononçait maintenant de telles paroles en le fixant droit dans les yeux.

Il sentit soudainement une part de lui se briser. Sa colère avait dépassé toutes les limites.

D'un mouvement vif, Alexander assena un coup de tête à Dolohov. Le Mangemort, pris par surprise, tituba en arrière. Profitant de son désarroi, Alexander lança un sortilège de désarmement. Le mage noir, désorienté, parvint à dévier le sort, mais grimaça de douleur lorsqu'un sortilège de Brise-Os le frappa au doigt.

Cependant, Dolohov n'était pas un adversaire à sous-estimer. Il réagit promptement, lançant un sortilège de mort sur Alexander. Le sorcier noir était connu pour sa cruauté et sa puissance redoutable, et Alexander savait qu'il n'avait aucune chance de survivre si le combat s'éternisait.

Alors que le flash vert du sortilège interdit se rapprochait de lui, il parvint à tourner la tête, encore légèrement sonné par le coup porté à Dolohov. Le sortilège frôla son visage, laissant derrière lui une sensation de brûlure intense.

Le duel avait commencé. Et ni l'un ni l'autre ne pouvait revenir en arrière.

Malgré son inexpérience dans les arts sombres, Alexander se battait avec une férocité animale. Il puisait dans sa rage et sa peur pour sa famille la force de résister aux assauts dévastateurs de Dolohov.

Le Mangemort, surpris par la résistance inattendue d'Alexander, redoubla d'ardeur. Les sorts volaient dans tous les sens, faisant trembler les murs de la chambre. Des meubles volaient en éclats, et des objets enflammés tombaient du plafond. Alexander réalisa alors que le sorcier noir, en plus d'avoir fermé la porte, avait probablement insonorisé la pièce. Cette prise de conscience le déstabilisa brièvement, et il en paya le prix, touché durement à la hanche par un sort de coupe.

Néanmoins, il ne recula pas. Sa famille était en danger, il ne pouvait pas céder maintenant. Il riposta avec détermination, utilisant ses connaissances en herbologie et en potions pour créer des sorts inédits.

Il lança un sortilège sur une plante près du lit, la faisant grandir et se métamorphoser en un serpent géant qui se jeta sur Dolohov. Le Mangemort, pris au dépourvu, fut contraint de se concentrer sur le serpent, offrant un court répit à Alexander.

Profitant de cette opportunité, Alexander lança un sort complexe. Des racines jaillirent du sol, s'enroulant autour des jambes de Dolohov et le faisant vaciller. Le Mangemort, piégé, lança un sort dévastateur qui aurait pu anéantir Alexander, mais ce dernier le bloqua de justesse avec un bouclier protecteur. Le bouclier vacilla sous l'impact et s'effondra, faisant reculer son lanceur, mais Alexander resta miraculeusement indemne.

L'explosion secoua violemment la pièce, faisant trembler une nouvelle fois les murs et les meubles. Un épais nuage de poussière envahit l'air. Dans le chaos ambiant, Alexander parvint à contourner les racines et se précipita vers Dolohov, sa baguette levée.

Il exécuta un mouvement complexe de sa baguette, chantant une incantation dans une langue ancienne tandis que le sol en pierre s'ouvrait. Des tentacules de pierre se formèrent dans toute la pièce, emprisonnant Antonin qui regardait, médusé, le mage devant lui.

D'après les récits, cet homme n'était pas un duelliste hors pair. Pourtant, face à lui se tenait un sorcier d'une redoutable habileté, capable de rivaliser avec l'un des Mangemorts les plus redoutables encore en vie.

Dolohov, conscient de l'impasse, décida de hausser le niveau du combat et conjura une forme noire et informe, semblable à un slime visqueux. Cette dernière n'avait aucun sens. Le simple fait de la regarder suffisait à causer un puissant mal de tête.

Alexander observa cette masse répugnante avec dégoût tandis qu'elle grandissait démesurément, atteignant le plafond de la pièce.

La créature informe se mit à attaquer les tentacules de pierre lancées par le sorcier anglais, le forçant à interrompre son offensive et à concentrer sa magie sur la protection du sol devant lui.

Ses réserves s'épuisaient rapidement et une certaine fatigue s'installait. S'il ne s'agissait que de cela, il aurait pu en supporter davantage.

Malheureusement, les blessures accumulées, dont celle à la hanche qui saignait abondamment, le fragilisaient de plus en plus. Le temps jouait contre lui, et s'il n'agissait pas rapidement, Alexander Greengrass mourrait ce soir de fête.

Déterminé à tout donner dans une dernière attaque, il lança un puissant sortilège d'explosion sur son adversaire avant de s'écrouler à genoux, plantant sa baguette dans le sol.

Une nouvelle tentacule surgit derrière Dolohov, l'enlaçant à la taille et l'immobilisant.

Le mage noir, acculé, conjura un bouclier protecteur devant lui. L'explosion les projeta tous deux violemment en arrière, les percutant contre les murs opposés.

Alexander, grièvement blessé, était incapable de se relever. Il observa avec effroi le mage noir se relever, boitant et couvert de multiples coupures et fractures, un rictus de satisfaction déformant son visage.

Le Mangemort s'approcha de lui péniblement, ramassa sa baguette projetée au sol et la pointa vers l'homme gisant à terre. "Un dernier mot ?" ironisa-t-il.

Alexander baissa la tête, incapable de parler, lorsqu'une nouvelle voix retentit dans la pièce reculée.

"Vous semblez vous amuser ici," lança Hadrian d'un ton sarcastique, entrant dans la pièce un verre à la main. "Excellent travail," ajouta-t-il en observant le chaos ambiant.

Il posa son verre... dans le vide, et s'approcha des deux hommes qui n'avaient pas bougé depuis son arrivée. Levant sa baguette vers Alexander, il lança : "Terminons-en avec ça."

24/06/1995, 20H15, Poudlard, Ecosse:

Harry s'enfuyait à toute allure, zigzaguant entre les lianes qui tentaient de l'attraper. Sa baguette magique vibrait dans sa main alors qu'il se concentrait pour déjouer les pièges qui jonchaient son chemin, tout en maintenant un bouclier protecteur pour éviter d'être écrasé par les branches mouvantes.

"Incendio !" s'exclama-t-il, excédé. Une vague de feu jaillit de sa baguette, déchirant le mur végétal qui l'encerclait. Il répéta le sort une seconde fois pour s'assurer de la destruction de l'obstacle et reprit sa course effrénée.

Hanté par la peur de se perdre, il se tenait collé contre le mur de droite, marmonnant les directions pour se repérer : "Droite, gauche, gauche, droite." Espérant que ces repères le mèneraient à la sortie, il se répétait inlassablement cette litanie, comptant sur l'expression: "Tous les chemins mènent à Rome".

Soudain, il s'immobilisa, ne remarquant même pas la boue qui lui recouvrait les jambes. Devant lui, gisait le corps inerte de Daphné.

Il s'effondra à genoux, son esprit incapable de saisir l'horreur qui se dressait devant lui. Un pressentiment funeste l'avait assailli dès le début de cette épreuve, mais il n'aurait jamais imaginé un tel scénario. Non, c'était impossible. Elle ne pouvait pas être morte. Il l'avait vue dans les gradins...Les gradins ! Ce n'était pas elle, mais un épouvantard ! Rugissant de colère d'être tombé dans un piège aussi grossier, il se releva et murmura le contre-sort : "Riddikulus".

Le corps devant lui ne se transforma pas en une créature amusante. La quantité prodigieuse de magie qu'il avait injectée dans ce sort simple avait entièrement dissipé l'illusion. Cet acte de magie à lui seul témoignait de sa force hors du commun.

"Montre-moi la coupe" ordonna-t-il, avant de se remettre en marche, guidé par la direction indiquée par sa baguette.

L'épreuve redoutable se poursuivait, et Harry n'eut aucun doute : son objectif était de les éliminer.

Tous les vingt pas, une créature l'attaquait ou le sol s'affaissait sous ses pieds. Parfois, les murs se refermaient sur lui, tentant de l'emprisonner. Un instant, il se retrouvait enfermé dans une bulle illusoire qui le faisait tourner en rond. La seconde d'après, il était projeté dix mètres en arrière.

Déboussolé, il ne comprenait pas tout, mais sa patience arrivait à bout.

Une nouvelle fois, il se trouva englué dans des sables mouvants. Conjurant une planche de bois, il la posa sur le sol instable et continua sa progression, courant sur la surface précaire qui s'enfonçait peu à peu.

Le jeune héros du monde sorcier se vit ensuite confronté à deux acromentules gigantesques. "Ron aurait fait une crise de panique en les voyant," pensa-t-il avec un rictus, avant de lever sa baguette vers leurs multiples yeux. Il n'avait jamais réellement apprécié les araignées de toute façon.

D'un mouvement vif, il fit surgir une dizaine de pierres devant lui et les métamorphosa en pieux acérés. Les deux araignées se précipitèrent vers lui, l'une d'elles effectuant un bond prodigieux pour lui sauter dessus.

D'un geste fluide et précis, Harry propulsa les pieux acérés vers les acromentules, puis planta sa baguette dans le sol avec force. La première créature s'écroula instantanément, transpercée de part en part par les projectiles de pierre. La seconde, toujours en l'air suite à son bond prodigieux, fut violemment ramenée au sol par un sort de gravité lancé par Harry.

Sans perdre de temps, il concentra une grande quantité de magie dans son noyau, puis d'un mouvement rapide, lança le sort Reducto sur l'acromentule restante. L'araignée géante se mit alors à rétrécir de façon spectaculaire, diminuant jusqu'à la taille d'une araignée de jardin inoffensive. Harry l'acheva d'un simple coup de pied, éliminant ainsi le deuxième obstacle qui se dressait sur son chemin.

"Je dois me rapprocher de la coupe," se dit-il, conscient que les épreuves devenaient de plus en plus périlleuses.

Après une série de virages serrés, il se retrouva face à un Sphinx majestueux.

"Salutations, jeune homme," gronda la créature fantastique. "Es-tu prêt à affronter mon énigme ? Mais prends garde ! Une seule réponse erronée et une mort horrible t'attend. Si tu préfères, tu peux toujours faire demi-tour."

Harry, déterminé à poursuivre sa quête, ignora l'avertissement du Sphinx et lui fit signe de commencer son énigme.

"Très bien," reprit le Sphinx en levant fièrement la tête. "Écoute attentivement mes paroles."

"Je suis toujours à venir,

Mais jamais je n'arrive.

J'ai toutes les réponses,

Mais jamais je ne pose de questions.

Je suis la fin de tout,

Mais aussi le commencement.

Qui suis-je ?"

Harry s'assit, apaisant son esprit et se concentrant sur les paroles du Sphinx.

"Toujours à venir, mais jamais là, donc ce n'est pas un événement précis. Ça doit être un concept, ou un mot ne désignant rien de précis", supposa-t-il.

"J'ai toutes les réponses... Ça pourrait être le futur," songea-t-il, avant de secouer la tête. "Non, le futur ne peut pas être le commencement. Mais alors qu'est ce que ça peut-être ?"

Son esprit tournait dans tous les sens, alors qu'il cherchait des synonymes au mot "futur" qui pourraient coller.

Jusqu'à ce que : "Demain ?" tenta-t-il. Avant que le Sphinx ne puisse approuver ou non sa réponse, il s'expliqua: "Demain est toujours à venir, mais n'arrive techniquement jamais, puisqu'il sera pour l'éternité dans le futur. Demain a toutes les réponses que l'on recherche, mais ne pose pas de questions, car nous ne pouvons pas l'atteindre. Et demain est la fin de tout, car il marque la fin du jour présent, mais également, tôt ou tard, la fin de notre vie. Pour moi, le mot juste est "demain !""

Le Sphinx le regarda, puis lui offrit un sourire avant de le féliciter. "Bravo, jeune sorcier. Tu as trouvé la bonne réponse. Continue ton chemin vers la coupe."

"Mais prends garde ! Des forces sombres sont à l'œuvre !" ajouta-t-il, avant de se retourner et de reprendre sa position initiale.

Harry, prenant l'avertissement en compte, reprit sa route, jusqu'à ce qu'au loin… "La coupe !"

Il vit une lumière bleue aveuglante se dégager de cette dernière. Il commença alors à s'en approcher, avant de trébucher. Se relevant rapidement avec une roulade, il tourna son attention vers ce qui l'avait fait tomber, avant de reconnaître Fleur Delacour, inconsciente au sol.

Vérifiant qu'elle respirait toujours, il murmura "Periculum", alors que des étincelles rouges quittaient sa baguette et s'élevaient dans le ciel.

Tout d'un coup, il sentit un sort siffler près de son oreille. Par réflexe, il conjura un bouclier qui tint le choc, et regarda dans la direction d'où provenait l'attaque, cherchant un lanceur.

"Krum ?!" s'exclama Harry, ne comprenant pas ce qui arrivait au garçon. Ce dernier avait un collier étrange autour du cou qu'il n'avait pas porté lors des précédentes épreuves. Ses yeux étaient blancs pâles, mais sans pupilles. Il semblait aveugle, et par dessus tout dans une colère folle.

Au même moment, il vit Cédric arriver de l'autre côté, et s'arrêter en voyant la coupe.

Décidant qu'il ne devait pas perdre une seconde de plus s'il voulait mettre fin à cette épreuve, il conjura un arc de feu qu'il lança en direction de Krum qui fut projeté au sol. Profitant de l'hébétement de ce dernier, il courut jusqu'à la coupe, son entraînement physique intense lui permettant de mettre une certaine distance avec l'élève de Poufsouffle.

La course fut serrée, Harry devant esquiver les derniers pièges en place, les sorts offensifs de Cédric et Krum, qui s'était relevé, tout en évitant de trébucher. Mais il parvint finalement à la coupe, et sans un regard en arrière, l'attrapa, criant un dernier avertissement à Cédric: "Fais attention à Krum ! Il n'est pas dans son état normal !"

L'instant d'après, comme il s'y attendait, il fut transporté avec la coupe. "Je ne sais pas où je vais, mais j'ai comme l'impression que ce n'est pas le point de départ", grogna le garçon alors qu'il atterrissait, coupe à la main, dans un étrange lieu qu'il ne connaissait pas.

24/06/1995, 21H54, Manoir Jedusor, Little Hangleton:

A la seconde où Harry releva la tête, il comprit qu'il avait de gros problèmes. Autour de lui se tenait un groupe d'une vingtaine d'hommes, tous vêtus de noir. Il reconnut presque immédiatement leur tenue : c'étaient des Mangemorts. Et la présence de Mangemorts était rarement une bonne nouvelle.

Au milieu de ce groupe hétéroclite se dressait un homme aux traits émaciés et d'une pâleur cadavérique. Ce sorcier, dont l'âge avoisinait la quarantaine, semblait exercer une autorité incontestable sur ses acolytes.

"Cheveux courts, visage aux contours ciselés... Tom Jedusor, je suppose ?" lança Harry d'une voix ferme, se redressant fièrement alors qu'il pointait sa baguette magique en direction du redoutable Seigneur des Ténèbres.

Si Hadrian Potter avait été présent à cet instant précis, il aurait immédiatement compris que quelque chose clochait. En effet, Voldemort n'arborait pas cette forme monstrueuse mi-homme mi-serpent qui lui était si caractéristique. Ses traits physiques étaient certes singuliers, mais il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un homme.

Harry parvint à dissimuler sa surprise face à l'apparition du mage qui avait assassiné ses parents. Il savait pertinemment que ce dernier était en vie, l'ayant aperçu de ses propres yeux lors de sa première année à Poudlard. Ce qui le troublait profondément était l'enveloppe charnelle que le sorcier noir avait choisie.

L'attaque perpétrée par Antonin Dolohov, ainsi que les informations glanées auprès de la nièce d'Amélia Bones, constituaient des preuves irréfutables du retour de Voldemort sur la scène sorcière. Mais il y avait un monde entre lire des rapports et se retrouver face à face avec l'homme en question.

Harry observa le visage de Voldemort se contorsionner de colère, l'utilisation de son nom moldu le touchant toujours autant que durant ses années d'études à Poudlard.

"Ne prononce plus jamais ce nom, garçon !", siffla-t-il, ses yeux incandescents d'une étrange lueur rougeâtre, tandis que son aura magique dégageait une puissance redoutable. Harry ne put nier ressentir une terreur profonde. Il était loin d'être de taille à affronter Voldemort en duel singulier.

Finalement, remarquant que ses propres subordonnés commençaient à défaillir sous l'effet de sa puissance, le Seigneur des Ténèbres se calma.

D'un mouvement d'une rapidité fulgurante, Harry fut projeté en arrière par un sortilège lancé par Voldemort, sa baguette magique atterrissant quelque part dans cet étrange lieu maudit où il se trouvait prisonnier.

Le puissant Seigneur des Ténèbres britannique ligota ses mains avec des cordes et le força à se tenir devant lui.

"Eh bien, il me semble que je vous dois quelques explications, mes chers amis", déclara-t-il, sa voix se déformant singulièrement sur le dernier mot de sa phrase.

D'après ce que Harry pouvait déduire, les autres mangemorts semblaient aussi ignorants du plan de Voldemort que lui-même.

Il laissa son regard vagabonder dans les environs, prêtant une attention particulière au monologue du mage noir. Il se trouvait devant une tombe. En face de lui se dressait un manoir lugubre, non sans rappeler certaines bâtisses de films d'horreur qu'il avait pu apercevoir furtivement à la télévision des Dursley.

Harry se trouvait face à une tombe gravée du nom "Tom Jedusor". Or, l'être vivant portant ce nom, à sa connaissance, se tenait juste devant lui, et monologuait sur son immense puissance. Harry supposa alors qu'il s'agissait du père du Seigneur des Ténèbres arrogant.

"Cela fait onze ans maintenant que le monde pense que tu m'as vaincu, Harry Potter, alors que tu n'étais qu'un bébé", poursuivit l'homme. De son côté, Harry tenta de se libérer en frottant lentement la corde avec ses ongles.

"Mais la vérité, mes chers compagnons, c'est que la mère du garçon, la Sang-de-Bourbe Lily Potter, a utilisé un vieux sort de magie ancienne. Elle a sacrifié sa vie en échange de la tienne, Harry Potter. Et par conséquent, je ne pouvais ni te toucher, ni te blesser."

Harry comprenait à quoi Voldemort faisait référence. Le mage noir parlait probablement du second sortilège de mort auquel il avait survécu à la fin de sa première année. Le jeune héros du monde sorcier restait perplexe. Ses parents lui avaient dit qu'il avait un morceau d'âme de Voldemort en lui. Mais le propriétaire de l'âme lui-même n'avait-il pas senti la destruction d'une partie de cette dernière ? Peut-être devrait-il en parler à Sirius plus en détail…

Soudain, Voldemort s'interrompit. Un par un, il passa devant ses hommes, tous semblant plus terrifiés les uns que les autres. Tous sauf une. "Dix ans. Je vous ai attendu dix longues années. Et la seule qui m'a cherché, lorsqu'elle a pu s'enfuir d'Azkaban, c'était toi, ma chère Bellatrix."

Il effleura le masque de sa subordonnée, et Harry put enfin voir la femme qui hantait les cauchemars de son ami Neville.

Bellatrix Lestrange... paraissait brisée. Il n'avait pas d'autres mots pour la décrire. Sa peau était livide, ses yeux vides et ses cheveux avaient considérablement blanchi. Harry ignorait ce qu'elle avait subi, que ce soit à Azkaban ou en dehors, mais il était évident qu'elle avait beaucoup souffert.

La femme parvint à sourire au contact de son maître, avant qu'il ne conjure à nouveau le masque cachant son visage.

Il appela ensuite tous ses Mangemorts présents, et Harry reconnut des noms tels que Goyle, Nott, Malefoy, ou encore... "Antonin Dolohov ! Toi, mon ami, a réalisé un exploit qu'aucun autre de mes hommes n'est parvenu à faire."

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Voldemort, imité par Dolohov lui-même. L'homme s'avança vers Harry, le forçant à renforcer ses barrières mentales pour ne pas se jeter sur lui et venger le père de Daphné.

"Harry Potter. Vous vous ressemblez beaucoup, tout de même, maintenant que je regarde. Pourtant, vos liens de sang sont relativement éloignés. C'est très intéressant", souligna le mage noir, avant de sortir sa baguette et de la pointer vers Harry.

"Tu sais, lorsque notre maître a entendu parler des exploits d'Hadrian Potter, nous étions très tentés de l'inviter à nos côtés", poursuivit-il. Harry avait le sentiment qu'il n'allait pas aimer la suite de l'histoire.

"Mais lorsqu'ils se sont rencontrés, ils n'ont pas pu se mettre vraiment d'accord. Ainsi, ils se sont battus."

Harry voulait insulter l'homme, mais savait qu'il disait la vérité. Les nombreuses discussions qu'il avait eues avec Fortuna, Sirius et Dumbledore corroboraient fortement cette théorie. Or, si son oncle avait disparu, et que Voldemort se tenait devant lui avec un sourire moqueur, alors…

"Bien évidemment, notre maître a gagné le combat. Et c'est cette baguette qui a eu l'honneur de mettre fin à la vie de ton oncle", acheva-t-il.

Les yeux d'Harry se mirent à briller d'un vert éblouissant, contrastant avec le rouge des pupilles de Voldemort.

Les cordes retenant Harry explosèrent, alors qu'il attirait à lui sa baguette, utilisant inconsciemment de la magie sans baguette.

L'instant d'après, avant que quiconque ne puisse réagir, Antonin Dolohov avait été violemment projeté contre les murs du manoir Jedusor.

Voldemort ne sembla pas perturbé par l'attaque du jeune garçon, alors que les autres mangemorts sortaient leur baguette et la pointait sur Harry.

"NON ! IL EST A MOI !" cria le Seigneur des Ténèbres, sa puissante aura s'imposant une nouvelle fois et faisant taire ses hommes.

Le souffle de l'explosion avait fait s'envoler tous leurs masques. Harry s'assura de bien graver les visages devant lui.

"Un vampire ?" remarqua-t-il intérieurement. En effet, l'un des hommes de Voldemort était d'une pâleur maladive, encore pire que son maître, et ses deux canines sortaient de sa bouche.

Harry et Voldemort se tenaient face à face, et Harry comprit qu'il avait joué dans la main du mage noir depuis le début.

"Il veut que l'on se batte, pour montrer à ses mangemorts qu'il est plus fort que moi", déduisit le garçon. C'était pour cette raison que le sorcier noir n'avait pas détruit sa baguette à son arrivée. C'était pour cette raison qu'il n'était maintenu que par une faible corde.

Et c'était pour cette raison que Voldemort avait ordonné à ses hommes de ne pas le toucher. Il voulait sa vengeance sur lui.

Paradoxalement, ce sentiment était partagé par Harry. Les deux voulaient la mort de l'autre.

"Tu ne peux pas me battre Harry. Ce corps a été façonné à partir du sang de mes ennemis", se moqua-t-il, faisant hausser les sourcils d'Harry d'incompréhension.

"Je ne pouvais pas mettre la main sur toi. Mais cela ne m'empêchait pas d'accéder aux corps de tes parents. Quelle idée d'enterrer des cadavres sous un sort de stase ?"

Harry comprit aussitôt ce qu'avait fait le mage noir. A défaut d'avoir pu prendre son propre sang, Voldemort était allé voler les corps de ses parents, et en avait tiré le sang nécessaire pour reprendre une forme tangible.

"Tu as tué mes parents…" gronda Harry, la voix chargée d'une rage contenue. "Causé la mort de mon oncle", il s'avança d'un pas, ses yeux fixant Voldemort avec une intensité brûlante. "Et par-dessus tout, tu as souillé leur corps, même après la mort !"

Son aura magique explosa à son tour, déchaînant une vague d'énergie palpable qui parcourut le cimetière. Bien qu'elle ne fût pas comparable à la puissance redoutable du Seigneur des Ténèbres, elle suffit à envoyer des frissons dans le dos des mangemorts présents. Ils comprirent instinctivement que s'ils ne reculaient pas, ils risquaient de subir les foudres du jeune sorcier.

Voldemort, loin d'être intimidé par cette démonstration de force, observa Harry avec un sourire sadique. "Oui, Harry, c'est cela. Libère cette haine, cette colère", le poussa-t-il, satisfait de voir le garçon de la lumière se laisser consumer par ses émotions les plus sombres. "Laisse-les te guider, te rendre plus puissant."

Harry, aveuglé par la rage, leva sa baguette, prêt à déchaîner sa vengeance sur l'homme qui avait tant fait souffrir ceux qu'il aimait. Mais avant qu'il ne puisse prononcer le moindre sortilège, Voldemort le stoppa brutalement d'un geste de la main.

"Voyons Harry, n'as-tu jamais appris les bonnes manières ?" lança le mage noir avec un air narquois. "C'est un duel, après tout. Alors, d'abord, nous devons nous incliner."

Il prononça ces mots d'une voix douce et presque paternelle, en contraste flagrant avec la cruauté qui se lisait dans ses yeux. Une pression invisible s'abattit sur Harry, le poussant à se plier en deux devant son ennemi juré.

Mais Harry n'était pas dupe. Il comprit que Voldemort tentait de le soumettre mentalement, de le briser psychologiquement avant même le début du duel. Puisant dans ses réserves, il concentra sa volonté et repoussa le sort du Seigneur des Ténèbres.

Voldemort, surpris par la résistance inattendue du jeune sorcier, releva un sourcil intrigué. "Intéressant, murmura-t-il. Je ne m'attendais pas à une telle force de ta part, Potter."

Se redressant fièrement, Harry lui retourna un regard hautain, refusant de céder à l'intimidation.

Voldemort leva sa baguette, mimant le geste d'Harry. "Ensuite, nous levons nos baguettes, poursuivit-il d'une voix monocorde. Et…"

Mais avant qu'il ne puisse achever sa phrase, deux puissantes décharges de sorts jaillirent de leurs baguettes respectives, illuminant le cimetière d'une lumière aveuglante. L'air crépita d'énergie magique, et le sol vibra sous la puissance de leurs attaques.

La boîte de Pandore venait d'être ouverte. Le duel tant attendu entre Harry Potter et Voldemort avait enfin commencé, et son issue était loin d'être certaine.

24/06/1995, 22H30, Manoir Jedusor, Little Hangleton:

Cela faisait près de vingt minutes que le combat faisait rage. Les sorts volaient, les explosions déchiraient l'air et le sol tremblait sous la puissance des deux sorciers. Harry, malgré ses quatorze ans, tenait tête au plus puissant Seigneur des Ténèbres de l'ère moderne.

L'air était saturé de magie, créant une atmosphère oppressante et suffocante. Les deux titans s'affrontaient sans relâche, leurs baguettes maniées avec une dextérité et une puissance époustouflantes.

Harry avait parcouru un long chemin depuis ses débuts à Poudlard. Les entraînements inhumains qu'il avait subis sous la direction d'Hadrian, les heures interminables à pousser son corps et son esprit à leurs limites, avaient forgé un guerrier redoutable.

Les souvenirs des tortures physiques et mentales qu'il avait endurées défilaient dans son esprit, alimentant sa rage et sa détermination. Tout ce qu'il avait traversé le menait à cet instant précis, à ce duel ultime contre le mal incarné.

Cependant, il devait se l'avouer, il était dépassé. Voldemort était plus rapide, plus puissant et disposait d'un arsenal de sorts bien plus vaste que le sien. La puissance brute du Seigneur des Ténèbres était terrifiante, et chaque sort qu'il lançait était dévastateur.

Mais Harry avait deux atouts que Voldemort ne possédait pas : sa force physique et sa jeunesse. Sa vivacité lui permettait d'esquiver les sorts plus aisément, et son endurance était supérieure à celle du mage noir. Ces petits avantages, souvent négligeables, lui avaient permis de survivre jusqu'ici.

Voldemort lança un sortilège puissant, faisant jaillir des lames de vent acérées qui foncèrent sur Harry. Le jeune sorcier plongea au sol juste à temps, évitant de justesse la terrible attaque. Il répliqua instantanément en manipulant la terre sous les pieds de Voldemort, le faisant trébucher et perdre son équilibre.

Profitant de l'ouverture créée, Harry lança un sortilège d'animation sur la faucheuse qui ornait la tombe du père de Voldemort, prenant le contrôle de cette dernière. Le Seigneur des Ténèbres, surpris par cette attaque inattendue, tenta de détruire la statue de pierre d'un simple mouvement de baguette.

Mais Harry était plus rapide. Il lança une chaîne de sorts dévastateurs, forçant Voldemort à se mettre sur la défensive. Le mage noir, acculé, lança un sortilège de Brise-Os sur Harry. Le jeune sorcier se souvint d'une technique qu'il avait apprise avec Daphné. Il laissa le sort venir à lui, concentrant toute sa magie dans sa baguette, puis le renvoya vers Voldemort avec une puissance redoublée.

"Je ne peux pas faire ça trop souvent", pensa-t-il, conscient de l'épuisement que cette technique lui causait. "Non seulement ça vide mes réserves, mais si je me rate..."

Contre toute attente, Voldemort parvint à se protéger du sort renvoyé, mais il fut néanmoins déséquilibré et recula légèrement. La statue de pierre, animée par Harry, en profita pour frapper Voldemort de sa faux, créant une longue entaille le long de son torse.

Malgré la puissance du coup, qui aurait tué un homme normal, Voldemort ne s'effondra pas. Il se contenta de reculer, une grimace de douleur sur son visage, révélant une profonde entaille sous ses robes.

L'idée d'avoir été blessé par "son propre père" enragea le Seigneur des Ténèbres. Il reprit son assaut avec une violence redoublée, forçant Harry à se concentrer pour résister à l'aura maléfique qui l'entourait.

Harry utilisait beaucoup la métamorphose lorsqu'il se battait. Ainsi, il conjurait des objets et en prenait le contrôle pour se protéger des assauts de Voldemort.

Soudain, le Seigneur des Ténèbres, exaspéré par l'agilité d'Harry, lança un puissant sort de coupe visant la gorge du jeune sorcier. Harry, convaincu que sa fin était arrivée, vit sa baguette se lever d'un mouvement instinctif, bien plus rapide que son bras n'aurait pu le faire, déviant le sort mortel de justesse.

"C'est étrange", pensa Harry, son cœur battant à tout rompre. "On dirait que nos baguettes, étant sœurs, ne peuvent pas s'infliger de blessures mortelles."

Il se souvint alors des paroles d'Ollivander lors de l'achat de sa baguette. La sienne et celle de Voldemort étaient fabriquées à partir du même cœur de phœnix, les rendant liées d'une manière unique. Cela signifiait probablement que…

"Il ne peut pas me tuer... et moi non plus. Enfin, pas avec cette baguette !"

Harry vit Voldemort réaliser la même chose que lui, ses yeux s'élargissant de surprise. Une vague d'énergie pure le repoussa violemment en arrière alors que Voldemort invoquait la baguette de l'un de ses Mangemorts caché dans les parages.

Le Seigneur des Ténèbres ne laissa pas le temps à Harry de se relever et conjura un immense serpent de feu, fonçant droit sur lui. Harry reconnut immédiatement le sort : "Feudeymon ! Bon sang", grogna-t-il, se préparant à une bataille de volonté intense.

Malgré sa douleur, les blessures qui couvraient son corps et le sang perdu l'affaiblissant dangereusement, Harry concentra toute sa force et sa détermination pour repousser le serpent de feu. Un duel titanesque s'engagea, l'air crépitant d'énergie magique.

Contre toute attente, Harry parvint à repousser le serpent de feu, faisant vaciller Voldemort en arrière. La baguette empruntée craqua dans la main du mage noir, ne supportant pas l'excès de magie déchaîné. Harry comprit qu'elle était sur le point de se briser.

En dernier recours, il sortit plusieurs pierres de ses poches, les ramenant à leur forme normale. Sur ces pierres étaient gravées des runes aux effets variés, mais qui, combinées, pouvaient conjurer de puissants éclairs capables de frapper son ennemi.

Fermant les yeux, il s'assura que les pierres étaient correctement connectées avant de les enfoncer dans le sol. Dès qu'elles furent en place, elles s'activèrent, et des éclairs foudroyants s'abattirent sur Voldemort, le propulsant violemment dans les décombres de son ancien manoir familial.

Cependant, à la grande surprise d'Harry, le Seigneur des Ténèbres se releva, indemne. "Résistance élémentaire ? Bon sang !" grogna Harry, regardant Voldemort avancer vers lui, protégé par un bouclier magique qui déviait toutes ses attaques.

Soudain, avec une rapidité fulgurante, Voldemort abaissa son bouclier. Un nouvel éclair le frappa, mais il ne s'arrêta pas. Avant d'être repoussé une fois de plus, il parvint à lancer un puissant sort d'explosion sur Harry.

L'explosion brisa définitivement la baguette empruntée par le mage noir, mais Harry savait qu'il ne pourrait ni esquiver ni bloquer le sort. Il se prépara au pire, fermant les yeux et attendant l'impact.

Mais soudain, le temps sembla se ralentir. L'éclair orange se figea dans les airs, suspendu dans l'éternité. Un silence oppressant s'abattit sur le cimetière, brisé uniquement par un lointain "tic-tac" et un battement de cœur sourd et irrégulier.

Puis, comme si une force invisible le repoussait, le sortilège reflua, s'éloignant de Harry pour exploser au milieu des partisans de Voldemort. Le battement de cœur s'éteignit brusquement, remplacé par un silence de mort.

Harry observa les corps inertes de Lucius Malefoy, Crabbe senior et du vampire, gisant sans vie, victimes du sort dévastateur. Une vague de nausée le submergea à la vue de cette scène d'horreur, mais il n'avait pas le temps de s'y attarder. L'adrénaline qui courait dans ses veines était la seule chose qui le maintenait debout.

Profitant de la confusion semée par l'explosion, Harry aperçut Antonin Dolohov émerger des décombres, blessé mais toujours menaçant. Le mangemort transplana devant lui, lui tendant deux fioles remplies d'un liquide inconnu.

"Regarde ces souvenirs dans une pensine", dit-il d'une voix rauque. "Fais attention à Rogue. Voldemort l'a forcé à faire un vœu. Il agit contre vous, qu'il le veuille ou non. Et prends soin de Daphné."

Avant qu'Harry ne puisse réagir, Dolohov attira la coupe dans la main d'Harry, lui faisant se souvenir que cette dernière était un portoloin. Une sensation de tourbillonnement l'envahit, et il disparut du cimetière, laissant derrière lui le chaos et la destruction.

La dernière image qu'il grava dans sa mémoire avant de disparaître fut celle d'une tempête de feu noire s'abattant sur Voldemort, accompagné d'un cri de rage inhumain qui résonna dans la nuit.

24/06/1995, 22H43, Poudlard, Ecosse:

Harry atterrit à l'entrée du labyrinthe, le corps meurtri et l'esprit vacillant. La musique et les acclamations des élèves de Poudlard parvenaient jusqu'à lui comme des bruits lointains, noyés par la douleur et l'épuisement. Une main se posa sur son épaule, le ramenant brutalement à la réalité. C'était Sirius, son regard empli d'inquiétude. Derrière lui se trouvait sa petite amie, Daphné, dont l'expression était bien loin de la froideur avec laquelle il l'avait rencontrée.

"Harry ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda Daphné, sa voix tremblante. Harry tenta de répondre, mais Sirius le devança.

"Voldemort ?" interrogea-t-il, les sourcils froncés. Il avait deviné la terrible vérité dans les yeux de son filleul. De plus, il savait, de par les informations obtenues par Fortuna, que le mage noir était probablement de retour.

Harry hocha la tête faiblement, serrant les dents pour contenir la douleur qui le transperçait. Daphné le serra dans ses bras, ses larmes mouillant sa chemise. "Harry James Potter, tu es l'être le plus stupide et le plus courageux que je connaisse !" s'exclama-t-elle, devinant la nature de son combat.

Harry, luttant contre la faiblesse qui le menaçait, fit signe à Dumbledore de s'approcher. Le vieux sorcier l'aida à se relever et lui lança discrètement un sort de guérison. Il avait sans doute entendu la conversation entre Harry et Sirius.

"Daphné," murmura Harry, sa respiration de plus en plus saccadée, "prends ces fioles. Viens au Manoir Potter quand tu auras le temps. Elles nous donneront des réponses sur ton père."

Puis, se tournant vers le directeur, il ajouta d'une voix faible mais ferme : "Professeur, méfiez-vous de Rogue. Vous lui accordez sans doute votre confiance, mais il est lié à Voldemort par un serment inviolable. Même s'il le voulait, il ne peut plus nous aider."

Le bras de Dumbledore trembla légèrement avant qu'il ne reprenne son calme. "Je comprends. Nous allons vous conduire à l'infirmerie et je m'occuperai de cette affaire ensuite."

"Lucius Malefoy, Goyle senior et peut-être d'autres ont été tués ce soir, professeur," ajouta Harry, sa voix s'affaiblissant de plus en plus. Daphné saisit sa main dans la sienne, cherchant des mots de réconfort qui ne venaient pas.

Malheureusement, le Ministre de la Magie et sa sous-secrétaire, alertés par leurs paroles, arrivèrent à ce moment-là. "Monsieur Potter," s'exclama le Ministre, essuyant la sueur qui perlait sur son front, "permettez-moi de vous demander: qu'est ce que cela signifie ?"

"Voldemort est de retour," répondit Harry, sa voix brisée par la fatigue et la douleur.

"Vous devriez vous reposer, Monsieur Potter. Faire de telles déclarations en présence du Ministre... Insinueriez-vous qu'un événement d'une telle gravité aurait pu échapper à la vigilance du Ministère ?" intervint Dolores Ombrage, sa voix aiguisée coupant l'air comme un couteau. Même Dumbledore ne put s'empêcher de grimacer face à son ton désagréable.

"Dolores, l'état du garçon ne lui permet pas de s'étendre sur le sujet. Si vous souhaitez l'interroger, veuillez revenir ultérieurement," intervint le directeur, peu désireux de s'entretenir avec le pantin du Ministre pour le moment.

Offusquée, Ombrage se posta devant Dumbledore, lui barrant le passage. Harry, épuisé, en profita pour observer son entourage. Il remarqua Cédric, Fleur et Krum dans un coin. Le collier autour du cou du Bulgare avait disparu, et les trois sorciers semblaient discuter calmement, n'ayant probablement pas entendu ses déclarations à son retour.

La foule était partagée. La majorité applaudissait, mais Harry distingua Hermione, Neville et ses autres amis proches le fixant avec inquiétude, conscients qu'un événement grave s'était produit.

À ses côtés, Daphné, Sirius et Dumbledore tentaient de le guider vers l'infirmerie, tandis que le Ministre, sa sous-secrétaire et deux Aurors les bloquaient.

"Albus, le garçon ne peut aller à l'infirmerie ! Il doit se rendre à Sainte-Mangouste pour faire soigner son esprit ! Imaginez la panique qu'il va semer s'il propage de telles insanités !" s'exclama Fudge, visiblement affolé.

Une fois de plus, la voix aiguisée de sa secrétaire retentit : "Ce garçon ment ! Il cherche sans doute juste à attirer l'attention. Vous-Savez-Qui vivant ? N'importe quoi !". Après sa tirade, elle se retourna en direction du ministre, qui hocha la tête. Elle reprit alors la parole: "C'est un ordre du Ministre ! Remettez-nous le garçon !"

Pour la première fois depuis leur rencontre, Harry vit le directeur perdre son calme. Une aura magique terrifiante s'échappa de son corps, réduisant tous les présents au silence.

"Je pense, Dolores, que vous devriez reconsidérer vos priorités. Harry Potter sera soigné dans l'enceinte de l'école. Le Ministère n'a aucune autorité sur mes élèves. Poudlard est sous ma juridiction. Je vous invite donc à quitter les lieux immédiatement," ordonna-t-il d'une voix ferme, ne laissant aucune place à la réplique, avant de claquer des doigts.

Quatre elfes de maison apparurent derrière les individus qui obstruaient le passage d'Harry et les saisirent par le dos.

En un instant, ils disparurent.

Dumbledore céda sa place de soutien d'Harry à Sirius et Daphné, préférant rassurer les étudiants choqués par son coup de colère.

Quant à Harry, il était conduit vers l'infirmerie, ses forces l'abandonnant peu à peu. Ses pensées devenaient de plus en plus confuses.

Cette soirée, riche en rebondissements, lui avait surtout servi de leçon. Il était trop faible.

"Cette fois, plus de retour en arrière possible. La prochaine fois, ce sera lui ou moi !" pensa-t-il avant de sombrer dans l'inconscience.