Dossier n°7 : Experts sans frontières (partie 8/11)

À Asgard, le chaleureux pays glacé, Cassydi Zêta, le papa de Syd, a été tué d'un coup de poignard. La victime et l'arme du crime sont restées sur place et ont été recouvert de gel au fil des jours.

À la demande de la Princesse Hilda, les Experts sont venus pour enquêter. Saori a confié le soin à Seiya de récolter les empreintes de tous les habitants. Seulement, Seiya relevait même les empreintes des animaux. Mlle Kido s'est donc dévouée pour accomplir cette tâche.

Néanmoins, rien ne pressait car Cassydi refusait de dégeler, même placé dans la grotte chère à Hagen. Jusqu'à ce que dernièrement, Ikki perde patience et utilise les grands moyens pour briser la glace.

Entre-temps, les Experts ont grandement profité de leur séjour. Seiya s'est rendu malade en mélangeant du chocolat périmé avec du chocolat non-périmé, et Hyoga a enfin découvert le sens du mot "froid". Bien que tirés d'affaire, MM. Saint et Cygnus sont encore convalescents.


Avant de poursuivre l'enquête, allons prendre des nouvelles de Jabu et de son pote le Lecteur de Têtes. Comme Saori l'a exigé, Jabu continue de trier des dizaines de dossiers. Heureusement, son meilleur ami est là pour l'aider.

Maske De More : C'est barbant, ce travail...
Jabu : Mais c'est nécessaire.

Et surtout, Jabu préfère ça que de se retrouver une fois de plus avec une tête de rat en main et à tenter vainement de la lire, comme Maske De More l'incite à chaque pause.

Maske De More : Pourquoi vous avez besoin d'autant de dossiers ?
Jabu : J'imagine que Saori pense que ce sera utile si on se trouve confronté à une affaire similaire.
Maske De More : Profites-en pour t'entraîner !
Jabu : Non, j'ai vraiment pas le temps de lire tes têtes de rat !
Maske De More : Un instant. Je voulais dire t'entraîner au métier d'enquêteur !
Jabu : Ah bon...

M. Céphale est surpris ; il pensait qu'il n'y avait que le mot "tête" dans la tête du psychopathe.

Maske De More : En t'entraînant, tu deviendras meilleur et Saori ne te laissera plus tout seul ici à faire le sale boulot.
Jabu (songeur) : C'est pas faux...
Maske De More : Allons-y, alors ! Je vais te montrer des photos de scènes de crime et tu devras deviner la cause de la mort.

L'invité de Jabu ouvre un dossier.

Maske De More : Mort par balle, trop facile...

Il ouvre un autre dossier.

Maske De More : Mort par empoisonnement, trop difficile à déceler...

Il prend le dossier suivant.

Maske De More : Ah ! Celui-ci fera une bonne entrée en matière.

Maske De More tend une photo à Jabu.

Maske De More : Regarde et dis-moi la cause de la mort.
Jabu (réfléchissant) : Euh... Strangulation ?
Maske De More : Gagné ! Et pourquoi ?
Jabu : Les marques sur le cou.
Maske De More (sursautant) : Ah oui tiens ! Je pensais que tu allais dire que le teint de la tête était différent du corps à cause du manque d'oxygène.

Lorsqu'il tombe sur le dossier suivant, le visage de Maske De More s'attriste.

Maske De More : Quel gâchis...
Jabu : Je peux voir ?

L'Expert prend connaissance du dossier.

Jabu : Suicide par arme à feu. Pourquoi cette affaire semble te peiner plus que les autres ?
Maske De More : Parce qu'il s'est tiré dans la tête ! Il aurait dû se tirer une balle ailleurs. Sache qu'on ne peut pas lire les têtes si le cerveau est endommagé.

Le psychopathe continue à regarder dans les dossiers.

Maske De More : Mort par noyade... Mort par crise cardiaque... Mort de vieillesse... Aucun intérêt, tous ces cas-là... Ah ! Voilà ce que je cherchais !

Le fêlé a lu la cause de la mort et cherche maintenant les photos de la scène de crime dans le dossier.

Maske De More : Où sont-elles... Où sont-elles donc ?

Il feuillette et re-feuillette sans les trouver et cela l'énerve.

Maske De More : C'est pas possible, ça ! Où elles sont ?!

Il jette les feuilles du dossier par terre et les éparpille. Sur l'une d'entre elle est écrit le mot "décapitation". Maske De More commence à devenir fou. (enfin, plus fou qu'il ne l'est d'habitude)

Maske De More : On a peut-être fait tomber les photos quelque part ? Cherchons !

Rien dans la pièce où ils se trouvent. Maske De More est haletant.

Maske De More : Peut-être se sont-elles retrouvées dans un autre dossier ?!

Les mains tremblantes, il passe tous les dossiers en revue.

Maske De More (dépité) : C'est pas juste ! C'était le cas le plus intéressant et c'est le seul où y'a plus les photos !


Au palais de la Princesse Hilda, alors que Seiya et Hyoga, momentanément affaiblis, se reposent dans leur chambre, et donc dans leur lit commun...

Seiya (ronflant) : Rrrrron... Rrrrron...
Hyoga (plaintif) : Maman, à l'aide !

... Shiryu et Shun jouent aux échecs. Le tatoué cherche toujours à trouver un domaine où il serait plus fort que son cadet.

Shiryu : Tu ne m'as pas dit que tu n'y jouais presque jamais ?
Shun : Si pourquoi ?
Shiryu : Pour rien...

Ce petit morveux se moque vraiment de lui, se dit Shiryu. C'est ce dernier qui est en train de perdre. M. Draco cherche une échappatoire. Il regarde sa montre et fait semblant d'être surpris.

Shiryu : Oh, déjà si tard ! Désolé, mais j'ai autre chose à faire maintenant.
Shun : Comme tu veux. On pourra continuer la partie plus tard, de toute façon.
Shiryu : Range le jeu, sinon il va prendre la poussière.
Shun : D'accord.

Et comme ça, la partie ne continuera jamais !

Shun : Ne t'inquiète pas, j'ai mémorisé la position des pièces.

Shiryu se raidit. Son rival continue à le narguer !

Shiryu : Tout bien réfléchi, j'ai encore quelques minutes à te consacrer !
Shun : Je remets les pièces en place ?
Shiryu : Euh... C'était une partie équilibrée, disons que c'était match nul, ok ?
Shun : Si tu veux...
Shiryu : Rejouons-en une autre !

Shiryu reprend confiance. Shun a accepté la partie nulle dans leur premier duel alors qu'il avait l'avantage. Ça veut dire qu'il n'est pas si fort que ça ! Cependant, l'explication est autre : Shun étant un non-violent invétéré, il est toujours content de conclure la paix. C'est pourquoi il a de nouveau le dessus dans la seconde partie. Le petit-fils du doyen de l'Humanité tente de sonder son adversaire.

Shiryu : Qu'est-ce que t'en pense ?
Shun : J'ai l'avantage, non ?

Shiryu doit trouver un moyen de déstabiliser Shun.

Shiryu : Non, tu n'as pas l'avantage.
Shun : Tu crois ?
Shiryu : Qui a le plus d'expérience de nous deux ?!
Shun : Toi.
Shiryu : Donc, si je te dis que t'as pas l'avantage, crois-moi !
Shun : Ok.
Shiryu : Pour tout te dire, tu es perdu.
Shun (surpris) : Ah bon ?!
Shiryu : Oui. Donc, abandonne cette partie et jouons-en une nouvelle !
Shun : Attends ! Montre-moi comment tu gagnes, ça m'intéresse.

Aïe ! Shiryu s'est fait prendre à son propre piège !

Shiryu : Euh... En fait, j'ai très envie de jouer au go.
Shun (étonné) : Ah ? Tu y joues, toi aussi ?
Shiryu : Oui. Tu veux dire que tu sais y jouer ?
Shun : Oui. J'y joue souvent, même.

Le cerveau de Shiryu traduit les paroles de Shun : quand il dit qu'il joue à peine aux échecs, il gagne, donc c'est qu'il s'entraîne beaucoup. Par conséquent, il ment. Ainsi, en toute logique, si Shun dit qu'il joue souvent au go et qu'il ment, ça veut dire qu'il n'y joue quasiment jamais ! Il tente juste d'effrayer Shiryu. Mais celui-ci a compris le stratagème !

Shiryu : Jouons une partie de go !

Deux minutes après, Shiryu est presque en train de pleurer. Cette fois, il se fait largement surclasser. Il faut encore qu'il trouve une excuse pour se tirer d'affaire. Mais quoi ? Car une même excuse ne marche pas deux fois, c'est bien connu !

Tout à coup, Ikki revient.

Ikki : Qui gagne ?

Aucun des deux ne répond. Shiryu parce qu'il se sent trop humilié, et Shun parce qu'il ne veut pas rabaisser Shiryu.

Ikki : Question stupide ! C'est sûrement Shiryu qui perd !

Ça y est, Shiryu a touché le fond ! Quoique...

Shiryu : Tu reviens avec l'arme du crime ?
Ikki : Exact !

Sitôt dit, l'Expert aux cheveux longs se lève.

Shiryu : Je dois l'analyser d'urgence !
Shun : Tu veux que je t'aide ?
Shiryu : Inutile !
Voix : Si, il va t'aider !

C'est la voix de la patronne.

Saori : Tu sais bien que tu es lent, Shiryu. Shun va te montrer comment on fait.

Ikki la regarde en fronçant les sourcils.

Saori (pâlissant) : Enfin, s'il veut bien t'aider, bien entendu !
Shun : Pas de problème !
Shiryu : J'ai sûrement pas besoin de lui !

Maintenant, le regard assassin d'Ikki frappe Shishi.

Shiryu (sursautant) : Désolé, c'est pas ce que je voulais dire ! Bien sûr qu'il peut m'aider !


Un quart d'heure plus tard, l'analyse du poignard est terminée.

Saori (s'écriant) : Un quart d'heure ?! Shiryu, n'as-tu pas honte d'avoir autant ralenti Shun ?!
Shiryu : Mais...
Saori : T'as intérêt à te rattraper en me faisant un excellent rapport !

M. Draco a envie de protester, mais Ikki n'est pas loin.

Saori : Je t'écoute ! Qu'as-tu à nous apprendre sur le poignard ?
Shiryu : Il appartient à Syd Zêta. Son nom est gravé dessus, mais il est presque effacé. Ensuite, les empreintes que nous avons relevées dessus appartiennent elles aussi à Syd.
Saori : Donc, l'arme et les empreintes nous ramènent toutes à Syd. Je m'occupe de le faire avouer !

Les Experts se mettent à sa recherche. Ils croisent Siegfried et lui demandent où est son ami.

Siegfried : Syd ? Il est à la cuisine. Pourquoi ?
Hyoga : Nous devons l'interroger.
Siegfried : Il n'a pas été témoin du meurtre, pourtant.
Saori : Il est devenu notre principal suspect.
Siegfried (choqué) : Vous plaisantez ?! Il n'aurait jamais tué son père !

À la cuisine, Syd est en train de laper son bol de lait à table. Et soudain, tout le monde le rejoint.

Syd (étonné) : Que faites-vous tous ici ?! Que se passe-t-il ?!
Saori : Nous venons t'interroger.
Hilda : Nous, les Asgardiens, sommes là pour te soutenir.

Shun aussi est présent. Ce qui gêne bien évidemment Shiryu !

Shiryu : Que fais-tu ici, toi ?
Shun : Vous allez interroger Syd, mais il n'a même pas d'avocat.
Saori : Et alors ?
Shun : Il a droit à un avocat !
Hyoga : Mais il n'y a pas d'avocat, parmi nous.
Shun : Je veux bien jouer ce rôle.

Saori, Shiryu et Hyoga se demandent si Ikki et sa petite amie Esméralda, elle-même avocate, y sont pour quelque chose. Mais personne n'oserait réprimander Ikki ! Shun prend place à côté de Syd. L'interrogatoire peut commencer. Le chef commence en douceur.

Saori : Bonne nouvelle : nous avons retrouvé le meurtrier de ton père.
Syd (soulagé) : Ah, tant mieux ! C'est une bonne nouvelle, en effet. Pouvez-vous me dire qui c'est ?
Saori : Bien sûr. C'est toi !
Syd (choqué) : Mais non !

Shun lève timidement la main mais personne ne le remarque.

Saori : Si, c'est toi ! Assassin !
Syd : Je vous dis que c'est pas moi !
Shun (hésitant) : Euh...
Saori : Honte sur toi ! Meurtrier !
Shun (criant) : Objection !
Saori (interloquée) : "Objection" ?! On n'est pas au tribunal !
Shun : Vous accusez mon client sans preuve !
Saori : Mais tu les connais très bien, les preuves ! Puisque c'est toi qui les as analysées !
Shun : Peut-être, mais ici, je suis l'avocat de M. Zêta ! Alors, si vous avez des preuves contre mon client, montrez-les-nous !

Les Asgardiens, persuadés que Syd est innocent, sont épatés et bien contents que Shun défende leur ami. Quant à Saori, elle grogne. Elle préfère faire avouer les coupables par la force que de manière légale. À présent, elle jette le poignard emballé dans un plastique sur la table.

Saori : Reconnaissez-vous cette arme, M. Zêta ?
Syd : Oui, c'est le genre de poignard que chaque Asgardien reçoit à la naissance.
Saori : Savez-vous où est le vôtre ?
Syd : Non, je l'ai donné.
Saori : C'est votre poignard, sur la table. Votre nom a presque été entièrement effacé et on a retrouvé vos empreintes dessus. Tout ça grâce à Shun, qui en l'occurrence est votre avocat. C'est grâce à lui si on a pu vous confondre ! Le premier avocat qui démasque un criminel et ensuite qui tente de le défendre. C'est vraiment rid...

Assis à côté d'elle et la frappant de son regard acéré, Ikki la fait taire, et surtout, la fait beaucoup suer !

Saori : Euh... Je voulais dire que c'était admirable de sa part ! Shun est vraiment quelqu'un de fantastique ! Vous ne trouvez pas ?

Shiryu préfère se taire. Hyoga reprend le cours de l'interrogatoire.

Hyoga : M. Zêta, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?
Syd : Bien sûr, je viens de vous dire que j'ai donné mon poignard. Cela fait déjà plusieurs années. Je l'ai remis à mon jumeau.

Saori pouffe de rire et revient à la charge.

Saori : Un jumeau ?! Jusqu'ici, aucun coupable n'avait été assez bête pour tenter cette excuse bidon !
Syd : Mais c'est la vérité !

L'avocat intervient.

Shun : Je peux devenir témoin quelques secondes ?
Saori : Je sais pas si c'est légal, ça...

Ikki la fusille de nouveau du regard.

Saori (sursautant) : Mais ça ne nous pose aucun problème ! Nous écouterons ce que tu as à nous dire avec plaisir !
Shun : Merci. Le jour de notre arrivée, lorsque nous étions dans le traîneau du taxi, il me semble avoir vu au loin un homme ressemblant à Syd.
Syd : Alors, c'était mon jumeau ! Car moi j'étais au palais à ce moment-là. Mes amis pourront vous le confirmer !

Effectivement, Siegfried et Hilda, qui étaient au palais à cet instant, approuvent.

Saori : Supposons que tu dises vrai...
Syd : Mais je dis vrai !
Saori : Explique-nous comment tu as abandonné ton poignard.
Syd : C'est simple : un jour, un enfant qui me ressemblait comme deux gouttes d'eau pourchassait un lapin et je lui ai remis mon arme pour sauver l'animal.

Soudain, Saori tressaute.

Saori : Oui, je me souviens, maintenant ! Lorsque j'ai fait le tour de la ville pour collecter les empreintes de tout le monde, je suis tombé sur un homme qui ressemblait à Syd !
Shiryu : Super ! À quelle adresse ?
Saori : Euh...
Shiryu : Quoi, "euh" ?
Saori : Eh bien, comme j'ai cru que c'était Syd, j'ai pas été le trouver et j'ai pas pris ses empreintes !

Mais quelle abrutie ! aurait hurlé la patronne si ça n'avait pas été elle qui était en faute.

Saori : Pas de panique ! Je me souviens qu'il habitait dans une ferme.
Hilda : Il y en a au moins une centaine à Asgard.

Heureusement, Shun est là !

Shun : Saori ? Te rappelles-tu le nom des gens à qui tu as relevé les empreintes un peu avant ou un peu après cette ferme ? Cela nous donnera une idée de l'endroit où le jumeau de Syd habite.


Grâce à la mémoire de Saori, mais surtout grâce à l'intelligence de Shun, et pas grâce à Shiryu du tout...

Shiryu (vexé) : Hé !

... Saori, Ikki et Shun se rendent à la ferme suspecte. Shun a aidé Saori à la retrouver et Ikki est bien entendu présent pour protéger son frangin des méchants, et aussi de Saori. Ils toquent à la porte et un homme vient leur ouvrir.

Saori : Bonjour, police scientifique d'Athènes. J'ai vu un jeune homme faire ses ongles sur un arbre hier et j'aurais quelques questions à lui poser.
Homme : Vous voulez sans doute parler de mon fils, Bud. Il a fait quelque chose de mal ?

La cavalière ne peut rien lui dire, il ne faut pas éveiller la méfiance de Bud ou de son père.

Saori : Non, nous menons juste une enquête de routine.

Le père de Bud (disons Papabud) fait entrer nos héros. À l'intérieur, des lapins morts gisent sur une table. Shun a les larmes aux yeux en les voyant.

Shun (triste) : Les pauvres petits...
Papabud : Désolé, mais mes poules ne pondant que rarement, nous ne survivrions pas sans la chasse.

Saori et Ikki s'approchent des corps des lapins et se concertent tout bas.

Saori : Regarde-les un peu, Ikki.
Ikki : Tu veux que je les autopsie ?!
Saori : Non ! Regarde leurs blessures à la gorge !
Ikki : Ah ! Oui, ils ont été égorgés. Et comme je suis un spécialiste en matière d'arme, je peux te dire que ce n'est pas avec le poignard.

Papabud a entendu leurs derniers mots et se joint à la conversation.

Papabud : Non, quand mon fils chasse, il n'utilise pas d'arme.
Saori : Comment il fait, alors ?
Papabud : Vous devriez le voir à l'oeuvre, c'est remarquable ! Lorsqu'il repère un lapin, ce qui n'est déjà pas facile puisque nos lapins sont tout blanc, Bud se couche dans la neige et les observe. Il rampe lentement vers eux et quand ils sont à portée, il leur saute dessus, les immobilise avec ses ongles et les tue en les mordant au cou.
Shun : Étonnant !
Saori : On peut lui parler ?
Papabud : Bien sûr, suivez-moi. Je vous préviens qu'il a un regard un peu sauvage, mais au fond c'est un bon garçon. Sinon je ne serais déjà plus de ce monde !

Ils arrivent jusqu'à la porte de sa chambre. Papabud la pousse et ils découvrent tous Bud faisant ses besoins dans sa litière. Son père referme immédiatement la porte.

Papabud : Désolé fiston !

Une minute plus tard, les Experts se sont remis du choc et Bud s'est rhabillé.

Papabud : Ces policiers ont quelques questions à te poser. Tu veux que je reste ?
Bud : Non, ça ira, merci.

Papabud les laisse et Bud se retrouve seul avec les trois Experts.

Saori : Est-ce que tu as reçu un jour un poignard avec le nom "Syd" gravé dessus ?
Bud (étonné) : Oui. Comment savez-vous cela ?!
Saori : Où est-il, ce poignard ?
Bud : Je l'ai donné.
Saori : Moi, j'ai une autre explication : quand tu as vu ton jumeau, tu as compris que ton père n'était pas ton vrai père. Pas vrai ?

Bud reste silencieux.

Saori : Et tu t'es vengé en tuant ton vrai père avec le poignard de ton frère ! Tu voulais qu'on l'accuse, lui qui avait pu vivre bien au chaud et dans la richesse, contrairement à toi !
Bud : C'est faux !
Saori : Inutile de nier ! On a gratté le nom sur le poignard, et je vois que tes ongles sont bien acérés !
Bud (outré) : Ça suffit, avec vos accusations sans preuve ! Allez-vous-en !
Saori : Au nom de la loi, je vous arrête !
Bud (hors de lui) : DEHORS !

Le cri de Bud a décoiffé le chef.

Saori : Ikki ?
Ikki (sec) : Quoi !
Saori : Tu veux bien m'aider à lui passer les menottes ?
Ikki : T'as pas ta cravache sur toi ?
Saori : Euh... C'est qu'il est dangereux !

Le regard de fauve de Bud effraie Saori. Et Shun aussi ! Celui-ci va se réfugier derrière son idole.

Shun : Mon frère ! J'ai peur !

Ikki relève le défi des yeux assassins. Son regard bestial croise celui de Bud et c'est ce dernier qui baisse les yeux le premier.

Ikki (criant) : Saori !
Saori (sursautant) : Oui ?
Ikki : Va lui passer les menottes.
Saori : Mais... S'il me mord...
Ikki : Il n'en fera rien. Je le mate du regard.


Après le retour en taxi-traîneau, c'est au tour de Bud d'être interrogé. Shun joue de nouveau le rôle de l'avocat. Et comme Ikki est lui aussi présent, Saori va devoir rester polie. Elle présente l'arme du crime au suspect.

Saori : Voici le poignard de Syd. Il te l'a donné, tu l'as reconnu. Étant son jumeau, tu as les mêmes empreintes que lui. Et ce sont vos empreintes qu'on a relevées. Syd a un alibi, il est hors de cause. Il ne reste donc plus que toi !

Cette fois, c'est Seiya qui intervient.

Seiya : Ce n'est pas parce que c'est le dernier suspect qu'il est forcément le coupable !

Au moins, Seiya a retenu cette leçon de l'enquête précédente. Saori se tourne vers lui.

Saori : Mais ici, nous avons ses empreintes ! Donc, c'est lui !
Seiya : Et si c'étaient des triplés ?

Saori lève les yeux au ciel.

Saori : Et pourquoi pas des quadruplés, aussi ?!
Seiya : Oui, c'est possible !
Saori (lasse) : J'ai fait le tour de la ville pour collecter les empreintes, et s'il y avait une autre personne avec la même tête que Syd, je m'en souviendrais !
Seiya : N'empêche que tu ne t'en es pas souvenue tout de suite, lorsqu'on a interrogé Syd.
Saori (s'énervant) : Mais cette fois, je suis sûre de moi ! Il n'y a pas de troisième jumeau ! Tu vas me laisser poursuivre cet interrogatoire, oui ?!

Silence.

Saori : En fait, tout est dit. C'est lui le tueur. Point final !

Seulement, l'avocat de Bud a son mot à dire.

Shun : Attendez ! Bud a dit qu'il avait donné le poignard qu'il avait reçu de Syd à quelqu'un.
Saori : Et lui aussi va me dire qu'il a offert ce poignard à son jumeau, peut-être ?!
Bud (surpris) : Exactement ! C'est tout à fait ça !
Saori (outrée) : Mais il se fout de moi !

La main de Saori agrippe sa cravache.

Shiryu : Du calme, Saori.
Saori : Il se fout de moi, je vous dis !

La main de Saori serre fort sa cravache.

Hyoga : Du calme, Saori !
Saori : Personne ne se moque de moi impunément !

Soudain, avant que la cravache ne sévisse, la bague d'Hilda scintille.

Hilda (sévère) : Du calme, on vous dit !

Mlle Kido se tait enfin. Et Bud peut s'expliquer.

Bud : Il y a quelques semaines, j'ai revu Syd. Il était venu cueillir des carottes, mais comme je ne mange que des lapins, il faut que je préserve les carottes, moi. Sinon, plus de lapins ! C'est ainsi que je lui ai redonné son arme en échange de la vie des carottes.

Les Asgardiens se regardent, interloqués.

Hilda : Pourquoi Syd serait-il allé cueillir des carottes ?!

Le mieux est de lui demander directement. Ils l'interrogent séparément.

Syd (confus) : Des carottes ?! Pourquoi est-ce que j'irais à la pêche aux carottes ?!

Personne n'a jamais vu Syd faire la cueillette des carottes. L'explication de Bud semble donc sans fondement et il est placé en détention. Les Experts se concertent.

Shiryu : On a ses empreintes sur l'arme et un mobile. Il ne manque plus que ses aveux.
Saori : On s'en passera ! Bud est coupable, notre travail est terminé, on rentre au chaud !
Seiya : Mais...
Saori : C'est un ordre !

La Princesse Flamme vient les déranger.

Flamme : Il y a du nouveau ! Le père de Bud est là, il faut que vous veniez l'écouter !

Le chef râle. Pourquoi n'a-t-il pas attendu qu'ils soient repartis ?! C'est au tour de Papabud de se confier aux Experts.

Papabud : J'ai un aveu à vous faire. C'est moi qui ai recueilli Bud lorsqu'il était bébé. On l'avait abandonné contre un arbre pendant une tempête de neige. Ce jour-là, il y avait deux bébés abandonnés ! J'étais trop pauvre pour m'occuper des deux, alors je n'en ai sauvé qu'un seul. Ça m'a brisé le coeur de laisser le deuxième bébé dans le froid, mais je n'ai pas pu faire autrement.
Saori : Je comprends...
Papabud (espérant) : C'est vrai ?!
Saori : Tu inventes une histoire à la noix pour tenter de disculper ton fils !
Papabud : Mais non ! C'est la vérité !
Saori : J'ai déjà dit que je n'avais vu qu'un seul jumeau de Syd lors de ma tournée de la ville !

C'est au tour d'Hilda de les interrompre.

Hilda : Venez, la mère de Syd est ici ! Et elle a d'importantes révélations à vous faire !

Cela ne fait qu'attiser la mauvaise humeur de Mlle Kido. Décidément, ils se passent tous le mot pour les obliger à rester dans cette contrée glaciale et désertique !


Faisons une petite escale en Grèce. Dans le bois Zêta, pour être précis. Maske De More se promène avec Jabu. Ce dernier n'arrive décidément pas à s'en débarrasser !

Maske De More (béat) : On passe du bon temps, tous les deux ! Pas vrai ?

Jabu prend soudain un air étonné et pointe le doigt dans une direction.

Jabu : Oh ! Là, une tête !

Maske De More sursaute et regarde dans la direction indiquée.

Maske De More (excité) : Où ça ?! Où ça ?!
Jabu : J'ai peut-être rêvé. Tu peux aller vérifier, dis ?

Maske De More y court sans hésiter et Jabu en profite pour filer. Cinq minutes plus tard, il reprend son souffle. Puis il regarde tout autour de lui. Personne. Il est rassuré. Tout à coup, une main s'abat sur son épaule.

Voix : Coucou !

Le malheureux Jabu tressaute. Maske De More l'a déjà retrouvé !

Maske De More : T'avais raison tu sais, regarde !

M. Céphale se retourne lentement et se retrouve en tête-à-tête avec la tête d'oiseau que le psychopathe tient en main.

Maske De More : Tu veux la lire ?
Jabu : Lire quoi ?
Maske De More : La tête, pardi !
Jabu : Non merci !
Maske De More : Allez ! C'est toi qui l'as trouvée, alors à toi l'honneur !
Jabu : Non, j'y arriverai pas !
Maske De More : Essaie, au moins !
Jabu : Et d'abord, comment tu m'as retrouvé ?
Maske De More : Tu reviens toujours à l'intersection des sept routes.
Jabu : Huit. Il y a huit routes.
Maske De More : J'en vois que sept, moi. Elle est où, la huitième ?

Jabu lui montre une fine route tracée au milieu de la végétation.

Maske De More : Ça compte pas comme une route, je pense.
Jabu : Si !
Maske De More : Et puis si on compte celle-ci, il faut aussi compter celle-là.
Jabu : Laquelle ?

C'est au tour du fou de montrer une route quasiment inexistante.

Maske De More : Donc, ça fait neuf routes au total. C'est quand même curieux ces trois routes si proches les unes des autres. On dirait...
Jabu : Un trident ?
Maske De More : Pas une lame de guillotine, plutôt ?


Retour à Asgard. Sydonie Zêta termine son récit.

Sydonie : Nous ne pouvions avoir qu'un seul aîné. C'est pour cela que nous n'avons gardé que Syd. Cela nous a déchiré le coeur, mais nous avons dû nous séparer des deux autres !
Seiya : Des deux autres ?! Alors, c'était bien des triplés, comme je l'avais deviné ?
Sydonie : Oui. Je suis heureuse que Bud ait survécu. Avez-vous aussi retrouvé Ged ?
Saori : Ged ?
Sydonie : Mon troisième fils.
Shiryu : Alors, c'était donc vrai ?

Si Shiryu est prêt à croire cette histoire, ce n'est pas le cas de Saori.

Saori : Mais arrêtez de l'écouter ! Elle aussi tente de sauver Bud !
Hyoga : Et si c'était vrai ?
Saori : Je vous le répète : quand j'ai parcouru la ville, je n'ai pas vu de triplé ! Et puis de toute façon, si Papabud n'en a recueilli qu'un seul, l'autre est sûrement mort dans la tempête de neige ! Ce qui fait qu'il n'y a plus que Bud parmi les suspects ! Affaire classée !

Sydonie commence à pleurer.

Sydonie : Je m'en veux de les avoir abandonnés ! Laissez-moi une chance de me faire pardonner, retrouvez Ged !

Saori l'ignore. Par contre, Shun se laisse émouvoir et fond lui aussi en larmes.

Shun : Madame Zêta, si Ged est encore en vie, je le retrouverai, je vous le promets !


L'enquête revient enfin au premier plan ! Syd et Bud ont-ils un autre jumeau ? Si oui, où se cache-t-il ? Sous un manteau de neige ? Dans la caverne d'un ours apprivoisé par Mime ? Derrière une statue grandeur nature du papy de Shishi ?

Saura-t-on un jour qui a tué Cassydi Zêta ? Serait-ce Fenrir et ses loups ?

Fenrir : Sûrement pas, sinon on l'aurait mangé !

Albérich ?

Albérich : Si c'était moi, j'aurais emporté son squelette !

Thor ?

Thor : Je ne m'attaque pas à plus petit que moi !

Siegfried ? Hagen ?

Siegfried : J'ai un alibi : j'étais avec la Princesse Hilda à l'heure présumée de la mort de Cassydi.
Hagen : Pareil sauf que moi, j'étais en compagnie de la Princesse Flamme.

Hilda ? Flamme ?

Hilda : J'étais dans mon lit quand Cassydi est mort.
Flamme : Idem !

Mime ?

Mime : Je donnais mon récital durant le crime. J'ai une tonne de témoins : des ours, des oiseaux, des loups, des lapins... En parlant des lapins, ils étaient moins nombreux que la fois précédente.

Le meurtrier serait un lapin ?

Seiya : Question stupide ! La victime n'a pas été tuée par le coup du lapin, donc ce n'est pas un lapin qui a fait le coup !

S'il y a moins de lapins à Asgard, c'est parce que certains ont trouvé refuge en Grèce.

Lapin #1 : Il fait si froid à Asgard !
Lapin #2 : En plus, les habitants ont si peu à manger qu'ils nous chassent sans cesse !
Lapin #3 : Merci de nous accueillir chez vous, Vieux-Maître.
Lapin #4 : Peut-on faire quelque chose pour vous remercier ?
Vieux-Maître : Merci de poser la question. Vous savez, je rêve depuis toujours de réaliser un court-métrage avec un ours, un renard et un lapin. J'ai déjà un ours et un renard qui ont accepté.
Lapin #5 : Et vous n'avez pas trouvé un seul lapin volontaire, ici ?
Vieux-Maître : Disons que... Euh... Ils sont pour ainsi dire allergique à la chaleur.
Lapin #6 : Pas nous ! On en avait vraiment marre du froid !
Lapin #7 : On commence à tourner quand vous voulez !
Vieux-Maître : Parfait ! Préparez-vous à devenir des légendes !