Salut à tout le monde ! Bonne lecture et bon week-end !
«J'apprécie ton apparent besoin de discuter, Sirius, dit Remus, alors que lui et Sirius entraient dans les Trois Balais un soir, début octobre. Mais je ne vois pas pourquoi tu ne pouvais pas juste venir au château. Harry, déjà, aurait été content de-»
La voix de Remus disparut dans sa gorge lorsqu'il vit qui les attendait.
«Salut.» dit-elle.
Ce fut la seule chose qu'elle eut le temps de dire avant que Remus ne s'avance pour la serrer dans ses bras. Ses cheveux prirent une teinte éclatante, un rouge virant vers le rose, et le rire de Sirius, proche de l'aboiement, résonna derrière eux.
«Tu m'as tellement manqué.» confia Remus en desserrant son étreinte, mais sans la lâcher pour autant.
Il ne l'avait pas vu depuis le début de l'année scolaire. Ils s'étaient écrit, avaient parlé à travers le miroir – quand c'était possible pour elle – mais ce n'était pas la même chose. Là, en personne, elle était chaude, avait une odeur si familière et il avait presque oublié à quel point ses cheveux étaient brillants et à quel point son sourire était beau.
«Tu m'as manqué aussi.» dit-elle en lui souriant largement.
Remus se tourna, cherchant Sirius des yeux, car il ne pourrait jamais exprimer à quel point il se sentait reconnaissant de l'avoir emmener ici, mais Sirius se contentait de lui sourire à sa manière nonchalante.
Ils s'installèrent tous les trois sur des banquettes, passèrent commande à la belle Rosmerta et Sirius ne sembla pas ennuyé qu'aucun des deux autres ne lui accorde beaucoup d'attention. Il se contenta de siroter sa Bièraubeurre en jouant avec son Sidekick, tandis que Remus et Dora discutaient.
Tout à coup, cependant, il éclata de rire.
Remus tourna les yeux vers lui et Sirius jeta un bras autour de ses épaules. Remus le dévisagea, perplexe.
«Très bonne blague, Lunard, dit-il. J'en ai entendu une meilleure l'autre jour, par contre. Il y a un dragon et un-»
Quelqu'un s'éclaircit la gorge et Remus se retourna. L'odeur de Sirius changea instantanément, passant de la défiance à l'irritation et les cheveux de Dora perdirent ce qu'ils avaient de roses et devinrent simplement rouges.
«Bonjour.» dit une femme.
Remus remarqua qu'elle ne s'adressait ni à lui, ni à Dora, seulement à Sirius, qui afficha un sourire poli – mais visiblement faux. La femme, qui qu'elle soit, n'avait pas l'air d'être à sa place dans le bar de Rosmerta. Elle était encore plus belle que la barmaid et était vêtue d'une cape distinguée, portant des vêtements visiblement hors de prix en-dessous. Ses lèvres rouges formèrent un sourire en réponse à Sirius et Remus fronça le nez lorsqu'une forte odeur de détermination émana d'elle.
«Zabini.» dit Sirius.
Les yeux de Remus s'agrandirent lorsqu'il reconnut le nom. Zabini était la femme qui aidait cette fichue Ombrage à enquêter sur Sirius.
«Comme on se retrouve.»
«Je me disais justement la même chose.» dit-elle en se penchant vers lui, par-dessus la table.
Dora laissa échapper un grognement agacé et écarta son assiette du collier de Zabini.
«Faites attention, Madame, dit Sirius d'une voix traînante. Vous n'êtes pas loin de mettre votre manche dans l'assiette de mon amie.»
Zabini fronça les sourcils et se raidit. Ensuite, elle adressa un regard plein d'espoir à Remus.
«Puis-je?» demanda-t-elle, montrant l'espace entre les deux hommes sur la banquette.
Remus tourna les yeux vers Sirius.
«Madame Zabini, dit Sirius. Je pensais avoir été assez clair la dernière fois que nous nous sommes vus. Je n'ai pas envie d'autre chose que d'une relation professionnelle avec vous.»
Remus croisa le regard de Dora, qui semblait prête à rire. Apparemment, Zabini s'en fichait.
«Et le fait que vous hésitiez à me parler en dehors du Ministère est très peu professionnel, Auror Black.» dit-elle sèchement.
«En fait, dit Sirius. Sachant que vous enquêtez sur moi, Madame Zabini, ou du moins que vous assistez les personnes qui le font, je pense que c'est mieux que nous limitions nos contacts. Nous ne voudrions pas qu'il y ait de conflit d'intérêt, n'est-ce pas?»
Zabini ouvrit la bouche et la referma. Apparemment, elle n'avait rien à répondre à cela, ou du moins pas immédiatement.
«Il semblerait que vous ne soyez pas à la hauteur de mes attentes.» dit-elle.
Remus aurait pu croire qu'elle était déçue, si ce n'était le fait que ses yeux brillaient.
«J'ai entendu que vous aimiez jouer avec les règles et pourtant ici, vous voulez les suivre à la lettre.»
Remus s'attendait à ce que Sirius se mette à rire ou proteste, au moins. Au lieu de ça, il leva un sourcil.
«Je suis un Auror, dit Sirius. Si je ne peux pas suivre les règles, comment pourrais-je demander aux autres de le faire? D'ailleurs, j'ai suivi les règles – j'ai rempli les papiers nécessaires, j'en ai parlé aux bonnes personnes, j'ai fait tout ce que je pouvais – et je fais quand même l'objet d'une enquête. Je n'imagine même pas ce qui se serait passé si j'avais fait quelque chose de mal. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, Zabini, j'aimerais bien manger mon repas avant qu'il refroidisse.»
Zabini, réalisant apparemment qu'elle ne pourrait pas faire durer le moment sans passer pour une idiote, sourit et prit congé. Son odeur n'avait pourtant pas perdu de sa détermination.
«Charmante, n'est-ce pas?» lança Sirius avec ironie.
Il regardait la porte derrière Remus, attendant apparemment qu'elle s'en aille.
«Alors, comment ça se passe? Tu te sens toujours horriblement coupable d'avoir grondé Harry?»
«Un peu, répondit Remus. Je sais qu'il fallait le faire, mais j'ai quand même l'impression de l'avoir trahi … Tu vois ce que je veux dire? D'ailleurs, on était pas non plus des élèves modèles quand on était à l'école.»
«Combien de fois on s'est fait réprimandé par McGonagall à l'école?» demanda Sirius.
«Pas assez.»
«Et tu ne la détestes pas, pas vrai?»
Les yeux sombres de Dora passèrent de l'un à l'autre, curieuse.
«Non, dit Remus. Sévère, mais juste. C'est ça que James disait, non?»
«Exactement. Et si quelqu'un sait ce qui est juste, c'est bien le fils de James … Tu avais des raisons de lui enlever des points et Harry le sait – il me l'a dit – alors ne t'inquiète pas.»
Remus grogna et fourra un morceau de pain dans la bouche.
«Dans ta lettre, tu avais l'air d'avoir des choses importantes à raconter.» dit-il en avalant.
Sirius soupira.
«Ouais. Quirrell.»
«Alors tu n'as rien trouvé?»
«Non, soupira Sirius. Sa maison n'a pas été visité depuis des mois et il n'y a rien de suspect ou d'utile dans le coin … C'est la même chose que pour l'attaque dont vous avez été victimes et pour l'intrusion à Gringotts … J'ai toujours un temps de retard.»
«Tu penses que c'est lui?» demanda Remus, surpris.
Sirius secoua la tête.
«Croaker a parlé de trois choses. Des larmes de phénix, du sang de licorne et de la pierre philosophale … Toutes ces choses-»
Il baissa la voix.
«-se trouvent à Poudlard.»
Dora le savait déjà – en fait, elle l'avait appris avant Sirius. Remus l'avait dit à Sirius après que Harry ait failli être mangé par le chien de garde de Hagrid. Si Harry se montrait suspicieux, il en parlerait à Sirius, qui pourrait détourner son intérêt.
«Ça semble logique que Quirrell – ou qui que soit la personne pour qui il posait ces questions – essaye d'entrer ou de s'en approcher, non?»
«C'est sûr.» dit Dora.
«Mais, poursuivit Sirius. Quirrell avait déjà un poste à Poudlard. Tu as dit que tu as su pour la pierre aussitôt que tu as eu le poste, alors Quirrell aurait sûrement su aussi puisqu'il était déjà, techniquement, un membre de l'équipe.»
Remus acquiesça lentement. Dora affichait une expression intéressée. Apparemment, elle essayait de suivre le raisonnement de Sirius.
«Je pense que Quirrell a eu peur. Il se renseignait sur des trucs plutôt sombres et il est peut-être curieux, mais tout le monde a dit qu'il n'était pas un Gryffondor. Je pense qu'il a fui – ou qu'il a essayé.»
«Tu penses qu'il est mort ?» demanda Remus.
«Ils ont essayé de t'avoir. Le suivant sur la liste pour le poste et tout ça.»
Remus frissonna et la main de Dora serra la sienne.
«Tu te bats bien, Lunard, mais l'agresseur savait qu'il devait utiliser de l'argent et je pense que la seule chose qui t'a sauvé, c'est le fait que Dora ait été là pour t'aider.»
Remus serra la main de Dora, pensant que c'était sûrement très juste. Il avait été le premier à se réveiller, mais sans Dora, l'agresseur se serait uniquement concentré sur lui et aurait probablement réussi à le tuer.
«Quirrell était un excentrique … Pas vraiment le genre à partager une chambre avec quelqu'un d'autre. Si quelqu'un est venu pour lui, alors il l'a probablement eu.»
«Et ce quelqu'un l'aurait tué car il en savait trop.» dit Dora.
Sirius hocha la tête.
«Et si c'était l'inverse? Et s'il voulait le boulot, mais que Remus l'ait devancé, alors il aurait pu essayé de tuer Remus pour le récupérer?»
«Peut-être.» dit Sirius.
«Mais Dumbledore m'a dit que Quirrell était occupé et avait d'autres priorités, dit Remus. J'imagine que s'il avait voulu entrer dans l'école, alors il aurait priorisé ce travail.»
«Et si la pierre n'était pas encore à l'école?» demanda Dora.
«On savait qu'elle allait arriver, lui dit Remus. Tous les professeurs savaient. Peut-être que Quirrell ne savait pas, mais là, nous supposons que la pierre était sa priorité. On peut aussi trouver du sang de licorne et des larmes de phénix à l'école et j'aurais pensé qu'il voulait garder d'autres options.»
«Alors vous êtes d'accord? demanda Sirius. Il est mort?»
«Probablement.» confirma Dora après un silence.
Remus hocha la tête et Sirius soupira.
«Et maintenant, j'en reviens au début, à essayer de comprendre qui est entré par effraction avec ce gobelin mort, qui a essayé de te tuer et dans une affaire qui pourrait être complètement indépendante, qu'est-ce qui est arrivé à Morton.»
M. Lunard voudrait demander si Harry James Potter a été nommé d'après James Charlus Potter et si le James en question est son père.
M. Cornedrue aimerait-
«C'est le cas et il l'est.» répondit Harry.
Le parchemin resta vierge pendant un long moment.
M. Lunard aimerait exprimer son étonnement que James Potter ait réussi à trouver quelqu'un disposé à se reproduire avec lui.
M. Cornedrue aimerait dire à M. Lunard de fermer sa grande bouche et demande qui est la mère.
«Lily Evans.» dit Harry en souriant au parchemin.
OUI! OUI, OUI, OUI! apparut, écrit de la main de James.
M. Lunard pense que c'est une blague cruelle et que Harry Potter ne lui aurait pas dit ça s'il était celui qui allait devoir gérer James maintenant.
M. Queudver aimerait savoir si un philtre d'amour a été utilisé.
M. Patmol aimerait rappeler à tout le monde qu'il avait prédit ça, il y a des années.
M. Lunard ne peut qu'être d'accord avec M. Patmol – à contrecœur.
M. Queudver pense qu'ils doivent blaguer. Lily n'aime pas James.
M. Cornedrue aimerait annoncer que c'est le plus beau jour de sa vie et se demande comment Servilus prend la nouvelle.
M. Patmol espère qu'il pleure quelque part, ce crétin graisseux.
Harry fronça les sourcils.
«Génial, hein?» demanda George.
«Où avez-vous trouvé ça?» demanda Harry.
«On l'a piqué, dit Fred. A Rusard, quand nous étions des petits premières années comme toi.»
«Et ça ne fait que parler?» demanda Harry.
M. Patmol aimerait faire remarquer que le simple fait de faire quelque chose est déjà impressionnant pour un morceau de parchemin.
M. Cornedrue confirme cela de tout cœur et se demande s'il a déjà parlé de ce parchemin avec son fils.
Harry grimaça.
«C'est tout ce qu'il fait?» insista Harry en regardant les jumeaux.
«Non.»
Fred et George échangèrent un regard.
«Il fait d'autres choses.»
Harry regarda l'écriture de son père disparaître de nouveau.
«Mais nous t'en parlerons plus tard.»
«Une fois que tu auras eu le temps de leur parler, ajouta Fred, et Harry acquiesça. Alors …?»
«Cornedrue, c'est mon père, dit Harry. James Potter. Patmol, c'est mon parrain. Queudver, c'est Peter Pettigrow, qui est à Azkaban pour les avoir vendu à Voldemort-»
Les jumeaux se crispèrent.
«-et bien sûr, vous connaissez déjà Lunard.»
Ils avaient l'air d'enfants pour qui Noël avait été avancé et ne comptaient pas se contenter d'une réponse simple. Ils connaissaient déjà Lunard et ils comprenaient qu'il y avait des limites sur ce que savait Harry sur Queudver et même James, mais Patmol, en revanche, était un bon sujet.
Il répondit à ce qu'il pouvait – qui consista en une série de questions plutôt impressionnante – avant de réussir à s'échapper lorsque Ron – qui semblait nerveux de se trouver là – arriva le chercher pour qu'ils puissent aller au petit-déjeuner.
Bien sûr, Harry continua à rendre visite aux jumeaux dans les semaines qui suivirent et par association, au parchemin. Patmol était différent du Patmol que Harry connaissait, tout comme Lunard. Le plus différent, cependant, c'était James.
Il n'était pas mieux ou pire que ce que Harry pensait, juste différent. Harry ne réalisa que plusieurs semaines après sa première discussion avec les Maraudeurs du parchemin que ce James n'avait pas grandi comme Patmol ou Lunard. Il n'était pas en vie là-dedans, ce n'était qu'une trace, comme un portrait ou un souvenir. Il était coincé pour toujours à l'âge qu'il avait quand ils avaient imaginé cet objet. Harry aurait préféré connaître son père – pas l'homme qui deviendrait son père – mais il ne pouvait nier que James-l'adolescent était drôle.
Ils passèrent beaucoup de temps à parler de Quidditch et James était toujours prompt à partager avec Harry des sorts intéressants ou des astuces sur l'école – et sur les sorcières, mais Harry n'était pas encore intéressé par ça. James passait aussi beaucoup de temps à lui poser des questions sur Lily et sur son futur. Harry passa autant de temps à esquiver ces questions et posait en retour des questions sur James lui-même ou racontait à James ce qui se passait pour lui à Poudlard.
Harry lui raconta qu'il était le premier à avoir métamorphosé sa cravate en ceinture (et vice versa), lui parla de ses amis, de la façon dont se passaient les entraînements de Quidditch et comment était Dubois en tant que capitaine, du fait qu'il avait presque fini son incantation. James ne s'avéra pas aussi utile pour la traduction en latin que Harry l'avait espéré. Même si James était déjà un Animagus au moment où il avait fait le parchemin, il avait été plus intéressé par le fait de préserver sa personnalité plutôt que ses connaissances. C'était la théorie de Patmol, en tout cas – le Patmol le plus âgé, le vrai.
Harry ne raconta pas tout à James. Patmol était retourné au travail, car Ombrage n'avait trouvé aucune preuve contre lui. Elle cherchait encore, mais Patmol n'avait plus l'obligation de rester à la maison. Blaise se rapprocha de Harry quelques jours après ça et dit à Harry que Patmol devait se méfier de sa mère. C'était une femme dangereuse et elle avait l'habitude d'obtenir tout ce qu'elle souhaitait. Cela n'avait aucun sens pour Harry, mais il avait transmis le message et Patmol l'avait visiblement compris et avait apprécié l'avertissement.
Drago s'était définitivement implanté dans leur petit groupe. A la fin du mois d'octobre, Hydrus avait laissé tomber les regards furieux et avait commencé à l'ignorer, alors Drago avait rarement affaire aux Serpentards, sauf en Potions et en Défense. Harry pensait que c'était un peu triste, mais il trouvait aussi que Drago semblait plus heureux. Ron et Drago s'entendaient étonnamment bien et ils avaient même tous les deux terminé en retenue pour avoir défendu Hermione face à Pansy Parkinson après un cours de Potions.
Hermione n'avait pas semblé savoir si elle était reconnaissante qu'ils l'aient aidé, furieuse qu'ils ne l'aient pas laissé le faire elle-même ou agacé parce qu'ils avaient perdu des points et reçu une retenue. Elle avait tempêté contre Harry – qui n'avait même pas essayé de rappeler qu'il était parti parler à Blaise et qu'il n'était même pas présent – avant de les étreindre tous les deux et de les aider avec leurs devoirs ce soir-là.
Halloween arriva si rapidement que Harry ne le vit pas venir, marquant la fin de deux mois entiers passés à Poudlard. Hagrid – avec qui ils avaient partagé un thé le vendredi précédent – avait décoré le château de manière spectaculaire et la nourriture avait l'air encore meilleure que d'habitude.
«Vous avez vu tout ça?» s'exclama Ron avec délice, se servant un verre de jus de citrouille.
Hermione jeta un œil à Harry, leva les yeux au ciel avec affection et se servit une patate rôtie. Harry suivit le mouvement, mais se fit voler sa pomme de terre par Drago. Harry le fusilla des yeux.
«Quoi?» demanda Drago.
Harry plissa les yeux.
«Je comptais manger ça.»
Drago haussa les épaules en attrapant le beurre.
«Prends-en une autre- Oups. Désolé, Granger.»
Hermione souffla et renversa du jus de citrouille sur sa cape. Elle vola la serviette de Harry, mais sa cape resta complètement trempée.
«Je vais aux toilettes.» dit-elle.
«Lance juste un sort de séchage.» dit Ron.
«Et faire sécher le jus? demanda Hermione, dubitative. Je vais le rincer d'abord.»
«Tu peux me passer l'assiette de pilons de poulet?» demanda Harry à Ron, tandis qu'elle s'éloignait.
Drago en attrapa un au passage, avant de lancer une discussion sur le match de Quidditch à venir. Harry aurait préféré qu'il évite. Il devenait nerveux à chaque fois qu'ils en parlaient.
La conversation ne dura pas longtemps, cependant, car les portes de la Grande Salle s'ouvrirent brusquement. Rusard entra en courant, Miss Teigne sur ses talons, avec sa queue gonflée et ses yeux noirs.
«Troll, hurla Rusard. Il y a un troll dans les cachots!»
Lavande Brown hurla si fort que les oreilles de Harry se mirent à siffler. Elle n'était pas la seule. Partout, des élèves criaient et regardaient leurs préfets et leurs professeurs en paniquant. Le professeur McGonagall se leva et essaya de crier plus fort que les autres, mais au final, Dumbledore fut obligé de lancer et de faire claquer une série d'étincelles violettes.
«Messieurs et mesdames les préfets, ordonna-t-il d'une voix claire et forte. Veuillez ramener vos camarades dans les dortoirs de vos maisons respectives.»
«Mais les dortoirs des Serpentards se trouvent dans les cachots!» siffla Drago en tendant le cou pour regarder son frère.
«Ils iront bien, dit Harry. Regarde, Hagrid, Chourave et Flitwick descendent avec eux.»
«Suivez-moi! cria Percy. Restez bien groupés, les premières années! Inutile de craindre le troll si vous m'obéissez! Restez derrière moi. Attention, écartez-vous, laissez passer les premières années! Excusez-moi, je suis préfet!»
Jessica Roberts, la préfète de sixième année, pressa Ron, avant de mener un groupe de deuxièmes années de Gryffondor.
«Comment un troll a-t-il pu entrer dans le château?» demanda Harry.
«J'en sais rien, dit Ron. Les trolls sont censés être complètement idiots. Peut-être que c'est Peeves qui l'a fait venir en guise de blague pour Halloween.»
«Quelqu'un a du l'aider.» dit Drago en regardant les élèves comme si le coupable se trouvait parmi eux.
Je doute que ce soit une blague, pensa sombrement Harry. Quelqu'un pourrait être blessé- Harry saisit le bras de Ron.
«Aïe. Quoi?»
«Je viens de penser- Hermione.»
Les yeux de Drago s'agrandirent.
«Elle ne sait pas.» dit-il, horrifié.
Ron regarda l'arrière de la tête de Percy et acquiesça. Ils rejoignirent discrètement les Poufsouffles qui partaient dans l'autre sens et se glissèrent dans un couloir latéral.
«C'est par là.» murmura Drago en tournant à un coin de couloir.
Harry regarda Ron.
«Je croyais que c'était par là.» dit Ron en haussant les épaules.
«Moi aussi.»
Il fronça les sourcils, en crispant le visage.
«Vous sentez cette odeur?»
Une odeur nauséabonde flottait en effet dans le couloir, un mélange de vieille chaussette et de toilettes mal entretenues. Patmol avait toujours dit que les trolls avaient une très mauvaise hygiène.
«Par là?» dit Harry.
«Oui, dirigeons-nous vers l'odeur horrible, Potter, quelle brillante idée.» dit Drago avec ironie.
Mais lui et Ron suivirent Harry dans le couloir. Puis ils l'entendirent. Un grognement sourd et un bruit de pas sonores, comme des pieds géants qui martelaient le sol.
«Cachez-vous!» lança Harry, lorsqu'une énorme jambe apparut au bout du couloir.
Drago se jeta derrière une armure, Ron sous un banc et Harry dans une petite alcôve.
Ils se recroquevillèrent dans l'obscurité et regardèrent la chose apparaître à la lueur d'une fenêtre que traversait un rayon de lune. Près de quatre mètres de hauteur, une peau grise et terne comme de la pierre, un corps couvert de verrues et qui avait l'air d'un énorme rocher au sommet duquel était plantée une petite tête chauve de la taille d'une noix de coco. Le troll grogna encore en passant près de la cachette de Drago et la gigantesque massue qu'il portait se cogna dans le banc sous lequel Ron était caché. Ses bras étaient si longs que la massue traînait par terre.
Le troll s'arrêta devant une porte et jeta un coup d'œil. Il agita ses longues oreilles comme s'il réfléchissait, puis il se baissa et s'engouffra lentement dans l'ouverture.
«La clé est dans la serrure, murmura Harry aux deux autres. On pourrait l'enfermer.»
Ron acquiesça. Il roula pour sortir de sa cachette, se leva et attrapa la clé au même moment que Drago claquait la porte.
«Merci Merlin!» dit Harry, ses jambes fébriles de soulagement.
Maintenant, si on peut juste trouver Hermione … Ils entendirent un cri perçant depuis l'intérieur de la pièce qu'ils venaient de verrouiller.
«Oh non.» gémit Ron.
« C'était la porte des toilettes des filles!» s'écria Harry.
«Ouvre la porte! dit Drago. Ouvre la porte!»
Il prit la clé des mains tremblantes de Ron, la remit dans la serrure et ouvrit la porte en grand.
Hermione se tenait là, plaquée contre le mur du fond, et paraissait sur le point de s'évanouir. Le troll s'avançait vers elle en arrachant les lavabos des murs sur son passage. Du verre et de l'eau volaient partout.
«Essaye de l'attirer ailleurs !» lança désespérément Harry à Ron.
Drago s'était glissé sous la cabine la plus proche et essayait de se rapprocher du fond de la pièce. Harry ramassa un robinet et le jeta de toutes ses forces contre le mur.
Un carreau de carrelage éclata et le robinet heurta le sol avec un grand bruit. Le troll s'arrêta et se retourna d'un mouvement lent et lourd, clignant ses petits yeux stupides pour essayer de voir ce qui venait de faire ce bruit.
«Ohé ! cria Ron en jetant un tuyau sur l'épaule du troll. Petite tête!»
Le troll rugit et s'avança vers Ron qui perdit sa couleur, mais ne bougea pas. Drago avait rejoint Hermione et essayait de la motiver à bouger, mais elle n'en semblait pas capable.
«A l'aide.» demanda Drago à Harry, les yeux écarquillés.
Le troll se tourna vers eux.
«Par ici!» cria Ron, en distrayant suffisamment le troll pour que Harry puisse courir vers eux.
«Allez, viens, Hermione!» dit Harry en essayant de l'attirer avec lui.
Ses yeux se posèrent sur lui et elle réussit à fermer la bouche. Drago l'attira dans une cabine lorsque le troll grogna. Harry se jeta hors d'atteinte de la massue et Hermione et Drago gémirent lorsque la porte de leur cabine explosa. Harry pouvait les voir ramper, mais le troll était prêt à frapper de nouveau-
«Ohé!» cria Ron.
Le troll poussa un rugissement et marcha droit sur Ron qui était le plus proche de lui et n'avait aucune issue. Drago et Hermione avaient atteint la porte.
«Courez!» leur dit Harry, tandis que Ron reculait contre un mur.
«Ventus!» cria Harry.
Le sort toucha la peau épaisse du troll et il recula, mais ne sembla pas vraiment gêné. Ron s'éloigna du coin et jeta un autre tuyau sur le troll. Le troll s'avançait vers Harry désormais. Il esquiva la massue une fois, glissa sur une flaque et tomba, étendu aux pieds du troll.
