Disclaimer : ni l'univers ni les personnages ne m'appartiennent. Seule l'histoire des Fallen (et les personnages qui s'en rapportent) sont ma propriété. Pour tout emprunt, merci de me demander.
Chapitre 6
Lorsqu'ils étaient rentrés au 12 Square Grimmauld, Raven et Sirius avaient eu l'agréable - ou désagréable, cela dépendait auquel des deux on posait la question - surprise de découvrir Severus Rogue, attablé à la table de la cuisine, devant une tasse de thé, un paquet scrupuleusement emballé à ses côtés.
•Avant que tu ne me sautes à la gorge, Black, cracha le professeur, sache que je suis venu apporter les plantes que TU m'as demandé.
•Merci, Professeur, répondit la jeune femme avant que Sirius n'ait le temps de rebondir.
•Faites en usage avec parcimonie, Miss Selwyn. Vous connaissez les effets néfastes qu'ils peuvent avoir.
•Ne vous inquiétez pas, Professeur, j'ai bien retenu mes leçons.
•Oh, ce n'est pas vous qui m'inquiétez. (Il haussa un sourcil en direction de son ancien camarade de classe). Mais je me souviens des talents médiocres de certaines personnes dans l'art de la fabrication des potions.
•Tes cheveux roses en septième année n'avaient pas l'air de se plaindre de mes talents médiocres, Servilus.
•Nous ne pouvons pas en dire autant de tes sourcils brûlés en cinquième année.
•Ok, ça ira pour aujourd'hui, intervint Raven en voyant que Sirius était prêt à renchérir. Merci beaucoup d'avoir fait le déplacement, Professeur Rogue.
•Plus besoin de l'appeler Professeur, marmonna Sirius. Tu n'es plus son élève.
•C'est ce que l'on appelle communément le respect, Black, quelque chose que tu sembles avoir oublié.
•Ne réponds pas, grogna-t-elle à Sirius.
•Bon toutou, persifla Rogue quand Sirius lui obéit.
•Mais enfin, par Merlin, quel âge avez-vous tous les deux ?! S'écria-t-elle.
•Quoi ? S'insurgea Sirius, c'est lui qui a commencé !
•Très mature, vraiment, rétorqua Rogue.
•Vous êtes responsables tous les deux ! Vous ressemblez à deux adolescents boutonneux, incapables de se retenir !
•Qu'est-ce-qui se passe ici ? S'éleva la voix de Rémus alors que le loup-garou entrait dans la pièce.
•Un combat de coq, voilà ce qu'il se passe ! S'agaça Raven.
•Miss Selwyn, je vous prie de ne pas oublier que je…
•Comme l'a dit Sirius, vous n'êtes plus mon Professeur, vous ne pouvez plus m'enlever de points et je suis tout à fait capable de vous dire que cette petite guéguerre entre vous commence franchement à devenir ridicule ! Vous vous détestiez quand vous étiez à Poudlard, nous avons tous bien saisi ! Mais vous n'êtes plus à Poudlard, vous êtes des adultes responsables et vous vous battez pour la même cause. Alors par pitié, arrêtez d'essayer de comparer qui pisse le plus loin, parce qu'à ce jeu là, je peux vous battre à plate couture !
Furieuse, la jeune femme attrapa le paquet contenant la Rosée de Lune et sortit de la cuisine en tapant des pieds. Alors qu'elle s'engageait dans les escaliers, elle fut certaine d'avoir entendu Rémus.
•Plus aucun doute sur le fait qu'elle et Lily étaient apparentées. J'avais l'impression de l'entendre.
-ooOoo-
Raven s'était à nouveau réfugiée dans la salle avec l'arbre généalogique des Black et avait commencé la préparation de la potion. De la fumée commençait à sortir du chaudron quand elle vit Sirius apparaître, la tête baissée comme un chiot sur qui on aurait tapé.
•Je suis désolé, dit-il.
•Je peux comprendre que vous vous détestiez, répondit-elle. Mais à l'heure actuelle, votre petite querelle nous met plutôt des bâtons dans les roues.
•Je sais et je vais faire des efforts à partir de maintenant.
•Merci. (Elle agita sa baguette au-dessus du chaudron pour faire tourner la potion). Où est Rémus ?
•Il devait discuter avec Rogue. Ils viennent de quitter la maison. C'est juste toi et moi. (Il se frotta les mains). Qu'est-ce-que je dois faire pour t'aider ?
•Tu dois m'ancrer au monde des vivants. Pour ça, nous devons avoir un contact physique.
•Comme se tenir la main ?
•Il va falloir un peu plus que ça. (La jeune femme se sentit rougir et cela n'avait rien à voir avec la chaleur du chaudron). Nous devons avoir un contact peau à peau. Un large contact.
•Très bien. (Sirius se racla la gorge avant de déboutonner sa chemise et elle crut défaillir quand il se retrouva torse nu). Si je te tiens contre moi comme ça, c'est suffisant ?
•Ça sera amplement suffisant. Assis toi derrière moi.
Sirius prit place dans son dos, ses jambes de part et d'autre d'elle et la jeune femme s'empressa de retirer son haut, restant en soutien-gorge. Même si elle s'y prépara, elle ne put s'empêcher de frissonner quand il colla son torse contre son dos avant d'enrouler ses bras sous sa poitrine.
•Tu es prêt ? Lui demanda-t-elle en espérant que sa voix ne tremblait pas trop.
•Allons-y.
Fermant les yeux, Raven se pencha au-dessus du chaudron pour inhaler à fond la fumée.
Alors qu'elle s'attendait à voir l'esprit de Gabriel apparaître devant elle, ce ne fut pas du tout ce qui se passa.
Un sentiment intense et viscéral de terreur s'empara d'elle et tout son corps se tétanisa.
•Raven ? L'appela Sirius en la sentant se tendre.
•Quelque chose ne va pas.
•Qu'est-ce-qui se passe ? Raven ?
Incapable de répondre, la jeune femme se sentit tomber et elle ne put rien faire pour l'arrêter.
-ooOoo-
Raven se retrouva dans le salon qu'elle avait vu dans le rêve qu'elle avait fait avec Sarielle. En tendant la main vers le sofa, elle pouvait sentir le contact doux du tissu qui le recouvrait, comme si elle était réellement là, sauf qu'elle pouvait toujours sentir l'emprise des bras de Sirius autour d'elle.
Avisant un exemplaire de la Gazette du Sorcier posait sur la table basse, elle prit note de la date.
14 février 1962.
La date de la mort de Gabriel Prewett.
Alors qu'elle regardait autour d'elle pour tenter de comprendre ce qu'il se passait, elle sursauta quand Sarielle entra soudainement dans la pièce.
Sauf qu'elle n'avait rien à voir avec la femme qu'elle avait vu dans son rêve.
Dans ce dernier, elle était apaisée, douce et heureuse. Alors que là, elle était débraillée, ses cheveux partaient dans tous les sens, son chignon totalement défaits, ses yeux étaient trop écarquillés et ses pupilles étaient dilatées, signe qu'elle était totalement paniquée.
S'approchant d'elle, Raven tendit la main pour la poser sur son épaule.
•Sarielle.
Sa tante sursauta et se tourna vers elle.
•Raven.
•Tu peux me voir ?
•Tu ne dois pas rester ici. Tu dois partir.
•Je cherchais à appeler l'esprit de Gabriel. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé.
•Son esprit ? Tu as appelé son esprit ? Mais à quoi est-ce-que tu pensais ?!
•Sarielle…
Des pleurs dans la pièce voisine les interrompit et sa tante s'y précipita. La brune la suivit et se figea en voyant que Gabriel était là.
Elle s'était attendue à beaucoup de choses concernant le père biologique de Lily, mais pas à ce qu'elle avait sous les yeux.
C'était un homme grand, bien bâti, avec d'épais cheveux roux légèrement bouclés, sa peau laiteuse était couverte de tâches de rousseur et ses yeux bleus étaient rougis et cernés. Ses vêtements étaient visiblement de très bonne qualité, mais il était totalement débraillé, sa chemise froissée et un léger voile de sueur recouvrait son front et le dessus de sa lèvre
Il n'était pas dans son état
Impression approuvée par le fait qu'il faisait les cent pas, s'agitant dans tous les sens, en marmonnant des propos
Le tout en tenant une Lily encore bébé dans les
Ainsi qu'un
•Gabriel, murmura Sarielle. Gabriel, donne moi Lilibeth.
•Maudits soient-ils, ils ne méritent pas ce qu'ils possèdent, marmonna son mari.
•Gabriel…
•Ils doivent disparaître. Tous. Disparaître.
•Sarielle, murmura Raven. Qu'est-ce-qui se passe ?
•Il va nous tuer, répondit sa tante.
•Quoi ?
•J'ai eu une vision. Je l'ai vu nous tuer toutes les deux.
•Mais pourquoi ?
•Je ne sais pas. (Elle s'approcha de son mari). Gabriel, donne-moi notre
Remarquant un mouvement étrange sur sa droite, la brune tourna la tête et avisa une silhouette à l'extérieur de la maison, qui tentait de regarder par la
Profitant de n'être visible que par Sarielle, elle s'approcha de Gabriel et l'observa minutieusement.
•Il est ensorcelé, finit-elle par dire. L'Impérium.
•Je t'en supplie, Gabriel, se mit à pleurer Sarielle. Laisse moi prendre Lilibeth.
•FERME LA ! Hurla l'homme en agitant son couteau à quelques centimètres du bébé, les faisant sursauter toutes les deux.
•Son esprit est bloqué dans une boucle perpétuelle, comprit la brune. Il revit sa mort, encore et encore.
•Donne moi mon bébé, Gabriel, tenta Sarielle en changeant de ton.
•Vous êtes un fléau. Tous les Fallen.
•J'ai déjà entendu ça, percuta Raven.
Dans un hurlement de folie qui couvrit sa voix, Gabriel se jeta sur sa femme, couteau en avant.
Sarielle hurla et lui échappa, juste avant de lui sauter dessus pour tenter de lui prendre son arme, tout en essayant de protéger sa fille.
Alors que la brune réussissait à se saisir du bébé, elle s'éloigna autant que possible de son mari.
•JE VAIS VOUS TUER ! Hurla Gabriel. TOUS LES FALLEN ! A MORT !
Dans un accès de folie furieuse, totalement submergé par le sortilège, Gabriel retourna le couteau contre lui et se mit à se poignarder frénétiquement.
Raven et Sarielle hurlèrent d'une même voix, alors que le sang giclait littéralement.
C'était une véritable boucherie. Un vrai massacre.
Quand il cessa enfin de hurler, Gabriel était étendu sur le sol, baignant dans son propre sang.
•Oh mon Dieu, murmura Raven. C'est pas vrai…
•Je suis déçue, intervint une voix féminine, les prenant par surprise.
Une femme entra dans la pièce, les bras croisés sur sa poitrine, et observa le corps massacré de Gabriel comme si elle avait l'habitude de voir des cadavres mutilés à tous les coins de rue. Ses cheveux blonds étaient tirés en arrière en une queue de cheval haute et elle était intégralement vêtue de noir. Un pendentif pendait à son cou, reposant sur sa poitrine et Raven avait l'impression qu'il représentait une femme aux cheveux volants autour de sa tête, une dague ou une épée en travers du cou.
•Je m'attendais à ce qu'il soit fait d'un bois un peu plus dur que ça, ajouta la femme inconnue.
•Qui êtes-vous ? Demanda Sarielle en serrant son bébé contre elle.
•Je suis vexée. Je pensais qu'une Fallen, avec un don qui plus est, saurait qui je suis. Ou tout du moins, connaîtrait l'organisation dont je fais partie.
•Ce n'est pas possible. Vous avez disparu.
•Autant que les Fallen. C'est-à-dire pas du tout. (Elle s'approcha du corps et mit un petit coup dans son épaule du bout de sa botte). J'avais espéré qu'il m'épargne le fait de me salir les mains. (Elle leva les yeux sur Sarielle et Lily). Quand j'en aurais terminé avec vous deux, j'irai m'occuper de ton frère et de ta sœur. Sans oublier sa petite chiarde.
•Je ne vous laisserai pas leur faire du mal.
•Il n'y a jamais eu aussi peu de Fallen depuis des siècles. Et c'est moi, qui vous éradiquerez.
•Les Kouezhet ne gagneront jamais.
•C'est ce que nous allons voir.
La femme blonde se jeta en avant et Sarielle prit la fuite, son bébé serré contre elle. Couverte du sang de son mari, elle courut et réussit à sortir de la maison. Elle n'était qu'à quelques mètres du portillon, qui devait être la limite des protections entourant l'habitation, quand la blonde la rattrapa.
Sarielle chuta, se tournant à la dernière minute pour protéger Lily de la chute avec son corps. Se saisissant de sa baguette, la brune se releva, et la pointa sur l'autre femme, la détermination déformant son visage.
Raven fut totalement impuissante quand les sorts se mirent à fuser et elle se surprit à prier, alors même qu'elle savait comment les choses allaient se finir.
Dans une chorégraphie absolument magnifique, Sarielle évitait et détournait tous les sorts, dans une maîtrise parfaite de la magie. La brune n'était pas seulement une grande sorcière parce qu'elle était une Fallen. C'était aussi parce qu'elle maniait sa baguette telle une virtuose.
Sarielle fit un mouvement de baguette que Raven n'avait jamais vu et la blonde se mit soudainement à hurler. Un craquement horrible se fit entendre et son corps se plia dans des angles improbables, signe que ses os étaient en train de se briser. Elle lâcha sa propre baguette et tomba au sol dans des hurlements de douleur absolument atroces.
La Fallen ne prit pas la peine de s'attarder.
Sa baguette toujours en main et son bébé contre elle, elle passa le portail et transplana.
La maison bucolique de Gabriel et Sarielle disparut pour laisser place à la maison moins élégante des Evans.
La jeune femme la reconnut immédiatement, même si elle était bien plus entretenue que lorsqu'elle était allée la voir quelques mois plus tôt.
Titubant, visiblement ivre de fatigue, Sarielle s'approcha de la porte et toqua, les larmes dévalant son visage.
La porte s'ouvrit brusquement, laissant apparaître une Rosamund Evans dans la jeunesse.
•Sarielle ? s'étonna-t-elle, la voix rauque de sommeil.
•Tu es la seule en qui je peux avoir confiance, Rosie.
•Sari, qu'est-ce-qui s'est passé ? Demanda la Moldue.
•S'il te plaît, prends soin de ma petite fille.
•Sarielle…
•Elle sera en danger avec moi. Je dois disparaître.
•Mais tu vas revenir, n'est-ce pas ?
•Tout ce que je veux, c'est qu'elle soit saine et sauve. Elle le sera avec toi.
•Rose ? Appela une voix d'homme à l'intérieur de la maison. Tout va bien ?
•Prends soin de ma Lilibeth.
Sarielle confia son bébé à son amie, l'embrassa sur le front et tourna les talons. Alors qu'elle disparaissait dans la nuit, Raven vit un homme torse et pieds nus courir après elle, en vain, puisqu'elle avait transplané.
-ooOoo-
Raven eut l'impression de remonter à la surface après être restée sous l'eau trop longtemps.
Malgré tout, elle n'était pas totalement revenue dans le monde des vivants, sa vision encore floue.
Gabriel Prewett se tenait de l'autre côté du chaudron, l'observant de ses yeux bleus délavés par la mort.
•Elle ne m'a pas tué, dit-il tout simplement.
•Elle n'aurait jamais fait ça, répondit-elle.
•Raven, murmura Sirius dans son dos.
•Gabriel est là, lui apprit-elle.
•Nous ne nous aimions pas d'un amour puissant, mais j'avais de la tendresse pour mon épouse. Et pour l'enfant que nous avions fait.
•Je n'en doute pas une seule seconde.
•Je suis enfin libéré, souffla-t-il, visiblement soulagé.
•Vous étiez piégé parce que vous ne pouviez pas donner votre version des faits ?
•Je ne pouvais pas reposer en paix tant que tout le monde pensait que Sarielle était responsable de ma mort.
•Je le dirai à tout le monde.
•Dis le surtout à notre fille. Elle mérite de savoir que nous l'aimions.
•Elle le sait déjà. Mais je le dirai à son fils.
•C'est tout ce que je voulais. Adieu, Raven.
•Adieu, Gabriel.
L'esprit disparut et Raven sentit les effets de la potion se dissiper.
Épuisée et complètement vidée de toute son énergie, la jeune femme se laissa aller contre Sirius qui resserra sa prise sur elle.
•Raven ? Qu'est-ce-qui s'est passé ?
•Il était bloqué dans une boucle sans fin, marmonna-t-elle, ivre de fatigue. Il revivait sa mort sans cesse.
•Qu'as-tu vu ?
•Gabriel s'est suicidé alors qu'il était sous Impérium. Une femme l'avait ensorcelé pour qu'il tue Sarielle et Lily.
•Qui était-elle ?
•Elle n'a pas dit son nom, mais elle a dit appartenir aux Déchus.
•Les Déchus ?
•Je crois… je crois qu'il s'agit du groupe qui a chassé les Fallen.
•Tu dois te reposer.
•Je dois faire des recherches sur eux. Je dois…
•Tu dois dormir.
Déjà à moitié partie dans les limbes, Raven sentit Sirius la redresser avant de la soulever, la tenant contre lui. Alors qu'elle cherchait à argumenter pour le faire changer d'avis, elle en fut incapable.
Elle s'évanouit tout simplement.
Note de l'auteure : une grosse révélation concernant l'histoire de Sarielle et pourquoi Lily s'est retrouvée chez les Potter.
J'espère que ce chapitre vous a plu et espère vous retrouver pour le prochain.
J'attends vos reviews avec une vive impatience.
A très vite.
Bye !
