Chapitre 6 : Ça a toujours été toi.
Blabla de l'auteure : Je vais être honnête, je n'aime pas du tout ce chapitre, je trouve que la première version que j'ai supprimée accidentellement était meilleure. Mais après l'avoir réécrit et relu de long en large, je ne pense pas que je puisse faire plus que ça.
Il y a un OC (Original Character) qui n'a pas du tout été respecté dans ce chapitre. Mdr.
Attention, chapitre très hot (interdit aux -18 ans) ! Ceux qui ne sont pas à l'aise ou qui n'aiment pas les lemons, vous pouvez simplement sauter la partie concernée.
Réponses aux commentaires :
Ano : Merci, c'est gentil XD.
Mouch : Je te remercie pour ton avis, je suis heureuse que l'histoire te plaise. J'espère que la suite le fera tout autant et que l'attente n'a pas été trop longue. J'ai fait de mon mieux.
Yu : Merci, c'est gentil. J'espère que la suite te plaira autant XD !
Lilipuce : Tout d'abord, merci pour ton avis, je crois que c'est l'une des critiques les plus constructive qu'un lecteur m'ait jamais laissé. J'ai essayé de rendre l'histoire aussi compréhensible que possible pour ceux qui ne seraient pas accoutumés aux 'space opéra', parce que je suis moi-même novice dans ce genre d'écriture et je voulais pas m'aventurer vers quelque chose de trop compliqué pour un premier essai. Et j'ai aussi essayé de faire en sorte de rester le plus fidèle possible aux persos d'origines en tenant compte du contexte (et peut-être n'ai-je pas réussi). De plus, est-ce que le malentendu entre Sasuke et Naruto aurait pu être résolu au premier chapitre avec une seule discussion ? Totalement ! XD, mais le propos de cette histoire est justement la façon dont ils ont pu ouvrir les yeux sur ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre. Il y a un point de ton commentaire qui m'a perturbé, je ne sais pas si tu confonds le genre littéraire 'space opéra' qui raconte des histoires qui se déroulent dans l'espace (littéralement), et qui n'a rien avoir avec la dynamique alpha/beta/oméga, qui est un 'trope' des histoires gays (que j'aime bien mais qui n'est pas au goût de tout le monde, surtout quand c'est mal amené par l'auteur). Enfin, c'était un challenge de changer de POV à chaque partie tout en faisant en sorte que ça reste intéressant, merci de l'avoir relevé. Menma est un personnage qui n'est pas souvent exploité dans les fan fictions Naruto, et ici je voulais surtout qu'il serve de point de vue extérieur, puisque Naruto et Sasuke ne sont pas des narrateurs très fiables.
J'adore les longues review, alors je t'en prie, lâche-toi ! XD. J'aime parler. (Enfin, écrire.)
En bref, je suis heureuse que tu apprécies l'histoire malgré tous ses défauts. Je suis très flattée que tu lises quelque chose qui ne soit pas dans tes habitudes simplement parce que tu aimes mon style d'écriture. J'espère que la conclusion te plaira.
Bonne lecture !
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L'amour.
Que savait-il de l'amour ?
Avant, il croyait le connaitre.
Aujourd'hui, il était en quête.
En quête de son hautain savoir.
Car l'amour était l'anti paix,
Le chaos des incertitudes,
Un cimetière où venait s'évanouir,
Des millions de sciences,
Un briseur de rêves,
Un désir noir ricanant avec les dents de la concupiscence,
Désirant s'emparer de son corps, de sa raison,
Et de son esprit.
Il ne savait rien de lui.
Ou peut-être qu'il le savait.
Mais quels mots pour le décrire ?
Quelle rime lui donner ?
Quelle couleur ?
Un jour, il était nuancé de rouge nacré.
Un autre jour, sombre métallisé.
Certaines fois, il s'habillait en turquoise.
Et quand il avait voulu le saisir, il était écarlate.
Avant, il croyait l'avoir perçu dans la candeur de l'adolescence ;
Ce n'était qu'un mirage.
Il croyait avoir passé l'épreuve,
Pour ne plus se faire avoir à l'usure.
Mais l'amour ne respectait rien.
Il n'attendait pas qu'il finisse sa prière,
Il désacralisait les mosquées et les cathédrales,
Forçant à le regarder désirer son bien-aimé sur des versets sourates.
Il était quelque part.
Cherchant un cœur rebelle,
Une fleur noire,
Un ange,
Pour venir reprendre son vice sucré.
Le forcer à s'excuser d'avoir un jour médis de lui, dans des commentaires insensés.
L'amour, il ne savait rien de lui.
Alors maintenant, il préférait naviguer avec lui au rythme des grés.
Le laisser l'apprivoiser, lui confier sa science.
Car il n'avait pas d'armes pour lui déclarer la guerre,
Trop vulnérable pour des simulacres,
Trop frêle pour lui mentir.
Il allait valser sur des musiques choisies par lui,
Il n'allait pas résister à son appel,
Il allait prier pour que ce fouet qui lacérait sa peau de mille désirs, dure encore cent ans.
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Sasuke passa la semaine suivante à déprimer dans son appartement, allongé sur son canapé et emmitouflé dans trois couches de couvertures, à manger de la glace à la vanille devant sa télévision telle une foutue héroïne de comédie romantique.
Jusqu'à ce qu'il reçoive un appel de Menma.
« Hey, Big S, arrête tout ce que tu fais et vient m'aider à déménager. »
Sasuke arrangea quelque peu sa position avachie sur le divan.
« Tu déménages ? », demanda-t-il surpris, car personne ne l'avait prévenu.
« Ouais, depuis cette semaine », répondit Menma. « J'ai signé les papiers d'achats de l'appartement hier. »
« Wow. Vers où ? »
« Ton ancien bâtiment », expliqua son ami. « Il y avait une ouverture et je me suis souvenu avoir vraiment aimé cet endroit quand je te rendais visite, alors j'ai saisi l'occasion. Retrouve-nous là-bas demain vers dix-sept heures. »
« Nous ? »
Le groupe en question se révéla être Menma – bien évidemment -, Hinata et Naruto, qui l'attendaient devant l'immeuble. Une fois arrivé, Sasuke se dirigea vers eux, là où se trouvaient également des piles de vêtements et des cartons de toutes tailles, certains à moitié ouverts, d'autres scotchés, et empilés à l'arrière d'un véhicule de déménagement.
Menma leur indiqua, à Naruto et à lui, quels cartons prendre en premier, tout en prenant un pour lui-même et en disant à Hinata qu'elle n'avait rien à faire. À cela, la jeune femme leva les yeux au ciel et saisit un carton plus grand qui éclipsait sa petite silhouette. Quand Menma regarda dans sa direction, impressionné, elle sourit d'un air suffisant et marcha avec le reste du groupe vers les ascenseurs.
Au total, il fallut dix aller-retour pour nettoyer toutes les affaires de Menma. Au moment où ils descendirent pour récupérer les derniers objets, Sasuke transpirait à plusieurs endroits qui n'avaient rien de sexy ni d'agréables.
« Hé, Devilshit, tu n'aurais pas pu faire appel à une société de déménagement ? », grommela-t-il en attrapant les deux derniers cartons et en les entassant l'un sur l'autre.
Il ne savait pas exactement ce qu'il y avait dedans, mais on aurait dit des briques et des morceaux de métal, peut-être même une ancre de bâteau.
« Hahaa », fit Menma en gloussant. « Ce sont eux qui ont ramené toutes mes affaires du casier il y a deux jours. »
Sasuke lui lança un regard mécontent.
« Et tu t'es arrêté là ? Tu n'aurais pas pu t'offrir le service complet avec tout le fric que tu gagnes ? »
« Allez, ce n'est pas grand-chose, cesse de te plaindre ! », rétorqua le bêta.
« Je te signale que c'est moi qui en porte la plus grande partie », soupira Sasuke, et ce n'était qu'à moitié pour le spectacle.
Son côté dramatique fit lever les yeux au ciel et rire Naruto qui marchait à côté de lui, portant une poignée de lasers et l'un des plus vieux sacs d'équipement de Menma en bandoulière.
Ils prirent à nouveau l'ascenseur et durent attendre qu'il atteigne le sous-sol.
« C'est parce que t'es le plus fort, mec », déclara Menma en lui donnant une tape apaisante dans le dos.
« Eh bien, au moins tu le reconnais. », dit Sasuke en hochant la tête.
Il jeta un coup d'œil à Naruto pour lui adresser un sourire ironique et fier. Le blond leva les sourcils comme pour dire 'vraiment ?' et 'oh mon dieu, tu es un idiot', mais le coin de sa bouche était toujours penché vers le haut. Sasuke considérait cela comme une victoire.
« Est-ce que tu possèdes d'autres chemises que des chemises à carreaux et des t-shirts graphiques ? », demanda Hinata à Menma en regardant dans la boite ouverte qu'elle tenait dans ses bras.
Son contenu était un tas de chemises en désordre dans une gamme de couleurs trop nombreuses, mais Sasuke ne pouvait pas juger car il avait une affinité pour sa propre marque de t-shirts extravagants.
« Non », répondit joyeusement Menma.
Hinata soupira, son expression pleine de souffrance.
« Je dois t'emmener faire les magasins. »
Les yeux de Menma passèrent de Sasuke à Hinata d'un air confus.
« Pourquoi ? », s'étonna-t-il. « Est-ce que…est-ce que mon style est mauvais ? »
Il regarda le jean déchiré, le t-shirt avec le logo de Saigei sur la poitrine, et la chemise à carreaux bleu qu'il portait actuellement, les inspectant avec une attention particulière.
« Tu pourrais apprendre une chose ou deux de ton frère. », répondit la jeune femme en haussant les épaules, timide. « Je dis ça, je dis rien. »
À la façon dont Menma resta bouche bée, ses sourcils incroyablement froncés, un étranger pourrait penser que rien ne l'avait autant offensé de toute sa vie. Le choc était suffisamment amusant pour que Sasuke ne puisse s'empêcher de regarder Naruto pour voir sa réaction. Leurs yeux se connectèrent et ils rirent tandis que Menma soufflait à côté d'eux.
« Il ne porte que de l'orange et du noir ! », protesta le bêta, les sourcils froncés.
« De l'orange et du noir de marque, merci beaucoup », répliqua Naruto d'un ton pincé.
« Exactement », dit Hinata en faisant un geste de sa main libre en direction de l'autre oméga pour signifier son accord.
En face, l'ascenseur tinta et s'arrêta à l'étage de Menma. Ils sortirent tous, Sasuke attendant qu'Hinata, Menma et Naruto descendent en premier, et les suivit dans le couloir jusqu'à l'appartement de Menma. Une fois que ce dernier eut déverrouillé la porte, ils entrèrent et Sasuke se dirigea vers une énorme pile de cartons, posant ceux qu'il tenait dans ses bras à côté des autres. Il voulut demander à Menma si tous ces cartons étaient remplis de choses destinées au salon, mais franchement, il pensait que ce n'était pas le cas, et la perspective de les déplacer à nouveau était si épuisante qu'il décida simplement de garder sa bouche fermée.
« Sasuke, ne les laisse pas me martyriser ainsi », se plaignit Menma d'un air boudeur en venant se draper sur lui.
L'alpha regarda à nouveau Naruto, observant son pantalon de survêtement noir ajusté d'une marque très connu et très cher qu'il portait avec un sweet-shirt orange. Ses yeux se déplacèrent de haut en bas deux fois, sans qu'il le veuille vraiment, jusqu'à ce qu'il puisse voir l'oméga s'agiter un peu sous son regard et fourrer ses mains dans ses poches.
« Sasuke, allezzz… », geignit Menma, sa moue s'élargissant.
« Quoi ? », dit-il, oubliant momentanément de quoi ils parlaient tous. « Je pense que Storm à l'air bien. »
Ses yeux croisèrent brièvement ceux de Naruto.
« Au fait, j'aime ta casquette. »
Puis, se tournant vers Menma :
« Est-ce que ces cartons restent tous ici ? »
Du coin de l'œil, il put capter deux images distinctes : Naruto qui essayait de cacher son sourire et Hinata regardant Naruto baisser la tête.
« Tu n'es d'aucune aide ! », continua de pleurnicher Menma, soupirant comme s'il avait été profondément persécuté toute sa vie.
Pendant que Naruto allait chercher des bouteilles d'eau pour tout le monde dans le frigo, Hinata regarda la montagne de cartons avec scepticisme. Sasuke pouvait deviner à quoi elle pensait, parce qu'il pensait exactement la même chose. Et il ne voulait pas le faire, son dos ne voulait certainement pas qu'il le fasse non plus, mais il ne pouvait s'empêcher de proposer son aide quand l'un des frères Uzumaki-Namikaze avait besoin de lui. C'était comme si c'était inscrit dans son ADN ou quelque chose comme ça.
« Tu ne veux donc pas que je t'aide à déplacer ces cartons dans les bonnes pièces ? », demanda-t-il alors, après avoir regardé Menma faire la moue pendant une minute.
« Hum », marmonna le bêta et il eut le bon sens de paraître au moins un peu coupable.
« C'est bien ce que je pensais », grogna Sasuke en se dirigeant vers les cartons et en en ramassant quelques-uns.
Il demanda où il devait être dirigé et, pendant les trente minutes qui suivirent, déplaça la plupart d'entre eux, avec une aide minimale de Menma, vers chaque pièce spécifique à laquelle ils étaient étiquetés.
Lorsqu'ils eurent officiellement terminé, il trouva Naruto et Hinata assis dans la salle à manger en train de discuter, de boire leur eau et de rire de la façon dont les choix de meubles de Menma correspondaient à ses choix vestimentaires, c'est-à-dire beaucoup de rayures bleues, beiges et aucun style.
« Eau, s'il te plait », souffla Sasuke en entrant dans la pièce, la main levée.
Naruto lui lança une bouteille couverte de condensation qu'il attrapa en plein vol. Il la porta à son visage échauffé et laisse la fraîcheur s'infiltrer dans ses joues pendant une minute avant de briser le sceau, de la déboucher et d'avaler le tout d'un coup. Quand il eut fini, il la posa sur la surface vide la plus proche, releva le bas de sa chemise et essuya la sueur sur son front et son visage.
L'air frais était si agréable sur son torse nu et qu'il envisagea brièvement d'enlever entièrement sa chemise pour se rafraîchir, mais il s'arrêta, reconsidérant sa décision en se rappelant qu'Hinata était à proximité et qu'elle n'apprécierait probablement pas qu'il se promène à moitié nu. Le front presque sec maintenant, il laissa tomber sa chemise et leva les yeux pour voir cette dernière et Naruto le regarder de l'autre côté de la pièce, leurs yeux un peu écarquillés.
Est-ce qu'il sentait mauvais ? Devrait-il demander à emprunter une chemise ? Il tira sur le col pour sentir et ce n'était pas terrible, mais ça aurait certainement pu être pire.
« Quoi ? », demanda-t-il, perplexe.
Les deux omégas clignèrent des yeux, comme deux guppys choqués.
« Tu es ridicule », déclara Naruto avant de regarder Hinata qui lui fit une grimace.
Ils éclatèrent tous les deux de rire, et Sasuke était de plus en plus perdu, n'y comprenant rien, quel que soit la blague qu'ils partageaient.
« Pour vous remercier, je commande le diner ! », s'exclama Menma en arrivant dans la pièce. « Qu'est-ce que vous voulez manger ? »
Sasuke fit le tour de la table et s'assit à côté de Naruto, s'y laissant tomber en expirant longuement. Il allait être courbaturé de partout demain.
« Je suis partant pour tout », dit-il. « Hinata, tu as des préférences ? »
« Moi ? », demanda-t-elle en se touchant le sternum comme si elle ne s'attendait pas à être incluse dans la conversation.
Sasuke hocha la tête avec un sourire et la jeune femme regarda Menma, puis Naruto, et répondit :
« Je crois qu'il y a une pizzeria à quelques pâtés de maison d'ici. »
« Est-ce qu'ils ont des options sans gluten ? », demanda Naruto.
Sasuke lui fit un clin d'œil.
« Ouais », acquiesça-t-elle en hochant la tête. « Ils ont de super notes, en fait. Ma mère est cœliaque, donc parfois je dois lui indiquer les restaurants. Est-ce que tu as ça aussi, Naruto ? »
« Pas moi. Sasuke. », corrigea Naruto. « Tout ce qui contient du gluten et du lactose lui donnent la diarrhée. »
« Très glamour, Usuratonkashi », rit Sasuke en tirant une mèche de ses cheveux blonds.
Quelque chose changea dans l'expression d'Hinata et s'adoucit subtilement, la peau autour de ses yeux se lissant.
« Oh, eh bien, ils ont une pizza sans gluten avec toutes les garnitures que tu veux, et aussi une option sans croûte qui a de la saucisse comme base, donc si tu n'es pas végétarien, c'est une autre alternative .»
« Merci », dit chaleureusement Sasuke. « Cela me semble bien. »
« À emporter ? », s'enquit Menma, sortant déjà son PADD.
Ils hochèrent tous la tête en signe d'accord, et Menma prit rapidement note de ce que chacun voulait avant de passer la commande. Pendant qu'ils attendaient l'arrivée de la pizza, le bêta entraina Hinata dans l'appartement pour une visite rapide, mais pas avant d'avoir ordonné à Naruto et Sasuke de marcher dans la rue jusqu'à une supérette pour récupérer des assiettes en cartons, des ustensiles et des boissons.
« Mille Yens qu'ils se sont envoyés en l'air pendant notre absence », déclara Sasuke tandis qu'ils retournaient tous les deux à l'immeuble, les bras chargés de sacs.
Le visage de Naruto devint horrifié tandis qu'il faisait semblant de s'étouffer.
« C'est dégoûtant. Ne me mets pas ce genre d'images en tête. »
« Tu sais que c'est vrai », rigola l'alpha.
« Je ne sais rien de tout cela, et je ne veux pas le savoir », objecta le blond, les lèvres tordues de dégoût. « Et d'ailleurs, pourquoi en es-tu si sûr ? »
« Si je déménageais dans un nouvel endroit, avec un nouveau mec bah…je voudrais aussi baptiser l'endroit. »
Ils arrivèrent à l'entrée principale de l'immeuble de Menma et attendirent que les portent automatiques à reconnaissance faciales les laissent entrer. Une fois qu'ils furent à l'intérieur de l'ascenseur, Naruto secoua la tête et reprit :
« Je veux dire, peut-être. Mais nous ne sommes partis que vingt minutes et si c'est tout ce qu'Hinata a à faire, je me sens mal pour elle. »
Sasuke éclata bruyamment de rire.
« Je vais lui dire que tu as dit ça », mentit-il juste pour voir les yeux de Naruto s'écarquiller et sa bouche s'ouvrir.
« Tu racontes n'importe quoi. Tu n'oserais pas », objecta l'oméga, un sourire éclairant son visage alors que le bout de ses oreilles devenait rouge vif.
« Tu crois ça ? », demanda Sasuke en se penchant jusqu'à ce que leurs bras se frôlent.
« Ouais, absolument. »
« Pourquoi pas ? »
« Parce que tu ne ferais pas ça à Hinata », dit Naruto en se léchant les lèvres.
Sasuke fredonna, fixant l'oméga pendant quelques instants, leurs yeux rivés l'un sur l'autre. Quand ils se mettaient mutuellement en branle comme ça, il était difficile de se désengager au lieu d'intensifier les choses, de pousser un peu plus fort. À quatorze ans, Sasuke s'enfonçait jusqu'à ce que Naruto et lui finissent par tomber ensemble sur le sol ou s'éloigner l'un de l'autre après que les taquineries se soient transformées en querelles puis en disputes. Il n'avait pas vraiment su comment ou pourquoi l'ambiance allait changer si rapidement, comment la ralentir ou la calmer. Et même s'il était plus doué pour évaluer comment gérer ces moments en tant qu'adulte qu'en tant qu'enfant, il se retrouvait toujours à trébucher avec le même abandon stupidement sans grâce qu'à l'époque, espérant contre tout espoir qu'ils ne se termineraient pas par une fuite de Naruto, mais par un renversement de sa part.
L'ascenseur sonna et les portes s'ouvrirent. Ils se regardaient toujours même quand quelqu'un entra dans l'appareil. Sasuke observa le corps de Naruto prendre conscience de la présence d'une autre personne dans leur espace une seconde avant son cerveau, ses grands yeux bleus s'éloignant, son sourire s'effaçant, puis son torse se déplaçant. Il contourna l'étranger pendant que Sasuke lui fit un signe de tête, puis il suivit l'oméga jusqu'à ce qu'ils arrivent à la porte de Menma.
« On frappe ? », demanda-t-il à Sasuke, puis il grogna à sa propre question, comme si l'entendre à voix haute lui faisait décider que c'était stupide, avant de tourner la poignée de porte.
Celle-ci n'était pas fermée à clé et ils entrèrent pour trouver Hinata et Menma assis dans le salon, sur le canapé, se chuchotant des choses tout en riant. Les cheveux de Menma en particulier semblaient un peu plus ébouriffés qu'à leur départ, et Sasuke lança un regard à Naruto quand il vit qu'il avait lui aussi remarqué.
Ils échangèrent un autre regard, Naruto leva les yeux au ciel et alla ranger les boissons dans le réfrigérateur. Menma essaya de convaincre Sasuke de l'aider à installer sa console de jeu, même si Sasuke n'y connaissait rien en installation de consoles de jeu, quand heureusement la pizza arriva et ils s'arrêtèrent pour manger.
Hinata proposa d'aider à mettre les assiettes en papier, les serviettes et les verres pendant que Naruto prenait les boissons et que Sasuke posait les pizzas sur la table. Une fois qu'ils furent tous installés à leur place, Menma et Naruto commencèrent à retirer le peppéroni et les champignons de leurs pizzas respectives. Menma fit un petit tas de toutes les garnitures sur une assiette en papier séparée, un tas pour chacun, et quand il eut fini, il divisa ces tas en deux. Naruto prit la moitié du tas de peppéroni pour le mettre sur sa pizza aux saucisses, Menma prit la moitié des champignons pour le mettre sur sa pizza à l'ananas, et Sasuke prit la moitié restante des tas de pepperoni et de champignons pour le mettre sur sa pizza sans gluten au poulet et aux épinards. Une fois que tout fut réglé et qu'ils commencèrent à creuser et à manger, Sasuke remarqua qu'Hinata regardait leur rituel avec l'expression la plus amusée et la plus chatouillée qu'il ait peut-être jamais vue.
« Quoi ? », demanda Menma en souriant, même s'il semblait déjà savoir où allait la conversation.
« Vous faites toujours ça ? », enchérit Hinata.
« Pas toujours », précisa Naruto.
« Probablement depuis que nous sommes enfants », ajouta Menma. « C'était notre tradition de manger une pizza le vendredi après les entraînements. Et quand on était sur Balkir, les parents de Sasuke nous commandaient des pizzas. Mais comme nous mangeons beaucoup, nous devions les partager. Et comme nous aimons tous des garnitures différentes, nous avons trouvé un moyen de faire en sorte que cela fonctionne. »
« Ce n'est presque plus aussi bon si je ne peux pas d'abord éplucher les champignons », expliqua Naruto.
Le sourire d'Hinata s'illumina.
« Est-ce que quelqu'un aime les olives vertes ? »
« Tu veux participer à ça ? », demande Menma, ravi.
« Bien sûr que oui », dit Sasuke. « J'adore les olives. Tu veux les échanger contre du peppéroni ? »
« Des champignons ? », s'enquit à nouveau la jeune femme.
Et c'est ainsi que les piles passèrent de moitiés à tiers.
Ils mangèrent tout en parlant de leurs projets pour l'été. Hinata avait encore des études à terminer mais Menma envisageait de l'emmener en vacances dès qu'elle aura un peu de répit, tandis que Naruto était impatient d'aller jouer au golf. Sasuke l'accompagnera dans quelques-uns de ces voyages, au moins, jusqu'à ce que Naruto finisse par épuiser l'amour considérable de Sasuke pour le golf. Ensuite, Naruto rentrera probablement chez ses parents à Uzushio pendant quelques semaines tandis que Sasuke partira à Balkir et ailleurs pendant le reste de l'été, et ils ne se reverront pas avant août. C'était la meilleure et la pire période de l'année pour Sasuke.
La meilleure, parce qu'il pouvait enfin vivre sa vie sans penser à Naruto toutes les cinq secondes, sans penser à lui, toujours à moitié occupé à se demander ce qu'il faisait, avec qui il était, quand il le reverrait. La pire, parce que Sasuke souffrait à chaque seconde de la distance qui les séparait. Peu importe la distance qui séparait Naruto de lui, sur la route ou de l'autre côté du continent, ça ne semblait jamais aller bien.
Menma suggéra de jouer au poker après avoir fini leur pizza et rangé les restes, car il n'y avait ni câbles ni Internet pour les divertir autrement. Il trouva un paquet de cartes poussiéreux dans une boîte contenant divers effets personnels, qui comprenait un bloc-notes, une boîte de punaises, un sac de piles à moitié vide et plusieurs stylos en vrac. Ils jouèrent au poker pendant une demi-heure, en utilisant les punaises comme monnaie d'échange, jusqu'à ce qu'ils réalisent tous rapidement qu'Hinata était un peu une requin des cartes et qu'elle possédait plus de quatre-vingt-dix pour cent des punaises en sa possession après sept mains.
Naruto proposa Pictionary comme suite et une telle lueur maléfique s'installa dans les yeux de Menma, égalé seulement par le sourire méchant de son jumeau, que Sasuke ne put s'empêcher de s'étouffer avec sa propre salive.
« Tu veux être mon partenaire ? », demanda Hinata à Menma.
Menma l'embrassa doucement, lui remettant une mèche derrière l'oreille et lui donna une petite tape sur la joue.
« Pas ce soir, bébé. Solidarité fraternelle jusqu'au bout. »
« C'est de la triche », objecta Sasuke, parce que c'en était une.
« Ce n'est pas de la triche », intervint Naruto en lui lançant un regard très sérieux tout en essayant de réprimer son sourire. « Nous suivons les règles. »
Sasuke secoue la tête.
« Techniquement seulement. »
Pendant ce temps, Hinata les observait tous, évaluant la situation avec son œil perçant et détectant clairement que quelque chose se tramait dans l'air. Elle appuya ses coudes sur la table, se rapprochant un peu plus de Sasuke, et dit d'un air conspirateur :
« Pourquoi ai-je l'impression de m'être fait arnaquer ? »
Sasuke se penche également.
« Parce que tu l'as fait », murmura-t-il.
Ils distribuèrent des stylos et trouvèrent une boîte presque vide pour y accrocher le bloc-notes afin que tout le monde puisse voir, puis Menma prit son premier tour. On ne savait pas exactement ce qu'il dessinait, même si sa catégorie était le cinéma, mais il y avait quelques gribouillis en bas et cinq lignes droites en haut de la page, deux plus foncées que les autres.
« Dean Fujioka ! », s'exclama Naruto, cinq secondes après le début de leur trente-deuxième tour.
« Oui ! », cria Menma et ils se firent un high five.
« Quoi ?! », siffla Hinata, confuse. Elle regarda Sasuke. « Ce n'était même pas un dessin de quoi que ce soit ? Je... je suis ? »
« Oh, ils viennent juste de commencer », expliqua-t-il. « À partir de maintenant, cela n'aura plus aucun sens. »
Les sourcils d'Hinata se froncèrent, son expression déconcertée comme si elle n'était pas sûre de le croire, mais après dix tours supplémentaires entre les deux groupes, où Hinata et lui luttèrent pour deviner les réponses pour un film et un groupe de rock tandis que Naruto et Menma parvenaient à trouver tous leurs mots correctement avec des dessins de moins en moins cohérents jusqu'à ce que finalement Naruto prédise un chanteur avec une ligne droite au milieu de la page, elle comprit clairement.
« Oh, allez ! », dit-elle, en frappant ses mains sur la table.
Menma et Naruto commencèrent à hurler.
« Comment ? », demande-t-elle. « Ils doivent tricher. »
Sasuke croisa les bras sur sa poitrine, amusé.
« Ça me rendait fou quand on était plus jeune. Je n'arrivais pas à comprendre comment ils faisaient et ils ne le disaient jamais. C'est une de leurs choses de jumeaux qu'on ne comprend pas, je crois. »
Il les regarde chuchoter entre eux, planifiant probablement comment gagner le prochain tour avec leurs étranges dessins psychiques.
« Tu les aimes vraiment », dit Hinata, les yeux rivés sur lui.
Elle avait fait ça de temps en temps toute la nuit, quand elle pensait qu'il ne regardait pas, parfois quand elle savait qu'il le faisait, même quand il ne faisait qu'observer Naruto. Il ne savait pas ce qu'elle voyait, quelles informations elle recueillait, mais elle s'était beaucoup rapprochée de lui depuis leur première rencontre et il en était content.
« Ils sont ma famille », répondit-ils en regardant affectueusement Naruto et Menma blottis ensemble à l'autre bout de la table.
Il se sentit sourire et le vit se refléter à travers Hinata.
À la fin de la soirée, alors que Sasuke et Naruto se préparèrent à partir, Sasuke prit Menma à part et lui fit un rapide câlin.
« Je suis content que Naruto et toi alliez mieux », dit-il à voix basse, juste pour qu'ils puissent tous les deux l'entendre.
Menma tapota le dos de Sasuke et lui serra rapidement le bras.
« Moi aussi. Il m'a manqué. Ça m'a manqué. »
Sasuke savait ce qu'il voulait dire.
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La veille de l'anniversaire de Sasuke, Naruto l'invita à diner et à passer du temps ensemble. Une sortie à laquelle toute l'équipe se joindra était également prévue le lendemain. Le plan était d'aller au restaurant en ville. Mais c'était un autre sujet, et même si Sasuke ne le dira jamais aux autres gars de l'équipe, car il appréciait leur compagnie et s'amusait à sortir avec eux, aucun d'entre eux ne pourrait rivaliser avec le temps qu'il passait en tête-en-tête avec Naruto. Personne ne le ferait jamais.
« Où as-tu envie d'aller diner ? », s'enquit le blond.
Ils jouaient à un jeu de guerre depuis que Sasuke était arrivé chez lui il y a plus d'une heure, même s'il était nul à ce jeu et qu'il continuait de perdre. Ce n'était pas de sa faute si son avatar persistait à marcher dans les coins et à rester coincé. En plus, ces foutues manettes n'était vraiment pas intuitives. C'était loin de ce qu'il arrivait à faire lorsqu'il pilotait un vaisseau. Pourquoi les gens jouaient-ils à ce jeu stupide, en fait ?
« Tu n'as pas réservé ? », demanda-t-il en retour, sans quitter l'écran des yeux.
Il essayait de faire grimper son avatar sur le toit d'un immeuble, mais monter les escaliers était délicat. Entendre Naruto ricaner pas si subtilement à ses côtés ne l'aidait pas à sortir de sa galère.
« Je n'ai pas besoin de réservation », expliqua ce dernier. « Juste de me pointer. Mon nom et mon visage angélique feront l'affaire. »
L'oméga remporta la partie en tuant tous les autres agents, ou peut-être en arrivant à la bonne destination en premier ? Sasuke ne savait toujours pas exactement quel était l'objectif de ce jeu ou pourquoi quelqu'un penserait que c'était amusant.
À côté de lui, son ami se trémoussa un peu sur son siège et leva les poings en l'air, fier de sa victoire, quand bien même n'était-elle pas exactement équitable.
Sasuke jeta sa manette sur la table basse et se tourna vers lui.
« C'est un joli visage, je te l'accorde », dit-il en regardant la façon dont le sourire suffisant de Naruto se fondait dans une douce apostrophe au coin de sa bouche, ses yeux baissés. « Le nom par contre… »
« Hé, va te faire foutre ! », rigola l'oméga en le frappant sur la cuisse. « Je te ferais dire que mon nom est mémorable. Bon, bref, tu veux du steak pour ce soir ? »
« Quand ai-je déjà refusé du steak, dobe ? »
Naruto posa sa propre manette plus doucement que Sasuke ne l'avait fait avec la sienne et prit la télécommande pour mettre une émission d'avant-match d'un match de basket. Il baissa le volume et le regarda à nouveau avant d'ajouter :
« Et après ? Tu veux sortir ? On pourrait aller voir un film. Y a ce nouveau film de super-héros que Kiba et Shikamaru n'arrêtent pas de parler. »
Sasuke voulait faire tout cela, mais il pensa que dire simplement 'oui' n'était probablement pas la réponse que Naruto attendait.
« Le dernier film que j'ai vu, c'était celui que tu m'as fait regarder dans l'escorteur en mars dernier. »
Naruto fronça les sourcils tandis qu'il réfléchissait, parcourant cette vaste mémoire et toutes les informations qu'elle contenait.
« C'était un film pourris, tu t'en rends compte ? », lui demanda-t-il, finalement.
« Peu importe », fit Sasuke en haussant les épaules.
Il ne se souvenait plus ni du titre du film, ni de quoi ça parlait. Par contre, il se rappelait de la façon dont la jambe de Naruto s'était appuyée contre la sienne, quand ils étaient assis dans leur rangées de deux sièges. Pendant des semaines, Naruto n'avait cessé de lui dire qu'il devrait le regarder, et Sasuke en avait eu assez de le voir absorbé par les dix minutes de vidéo de jeu qu'il regardait depuis une heure. Il avait donc mis le film tant vanté, espérant attirer le blond, et après environ cinq minutes à faire semblant de regarder son PADD pendant que ses yeux dérivaient sans cesse vers le sien, il lui avait donné un de ses écouteurs à partager pour qu'ils puissent finir le reste du film ensemble.
Naruto eut un autre ricanement distinct, puis un rire étouffé en secouant la tête d'un air fataliste.
« Il faut qu'on élargisse tes horizons, Teme. Deux nouveaux films en un an ? Il faut clairement que je te fasse sortir plus souvent, mon pauvre. »
« Peut-être que tu devrais le faire, ouais. », rétorqua Sasuke, parce que c'était vrai et parce que c'était presque son anniversaire aujourd'hui et qu'il allait dire ce qu'il pensait.
Naruto cligna des yeux, surpris pendant une seconde, comme s'il n'était pas préparé à cette réponse. Et puis une notification provenant de son PADD les interrompit.
« On devrait… », commença-t-il avant de s'arrêter pour vérifier qui tentait de le joindre. « Un instant, c'est Menma. »
Sasuke le regarda répondre et saluer son frère avant de babiller:
« Je suis un peu occupé en ce moment… Je vais juste reporter le rendez-vous… La semaine prochaine ou quelque chose comme ça… Je ne peux pas en ce moment… Parce que je ne peux pas… Oui… Avec Sasuke. Tu es sérieux ? Il n'y a pas d'autre moment ? Demain matin ? »
Le visage de Naruto devint de moins en moins détendu au fur et à mesure que la conversation se poursuivait, la peau autour de ses yeux et de sa bouche se crispa, ses sourcils se froncèrent, ses lèvres se pincèrent. Il poussa un long soupir et reprit finalement :
« Très bien. D'accord. Ouais, pendant environ vingt minutes. et puis on s'en va. Tu m'entends ? Menma. Je suis sérieux. Ouais à toute à l'heure. »
Il dévisagea Sasuke avec remords après avoir rangé son appareil.
« Il y a un problème ? », s'enquit l'alpha en le frappant du genou pour chasser la frustration de ses yeux.
« Apparemment, un ami de Menma, de Balkir, est en ville en ce moment et il veut vraiment me rencontrer, et Menma le lui a promis sans m'en parler au préalable. Je suis vraiment désolé. Cela ne prendra qu'un peu de temps et ensuite, il n'y aura plus d'interruptions pour le reste de la soirée. »
Soudain, une peur s'abattit lentement sur les épaules de Sasuke. Ce ne pouvait surement pas être celui qu'il croyait ; les chances que ce soit le cas étaient trop faibles.
« Qui est l'ami ? », demanda-t-il.
Naruto fredonna, comme s'il avait déjà oublié le nom et essayait de le retrouver rapidement.
« Un type qui s'appelle Bockchar Xzenk, tu le connais ? »
Comme si un seau d'eau glacée lui était balancé à la figure, Sasuke acquiesça en hochant mécaniquement la tête. Il éprouvait une sorte d'horreur actuellement. Comme si ses pires craintes prenaient réalité juste sous ses yeux.
Putain. Putain. Putain. Bordel de merde. Putain !
Sasuke inspira une fois, puis expira lentement. Et répondit :
« Ouais. Ouais je le connais. »
« Oh », s'étonna Naruto, les sourcils levés. « Vous étiez amis ? »
« Non, pas exactement. »
Il était difficile de garder une voix monotone et une expression neutre alors qu'il aimerait vraiment être en train de balancer l'objet le plus proche à travers l'une des fenêtres du salon. Cependant, essayer d'expliquer pourquoi il aurait cette réaction serait plus difficile que de se contenir. Et puis, Sasuke était passé pro dans l'art de faire semblant d'être détendu alors qu'il ne se sentait vraiment, vraiment pas détendu du tout. La plupart du temps et encore plus maintenant. Ou au moins quatre-vingt pour cent du temps. À moins que Naruto ne soit impliqué de près ou de loin.
Le blond fronça les sourcils, comme s'il n'était pas sûr de ce qu'il allait dire.
« Tu veux que je rappelle Menma pour annuler ? », lui proposa-t-il. « Je peux. C'est ton soir, Sasuke. »
« C'est bon, pas la peine. », assura-t-il, se forçant à sourire.
Ils se regardèrent après cette déclaration. Naruto louchant vers lui pendant un moment, l'air incertain, comme s'il n'était pas sûr de le croire, puis il se leva du canapé.
« Tu veux boire quelque chose ? », lui demanda-t-il en lui tendant la main. « J'ai une bouteille de whiskey dans la cuisine. »
« Ah ouais, quand est-ce que tu as eu ça ? », rigola Sasuke, en acceptant sa main et en se laissant tirer hors du canapé, puis entrainer dans la cuisine.
La cuisine de Naruto était une pièce belle, spacieuse, avec des luminaires blancs et des comptoirs en marbre gris tourelles, tous les appareils électroménagers en acier inoxydable, des lumières en forme de larme assorties et un grand îlot rétractable au milieu de la pièce avec des tabourets de bar placés stratégiquement autour. La boîte à pain sur le comptoir le plus proche du réfrigérateur était ouverte et il y avait quelques plats en train de sécher dans l'évier géant de style campagnard, mais à part cela, toute la pièce était relativement bien rangée, propre et dégageait un léger parfum d'agrumes.
Une partie de Sasuke voulait demander à Naruto s'il avait fait le ménage juste parce qu'il savait qu'il venait ou si c'était une heureuse coïncidence que son service de nettoyage soit passé la veille de leur sortie annuelle d'anniversaire. Il décida de ne pas le faire alors qu'il regardait l'oméga sortir un petit escabeau et se tenir dessus pour ouvrir l'une de ses portes de placard les plus hautes et attraper la bouteille de liqueur sur l'étagère surélevée.
Sasuke aimait la cuisine de Naruto mais il détestait vraiment ses placards de cuisine. La plupart d'entre eux semblaient avoir été créés pour quelqu'un d'au moins un mètre quatre-vingt, peut-être même plus, et l'étagère la plus élevée était si haute que même Sasuke avait du mal à l'atteindre. Ça n'arrangeait rien que Naruto refuse catégoriquement de ne pas utiliser chaque étagère et chaque placard, quand bien même avait-il du mal à atteindre la moitié des ustensiles et demandait constamment à Sasuke d'attraper des trucs pour lui. Et même si c'était incroyablement adorable de le voir utiliser un escabeau comme s'il était un enfant de maternelle voulant attraper une sucrerie dans le pot à biscuits trop haut, Sasuke se faisait mal presque à chaque fois qu'il se promenait dans la pièce, parce qu'il se heurtait aux portes des placards que Naruto oubliait constamment de refermer.
« Ce n'est pas important de savoir où ou comment je l'ai eu », reprit le blond en posant la bouteille et en retournant chercher deux verres.
Sans surprise, il laissa les battants des deux placards ouverts.
« C'est encore scellé », remarqua Sasuke. « Tu viens juste de l'acheter ? »
« Non. », nia l'oméga, mais l'alpha le connaissait assez pour savoir quand il cachait quelque chose.
« Tu m'as acheté ça, Dobe ? », sourit-il.
« Je ne sais pas de quoi tu parles », protesta Naruto, évitant son regard alors qu'il ouvrait la bouteille.
Sasuke allait ajouter quelque chose mais, soudain, l'IA de surveillance de l'appartement annonça la présence de deux visiteurs. Kyu, le renard hybride terrifiant de Naruto qui était caché quelque part dans l'appartement – la bête n'avait pas l'air de beaucoup l'apprécié et se cachait toujours quand il rendait visite au blond, ou alors tentait de le mordre -, jaillit du couloir, jappa et tourna en rond avant de foncer vers la porte d'entrer.
L'alpha se rappela alors instantanément que leur nuit en tête à tête était sur le point d'être interrompue et, brusquement, le sourire qui s'était épanouit sur son visage disparu tandis qu'il sentait sa mâchoire se serrer.
Naruto jeta un coup d'œil à ses poings serrés et lui assura avec un sourire contrit :
« Ils resteront vingt minutes maximum, je te le promets. Je vais faire venir Kyu vers toi, tu peux l'emmener dans la buanderie ? Je ne veux pas qu'il fasse peur à Bockchar. »
Il sortit ensuite de la cuisine. Sasuke le regarda partir et essaya de compter jusqu'à dix pour garder une respiration régulière. L'horloge indiquait dix-huit heures quatre. Ce qui signifiait que s'ils pouvaient sortir d'ici avant une heure et demie, il leur resterait largement le temps de dîner et d'aller au cinéma, quel que ce soit le film que Naruto voulait voir, Sasuke s'en fichait tant qu'il s'amusait. Ses goûts en matière de séries télévisées étaient au mieux médiocres – selon surtout les dires de Naruto -, mais ses choix de films étaient presque toujours de grande qualité et il n'acceptait aucune objection là-dessus.
Comme convenu, Kyu sous injonction de son maitre, arriva en trottant dans la cuisine et se laissa plus ou moins docilement conduire dans la buanderie pour éviter de sauter sur les mollets du nouvel arrivant pour y arracher la chair. C'était la première fois depuis que Naruto l'avait adopté que la bête et lui partageaient une sorte de compréhension mutuelle.
« Oui je sais mon pote », souffla-t-il alors que Kyu continuait de grogner. « Je n'aime pas non plus le partager. »
Kyu lui jeta un bref regard puis bondit sur le plan de travail de la buanderie pour se blottir dans les couvertures que Naruto laissait pour lui dans ces cas ci, tournant le dos à Sasuke, comme pour lui dire que leur trêve n'était que de courte durée.
Poussant un soupir, Sasuke retourna dans la cuisine.
Au loin, il entendit la porte s'ouvrir. Il perçut clairement les voix de Menma et de Naruto, puis celle d'une troisième personne, moins familière, mais pas complètement étrangère, se joindre à eux.
Il devrait sortir et dire bonjour. Ou au moins saluer Menma, et faire un effort pour se montrer aimable. Il avait dû faire ce genre de choses assez souvent dans sa vie : parler à des gens qu'il n'aimait pas, être amical avec quelqu'un qu'il ne supportait pas. Dans son travail c'était indispensable, le monde militaire était régi de cette façon. Donc, c'était pratiquement devenu une seconde nature maintenant pour Sasuke.
Le problème, c'est que... ses pieds refusaient de bouger.
Quelques minutes plus tard, il entendit les voix se rapprocher.
« Sasuke est ici ? », demanda Menma.
« Oui, dans la cuisine », répondit Naruto.
« Uchiha, ramène-toi ! », s'exclama alors le bêta.
Merde.
S'il continuait à se cacher ici comme un lâche, Menma allait venir le chercher et il préférait éviter cet embarra supplémentaire. C'était maintenant ou jamais. Il prit une grande inspiration et expira rapidement, puis émergea dans le salon, un sourire pincé sur le visage.
« Salut, comment ça va ? », dit-il en levant le menton en direction du groupe.
Ses yeux se posèrent d'abord sur Naruto et observèrent la façon dont il avait enroulé ses bras autour de sa taille, son corps incliné vers l'extérieur, méfiant, avec Menma à côté de lui, ayant l'air détendu et indifférent. Puis enfin sur Bockchar, qui avait presque exactement la même apparence que la dernière fois que Sasuke l'avait vu, juste sans sa coupe de cheveux idiote.
« Big S, tu te souviens de Bock, n'est-ce pas ? », lui demanda Menma. « Il était avec nous sur Balkir. »
Sasuke acquiesça d'un signe de tête. Ce type était ami avec pratiquement tous ceux qu'il connaissait, malheureusement. Et ils l'aimaient tous, le trouvaient charmant, drôle, beau, intéressant, divertissant et patati et patata. Des années avaient passé et Sasuke ne comprenait toujours pas ce qui le rendait si attirant aux yeux des autres. D'accord, le gars était grand et d'apparence convenable ; son visage était symétrique, ses dents droites, il semblait en forme bien qu'un peu maigre, et ses traits étaient sombres d'une manière chaleureuse. Cependant, il apparaissait à ses yeux comme quelqu'un de profondément moyen dans tous les autres sens imaginables.
Evidemment, il n'allait pas lui dire ça.
Hypocrisie oblige.
« Ouais, bien sûr. Comment vas-tu, mec ? », s'enquit-il en lui tendant la main.
Il n'afficha pas non plus un grand sourire. Fallait pas pousser mémé dans les orties, non plus.
Bockchar s'avança et lui serra rapidement les doigts avant de les lâcher.
« Vraiment bien, en fait », dit-il en souriant. « Je suis sur le point de terminer ma première année d'ingénierie. Grosse reconversion. L'Alliance et tout ça, ce n'était plus vraiment ce qui me correspondait. »
« C'est impressionnant », commenta Sasuke d'un ton soigneusement neutre pour cacher le fait qu'il s'en fichait comme de sa première chaussette.
« C'est plutôt bien, je suis d'accord. », répondit Bockchar, l'air content. « Et toi ? Qu'as-tu fait ? »
« Moi ? Oh, juste plus de truc pour l'Alliance. »
« Alors ça marche pour toi ? », s'étonna l'autre alpha, comme s'il ne savait pas que Menma, son propre ami, était un autre pilote professionnel, ou que Naruto l'était également.
Sasuke haussa les épaules sans difficulté.
« Je dirais que oui. Qu'en penses-tu, Storm ? »
« Je suppose », renchérit Naruto en le regardant de haut en bas de manière dramatique, l'observant, leurs regards se connectant à la dernière seconde alors qu'ils essayaient tous les deux d'étouffer leurs sourires.
Bockchar paraissait, s'il n'était pas conscient de leur blague, du moins pas dérangé par elle. Naruto continuait de mâcher sa lèvre inférieure comme s'il essayait de se retenir d'éclater de rire et cette vue plaisait beaucoup plus à Sasuke que toute autre chose dans la pièce. Alors il garda l'oméga dans sa vision périphérique pendant qu'il affrontait Bockchar.
L'odeur d'alpha de ce dernier n'était pas particulièrement forte, et elle ne l'avait pas non plus été, de ce que Sasuke se souvenait de l'époque où ils étudiaient ensemble. Certains alphas se sentaient menacés par d'autres alphas aux odeurs fortes. De ce fait, ils avaient autant tendance à garder leurs distances qu'à éviter les alphas que leurs instincts accusaient d'empiéter sur leur territoire. C'était une vision archaïque et conservatrice à laquelle Sasuke n'avait jamais vraiment totalement adhéré, même quand il était plus jeune. Il avait découvert qu'une personne montrerait si elle était digne de confiance par ses actions ou ses paroles, et si les odeurs pouvaient être un indicateur des intentions de cette personne, elles étaient souvent aussi motivées par des émotions irrationnelles, illogiques et ne pouvaient donc pas toujours être prises au pied de la lettre.
Si c'était vraiment le cas, si toutes ces histoires d'odeurs étaient vraies, Sasuke serait probablement en prison depuis longtemps à chaque fois que quelqu'un avait touché Naruto trop brutalement sur la base.
« Vous alliez sortir ? On devrait boire un verre tous ensemble ! », s'exclama Menma en frappant dans ses mains. « Je vais chercher quelque chose. Bock ? »
Bockchar regarda dans la direction de Naruto, attendant sa réponse, peut-être, puis dit :
« De la bière, c'est bien. »
« Stormy ? Big S ? », s'enquit Menma en reculant déjà vers la cuisine.
« Pas pour moi, c'est bon », refusa le blond.
Menma regarda ensuite Sasuke, mais il lui fit signe de laisser tomber aussi. L'idée de boire semblait soudainement beaucoup moins attrayante maintenant qu'il n'y avait plus seulement Naruto et lui dans la cuisine, avec cette nouvelle bouteille de whiskey.
Une fois que Menma disparut, ils restèrent tous les trois, là, maladroitement, pendant une demi-minute, jusqu'à ce que Naruto invite poliment Bockchar à s'asseoir sur un sofa. Lui-même s'asseyant à une extrémité du canapé, à son endroit habituel pour se recroqueviller, et posa ses mains sur ses genoux avec la réserve que Sasuke avait l'habitude de voir chez lui quand il y avait des journalistes dans les parages.
Il allait se diriger vers le canapé pour prendre la place à côté de l'oméga juste au moment où Bockchar se plaça devant lui et lui piqua cette place.
Alors qu'un sourire suffisant se dessinait sur les lèvres de l'autre alpha, Sasuke remarqua qu'il avait des fossettes sous la barbe de cinq heures qui recouvrait la moitié inférieure de son visage.
Bock était un chic type, ça, il n'avait aucun problème à l'admettre, mais son visage était également extrêmement attaquable selon tous ses autres critères. Il fantasma un instant sur le plaisir qu'il aurait à le faire tressaillir sans même transpirer.
« Alors tu es à Konoha depuis longtemps, Naruto ? », reprit ce dernier, tout son corps tourné vers le blond, un bras glissé sur le dossier du canapé, se mettant à l'aise.
Naruto hocha la tête.
« Oui, un moment. Depuis que j'ai été recruté, ça fait…sept ans, je crois. », élabora-t-il en joignant ses mains.
Il les laisse là, et au début, il se montra tout à fait détendu. Sauf que, plus il le regardait, plus Sasuke pouvait dire à la manière dont il saisit subtilement les doigts de sa main droite avec sa main gauche qu'il n'était pas aussi décontracté qu'il le laissait croire.
« Et comment trouves-tu cette ville ? », ajouta Bockchar. « Mes parents sont originaires de Suna mais nous avions l'habitude de venir ici pendant l'été quand j'étais enfant. J'ai participé à quelques camps scientifiques accélérés pour jeunes à l'Université de Konoha. C'est une ville formidable. Il y a tellement de choses à faire. »
« C'est vrai ! J'adore ça », repartit Naruto en souriant sincèrement. « Plus je suis ici, plus je me sens chez moi. »
Il joua avec ses pouces, un peu comme s'il réfléchissait, pesant les options de ce qu'il voulait dire, puis demanda finalement :
« Comment as-tu rencontré Sasuke... et Menma à Balkir ? »
« Nous avons suivi ensemble le cours 'fondamentaux de la biotechnologie' pendant notre première année. »
« Tu as suivi le cours 'fondamentaux de biotechnologie ? » demanda Naruto à Sasuke, les yeux rivés sur lui, inhabituellement amusés.
Sasuke ne savait pas exactement ce qu'il y avait d'excitant dans cette idée, mais il secoua la tête.
« Il parle de Menma », corrigea-t-il.
« Ah d'accord, je vois. », murmura le blond, semblant maintenant bizarrement…déçu.
« Mais ton frère m'a invité une soirée, et j'ai rencontré Sasuke comme ça », continua Bockchar comme si l'interlude entre Sasuke et Naruto n'avait jamais eu lieu. « J'étais un peu en retard parce que j'avais une lecture pour la Société Scientifique », dit-il, pour clarifier, comme si ce détail avait un quelconque rapport avec leur conversation. « Je ne me souviens pas du score, mais je pense que tu avais fini par perdre. Malheureusement. »
« Ouais », confirma Sasuke sans détour.
Ils avaient perdu les matchs. Il était nul aux jeux vidéo, ce n'était pas un secret d'état. Et il ne se rappelait pas du score de tous les matchs de sa vie comme Naruto. Sa mémoire était sélective mais il se souvenait précisément de la nuit dont parlait Bockchar.
« Il a aussi travaillé dans un refuge pour animaux qui ne pratique pas l'euthanasie. Est-ce qu'il te l'a dit ? », intervint Menma, interrompant la conversation alors qu'il entrait dans la pièce, deux bières dans chacune de ses mains.
« Pas encore », marmonna Sasuke dans sa barbe.
Menma lui lança un regard interrogateur, comme s'il n'était pas sûr d'avoir entendu ce qu'il avait entendu, mais tout le monde semblait inconscient et cela ne posait aucun problème à Sasuke. Il n'essayait pas de provoquer Bockchar même si le gars l'énervait au plus haut point. En tout cas, pas vraiment. Tant qu'il gardait ses mains pour lui et arrêtait de se rapprocher de Naruto sur le canapé, Sasuke pouvait s'asseoir ici et participer à ces bavardages ennuyeux toute la soirée si nécessaire. Ce n'était pas grave.
Cette situation lui rappelait sans cesse Hélio, un gars avec qui il était sortis quand il était à Balkir. Il travaillait dans le département de maintenance. Ils se croisaient sur le campus tous les mardis et jeudis alors que Sasuke se rendait à son cours de statistiques de l'après-midi, jusqu'à ce qu'il le voie enfin s'attarder près des salles de simulations après l'un de ses entraînements.
Sasuke lui avait lancé un rapide bonjour, Hélio le lui avait rendu, et ils avaient passé le reste de la soirée à parler de conneries dont il ne se souvenait plus maintenant. Mais il l'aimait bien et d'une manière qui était totalement différente de la façon dont il aimait Naruto. Souvent, Sasuke préférait un plan cul à un rencard parce qu'il était plus facile de ne pas s'attacher et de ne pas avoir l'impression qu'au fond de lui, il trahissait Naruto d'une manière ou d'une autre, même si l'oméga était à des centaines de kilomètres, même s'il n'était pas intéressé et même s'il n'y avait peut-être pas d'avenir là-bas. Sasuke se sentait lié à lui comme les racines des arbres tricentenaires du quartier de la Renaissance étaient enterrées et enroulées autour du sol, connectées.
Son esprit lui disait que ce n'était pas vrai et son cœur stupide lui disait 'mais, et si' et cela l'avait empêché de sortir avec qui que ce soit pendant des années. Et quand il le faisait, il découvrait généralement que la personne en question s'identifiait à Naruto d'une manière fondamentale vers laquelle Sasuke était attiré, que ce soit par son apparence ou sa passion, ses intérêts ou ses manières. C'était épuisant de réaliser qu'il se faisait du mal par accident, ou peut-être que c'était fait exprès. Certains jours, il n'en était pas si sûr.
Alors lorsqu'il a rencontré Hélio, c'était rafraîchissant. Il était introverti là où Naruto était extraverti, extraverti là où il était timide. Il aimait les vaisseaux mais sa passion était l'enseignement et il parlait ouvertement d'être un oméga, indifférent à l'image que les autres avaient de lui, ouvert sur ses sentiments et sûr de lui-même pour attirer son attention. Sasuke avait été tellement certain d'avoir enfin trouvé quelqu'un avec qui il aurait pu essayer de sortir sérieusement pour la première fois, peut-être ne pas oublier Naruto, mais enfin passer à autre chose. Et puis Bockchar était arrivé.
Et il avait tout ruiné.
Le gars avait débarqué cette nuit-là où Sasuke avait perdu sa série de jeux vidéo et avait interrompu le moment qu'il passait avec Hélio alors qu'il attendait l'instant opportun pour l'inviter à sortir, mais ce n'était même pas le pire.
Il était difficile pour Sasuke de lire l'intérêt des autres, mais il était presque certain que Helio avait été réceptif dans les semaines qui avaient précédé cet instant où Bockchar était entré, avait décidé de commencer à parler de lui, et n'avait pas fermé sa gueule pendant le reste de la soirée. Sasuke avait attendu et attendu, espérant qu'il s'ennuierait et finirait par se faire foutre, ou qu'Hélio le ferait au moins, et qu'ils pourraient alors partir ensemble, mais l'oméga ne l'avait pas fait.
Sasuke n'était pas vraiment habitué à devoir travailler trop dur pour attirer l'attention de ceux qui lui plaisaient, et il était encore moins habitué au rejet, mais il découvrit qu'en fin de compte, ce qui le dérangeait le plus dans cette situation n'était pas tant qu'Hélio trouvait quelqu'un plus attirant que lui, mais qu'il avait décidé que Bockchar, de toutes les personnes, valait la peine qu'il lui consacre plus du temps.
Non, pas vraiment.
Le pire, c'est qu'au final, il s'en fichait. Il appréciait vraiment Hélio et il pensait qu'Hélio l'aimait aussi, mais cela c'était avéré ne pas être le cas, et ça n'avait pas d'importance. Il n'avait pas d'importance. Sasuke avait quitté la soirée ce soir-là et tout ce qu'il avait ressenti, c'était une douleur déchirante, un besoin lancinant d'être avec Naruto, juste d'être près de lui, juste de le voir sourire.
Il savait alors qu'il n'échapperait jamais à ce désir et il avait passé l'année suivante et jusqu'à sa saison de recrue Saigei à accepter la vérité : Naruto ne serait pas le sien, ils ne seraient pas ensemble. S'il avait de la chance, il continuerait à faire partie de sa vie, et aussi de celle de Menma, en tant qu'ami proche.
Naruto ne sera jamais à lui, mais il sera toujours à Naruto, et il avait finalement trouvé un sentiment de paix dans cette connaissance.
Après dix minutes pendant lesquelles Bockchar avait évoqué les moments forts de son illustre cursus postuniversitaire, Sasuke se leva pour aller dans la cuisine chercher dans le réfrigérateur une bouteille d'eau pour lui et un thé glacé pour Naruto. Lorsqu'il revint, Bockchar était trop près de Naruto sur le canapé, assez près pour que son genou touche presque celui de l'oméga s'il bougeait ne serait-ce que d'un millimètre.
Les mains de Naruto étaient toujours sur ses genoux, mais il ne s'était pas rétréci ou recroquevillé sur lui-même comme il le faisait parfois lorsque quelqu'un prenait trop de libertés avec son espace personnel. Est-ce que ça ne le dérangeait vraiment pas ? Était-il intéressé par les avances à peine voilé de l'autre alpha ? Aimait-il réellement ça ?
Putain.
« As-tu assisté à beaucoup de soirée avec Sasuke et Menma ? », demanda Naruto à leur invité. « Je n'ai pas pu beaucoup visiter Balkir, mais je trouve que l'ambiance là-bas est vraiment géniale. »
« Seulement quelques-uns », répondit Bockchar en se grattant la mâchoire comme s'il était mécontent d'être interrompu. « Quoi qu'il en soit, comme je le disais à propos de Suna, les restaurants du nord de la ville sont bien plus agréables que tout ce que vous trouverez dans le sud. »
Sasuke décida d'ouvrir sa bouteille d'eau. Il dévissa le bouchon et bu une longue gorgée. En arrière-plan, Bockchar continuait de parler de sa vie à Suna, de son loft stellaire avec son jardin sur le toit, de tous les gens incroyables avec lesquels il travaillait, de son idée de se lancer dans le bénévolat, parce qu'aider les gens était vraiment important pour lui. Il parlait et parlait et parlait. Il semblait vraiment adorer s'écouter radoter sur sa vie géniale.
Pendant ce temps, les genoux de Naruto et les siens, se touchaient à présent et Sasuke sentit sa main se resserrer autour de sa bouteille. Il regarda sur le côté, par les fenêtres de la pièce qui allaient du sol au plafond, et aperçut un nuage particulièrement dense flotter au loin. Il faisait de son mieux pour ne pas laisser ce fil invisible portant le nom de Naruto se comprimer autour de sa cage thoracique.
Tout était sous contrôle.
« J'essayais de convaincre Menma de venir me rendre visite cet été », raconta Bockchar. « Il sera à proximité s'il est à Uzushio chez vos parents. »
« Pas si près », marmonna Sasuke dans sa barbe.
« Et tu devrais venir avec lui, Naruto », continua Bockchar, comme si personne n'avait parlé. « Je pourrais te faire visiter. », termina-t-il en posant sa main sur sa cuisse, la serrant, le bout de ses doigts touchant l'entrejambe du jean foncé que le blond portait.
Naruto n'avait pas du tout l'air impressionné et normalement, cela serait un signe pour Sasuke de prendre une autre grande inspiration et de se calmer, peut-être même de s'éloigner, mais il était assis ici depuis la dernière heure à regarder Bockchar empiéter lentement sur Naruto comme s'il avait le droit à cet espace, comme s'il en était le propriétaire. Pendant tout ce temps, la corde autour de sa poitrine s'était resserrée de plus en plus, restreignant son flux d'air jusqu'à ce qu'il ait l'impression que tout en lui était lentement, systématiquement écrasé, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus supporter de rester assis sans bouger une seconde de plus sans envoyer la table basse voler à travers la pièce.
Il se leva brusquement et laissa tomber la bouteille d'eau à moitié pleine dans sa main, le bouchon entre son pouce et son index, mal fixé sur le dessus. Tout le monde s'arrêta et se retourna pour regarder l'eau se déverser sur le tapis gris immaculé de Naruto.
« Merde », persifla Sasuke, les sourcils froncés. « Je vais chercher des serviettes en papier. »
Il prit cette excuse parfaitement acceptable et s'enfuit dans la cuisine où il marcha à pas lourds et rapides, avec une respiration de plus en plus irrégulière, essayant d'appliquer la technique que ses parents lui disaient souvent d'utiliser quand son mauvais caractère prenait le dessus sur sa raison.
Inspirer par le nez, un, deux, trois - expirer par la bouche, un, deux, trois.
Répéter l'opération jusqu'à ce qu'il ne voit plus rouge.
« Putain ! », aboya-t-il d'un seul coup, sentant son front palpiter à l'endroit où il venait de s'écraser contre l'une des portes d'un placard grand ouvert.
Merci, Menma.
Il tendit la main pour toucher l'endroit sensible et se rendit compte qu'il saignait, juste un peu, là où le coin de la porte en bois avait éraflé sa peau. Pendant une seconde, il resta là, se sentait extrêmement stupide, et tenta de réfléchir à ce qu'il voulait faire et à ce qu'il devrait faire, ce qui se révélait être deux choses complètement différentes.
Il devrait probablement s'essuyer la tête, fermer la porte de ce foutu placard et aller chercher ces serviettes en papier. C'est ce qu'il devrait faire. Mais son instinct lui criait de retourner dans cette pièce, de prendre Naruto dans ses bras, de l'emmener au lit, de le revendiquer, de le marquer, de le garder. Le sang qui lui montait aux oreilles le rendait étourdi de besoin, et il vacilla en faisant un pas en avant, en tendant la main vers le comptoir pour tenter de se soutenir.
C'est à ce moment-là que Naruto entra dans la cuisine, son inquiétude inscrite sur ses traits.
« Sasuke ? Tu vas bien ? »
Sasuke garda la tête baissée, les yeux fixés sur le plan de travail en marbre, toutes les stries individuelles et les variations de nuances et de couleurs.
« Ouais. », répondit-il dans un grognement à peine compréhensible.
Naruto s'approcha de lui, jusqu'à ce qu'ils soient à moins d'un bras l'un de l'autre.
« Hé, qu'est-ce qui se passe ? »
Sasuke soupira. C'était trop tard maintenant pour faire comme si de rien n'était.
« Je me suis cogné contre la porte de ton placard parce que tu la laisses toujours ouverte, même si je t'ai dit de ne pas le faire. »
Un sourire amusé se dessina au coin des lèvres de l'oméga, et Sasuke aurait pu s'en offusquer s'il n'était pas aussi affectueux.
« Reste là. Tiens-toi bien. »
L'alpha obtempéra, même si son pied bougeait nerveusement sans sa permission. Il regarda le blond quitter la pièce et réapparaître quelques instants plus tard avec une trousse de premiers secours à la main. Il revint et sauta sur l'îlot pour s'asseoir sur le comptoir, les jambes pendantes sur le côté.
« Viens ici, monsieur grincheux », l'appela-t-il, en tirant sur l'une des manches de la chemise bleu clair qu'il portait, le rapprochant de lui jusqu'à ce qu'il se trouve juste entre ses jambes.
De près et sous cet angle, ils étaient à hauteur des yeux l'un de l'autre. Sasuke profita de l'instant pour observer à quel point les yeux de Naruto étaient bleus dans la lumière blanche et vive de la cuisine. Ses cils étaient si longs.
« Je ne suis pas grincheux », souffla-t-il, par pur esprit de contradiction.
Naruto ouvrit le couvercle de la trousse de premiers secours et en sortit du peroxyde d'hydrogène, quelques boules de coton et un pansement.
« Bien sûr. Alors tu as juste eu une crise sans raison ? »
« Pas sans raison. », objecta-t-il.
« Pour quelle raison alors ? »
Le coton sec fut d'abord appliqué délicatement sur sa coupure, essuyant le petit filet de sang que Sasuke sentait couler sur son front. Naruto jeta ensuite le coton sale au profit d'un coton propre et l'enduisit délicatement de peroxyde d'hydrogène.
L'alpha le contempla faire tout cela comme s'il était figé, incapable de détourner le regard de ses mains expertes ou de la façon dont il est totalement concentré sur la tâche qu'il effectuait. Car tout ce que Naruto faisait, il le faisait avec soin et précision, et maintenant il s'occupait de lui avec tendresse.
Il y avait beaucoup à absorber en même temps. Son odeur naturellement chaude, sa proximité, sa bouche rose et luisante, ses yeux clairs et attentifs.
Sasuke pressa ses mains à plat sur le marbre à côté des cuisses de Naruto et se dit d'être bon, attentionné et responsable. Il se dit de ne pas toucher.
« Bockchar », siffla-t-il lorsque Naruto toucha la coupure avec le coton humide et piquant. « Il s'intéresse à toi. »
Naruto se moqua faiblement.
« Laisse-moi en douter. »
« Allez, c'est vrai. Ça se voit à dix mille kilomètres. »
« Comment peux-tu en être si sûr ? », demanda l'oméga, comme s'il n'y croyait vraiment pas.
Il prit les côtés du visage de Sasuke et inclina sa tête vers le bas, puis souffla un air doux et frais sur la coupure jusqu'à ce que la chaleur du produit chimique qu'il venait d'appliquer commence à se dissiper.
Les mains de Sasuke se refermèrent en poings contre les cuisses de Naruto et il serra les mâchoires. Il dut se rappeler de respirer. Respirer, c'était essentiellement bien.
« Ses mains étaient sur toi. Il essayait en fait de se frotter à toi », dit-il, en se sentant grincer des dents. « Bon Dieu. »
Il n'avait pas voulu que sa réponse sorte si colérique. Il était généralement bien meilleur pour garder ses émotions, ses instincts, sous contrôle, pour les maintenir ensemble. Mais les doigts de Naruto étaient là, contre son cou, l'intérieur de ses cuisses effleurant l'extérieur des siennes, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, et l'oméga le scrutait comme s'il ne comprenait pas.
« Pourquoi est-ce que tu te soucies qu'il s'intéresse à moi ? », demanda ce dernier, ses yeux soudainement grands et vulnérables, ses sourcils relevés en angle au centre de son front.
« Je m'en suis toujours soucié », dit Sasuke à voix basse.
Il était déconcerté à l'idée que Naruto n'ait pas pu le savoir. Il n'avait jamais caché ses sentiments, même s'il n'avait jamais rien dit explicitement à voix haute non plus. Cependant, il était tellement sûr que ses démonstrations constantes de protection et son incapacité à cacher sa possessivité à son égard rendaient ses intentions absolument clairs.
L'expression stupéfaite de Naruto laissait toutefois entendre le contraire.
« Vraiment ? »
Sa voix se brisa à la fin de sa question, engloutie par le claquement de sa gorge. Sasuke pourrait presque penser qu'il avait peur, vu la façon dont il avait saisi son avant-bras d'une main tandis que l'autre s'agrippait à sa chemise, comme si, inconsciemment, il ne voulait pas qu'il s'éloigne.
Sasuke se pencha encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit plus loin entre ses jambes, sa moitié inférieure pressée contre l'îlot. Les veines de ses poignets palpitaient alors qu'il serrait ses poings. Il regarda l'oméga avec férocité pendant un instant, puis baissa les yeux, se concentrant sur son cou nu, là où la chaîne en argent du Jaggernaut dépassait de sa chemise.
« Bien sûr que oui. Tu es le plus... c'est juste difficile pour moi de me contrôler quand je suis près de toi parfois, parce que j'oublie que tu n'es pas à moi. »
Le silence qui suivit fut atroce. Sasuke se força à affronter Naruto comme il le méritait. Il ne savait pas ce qu'il s'attendait à voir mais ce n'était pas plus de confusion ou de surprise.
« Quoi ? », s'étrangla le blond, comme si la foudre l'avait frappé de plein fouet.
« Putain », murmura-t-il, car si Naruto était contrarié parce qu'il n'avait pas pu contrôler ses sentiments stupides, il ne se le pardonnera jamais. «Je suis désolé. Je me suis dit que je n'allais pas pousser à nouveau. Pas après avoir poussé pendant le début de tes chaleurs et avoir rendu tout si gênant entre nous. Et me voilà à le faire à nouveau. Je jure que je ne le fais pas exprès. J'essaie de ne pas le faire. Tu as probablement raison de... rester loin. »
Il devait prendre du recul et lui laisser de l'espace, lui permettre de s'éloigner s'il le souhaitait. Seulement, c'était tellement difficile de prendre du recul quand tout ce que Sasuke voulait réellement, c'était s'enfoncer davantage.
« Mais…tu as dit non », souffla Naruto, ses mots tremblants brisant ses pensées décousues.
Il lui fallut une minute pour comprendre ce que l'oméga lui disait et ce que cela signifiait.
« Non ? », demanda-t-il, car la clarification était importante.
Les yeux de Naruto étaient incroyablement écarquillés.
« Je t'ai demandé de rester ce matin-là. », ajouta-t-il en se léchant les lèvres presque nerveusement.
« Tu ne peux pas contrôler ce que la chaleur te fait faire. Ce n'est pas grave. »
« Peut-être en pleine chaleur, mais je n'étais pas en pleine chaleur », expliqua le blond, le visage sérieux malgré la rougeur qui montait sur ses joues. « Ça venait juste de commencer. Je suis venu vers toi parce que je te voulais. Et tu as dit non. »
« Tu avais l'air d'avoir perdu la boule. », objecta-t-il. « Ta peau était brûlante et te yeux étaient si vitreux… »
Et puis il s'interrompit. Il se répéta mentalement ce que Naruto venait de dire.
Je suis venu vers toi parce que je te voulais.
Cela ne semble pas réel. Il n'avait pas vraiment dit ça.
« Ouais, à cause de toi. Je pense – je suis presque sûr que c'est toi qui as déclenché mes chaleurs. »
À cet aveu, les oreilles de Naruto étaient rouge vif et semblaient brûlantes au toucher. Il était devenu immobile d'une manière que Sasuke n'avait l'habitude de le voir que pendant certains moments critiques lors des missions.
« C'était probablement déjà proche », tenta-t-il d'argumenter.
Parce que, eh bien, parce qu'il n'était toujours pas sûr d'avoir entendu ce qu'il avait entendu, et il devait en être certain. Il devait savoir...avant de se réjouir.
Parce que je te voulais.
Naruto secoua la tête.
« Non. J'en ai eu une juste avant le début de l'année. Je m'en souviens parce que j'étais content de ne manquer aucune mission ce qui signifiait que je n'en aurais qu'une seule pendant l'année et que cela aurait dû arriver vers mars. Novembre, c'était beaucoup trop tôt. »
« Mais…pourquoi ma présence déclencherait-elle tes chaleurs ? », demanda Sasuke comme un idiot.
Avait-t-il eu tort tout ce temps ? Non, ce n'était pas possible…
Il essaya à nouveau de rationaliser :
« Nous nous connaissons depuis des années, Naruto. Pourquoi à ce moment-là ? »
L'oméga déglutit, ses yeux se détournant puis se remettant à nouveau. Il resta silencieux pendant un long moment, comme si l'idée de dire quelque chose lui était horrifiante. Ses traits ne cessaient de prendre cette expression misérable qui donnait la nausée à Sasuke.
Le moment où ils furent tous les deux assis là, attendant, immobiles, réfléchissant, parut durer une éternité jusqu'à ce que Naruto ferme les yeux tandis que ses épaules s'affaissaient.
« Parce que…tu n'as jamais dormi dans mon lit avec moi auparavant, serré contre moi », répondit-il. « Mon corps a dû penser qu'il était temps que…comme tu étais si près de moi. »
Chaque poil du corps de Sasuke se hérissa, la chair de poule lui recouvrit les bras. Il sentit son pouls s'emballer dans sa tête.
« Et pourquoi ton corps penserait-il ça ? »
La tête de Naruto, qui était déjà baissée, se baissa à nouveau.
« Tu sais pourquoi. »
Je te voulais.
« Je ne sais pas », dit Sasuke, pas vraiment, pas sans l'entendre à nouveau.
« Tu as dit non », murmura Naruto, et Sasuke fut frappé par un coup qui aurait pu raser tout Konoha.
Naruto pensait - pendant des mois, il avait pensé - que Sasuke avait dit non parce qu'il ne voulait pas de lui. L'idée était tellement absurde pour lui qu'il n'avait même pas envisagé cette possibilité, ni pendant les chaleurs de Naruto ni dans toutes les minutes qui venaient de suivre, et de savoir que l'oméga avait porté cela avec lui, que cela lui avait fait du mal... Sasuke ne pouvait presque pas le supporter.
« Bébé », dit-il avec chaque once de désir qu'il avait essayé de contenir et qui s'effondra, se déplaça, se reforma en un point lumineux qui se dilata à l'intérieur de lui jusqu'à ce qu'il soit sur le point d'exploser. « J'ai dit non, pas parce que je ne le voulais pas. Je le voulais tellement que je suis rentré chez moi et j'ai passé les vingt-quatre heures suivantes dans le pire – et à la fois le meilleur rut -, que je n'aie jamais ressentie, juste à revivre ce regard dans tes yeux et l'odeur de ta nappe, la façon dont tu as frotté ton visage contre moi. Je n'ai pas pu penser à autre chose depuis. »
Cela faisait des années. Des années et des années que Sasuke se répétait de respecter les limites de Naruto, son espace, son temps. Il n'y était pas toujours parvenu, mais mon Dieu, comme il avait essayé. Et maintenant, Naruto le regardait, comme s'il était complètement abasourdi par ses aveux, comme s'il ne savait pas, comme s'il n'avait pas été conscient depuis le début de la dévotion de Sasuke à son égard. C'était un coup porté en plein cœur de lui, et cela effaça tout, chaque pensée, chaque peur, ne laissant que ça - seulement eux.
Il lâcha prise avec un souffle tremblant et fit ce qui lui semblait juste, en mettant ses mains autour des hanches de Naruto, s'y accrochant. Le bout de ses doigts s'enfonça dans le bord de ses fesses.
« J'ai dit non parce que je n'étais pas sûr que c'était ce que tu voulais vraiment et je ne pouvais pas…je ne m'en serais pas remis, si cela n'avait pas été réel, tu comprends ? »
L'expression de Naruto était stupéfaite. Il le fixa ouvertement pendant ce qui semblait être le plus long moment de sa vie, puis enfonça son visage dans le cou de Sasuke et inspira une grande bouffée d'air.
« C'est réel. Ça a toujours été réel. », dit-il, et il commença à trembler.
Sasuke ne pouvait pas parler. Il lui fallut trois essais pour ouvrir la bouche.
« Oui ? »
« Cela a toujours été réel pour moi, Sasuke. »
Cette confession déchira l'être de Sasuke jusqu'à l'atome, et le fit éclater avec la force d'une explosion nucléaire. Si chaque particule de son corps appartenait autrefois à une étoile, il savait maintenant ce que ressentent les étoiles.
« Puis-je t'embrasser ? » demanda-t-il, tout en éloignant la tête de Naruto de son cou pour qu'il puisse à nouveau le regarder dans les yeux.
L'oméga lève les yeux vers lui avec révérence et acquiesça :
« Oui. »
« Puis-je t'emmener au lit ? », demanda encore Sasuke, son pouce effleurant la lèvre inférieure de Naruto et la ligne carrée de son menton.
« Oui. »
Sasuke pressa leurs fronts l'un contre l'autre, tira Naruto plus près de lui jusqu'à ce qu'il soit assis au bord de l'îlot et que leurs corps soient presque au même niveau.
« Puis-je te garder ? »
Naruto frissonna, enroula ses bras autour du dos de Sasuke, serra ses mains dans le tissu de sa chemise.
« Oui, s'il te plaît », gémit-il. « Alpha. »
Soudain, il ne pouvait plus penser, il ne pouvait qu'agir, il ne pouvait que presser ses lèvres contre celles de Naruto, lécher sa bouche et savourer son goût, sa sensation. L'envie de s'enfoncer en lui de toutes les manières possibles et imaginables était comme un besoin lancinant qui le traversait, lui chauffait le sang, mettait le feu à sa peau.
« J'ai besoin que tout le monde sorte d'ici tout de suite », grogna-t-il contre la mâchoire de l'oméga.
« Oui », haleta ce dernier, essayant de les rapprocher, déposant des baisers sur son cou, sur sa joue, puis redescendit. « Peux-tu me laisser descendre et je leur dirai de partir ? »
Les mains de Sasuke se resserrèrent sur Naruto de leur propre volonté.
« Non, je ne pense pas pouvoir te laisser partir à nouveau. Je suis désolé. »
Il frotta son nez contre la tempe de l'oméga, fit glisser ses lèvres sur le creux de son oreille. Il ne voulait plus jamais arrêter de le toucher.
« Est-ce que je devrais juste crier ? », demanda Naruto, les mots sortant de sa bouche dans un rire essoufflé, à moitié étouffé. « Leur dire d'aller se faire foutre ? »
« C'est peut-être grossier, mais j'approuve. »
Il se demanda s'il pouvait mettre Naruto nu et le baiser sur cet îlot sans avoir à s'éloigner de lui.
Mais le blond n'aimerait pas être ici pour leur première fois, et lui non plus. C'était trop ouvert et n'importe qui pourrait voir ou entendre. Personne ne pouvait poser les yeux sur Naruto comme ça, sauf lui, à partir de maintenant. Peut-être plus tard pour le faire dans la cuisine. À partir de la quinzième fois. Ou la seizième. Il allait devoir faire preuve de persuasion. Il savait ce que son oméga pensait des plans de travail propres.
« Je vais appeler Menma », décida Naruto, l'air temporairement contrarié d'avoir à laisser tomber son bras droit autour du corps de Sasuke pour sortir son PADD de sa poche.
Sasuke le regarda faire défiler ses appels récents et appuyer sur le nom de Menma.
« Menma ? Ouais, c'est moi, je suis toujours dans la cuisine avec Sasuke. J'ai besoin que tu prennes Bock et que tu partes. »
« Pourquoi ? », Sasuke entendit Menma dire alors qu'il léchait un endroit précis du cou de Naruto qui fit bouger ses hanches vers l'avant. « Que se passe-t-il ? »
« Sasuke et moi avons besoin d'être seuls. »
« Pour quoi faire ? », demanda Menma, l'air sceptique.
Il y eut un long moment où Naruto ne parla pas, ses dents mordant sa lèvre inférieure tandis que Sasuke suçait le même endroit qu'il venait de lécher. Il vit que l'oméga essayait de retenir les sons, mais il ne put cacher le halètement qui s'échappa de lui lorsque qu'il gratta ses dents jusqu'à la chair de son épaule à peine exposée et mordit légèrement.
« Pour le sexe ? »
« Hum », dit Naruto, ses fonctions cérébrales supérieures étant clairement hors services.
Sasuke éleva la voix pour se faire entendre dans les hauts parleurs.
« Mon pote, je t'aime, mais s'il te plaît, va te faire foutre. »
Un rire surpris et aboyé filtra à travers le récepteur, puis :
« Eh bien, quelqu'un a un nœud qui se tord ! Putain, enfin ! »
Plus tard, Sasuke se demandera pourquoi Menma semblait si soulagé alors que c'est lui qui avait amené son ami ici pour son frère en premier lieu. Mais pour l'instant, il était trop occupé à raccrocher à remettre ses mains et sa bouche sur ledit frère pour se soucier de quoi que ce soit d'autre dans le monde entier, à part une catastrophe qui mettrait fin à la galaxie.
Plusieurs minutes passèrent et Sasuke pensa enfin entendre la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer, mais il était difficile de savoir ce qui se passait en dehors de leur bulle à deux.
« Ils sont partis ? »
« Ils sont partis. »
Sasuke le regarda, vit les yeux de Naruto, son visage tout entier d'une beauté déchirante et toujours en train de sombrer dans l'incertitude après tout ce qu'ils venaient de se dire.
Ça ne marchera tout simplement pas.
Posant sa main sur la nuque de Naruto, il le tira près de lui et l'embrassa profondément et fort jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux essoufflés et haletants contre la bouche de l'autre, partageant le même air.
« Enroule tes bras et tes jambes autour de moi », souffla-t-il à voix basse dans l'oreille de l'oméga, leurs joues pressées l'une contre l'autre.
Naruto laissa échapper un soupir tremblant et fit ce qu'on lui dit.
« Comme ça ? »
« Comme ça », acquiesça Sasuke, essayant de se retenir jusqu'à ce qu'il puisse l'amener dans la chambre, le déshabiller et le serrer autour de son nœud. « Tiens-toi bien, bébé. »
Rien que d'y penser, il était tellement excité qu'il n'était pas sûr à cent pour cent que ses genoux les maintiendraient tous les deux debout. Mais personne n'avait jamais traité Sasuke Uchiha de lâcheur.
Les premiers pas alors qu'il souleva Naruto de l'îlot et les emmena hors de la cuisine furent instables, et cela n'avait rien à voir avec le poids de Naruto dans ses bras. Certes, le blond n'était pas léger, il était tout en muscles solides avec des membres magnifiquement longs, mais il n'était pas trop lourd non plus, et pourtant c'était l'incapacité de Sasuke à arrêter ses pensées tourbillonnantes de combien il avait voulu ça et maintenant ça arrivait et il ne pouvait pas tout gâcher, qui lui poignardaient le cerveau. Associé à sa bite palpitante et à tout le sang qui coulait de sa tête, il se trouvait actuellement dans un état lamentable.
Quand Naruto colla de nouveau son visage contre son cou, frottant sa bouche et son nez dessus, le parfumant, il fut rendu un peu plus fou de désir. Il dut s'arrêter plus d'une fois et compter chaque pas qu'il faisait jusqu'à ce qu'il franchisse enfin la porte de la chambre et ouvre la serrure, fermant ainsi la porte à tous les autres.
Quinze, puis dix, puis cinq pas jusqu'au lit et Sasuke s'arrêta au bord de celui-ci, s'y penchant en avant pour poser son précieux fardeau sur le matelas.
« Tu vas me laisser partir, bébé ? », demanda Sasuke.
« Non », protesta Naruto, resserrant ses jambes autour de sa taille et écrasant un peu plus son visage contre son cou.
« Je ne peux pas nous déshabiller tous les deux si tu ne le fais pas. »
« Ce n'est pas grave. »
Sasuke rit en passant sa main le long de sa colonne vertébrale.
« Je ne peux pas te faire de nœud si tu ne t'allonges pas. »
Ce qui ressemblait à un sanglot étouffé se perdit entre la bouche de Naruto et sa peau, et Sasuke se retourna pour voir l'oméga relâcher lentement son emprise jusqu'à ce qu'il soit le dos sur le lit, la bouche rouge et l'air hésitant.
Sasuke se rassura en se disant que Naruto n'était pas si hésitant à leur sujet ou à propos de lui, mais plutôt à cause de la nouveauté de la situation et prit une de ses jambes en s'agenouillant au bord du lit. Il commença à délacer les baskets fantaisie de Naruto, une main enveloppant son mollet pour le maintenir immobile.
« Est-ce que ça va ? », s'enquit-il en levant les yeux pour croisé le regard bleu de l'oméga.
Celui-ci hocha lentement la tête en déclarant:
« Oui. »
Conforté, Sasuke enleva une chaussure, puis l'autre, enleva également ses chaussettes et se rapprocha pour atteindre le bouton de son jean.
« Et ça ? »
« Oui », acquiesça Naruto, appuyé sur ses coudes pour pouvoir le regarder travailler.
Le bouton se détacha facilement, puis la fermeture éclair fut abaissée et alors que Sasuke retirait le pantalon de Naruto de ses hanches, il remarqua qu'il ne portait pas de boxer ou tout autre type de sous-vêtement. Son esprit s'évanouit brièvement en voyant la jolie bite rose de Naruto, épaisse et pleine contre sa cuisse bronzée. Il était magnifiquement proportionné et le bout était brillant à cause de l'endroit où son liquide pré éjaculatoire perlait. Sasuke voulait tellement le toucher là-bas qu'il avait mal de s'arrêter et de recentrer son attention sur la tâche à accomplir : mettre Naruto complètement nu.
Une fois le pantalon enlevé, il tendit la main pour faire asseoir le blond, puis se fut autour de son t-shirt à manches longues qu'il souleva jusqu'à ce qu'il soit également complètement enlevé et que Naruto soit totalement nu devant lui.
Il était physiquement impossible pour Sasuke de ne pas prendre un moment pour se tenir là et regarder ce corps magnifique qui s'offrait à lui. Toute cette peau lisse et crémeuse, ces muscles merveilleusement toniques et les plans durs de son abdomen, la pointe raide de ses mamelons roses et l'étalement gracieux de ses cuisses élégantes. Il voulait lécher ses abdominaux comme on dévorait une tablette de chocolat. Sasuke n'était pas sûr que Naruto réalisait à quel point il était vraiment magnifique du haut de sa tête bouclée jusqu'au bas de ses orteils calleux.
Il le regarda assez longtemps pour que l'oméga se laisse tomber sur le dos et se couvre le visage avec ses bras, une main tendue pour serrer son poignet opposé.
« Sasuke », gémit-il, étouffé par ses mains et cela ressemblait beaucoup à« s'il te plaît, touche-moi. »
Sasuke s'agenouilla à nouveau sur le sol et enroula ses bras autour de ses cuisses, les plaçant en dessous où il avait plus de poids et entraîna tout son corps dans une position où son cul était suffisamment proche pour qu'il puisse se pencher et mettre sa bouche dessus. Il ne le fit pas, pas tout de suite, à la place il embrassa l'intérieur des cuisses de Naruto et le pli de ses genoux, ce qui fit que l'oméga se tortilla et s'agita. Il embrassa le pli entre sa jambe et son aine, passa sa langue de ses testicules tendues jusqu'à la base de sa bite, observant la façon dont elle se contracta violemment lorsqu'il frotta un pouce sur son périnée.
Étant si proche, Sasuke pouvait sentir l'odeur de Naruto, épaisse dans l'air et douce pour chacun de ses sens. Il voulait goûter cette odeur. Il voulait la laper, répandre sa propre odeur sur Naruto jusqu'à ce qu'ils soient complètement trempés l'un dans l'autre, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun doute pour quiconque sur leur appartenance. Lorsqu'il plongea sa langue dans le trou humide et brillant de Naruto et traçait le contour du bord, le gémissement qui s'éleva au-dessus de lui était aigu et satisfaisant jusqu'aux os.
« Qu'en penses-tu ? », demanda Sasuke en se redressant pour apercevoir le visage à moitié caché de Naruto et son dos cambré.
Il n'attendit pas que l'oméga réponde, et replongea à l'intérieur, embrassant son joli petit trou, léchant dedans et dedans et dedans jusqu'à ce qu'il cède et que sa langue s'enfonce. Naruto haletait, se secouant si fort qu'il le fit presque tomber en arrière.
« Tiens-toi tranquille, bébé », lui ordonna-t-il.
Naruto frissonna presque aussi fort et resta immobile. Sous cet angle, Sasuke pouvait le voir serrer la main autour de son poignet encore et encore, comme s'il essayait de se ressaisir, comme s'il ne voulait pas le perdre tout de suite. Sasuke pouvait comprendre.
Il se remit donc au travaille, s'y donnant à cœur joie, enfonça sa langue dans Naruto, puis glissa une de ses mains jusqu'à son ventre et l'enroula sans serrer autour de sa bite, la pompant légèrement tandis que son pouce effleurait à peine le frein. Il pouvait sentir le liquide pré-éjaculatoire commencé à couler abondamment sur ses jointures et sur le dos de sa main. Au même moment, un jet de liquide glissa de son trou, sur la langue et la bouche de Sasuke. Il recouvra son menton et coula sur la chemise qu'il avait oublié d'enlever mais dont il s'en fichait. Il voulait être couvert de Naruto. Il voulait ne sentir que Naruto pour le reste de sa vie.
« Sasuke », plaida l'oméga comme s'il était désespéré.
« Ouais, bébé ? »
« Viens ici », supplia-t-il en se penchant pour attraper les épaules de la chemise.
Il y avait ce fantasme que Sasuke avait de Naruto depuis qu'il avait seize ans et qu'il cherchait juste à savoir quoi faire de son nœud.
Naruto était dans son lit d'enfance dans la maison de ses parents à Balkir, sur ses vieux draps de flanelle bleu marine, et il était merveilleusement nu, le suppliant de lui baiser la cervelle. Il en était fou, presque sauvage, il voulait tellement Sasuke. Ils étaient complètement seuls, loin de tous leurs coéquipiers de Saigei, libres de leurs obligations familiales avec une infinité d'heures devant eux, et seulement l'un l'autre pour se tenir compagnie. Et quand Naruto entraîna Sasuke sur lui et l'enroula autour de lui comme s'il préférait égorger quelqu'un plutôt que de le laisser partir, dans sa tête, Sasuke descendrait en lui avec le même genre d'abandon féroce jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux essorés et désossés dans les bras l'un de l'autre.
Pendant très longtemps, Sasuke s'était accroché à cette image comme à un secret sacré et précieux, le portant avec des mains délicates au fil des années.
Mais il se rendait maintenant compte que ce fantasme n'était rien comparé à la réalité d'avoir Naruto devant lui. Même dans ses rêves les plus fous, Sasuke n'aurait pas pu imaginer la profondeur de l'émotion dans ses yeux bleus, ou la façon dont ses lèvres trembleraient, ou la chaleur de sa peau, ou l'odeur sublime de son parfum oméga qui l'enveloppait tout entier.
Il enleva ses propres vêtements rapidement et sans fanfare, les jetant par terre d'un coup tandis que les yeux de Naruto suivaient chacun de ses mouvements. Puis il fut sur le lit, entre les cuisses de l'oméga, leurs bites se frottant l'une contre l'autre et la tête de Naruto rejetée en arrière alors qu'il gémissant à chaque caresse de son corps contre le sien.
Glissant sa main droite entre leurs corps, Sasuke entoura doucement le trou lisse de Naruto avec deux doigts, appuyant et appuyant jusqu'à ce que son corps cède et le laisse entrer à nouveau.
« Tu n'as pas besoin de faire ça », murmura le blond. « Je suis déjà assez ouvert grâce à ta bouche. »
« Oh, je crois que oui », convenu Sasuke en lui embrassant le sternum, puis un de ses tétons jusqu'à ce qu'il gémisse. « Ma bite est un peu plus grosse que ma langue, cependant. »
« Je ne veux pas attendre », objecta Naruto, en passant une main dans ses cheveux lorsque Sasuke trouva sa prostate et commença à la masser. « Est-ce que toi tu veux attendre ? »
Sasuke ne put s'empêcher de rire, même s'il savait que la question de Naruto était posée avec une intention sérieuse et probablement même anxieuse.
« Bébé », dit-il et il attendit que le blond le regarde à contrecœur. « Putain non, je ne veux pas attendre. Mais je ne vais pas me précipiter là-dedans sans regarder et peut-être te blesser. D'accord ? »
Naruto hocha la tête et frissonna lorsqu'il ajouta un troisième, puis quelques minutes plus tard, un quatrième doigt. Au moment où il fut certain qu'il était suffisamment étiré pour le prendre confortablement, Sasuke se sentit étourdi et maladroit par le besoin d'être à l'intérieur de lui.
« Des préservatifs ? », s'enquit-il, même si l'idée le répugnait, même s'il savait que Naruto prenait des contraceptifs depuis son adolescence.
Ce n'était tout simplement pas son choix à faire.
« Des préservatifs ?», réagit le blond, en clignant des yeux, confus, pendant une minute. « Pourquoi ? »
« Tu veux que j'en porte un ? Je suis clean, mais j'en porterai un si tu veux. »
Se redressant sur ses coudes, Naruto lança à Sasuke le regard le plus hilarant et offensé qu'il ait vu depuis qu'ils étaient pilotes juniors et qu'il avait tapé sur les nerfs de Naruto en laissant continuellement ses vêtements d'entraînement de rang partout sur le sol de leur chambre d'hôtel.
« Non, je ne veux pas de préservatifs », répondit l'oméga avec insistance. « Juste nous. »
Sasuke sentit un petit sourire doux sur ses lèvres.
« Rien que nous », acquiesça-t-il.
Puis il saisit la base de sa queue et plaça le gland sur l'ouverture de Naruto, qui poussa aussitôt une exclamation étouffée.
« Mon Dieu, tu es grand. Je pensais que peut-être j'avais mal vu dans la chambre d'hôtel, mais... »
« Tu m'as vu dans la chambre d'hôtel ? Je pensais que tu dormais. »
« Je ne l'étais pas. », avoua Naruto, se mordant la lèvre inférieure. « Je t'ai vu et je suis allé dans la salle de bain pour me branler. »
« Putain, Naruto. »
L'idée qu'il soit tellement excité par la vue de sa bite qu'il ait dû se glisser dans la pièce d'à côté pour se soulager... Sasuke ne put s'empêcher de se sentir satisfait. Son sourire se transforma en un rictus sale.
« Prêt ? »
« Je », déglutit Naruto. « Je… ouais. Oui. »
Sasuke s'enfonça lentement, essayant de se concentrer pour avancer centimètre par centimètre tandis que Naruto s'effondra sur le lit et attrapa les draps de chaque côté de lui.
« Tu t'en sors vraiment bien », lui dit-il, pour l'empêcher de se crisper, pour s'assurer qu'il le sache. « Mon bel oméga. »
Un autre jet de liquide coula de Naruto, et directement sur sa bite alors qu'il glissait de plus en plus loin, l'oméga essayant à nouveau de cacher son visage alors qu'il laissait échapper un souffle haletant et détruit.
« Putain, tu es tellement grand, Sasuke. »
« Trop ? »
« Oui », s'exclama-t-il. Puis : « Non, peut-être. Ne t'arrête pas. »
« Je ne m'arrêterai jamais », déclara Sasuke en se penchant plus près de son corps, accrochant les jambes de Naruto autour de sa taille tandis que sa bite se glissait enfin complètement à l'intérieur.
Il s'arrêta une fois qu'ils furent complètement connectés et s'installa sur Naruto, éloignant ses bras de son visage pour qu'il puisse regarder sa paire d'yeux préférée. Il souleva son poignet droit et laissa un doux baiser sur la peau tendre au-dessus de son point de pouls. Il répéta le processus avec le gauche avant de prendre les deux bras de Naruto et de les placer au-dessus de sa tête, un ordre silencieux pour qu'il les garde là.
« Je voulais ça depuis tellement longtemps », souffla-t-il en commençant à bouger, pompant lentement ses hanches, absorbant chaque changement infime sur le visage de Naruto alors qu'il fondait sous lui.
« Combien de temps ? », demanda l'oméga, et il gémit lorsque Sasuke frappa sa prostate, le faisant se cambrer et se contracter.
Cela déclencha une réaction en cascade qui fit gémir et trembler Sasuke, ses hanches se claquant vers l'avant pour le baiser plus rapidement, toute la boucle recommençant.
« Depuis toujours », avoua Sasuke en embrassant la bouche de Naruto alors qu'il saisissait à nouveau ses poignets puis entrecroisait leurs doigts. « Je t'aime depuis si longtemps. »
Il vit des larmes couler des yeux de Naruto alors qu'il avalait de l'air, submergé par la sensation de Sasuke se déplaçant en lui et au-dessus de lui.
«Je t'ai aimé, avant même de savoir ce qu'aimer veut dire. », poursuivit l'alpha.
Il embrassa les larmes sur les joues de Naruto et sentit ses propres yeux commencer à devenir flous. Son cœur battait si vite dans sa poitrine qu'il pensait qu'il pourrait se transformer en supernova.
« J'avais l'habitude de rêver que tu rampais dans mon lit tellement de fois que j'ai perdu le compte. Ou que je rentrais dans ton dortoir et que tu m'attendais là, nu et lisse. Et à chaque fois, tu me suppliais de te donner mon nœud. Juste pour moi. »
Naruto lève la tête, demandant un autre baiser et Sasuke s'exécuta. Un baiser se transforme en deux, puis en cinq, et ils s'embrassèrent d'une lenteur et d'une profondeur douloureuses tandis que les coups de Sasuke trouvaient un rythme, juste assez pour les maintenir en haleine, mais pas au point de les faire basculer tous les deux.
« C'était juste toi », souffla Naruto. « Chaque petit rêve stupide, chaque chaleur, chaque fois que je me touchais et que je voulais jouir, c'était toi, Sasuke. Ça a toujours été toi. »
Sasuke frémit à cette pensée, ses hanches se soulevant violemment sans sa permission.
« Est-ce que tu as pensé à moi pendant tes dernières chaleurs ? »
« Oui. »
« À quoi as-tu pensé ? »
« Je… je ne peux pas », déglutit Naruto, en tournant la tête pour essayer de la cacher dans l'oreiller.
Sasuke aspira une tache humide dans son cou exposé. Il pouvait sentir la zone autour de laquelle son nœud se développait commencer à chauffer, signe certain qu'il allait bientôt éclater.
« Oui, tu peux. »
« C'est trop », dit Naruto, les yeux fermés comme s'il avait honte. « Tu ne veux pas entendre tout ça. »
Sasuke dut lui faire comprendre de la manière la plus explicite possible que non seulement il le voulait, mais qu'il le voulait tellement qu'il commettrait les crimes les plus sauvages pour cela, il détruirait des villes entières et détruirait chaque goutte d'eau de l'océan pour cela.
« Je veux l'entendre, bébé. Je veux tout savoir. Dis-moi. »
« J'ai pensé à ta voix », murmura Naruto, de petits gémissements haletants s'échappant à chaque mot tandis que Sasuke continuait de le baiser pendant qu'il parlait. « Ta voix alpha. Me parler, me dit quoi faire, ce que tu veux, comment tu me veux. »
« C'est bien », dit Sasuke, la voix rauque et éraillée à présent. « C'est ce que je ferais. Quoi d'autre ? »
« J'ai pensé à ton odeur partout sur moi, à ta peau contre la mienne, à tes mains me touchant partout. »
« Où ?»
« Tout mon corps. »
« Un endroit précis ? »
« Ma bouche, mes tétons, ma bite, mon trou », dit Naruto, de plus en plus doucement à mesure qu'il parlait.
Sasuke éloigna son visage de l'oreiller et embrassa Naruto en guise de récompense, mais aussi parce qu'il ne voulait jamais s'arrêter.
« Je t'ai touché là, n'est-ce pas ? Et je vais continuer à te toucher là. Ton corps parfait. Quoi d'autre ? »
Naruto leva le visage pour plus de baisers, essayant de chasser sa bouche, son visage si doucement vulnérable alors qu'il cligne des yeux.
« J'ai pensé à ta bite, la léchant, la suçant, la faisant me baiser. Et à ton nœud. Je veux tellement ton nœud, Sasuke. »
« Ça arrive, bébé », grogna-t-il Sasuke, sentant son nœud palpiter, résonnant dans toute sa bite. « Je n'ai jamais fait de nœud en dehors d'une ornière auparavant, mais je vais te faire un nœud. Je peux déjà le sentir gonfler. C'est ce que tu me fais. »
« Mon Dieu », cria Naruto en serrant les liens.
Cela ne fit que gonfler plus vite le nœud de Sasuke, et il put sentir Naruto devenir incroyablement serré, et plus serré encore autour de lui à mesure que les secondes passaient.
Il essaya de se concentrer, même si ses coups ralentissaient et que son nœud gonflait. Il ne voulait pas jouir avant qu'ils aient fini cette discussion.
« C'était tout ? C'est tout ce à quoi tu as pensé ? »
Naruto le regarda longuement, cherchant, ses mains se contractant et ses doigts se desserrant.
« Encore une chose. »
« Ouais ?»
« Tu… », commença-t-il en essayant de libérer complètement ses mains.
Sasuke les laissa partir pour pouvoir serrer ses propres mains autour des poignets de Naruto pour le mettre au sol, en regardant la façon dont il devient mou et sans force une fois qu'il le fit. Il pousse sa joue avec son nez pour attirer à nouveau son regard.
« Je le veux. Je veux tout avec toi. »
Il y avait une sorte de bataille qui faisait rage dans l'esprit de Naruto et Sasuke pouvait tout voir dans son visage toujours changeant et expressif, depuis le scintillement de ses yeux dans la faible lumière, jusqu'à son front froncé, jusqu'à ses lèvres meurtries par les baisers et moelleuses qui se pressaient l'une contre l'autre, s'ouvraient et se fermaient à nouveau.
Sasuke avait appris à être patient avec Naruto, non pas parce que cela lui garantissait qu'il en tirerait quelque chose, mais parce que Naruto méritait que les gens qui l'aimaient le tiennent dans leurs mains avec tendresse et compassion. Et si Naruto avait besoin d'un moment ici comme il l'avait déjà fait, comme il pourrait le faire à l'avenir, Sasuke pouvait persévérer dans cette voie aussi.
« J'ai pensé à toi », finit par murmurer l'oméga, puis il s'arrêta à nouveau et prit une inspiration. « Tu me faisais des nœuds, tu mettais ton bébé en moi. Tu fondais une famille avec moi. »
C'est le dernier fil qui se déclencha dans sa tête et le nœud de Sasuke pulsa alors qu'il gonflait jusqu'à sa capacité maximale, les faisant tous les deux crier et s'accrocher l'un à l'autre. Son cerveau fut complètement brouillé alors qu'il s'enfonçait à l'intérieur de Naruto par de courts et avortés coups de hanches, sa bite ne pouvant plus bouger que jusqu'à présent que son nœud était plein et les bloquait ensemble.
« Je t'aime », gémit-il, haletant et tremblant alors qu'il essaya de se tenir debout, commençant à s'évanouir. « Je veux ça aussi. »
« Sasuke », cria Naruto, son corps tout entier n'étant plus qu'un immense désordre tremblant.
« Viens pour moi », lui ordonna-t-il, mordillant son cou et écoutant son cri alors qu'il s'en allait.
Il serra Sasuke, les jambes enroulées autour de lui si étroitement qu'il tremblait, la tête rejetée en arrière tandis qu'il gicle sur son torse.
« Juste comme ça », lui dit Sasuke. « Mon magnifique oméga. Tu es parfait. Tout à moi, maintenant. »
Et c'est la prise de conscience de cette vérité alors qu'il la dit qui le fit aussi bouger. Naruto lui appartenait désormais, et il appartenait à Naruto. Ils avaient toujours été l'un à l'autre d'une manière intrinsèque qu'il ne pouvait pas vraiment nommer, comme si leurs cellules mêmes reconnaissaient quelque chose de semblable et étaient attirées vers un foyer familier.
Après que Naruto ait fini de jouir et se trouve sous lui, haletant à cause des répliques et hébété, Sasuke le souleva du mieux qu'il put, enveloppant son torse dans ses bras, et les retourna jusqu'à ce qu'il soit sur le dos avec Naruto au-dessus, plus à l'aise. Dès qu'ils furent remis en place, Naruto lécha une bande sur son cou moite et y enfonça son visage comme s'il le sentait. Puis il l'embrassa avec des pressions humides et haletantes de ses lèvres, comme s'il ne pouvait pas s'arrêter.
« Je t'aime tellement », lui souffla Naruto, et il s'effondra complètement.
Quand il vint, ce fut comme briser l'orbite: brûlant, intense, écrasant et plus vite, plus vite, puis la douce libération du bonheur de l'autre côté, flottant haut dans le vide de l'espace.
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Une heure plus tard, Sasuke se réveilla avec Naruto toujours allongé sur lui, endormi, et son nœud s'étant finalement suffisamment dégonflé pour que sa bite puisse sortir. Ils étaient collants du cou aux genoux et il avait envie de pisser comme un cheval de course. Il ne voulait pas bouger, mais il savait aussi que s'il ne les nettoyait pas un peu, Naruto sera mécontent le matin, et Sasuke n'allait pas commencer sa première journée en tant que couple officiel avec un compagnon qui n'était pas incandescent de bonheur.
Il lui fallut un certain temps pour se soustraire au blond sans le réveiller, mais il y parvient assez bien. Il se dirigea vers sa salle de bain attenante et alla vider sa vessie après s'être nettoyé du sperme séché, s'être lavé les mains et s'être brossé les dents. Puis il prit un gant de toilette dans son placard à linge et le maintenu sous le robinet jusqu'à ce qu'il soit suffisamment chaud. Lorsqu'il retourna dans la chambre et s'approcha suffisamment de son lit pour voir Naruto dans l'obscurité, il put distinguer que les yeux de l'oméga étaient ouverts et qu'il le regardait.
« Hé », murmura-t-il, moins groggy et plus alerte que ce à quoi Sasuke s'attendait d'après le bruit de sa respiration lorsqu'il l'avait quitté quelques minutes plus tôt.
Il grimpa dans le lit à côté de lui, tirant doucement la couette.
« Salut, toi. Tu n'arrives pas à dormir ? »
« Je réfléchissais juste. »
« À propos de quoi ? »
Une fois sur le lit, il tira la couette encore plus bas, au-delà de la poitrine de Naruto, de son ventre et de ses cuisses, le laissant nu devant lui.
L'oméga se recroquevilla un peu vers l'intérieur, comme si l'air était frais, mais Sasuke l'arrêta en se rapprochant pour qu'il puisse commencer à essuyer sa poitrine et ses abdominaux.
« La semaine de congé », dit Naruto, en le regardant travailler en silence pendant un moment. « Et ce voyage que tu as fait avec Menma à Kiri. »
« Ouais ? », fit Sasuke, sans savoir où cela allait le mener.
Il était constamment distrait par toute la peau nue de Naruto et par la douceur de sa queue contre sa cuisse pâle. Leurs odeurs étaient si fortement concentrées dans cette pièce et dans ce lit que Sasuke avait envie de s'y rouler comme un cochon dans la boue. Il pourrait ne plus jamais quitter cette chambre.
« Tu voulais que je sois là ? », demanda doucement Naruto.
« Bien sûr », répondit-il, car il voulait que Naruto soit avec lui tout le temps. « Mais tu as dit que tu partais avec Nagato et Konan. »
Naruto hocha la tête, ses dents inquiétant sa lèvre inférieure.
« Je sais. Je n'arrêtais pas d'imaginer quelque chose se passer entre vous deux et c'était... »
Il s'arrêta et regarde Sasuke déplacer le gant de toilette de ses abdominaux vers l'intérieur de ses cuisses.
« Je veux que vous soyez tous les deux heureux, mais l'idée que vous soyez ensemble m'a presque tué. »
Sasuke rit au début. Il ne le fit pas exprès, c'était juste qu'il ne put pas s'en empêcher. Les mots étaient absurdes. Ce n'était pas seulement scandaleux, c'était comique, c'était hystérique. Il siffla un peu et rit tellement fort à l'idée de lui et Menma. Il ne s'arrêta que lorsqu'il remarqua l'expression blessée de Naruto et soudain, c'était beaucoup moins amusant de se moquer de lui.
Il se rapprocha de Naruto au lit, si c'était même possible, et le prit dans ses bras, déposant un baiser sur son cou, sa mâchoire, la coquille délicate de son oreille.
« Je suis désolé », dit doucement Sasuke. « C'est tellement ridicule pour moi. J'aime Menma. C'est mon meilleur ami. Mais je n'ai jamais pensé à lui comme ça, bébé. Tu as été tout pour moi pendant si longtemps que même quand je pensais que je ne t'aurais jamais, je ne pouvais pas vraiment penser à quelqu'un d'autre de cette façon, et certainement jamais à ton propre frère. »
« Oh », dit Naruto, et il semblait tellement surpris, même maintenant, même après avoir fait match nul, que Sasuke eut presque envie de rire à nouveau, mais il ne le fit pas.
Il leur faudra du temps à tous les deux pour s'adapter à ce changement, et il devait s'en souvenir. Ils ne pouvaient pas se précipiter à moins d'être tous les deux sur la même longueur d'onde.
Sasuke s'assit contre la tête de lit, laissant partir Naruto à contrecœur et leur donnant à tous les deux de l'espace.
« Écoute », dit-il en regardant Naruto avec attention. « J'allais attendre que nous soyons installés pour dire tout ça, mais je crois que maintenant je dois vraiment préciser quelles sont mes intentions. Es-tu prêt ? »
« Ouais. D'accord. », dit Naruto en se redressant également. Il ne semblait pas vraiment prêt, mais Sasuke l'aimait parce qu'il essayait quand même.
Il posa son bras sur sa cuisse, paume vers le haut et ouverte, une invitation claire. Une demande de confiance. Il n'eut même pas besoin d'attendre deux secondes avant que la main de Naruto ne trouve la sienne, leurs doigts s'entremêlant. Sasuke enroula sa main libre autour du poignet de Naruto et le tint sans serrer, regardant les rides autour des yeux de Naruto s'atténuer. Puis il dit :
« Tu es fait pour moi. Je veux t'épouser, faire des enfants avec toi, et un jour prendre ma retraite et acheter une maison à Balkir avec toi pour y élever notre famille. Et je veux savoir que tu es sur la même longueur d'onde. »
Il allait s'arrêter là, car c'était tout ce qu'il avait besoin de dire, mais il se ravisa.
« Mais si tu as besoin de temps pour y réfléchir, je comprends. Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit maintenant. Je serais là quand tu seras prêt. »
En réponse, Naruto grimpa sur ses genoux et l'embrassa.
« Oui. »
« Oui à quoi ? »
Le sourire de Naruto était si éclatant, si joyeux, qu'il pourrait illuminer l'hémisphère oriental tout entier.
« Oui à tout. À tout. Je ne suis pas sûr de vouloir prendre ma retraite à Balkir, mais si c'est un point sensible, nous pourrons en rediscuter. Je veux être avec toi, Sasuke. Alors oui aussi. Il n'y a qu'une seule condition. »
« Tout ce que tu veux. », dit Sasuke sans hésitation, ses mains entourant le dos musclé de Naruto, ses doigts en parcourant toute la largeur, le pressant plus près.
Naruto enroula ses bras autour de son cou, ses doigts jouant avec les cheveux de sa nuque. Cela fit picoter ses orteils et réchauffer son ventre. Ça lui donnait envie de mettre Naruto sur son dos et de le nouer encore et encore.
« Emmène-moi en vacances à la plage cet été, juste toi et moi. »
Sasuke lâcha un rire joyeux, les joues douloureuses à cause du sourire qui s'étirait sur son visage. Il frotta son nez contre le cou de Naruto, le sentant comme s'il le voulait depuis dix ans et ce qui semblait être toute sa vie, et dit :
« Je t'emmènerai où tu veux, Naruto. »
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Ce chapitre est beaucoup trop long, je trouve. Mais j'ai quand même préféré ne pas le couper. J'espère cependant qu'il n'est pas trop compact et difficile à lire.
Il y a un épilogue !
N'hésitez pas à écouter la playlist !
