Aveuglement
Hermione Granger sortait de l'apothicaire, clairement agacée, et se dirigea vers le glacier où elle avait rendez-vous avec Draco qui s'était rendu dans l'allée des Embrumes avec la même mission après avoir perdu à pierre papier ciseaux. L'air sombre qu'il arborait, identique au sien, lui fit comprendre qu'il avait également fait chou blanc.
-Je pense que Severus devrait produire les ingrédients de potions dont nous aurions besoin, maugréa Draco en se laissant tomber sur sa chaise. Comment est-ce qu'il a fait toutes ces années avec de la si mauvaise qualité?
-Peu importe, balaya Hermione. Nous allons dans le sens de son projet d'autonomie de l'école et en rééquilibrant les dépenses de l'école, il pourra se permettre de créer des serres spécifiques et peut-être même un ferme pédagogique.
-Sous la houlette de ce balourd d'Hagrid? ricana Draco
-Tu sais parfaitement qu'il reste très doué pour les créatures les moins connues, gronda Hermione. Tant qu'on ne lui demande pas d'enseigner, il sera parfait pour s'en occuper.
-De toutes les façons, ce sera la décision de Severus, déclara Draco en haussant des épaules.
Les deux amis avaient accepté l'offre de Severus et avaient été présentés aux élèves début octobre. Outre le brassage des potions pour l'école, ils avaient surveillé les retenues de plusieurs professeurs, tant et si bien que Severus avait envisagé d'engager encore deux autres jeunes maîtres pour en placer un dans chaque maison et soulager la charge de travail du directeur ainsi que des préfets qui pourraient enfin se concentrer sur leurs études.
-Au fait, j'ai vu la belette tout à l'heure, fit Draco.
Hermione leva les yeux au ciel. Si le blond avait fini par appeler la plupart des Weasley par leurs prénoms, il n'avait jamais voulu en faire de même pour Ron et Ginny et les scandales du mois dernier n'avaient pas aidé. En effet, les journalistes, toujours à l'affût du moindre scoop, avaient découvert ce qui s'était passé au conseil international magique et en avait fait une édition spéciale, puisque ça concernait le Survivant. Même si ça le démangeait, Andrea Lawrence, l'avocat d'Harry, n'avait pas pu les poursuivre en justice car ils n'avaient utilisé que les informations qui étaient tombées dans le domaine public et pour le reste, avaient simplement émis des hypothèses. En fait, le seul commentaire que les journalistes avaient pu avoir était l'hospitalisation de Molly Weasley et d'Elphias Doge après l'audience.
Hermione y avait assisté et avait été choquée de ce qui s'était déroulé au cœur de Poudlard sans même qu'elle ne le sache. A ses côtés, Seth Prince avait été en pleine effervescence et s'était promis de se pencher sur ces cas exceptionnels qui pouvaient briser des vies, au même titre que le harcèlement. Hermione et lui savaient qu'Harry était lui-même une exception car peu de personnes auraient été lucides de ce qui leur était passé aussi vite et auraient réagi de manière aussi cohérente. Le culot de Ginny les avait indignés mais pas surpris et à la fin de l'audience, ils espéraient sincèrement que le brun se relèverait de cette énième épreuve. Mais ce qui avait marqué la brune, c'était l'altercation qu'elle avait eu en sortant de la salle.
Flash-Back
Une fois la sentence de Ginny énoncée et cette dernière emmenée, les spectateurs avaient été invités à quitter la salle. Acceptant le bras de Seth, son «fiancé», Hermione suivit le mouvement, même si elle avait envie d'engueuler son meilleur ami de ne pas s'être confié à elle sur cet événement.
-Tu ne devrais pas lui en vouloir, tempéra Seth.
-Il savait que j'étais là s'il avait besoin, pesta Hermione à voix basse
-Qu'est-ce que tu aurais pu lui dire s'il t'avait avoué qu'il pensait avoir été violé? pointa Seth. C'est une épreuve extrêmement personnelle et je pense que tu étais justement trop proche de lui pour qu'il te le dise. Il y a des choses qu'on n'arrive pas à avouer aux personnes qui nous sont chères et tu l'as dit toi-même, tu es sa meilleure amie, presque sa sœur.
-Peut-être … maugréa Hermione.
-Et puis je dois dire qu'Harry a été extrêmement courageux pour avoir déposé plainte, encore plus aussi vite, fit Seth.
-Pourquoi? s'étonna Hermione
-Par curiosité, est-ce que tu as souvent entendu, dans le monde sorcier comme dans le non magique, des témoignages d'hommes adultes avouant s'être fait violer, surtout par des femmes? pointa Seth. Les mondes sont majoritairement patriarcaux et inconsciemment, nous pensons que les victimes d'agressions sexuelles et de viols seront uniquement les plus faibles, donc des femmes et des enfants. En dévoilant ce qu'il a vécu et en demandant justice, Harry a pris le risque de s'attirer la pitié et le mépris des autres parce qu'en tant qu'homme, il a subi un acte qui est plutôt «réservé» aux femmes et la société voudra inconsciemment qu'il ressente de la honte, même s'il est la victime.
Hermione se figea, interloquée. Car le pire, dans cette argumentation, c'était que Seth avait totalement raison! La société sorcière avait toujours reproché à Harry de ne pas être son héros sans peur et sans reproche et lorsqu'elle apprendra qu'il était comme le commun des mortels, elle le lui fera regretter … enfin, elle essaiera. Cela faisait longtemps que son meilleur ami ne prenait plus en compte ce que les sorciers pouvaient bien penser de lui. Au-delà de cette réflexion, Seth avait également raison, elle n'aurait pas su dire ce qu'il fallait pour l'aider.
-Comment ça se fait que tu aies toujours raison? râla Hermione
-Je prends le temps de réfléchir avant de tirer des conclusions hâtives, moi, taquina Seth en lui embrassant la tempe.
Le couple se dirigea vers la sortie, sachant qu'Harry et Andrea avaient encore pas mal de documents administratifs à remplir. Mais alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le bâtiment pour se promener en ville, une silhouette s'arrêta devant eux et ils ne mirent que très peu de temps à l'identifier.
-Ronald, grinça Hermione. Pourrais-tu libérer le passage? Nous avons des choses à faire et nous n'avons pas le temps de t'entendre pleurnicher.
-Tu peux me dire ce que tu peux trouver à ce vieux? cracha Ron
-Des bonnes manières? proposa Seth. Il est d'usage de se présenter quand on rencontre quelqu'un pour la première fois.
-Sérieusement? renifla Ron. Tu préfères ce guignol à tout ce que je pourrais t'apporter?
-Et qu'est-ce que tu pourrais m'apporter, à part un gosse qui ne veut pas sortir des jupes de sa mère et d'un sorcier qui a prouvé que tout ce qu'il voulait, c'était modeler le monde à son image? cingla Hermione. Je veux un mec responsable de lui-même et ça, c'est ce qu'est Seth.
-Connais pas, grogna Ron avec mauvaise foi.
-En attendant, on ne te le demande pas puisque ce n'est pas toi qui vas vivre avec, railla Hermione.
-Tu aurais dû m'épouser! explosa Ron
-En quel honneur? se rebiffa Hermione. Nous ne sommes pas amis et je t'ai toujours fréquenté par obligation! Je refuse …
Mais elle ne continua pas sur sa lancée. Seth avait posé une main réconfortante sur son bras pour qu'elle se calme.
-Te donner en spectacle ne sera pas productif, signala Seth. Tu m'as dit que ce garçon avait une haute opinion de lui-même mais qu'il n'était qu'une brute qui ne voulait pas comprendre quand on lui disait non. Et si je me fie à ce dont nous venons d'assister, il doit être comme sa sœur qui n'a pas hésité à violer quelqu'un pour tomber enceinte et être sûre que sa victime l'épouse. Est-ce que je devrais être étonné si un jour, tu te détournais de moi et te mettais avec lui en semblant être folle amoureuse, en sachant que tu l'as toujours rejeté quand vous étiez à l'école?
-Tu ne sais pas de quoi tu parles! cracha Ron, furieux. Hermione est à moi!
-Mais à aucun moment, vous n'avez dit que je mentais, pointa Seth.
Hermione comprit alors que Seth avait dû utiliser la légilimencie pour apprendre que Ron comptait lui donner un philtre d'amour pour être sûr qu'elle l'épouserait, même si, comme l'avait souligné Seth, elle n'avait jamais voulu le fréquenter sauf si elle y était obligée à Poudlard.
-De toutes les façons, tu es tout le contraire de ce que je cherche chez un compagnon, tança Hermione. J'ai l'intention de vivre pour moi et de prendre moi-même mes propres décisions, pas pour le plus grand Bien et attendre les ordres d'un autre comme une marionnette. Maintenant, je vais faire ce que j'avais l'intention de faire. Je te conseille de ne plus chercher à t'imposer à moi ou à Harry car sinon, ce que vient de vivre ta chère sœur ne sera qu'une fraction de ce que tu subiras. Adieu, Ron, et au plaisir de ne jamais te revoir.
Ivre de rage, le roux s'élança sur le couple, baguette en main, mais la discussion mouvementée avait déjà attiré l'attention des aurors en faction qui ne mirent que quelques instants à maîtriser le sorcier britannique. Si son comportement ne constituait pas un délit, une garde à vue était toujours possible pour calmer les esprits et le temps qu'il en sorte, le couple serait déjà loin.
Fin Flash-Back
Hermione avait appris – ou plutôt, Seth, sous les traits de Severus Snape – que Ron s'était, sans surprise, très mal comporté avec les aurors du conseil international magique et avait écopé d'une amende pour insulte à agents avant de retourner au Terrier la queue entre les jambes. Depuis, elle ignorait ce qu'il lui était arrivé mais ce n'était pas comme si elle s'y intéressait.
Même si elle appréciait la glace qu'elle dégustait, Draco sentait le malaise qui envahissait Hermione. Il termina donc sa propre consommation et signala enfin l'heure du départ. Avec soulagement, la jeune femme lui prit le bras et tous les deux disparurent du Chemin de Traverse.
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Malcolm était bien content de ne plus travailler en Grande Bretagne, même si cela voulait dire prendre des distances avec leurs amis. Mais puisqu'il pouvait faire croire qu'il revenait tous les deux ou trois mois, leurs relations s'étaient au contraire renforcées. Helen avait eu plus de mal mais le fait que le manoir Potter restait dans leur pays de naissance l'avait aidé à s'y faire.
L'arrivée d'Harry dans leur foyer avait donné un frère à Hermione mais surtout un fils au couple qui n'avait pas réussi à avoir d'autres enfants. Son histoire leur avait fait pousser des hurlements d'horreur mais ils pouvaient être fier de voir qu'ils en avaient fait un adulte équilibré et prêt à croquer la vie à pleine dents.
Et ils comptaient bien refermer définitivement cette page de leur histoire.
Les principaux responsables de l'enfance atroce d'Harry Potter, Pétunia et Vernon Dursley, avaient été jugés coupable de coups et blessures et de maltraitance aggravée sur mineur, condamnés à de la prison ferme – sept ans pour Pétunia et dix pour Vernon – et déchus de leur autorité parentale sur leur fils Dudley et naturellement de la tutelle d'Harry. Si Pétunia avait réussi à obtenir une liberté conditionnelle au bout de quatre ans, notamment par un comportement exemplaire en prison et en arguant qu'elle n'avait que très rarement levé la main sur Harry, Vernon se l'était vue refusée à cause de son comportement méprisant et arrogant. Jamais il n'avait regretté le traitement qu'il avait réservé à son neveu et il s'en vantait presque tous les jours.
Toutefois, le refus de Dudley de garder contact avec sa mère avait changé la donne. Le rêve irréaliste du couple de pouvoir reformer une grande et belle famille quand ils sortiraient de prison était brisé et visiblement, Pétunia croyait que son fils chéri avait eu l'esprit lavé par ceux qui avaient récupéré Harry. Quand Malcolm avait expliqué la situation à sa femme Helen, celle-ci avait été particulièrement choquée de comprendre que la tante de leur fils adoptif croyait que les services sociaux avaient placé les deux cousins ensemble alors que Dudley avait fait partie intégrante du calvaire de son cousin.
Ce qui expliquait pourquoi les Dursley avaient exigé de les rencontrer, cinq ans après qu'ils aient lancé l'alerte.
Pour éviter toute mauvaises surprises, Gemna, prévenue de la rencontre, avait confié au couple Granger des artefacts gobelins qui annuleraient toute influence magique dans un périmètre donné. Ainsi, dans l'éventualité où les condamnés auraient été ensorcelés par Dumbledore tout comme leur fils, les consignes ne pourraient pas s'activer, ce qui garantirait un repos bienvenu pour leurs oreilles si on se fiait à ce qui s'était passé lors de la rencontre entre Dudley Dursley et Harry Potter.
Dans la salle des visites de la prison, Helen se blottit contre Malcolm qui lui murmurait des mots réconfortants à voix basse. Face à eux, Pétunia Dursley les regardait en les fusillant du regard. Malgré tout ce qui s'était passé, ils n'avaient jamais eu l'occasion de se rencontrer, même si Pétunia aurait pu avoir accès à leur nom quand elle avait déposé sa demande pour récupérer la tutelle de son neveu.
Soudain, la porte s'ouvrit et un Vernon Dursley amaigri entra dans la salle avec un gardien qui l'assit et le menotta à la table. Une fois cela fait, sa femme se précipita vers pour s'enquérir de sa santé et adressa un regard supérieur à l'autre couple qui fut surpris de sa réaction puérile.
-Je suis Malcolm Granger et voici ma femme Helen, se présenta Malcolm. Nous sommes les personnes qui avons accueilli Harry dans notre foyer et …
-Vous êtes ceux qui ont lavé le cerveau de notre petit Duddy, accusa Pétunia. Il ne veut plus me parler!
-Navré de vous décevoir, grinça Malcolm, mais nous n'avons jamais eu l'occasion de recueillir votre fils. En revanche, votre belle-sœur Marjorie l'a eu mais les services sociaux lui ont retiré ce privilège quelques mois plus tard en se rendant compte que Dudley courrait un danger réel avec tous les chiens dressés à l'attaque autour de lui. Enfin, dressés, c'est un bien grand mot pour décrire l'éducation de ces animaux …
-Quant au fait que votre fils ne veuille plus vous adresser la parole, il s'agit de votre faute, pointa Helen. S'il comptait tant pour vous, vous auriez demandé également à récupérer sa tutelle et pas uniquement celle d'Harry, dont vous vous êtes pourtant évertué à faire de sa vie un enfer …
-Ce monstre … cracha Vernon.
-Il vit loin de votre anormalité et se porte très bien, merci de le demander, railla Malcolm. Idem pour votre fils, au cas où vous vous poseriez la question.
-Laissez mon fils tranquille! rugit Vernon. Sales monstres, vous …
-Contrairement à ce que vous pensez, nous sommes aussi «normaux» que vous, rétorqua Helen.
Cela figea le couple, interloqué.
-Cela veut dire que vous avez vu que le gamin n'était pas normal, n'est-ce pas? tenta Pétunia
-Il n'est pas comme vous et moi, oui, nous le savons, si c'est la question, déclara Malcolm. Mais il restait un enfant qui avait besoin d'être aimé de ses proches et nous l'avons totalement accepté. Mais contrairement à vous, nous ne lui avons pas fait regretter de vivre ou même de respirer. Ainsi, nous n'avons pas eu à déplorer de réactions malvenues parce que nous le martyrisions comme vous.
-Il devait apprendre la place des monstres! cracha Vernon
-J'imagine que c'est ce que vos codétenus vous ont fait remarquer également, renifla Helen. Je doute qu'ils aient apprécié que vous ayez failli détruire la vie d'un enfant parce qu'il n'était pas né de vos entrailles et aussi étroit d'esprit que vous l'étiez.
Pétunia et Vernon rougirent de honte. La prison était un monde sans pitié et ceux qui étaient condamnés pour s'en être pris volontairement à des enfants particulièrement méprisés, pour ne pas dire haïs. Alors que le couple pensait être compris par leur entourage au moment de leur arrestation puis lorsqu'ils avaient été conduits en prison, ils avaient déchanté très vite. Pétunia avait rapidement fait profil bas pour préserver sa réputation mais Vernon avait passé des années inconfortables avant de comprendre que s'il voulait passer sa peine de prison en toute intégrité, il avait intérêt à garder son opinion pour lui.
En prévision de cette visite, Gemna avait pu se procurer les dossiers du couple et Malcolm consulter leur profil psychologique. L'enquête de moralité, très fournie car beaucoup de témoignages avaient été utilisés pour les faire juger, avait fait remonter cette volonté d'être les plus normaux possible à leur enfance. S'il pouvait parfaitement dater la bascule de Pétunia aux moments où sa sœur Lily avait eu ses premiers éclats de magie, le changement de Vernon demeurait encore obscur et le psychologue ne serait pas étonné que l'homme ait un lien inconnu de tous avec le monde sorcier voire, si on se fiait à l'aveuglement volontaire d'Albus Dumbledore concernant la vie d'Harry dans le foyer Dursley, avec le directeur déchu.
Déjà agacée par la tournure de la conversation, Helen prit les choses en main.
-Pourquoi est-ce que vous avez exigé de venir nous voir? demanda Helen. Si c'est pour nous accuser de la prise de conscience de votre fils, nous n'avons rien à faire dans cette histoire. Pour avoir élevé Harry comme notre fils alors que ça aurait dû être votre rôle? Là aussi, nous n'avons pas d'excuses à faire car c'était un honneur pour nous et Harry nous le rend bien. Si vous aviez été de véritables parents, alors il vous aurait offert les mêmes cadeaux qu'à nous.
-Quoi? ricana Pétunia. Ce gamin est un incapable! Il n'a jamais eu de meilleures notes que notre Duddy!
-Ça devait avoir un rapport avec le fait que quand il en a ramené, il avait été presque battu à mort, susurra Malcolm avec venin.
-En fait, je parlais de l'hôtel de ville qu'il nous a offert à Paris, sourit vicieusement Helen. Et le compte à fonds illimités à dépenser où on veut quand on veut.
-Il a dû s'adonner à des trucs louches, comme ses parents, maugréa Vernon malgré ses yeux brillant d'avidité.
-Oh, Pétunia ne vous a rien dit? demanda Helen de manière faussement ingénue. Les Potter sont une famille anoblie depuis plusieurs siècles et Harry est leur seul héritier. L'argent qu'on vous versait tous les mois ne tombait pas du ciel, Vernon, et le petit garçon que vous avez maltraité appartenait à l'aristocratie où il fait partie des plus grands.
-MENSONGES! tonna Vernon
-A votre guise, déclara Helen en haussant des épaules. Quand vous verrez votre ancien neveu assis parmi les ladies et les lords du royaume en présence de la reine elle-même, j'espère que vous serez prêt à assumer de voir votre réputation partir définitivement en lambeaux car croyez-moi, je sais sans qu'il ne me le dise qu'il a l'intention de vous faire payer en espèces sonnantes et trébuchantes tout le mal que vous lui avez fait sans jamais se salir les mains. Votre peine de prison n'était que le début et si vous en veniez à révéler votre ancien lien de parenté pour obtenir plus que ce que vous avez actuellement, il ne se gênera pas pour révéler la vérité à votre encontre. Absolument toute la vérité, y compris que ce qu'il n'a jamais voulu raconter aux services sociaux et aux juges.
Le couple Dursley blêmit. Toutes les personnes dans la pièce savaient que si l'affaire d'Harry avait été si complexe à déterminer et à juger, c'était parce que pendant de très longues années, l'enfant avait estimé que sa situation était normale car c'était la seule qu'il connaissait. Si Helen et Malcolm l'avaient poussé à mettre l'accent sur la maltraitance psychologique et son éducation hors norme, ils étaient conscients que ce n'était pas tout ce que le brun avait vécu et ça, ça pourrait valoir bien plus que la prison pour Pétunia et Vernon Dursley.
Malcolm jeta un regard appréciateur à sa femme. Même si elle n'évoluait pas dans la même branche médicale que lui, Helen avait appris quelques petites choses de son mari dont, visiblement, le meilleur moyen de menacer ses adversaires sans une seule parole désobligeante.
-Nous l'avons élevé, nous sommes censés avoir quelque chose, non? tenta Vernon
Helen et Malcolm n'eurent même pas la force de s'indigner du toupet du prisonnier.
-Je ne vous conseille pas de réclamer quoi que ce soit, indiqua Malcolm. Parce que si nous avons réussi à garder votre affaire à notre niveau, je doute que maintenant qu'il est majeur, les protecteurs d'Harry vous laissent vous en tirer aussi facilement.
-Que voulez-vous dire? trembla Pétunia
-Très peu de personnes sont au courant de ce que vous avez fait, assura Helen. D'une certaine manière, on vous a protégé d'eux. Mais si jamais vous décidez de bafouer cette chance … je n'aimerai pas être à votre place, honnêtement.
Inutile d'être devin pour comprendre que si le monde sorcier mettait la main sur ceux qui avaient fait de l'enfance du Survivant un enfer, il ne resterait rien d'eux.
-Je pense que nous nous sommes tout dit, déclara Helen en se levant. Je propose qu'à compter de ce jour, nous ne nous revoyons plus jamais et au cas où il vous viendrait l'idée de vous en prendre à nous pour votre situation actuelle, sachez qu'Harry a et aura toujours la puissance du clan Potter pour vous le faire payer. Il est farouchement protecteur avec ceux qu'il aime, une place que vous auriez pu occuper si vous n'aviez pas laissé votre haine parler au lieu de votre cerveau et votre cœur. Bonne journée et adieu.
Le couple Granger sortit, royal, abandonnant sans aucun regard en arrière le couple Dursley.
