Voici la dernière partie de leur histoire. Bonne lecture ! ^^
De retour dans la voiture de son éditrice, Hinata fut étonnée par le sentiment de vide qu'elle ressentait en laissant Naruto derrière. Ça faisait à peine cinq semaines qu'il était chez elle et ça lui semblait déjà étrange de se séparer de lui. Et dire qu'après l'avoir surpris dans sa baignoire, elle comptait le ramener après avoir terminé son roman. Non, elle n'aurait plus envie de vivre sans lui. Lorsqu'elle ferait la promotion de son prochain livre, il la suivrait partout, que ce soit en homme ou en renard.
Le trajet jusqu'à Konoha durait un peu moins de deux heures, mais Hinata fut soulagée lorsqu'elles arrivèrent enfin à l'hôtel. Elle allait déposer son sac dans sa chambre, puis elles se dirigeraient vers le lieu de l'évènement.
N'ayant rien publié ces deux dernières années, Hinata était un peu étonnée qu'il y ait autant de gens qui viennent faire la fil pour la rencontrer et avoir une dédicace dans leurs exemplaires de ces deux précédents romans. Certains se montrèrent curieux sur son prochain projet. Tout ce qu'elle leur répondit, c'est que l'ambiance générale était semblable à son premier roman, mais sur un sujet différent. Il y en avait qui semblait excité, d'autres complètement perplexes. Tout ça pour dire qu'elle avait hâte de l'avoir terminé et de voir la réaction de ses lecteurs. Bien entendu, elle appréhendait un peu la chose, puisque le sujet était encore plus sombre que son premier roman, mais elle se sentait déjà fière de ce qu'elle avait fait jusqu'à maintenant. Elle approchait du dénouement et elle hésitait encore sur la scène. Est-ce qu'elle la modifiait ou l'écrivait-elle tel quel ? Peut-être demanderait-elle l'avis de Naruto avant de la commencer ? Elle ne lui avait pas encore fait lire, attendant de l'avoir terminé.
C'est juste avant le souper, qu'elle devait rencontrer le producteur. Elles prirent donc la direction d'un salon privé dès sa dernière séance de dédicace terminée. Elle prit place dans un canapé deux places avec Kurenai pour être sûre de ne pas se retrouver trop près du producteur. Elles attendirent quelques minutes sans voir ce dernier arriver. Hinata eut envie de partir, outrée par le retard de l'homme. C'est lui qui insistait pour la rencontrer et il osait être en retard ? S'il croyait la convaincre de changer d'idée sur le film en lui parlant en personne, ce retard était une insulte. Avant qu'elle ne puisse sortir de la pièce, une femme entra avec deux verres de café.
- Mr. Momoshi s'excuse de son retard, il a été retenu sur le plateau. Il m'a demandé de vous emmener des cafés pour s'excuser de l'attente. Il est en chemin.
Hinata n'avait pas vraiment envie de toucher à ce café, elle voulait juste retourner à sa chambre d'hôtel pour se reposer, mais Kurenai l'acceptait déjà à sa place.
- S'il n'est pas arrivé dans cinq minutes, je m'en vais, déclara Hinata.
- Il devrait arriver d'une minute à l'autre, sourit la jeune femme.
Le verre de carton en main, Hinata se rassit sur le canapé et prit une gorgée du café pour passer sa frustration. Elle n'avait pas encore bu la moitié, lorsqu'elle commença à se sentir fatiguée. Elle n'arrivait plus à garder les yeux ouverts et elle finit par échapper son verre par terre, alors qu'elle tanguait sur le canapé. Malgré le brouillard qui dégradait sa vision, Hinata eut l'impression s'apercevoir Toneri s'approcher d'elle, un sourire mauvais sur les lèvres, mais avant que l'information n'atteigne son cerveau, elle sombra dans l'inconscient.
Oo0oO
- Lorsqu'Hinata le laissa à l'agence, Naruto n'eut pas attendre très longtemps avant que Jiraiya fasse un commentaire.
- Toi, tu t'es fait prendre.
Pour éviter d'avoir à répondre, Naruto se contenta de souffler sans se transformer. De toute façon, c'était inutile de lui répondre, puisque Jiraiya pouvait lire les pensées de tous ses protégés. Donc à quoi bon gaspiller sa salive ? Le propriétaire de l'agence le prit dans ses bras et l'emmena dans la salle où tous les animaux passaient la journée. Il fit le tour pour saluer tous ses camarades et amis. Suigetsu était toujours aussi hyperactif et tombait sur les nerfs de Sasuke, qui lui crachait dessus. Tenten et Maya étaient lovées dans un coin, toutes les deux encore mal à l'aise avec les hommes de par leur passé. Shira s'enfuit devant lui, grimpant au sommet du plus haut arbre à chat pour se tenir loin de ses pulsions de renard à courir après les écureuils. Il remarqua un nouveau pensionnaire, une belette qui était couchée en boule sur une plateforme. Ça faisait longtemps qu'il n'y en avait pas eu à l'agence.
Une fois son tour terminé, Naruto s'éclipsa dans l'arrière-« boutique », comme ils l'appelaient, et se transforma. Il voulait discuter avec Jiraiya et ça irait mieux sous cette forme. Une fois qu'il eut enfilé les vêtements qu'il utilisait, lorsqu'il était à l'agence, il le rejoignit à l'accueil. Dans l'attente d'un client, le propriétaire lisait un livre comme à son habitude. Le blond vint donc s'appuyer au mur près de sa chaise, les mains glissées dans les poches de son jean. Avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche, Jiraiya fit pivoter son siège vers lui pour le regarder.
- C'est donc le grand jour, lâcha-t-il.
- Je crois, acquiesça Naruto. Ce que je sais, c'est que j'ai des sentiments pour Hinata et que commencer une relation dans ma situation actuelle est compliqué.
- Je vais faire les démarches pour te procurer de nouveaux papiers gouvernementaux. Dès que tu les auras, je te donnerai ton livret de compte et ta carte.
- Je n'aurai pas de problème avec la justice en réapparaissant du jour au lendemain ? s'inquiéta le blond.
- Tu ne serais pas le premier, déclara Jiraiya. On va arranger ça pour toi, Tsunade et moi.
- D'accord.
Tête baissée, il n'osa pas ajouter quoique ce soit, mais encore une fois, Jiraiya avait lu dans ses pensées.
- C'est normal d'appréhender le retour à la vie humaine, mais quoique tu aies besoin, on sera là pour t'aider.
- Comme de reprendre mes études et trouver un travail ?
- Bien sûr. Je l'ai fait plusieurs fois et mon prédécesseur aussi. Même si pour lui, c'était plus facile dans la technologie moderne.
- Prédécesseur ? répéta Naruto, surpris. Tu veux dire qu'une telle agence ça existe depuis plusieurs décennies ?
- Des gens comme toi, oui. L'agence, c'était mon idée pour subvenir à vos besoins et vous assurer un avenir lorsque vous êtes prêt à partir.
Même après dix années à l'agence, c'était une information que Naruto ignorait. Et ça voulait aussi dire que Jiraiya partirait un jour ou l'autre, ce qui lui semblait impossible.
- Et qui te remplacera ? demanda-t-il.
- Celui ou celle que le successeur de Tsunade aura choisi.
- Elle aussi, elle va partir ?
- C'est comme ça que ça marche.
- Alors je pourrais…
- C'est trop tard pour toi, l'interrompit Jiraiya.
- Quoi ?
- Pour prendre ma place. Ça doit être la première « renaissance » qu'il va faire. C'est ce qui va créer le lien que j'ai avec vous tous.
- Ah, soupira Naruto, déçu.
Naruto était un peu déçu. Trouver un emploi serait le plus dur, surtout en retournant à l'école pour obtenir son diplôme.
- Mais… Si tu veux venir m'aider à l'agence…
- Je pourrais venir travailler ici ? s'exclama Naruto, enthousiaste. Comme un employé normal ?
- Tu pourras surveiller cette bande de zigoto pour éviter qu'ils se sautent à la gorge. N'est-ce pas ? ajouta-t-il en lui jetant un regard sombre et accusateur.
- Je me suis déjà excusé un million de fois auprès de tous les rongeurs que l'agence à accueilli. Et Shira m'a remis à ma place à quelques reprise, rappela Naruto en se frottant la nuque.
- Et tu pourras préparer quelques repas pour le soir. Il y en a quelques-uns qui s'ennuient de tes plats et Sara a été adopté il y a une semaine. Suigetsu fait son possible avec Sai, mais…
- Ils sont meilleurs pour la plonge que pour la cuisine, termina le blond en souriant.
Ils rirent tous les deux, puis Naruto retourna voir le groupe, jouant avec les plus jeunes et aidant les plus vieux à faire de l'exercice. En fin d'après-midi, il avait presque fait le tour de tous les pensionnaires et il ne lui restait que Maya. En dehors de Tenten, rare était ceux qui arrivait à l'approcher parmi les autres « employés ». Naruto ne s'attendait pas à grand-chose en allant la voir, mais grâce à Hinata, il avait le désir de l'aider. Alors sans se montrer trop intrusif, il se plaça devant l'arbre à chat où elle était couchée et il se contenta de se tenir devant elle sans sortir ses mains de ses poches.
- Hey Maya, fit-il avec sa voix la plus douce. Comment vas-tu ?
Même si elle n'ouvrit pas les yeux, comme si elle dormait, Naruto sut qu'elle l'écoutait, lorsque sa queue se balança mollement devant son museau. Sur ce point, ils se ressemblaient. Sous leur forme animal, ils se couchaient toujours en boule, leur queue au niveau du visage.
- Tu sais, ton pouvoir m'a beaucoup manqué durant les premiers jours. J'ai toujours du mal, lorsque mes vieux démons me reviennent d'un coup. Mais grâce à Hinata, je me sens beaucoup plus en paix avec mon passé.
Cette phrase sembla intriguée Maya, puisqu'elle releva la tête pour plonger son regard dans le sien. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche pour qu'il devine sa question.
- C'est une auteure et après son divorce, elle s'est servie de l'écriture comme thérapie. Crois-moi si tu veux, mais lui raconter mon passé pour qu'elle en fasse son prochain roman m'a soulagé.
Il pouvait lire le scepticisme dans les yeux de Maya. Tout ce qu'il savait que son passé, c'est que la sorcière l'avait ramené à l'agence à l'âge de treize ans, complètement traumatisée. Même Jiraiya avait eu du mal à l'approcher et c'était Tsunade qui s'était occupée d'elle les premiers temps.
- Parfois, tout garder à l'intérieur ne fait que nous ronger à petit feu. Je lui ai proposé d'écrire mon histoire, parce qu'elle m'a surpris sous cette forme et que je ne voulais pas revenir à l'agence. J'avais envie qu'elle apprenne à me connaître, parce que moi, j'éprouvais des sentiments pour elle. Je ne dis pas que tu devrais faire comme moi, mais peut-être qu'une thérapie t'aiderait.
La queue continuait de remuer mollement, sans qu'elle ne lâche le moindre miaulement. Il ignorait ce qu'elle pensait, mais peut-être que ses paroles la feraient réfléchir. Du moins, il l'espérait. Alors qu'il prenait la direction de la cuisine pour préparer le souper de tout le monde, une vive douleur à la poitrine le jeta au sol. Le souffle coupé, il agrippa son t-shirt d'une main et une envie de vomir au fond de la gorge. Plusieurs s'approchèrent de lui, intrigués et inquiets de ce qui lui arrivait. Un chien se mit à japper près de la porte pour prévenir Jiraiya, qui vint voir rapidement ce qu'il se passait. En découvrant Naruto couché au sol, il accourut vers lui.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je n'en sais rien, mais… ma poitrine me fait souffrir, répondit-il difficilement. Comme si on m'écrasait le cœur.
- Est-ce que tu as marqué quelqu'un ? demanda Jiraiya.
À ces mots, Naruto écarquilla les yeux. Ça ne pouvait pas être ça. Pas si tôt ! Il avait dit à Hinata qu'il ne sentait pas trop ce producteur, mais il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle soit en danger. Il tenta de se lever, mais la douleur était telle, que son corps avait du mal à bouger.
- Tu ne pourras pas tout de suite bouger. Où Hinata allait ?
- Au Salon du Livres de Konoha.
- Sasuke, tu connais bien Konoha, lâcha Jiraiya. Tu vas l'y conduire.
En une fraction de seconde, le chat noir grognon se transforma en jeune homme de vingt-huit ans, ténébreux et avec une gueule à faire rêver toutes les filles. Personne ne fit réellement attention à sa nudité, l'ordre de Jiraiya étant plus surprenant.
- Je croyais que je n'avais pas le droit de sortir d'ici avant d'avoir fait cinq années complètes ? s'exclama Sasuke.
- Je ne peux pas quitter l'agence et, même s'il avait eu son permis, Naruto n'est pas en état de conduire. Donc, tu vas aller enfiler quelque chose et le conduire là où Hinata se trouve et l'aider à la sortir de là. On reparlera ensuite de ta punition.
Sasuke n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois. Il s'éclipsa dans la zone résidentiel de l'agence et en revint vêtu d'une chemise et d'un jean noir. Naruto ignorait les détails de la « punition », mais s'il était à l'agence, ce n'était ni pour recommencer à zéro comme lui, ni pour une quelconque protection. La sorcière l'avait puni pour quelque-chose et il devait travailler cinq ans pour l'agence avant de pouvoir retourner à une vie normale. Enfin, aussi normale qu'elle puisse être, lorsqu'on peut prendre forme animale. Avec l'aide de Sasuke et de Jiraiya, Naruto rejoignit la voiture de ce dernier, qui donna ses clés à l'autre.
- Suis ton instinct, lui dit Jiraiya en tenant la portière. Ton pouvoir saura te guider pour la trouver et la protéger, ajouta-t-il avant de la fermer.
Sasuke n'attendit pas pour mettre la voiture en marche et prendre la direction de Konoha. Il y avait presque deux heures de route à faire, en pleine heure de pointe, alors si Hinata était vraiment en danger, ils devaient faire vite. La douleur s'atténua un peu durant le trajet, mais l'élancement au niveau de son cœur était là pour lui rappeler que Hinata était toujours en danger. Avant d'arriver à Konoha, Naruto demanda à Sasuke de prendre une sortie à mi-chemin entre Konoha et leur point de départ.
- Tu n'as pas dit qu'elle était au Salon du Livres de Konoha ? demanda Sasuke en prenant tout de même la sortie.
- Oui, mais Jiraiya m'a dit de suivre mon instinct, que mon pouvoir allait me guider. Il me dit qu'elle est dans cette direction.
- Si tu le dis. Je t'avoue que moi, je suis juste heureux de pouvoir sortir normalement quelques heures avant la fin de ma punition.
- Si ce n'est pas trop indiscret… Qu'est-ce que t'as fait pour que la sorcière te punisse ?
Un grognement lui répondit et en tournant la tête vers Sasuke, Naruto vit ses jointures blanchirent à force de serrer le volant.
- Une fille qui a profité de moi, alors que j'étais saoul, est morte après s'être fait avorter à ma demande, finit-il par lâcher.
- Pourquoi tu…
- Les chances que je sois le vrai père de ce gosse était assez mince. En un mois, elle avait couché avec cinq mecs différents, mais bien sûr, elle affirmait que c'était moi le père, alors que je me souviens à peine qu'on a couché ensemble. Black out total ! Alors, je lui ai dit qu'il n'y avait pas moyen que je reconnaisse comme mien, le gamin d'une traînée qui piège les gars pour se faire vivre. Je lui ai conseillée de se faire avorter, parce que même s'il était de moi, elle n'aurait pas un sous de ma part. Et cette idiote, plutôt que d'aller à l'hôpital ou dans une clinique comme tout gens censé, elle est allée voir un toubib à deux cents, qui l'a avorté sans désinfecter ses outils. Ça s'est donc infecté et elle est tombée malade. Et comme elle n'avait aucun proche, elle est morte sans pouvoir aller à l'hôpital. Et Tsunade me rejette la faute dessus ! Même si je ne lui avais pas dit de se faire avorter, elle l'aurait fait, puisque je ne comptais pas payer pour son gosse. Suigetsu, lui, c'est vraiment sa faute si la fille s'est suicidée, se plaignit Sasuke.
Pour Naruto, c'était difficile à dire. Obligé une fille à avorter, il comprenait Tsunade, mais d'un autre côté, si la fille avait préféré aller voir un charlatan… Il est vrai que sous cet angle, Suigetsu méritait son châtiment pour avoir joué avec les sentiments d'une fille, juste pour coucher avec elle, puis la laisser. Mais à la différence de Sasuke, Suigetsu éprouvait des regrets pour ce qui était arrivé et il acceptait sa punition de dix ans sans chialer. Même ça, ce n'était pas pareil. Naruto avait l'intuition que ce que la sorcière et Jiraiya recherchait chez Sasuke, c'est une remise en question et des remords pour ses paroles. Au moins, il lui restait un peu moins de trois ans à faire avant la fin de sa punition.
Un lourd silence flotta dans la voiture, entrecoupé que par les indications de Naruto, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant une maison à moitié abandonnée au bout d'un chemin de forêt. Pour ne pas se faire repérer, Sasuke arrêta la voiture quelques mètres plus loin et ils traversèrent le boisée pour rester cachés à la vue des occupants de la maison. Naruto pouvait le sentir, tout son corps lui hurlait qu'Hinata se trouvait dans cette bâtisse délabrée. Il s'apprêtait à courir vers celle-ci, quand Sasuke lui agrippa le bras pour l'arrêter dans son élan.
- Tu ne peux pas y aller comme ça, déclara le brun. Imagine qu'il y ait des gens armés. Ils t'auront descendu avant même que tu n'atteignes la porte et on ne pourra pas sauver cette fille.
Il n'avait pas tort, réalisa Naruto. Il ignorait combien de personne était derrière le kidnapping d'Hinata et s'ils étaient armés.
- Le mieux qu'on puisse faire, c'est d'y aller sous nos formes animales. Ce qui est, au final, très pratique pour une mission d'infiltration en forêt. Vu comme elle est délabrée, je ne serais pas étonné qu'il y ait un trou assez gros pour se faufiler à l'intérieur.
Se glissant derrière un arbre, ils retirèrent tous les deux leurs vêtements pour les empiler sur le sol, puis ils se transformèrent. Ni vu ni connu, un renard et un chat noir s'approchèrent de la maison. Ils en firent le tour à la recherche d'une ouverture pour se faufiler à l'intérieur. Ils pouvaient percevoir les voix à l'intérieur et c'est comme ça que Naruto comprit qui avait enlevé Hinata et pourquoi. Son ex-mari.
- Tu croyais vraiment que notre entourage ne remarquerait pas les similitudes avec notre mariage ? Ce n'est pas une ou deux modifications qui va le camoufler. En plus, ton second livre parle du divorce. Maintenant, tous nos « amis » pensent que je t'ai vendu pour obtenir un contrat. Alors aussi bien faire en sorte que ce soit vrai cette fois-ci.
Les cris d'Hinata semblait étouffés par un bâillon, ce qui enragea Naruto. Ce tordu avait tout planifier. Le fameux producteur, qui insistait pour lui parler en personne, ça devait être lui. Alors que la colère montait en lui, il remarqua à peine que sa forme de renard changeait. C'est le miaulement surpris de Sasuke, qui lui fit tourner la tête vers son camarade et qu'il réalisa que ce dernier avait rapetissé. Ou plutôt, que lui, il avait grossi. Naruto ignorait de quoi il avait l'air, mais ça devait être une forme « berserk » de son renard. Par contre, il s'avéra que sous cette forme, il n'arrivait plus à réfléchir correctement. Il se dirigea donc vers la porte et la défonça sans attendre Sasuke.
Il y avait deux hommes et une femme dans la cabane, et il n'eut aucun mal à deviner qui était Toneri, le deuxième ayant clairement la soixantaine avancée. Il sauta donc à la gorge du plus jeune, provoquant des cris d'effrois à tous les occupant de la maison. Mais en vrai, c'est à peine s'il en avait connaissance. L'animal en lui voulait protéger celle qu'il aimait et pour ça, son ex-mari devait disparaître, même si ça voulait dire de le tuer. La femme et le vieil homme s'empressèrent de sortir par la porte grande ouverte, sous forme humaine et habillé de son jean, Sasuke entra à son tour.
- Du calme, Naruto ! cria-t-il en lui sautant sur le dos.
Bien sûr, Naruto ne réfléchissait plus avec sa tête et il se contenta de projeter son camarade contre le mur et de terminer ce qu'il faisait. Malgré la douleur et un bras qui pendait le long de son corps, Sasuke retira le bâillon d'Hinata en espérant que sa voix le ramène à la réalité.
- Naruto ! Arrête !
Heureusement, ça fonctionna. Naruto arrêta de lacérer le torse de Toneri, mais les dommages éraient là. Il perdait beaucoup trop de sang pour qu'ils soient capable de le sauver. Sasuke libéra tant bien que mal Hinata de ses liens et il la laissa rejoindre Naruto. Il redevint tranquillement le renard qu'il était avant de devenir la version berserk et sembla s'évanouir aux pieds de la jeune femme.
- Naruto ! fut la dernière chose qu'il entendit avant de sombrer.
Hinata caressa doucement le renard, craignant qu'il soit mort, mais elle sentit le corps gonflé sous sa main, signe qu'il respirait. Un soupir s'échappa de sa bouche, alors qu'elle essuyait ses joues.
- Il a dû s'évanouir après avoir utilisé trop de puissance sous cette forme, déclara l'homme brun.
Elle se retourna doucement vers cet inconnu. Il connaissait Naruto, puisqu'il avait crié son nom un peu plus tôt, et puisqu'il ne portait qu'un jean, elle soupçonnait qu'il soit lui aussi un des animaux de l'agence.
- Tu es à l'agence avec Naruto ?
- Oui. Jiraiya m'a demandé de l'accompagner vu que j'ai mon permis de conduire et que je connais bien Konoha. Par contre, je crois que c'est toi qui va devoir nous ramener à l'agence, parce que ce crétin m'a déboîté l'épaule en me jetant contre le mur.
- Oui, bien sûr.
Elle prit Naruto dans ses bras et ils sortirent de la cabane, abandonnant Toneri. Vu les marques de griffures, on imaginerait sans problème qu'il avait été attaqué par un animal sauvage. Ce qui, en vrai, n'était pas très loin de la réalité. Hinata n'aurait jamais imaginé que Naruto puisse se déchaîner ainsi et elle devait avouer qu'une part d'elle avait peur. Cette brutalité lui rappelait ses années de mariage et elle remettait en question sa relation naissante avec Naruto. Elle suivit l'inconnu à l'extérieur et il la guida vers les bois, lui expliquant qu'ils avaient laissé leurs vêtements là.
Une fois qu'il eut enfilé tant bien que mal sa chemise, il attrapa le reste et s'enfonça entre les arbre. Hinata le suivit, non sans se méfier, jusqu'à ce qu'ils atteignent une voiture arrêtée le long de la route. Après avoir déverrouillé les portes, il prit place sur le siège passager, maintenant son bras contre son torse. Après avoir couché Naruto sur la banquette arrière, elle s'installa derrière le volant et ce n'est qu'à ce moment qu'elle remarqua le visage transpirant de l'homme à sa droite.
- Est-ce que je vous emmène à l'hôpital ? s'enquit-elle.
- Non. À l'agence. Je ne suis pas supposé en sortir avant trois ans. Comme je l'ai dit, Jiraiya m'a demandé d'accompagner Naruto, mais c'est une exception.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est ma punition, répondit-il en la regardant finalement.
Punition ? Hinata se souvint que Naruto lui avait expliqué qu'il y avait trois catégories « d'employés » à l'agence. Les secondes chances comme lui, les protégés et les punis. Donc cet homme à côté d'elle était de cette dernière. Mais elle s'abstint de lui demander ce qui lui avait mérité cette punition. Ça ne la concernait pas. Elle démarra donc la voiture et s'engagea sur la route déserte. Durant le trajet pour rejoindre l'autoroute, Hinata jeta de fréquent coup d'œil au rétroviseur pour observer Naruto qui dormait toujours.
- Ce que tu as vu a dû te choquer, lâcha l'homme à côté d'elle au bout d'un moment.
- Quoi ? fit Hinata, prise de court.
- Naruto en version berserk.
- C'est vrai que… C'était étonnant.
- Ce n'est pas un gars violent de base, mais te savoir en danger l'empêchait de réfléchir correctement. Je crois que pour lui, le meilleur moyen de te protéger, c'était d'éliminer la menace qui pesait sur toi. Alors c'est ce qu'à fait le renard en lui. Ça le détruirait si tu te mettais à le craindre pour ça.
Hinata ne lui répondit pas, se concentrant sur la route. Il vrai que Naruto avait toujours été prévenant avec elle et il avait insisté pour la marquer avant son départ parce qu'il lui arrive quelque chose. Au final, elle avait bien fait d'accepter. Ce qu'il avait fait à Toneri pour la sauver, ne le définissait pas. Elle savait bien qu'il n'était pas quelqu'un de violent, mais n'empêche, c'était difficile d'enlever cette image de lui lacérant le corps de Toneri. Ce serait quelque chose à discuter avec lui.
Ils terminèrent le trajet dans le silence et à leur arrivée à l'agence, Hinata pouvait entendre la respiration sifflante du camarade de Naruto. La douleur le faisait transpirer à grosses gouttes et il gardait les yeux fermés. Avant qu'elle n'ait le temps de sortir de la voiture, une femme blonde dans les âges de Jiraiya s'approcha d'eux. Elle ouvrit la portière du côté passager et posa une main sur l'épaule du jeune homme. Après quelques secondes, sa respiration redevint normale et il ouvrit les yeux en soupirant de soulagement.
- Ça aurait été bien de savoir qu'il allait se mettre en mode berserk, grommela le brun.
- Pour quelqu'un qui n'a toujours pas compris la raison de sa punition, tu es mal placé pour te plaindre, Sasuke, rétorqua la femme.
Avant que celle qu'Hinata supposait être la sorcière, un autre jeune homme sortit de la bâtisse. Fin vingtaine, les cheveux décolorés en blanc, vêtu d'un jean et d'un t-shirt violet, il les rejoignit en courant.
- Suigetsu, je te rappelle que tu n'as pas le droit de sortir, grogna la blonde.
- Mais c'est Jiraiya qui m'a dit de venir aider, au cas où Naruto serait inconscient, se défendit-il.
- Il est sous sa forme de renard, soupira-t-elle. Je suis sûr que Hinata pourra le prendre dans ses bras.
Hinata ne fut qu'à moitié étonnée que cette femme connaisse son nom. Elle préféra donc ne faire aucun commentaire, sauf pour demander à ce Suigetsu de ramasser les vêtements de Naruto, que Sasuke échappa en sortant de la voiture. Il semblait encore très affaibli de sa blessure. Hinata sortit donc de la voiture et ouvrit la porte arrière pour reprendre le renard dans ses bras et elle suivit le trio à l'intérieur de la bâtisse. Jiraiya était assis à l'accueil et il fit signe à Hinata de le rejoindre, alors que les autres se dirigeaient vers la salle où tous les animaux se trouvaient.
- Pose-le sur le comptoir, demanda Jiraiya, Je vais m'occuper de lui.
- Que lui est-il arrivé ? Il s'est transformé en une sorte de loup-garou version renard et quand il s'est évanoui, il a repris cette forme.
- Chaque pouvoir a plusieurs niveaux, lui expliqua-t-il. Celui de protection permet à son utilisateur de savoir lorsque la personne qu'il a marquée est en danger. Dans un second temps, de la retrouver. Et pour finir, de la sauver. Pour ce fait, il prend une forme plus adéquate et puisque ça demande beaucoup d'énergie, il est normal qu'il ait perdu conscience.
- Mais ce qu'il a fait sous cette forme…
- C'était pour toi, l'arrêta Jiraiya.
Sasuke lui avait aussi dit que Naruto n'était devenu agressif et violent, qu'en la sachant en danger immédiat. Mais une part d'elle avait encore du mal avec le fait qu'il avait tué Toneri.
- Vous savez ce qu'il s'est passé ? demanda Hinata.
- Je peux lire les pensées de tous mes pensionnaires, alors je n'ai eu besoin que de ressentir la présence de Sasuke pour entrer dans sa tête. Tu n'as pas à avoir peur de Naruto. Ce n'est pas quelqu'un de violent à la base. Oui, il a couru quelques fois après Shira, mais c'est son instinct animal qui le poussait à le faire et il n'était pas le seul. Sinon, en règle générale, c'est même le médiateur de tout le monde. J'ai beaucoup plus de problème de discipline, depuis qu'il est parti avec toi. Le fait qu'il revienne m'aider…
- Revienne ? répéta Hinata, prise de court.
Jiraiya s'arrêta dans son auscultation du renard et releva les yeux vers elle.
- Oui. Revenir comme employé à l'agence pour m'aider avec les animaux. Après dix ans, il est enfin prêt à reprendre sa vie en main et terminer ses études. Je lui ai donc proposé de venir s'occuper de ses amis et leur préparer des repas. La seule autre personne doué en cuisine a été adopté, il y a peu de temps, et ceux qui tentent de les remplacer tous les deux, n'y parviennent pas très bien.
L'esprit d'Hinata s'était arrêté à « terminer ses études », n'entendant pas la fin. Elle n'en revenait pas. À aucun moment, Naruto n'avait manifesté son intention de revenir à une vie normale. Après, ils n'avaient pas vraiment eu le temps d'en discuter avec son départ pour le Salon du Livres. Peut-être se sentait-il diminué vis-à-vis d'elle ? Ayant arrêté l'école à douze ans, il n'avait pas une grande éducation, alors qu'elle, elle avait fait des études supérieures. Le fait qu'il pense déjà à aller chercher son diplôme et à travailler, alors qu'ils n'avaient pas encore discuté de leur relation, montrait que ça lui tenait à cœur. Montrait ce qu'il était prêt à faire pour être avec elle et qu'elle soit fière de lui.
- Laisse-lui une chance de te montrer qu'il vaut la peine, insista Jiraiya.
Hinata se contenta de hocher la tête, n'ayant rien à lui répondre. Alors qu'il terminait son auscultation de Naruto, elle se rappela qu'elle devait contacter Kurenai. La femme qui leur avait offert les cafés devait, soit être la secrétaire de l'homme avec qui Toneri faisait affaire, soit une femme que son ex-mari avait engagée. Ils n'avaient emmené qu'elle et son éditrice devait être morte d'inquiétude. Hinata demanda la permission d'emprunter le téléphone et appela sur son cellulaire, qui devait toujours se trouver dans sa bourse laissée derrière. Heureusement, Kurenai avait eu la prévoyance de la garder avec elle.
- Kurenai ? C'est moi.
- Hinata ! s'exclama Kurenai. Seigneur ! Qu'est-ce qui s'est passé ? À mon réveil, tu n'étais plus dans le salon.
- C'est une longue histoire, mais je vais bien. Là je suis à l'agence où j'ai laissé mon renard.
- Comment ça ? Tu n'es plus à Konoha ?
- C'est… compliqué. Je ne sais pas si je réussirai à te l'expliquer. Voudrais-tu m'excuser auprès des organisateurs du Salon, je vais rentrer chez moi.
- D'accord. Je vais prendre ton sac à l'hôtel et te le ramènerai demain avec ta sacoche.
- Merci. Et toi, ça va ?
- Oui. J'étais un peu déboussolée à mon réveil, mais sinon tout va bien. J'étais surtout inquiète de ne plus te trouver nulle part. Et surtout avec ta sacoche encore à côté de moi. Ça n'avait juste aucun sens, que tu partes sans argent ou téléphone.
- Oui. Je vais essayer de t'expliquer ce qui s'est passé quand on se verra demain.
- Bien. Repose-toi ce soir.
- Toi aussi.
Malheureusement pour elle, ses clés se trouvaient dans sa bourse, alors pour pouvoir entrer dans son appartement, elle allait devoir demander à son propriétaire de venir lui ouvrir. Ce qui ne l'enchantait pas tellement. Et comme de raison, elle ne connaissait pas son numéro par cœur. Jiraiya dut voir son découragement, puisqu'il lui demanda ce qu'il n'allait pas.
- Oh, Tsunade peut t'arranger ça, déclara-t-il après qu'elle lui eut expliqué son problème. Elle n'a pas besoin de clé pour entrer quelque part. Sinon, pour Naruto, tout va bien, enchaîna-t-il pour changer de sujet. Il va se réveiller dès que son corps aura retrouver tout l'énergie qu'il a dépensée en se transformant.
À peine terminait-il son explication, que cette Tsunade les rejoignit. En deux minutes, Hinata se trouvait sur le siège passager, Naruto couché sur ses cuisses, alors que cette femme la reconduisait chez elle. Tout ça lui semblait surnaturel. Ça l'était déjà, depuis l'instant où elle avait découvert Naruto dans son bain sous sa forme humaine, ou plutôt, lorsqu'il était passé de celle-ci à celle animale. Après un mois, elle croyait encore qu'elle allait se réveiller de ce rêve et réaliser qu'elle n'avait jamais adopté de renard. Une fois dans son appartement, Hinata se dirigea directement vers sa chambre. Après cette longue journée, et surtout éprouvante soirée, la seule chose qu'elle désirait, c'était de se coucher. Et pour une fois, elle emporta Naruto avec elle, le posant près du second oreiller. Regardant son corps gonfler à chaque inspiration la rassurait sur son état, bien plus que les paroles de Jiraiya avant son départ de l'agence. C'est donc sans le lâcher des yeux, qu'elle finit par s'endormir.
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Lorsqu'il se réveilla, Naruto eut du mal à replacer ses souvenirs à partir du moment où Hinata l'avait laissé à l'agence avant de partir pour Konoha. Doucement, il se revit discuter de son avenir avec Jiraiya, son envie de finir ses études, l'offre de Jiraiya de travailler à l'agence en s'occupant des autres et de leurs repas pour le soir. Puis la douleur intense qu'il avait ressenti à la poitrine en fin d'après-midi.
À ce souvenir, il ouvrit les yeux d'un coup. Son regard tomba sur le visage endormi d'Hinata et pendant un instant, il crut avoir rêvé ce cauchemar, mais une marque violacée à son poignet prouvait qu'elle avait bel et bien été kidnappée par son ex-mari. Cette marque de corde sur sa peau montrait qu'elle avait été attachée. Et très serrée. Se sachant sous sa forme de renard, Naruto se déroula et rapprocha son museau de son bras pour lécher doucement l'ecchymose. Son geste sembla réveiller Hinata, qui frotta son visage contre l'oreiller avant d'ouvrir les yeux. Ils s'observèrent un instant en silence, puis un petit sourire ensommeillé étira ses lèvres.
- T'es finalement réveillé, souffla-t-elle.
Pour pouvoir lui répondre, il se transforma sans se soucier de sa nudité.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il.
- Tu ne te souviens pas ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.
- C'est flou. Je me souviens que Sasuke et moi, on a fait le tour de la cabane pour trouver une entrée, puis… C'est le trou noir.
Le regard d'Hinata semblait inquiet et mal à l'aise, ce qui dérangea Naruto. Qu'avait-il bien pu faire la veille avant de perdre connaissance ?
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? répéta Naruto avec un début de panique.
Il voyait bien qu'Hinata n'osait pas lui répondre, mais il avait besoin de savoir. S'il lui avait fait quelque chose, il ne se le pardonnerait jamais.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? Je t'ai blessée ? Ou bien Sasuke ? demanda-t-il rapidement.
- Non ! Enfin… T'as déboîté l'épaule de Sasuke, quand il a essayé de t'arrêter…
- M'arrêter ? l'interrompit-il. Qu'est-ce que je faisais ?
Il la vit se mordre les lèvres, ce qui le fit encore plus paniquer. Ne tenant plus en place, il se leva et récupéra des vêtements dans le bureau, qu'il s'empressa d'enfiler. Si Hinata ne voulait pas lui dire ce qu'il avait fait, il n'aurait qu'à aller voir Sasuke. Lui, il n'aurait pas peur de lui répondre.
- Où vas-tu ? demanda Hinata, lorsqu'il se dirigea vers la porte.
- Demander à Sasuke.
Alors qu'il passait le cadrage de la porte, Hinata le rejoignit en courant et enroula ses bras autour de son torse pour l'arrêter. Naruto se figea, étonné par son geste. Avait-elle peur DE lui ou POUR lui ? se demanda-t-il soudainement. Ses réactions depuis qu'il avait dit avoir un trou de mémoire, lui avait fait croire qu'il l'avait effrayé, mais maintenant, il avait plutôt l'impression qu'elle craignait sa réaction à lui, lorsqu'elle lui raconterait tout. Qu'avait-il fait, qu'il pourrait regretter ?
- S'il te plaît, Hinata, la supplia-t-il. Dis-moi ce que j'ai fait hier.
- T'as pris une forme différente. Plus puissante et plus… agressive. Et… Tu t'es jeté sur Toneri. Quand Sasuke a tenté de t'arrêter, tu l'as jeté contre un mur.
- Qu'est-ce que je lui ai fait ? insista Naruto, le ventre noué. À ton ex-mari.
Devant son silence, Naruto n'eut pas vraiment besoin qu'elle termine, le brouillard s'était en parti dissipé et la vision du sang lui revint à la mémoire. Il l'avait tué. Il avait tué un homme, alors qu'il aurait dû être jugé et envoyé en prison. Maintenant, il était un meurtrier.
- Je ferais mieux de retourner à l'agence, lâcha-t-il en desserrant l'emprise d'Hinata autour de son torse.
- Pourquoi ? paniqua-t-elle.
- Tu mérites mieux qu'un monstre.
Il n'eut pas le temps de faire deux pas, qu'elle agrippa son bras et tira avec force pour l'empêcher d'avancer.
- Je t'interdis de te traiter de monstre ! s'emporta Hinata, les larmes aux yeux.
- Tu préfères meurtrier ? répliqua Naruto en se retournant.
- Je sais parfaitement que tu n'es ni l'un ni l'autre.
- Tu vas me faire croire que je ne l'ai pas tué ? Que je ne me suis pas déchaîné sur lui ? Je me souviens de tout maintenant ! s'exclama-t-il en se touchant la tempe.
- Tu l'as fait pour me sauver et, aussi effrayant ça été, il le méritait. Il aurait réussi, dieu sait comment, à éviter la prison même si on avait essayé. Et vu les marques qui le couvre, jamais on ne soupçonnera un meurtre.
- Bien entendu, puisque j'étais une bête sauvage.
- S'il te plaît, Naruto.
- J'ai besoin d'un peu de temps, déclara-t-il en secouant la tête.
Il se libéra de sa prise et se dirigea vers la porte d'entrée. Une fois dans la rue, à regarder la position du soleil, il ne devait pas être plus tard que sept heures. N'ayant pas le courage de faire tout le trajet jusqu'à à l'agence, il laissa ses pas le guider et il finit sa route dans le parc où Hinata l'emmenait sous sa forme de renard. Il alla s'asseoir sur le même banc qu'elle choisissait d'habitude et il se prit la tête à deux mains. Il avait tué l'ex-mari d'Hinata et maintenant que les souvenirs lui revenaient, les sentiments qu'il avait éprouvés en le faisant, lui revenaient aussi. Il avait eu une envie de meurtre encore plus intense, que lorsqu'il était prisonnier d'Hidan. À ce moment-là, l'idée même de seulement le capturer pour le donner à la justice, ne lui avait pas paru suffisante pour venger Hinata. Car il était là le problème. Il n'avait pas juste eu envie de la sauver. Il s'était senti obligé de la venger. Et il y avait pris du plaisir.
Il avait adoré labourer le torse de Toneri, de l'entendre hurler de douleur et surtout, observer le sang couler de ses plaies. Si la voix d'Hinata ne lui était pas parvenu dans ce brouillard qui enveloppait son esprit, il lui aurait arraché la gorge d'un coup de mâchoire. Et c'est ce qui l'effrayait le plus. Et s'il redevenait incontrôlable ? Qu'il développait un goût pour le sang ? Il ne pouvait pas imposer ça à Hinata et elle méritait tellement mieux qu'un gars qui a lâché l'école à douze ans et qui avait fait partie d'un réseau de prostitution. Peut-être devait-il oublié l'idée de trouver l'amour et fonder une famille, et seulement retourner travailler à l'agence.
- Tu es beaucoup trop dur avec toi-même, lâcha une voix familière près de lui.
En sursautant, Naruto se retourna vers la sorcière qui l'avait sauvé dix ans plus tôt.
- Ce que tu as fait, hier, ne te définit pas et tu n'as pas à te punir pour ça, poursuivit-elle en prenant place près de lui. Au contraire, ça c'est mon travail.
- Comment puis-je reprendre une vie normale, après avoir pris celle de quelqu'un d'autre ? demanda Naruto, une boule au fond de la gorge.
- Tu en as peut-être prise une, mais tu en as sauvé une autre.
- Que veux-tu dire ?
- Mes pouvoirs sont complexes, mais… Si tu n'étais pas intervenu, hier, cet homme aurait détruit Hinata et elle ne s'en aurait jamais remis. En plus de la sauver d'un viol, tu l'as sauvée d'une mort psychologique.
Les mots de la sorcière laissèrent Naruto sans voix. Il s'était toujours demandé comment elle les avait tous trouvés. Maintenant, il la soupçonnait d'avoir une sorte de don de voyance.
- Ne rejette pas le bonheur, pour un homme qui refusait qu'on lui dise non, poursuivit Tsunade. Tu mérites plus de vivre que lui, ajouta-t-elle sur le ton de la confidence. Et dire qu'Hinata a passé par-dessus cet évènement et que c'est toi qui veux mettre de la distance entre vous.
- J'ai bien vu dans son regard que je lui faisais peur.
- Mais elle a tenté de te retenir, répliqua-t-elle. N'est-ce pas la preuve qu'elle tient plus à toi, qu'elle ne te craint ?
Il est vrai qu'elle avait tenté de lui cacher les évènements de la veille, car elle semblait avoir deviné la réaction qu'il aurait en découvrant ce qui s'était passé. Puis elle l'avait supplié de rester. Maintenant qu'il y repensait, il réalisait que son départ l'avait blessée. Obnubilé par l'idée qu'il était un monstre et un meurtrier, il n'avait pas fait attention à cette lueur dans son regard. Sans un mot, il bondit du banc et se mit à courir vers l'appartement. Non, il n'avait pas envie de la perdre. Il n'avait pas passé cet accord avec elle pour qu'elle utilise son histoire comme troisième roman, pour ensuite lui tournée le dos. Tsunade avait raison. Après tout ce qu'il avait vécu dans le passé, il méritait de trouver le bonheur.
Lorsqu'il poussa la porte de l'appartement à bout de souffle, il découvrit Hinata assise sur le canapé, les jambes repliées contre sa poitrine et mordillant l'ongle de son pouce nerveusement. À peine levait-elle la tête vers lui, qu'il la rejoignait et attrapait son visage pour l'embrasser. Elle déplia les jambes et enroula ses bras autour de son cou en répondant à son baiser. Oui, Tsunade avait raison. Hinata avait passé par-dessus la crainte que les évènements de la veille avaient provoquée et elle tenait réellement à lui.
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Trois mois passa, où Hinata termina l'écriture de son roman, pendant que Naruto suivait les cours dans un programme de réadaptation que Jiraiya lui avait trouvé. Avec l'aide de Tsunade, ils avaient créé une histoire de protection des témoins pour les dix dernières années, après avoir aidé à mettre derrière les barreaux, ceux à la tête d'un réseau de prostitutions. Chose que Naruto ignorait complètement à l'époque, c'est que Tsunade avait travaillé à ce niveau-là dès qu'il avait rejoint l'agence. Ça faisait donc neuf ans qu'Hidan était en prison, mais elle avait attendu qu'il soit prêt à reprendre une vie normale avant de lui en parler. C'était un énorme soulagement pour Naruto, car ça voulait dire qu'il n'avait plus à craindre pour sa sécurité ou celle d'Hinata.
Lorsque Hinata l'avait présenté à sa famille, elle avait provoqué tout un étonnement, puisqu'au final, il portait le même nom que son renard. Elle inventa une histoire de destiné. Et maintenant, puisqu'elle n'avait plus besoin de l'animal pour lui tenir compagnie, elle leur raconta qu'elle l'avait ramené à l'agence sans problème, pour qu'il puisse aller sur une autre mission et faire le bonheur de quelqu'un d'autre.
Bien sûr, son manque d'éducation compliquait les choses pour Naruto, n'étant pas digne d'Hinata aux yeux de son père. Mais elle lui fit comprendre qu'il n'avait pas son mot à dire sur sa vie sentimentale, pas après l'enfer qu'Elle avait vécu durant son mariage avec Toneri. S'Il y avait bien un regret qu'Hiashi Hyuuga avait, c'était bien d'avoir présenté sa fille à un homme violent et agressif.
Pour ce qui était de la mort de Toneri, il avait été retrouvé le lendemain, après que son « associé » aie signalé l'attaque d'une bête sauvage mi-homme, de laquelle il s'était échappé de justesse. Bien sûr, personne ne crut à son histoire de loup-garou et tout ce qui fut retenu pour la mort de Toneri, c'est qu'il avait succombé aux blessures faites par un ours, qui avait dû réussir à entrer dans la cabane à la recherche de nourriture. Ce qui permis au couple de vivre paisiblement, sans se soucier d'une nouvelle attaque de la part de leurs bourreaux respectifs ou de craindre des problèmes avec la justice.
La prochaine fois, ce sera autour d'un autre duo, mais on continuera de voir Naruto et Hinata. Cette seconde histoire n'est pas très avancée, donc ce ne sera pas pour tout suite, puisque je ne commencerai à la publier qu'une fois qu'elle sera terminée. ^^
On se retrouve bientôt pour la suite de « Cinéma ne veut pas toujours dire faux » ^^
