Blabla de l'auteure :
Tous ceux qui n'ont pas apprécié Menma dans les chapitres précédents, j'espère que vous arriverez à mieux le comprendre de son point de vue.
Myrie : Merci pour ton commentaire, il m'a fait très plaisir. Euh…je n'ai jamais entendu parler du manga/anime 86. Les références ou similitudes sont fortuites. Je me suis surtout inspirée des franchises Star Trek. Je ne sais pas si je suis parvenue à retranscrire parfaitement l'ambiance, par contre. Mais dans tous les cas, je suis heureuse que l'histoire te plaise et j'espère que la suite le fera tout autant.
J'ai divisé ce chapitre en deux car pendant la correction je me suis rendue compte qu'il faisait plus de 20k de mots, ce que je trouvais trop long.
Il reste sans doute des fautes de frappe ou d'orthographe. Je les corrigerai. Un jour. Désolée !
Bonne lecture !
.
.
.
Partie 2 : Menma 'Devilwise' Uzumaki
Chapitre 3 : Sans regrets
Partie 1
...
La vie, en quoi est-ce qu'elle tenait ?
C'était une question que Menma Uzumaki-Namikaze, c'était souvent posé, au cours de sa courte existence.
En soi, un être humain n'était juste qu'un ensemble complexe de cellules, de molécules et d'atomes, comme tous les autres êtres vivants.
Ce que l'on disait être notre pensée, notre conscience, notre réflexion, n'étaient que le résultat d'impulsions électriques dans notre cerveau.
Nos émotions, ce que l'on disait être la joie, la tristesse, la colère…tout cela, n'étaient en réalité que l'accrétion de molécules dans notre tête.
Nous étions des êtres vivants, et le résultat d'un enchainement incroyable d'événements, la cause d'une évolution exceptionnelle qui durait depuis des milliards d'années. Et dans cette évolution, il suffirait qu'on change un seul paramètre décisif, pour que l'être humain n'existe plus.
Pendant cette existence, les Hommes avaient tout inventé. Ils avaient inventé la société, inventé l'argent, inventé le rythme métro-boulot-dodo, inventé les langues, inventé les pays et les frontières, inventé des valeurs pour lesquelles ils se battaient, inventé les religions. Ils avaient tout inventé. Ils avaient inventé les mathématiques pour leur permettre de décoder les secrets de l'univers. Ils avaient aussi inventé le temps. Puisque 12h, 13h, 4h, ça n'existe pas vraiment. Une heure, c'était juste une aiguille qui tournait en rond dans une montre, rien de plus. Et après avoir remarqué tout ça, ils avaient levé les yeux au ciel, et relativiser.
Ils avaient enfermé l'espèce humaine dans un monde à part, un monde qu'eux seuls pouvaient comprendre, dans un monde qui leur était unique. Mais quel était leur but ? Puisque dans cent cinquante ans maximum, la majorité de ceux qui vivaient aujourd'hui, n'existera plus. Plus personne ne pourra se souvenir d'eux, à part leurs enfants et leurs petits-enfants. Cependant, plus le temps passera et moins leurs descendances se souviendront.
Mais ce qu'on ne disait pas assez, c'était que l'humanité s'éteindra elle aussi, comme tous les autres êtres vivants dans l'univers. Tout avait une date de péremption. Il arrivera un moment où plus rien n'existera. Et si l'on pensait que cela n'adviendrait jamais, on devait se rappeler bien vite à la raison. L'étoile mère de notre système solaire mourra dans quelques milliards d'années, et emportera la Terre et ses autres planètes avec elle.
Alors, c'était quoi le but de l'humanité ? Puisque dans tous les cas, nous étions tous voués à disparaitre, sans que rien ni personne ne se souvienne de nous, même pas l'univers.
Tout ce qu'on aura créé, innové, inventé, fabriqué, toute notre évolution, disparaitra en même temps que nous.
En voyant tout ça, on avait un peu envie de se dire qu'au final, on ne servait à rien. Et c'était peut-être un peu le cas.
Mais ce n'était pas la réponse que Menma cherchait. Pas vraiment. Car il était là et il se rendait compte que la vie était extrêmement précieuse. Alors il voulait vivre. Il voulait vivre sa vie comme il l'entendait, et la vivre à fond. Réaliser ses rêves, accomplir ses objectifs, avoir des ambitions débordantes, faire le bien autour de lui.
Quitte à vivre seulement cent cinquante ans maximum, autant vivre sa vie de rêve, être heureux, et surtout…
Surtout ne jamais avoir de regrets.
.
.
.
Menma se réveilla un mercredi de début décembre avec une poignée de messages de l'un de ses anciens collègues de Gaido Raiden.
Sasori : J'ai eu vent de ton exploit.
Sasori : Tu t'en sors bien en volant avec Uchiha et ton frangin.
Sasori : Dommage que tu n'aies pas pu faire ça pour nous l'année dernière.
Le jeune homme laissa tomber son PADD sur le lit à côté de lui et roula sur le ventre, enfonçant son visage dans son oreiller.
Sasori, ce gros connard.
Cela faisait environ six mois depuis la dernière fois que Menma avait enfilé l'uniforme de la Sand Base, et ça ne lui avait pas manqué une seule fois. Cela ne voulait pas dire qu'il n'y avait rien à propos de Suna ou la pensée de voler avec les pilotes de son ancienne équipe qui lui manquait. L'atmosphère qui régnait à Gaiden, la façon dont il était le chouchou des journalistes, le fait de trainer simplement avec Gaara, Kankuro ou Fû, d'essayer tous les restaurants du centre-ville, de rire, de plaisanter et de travailler ensemble…Menma savait qu'il se souviendra toujours de ces instants avec tendresse.
Il y avait des moments qu'il n'oublierait jamais, pas même dans cent ans. Et d'autres auxquels il ne voulait plus jamais penser.
Mais en réalité, le meilleur aspect de quitter Suna, avait été de venir à Konoha.
.
.
.
C'était le début de l'après-midi midi lorsque Sasuke s'arrêta devant leur immeuble, à Naruto et lui. Il vint le chercher aux commandes de son vaisseau civil, l'Amadeus. Au contraire du Jaggernaut de son frère, l'Amadeus était un modèle récent, rapide et avec un intérieur fichtrement luxueux et confortable.
Menma se glissa dans le siège du copilote, et salua joyeusement Sasuke, qui ne portait qu'un sweat à capuche au lieu d'une veste, même s'il faisait froid dehors et qu'il y avait de la neige partout. Mais c'était Sasuke, dix degrés plus chaud que tout le monde et de la glace dans les veines.
Les basses températures n'avaient jamais dérangé Menma autant que Naruto, cependant, il ne serait toujours pas surpris à se balader comme Sasuke le faisait alors qu'il faisait minimum moins dix dehors.
« Quoi de neuf ? », lui demanda ce dernier en tendant la main pour ébouriffer ses cheveux comme s'il était son gosse ou son chien.
Menma avait passé une demie heure à confectionner sa coiffure fétiche coiffer-décoiffer et il n'allait pas laisser l'Uchiha baisser son charisme alors il leva un bras pour le pousser en riant.
« Ça va, je suppose. Et toi ? »
« Question piège », sourit l'alpha. « J'ai déjà décidé en venant ici que nous allons manger des burgers avec plein de frittes et de sauce chili, parce que j'emmerde le régime. »
Menma haussa les épaules, indifférent sur le sujet.
« Ça a l'air bien. »
Sasuke vérifia la circulation pour s'assurer que tout était clair avant de s'élancer sur les pistes ailées.
« Tu es sûr ? Ton frère serait déjà en train de discuter avec moi du fait de ne pas avoir son mot à dire et du fait que 'j'aime trop jouer à l'alpha'. »
S'il avait eu les mains libres, Menma était certain que Sasuke aurait fait des guillemets aériens.
« Il adore dire et faire des choses par pur esprit de contradiction », souffla le bêta en reniflant de rire.
Sasuke lui jeta un regard en biais.
« C'est drôle, il dit exactement la même chose de toi. »
« Évidemment. »
« Il t'a dit qu'il ne venait pas avec nous ? », s'enquit Sasuke, l'air hésitant.
« Il a dit qu'il avait d'autres projets. »
« Ah. Ok », fit l'Uchiha en hochant la tête. « Alors il ne t'a pas…as-tu eu… ? »
Menma fronça les sourcils face à son indécision. Ça ne ressemblait pas à Sasuke de tergiverser.
« Il n'a pas quoi ? », poussa-t-il.
Sasuke bafouilla encore un peu avant de lui demander dans un soupir tendu :
« Est-ce qu'il va bien ? »
« Ouais ? », dit-il, de plus en plus confus. « Pourquoi n'irait-il pas bien ? »
Et depuis quand c'était chez lui que Sasuke prenait des nouvelles de son frère ?
Il n'avait jamais compris l'étrangeté son ami à propos de son frère, mais cela avait toujours été là, aussi loin que Menma s'en souvienne. Il avait d'abord supposé que c'était une histoire d'alpha et d'oméga. Les hormones et les phéromones étaient une vraie merde qui rendait tout plus intense pour eux, du moins, c'était ce qu'il avait entendu dire. Ils en avaient appris un peu plus à ce sujet durant des cours sur la santé reproductive en grandissant, mais s'il se basait sur ses propres expériences, un oméga était tout aussi susceptible de s'associer à un bêta qu'à un alpha. Il connaissait pleins de gens dont c'était le cas. Les alphas qui sortaient avec d'autres alphas, ou les omégas avec d'autres omégas et ainsi de suite étaient rares, mais ça existait.
Alors il ne comprenait pas pourquoi leur société entière construisait toujours les couples alpha/oméga comment l'incarnation de la romance de conte de fées, alors qu'ils étaient une minorité de la population qui comptait quand même plus de soixante-dix pourcent de bêta, comme lui.
Vraiment, c'était n'importe quoi.
Sasuke et Naruto, depuis qu'ils étaient tous les trois petits, avaient toujours été attirés irrémédiablement l'un par l'autre, jusqu'à ce qu'ils se repoussent, se retournent, se rabibochent, se bousculent de nouveau. Puis le cycle se répétaient sans cesse.
C'était probablement juste les hormones.
À côté de lui, Sasuke avait l'air toujours aussi préoccupé par quelque chose qu'il n'arrivait pas à cerner.
« Il est plutôt calme depuis son retour de chaleur, tu ne trouves pas ? Enfin, tu vis avec lui tu dois l'avoir remarqué… »
Ce que Menma remarquait maintenant, c'était la manière dont il serrait les manettes de l'Amadeus.
« Je veux juste m'assurer que tout va bien », poursuivit Sasuke après s'être raclé la gorge. « Tu sais, en tant que chef d'équipe. »
« En tant que chef d'équipe », répéta Menma en faisant des guillemets avec ses doigts. « C'est ça. Mon cul, ouais. »
Sasuke fronça les sourcils en lui adressant une brève œillade.
« C'est la vérité. », déclara-t-il, sur la défensive.
Menma soupira.
« Tu es bizarre avec toute cette histoire, mec. »
« Je ne le suis pas. », protesta l'alpha.
Il l'était, mais Menma ne s'attendait pas à ce qu'il l'admette. S'il y avait quelqu'un de plus têtu que son frère, c'était leur meilleur ami.
« Écoute, il va bien, okay ? Il a passé toute la semaine dans sa chambre et il a été un peu une garce les jours suivants, mais ça va. »
Ils volaient pendant quelques minutes en silence, le visage de Sasuke se tordant, sa mâchoire se fléchissant alors que des rides se formaient sur son front.
« Ne l'appelle pas comme ça. », dit-il finalement, comme s'il serrait les dents.
« Quoi ? », sursauta Menma, surprit par sa colère sortie de nulle part. « Garce ? Pourquoi ? »
Les yeux noirs de Sasuke se tournèrent vers lui et son expression s'adoucit un peu, mais il était toujours trop sérieux pour une remarque désinvolte qu'il avait faite et qui n'était même pas grave. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas taquiné son propre jumeau un nombre incalculable de fois. Ce n'était pas comme si non plus, Sasuke n'avait pas été là, la plupart de ces fois. Le fait qu'il soit énervé en ce moment était donc aussi choquant qu'incompréhensible pour Menma.
« Parce que c'est insultant. Et rabaissant. Parce que tous les alphas qui ont eu l'impression d'avoir quelque chose à prouver l'ont utilisé contre lui. C'est ton frère, tu dois le protégé, au lieu de le faire se sentir comme une merde. », Sasuke lui fit la leçon, mortellement sérieux.
Il n'y avait clairement aucune place à la discussion. Menma inspira et expira lentement, essayant de ne pas laisser la voix alpha de Sasuke lui donner l'impression d'être grondé comme un enfant de sept ans, même si c'était toujours le cas. Il n'aimait pas la façon dont l'influence de Sasuke pouvait parfois agir sur lui, même s'il savait que cela ne représentait qu'une fraction de ce que ressentaient les omégas. Surtout, il ne voulait pas que Sasuke soit déçu de lui. C'était son meilleur ami putain, il ne voulait pas le mettre en colère.
Un ensemble d'émotions étranges et un peu contradictoires se bousculaient en lui. Vouloir se conformer et suivre les ordres tout en ayant besoin d'être sa propre personne.
Il n'était pas sûr de pouvoir trouver le juste milieu, un jour.
« D'accord », dit-il dans une expiration.
On l'avait souvent accusé d'être insouciant, bon vivant mais un peu immature. Il préférait ça, honnêtement. Il avait vécu chaque jour de sa vie avec très peu de planification. Certaines personnes passaient tellement de temps à planifier leur vie qu'elles oubliaient de la vivre réellement. Bien sûr, il avait fait des erreurs en cours de route, mais il avait toujours rebondi. C'était peut-être la raison pour laquelle il n'avait pas tergiversé ou réfléchit à deux fois quand on lui avait proposé d'être transféré à Konoha.
Mais il admettait ne pas avoir réfléchi à la façon dont cela pourrait ou non blesser son frère. Et s'il aimait quelque chose bien plus que son libre arbitre, c'était Naruto.
.
.
.
Ils étaient à Kumo pour une mission de quelques jours lorsque Kiba franchit la porte et regarda Menma avec méfiance. L'une des nombreuses raisons pour lesquelles il appréciait être jumelé à l'Inuzuka était parce qu'ils avaient le même sens de l'humour. Même si leur équipe de farceur ne pourrait jamais être à la hauteur de celle qu'il formait avec les frères Sabaku à Suna, il estimait qu'ils se débrouillaient quand même pas mal.
De plus, même si Kiba était un gueulard, il avait toujours bien traité son frère et lui-même aussi par extension, comme s'il n'était qu'un autre membre de sa meute à suivre et à soutenir. Menma l'appréciait beaucoup, quand bien même parfois Kiba devait le regarder pendant une minute supplémentaire pour savoir s'il s'adressait à son jumeau ou à lui. Surtout depuis qu'il avait abandonné sa teinture noire pour passer à un châtain clair, presque blond.
C'était la faute de Naruto, pour être venu dans la chambre d'hôtel que Kiba et lui partageaient il y a un mois sur une autre mission, portant des vêtements similaires aux siens, une casquette pour cacher ses cheveux et se faisant passer pour lui devant l'Inuzuka pendant qu'il était dans la salle de bain en train de pisser. Ce n'était pas très souvent que Naruto prenait l'avantage sur Kiba, en terme de farce. Menma l'avait compris grâce à son court séjour à Saigei alors cela valait son pesant d'or de saisir une opportunité de se foutre de la gueule du plus grand farceur de la base, lorsqu'elle se présentait.
Naruto avait ri jusqu'à ce qu'une seule larme coule sur son visage dès que Kiba avait compris la supercherie. Ça avait été spectaculaire, il fallait l'admettre.
L'inconvénient était que maintenant, chaque fois que Kiba n'était pas directement devant eux deux et n'était pas capable de les distinguer par leur légère différence de taille ou s'ils portaient des chapeaux pour cacher leur couleur de cheveux respectives, il ressentait le besoin de se lever et de s'approcher près de leurs visages et les fixer jusqu'à ce qu'il trouve le petit trait qui caractérisait Naruto comme Naruto, et lui comme lui.
Habituellement, c'était le genre de chose que Menma ne supportait pas parce que cela conduisait inévitablement à des comparaisons entre son frère et lui, et il détestait cela pour beaucoup de raisons. Néanmoins, Kiba était cool et la manière dont il louchait entre eux deux était amusante, alors il ne s'en formalisait pas plus que cela.
«Salut Wolf», dit-il à l'Inuzuka parce qu'il pensait qu'appeler ses collègues par leur namecode même en dehors de la base était cool, quoi que Naruto en dise.
Kiba lui rendit son salut et ils allèrent ensemble regarder un match de basket au hasard dans la chambre qu'ils partageaient.
Il se demanda soudain s'il devait ou non envoyer un message à Hinata, la jeune femme oméga qu'il avait rencontrée à la fête qu'il avait organisée chez Naruto la nuit précédent sa débâcle thermique, et qui se trouvait être la cousine de Neji Hyuuga.
Elle était belle, douce, ne connaissait pas grand-chose à leur monde même si son presque frère n'était pas un civil, mais elle lui avait parlé toute la nuit des films et des livres qu'elle aimait lire, du fait que sa petite sœur alpha, elle aussi, souhaitait intégré Saigei, de la manière dont elle n'avait jamais eu beaucoup d'intérêt à sortir avec des alphas parce qu'ils étaient généralement trop autoritaires, de la façon dont elle avait une bonne recommandation de revitalisant à lui proposer, pour que ses cheveux ne s'abiment pas à cause de ses multiples décolorations.
Elle était intelligente, fascinante…et il n'avait pas pu s'arrêter de penser à elle.
« À quoi tu rumines si fort ? C'est bien toi, Devil ? », fit Kiba en louchant tout en regardant son visage.
Menma leva les yeux au ciel.
« T'abuses, mec, c'était juste une fois. Bien sûr que c'est moi ! »
Kiba hocha la tête, apparemment satisfait, et recula.
« Je ne fais pas confiance à ton petit cul retors », dit-il levant son bras en l'air, son index tendu vers le haut. « Et ce n'était pas la première fois. »
« Quand était l'autre fois ? »
Kiba se dirigea vers ses sacs et commença à fouiller à l'intérieur jusqu'à ce qu'il sorte un nouveau pull à manches longues et une bouteille de déodorant.
« Au camp d'entrainement junior à Saigei, ton frère et toi m'avez joué ce petit numéro pendant que Uchiha se marrait en arrière-plan. D'ailleurs, comment ça se fait qu'il ne vous confonde jamais ? »
Menma haussa les épaules sans quitter la télévision hologramme des yeux.
« Aucune idée. Il ne l'a jamais fait. Tu veux aller manger ? »
« Pas encore, mais je pensais à cet endroit au bout de la rue, on pourrait y allerplus tard ? »
« Ouais. Quelqu'un d'autre vient ? »
À la fin de sa question, on frappa à la porter et Kiba leva les yeux de son sac. Il alla ouvrir et Menma vit Naruto entrer en pantalon de survêtement noir et sweat à capuche gris, qui était essentiellement ce qu'il portait lui-même. Ce n'était pas une tenue si extravagante pour attirer l'attention, mais Kiba les regarda de nouveau quand il vit qu'ils portaient tous les deux leurs vieux sweat-shirts du camp junior.
Menma ne l'avait même pas fait exprès. C'était juste une de ces choses de jumeaux que son frère et lui faisaient sans s'en rendre compte et qui arrivait de temps en temps.
Il regarda Naruto et ils partagèrent un autre roulement des yeux tandis que Kiba pointait deux doigts vers ses propres yeux et les renvoyaient vers eux comme pour dire: 'je vous ai à l'œil, connards.'
« Hey, Stormy », appela-t-il quand Kiba disparut dans la salle de bain et qu'il n'y eut plus qu'eux. « Est-ce que ce restau au coin de la rue te branche ? »
« Ça me semble pas mal », répondit son frère, assit au bord de son lit. « Je ne suis pas difficile. »
« Tu l'es un peu », objecta-t-il.
Naruto lui lança un oreiller qu'il esquiva facilement.
« La ferme. »
Il rit en mimant de fermer les lèvres, puis se retourna immédiatement et dit :
« Tu sais ce qui arrive à Big S ? »
Si Menma ne le regardait pas directement, il n'aurait probablement pas remarqué la façon dont Naruto tressaillit à la mention de Sasuke, mais il le fit; et Menma ne savait pas quoi en penser, ni avec la façon dont son frère fut de nouveau si impassible qu'on aurait presque dit que rien ne s'était produit.
« Pourquoi tu ne lui demandes pas à lui ? », répondit nonchalamment Naruto. « Je ne sais pas ce qui lui arrive. »
« Vraiment ? », insista-t-il, pas certain de le croire.
« Je ne cherche pas à savoir ce qu'il fait à chaque seconde, contrairement à toi. »
« Hé, pourquoi tu me sautes dans le cul ? Je posais juste une question ! », s'indigna-t-il, le frappant sur le bras avec le revers de sa main.
En réponse, Naruto lui fit un doigt d'honneur, le bâtard.
Menma se demanda s'il était normal que les omégas agissent ainsi à la suite d'une chaleur inattendue, si quelque chose s'était produit pendant le cycle de Naruto qui avait déréglé un truc ou c'était juste qu'il voulait jouer au sale gosse grincheux, mais alors, ce n'était pas comme s'il avait vraiment été agréable avec lui depuis qu'il était venu à Konoha. Comme s'il lui reprochait quelque chose alors que Menma ne voyait pas ce qu'il avait pu lui faire qui l'avait si ennuyé.
Il se demanda encore comment Sasuke avait su venir le chercher ce matin-là pour aider Naruto. Comment avait-il su qu'il était entré en chaleur ? Est-ce qu'il l'avait simplement surveillé et l'avait trouvé dans cet état ? Était-il dans la chambre avec lui quand ça avait commencé ? Menma ne savait même que Sasuke était resté dormir chez eux, et il n'avait pas non plus demandé pourquoi, mais il était curieux.
Et il se demandait maintenant si cela contribuait à l'étrangeté entre Sasuke et Naruto. L'anomalie supplémentaire. Ils avaient déjà atteint des niveaux alarmant de bizarrerie.
« Si tu veux savoir ce qui lui prend tu n'as qu'à aller lui poser la question toi-même », ajouta son frère.
« Très bien », dit-il. « Je le ferai. »
« Très bien », répéta Naruto, sans lever les yeux de ses ongles qu'il s'était mis à fixer avec passion.
Menma se tourna pour récupérer son PADD et envoya directement un message à Sasuke, ne s'attendant pas vraiment à une réponse, car l'Uchiha était notoirement mauvais pour répondre aux messages ou appels de quelqu'un d'autre que sa mère ou son frère. Ou Naruto.
Il fut donc surpris lorsqu'il reçut une réponse au bout de cinq minutes.
« Il dit qu'il est en train de déjeuner avec Neji et Shino. Il demande si on veut venir. Mais… »
« Mais quoi ? », le poussa le blond.
« Tu ne manges pas toujours avec lui ? »
Les bords de la bouche de Naruto se rabattirent.
« Tu vois bien que pas toujours. »
« Il ne te l'a même pas demandé ? »
« Putain, Menma, laisse juste tomber », mordit Naruto, perdant patience.
Il y avait quelque chose qui clochait. Et Menma voulait lui demander ce qui n'allait pas, parce que cela semblait être plus que le mépris général que son frère avait pour lui ces jours-ci, ou les hormones oméga, ou les soucis à Saigei, ou même une certaine contrariété inexplicable avec Sasuke.
Sous sa colère vive et ses accès d'irritation, son frère paraissait…triste.
Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Kiba réapparut avec sa nouvelle chemise et ses cheveux parfaitement coiffés.
« D'accord, les enfants, allons-y », déclara-t-il en tapant dans ses mains pour les presser. « Je meurs de faim, bougez vos fesses ! »
Le restaurant s'avéra être vraiment délicieux et après avoir fini, ils retrouvèrent les autres gars et jouèrent au billard dans l'une des salles de jeux de l'hôtel pendant quelques heures, partageant des pichets de bière. Juste au moment où Menma se sentit un peu excité à la fin de la soirée, il sortit son PADD et envoya un message à Hinata.
Menma : Hey !
Hinata : Bonsoir. Qui est-ce ?
Menma : C'est Menma. De la fête de l'autre jour. Comment tu vas?
Hinata : Oh, le soldat de Saigei ?
Menma : Le seul et l'unique.
Hinata : Je pensais que tu avais peut-être perdu mon contact !
Menma : Non. J'essayais juste de la jouer cool. Je l'ai probablement joué trop cool, hein ?
Hinata mit quelques minutes à répondre et Menma s'en voulut d'avoir attendu trop longtemps pour la contacter et de désespérer de sa propre existence lorsque son PADD clignota.
Hinata : Peut-être un peu. Mais ce n'est pas grave, je suis prête à te donner une seconde chance parce que tu es mignon.
Il pompa son poing en l'air, entendit quelqu'un se moquer de lui en arrière-plan – probablement Kiba -, et s'en ficha.
Menma : Quoi juste mignon ? Pas irrésistiblement beau ?
Hinata : Ahah. Tu es drôle.
Menma : Tu aimerais diner avec moi ?
Hinata : Avec plaisir.
.
.
.
« Tu sais que je n'ai volé que quinze minutes pendant la dernière mission ? », demanda-t-il à Sasuke à la salle de sport de la base, la semaine suivante.
Ils venaient tout juste de terminer les exercices de simulations et s'étaient dirigés vers la salle de sport pour soulever des poids.
« C'est pas mal », commenta Sasuke qui essayait de battre son record de cent vingt-six kilogrammes de développé couché.
« Tu en as fait le double ! », protesta-t-il.
« Ouais, parce qu'il y avait des tonnes d'erreur à rattraper. Ce n'est pas une bonne chose.»
« Mouais… », marmonna-t-il, guère convaincu.
Sasuke fit une pause et leva les yeux vers lui, l'observant.
« Qu'est-ce qui t'inquiète ? »
Il était presque impossible d'être autre chose qu'honnête quand Sasuke lui lançait ce regard inquiet. Il le faisait assez souvent lorsqu'ils étaient ensemble sur la planète Balkir, avant même d'avoir un badge sur la poitrine pour que Menma l'accepte comme un mode de vie. S'il avait des inquiétudes, Sasuke le harcelait jusqu'à ce qu'il parle, et c'était ainsi qu'ils étaient rapidement devenus des confidents l'un pour l'autre.
Des années avaient passé depuis leur séjour à Balkir, mais il semblait que peu de temps s'était écoulé alors qu'ils tombaient dans ce schéma familier.
Menma soupira et ramassa un haltère, le soupesant deux fois avant de le laisser tomber.
« Mes stats sont nuls depuis mon arrivée. Je n'ai pas abattu un seul vaisseau ennemi depuis quatre missions. Morino a l'air de vouloir m'arracher les bras. »
« Menma, on n'est pas dans un jeu vidéo », soupira Sasuke. « Et c'est juste la tête normale de Morino. Tu fais bien, je t'assure. »
« Vraiment ? »
« Ouais. »
« Vrai de vrai ? », insista-t-il juste pour être un sale gosse.
Sasuke tendit la main comme s'il voulait le frapper, et quand il fit mine de s'enfuir, il eut un sourire timide, hésitant.
« Approche. »
« Pourquoi ? », demanda-t-il en essayant de s'éloigner à nouveau lorsque Sasuke mit un bras autour de son cou. « Va te faire foutre, mec. »
Mais il ne le fit pas, parce que bien sûr, Sasuke n'écoutait jamais personne, sauf exactement qui il voulait, et ils se tirèrent et se poussèrent pendant les minutes suivantes.
Menma leva les yeux une seconde pour voir Naruto qui les regardait de l'autre côté de la salle, à côté d'un tapis de course, d'un air refrogné. Quand il le surprit en train de les observer, son frère détourna les yeux rapidement.
Bizarre.
Après la salle de sport, lorsque Sasuke et lui allèrent au restaurant situé en hauteur, pas trop proche de la base, il vit Naruto marcher devant eux et cria:
« Stormy ! Tu me raccompagnes à la maison ? »
« Ouais, dépêche-toi », répondit-il sans même prendre la peine de s'arrêter ou de se retourner.
« Waouh, c'est fou comme il est tout le temps de mauvaise humeur, ces jours-ci. », marmonna le bêta en tirant sur la sangle de son sac de sport alors qu'elle commençait à descendre de son épaule, et il surprit Sasuke du coin de l'œil en train de regarder son frère grimper dans le Jaggernaut. « Je commence à penser qu'il ne veut tout simplement pas de moi ici. »
« Ce n'est pas ça », murmura Sasuke, son air joyeux d'avant soudainement disparu.
« C'est quoi, alors ? »
Sasuke resta silencieux un long moment, sa mâchoire serrée, avant de finalement lâcher :
« Il t'aime. Il veut que tu sois là. Le changement est tout simplement difficile pour lui, tu le sais. »
« Ouais, je suppose », souffla-t-il, bien qu'il n'en soit pas si sûr.
.
.
.
La semaine de Noël, toute la famille arriva pour passer les fêtes de fin d'années ensemble. Karin et Suigetsu étaient venus de Kiri, et leurs deux autres frères Nagato et Deidara avaient également fait le déplacement, le premier avec sa petite amie de longue date, Konan, et le deuxième, se disant indépendant et célibataire jusqu'à l'os, juste avec sa petite valise et ses lunettes de soleil.
L'appartement était plein à craquer. Ils passèrent la première nuit à rattraper le temps perdu et à leur raconter à Naruto et à lui ce qu'ils avaient manqué depuis la dernière fois qu'ils étaient tous les deux aller à Uzushio, ce qui faisait environ dix mois, donc il y avait pas mal de chose à dire.
Il y avait beaucoup d'achat de Noël, qui consistaient principalement en des achats de chaussures et vêtements de la part de Karin et Deidara. Leur mère harcela Naruto pour qu'ils obtiennent un service de nettoyage à temps plein car l'appartement était dans un désordre monstre, mais son frère le jeta sous le bus, affirmant que la majorité du désordre était venu avec Menma et que le service hebdomadaire se passait déjà bien. Cela n'empêcha pas Kushina de passer plusieurs heures à ranger la cuisine, le salon et à faire toute la lessive qui lui tombait sous la main.
Un soir, pour diner, ils allèrent tous au grill car c'était l'un des rares endroits où leur père aimait à peu près tout ce qui était au menu, et la soirée s'annonçait assez relaxante jusqu'à un robot-serveur arrive pour prendre leurs commandes.
« Je prendrai un steak mariné aux oignons », déclara Naruto en souriant au serveur, parce qu'il était vraiment le seul qui traitait les IA comme si elles étaient de vraies personnes.
« Tu devrais consommer une protéine faible en gras, mon chéri », intervint Kushina. « Comme du poisson. »
« J'ai déjà mangé du poisson pour le déjeuner, Ma'. Tu te souviens ? », protesta son frère, le bout de ses oreilles rouges d'embarra.
« Ça ne fait pas de mal de l'avoir deux fois», lui fit-elle remarquer en retour.
Menma le vit retenir un soupir.
« Très bien », dit son jumeau, à la place, d'un ton ennuyeux, se retournant vers le serveur qui attendait toujours. « Je vais prendre du thon, plutôt. »
.
.
.
Le soir suivant, ils eurent une mission express qui ne se passa pas super bien.
Ça avait pourtant bien commencé. Dans l'escorteur, juste avant de se placer dans les tubes qui les propulseraient dans les soutes ou leurs frégates étaient gardées, subissant une batterie de tests et examinés une dernière fois par des mécaniciens experts, Menma avait suivi son rituel habituel :
La pièce autour de lui était large et vide, ses yeux fermés, et le paysage stellaire à l'extérieur de la fenêtre infiniment plus large et vide. Il laissa le calme l'envelopper, s'infiltrer sous sa peau, y installer l'énergie.
Puis, le début de la mission à proprement parler débuta. Menma se laissa aspirer par les tubes transporteurs, une sensation étrange d'être avalé par une grande rafale d'être fraiche à laquelle il avait appris à s'habituer. Avec le feu vert de son mécanicien, il gravit l'échelle pour s'installer dans le cockpit de son vaisseau, et enclencher son casque grâce au bouton de son uniforme situé à l'arrière de sa nuque et caché par ses cheveux, quasiment invisible de cette façon. Il se mit aux commandes, rétracta l'échelle, saisissant les leviers tandis que les lumières de son tableau de bord s'allumaient.
En face, le sas était en train de s'ouvrir. Sasuke à la tête de la formation, comme toujours, sortit en premier. Puis, s'en suivit un ballet d'autre décollage hypersonique avant que soit son tour.
Menma avait fait cela des dizaines de fois. C'était pratiquement une seconde nature pour lui, comme faire du vélo, avec un frisson d'adrénaline en plus. La voix du Vice-Commandant Morino et celle d'Ino Yamanaka, la cheffe de l'équipe technique, coordonnaient toute l'opération depuis le centre de contrôle sur leur vaisseau escorteur. Ils allaient arriver à destination dans exactement trente-cinq minutes en maintenant le cap. Il fallait rester vigilent dans ce genre de zones mais tout était sous contrôle.
Jusqu'à ce que ça ne le soit plus.
Il y eut une explosion. Aucun son, juste un flash de lumière qui n'annonçait rien de bon. Il dura assez longtemps pour les perturber.
Lorsque Menma put à nouveau voir devant lui, il constata que la F-GStorm0814 – le vaisseau de Naruto -, avait brisé la formation. À première vue, c'était pour essayer d'éviter une attaque surprise d'un vaisseau ennemi caché par un champ d'astéroïdes. La frégate de son frère était cependant ressortie grandement endommagée sur tout le côté gauche. Menma n'eut pas le temps de s'en inquiéter que plus de vaisseaux sortit de nulle part les assaillirent.
Un instant, un frisson de panique l'envahit. Ce n'était pas une zone si mal cartographiée, alors pourquoi leur équipe technique n'avait pas anticipé la présence de bases ennemies dans les parages ? Ils devaient certainement provenir de quelque part de proche. Fort heureusement, Menma se ressaisit vite et commença à se positionner, ajusta sa lunette et tira pour abattre le plus de vaisseaux ennemis possible. Sai et Kiba, qui étaient sur la même ligne que lui, le couvrirent aussitôt. Il avait entièrement confiance en son équipe. Ils avaient une bonne coordination, mais malgré cela, sur son tableau de bord, il pouvait voir que le point F-GStorm0814 clignotait en rouge. Il y avait quelque chose qui clochait avec le vaisseau de son frère. Et à peine eut-il terminé cette pensée que Naruto se retrouva à flotter dans le vide, éjecté du cockpit de son appareil pour une raison inconnue. Dans son oreillette, Morino criait que quelqu'un aille le récupérer. Menma allait délaisser la tâche de faire barrière aux attaques ennemies pour aller récupérer son frère, mais le point F-GSusanno1841 fila sur l'écran de son tableau de bord, lui avertissant de s'écarta pour laisser passer le vaisseau de Sasuke, qui bien entendu, se chargea d'aller porter secours à Naruto.
Ils avaient un net avantage sur le combat, mais Morino leur demanda quand même de battre en retraite. Ils retournèrent à l'escorteur, où leur équipe médicale tomba aussitôt sur Naruto. Heureusement, leur uniforme et leur casque étaient confectionnés dans un matériau spécial qui empêchait le corps d'absorber trop de gaz toxiques. Mais son jumeau fut quand même conduit directement à l'hôpital militaire proche de la base pour des examens plus approfondie dès leur retour sur la Terre.
Ses parents, bien sûr, débarquèrent à l'hôpital, même si Menma avait essayé de les convaincre au téléphone que ce n'était pas si grave que ça. Naruto était tout à fait lucide, il n'était pas blessé, bien qu'un peu étourdi. Il leur avait expliqué que bien qu'il ait réussit à éviter le tir en traitre de l'ennemi, le moteur arrière de sa frégate avait été touché. Le système s'était mis à surchauffer, et en essayant de défaire ses ceintures de sécurités, il avait été éjecté de l'appareil. Sasuke était rapidement intervenu pour l'aider, et même s'il n'allait plus pouvoir utiliser sa frégate habituelle – celle-ci trop endommagée -, pendant un moment, il allait parfaitement bien.
Communément, c'était le moment où leur mère commençait à souligner tous les désavantages qu'il y avait à être pilote dans l'armée. Elle n'avait jamais été totalement d'accord pour que Naruto s'engage, et n'en avait jamais fait mystère. C'était un monde trop violent selon elle. Et elle n'avait pas totalement tort, mais Naruto était loin d'être faible.
Menma avait d'ailleurs vécu une grande partie de sa vie sans jamais être à la hauteur de Naruto Uzumaki-Namikaze: le meilleur pilote oméga de l'histoire de la Fire Base – le meilleur pilote tout court -, que c'était presque une seconde nature à ce stade de supposer que tout ce qui était souligné négativement était automatiquement dirigé contre lui. Il connaissait bien cette route, il l'avait déjà parcouru à plusieurs reprises.
Cela le prit donc complètement au dépourvu lorsque sa mère se lança dans Naruto et pas dans lui.
« Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu sois éjecté du cockpit ? Tu n'étais pas assez entrainéou reposé depuis cette semaine-là ? »
Ils savaient tous de quelle semaine elle parlait, mais elle n'aimait pas particulièrement l'appeler par son nom s'il elle n'y était pas obligé, pas en ce qui concernait Naruto, du moins. Menma ne pensait pas que c'était si grave, mais il observa la façon dont son frère croisa ses bras autour de sa taille et se recroquevilla sur lui-même comme s'il essayait d'occuper le moins d'espace possible.
« Tu aurais pu mourir, Naruto ! »
« Je sais, Ma'…je…le programme était un peu fou. Beaucoup de voyage et tout ça », dit-il et se tourna pour regarder par la fenêtre.
Kushina était assise sur la chaise près du lit d'hôpital, Minato debout à côté d'elle. Nagato, sa copine, Karin et son mari, était resté à la maison pour attendre et préparer leur retour, mais Deidara était là et regardait lui aussi Naruto avec de l'inquiétude dans les yeux. Quand il tourna la tête, croisant son regard, Menma lui tira la langue pour le faire sourire. Il le fit et tira la langue en retour.
« Cela ne répond pas à ma question », reprit leur mère.
« Oui, bien sûr », dit doucement Naruto.
« Alors pourquoi tu as eu cet accident ? »
Menma commençait à perdre patience. C'était justement ça, un accident ! Ça arrivait ! Naruto était le meilleur pilote qu'il connaissait, même devant Sasuke. Était-ce de leur faute si on leur avait assuré qu'il n'y aurait pas de base ennemie dans les environs et qu'ils avaient baissé leur garde ? Evidemment que non. C'était déjà un miracle que Naruto ait pu éviter le tir sortit de nulle part sans finir blesser dans l'explosion de son moteur. Menma ne savait pas si lui, aurait pu l'éviter si l'attaque avait été dirigée vers son vaisseau.
Seulement, s'il intervenait, c'était sur lui que le courroux de Kushina allait s'abattre, et il préférait éviter. Il ne pouvait que regarder son jumeau se ratatiner un peu plus dans le lit d'hôpital.
« Je n'ai pas assez dormi, je suppose… »
Les bras de Naruto se détachèrent sur ses côtés, ses mains se rejoignirent alors qu'il commençait à tirer sur ses doigts, faisant craquer ses jointures. Cela faisait un moment que Menma ne l'avait pas vu faire ça, et il se souvenait vaguement de la façon dont Sasuke avait l'habitude d'attirer Naruto à ses côtés chaque fois qui le surprenait en train de faire ce geste de nervosité pendant leurs jours au camp junior.
« À quelle heure es-tu allé au lit ? », insista Ma'.
Naruto ouvrit la bouche, fit une pause, puis souffla au final:
« Après vingt-deux heures, je pense… »
Ils surent tous les deux que ce n'était pas la bonne chose à dire à la seconde où l'expression de leur mère passa d'inquiète à mécontente.
« Tu devrais être au lit à vingt heure la veille d'une mission. À Chaque fois. », martela-t-elle, secouant la tête avec dégout. « Pas étonnant que tu sois fatigué, tu dois mieux surveiller ton emploi du temps. Cela fait partie de ta responsabilité envers ton équipe et envers toi-même. N'est-ce pas toi qui dit que tu veux être le meilleur ? »
« C'est le cas », dit son frère, encore plus doucement.
« Une partie de cela consiste donc à s'en tenir à une routine solide. Puisque tu veux faire carrière à Saigei, soit plus appliqué. Nous en avons parlé. »
« Je sais, Maman », murmura-t-il.
« Chérie », intervint leur père, une main sur l'épaule de sa femme, tentant de l'apaiser. « Le plus important c'est que notre garçon aille bien. Tu es sûr que ça va, Naruto ? »
« Oui, Papa. Je vais bien. »
Lorsqu'ils furent de retour à l'appartement, aussitôt que Naruto y mit un pied, il alla s'enfermer dans sa chambre et ne sortit pas du reste de la soirée.
.
.
.
Le jour de Noël, toute la famille Uzumaki-Namikaze ouvrit les cadeaux. Un ensemble divers d'appareils électroniques, de cuisine, des gants d'hiver chauffant, des montres, des vêtements et des chaussures de luxe. Tout un tas de bonne chose.
Menma était déjà plus que satisfait des cadeaux qu'il avait reçus, mais ensuite, Naruto lui glissa une enveloppe pour un séjour de deux semaines en juillet pour aller nager dans les lacs souterrains des grottes d'Iwa.
« Pour toi et un invité », lui dit-il lorsqu'il lui présenta l'enveloppe. « Tu choisis qui tu veux emmener. »
« Merci, Stormy », sourit Menma, touché par la prévenance de son frère.
Il avait mentionné Iwa avec désinvolture il y a quelques temps et l'avait mis en veilleuse comme quelque chose qu'il pourrait faire beaucoup plus tard, quand il aurait pris sa retraite, par exemple.
Le fait que Naruto ait écouté ses babillages et s'en était souvenu…il ne savait pas trop quoi faire avec ça. Il enregistra l'information dans son esprit et se dit qu'il y reviendra également plus tard.
Pour un déjeuner tardif ou un diner tôt, Minato leur prépara une dinde et la plupart des plats d'accompagnement festifs coutumiers de Noël (Kushina était une maniaque de la propreté mais une piètre cuisinière alors son mari s'en chargeait depuis sa retraite) pendant qu'ils mangeaient tous jusqu'à ce qu'ils soient trop rassasiés pour faire bien plus que se placer devant la télévision de Naruto et regarder des histoires de Noël en boucle.
L'idée que la plupart des affaires de Menma trainaient encore dans un casier de rangement, attendant qu'il trouve son propre logement lui vint brièvement à l'esprit, mais Pa' lui demanda ensuite de l'aider à remplir le lave-vaisselle avec leurs assiettes sales et il n'y pensa plus. Il grogna un peu avant de s'exécuter, juste pour être dramatique, et aussi parce qu'il détestait toucher à de la nourriture humide, mais c'était techniquement son tour puisqu'il avait manqué le dernier repas de famille alors il se leva du canapé et alla accomplir son devoir.
Son père et lui travaillèrent dans un silence amical pendant un moment. Minato rinçaient les assiettes et les ustensiles, les lui remettait pour qu'il les place de manière appropriée sur l'étagère du haut ou du bas, selon l'objet en question.
« Qu'est-ce que ça fait d'être loin de Suna ? », lui demanda Pa' alors qu'ils commençaient à travailler sur les casseroles et poêles restantes.
« C'est bien », répondit-il et il se retrouva à sourire. « C'est vraiment bien, en fait. Tout le monde est génial. Je pensais qu'il y aurait peut-être de la concurrence avec Naruto mais, personne ne semble s'attendre à ce que je sois lui. C'est moins de pression. »
Il pensait que s'il y avait bien une personne capable de comprendre cela, c'était son père. Ça ne se voyait pas comme ça à son air complaisant et avenant, mais l'alpha Minato Namikaze avait été amiral de l'Alliance Intergalactique, l'un des rangs les plus hauts que l'on pouvait espérer atteindre. De plus, il avait lui-aussi été pilote de frégate, fait qui avait inconsciemment, sans doute, influencé leurs choix à Naruto et à lui. À la suite d'une attaque au siège de l'Alliance à Konoha une vingtaine d'année plutôt, l'amiral Namikaze, en protégeant la Fire Base, s'était retrouvé 'dans une situation de disponibilité', c'est-à-dire en retraite, mais le terme devait sans doute heurter la sensibilité de l'administration militaire, qui lui préférait la première formule. Il avait subi de lourdes opérations et de multiples implants bioniques pour être de nouveau sur pied, mais avait quand même dû aller en retraite anticipée à cause de ses blessures qui l'avaient rendu incapable de continuer à assumer ses fonctions. Menma supposait que c'était en partie en cause de l'accident de son père que leur mère avait une telle aversion pour ce milieu qu'elle jugeait trop dangereux. Cela n'apaisait rien que Minato ait quitté Konoha sous les honneurs et la gloire.
Vingt ans plus tard, Minato était entièrement remis après des années de rééducation. Quand le temps se gâtait, il avait parfois ses articulations qui le faisaient souffrir et avait alors besoin d'une canne pour se déplacer, il ne pouvait plus piloter de vaisseau, de n'importe quel type, à cause des dommages cérébraux qui rendaient ses mains tremblantes et moins sûres, et c'était donc leur mère qui pilotait le Kokuyoseki partout où ils devaient se rendre, bien que, à part visiter leurs enfants, et profiter des vacances offerts dans de divers lieux par ces derniers, le couple Namikaze préférait couler leurs vieux jours paisiblement à Uzushio.
En dépit de sa diminution physique, son père n'avait toujours été qu'une figure d'autorité dans la vie de ses frères sœurs, et dans la sienne. Il les avait poussés à réaliser leur rêve, les avait grondés quand ils avaient fait des bêtises, encouragés lors des erreurs, félicités lors des réussites. Il était leur modèle, leur héros et aussi celui de beaucoup d'autres gens, celui qui était une légende dans leur milieu, qui avait risqué sa vie pour protéger Konoha.
Menma savait que leur métier était dangereux, mais il avait toujours été fier de pouvoir dire qu'il était le fils du légendaire 'YellowFlash', et il savait que Naruto ressentait la même chose.
Il sécha les casseroles et les laissa dans l'évier pour les ranger plus tard, pendant que Minato essuyait les comptoirs des miettes restantes et des petites éclaboussures d'eau. Alors qu'ils retournaient dans le salon, son père se tourna vers lui et lui frotta doucement le dos.
« Je suis content que tu t'installes bien ici, mon grand. Tu as l'air moins stressé que la dernière fois qu'on s'est parlé. »
« Ouais, je pense que oui », expira-t-il. « Je me sens mieux ici. Et je produis davantage pour l'équipe. C'est amusant de voler avec Sasuke. »
À la mention de l'Uchiha, les yeux de son frère se levèrent. Menma poursuivit :
« Je comprends pourquoi Naruto aime tant ça. Sasuke est un super chef d'équipe. »
Naruto ouvrit la bouche, comme s'il était sur le point de répondre, mais Kushina le devança :
« Si Naruto n'avait pas manqué la date de son cycle, peut-être qu'il serait toujours en première ligne et qu'il n'aurait pas eu cet accident stupide. »
Elle ne regardait ni Menma ni Naruto, et manqua donc la façon dont les yeux du blond se fermèrent momentanément.
« Je n'ai pas été rétrogradé, Ma'. »
« Comment appelle-t-on se faire déplacer d'une ligne, alors ? », rétorqua-t-elle.
La bouche de Naruto se tordit.
« Le Vice-Commandant Morino a dit que c'était pour l'équilibre. »
« Et pourquoi dirait-il ça ? »
Naruto la regarda, confus.
Minato choisir ce moment pour entrer complètement dans le salon et s'assit à côté de sa femme, lui tapotant doucement le genou.
« Ma douce, s'il te plait. C'est Noël. Laisse les garçons respirer. »
Pendant une seconde, Menma pensa que leur mère allait écouter leur père et enfin passer à autre chose, et qu'ils pourront tous profiter du reste de la nuit en paix, mais il observa ensuite sa mère secouer la tête et le repousser.
« Les laisser tranquilles ? Alors que Naruto a failli mourir ? »
Menma ne pouvait pas voir son expression d'où il se tenait, mais sous cet angle, il pouvait dire que le regard de Naruto était froid, il l'avait vu suffisamment lui-même pour le savoir avec certitude.
« Il a certainement dit cela parce que tu n'étais pas assez appliqué », ajouta Kushina.
« Mais je…mes stats étaient meilleurs que celles de Sasuke avant que je sois déplacé. », dit Naruto.
Il faisait craquer ses jointures d'une main, poussant méthodiquement son petit doigt, son annulaire et son index avec son pouce. Il passa en revue chacun d'eux puis recommença.
« Tu as bien raté une semaine d'entraînement, non ? », dit-elle, son ton virant à quelque chose qui ressemblait à de l'agacement.
« Ce n'était pas de ma faute…je ne peux pas contrôler…ça. »
Elle ne devait le savoir que trop bien. Elle était également une oméga.
« Étais-tu avec des alphas ? »
« Oui », confirma Naruto, en continuant à martyriser ses doigts. « Je ne peux pas éviter d'être avec des alphas, Maman. Je ne sais pas ce que tu attends de moi. »
Il avait désormais renoncé à craquer ses jointures et les tiraient maintenant, les tordant jusqu'à ce que la peau devienne blanche.
Kushina prit la télécommande à côté d'elle, coupa le son de la télévision et la jeta sur la table basse avec un bruit sourd, ce qui surpris suffisamment Deidara pour qu'il arrête sa musique et retire un écouteur. Karin et son mari étaient déjà au lit dans l'une des chambre d'amis. Nagato et sa copine également, mais eux tous qui étaient restés au salon contemplait la femme rousse dans un silence anxieux.
Menma la regarda s'asseoir en avant et fixer directement Naruto, qui était si immobile qu'il avait presque l'air figé.
« J'attends que tu sois plus prudent, que tu fasses plus attention à tes cycles et aux personnes avec qui tu passes du temps et à quel moment. Et peut-être que la prochaine fois tu pourras éviter de te mettre aussi inutilement en danger », asséna-t-elle avec insistance.
Elle s'interrompit, attendit que son frère croise son regard, avant de continuer :
« Est-ce que c'est ce que tu veux ? Mourir, te blesser ou blesser quelqu'un d'autre à cause d'une erreur stupide ?Tu veux juste être un autre pilote oméga qui ne peut pas suivre le rythme de tous les autres ? Parce que je t'assure que c'est ce qu'ils diront tous dès que tu ne seras plus au sommet. Tu ne peux pas te permettre de faire de faux pas. »
Naruto hocha misérablement la tête, la peau autour de son petit doigt si rouge à présent à cause de ces frottements que c'était presque comme s'il tentait de l'arracher.
Peut-être que c'était la vue des pauvres mains de son frère, à vif et légèrement tremblantes, qui rebuta le plus Menma, il n'en était pas certain. Il savait juste qu'il avait besoin que sa mère cesse de s'en prendre à lui comme ça, et il avait besoin qu'elle le fasse maintenant.
« Putain, Maman », lâcha-t-il, n'y tenant plus. « Donne lui une putain de pause ! »
Minato se retourna sur son fauteuil, comme alarmé par son intervention.
« Ne parle pas comme ça à ta mère, Menma. », le réprimande-t-il.
Menma leva les bras en l'air, faisant signe à Naruto.
« Alors quoi, tu es d'accord avec elle ? Elle n'a pas à lui parler comme ça, non plus. C'est un adulte, il sait ce qui est en jeu ici. Nous le faisons tous les deux. Et même si ce n'était pas le cas, elle ne nous le laisse jamais l'oublier ! »
« Menma, s'il te plait », insista Papa avec découragement.
« On ne peut pas passer des vacances sans parler de Saigei ? », rétorqua-t-il, excédé.
Il ne savait pas exactement ce que faisait son visage, mais ce n'était pas bon, et toute sa peau était tendue, ses yeux étaient sauvages.
« Asseyons-nous et regardons un film, d'accord ? », proposa gentiment Minato, espérant calmer le jeu.
Kushina était renfrogné, fixant la télévision toujours en sourdine, les yeux de Deidara faisaient la navette entre tout le monde, tandis que Naruto regardait par la fenêtre le paysage urbain blanc de Konoha.
C'était trop étouffant de rester assis ici et de faire semblant que tout allait bien. Menma ne pouvait pas se forcer à faire semblant. Pas ce soir.
« Non, merci.Je vais prendre l'air », dit-il et il se dirigea vers la porte d'entrée, attrapa son manteau et son écharpe du crochet mural et sortit.
Il n'y avait pas vraiment d'endroit où aller le jour de Noël avec la neige qui recouvrait les trottoirs et les rues, mais Menma se dirigea quand même vers le hall de l'immeuble de Naruto et s'assit seul sur un canapé vide pendant un moment essayant de se rafraichir, jusqu'à ce que l'un des portiers réguliers s'approchent et lui demande s'il allait bien.
Ils discutèrent pendant un moment et le bêta demanda des nouvelle de sa famille à l'employé. Il écouta l'homme parler de leur prochain dix-septième anniversaire avec son mari et du fait que leur fille était en ville avec son petit ami et qu'ils allaient tous les quatre diner dans un restaurant demain, qui était son jour de congé.
Menma se leva une fois leur conversation arrivée à son terme. Il ne faisait pas un froid glacial comme on pourrait s'y attendre avec la neige qui tombait, mais il s'était acclimaté aux hivers de Suna qui était tout à fait plus rigoureux que ceux de Konoha. Il se promena en laissant des empreintes au fur et à mesure et sortit finalement son PADD.
Il voulait attendre plus tard pour appeler, mais il se sentait suffisamment merdique pour savoir qu'entendre sa voix le fera égoïstement se sentir mieux.
Elle répondit à la troisième sonnerie.
« Salut, garçon de Saigei », dit Hinata, et elle avait l'air de sourire.
Menma se sentit sourire, à son tour.
« Salut, jolie fille. »
Ils n'étaient sortis ensemble qu'une seule fois depuis leur dernier texto. Menma l'avait emmené chez Rush, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre, ayant seulement entendu dire que c'était l'un des meilleurs restaurants gastronomiques de Konoha. Après quatre heures passées à regarder la nourriture transformée en art et à essayer des délices comme des tomates cerises créées pour être des fraises, Hinata avait déclaré que le diner était un succès retentissant.
« Est-ce que je veux même savoir combien cela coûte ? », avait-elle demandé alors qu'ils se tenaient devant son immeuble à la fin de la nuit.
« Cela n'a pas d'importance », avait assuré Menma. « Ça en valait la peine, non ? »
Elle l'avait embrassé pour toute réponse. Puis quand elle s'était écartée, elle avait dit qu'elle espérait qu'il la rappellerait avant d'entrer.
Depuis, ils s'envoyaient des messages presque tous les jours.
« Joyeux Noël. Tu passes une bonne soirée ? », lui demanda-t-elle.
Menma pensa à mentir, mais il n'avait jamais été bon dans ce domaine. Il avait une mauvaise mémoire, et il oubliait toujours tout ce qu'il avait raconté et se faisait prendre. Alors mieux valait éviter. Et il y avait aussi le fait qu'il ne voulait pas mentir à Hinata. Il voulait qu'elle le connaisse.
« Pas vraiment. »
En arrière-plan, il pouvait entendre les gens parler et rire, les sons d'une famille heureuse qui faisait la fête les uns avec les autres. Hinata lui avait dit pendant le diner que sa mère et son père étaient divorcés et qu'elle vivait dans le même immeuble avec sa mère et sa petite sœur depuis le lycée. Elle essayait de terminée ses études supérieures et ne voyait pas beaucoup son père.
« Non ? », s'enquit-elle, et les voix devinrent plus calmes, comme si elle quittait la pièce. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Menma expira longuement et s'appuya contre le côté du bâtiment.
« Mes parents me saoul. »
Hinata rit.
« N'est-ce pas toujours ce qu'ils font ? Surtout pendant les fêtes ? Je pense qu'ils organisent une réunion secrète et planifient comment faire chier leurs enfants le plus possible, ou un truc dans le genre. »
Menma souffla un rire. C'était ridicule à quel point il voulait la voir, juste être près d'elle. Il ne la connaissait même pas si bien. Il était en train de tomber. Vite et fort.
« Qu'est-ce que les tiens ont fait ? »
« Oh, tu sais…j'ai eu mon père au téléphone et il m'a dit qu'obtenir un doctorat en écriture créative était une perte de temps et qu'il ne paierait pas mes factures si je ne parvenais pas à trouver un emploi après l'obtention de mon diplôme. Et je lui ai répondu : Papa, ça fait des années que personne ne paye mes factures. Il s'est énervé contre moi et m'a dit ne pas demander d'argent. »
« Je paierai tes factures », déclara Menma, sans hésitation.
« Quoi ?! », haleta la jeune femme et commença immédiatement à tousser, comme si cette suggestion l'avait tellement surprise qu'elle s'était étouffée avec. « Tu es fou. »
En effet, il était définitivement en train de perdre la tête. Mais ce n'était pas comme s'il ne pouvait pas se le permettre. Risquer sa vie à travers l'infini et l'au-delà payait bien, mine de rien.
« Si tu as besoin d'aide, je les paierai », réitéra-t-il.
« Menma, arrête », rit-elle, croyant probablement qu'il n'était pas sérieux, mais il le pensait vraiment.
« Je ne plaisante pas ! », assura-t-il. « Je ne veux pas me vanter, mais je gagne un sacré paquet de fric en tant qu'agent de premier grade. Et je conclus un accord de marque avec mon frère en janvier pour de nouveaux équipements, donc je suis sur le point d'en avoir une tonne de plus. Si tu en as besoin, je peux t'aider. »
Il y eut une série de mots bégayés, comme si elle essayait de former une pensée, puis l'écartait et recommençait. Finalement, elle se décida :
« Je suis heureuse pour toi, mais je ne suis pas un cas de charité. Je donne des cours et c'est vrai que je ne roule pas sur l'or, mais ça me suffit. »
« Tu es sûre ? », demanda-t-il et il se retrouva à nouveau souriant.
Il adorait la surprendre et il ne savait pas pourquoi, peut-être qu'il l'aimait vraiment et cela donnait à chaque petite réaction qu'il pouvait avoir l'impression d'avoir trouvé une petite pépite d'or.
« Oui, je le promets », répondit-elle avec insistance. «J'ai juste besoin que mon père comprenne ça aussi. Mais bon, devine quoi ? »
« Quoi ? »
« Je suis libre la semaine prochaine pour sortir. »
Menma sentit ses joues devenir chaudes, son sourire commençait à s'étendre si loin sur son visage que cela faisait mal.
« Ah ouais ? Quand ça ? »
« Samedi soir. »
« On pourrait aller au cinéma, puis au restau, et je te raccompagnerai à la maison. »
« Mon propre chauffeur pilote, quelle chance j'ai!Je pourrais m'y habituer… »
Ils discutèrent encore dix minutes jusqu'à ce que la mère d'Hinata vienne la chercher pour qu'ils puissent aller à la messe de Noël du soir. Les orteils de Menma commençaient à picoter alors qu'il faisait le tour du bâtiment jusqu'à l'entrée principale et trouve Naruto debout près de la porte, tout emmitouflé dans son épais manteau, ses gants, son bonnet et son écharpe. Il sortit quand il le vit.
« Hey », dit-il. « Tu es ici depuis un moment. »
Menma envisagea de lui parler d'Hinata, mais il ne le fit pas. Ils avaient arrêté de partager ce genre de détails il y a des années.
« J'avais besoin de prendre l'air », répondit-il en pinçant les lèvres.
Il regarda Naruto avancer et s'arrêter.
« Je voulais juste…je voulais… », tâtonna-t-il.
Menma ouvrit la bouche, mais il fut coupé par deux bras enroulés autour de ses épaules. Naruto le tira jusqu'à ce qu'il puisse l'envelopper autant que possible. Il fallut un long miment au cerveau de Menma pour comprendre ce qui se passait, puis il serra son jumeau dans ses bras en retour.
« Merci », murmura Naruto, la voix brisée. « Pour m'avoir défendu. »
Menma le serra un peu plus fort avant de le laisser partir. Ils se regardèrent maladroitement jusqu'à ce qu'il donne un coup de pied dans les baskets à dix milles yens de Naruto et l'entende crier en signe de protestation.
« Parfois, Ma' exagère. »
« Ouais… »
« Tu veux rentrer à l'intérieur ? »
« Pas vraiment. Et toi ? »
« Putain, non », souffla Menma, puis ils rirent tous les deux, leur rire identique faisant un écho étrange mais réconfortant.
« Tu penses que Dei nous en voudrait si on l'abandonnait avec les parents et qu'on allait chez Sasuke ? », demanda Naruto, puis il cligna des yeux, son sourire disparaissant soudainement de son visage.
Menma n'était pas sûr de quoi il s'agissait, mais cela devenait un phénomène régulier lorsque leur ami alpha était impliqué. Il devra bientôt poser la question, mais pas aujourd'hui. Un seul problème à la fois.
« Je crois que Dei sera furieux qu'on soit allé chez les Uchiha sans lui. Il a un faible pour Itachi, tu te souviens ? »
Naruto soupira.
« Bien. Rentrons alors. »
Naruto ouvrit la marche, et ils se dirigèrent vers l'ascenseur. Ils se tenaient si proche l'un de l'autre que leurs épaules se cognaient, mais cela ne dérangeait pas Menma, bien au contraire, ça le réconfortait d'être à nouveau proche de son frère, comme avant qu'il parte à Suna, quand ils étaient encore des confidents l'un pour l'autre et que tout ce qui concernait Naruto le concernait aussi.
Ils furent de retour à l'appartement, et inévitablement, cette ambiance intimiste se brisa. Son corps se tendit, de même que celui de son frère. Deidara était hors de vue, sans doute déjà au lit, mais leurs parents étaient toujours au salon, leur père avait un bras autour des épaules de leur mère dont les yeux bleus océan étaient cerclés de rouge, comme si elle avait pleuré. Menma aurait voulu tirer un sentiment de triomphe à cette idée, mais il n'en était rien.
Lorsqu'ils passèrent pour se rendre au couloir qui menait aux chambre, elle leva la tête et les stoppadans leur fuite :
« Les garçons, venez un instant. Asseyez-vous s'il vous plait. »
Menma échangea une œillade avec son frère. Il semblait se demander lui aussi si c'était un piège, et si elle n'allait pas en remettre une couche.
Cependant, le regard de leur père les dissuada de se défiler. Ils s'avancèrent donc en tandem, s'asseyant en face d'eux.
« J'ai conscience que beaucoup de pression repose sur vos épaules », reprit Kushina, une fois qu'ils furent installés. « Sans que vous ayez besoin que j'en rajoute… mais c'est juste que…je suis si inquiète pour vous. Tout le temps. Constamment. »
Elle soupira, prit une grande inspiration et poursuivit, toujours sur les caresses et le regard bienveillant de son mari :
« La peur de perdre l'un d'entre vous me terrifie.Et je suis désolée mon chéri de t'avoir parlé si durement. Je ne pense pas que tu sois moindre, ou faible, ou quoi que ce soit d'autre dans le genre, bien au contraire, je sais par quoi tu passes quotidiennement. Tout simplement parce que je l'ai vécu aussi. Je sais ce que ça fait d'évoluer dans un milieu aussi difficile. Un monde remplis d'alpha qui refusent de te prendre au sérieux par pur et simple esprit volontairement obtus. Et j'aurais aimé que tu n'aies pas à passer par tout ça, sauf que je ne peux rien y faire. Cette impuissance, c'est quelque chose que j'essaye d'apprendre à vivre avec.Je m'inquiète pour vous, tout comme je m'inquiète pour Karin, ou Dei, ou Nagato. Même si vous êtes grands et que vous savez prendre soin de vous. Je m'inquiéterais toujours pour vous. Mais je sais que vous faites de votre mieux, tous les jours. Je suis si fier de vous tous. Alors, une fois de plus, je suis désolée d'avoir été si injustement dure avec toi, Naruto. »
Les yeux de ce dernier brillaient, comme s'il se retenait de pleurer. Il resta silencieux et immobile pendant un moment, tout le monde attendant une réaction de sa part. Puis, contre toute attente, il se leva et embrassa leur mère sur la joue.
Elle rit humidement en l'attirant dans un câlin, avant de le lâcher et de lui caresser le bras d'un air apaisant.
« Je m'excuse d'avoir crié », déclara à son tour Menma. « Je ne voulais pas te manquer de respect. »
Kushina lui adressa un doux regard.
« Je sais, mon cœur. Ce n'est pas grave. »
Il se leva également et l'embrassa sur son autre joue. C'était une très belle femme, mais elle était magnifique quand elle souriait. Alors il préférait la voir heureuse.
« Je n'ai rien à ajouter. », intervint Minato, un sourire satisfait aux lèvres. « Qui veut un dessert ? »
Entassés tous les quatre sur le canapé, Minato et Kushina aux extrémités, les jumeaux au milieu, Kyu ronronnant comme un gros matou à leurs pieds, ils passèrent le reste de la soirée à manger des glaces avec des langues de chat et à regarder des vieux films de Noël, sans discuter de quoi que ce soit ayant un rapport avec Saigei.
Dans l'ensemble, ce fut un bon Noël.
