RAR anonymes :
Adenoide : Aaaaaah, merci pour tes reviews sur les trois premiers chapitres ! Oui, tu as été la première à remarquer ce que je tentais de mettre doucement en place ahah (bien que désormais, ton commentaire ne corrèle plus avec le chapitre) Merci énormément. Draco est un petit con prétentieux et imbu de lui-même, c'est pour ça qu'on l'aime, non ? Et puis, il EST au-dessus de tout ce qui bouge dans l'univers, il peut même me marcher dessus, si ça lui fait plaisir, je dis ça comme ça, hein. Bref, j'espère te retrouver pour la suite ahah. Bisous :3
22/11/24 : chapitre corrigé et réécrit. C'est le dernier chapitre de correction, les prochains seront des inédits ahah. Le rythme de parution sera d'un chapitre par semaine, ou une semaine sur deux, en fonction de mon planning. Le prochain chapitre arrivera rapidement, histoire que vous soyez notifié de la reprise de cette histoire. Ensuite, le retour officiel se fera le VENDREDI 13 DECEMBRE, à 17h. Activez les rappels et les follows !
N'hésitez pas à donner votre avis, je les lis tous et y réponds avec grande joie ! J'adore discuter avec d'autres personne :D
Bref, assez de blabla, place à l'histoire !
Bonne lecture !
II. Draco et le Legilimens :
« Moi, j'ai envie de croire aux contes de fées. Au moins, tout finit bien dans ces histoires-là. »
Draco marchait d'un pas pressé le long du mur. S'il se dépêchait suffisamment, il pourrait dormir quatre heures avant la sonnerie du réveil. C'était un luxe dont il ne pouvait pas manquer.
Les froids couloirs de pierre des cachots du château apparaissaient sinistres, même à lui. Toutes bougies éteintes, il se trouvait dans une totale obscurité, au cœur d'un pesant silence. Rien ne bougeait, pas un courant d'air pour faire froufrouter les lourdes tentures ou tapoter les tableaux sur les murs.
Draco avait un mauvais pressentiment au creux du ventre - et rien à voir avec sa mission. Pourtant, il avait beau parcourir des yeux les alentours, il n'apercevait rien - pas un bruit, pas un souffle, juste lui et le silence.
Un vrai tête à tête avec la nuit.
Machinalement, un peu pour se rassurer peut être, il tourna son visage vers les tableaux, accélérant le pas - pour arriver plus rapidement à son lit, et non pour s'échapper de cette pesanteur, il était un Malfoy, pas un trouillard. Mais il n'y avait aucun personnage. Toutes les peintures étaient désertées.
Draco fronça des sourcils. Les tableaux ne dormaient-il pas ?
Il haussa les épaules. Qu'importe, ce n'était pas son problème, après tout. Il avait mieux à faire que de savoir si les personnages faisaient la fête dans le tableau de la Grosse Dame Rose - même s'il priait secrètement pour que ça fasse un maximum de bruit afin d'empêcher les Gryffondors de dormir.
Il était en train de descendre les escaliers du château lorsqu'un bruit sourd retenti, explosant le silence en éclat de verres.
Quelque chose le percuta de plein fouet. Son souffle se coupa, il eut à peine le temps de se raccrocher au mur avant de s'effondrer contre sol. Les vitres se brisèrent, les tableaux aussi, et, de là où il était, il entendit très distinctement le son d'une masse s'écrasant contre le sol.
La pression de l'air le fit suffoquer. Ecrasé par le poids de l'amosphère, ses jambes flageolèrent, manquant de ployer sous lui.
Puis, plus rien.
Doucement, il ouvrit les yeux, reprenant brusquement sa respiration. L'air avait un goût métallique sur sa langue, comme un excès de magie qui aurait été déversée sur le château, à l'image d'une vague avisée.
Son sang se glaça. Les Mangemorts avaient-ils... ?
Aussitôt, il se redressa au quart de tour,, et se mit à courir. Si les Mangemorts étaient là, si ça devait se passer maintenant... Il n'était pas prêt ! Comment pouvait-il... Il devait encore...
Il tourna à l'angle d'un couloir, dérapant sur le sol sans s'en soucier. Il devait se rendre dans son dortoir. Et vite.
Mais, alors qu'il dégringolait les marches quatre-à-quatre, il percuta quelqu'un de plein fouet.
- Non mais ça va pas la tête ? s'exclama le garçon, agité.
- Regarde où tu marches, rétorqua Draco avec mauvaise foi.
Il s'apprêtait à partir lorsque le garçon lui attrapa brusquement le bras.
- Toi aussi, tu l'as entendu ?
- Le bruit ?
Son coeur rata un battement.
- Je sais pas où sont les autres, continua le garçon, qui ne semblait pas l'entendre. J'arrêtais pas d'entendre cette Voix, tu crois que...
Maintenant qu'il regardait de plus près, le garçon avait les cheveux en pétard et le visage poussiéreux. Ses yeux brillaient de larmes.
- Euh... Il faut que je retourne à mon dortoir, dit Draco, pour s'esquiver.
- Non, attends !
Qu'il lui lâche la veste ! Il devait aller chercher Blaise et Théo. Il ne pouvait pas les laisser tomber - et ça n'avait rien à voir avec de l'inquiétude, ils lui étaient juste plus utiles vivants que morts.
- Sean ! s'exclama quelqu'un d'autre, derrière lui.
Draco fit un pas en arrière, espérant que leur petite retrouvaille lui permette de s'esquiver.
Deux garçons se précipitèrent vers eux, et Draco amorça un nouveau mouvement pour partir.
- James ! s'exclama le dénommé Sean. Tu l'as entendu ? Cette Voix, elle... elle parlait de tes parents. Tu crois que...
- Relax, fit James, avec un petit sourire rassurant. Regarde : tout à l'air revenu à la normale. C'était sûrement une mauvaise blague.
- Il n'y a que toi qui fais des mauvaises blagues, riposta Sean. Tu devrais envoyer une lettre à ton père, y'a un truc qui cloche.
- Ca va aller, fit le troisième garçon, un grand baraqué aux yeux ambrés, comme ceux d'un animal. Il faut qu'on retrouve Quentin. Mais on va d'abord aller prévenir la Directrice.
- Pff, si cette Voix peut avoir tué Libertin, y'a pas de soucis, ricana James machinalement, sans avoir l'air de le penser.
Draco avait suffisamment reculé, et il s'esquiva du cinquième étage sans qu'ils ne se rappellent de sa présence.
Aussitôt, il reprit sa course.
Au cachot, et notamment dans leur salle commune, le monde grouillait. Draco se glissa dans la marée humaine pour atteindre son dortoir, d'où des cris provenaient.
Angoissé, il ouvrit la porte à la volée.
Mais il n'y avait ni Mangemorts, ni blessés.
Seulement ses quatres camarades de dortoirs et... quatres autres adolescents de leur âge.
- Très mature, bravo ! raillait l'un des inconnus, un type à la peau pâle et aux cheveux bouclés presque noirs, en direction de Théodore qui pointait sa baguette entre ses yeux.
- Sortez d'ici, maintenant, avant que je fasse quelque chose que vous regretteriez.
- Black, appela un deuxième garçon. Ca en vaut pas la peine. Viens, on...
- Non ! cracha le premier. Ils squattent notre chambre et ils croient qu'on va rien faire ?
- Votre chambre ?! s'énerva Blaise.
Le pauvre semblait avoir pris dix ans d'un coup, vu ses yeux cernés et la veine de colère qui ressortait de sa tempe.
Draco partit du principe qu'ils n'avaient finalement pas besoin de lui. Et, loin de lui l'envie de s'interposer dans une dispute qui ne le concernait pas (encore), il préféra doucement s'esquiver, à nouveau.
Il prit cependant le temps d'imprimer l'image de leur dortoir dans sa tête. En plus de leurs baldaquins, ceux des inconnus avaient également élu domicile dans la pièce, là où l'espace restait encore. Même leurs malles étaient là, bien que certaines s'étaient renversées et empiétaient sur quelques matelas.
Le garçon qui se disputait avec Théo était un type aux cheveux bouclés. Comme le garçon qu'il avait croisé tout à l'heure, il avait le visage poussiéreux, et des griffures lui recouvraient les bras, comme s'il s'était battu avec un loup-garou juste avant de venir les déranger. C'était un Black, de ce qu'il avait compris, certainement un grand-grand-oncle ou un cousin aux centièmes degrés. Les Black pullulaient, dans ce pays.
Le deuxième avait les cheveux noirs et la peau très pâle. Ca devait être un cousin éloigné de Théo, car Draco trouvait leur ressemblance frappante. Ils avaient le même regard sombre, le même visage à couper à couteaux, et il lui semblait presque voir l'expression blasé de Théo danser au fond de ses prunelles.
- Max, dit le Black au garçon qui ressemblait à Théo. Retiens-moi, je vais les tuer.
- D'abord la Voix et maintenant ça... gémit un troisième garçon, un gros type aux petits yeux porcins.
- Ecoutez, fit Théo, l'air de faire un effort colossal pour garder son self-contrôle. Vous allez sortir de ce dortoir et on fera comme s'il ne s'était rien passé.
- Laisse tomber, Nott, cracha Blaise en serrant sa baguette. Je crois qu'ils ont décidé de nous péter les co-
- Arrêtez, putain ! rugit le Black. Ca vous fait marrer, de vous foutre de notre gueule ?
- Vous faites une mauvaise blague ? couina le garçon aux yeux porcins. C'es vous qui avez mit la Voix ?
- Je comprends rien à ce qu'ils racontent..., marmonna Goyle.
Derrière Goyle, Draco remarqua un quatrième garçon. Il observait la scène sans un mot, le visage impassible. Lui avait des grand yeux gris orageux, une peau blanche, presque laiteuse, et des cheveux bruns plaqués vers l'arrière.
Il ne semblait pas concerné par la dispute, pourtant son regard virvoltait de Blaise à Théo, puis de Crabbe à Goyle, comme s'il cherchait à lire en eux, presque calculateur.
- C'est notre dortoir, ici !
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est le notre !
Draco fit faire un savant demi-tour à ses chaussures de marque, peu désireux de rentrer dans un concours de qui a la plus grosse. Il s'apprêtait à sortir sans un bruit, lorsqu'un mouvement derrière lui attira son attention.
- Vous êtes qui ?
Draco sursauta brusquement. Il se retourna, lentement, espérant qu'il avait halluciné et qu'on ne venait pas de l'apostropher ainsi.
Il regarda autour de lui - histoire d'en être certain - mais c'était bien à lui que le garçon impassible du fond de la pièce venait d'adresser la parole.
- Euh, Draco Malfoy.
Même si l'idée qu'il ne sache pas qui il était été particulièrement insultante, il préférait se défiler le plus vite possible, plutôt que d'entamer une querelle stérile.
Pourtant, sa réponse ne parut pas plaire au garçon face à lui.
- Je te demande ton vrai nom, murmura le garçon, le regard perçant. Pas celui que toi et tes copains donnez pour votre plaisanterie de mauvais goût.
Draco renifla.
- Est-ce qu'on a vraiment l'air de plaisanter ? railla-t-il, en désignant d'un geste dédaigneux Théo qui venait d'envoyer un sort de Chauve-furie sur le Black.
Sort qui fut rapidement contré par le cousin éloigné de Théo, qui lui retourna l'amabilité.
- Je suis Draco Malfoy, ronronna Draco, voyant le masque impassible du garçon se fissurer. Maintenant, si tu veux bien, je vais y aller...
Il s'apprêtait - à nouveau - à décamper, avant que son interlocuteur ne réagisse au quart de tour : d'un mouvement brusque, il empoigna la gorge de Draco et le plaqua d'un coup sec contre le mur.
Draco s'étrangla.
Leurs regards se croisèrent, iris orageuses contre iris orageuses... jusqu'à ce qu'il sente quelque chose percer la barrière de sa conscience. Son coeur rata un battement, il voulut se débattre, faire quelque chose - autre chose que de rester se faire étrangler sans rien faire - mais il était incapable d'atteindre sa baguette, même du bout des doigts.
Et le garçon était en train de faire de la Legilimencie sur lui.
Il tenta d'Occluder, en vain. Snape et son père avaient essayé de lui apprendre, mais il n'avait jamais trouvé d'intérêt à ça. Désormais, le regret lui tordait les tripes. Ce type était-il un partisan de Dumbledore ?
Il tenta de penser à autre chose - tout, plutôt que ce placard à disparaître, tout, plutôt que la marque qui lui brûlait le bras. Il pensa au Vif d'Or qu'il avait attrapé pendant un entraînement de Quidditch, à Blaise qui lui tendait la main parce qu'il était prostré au sol, à Théo qui lui montrait comment dompter un Hippogriffe, à Pansy qui roucoulait à son bras, à Potter qui le faisait tomber de sa chaise, un soir à la bibliothèque. A tout, plutôt qu'à...
Le Legilimens le relâcha d'un coup, l'air alarmé.
- Tu es Draco Malfoy.
Draco porta la main à sa gorge, à bout de souffle, avec l'impression qu'on venait de briser son crâne en deux. Il voulut riposter, quelque chose de l'ordre du mépris et du dédain, mais il n'osa pas regarder le Legilimens dans les yeux.
Il était indubitablement plus fort que lui. Draco se redressa péniblement, la gorge en feu et la nausée au bord des lèvres, et se dirigea - s'enfuyia - jusque Blaise, qui lui jeta un coup d'oeil concerné.
- I-Il est fou, balbutia Draco d'une voix rauque, pour toute réponse.
Blaise resserra sa baguette dans sa main et se tourna vers le Legilimens, qui l'observait encore, un air indéchiffrable sur le visage.
- Bon, on va régler ça très vite, siffla Blaise en levant sa baguette.
Théo se rapprocha d'eux, et pointa à son tour sa baguette vers les adolescents.
- Comme si vous étiez à la hauteur, ricana Black.
- C'est une mauvaise idée..., soupira le cousin de Théo.
Le troisième rentra sa tête dans ses épaules, apeuré.
La pointe de toutes leurs baguettes s'allumèrent au même moment...
- Cra... !
- Expelliarmus.
Avant qu'elles ne leurs échappent et ne s'envolent jusque dans la main du Legilimens. Draco déglutit.
Le regard sombre du garçon passa de Blaise, à Théo, et s'attarda longuement sur lui, quelque chose vacillant au creux de ses prunelles. Draco fit mine de ne pas le voir. Inutile de préciser que ça le fit encore plus flipper.
Finalement, il se tourna vers ses camarades, et souffla, presque à contre-coeur :
- Ils ne sont pas en train de plaisanter.
- Comment ça ? fit le cousin de Théo. Tu...
- Te fous pas de ma gueule ! s'énerva le Black.
Tous les mêmes, ces fous de Black. Sauf sa mère, mais c'était plus vraiment une Black, ça comptait pas vraiment.
Le Legilimens s'approcha de Théo à grand pas. Il lui empoigna sans ménagement le bras, et retroussa d'un geste sec sa manche.
Les inconnus s'approchèrent, presque timidement, et détaillèrent avec ce qui semblait être de l'horreur, la cicatrice en forme de U de Théo - un vieux truc qui s'était produit lorsqu'ils étaient jeunes et que Draco et Blaise avaient promis de ne révéler à personne.
- C'est..., balbutia le cousin de Théo, en pâlissant à vu d'oeil.
- Ton père.
- Hein ? fit très justement Théo, hébété. C'est quoi votre délire, sérieux ?
Il récupéra d'un coup sec son bras, et cacha sa cicatrice - avec ce qui semblait presque être de la honte.
- Mais c'est quoi ces conneries ? cracha à nouveau le Black, qui ne pouvait décidément pas se taire.
- Bon, intervint Draco, qui commençait sérieusement à sentir un mal de tête pointer. Croyez ce que vous voulez. Mais là, il est 5 heures passée, je pense qu'il est temps que vous retourniez dans votre dortoir ou je ne sais où, et qu'on en reparle calmement demain.
En espérant qu'ils aient oublié cette histoire demain. Ils devaient sûrement être sous substance, c'était pas possible autrement.
Les inconnus le regardèrent longuement, sauf le cousin de Théo qui observait Théo avec des yeux hagards. Tous semblaient absents, tout à coup.
Draco se racla la gorge - il détestait être ignoré.
Il était donc sur le point de réitérer - avec un soupçon de mépris en plus - lorsque la porte du dortoir s'ouvrit à la volée.
- S-Severus ? balbutia le cousin de Théo.
- Professeur ! lança Blaise, soulagé. Ces mecs sont tarés ! Ils arrêtent pas de dire qu'ils... Professeur ?
Draco leva les yeux vers son directeur de maison, avisant d'un regard inquiet sa peau pâle et blême. Il détaillait les inconnus d'un air pincé, les lèvres serrées en une ligne fine.
- Vous, vous venez avec moi. Et vous, (il se tourna vers eux.) allez vous coucher. La journée de demain risque d'être longue.
Draco s'apprêtait à ouvrir la bouche, lorsque le Black lança d'une voix éraillée :
- Qu'est-ce... qu'il se passe ? marmonna-t-il, son regard détaillant de haut en bas le professeur. Pourquoi tu... es différent ?
- Différent ? renifla Snape.
Leurs regards se cueillèrent, s'accrochèrent, s'écorchèrent. Alors que Black paraissait presque chamboulé, les yeux de Snape se durcissaient, à mesure que passait les secondes.
Black ouvrit la bouche, ses lèvres s'agitèrent dans le vide - pour la première fois, il semblait à court de mot.
- Ca peut pas être lui, rétorqua le garçon aux yeux porcins. Regarde-le !
- T'as rien suivi à ce qu'a dit Leo ou quoi ? siffla le garçon. T'es toujours con comme ça, ou tu le fais exprès ?
- Black ! le reprit aussitôt le cousin de Théo, l'air agacé.
Le gros garçon, intimidé, rentra la tête dans ses épaules, l'air apeuré.
- T'es méchant, couina-t-il.
Le regard dur de Snape passa en un quart de seconde à quelque chose de plus sombre, presque cruel. Draco crut avoir rêvé, mais il lui semblait l'avoir entendu dire : "tel père, tel fils."
- Suivez-moi, siffla finalement son directeur, le ton sec, sévère. Vos petits camarades sont déjà dans le bureau du Directeur. Les choses ont déjà été éclaircies, vous serez priés de prendre rapidement connaissance des informations.
Sans un mot, les quatre adolescents lui emboitèrent le pas, et ils disparurent bien vite en claquant la porte.
Le silence s'abattit aussitôt. Lourd. Pesant.
- C'était... lunaire, lança finalement Blaise à voix basse, comme s'il n'osait pas troubler l'ambiance étouffante.
- J'ai... rien compris, fit Théo en se grattant nerveusement sa cicatrice.
Ils se jetèrent un coup d'oeil, un rire nerveux au bord des lèvres.
- Au moins, c'était rien de grave, lança Draco, doucement. Au début, j'ai cru que c'était...
Il déglutit. L'idée même lui tordait les tripes. Pourtant, un jour... un jour, ça arrivera.
- Te fais pas de bile, lança Blaise, voyant son malaise. Ca ira.
Draco chercha à s'en convaincre, alors qu'il se glissait doucement dans son lit.
Ca ira.
"C'était il y a longtemps."
Pour la première fois de sa vie, Dumbledore était incapable de cerner le monde.
"Avant qu'on interdise l'oppression."
Autour de lui, l'amas d'une trentaine d'adolescents épuisés et perdus le jaugeaient avec le plus grand effroi.
"Avant la tolérance, la nouvelle époque, les commandos."
- Et ensuite..., continua une jeune fille aux cheveux roux, Audrey Wealsey, de ce qu'elle s'était présentée. Il y a eu cette Voix.
"En 1996."
- Elle parlait de mes pères, intervint une jeune fille aux cheveux d'un blond très pur.
- Du mien aussi, renchérit Audrey.
- Et de ma mère, souffla un petit garçon, les yeux pleins de larmes.
"Potter et Malfoy, puis Granger, Zabini, Weasley, avaient 16 ans. Ils sont partis au combat. Ils ont cru en ce rêve, cette révolution."
Pomfresh, qui soignait les plaies des quelques blessés, tourna un regard inquiet vers lui.
Mais Dumbledore était réticent à l'idée de comprendre ce qui se jouait sous ses yeux.
"Comme des milliers d'autres."
- Et ensuite ? murmura-t-il.
- Ensuite, intervint un garçon aux yeux verts et aux mèches indisciplinés, d'une voix forte : Il a récité ce truc, comme... comme s'il récitait un genre de poème.
- Vingt-et-un-ans plus tard, fit un garçon qui lui rappelait vaguement Lupin, l'air de se mémoriser ce qui avait été dit. Il n'en reste que quelques-uns. Il a dit quelque chose comme ça.
"Et maintenant, vingt-et-un ans plus tard, parmi les ruines, il en reste seulement quelques uns."
- Et Poudlard a commencé à trembler, rajouta le garçon aux yeux verts. Les murs... ils se sont effondrés !
- Et ensuite... tout est devenu très lumineux. Et après, voilà, vous avez ressuscité.
Ressusciter, hein... Dumbledore tourna son regard vers Snape, qui sembla le comprendre aussitôt.
" Des survivants"
- Je ne pense pas avoir ressuscité, argua finalement Dumbledore avec humour, voyant que tous attendait une réaction de sa part. Je ne suis jamais mort.
- Alors, c'est pas pour vous vexer, hein..., lança le garçon aux yeux verts. Mais vous étiez bien HS. Dans le genre, six pieds sous terres, quoi.
- Mais..., intervint le garçon qui ressemblait à Lupin et qui semblait aussi perspicace que lui. Il y a quelque chose qui cloche. Severus... il n'est pas...
Il sembla hésiter, l'air gêné.
- Il est en pleine forme...
- Et puis, fit Audrey Weasley. On a reconnu aucuns élèves d'ici. Enfin... ils nous ont bien fait comprendre qu'on était pas à notre place.
- Ecoutez... J'ai une réponse à vous offrir, souffla finalement Dumbledore, devant leur air perdu. Je crois, de ce que vous avez dit, et de ce à quoi vous ressemblez...
Il se tut, comme pour ménager un suspens.
- Tu es Lupin, n'est-ce pas ? lança-t-il au garçon qui lui ressemblait.
- Oui. Thomas Lupin.
- Et toi, un Potter ? continua-t-il au garçon aux yeux verts.
- Oui, enfin, un Malfoy-Potter, quoi.
Snape s'étrangla avec sa salive.
Imperturbable - la situation était bien plus grave que de s'inquiéter des unions entre deux noms opposés -, Dumbledore se tourna vers un autre enfant.
- Et toi, un Weasley ?
- Oui.
- Bon. Je connais bien les Lupins, Les Malfoys, les Potter, les Weasley, et certainement la plupart de vos familles. En revanche... Je ne vous connais pas.
- Normal, t'es mort ! lança quelqu'un dans l'Assemblée.
Dumbledore ignora cette intervention.
- Parce que vous n'avez rien à faire à Poudlard. En tout cas, dans ce Poudlard. Car ici, les Malfoy et les Potter se détestent, les Weasley vivent au Terrier et Lupin courtise à peine sa dulcinée...
Silence, presque angoissant.
- Je crois que ce poème est bien plus quelque chose de l'ordre de la prophétie ou d'un sort de magie noir que d'un extrait de livre. Et que vous avez été envoyé...
- Vingt-et-un ans en arrière, souffla Thomas Lupin.
Le garçon Malfoy-Potter renifla, presque dédaigneux.
- Mais pourquoi faire ça ? Et qui a fait ça ?
- Ca, mes enfants, je n'ai malheureusement pas encore la réponse. Mais je vais m'y pencher sérieusement.
Parce qu'il n'avait clairement pas besoin de ça en plus, à l'aube d'une guerre sanglante, où chacun doit choisir son camps. Si ces gamins du futur se retrouvaient au milieu de tout ça... qui sait comment cela pourrait se finir, et à quel point le futur pourrait y être changé.
Dumbledore prit le temps de remettre ses lunettes en demi-lunes, avant de se tourner vers ses directeurs de maisons.
- Allez chercher nos nouveaux élèves. Nous devons tous les rassembler ici, j'ai à leur parler.
Ils hochèrent la tête à l'unisson, l'air grave, avant de sortir de la pièce au pas de course.
Dumbledore souffla.
La nuit allait être très longue.
"Presque des enfants."
Ehhhh voilà !
J'aimerai vous remercier pour l'intérêt que vous portiez à cette fic il y a quelques années, intérêt que je n'ai pas réussi à répondre. J'espère qu'elle suscitera à nouveau ce même intérêt, et que, anciens comme nouveaux, vous serez au rendez-vous.
En attendant, prenez bien soin de vous, et n'hésitez pas à déposer une review, un petit message gentil ou constructif, ça fait toujours chaud au coeur.
Bonne vie !
