Chapitre trois : Delulu is the solulu

Les mains de Marion étaient tremblantes, froissant le papier qu'elle tenait. Ses yeux parcouraient l'affiche de haut en bas sans discontinuer.

Puis elle rit, un petit rire sec et incrédule.

"Il doit y avoir un enfant qui doit bien pleurer chez lui s' il a perdu son poster comme ça !" Fit elle

En réponse, Lili resta silencieuse, regardant l'affiche avec un visage de plus en plus pâle. Depuis toute petite, Lili a lu de nombreuses histoires, à dévorer toutes sortes de scénarios tous plus improbables. De ce fait, Lili a appris une chose. Que s'il y a des faits, il ne faut pas les ignorer.

"Marion… Je ne crois pas que ce soit juste une fausse affiche….", sa voix tremblante accentuait la peur qui était visible sur son visage.

"Lili, Lili ne t'inquiètes pas, chuchota Marion en voyant la pâleur de son amie, bien sûr que non on s'est pas transporter dans One piece. La situation est bizarre mais ne t'inquiètes pas. On est encore dans notre monde. Tu vas voir, on va trouver une gendarmerie, on va leur dire ce qu'il se passe et tout va rentrer dans l'ordre…" Babilla Marion d'une voix de plus en plus rapide

Un petit rire sec échappa à la blonde, tournant hystérique par son désespoir.

"Marion, tu ne peux pas ignorer le fait qu'on est tombé dans la mer alors qu'on est à plus de 200km d'elle, qu'il fait chaud alors qu'on est censé être en hiver, et qu'il y a une putain d'affiche de Buggy, l'affiche la plus réaliste que je n'ai jamais vu !", son souffle devint de plus en plus saccadé, et ses yeux tournaient à vive allure dans toutes les directions.

Marion jura dans son souffle en lâchant l'affiche. Celle-ci volera un instant avant de s'écraser au sol sans bruit. Elle se tourna vers Lili et la prit par les épaules.

"Lili, je sais que c'est fou mais ce n'est pas possible. On n'a pas pu changer de dimensions comme ça." Répondit Marion en amenant Lili vers le sol.

Son amie secoua de la tête sans dire un mot, son rire se calmant petit à petit.

"Donc ce n'est pas possible de changer de dimension, mais c'est possible de changer de localisation après être tombé dans une fontaine ?", elle regarda Marion, essayant de faire comprendre son amie avec ses yeux.

" Un trou de verre impromptu ? La commotion nous a peut être fait perdre la mémoire ? Je n'en sais pas plus que toi Lili" murmura Marion

Un peu plus calme, Lili soupira.

"Okay, imaginons qu'on a vraiment perdu la mémoire. On va rester dessus jusqu'à ce qu'on trouve quelqu'un. Mais prépare-toi Marion. Je ne suis pas convaincu du tout-"

"Mesdemoiselles ?" Les interrompit une voix grave faisant sursauter les deux jeunes filles.

À côté d'elles se trouvait un homme grand, portant un uniforme blanc avec quelques rayures bleu. Propre et bien repassé, de là où elles étaient elles pouvaient voir les grades sur ses épaulettes. Un marine ? Pensa Marion en fronçant les sourcils.

"Mesdemoiselles ?" se répéta l'homme, "Que faites-vous dehors à cette heure de la nuit ? Et par terre ?" Demanda t'il

"Nous" commença Marion d'une voix étranglée, puis elle regarda Lili et caressa ses épaules " Nous sommes perdu monsieur, on sait pas trop ce qui s'est passé mais on a atterri sur le bord de l'océan, on a marché jusqu'ici et-et-"

Lili posa une de ses mains sur la main de Marion, tentant de la calmer, et déglutit. Elle regarda le Marine quelques secondes, réfléchissant aux bons mots.

"M-Monsieur… N-Nous sommes perdus et-", elle s'arrêta quelques instants, tentant de réunir le peu de courage qu'elle avait, "-je crois que nous avons perdu la mémoire. N-Nous n'étions pas ici dans nos derniers souvenirs…"

Marion lui lança un regard vif et plein de questions. Mais elle se ressaisit bien vite.

" Oui, acquiesça-t-elle, je pense qu'on a dû se cogner la tête et-et-" Marion éclata en lourd sanglot.

"On-On a dû dériver sur la plage, on-on s'est réveillé là-bas. M-Mais on a aucune idée de comment on a finit en mer, depuis combien de temps on-", Lili bafouilla, les mots sortant à une vitesse folle par sa panique.

"Ola ! Calmez vous", fit le marine en s'abaissant à leur hauteur, "tout va bien, vous êtes en sécurité ici. Venez avec moi, je vais vous amener au poste ou vous allez vous reposer un peu et après on verra pour votre situation d'accord ? Tout va bien se passer" leur assura t-il d'une voix ferme.

Tremblante, Lili attrapa la main de Marion et se releva avec difficulté, aidant son amie avec elle. Marion pleurait toujours. Le Marine leur sourit, tentant de les calmer comme il pouvait, et pointa vers la droite.

"Venez, la base est à cinq minutes d'ici, ça va aller.", il ouvrit la marche, regardant derrière lui pour être sur qu'elles le suivaient.

Les deux jeunes filles arrivèrent rapidement à la base, immense et identique à ce qu'elles avaient vu sur leurs écrans. Rapidement, le soldat salua ses collègues et expliqua dans un chuchotement inaudible la situation avant de les emmener plus profondément dans la base et d'ouvrir une porte.

"Reposez-vous un peu ici, je reviens pour qu'on discute en détail votre situation. Souhaitez-vous boire quelque chose ? Un café, un thé ? Ou un chocolat chaud ?", d'un ton calme, il les dirigea à une table où trois chaises se trouvaient.

Marion les suivit, sans rien dire. Elle avait cessé de pleurer mais son visage était devenu plat, vide. Regardant son amie, la blonde inspira et hocha de la tête au Marine.

"D-Deux chocolats chauds, s-s'il vous plaît Monsieur…", elle amena Marion a une des chaises pour qu'elles s'assoient et regarda de nouveau le Marine, "M-Merci beaucoup…"

L'homme hocha de la tête et quitta la salle, très certainement pour chercher les chocolats chauds, laissant les deux jeunes filles seules. Lorsqu'il revint, Lili tentait de réconforter Marion, murmurant "ça va aller" et "on va s'en sortir". Il pose les chocolats sur la table et laissa Lili prendre quelques gorgées avant de se racler la gorge. L'attention de la jeune fille se retourna vers lui immédiatement.

"Je sais que ce qui vous arrive est très difficile, mais je dois vous poser quelques questions. Ça nous permettra de vous aider. Est-ce que vous êtes prêtes, ou vous souhaitez attendre un petit peu ?", il tourna les pages d'un porte-bloc puis la regarda calmement.

"... Non, j-je préfère qu'on fasse ça maintenant…", elle inspira et garda dans ses mains le chocolat chaud, tentant de se réchauffer. Le marine hocha de la tête à sa réponse.

"Bien, avant toutes choses, je souhaiterais connaitre vos noms."

"L-Lili, et mon amie s'appelle Marion…"

"Amie ? Pas soeurs ?"

"A-Amie, n-nous n'avons pas de famille…", elle baissa les yeux tristement. Le mensonge avait un goût amer sur sa langue. Elle prit une autre gorgée du chocolat chaud.

"Vous m'avez expliqué que vous pensez avoir perdu la mémoire, qu'est-ce que vous vouliez dire par là ? Quelle est la dernière chose que vous vous souvenez ?"

La blonde inspira, et resta quelques secondes silencieuses.

"Je… Avec Marion on marchait dans la rue… O-On venait de se retrouver pour faire une petite sortie ensemble, e-et quand on a voulu passer un passage u-un chariot a failli nous renverser. On a esquivé comme on a pu et je me suis fais mal à la tête, a-après ça j'ai perdu conscience e-et quand je me suis réveillé on était sur cette plage…", elle se mordilla les lèvres après sa tirade.

Le Marine nota au fur et à mesure les informations, puis sembla réfléchir quelques secondes.

"Une perte de mémoire est la conclusion la plus plausible en effet… Pouvez-vous me dire le nom de votre île ?"

Elle déglutit et serra ses mains autour du chocolat chaud. La tasse était tiède, sinon que la boisson s'était refroidie.

"Je… ", la peur retournait son estomac, l'amenant au bord des larmes, "je ne m'en souviens pas… J-Je ne sais plus !", les larmes coulaient sur ses joues et elle ferma ses yeux avec force en baissant la tête, "je ne sais pas ce que je fais ici…"

Elle venait de mentir à un soldat et la peur de se faire démasquer la pétrifiait. Soupirant, le soldat se releva doucement et plaça une main sur son épaule.

"Ça va aller Mademoiselle, on va trouver une solution. On va s'arrêter ici pour ce soir d'accord ? La journée fut longue après tout."

Elle resta silencieuse quelques secondes puis rouvrit les yeux.

"Monsieur… Qu'est-ce qu'on va faire si on ne peut pas retourner d'où on vient… ?", sa voix était faible, apeurée par la réponse qui viendra.

Calmement, le Marine les regarda et hocha résolument de la tête.

"Ne vous inquiétez pas, si cela devait arriver, la Marine vous aidera à trouver un endroit pour vous. Suivez-moi, pour l'instant vous avez besoin de repos.", il se redressa et attendit qu'elles se lèvent pour sortir de la pièce.

De nouveau dans les couloirs de la base, il les guida vers une autre porte et l'ouvrit, montrant une chambre.

"Reposez-vous, quelqu'un passera pour vous emmener à manger, et on reprendra là où on s'est arrêté, d'accord ?"

Faiblement, Lili hocha de la tête et regarda le soldat refermer la porte sans un mot.

Les filles s'assirent sur le lit en silence. Pas un mot ne fut prononcé durant un long moment. Puis, Marion releva la tête et regarda Lili avec de grands yeux terrifiés.

"On est dans One Piece n'est ce pas ?" Demanda-t-elle d'une voix rauque. Elle savait déjà la réponse mais peut-être espérait-elle un déni de la part de son amie, un rire même lui disant qu'elle rêvait. Quelque chose pour nier la réalité. Néanmoins, Lili ne lui donna rien de tout ça. Elle se tourna vers elle, les yeux rouges et aussi apeurée qu'avant.

"On est dans One Piece.", sa voix était toute tremblante, craquant vers la fin.

Un mois plus tard

Dans un petit bar, la porte en bois s'ouvrit en grand, laissant Lili sortir. Dans ses mains, un panier en osier vide.

"Marion !" S'écria Lili " Je pars faire des courses !", elle regarda la rue pleine de vie et fit un signe de la main à un commerçant passant en face d'elle.

" Ok à toute !" S'écria Marion. Elle se remit à essuyer la table du bar avec soin, regardant le ciel bleu à l'extérieur.

Un mois était déjà passé depuis leur arrivée sur cette île et elles commençaient enfin à s'habituer à la vie ici. Et les villageois commençaient aussi à s'habituer à elles.

"Tout ce passe bien ma chère ?" Demanda une vieille femme avec un grand sourire. C'était la gérante du bar, une femme âgée aux cheveux poivres sel d'une gentillesse sans précédent. Et aux nombre incroyable de petits enfants.

"Oui bien sûr ! Lili est partie chercher ce qu'il manquait pour ce soir !" Répondit Marion avec un petit rire. Elle remit le chiffon mouillé dans un seau et s'apprêtait à aller jeter l'eau.

"Attends, attends ! fit la gérante, Viens par là" dit-elle en lui faisant signe. Marion approcha rapidement. La vieille dame lui prit la main et lui mit un billet dedans.

"Tiens, vas t'amuser un peu aujourd'hui avec Lili" lui dit elle

"Je ne peux pas accepter !" Répondit Marion en essayant de lui remettre le billet dans la main

"Si tu peux ! Prends une après-midi de repos avec Lili, achetez- vous un petit quelque chose. Pour vous féliciter de votre travail ! Zou zou !" La chassa la grand-mère.

"Merci" chuchota Marion

La vieille femme lui sourit gentiment, en réponse Marion lui embrassa la joue avec joie. Heureusement qu'elle avait été là, c'était elle qui un mois plus tôt leur avait donné un emploi et un toit, après que le marine les ai gentiment ramène en ville. Marion ne sait pas trop ce qu'il serait advenu d'elles sinon, coincé ici, dans ce monde parallèle où elles étaient seules sans connaître personne.

Elle lui fit un petit signe d'au revoir en sortant par la porte

" A ce soir !" S'écria Marion en sortant. Elle traversa vite les rues du village, ses pieds claquant contre le pavé. Si elle se rappelait bien, Lili lui avait dit qu'il lui fallait des citrons. Elle devrait être par…

Là ! Marion accéléra le pas en voyant les cheveux blonds de son amie, actuellement occupée à admirer une rangée de citron.

"Lili, s'écria Marion en chopant son amie par les épaules, bouh!"

La blonde sursauta en laissant un petit cri s'échapper, et se retourna en panique.

"Marion ! Mais ça va pas ?!", elle pose une de ses mains à sa poitrine, tentant de calmer son coeur qui battait à cent à l'heure, "Me fait plus ça !", elle gonfla les joues dans une moue.

"Promis, répondit Marion en croisant les doigts derrière son dos, tiens regarde ! La gérante m'a donné de quoi nous amuser un peu cet aprem ! Tu viens ?" Lui dit elle en lui montrant le billet qu'elle avait gardé serré dans sa main

Lili écarquilla les yeux à la vue des billets, son regard passant de Marion aux billets à vive allure.

"C-C'est vraiment bon ? D-De nous donner de l'argent comme ça-"

"Elle a refusé que je lui rende, donc je pense que oui. Tu veux t'acheter quoi avec ?"

"Ah attends !", elle regarda le vendeur et lui donna l'argent pour les citrons, puis rangea les agrumes dans le panier. Enfin, elle se retourna vers Marion. "Trouvons quelque chose qu'on peut acheter pour nous deux, l'argent c'est pour nous deux après tout !"

"Tu me connais Lili, je veux m'acheter de la bouffe. Ça ne coûte pas si cher… Tu voulais pas un rouge à lèvres depuis un moment ? On a peut être assez avec ça non ?"

Lili regarda les magasins autour, réfléchissant.

"Ce serait bien si on avait assez pour que je me prenne un rouge à lèvre oui… J'aimerais bien me prendre une palette de fard à paupière aussi à un moment donné ! Faudrait regarder le prix du maquillage ici !"

"On peut regarder maintenant oui, La gérante nous a donné l'après midi"

"Oooh, c'est super ça ! Va falloir qu'on bosse bien ce soir pour la remercier !"

"J'espère juste qu'elle ne va pas encore essayer de me caser avec l'un de ses petits fils. C'est le quatrième qu'elle me présente cette semaine. Combien en a-t-elle au juste ?" marmonna Marion

Sympathique, Lili lui tapota l'épaule en rigolant.

"J'espère pour toi qu'elle n'a pas cinq enfants parce que sinon le nombre de petits-enfants peut être sacrément grand !", chantonnant, elle avança dans la rue en regardant un peu partout, tentant de trouver une boutique qui aurait du maquillage.

"Mon dieu quelle horreur ! Ne parles pas de malheur !"

Soudainement, la blonde s'arrêta nette, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte de surprise.

"Lili, demanda Marion en voyant que son amie ne l'a suivait pas, Ça va ?"

L'ignorant comme dans une transe, Lili s'avança vers le mur d'une bâtisse et attrapa une affiche, les mains tremblantes.

"... Marion.", d'une voix faible et craquante, elle appela son amie.

"Oui ? Qu'est ce qu'il y a ?" Répondit Marion en la rejoignant

Se retournant vers Marion, elle montra l'affiche.

Tendant la main, des flammes l'encerclant et un sourire narquois aux lèvres, l'affiche de Portgas D. Ace était dans

les mains de Lili, tenu avec grande délicatesse. Ses yeux qui montraient jusque là de la surprise, prenaient peu à peu une lueur d'espoir et de détermination.

"Marion. Ace est encore vivant."