Salut à tous ! voici le chapitre de ce samedi :) Je m'excuse de ne pas avoir publié mercredi. J'ai eu, en quelque sorte, une panne de réveil. Du coup je suis parti en trombe de la maison, et je n'ai pas eu le temps de publié sur le reste de la fin de semaine. C'est pour ça que pour me faire pardonner, je publie deux chapitres au lieu d'un ce week-end. Un aujourd'hui, un demain ! Sympa, n'est-ce pas ?

Allez je vous laisse profiter de votre lecture ;)

Enjoy !


Alors que Dorea avait terminé son récit, elle tourna son regard émeraude vers Drago, qui s'était levé pour contempler le paysage venteux au-dehors, à travers l'immense fenêtre donnant une vue imprenable sur la mer déchaînée en contrebas. Puis, elle porta son attention sur son frère.

Il était resté assis, silencieux, comme le blond, et avait baissé les yeux, évitant soigneusement de croiser les siens.

Le silence s'étira, tandis que le malaise éprouvé par la jeune femme ne faisait que grandir, ressentant la colère des deux jeunes hommes remplacer l'intense soulagement qu'ils avaient éprouvé une heure plus tôt.

Enfin, Harry ouvrit la bouche.

- Est-ce qu'ils savent ?

Dorea observa son frère et comprit aussitôt ce qu'il lui demandait.

- Non. Pas même Daphné, Théo ou Blaise. Je n'ai rien dit à personne. Mais… je sais qu'après la guerre, si nous la gagnons… si nous vainquons Tu-Sais-Qui… alors je finirai mes jours en prison.

Harry soupira et ferma les yeux de dépit, la douleur transparaissant sur son visage.

- C'est pour ça que tu t'es laissée mourir ? demanda Drago froidement, toujours dos à eux.

- Je… j'avais été projetée dans l'eau. Remonter était difficile.

Le blond se retourna brusquement, et Dorea put voir la rage briller dans ses yeux métalliques, désormais plus sombres.

- Tu es une excellente nageuse, Artwood, siffla-t-il en s'approchant de la table pour s'y appuyer. Tu étais toujours consciente.

- Il a raison, acquiesça Harry.

- Alors ma question est très simple, Dorea, reprit Drago. Est-ce que tu avais réellement envie d'en finir ?

Dorea regarda tour à tour son petit ami – si elle pouvait encore définir leur relation ainsi – et son frère. Puis elle baissa la tête et acquiesça.

Harry et Drago échangèrent un regard entendu.

- On ne dira rien. À personne, dit Harry.

- Merci, souffla Dorea en avançant sa main vers la sienne.

Mais il la retira aussitôt.

- Je n'ai pas dit que j'approuvais ce que tu as fait.

- Potter, soupira Drago, elle n'avait pas le choix.

- Si elle l'avait. On a toujours le choix.

- Pas quand on a affaire au Seigneur des Ténèbres, rétorqua le blond sèchement.

Il se redressa alors, observant le brun avec un certain dédain.

- Tu ne peux pas savoir ce que ça fait d'exécuter un ordre contre ta volonté. Toi, tu as toujours eu le choix. Mais moi… nous, fit-il en désignant la rousse et lui-même de son index, c'est différent. Elle a juste survécu tout au long de ces derniers mois, essayant de récolter des informations pour mettre fin à cette immense fumisterie.

- Tout comme moi, répondit Harry. On était dans le même bateau, je te signale, et je n'ai tué personne.

- Pourquoi es-tu autant en colère, Potter ? demanda Drago en plissant les yeux. Tu sais aussi bien que moi qu'elle regrette plus que tout ce qu'elle a été forcée de faire. Alors pourquoi es-tu en colère ?

- J'ai été à Godric's Hollow, déclara-t-il brutalement.

Les yeux de Dorea s'écarquillèrent de surprise. Drago, ne comprenant pas, fronça les sourcils. Puis, à son tour, réalisant ce que cela signifiait, ouvrit la bouche d'étonnement.

- Je n'aurais jamais pensé que tu mettrais les pieds là-bas, Harry, souffla Dorea. Il t'attendait, tu le savais, n'est-ce pas ?

- Nous avions pourtant pris toutes nos précautions avec Hermione…

- Non, mais es-tu vraiment idiot, Potter, ou le fais-tu exprès ? s'étrangla Drago.

- Drago... intervint Dorea.

Le jeune homme rejeta ses cheveux en arrière, signe que sa colère était sur le point d'exploser.

- Je… je sais que c'est difficile à… encaisser, reprit Dorea d'un ton hésitant. Et… Harry, je suis désolée pour tout ce qui s'est passé entre nous. Mais… je ne vais pas chercher à me justifier. J'ai fait ce que j'avais à faire et… je comprendrais si tu ne veux plus… enfin, tu sais ce que je veux dire, termina-t-elle dans un murmure.

Puis, Dorea se tourna vers le blond.

- Drago, durant un court instant, je me suis demandé ce que cela ferait si tout se terminait. Là, maintenant. Oui, on peut dire que j'ai eu envie d'en finir. Pour… de multiples raisons. Je… ces deux dernières années ont été si… mouvementées. La mort de mon père, de Sirius, notre histoire à tous les trois, tous mes mensonges, tous les actes innommables que j'ai commis… Mais lorsque je me suis réveillée, j'ai compris que j'avais fait une grave erreur. Je n'avais pas le droit de laisser tomber. Il y avait Harry. Il y avait toi… Il fallait que je continue à me battre. Il fallait que j'avance. Je sais que tu culpabilises, ajouta-t-elle alors que le blond ouvrait la bouche pour protester. Je te connais par cœur. Mais tu n'as pas à le faire. Ce n'est aucunement ta faute. J'étais perdue, et ce, depuis un bon moment. Il n'y avait rien à faire.

Les deux amants s'observèrent, comprenant qu'elle faisait référence à son passage à Poudlard en novembre dernier. Drago eut une image de lui et Astoria Greengrass, s'embrassant fougueusement. Il obstrua ses prunelles pour l'effacer, le regret émergeant chaque fois qu'il y pensait. Plus encore maintenant qu'il savait que Dorea était toujours là. Il l'avait trahie.

Non. Il devait oublier cela aussi.

- Et maintenant, comment te sens-tu ? questionna Harry.

Le ton de sa voix était froid, bien que la rousse puisse sentir une pointe d'inquiétude percer à travers.

- Bien… je me sens bien. J'avance, petit à petit. J'essaye de passer au-dessus, de me pardonner pour tout ce que j'ai fait, même si… ce n'est pas facile et… ça ne le sera jamais. Cela me poursuivra toute ma vie, je le sais, ajouta-t-elle en haussant tristement les épaules. Mais maintenant que vous êtes là et que… vous savez tout, j'espère que vous aussi pourrez me pardonner.

Le Serpentard et le Gryffondor échangèrent un nouveau regard.

- J'ai besoin de… temps, Dorea, dit alors Harry.

- Je comprends…

Le brun se leva et quitta la pièce sans même lui jeter un autre regard. Dorea retint ses larmes. Elle avait retrouvé son frère, et à présent, elle le perdait à nouveau. Elle tourna la tête vers Drago, qui était resté debout.

- Et toi, as-tu besoin de temps aussi ?

Le jeune homme reprit alors place à côté d'elle, tirant la chaise pour s'y installer.

- Je ne suis pas un grand fan de Potter, comme tu le sais, mais… dans un certain sens, je peux le comprendre.

Dorea hocha la tête et s'efforça de dissimuler les larmes qui commençaient à couler sur ses joues.

- Néanmoins, ajouta-t-il en prenant sa main, même si… ça va être compliqué pour moi de te pardonner de m'avoir fait endurer tous ces mois de souffrance, je n'ai pas envie de passer à côté une fois encore. Sache que mes sentiments sont restés inchangés depuis… enfin, tu sais.

- Oui, moi aussi.

Tous deux s'observèrent, entrelaçant leurs doigts. Puis, un éclair de lucidité passa dans le regard du blond, et il se recula légèrement.

- Quoi ? demanda Dorea, perplexe devant son expression.

- Tu… tu n'as rien dit à ton frère concernant Rogue ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que mon frère peut voir ce qui se passe dans la tête du Seigneur des Ténèbres. Et inversement. Si Harry sait ce que Rogue a fait, c'est fini.

Drago fixa Dorea, plissant légèrement les sourcils.

- Si le maître peut voir ce qui se passe dans la tête de Potter, pourquoi as-tu demandé qu'il vienne ici ? Il pourrait débarquer avec une armée de Mangemorts et nous attaquer.

- Il ne le fera pas. Ou du moins, il ne peut pas. Dunnotar est un ancien château, entouré d'enchantements puissants pour la sécurité de ses habitants. Tu as vu les remparts à l'extérieur ? Celui qui s'approche sans l'accord du gardien du secret – c'est-à-dire moi – même si l'ennemi est en possession de ce secret, ne pourra pas passer les remparts sans être atteint par une flèche mortelle.

- Rassurant, sourit Drago avec une pointe d'ironie dans le regard.

Dorea lui sourit à son tour. Tous deux, s'approchant lentement au-dessus de la table, fermèrent les yeux, tentant de savourer la sensation que pourrait leur procurer ce nouveau baiser.

Cependant, la porte s'ouvrit brusquement, et Deirdre entra dans la pièce. Ils se reculèrent immédiatement, l'air d'avoir été pris la main dans le sac. La tante les observa puis plissa les yeux, soufflant d'exaspération.

- Les membres de l'Ordre sont partis, annonça-t-elle sur un ton pincé. Nous remettrons notre réunion à plus tard.

- D'accord.

Drago réalisa alors ce dont ils étaient en train de débattre lors de leur arrivée.

- Attendez, quelle réunion ?

- Vous ne faites pas partie de l'Ordre, cela ne vous concerne pas, Mr Malefoy, répondit Deirdre sèchement.

- Deirdre…, avertit Dorea dans un soupir las.

Elle envoya un regard suppliant à sa tante, qui reprit.

- Nous nous sommes réunis ce matin pour savoir comment exfiltrer votre mère du Manoir Malefoy. Dorea nous a assuré de sa bonne foi et a réuni tout le monde pour monter une opération.

- Non, ne faites surtout pas ça, dit Drago brusquement.

- Quoi ? demanda Dorea. Mais Drago, ta mère est…

- Certainement en train d'être torturée par le Seigneur des Ténèbres. Je sais. Mais la sortir de là lui ferait courir un énorme danger. Il ne la tuera pas. Et il ne tuera pas mon père. Vous savez comment fonctionnent les lois de succession chez les Sang-Pur ?

La tante et la nièce opinèrent.

- Il sait que je suis l'héritier direct. C'est donc un énorme moyen de pression qui pèse sur lui, en plus du reste.

- Ça ne fait que le rendre de plus en plus faible.

- Exactement.

- Bien, souffla Deirdre. Je vais donc demander à Ludwig de prévenir l'Ordre et de laisser tomber toute opération d'exfiltration pour votre mère.

- Je vous remercie. Nous conviendrons de ce qu'il faudra faire quand l'occasion se présentera.

La tante resta immobile, fixant les deux jeunes avant de croiser les bras, attendant qu'ils sortent de la pièce.

- Euh… je vais t'accompagner à ta chambre, dit Dorea à l'adresse de Drago.

Alors qu'ils entreprirent de se lever, Deirdre alla jusqu'à l'entrée, ouvrit la porte et appela un valet de pied :

- James, voulez-vous bien accompagner Monsieur Malefoy dans sa chambre ?

- Tante Deirdre ! protesta Dorea.

- Non, je veux que les choses soient très claires entre nous, fit alors l'épouse Feldmann en s'avançant. Il est hors de question que j'accepte de vous laisser seuls dans une pièce tous les deux, jour et nuit. J'ai pris soin d'installer Miss Granger dans ta chambre, Dott', et vous, Monsieur Malefoy, aurez Monsieur Potter pour camarade de chambrée. Ne croyez pas que je ne sois pas au courant de ce qui s'est passé entre vous au Nouvel An à Highclere l'année dernière. Donc, vous êtes ici sous mon toit, et je vous demande de respecter mes règles. Est-ce clair ?

Tous deux échangèrent un regard contrit.

- Oui, tante Deirdre, chuchota Dorea.

- Bien, alors montez dans vos chambres tous les deux. Mr Malefoy, des vêtements propres ont été déposés sur votre lit. Nous vous attendons pour le déjeuner à midi trente. Et pas une minute de retard ne sera tolérée.

- J'ai compris, siffla Drago entre ses dents.

Tous deux sortirent de la pièce, aussi silencieux que s'ils avaient été assommés, tandis que la tante inspira et expira sa nervosité. Ils croisèrent Ludwig, qui entrait et rejoignait sa femme.

- Tu es au courant que tu viens de les pousser à faire ce que tu leur interdis de faire ? dit-il, amusé par la détermination des deux anciens Serpentards plutôt que par la sévérité de Deirdre.

Cette dernière se figea, puis grogna d'agacement avant de quitter la salle à manger sous l'éclat de rire de son époux.

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Dorea et Drago suivaient le valet de pied le long des couloirs, alors qu'ils tournaient une nouvelle fois à droite. La jeune femme sentit les doigts de Drago effleurer les siens, ralentissant le pas. James tourna à gauche, s'enfonçant dans un autre couloir, et le blond saisit sa chance.

Il attrapa la main de Dorea qu'il tira vers lui et la poussa contre le mur sur le côté avant de poser ses lèvres sur les siennes, engageant un baiser langoureux. Il sentit la langue de la jeune femme s'enrouler autour de la sienne et, ravi de cette initiative, il approfondit le baiser, retenant un gémissement de plaisir.

Lorsqu'il entendit des pas s'approcher, il se détacha de la jeune femme et lui adressa un clin d'œil avant de poursuivre le valet de pied qui venait de rebrousser chemin en constatant l'absence du blond derrière lui.

Dorea, quant à elle, arborait un sourire rêveur en contemplant le blond disparaître à l'angle du couloir.

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- Potter, fit Drago en entrant dans la chambre.

- Malefoy, répondit le brun, déjà installé sur le lit à baldaquin de gauche.

Drago s'avança vers l'autre lit, où il put distinguer une chemise blanche et un pantalon plié sur l'édredon.

- La tante de Dorea nous a donné quelques habits neufs pour notre séjour ici.

- Je le sais, oui, marmonna Drago.

- Il y a la salle de bain, juste ici, ajouta le brun en désignant une porte en face d'eux.

Il avait l'air nerveux, comme mal à l'aise.

La chambre était spacieuse, même très spacieuse. Le sol était recouvert d'une moquette dans des nuances de pourpre, ornée de dessins brodés au fil d'or qui couvraient toute sa largeur. D'immenses baies vitrées ouvraient sur un balconnet surplombant la pointe du rocher. Les murs étaient clairs, et le mobilier, en bois sombre, était sculpté avec le plus grand soin.

- Tu n'es pas habitué à ça, Potter. N'est-ce pas ?

Pour une fois, il n'y avait pas la moindre trace de dédain dans sa voix. Simplement une constatation.

- Je… je n'avais jamais imaginé que les Artwood étaient aussi riches.

- Ce qu'on appelle des nouveaux riches, rectifia Drago en prenant place sur son lit pour enlever ses chaussures. Ils ne font même pas partie du registre des vingt-huit.

- Alors que les Malefoy, si ?

- Exactement.

- Tu ne peux pas manquer une occasion de faire étalage de ta supériorité, souffla Harry, dépité.

- C'est ma nature, je n'y peux rien, répondit Drago en haussant nonchalamment les épaules.

Potter leva les yeux au ciel, puis s'effondra sur le lit, soupirant de lassitude.

- Tu comptes lui faire la tête longtemps ? questionna alors Drago.

- Comment ça ?

- À Dorea ?

- Malefoy…

- Non, écoute-moi. Tu as besoin de temps, et franchement, Potter, je peux comprendre. Ce n'est pas facile à encaisser ce qu'elle nous a révélé tout à l'heure. Mais la question est… veux-tu encore la mettre de côté pour… je ne sais quelles multiples raisons ? Tu ne trouves pas que ça a assez duré, non ?

- C'est pour toi qu'elle a fait tout ça.

- Et pour toi également.

- Alors qu'est-ce que tu proposes, Malefoy ? Qu'on se serre enfin la main et qu'on chante tous en chœur l'hymne de Poudlard ?

- Je n'irai pas jusque-là. Mais on pourrait commencer par être cordiaux. Au moins devant elle ? On n'est pas obligés de se parler, mais on n'est pas non plus obligés de…

- S'insulter, acheva Harry.

Un silence s'ensuivit, puis le brun ajouta :

- Tu te rappelles ce qu'elle a dit l'année dernière ?

- Il s'est tellement passé de choses l'année dernière…

- Le lendemain de… de notre confrontation.

- Tu veux dire cette fois où tu as failli m'écorcher vif ?

- Tu l'avais mérité, Malefoy. Tu as bien failli tuer Katie Bell et Ron avec tes conneries.

- Encore une fois, Potter, maintenant que tu es en possession de tous les éléments, crois-tu vraiment que j'avais le choix ?

Le Gryffondor ne répondit pas.

- Ouais… c'est bien ce que je pensais. C'est trop facile de juger quand on n'a jamais été soumis à ce genre de situation.

Drago souffla, exaspéré, puis attrapa ses vêtements pour se diriger vers la salle de bain.

- Elle a dit qu'on n'avait jamais fait d'effort pour elle, murmura alors Harry.

Le blond s'arrêta et se tourna vers lui. Le brun leva les yeux vers lui et ajouta :

- Ça vaut peut-être le coup d'essayer ?

Drago hocha la tête puis entra dans la salle de bain pour se laver.

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Dorea descendit les escaliers pour traverser le hall et se rendre dans la salle à manger. Ce n'est que lorsqu'elle passa devant la bibliothèque qu'elle put percevoir des bribes de conversation.

- … il faut interroger Ollivander.

- Harry, Dumbledore voulait que tu te concentres sur les horcruxes. Pas sur les Reliques de la Mort, dit Hermione.

Dorea pénétra dans la pièce et constata non seulement la présence des trois amis, mais aussi celle de Daphné, Blaise et Théo.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en se joignant à eux.

Elle se dirigea vers le centre de la pièce dont les murs étaient entièrement recouverts de livres rangés derrière des vitrines de bois et de verre. Ils étaient tous installés sur des fauteuils et des sofas, chuchotant avec un air conspirateur.

Harry se tourna vers elle, ouvrant la bouche, prêt à parler, mais s'arrêta net, jetant un regard par-dessus son épaule. Dorea fit volte-face et vit Drago se tenir à l'entrée de la pièce.

- Tu peux parler, fit Dorea. Il sait.

Le brun lui lança un regard réprobateur puis inspira. Drago s'installa près de Dorea et posa machinalement une main sur sa cuisse.

- Est-ce que vous connaissez le conte des trois frères ?

Tous échangèrent un regard interloqué, sauf Dorea et Drago, qui se mirent à sourire. Hermione fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que vous savez, tous les deux ?

Elle se leva et se dirigea vers le fond de la pièce où se trouvait une petite table en bois d'acacia. Elle ouvrit le tiroir et tira un parchemin. Elle attrapa la plume qui se trouvait dans l'encrier et se mit à dessiner un cercle. Tous se levèrent également et la rejoignirent pour observer le dessin. Elle traça alors un triangle, puis un trait au milieu.

- Les Reliques de la Mort, annonça-t-elle d'un ton si sérieux que tous furent suspendus à ses lèvres. Je l'ai également dessiné dans le conte de Beedle que t'a légué Dumbledore, Hermione.

- C'est toi qui…

Mais Dorea poursuivit.

- La pierre, fit-elle en indiquant le cercle. C'est la bague de Gaunt. Où se trouve cette pierre ? Je n'en sais rien pour le moment. La cape d'invisibilité, ajouta-t-elle en adressant un regard insistant à son frère.

- Howard Potter a épousé Iloande Peverell, intervint Drago, elle-même petite-fille…

- D'Ignotus Peverell, devina Harry dans un souffle.

- Ça, on l'avait deviné, que la cape était une des Reliques de la Mort, dit Ron.

- Et la Baguette de Sureau, reprit Dorea. Pour l'instant, nous ne savons pas où elle se trouve. Tout ce qu'on sait, c'est que les Reliques existent et que cela pourrait nous aider à vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais nous n'avons qu'une Relique sur trois. La cape de notre père. Pourquoi veux-tu interroger Ollivander, Harry ?

- Parce que… je veux avoir confirmation que Vous-Savez-Qui les cherche aussi.

Dorea et Drago se regardèrent.

- C'est pour ça qu'il partait si souvent en voyage, réfléchit Dorea à voix haute.

- Potter, c'est très bien, tout ça, mais ça ne nous dit pas où vous en êtes avec les horcruxes, dit Blaise. C'est ce que disait Granger, non ? C'est ça votre mission : les détruire.

- Nous en avons déjà détruit un : le médaillon de Serpentard, expliqua Harry.

- Co… comment ?

- L'épée de Godric Gryffondor, souffla Drago.

- Il faut savoir qu'un acier forgé par un gobelin absorbe ce qui le renforce, précisa Hermione. Harry a tué le basilic en deuxième année dans la Chambre des Secrets. Le venin de basilic est l'une des substances capables de détruire un objet habité par une magie aussi noire qu'un horcruxe. Tout comme le Feudeymon.

- Et cette épée, c'est vous qui l'avez ? interrogea Théo.

- Oui… d'ailleurs…

Hermione jeta un coup d'œil à Dorea et Drago.

- À la mort de Dumbledore, son legs a été bloqué par le ministère, informa Dorea. Le maître voulait mettre la main sur cette épée. Il m'a donc missionnée, avec Drago, de la récupérer. Et nous l'avons fait. Sauf que nous avons obtenu une copie. Cette copie, nous l'avons donnée au Seigneur des Ténèbres, qui l'a confiée à Rogue.

- Et qui l'a remise dans son coffre à Poudlard, devina Daphné. Les membres de l'A.D ont essayé de la prendre un jour.

- Donc Rogue a redonné l'épée au maître et a ordonné qu'on la mette en lieu sûr, poursuivit Dorea. Je le sais, car je suis allée en personne à Poudlard la récupérer pour la donner à Lestrange qui m'attendait à Gringotts. Elle l'a entreposée dans sa chambre forte. Mais pendant ce temps, c'était nous qui avions la vraie. Cachée chez nous, en sécurité.

- Chez vous ? releva Harry.

- On t'expliquera plus tard, Potter, dit Drago.

- Je ne comprends pas, fit alors Blaise. Comment Harry est-il entré en possession de l'épée ? C'est toi qui la lui as donnée, Dott' ?

Dorea s'immobilisa un instant, songeant soudainement à Severus Rogue.

- Oui, la biche ! s'exclama Ron. C'est ton Patronus, n'est-ce pas !

- Weasley, le Patronus de Dorea est un aigle royal, corrigea Drago, agacé.

- Souviens-toi au mariage de Bill et Fleur. C'est elle qui nous a prévenus que les Mangemorts arrivaient, se souvint Harry.

- Ça valait le coup d'essayer, marmonna le rouquin dans sa barbe.

- En tout cas, je ne sais pas comment tu es entrée en possession de l'épée, Harry. Tout ce que je sais, c'est que le jour où je suis partie pour High Marnham, l'épée était encore dans le bureau à Belgrave Square.

Elle savait dorénavant que c'était Rogue, qui avait récupéré la véritable épée lorsqu'elle avait rendu vite à Poudlard, qui avait donné cette dernière à Harry. Cela ne pouvait être personne d'autre. Toutefois, révéler cette information à Harry, mettrait leur ancien professeur dans une position plus que délicate.

C'était un pur mensonge. Elle le savait, et Drago, qui la fixait avec suspicion, le savait aussi. Heureusement, les autres ne remarquèrent rien.

- Ouais, enfin, le principal, c'est qu'on ait cette épée, dit Ron.

- Maintenant, reste à savoir où se trouvent les autres horcruxes, soupira Blaise.

- Lestrange avait l'air si… paniquée à l'idée qu'on soit entrés dans la Chambre des Secrets, déclara Hermione. Avec Harry et Ron, on se demandait si…

- Un autre horcruxe ne s'y trouverait pas, murmura Dorea.

- Comment… ?

- C'est… je n'y avais pas porté beaucoup d'importance, mais lorsque je suis allée apporter l'épée à Gringotts, le gobelin qui était avec Lestrange lui a demandé si c'était le « même procédé » que la dernière fois. Peu de temps après, j'ai entendu une conversation entre le Seigneur des Ténèbres et elle.

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Dorea avança le long du couloir, la démarche floue, ne sachant pas ce qu'elle faisait réellement. Elle avait l'impression que les murs tournaient autour d'elle, ou bien était-ce elle qui ne marchait pas droit.

Le regard trouble, elle plissa les yeux pour remarquer que la porte au bout du corridor, menant aux appartements de Lord Voldemort, était entrouverte. De là, elle percevait quelques murmures.

Elle s'approcha lentement, tâchant de faire le moins de bruit possible, inspirant et expirant aussi profondément que son état le lui permettait.

- … est en sécurité dans le coffre, maître, disait Bellatrix.

Dorea, à travers l'ouverture, put voir Voldemort, de dos, redressant la tête, caressant son crâne de ses deux mains. Bellatrix le contemplait avec une dévotion que Dorea avait rarement vue chez une personne ordinaire.

- Bien, siffla Voldemort. La sécurité a-t-elle été renforcée ?

- Oui, maître, comme vous l'avez demandé. Personne ne peut atteindre la coupe.

- C'est bien… c'est bien, fit Voldemort pensivement. Ne devrais-tu pas partir en mission ?

- Oui, Arty est sûrement déjà arrivée, dit Bellatrix en contournant le maître pour s'approcher de la sortie.

La rousse recula aussi brusquement que si elle s'était brûlée et courut à petits pas vers les escaliers pour regagner le salon, le souffle haletant.

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- Donc, tu veux dire que la coupe d'Helga Poufsouffle se trouve dans la chambre forte des Lestrange ? demanda Harry.

- C'est ça, confirma Dorea.

Harry et Dorea échangèrent un regard complice.

- Attendez, attendez, fit Daphné, légèrement paniquée. Si je résume la situation : nous avons encore trois horcruxes à détruire, dont nous connaissons l'emplacement d'un. C'est impossible de récupérer la coupe, puisqu'elle est dans le coffre des Lestrange. Alors, comment on fait ? On se concentre sur les autres ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

- Certainement un objet qui appartenait à Serdaigle, dit Dorea.

- Et Nagini, répondit Drago.

Daphné fixa son meilleur ami, puis ouvrit la bouche, les yeux écarquillés.

- Tu veux dire que ce malade mental a fait de son serpent un horcruxe ?

- Il le garde tout le temps près de lui. Il a même une connexion avec ce sale serpent, expliqua Drago. C'est certain que Nagini est le sixième horcruxe.

- J'espère que tu te trompes, Malefoy, murmura Ron.

- Crois-moi, j'espère aussi, Weasley…

- Bon, alors, que fait-on ? dit Blaise. On va rendre visite au Seigneur des Ténèbres et on lui demande gentiment s'il peut nous donner ses horcruxes pour que nous les détruisions ? Autant lui demander de nous assassiner directement, ça ira plus vite !

Dorea et Harry ne cessaient de se regarder, conscients de leurs pensées communes. Un débat silencieux se tenait entre eux. C'était comme s'ils étaient connectés, n'ayant même pas besoin de mots pour se comprendre.

- Tu crois que c'est possible ? demanda alors Dorea.

- On a la baguette de Lestrange, donc on peut essayer.

- De quoi vous parlez tous les deux ? s'intéressa Daphné.

- Il faut demander de l'aide à Gripsec, poursuivit Dorea en s'appuyant sur le bureau. Sans lui, nous n'aurons aucune chance.

- Aucune chance de quoi ?

Hermione, qui ne cessait de leur jeter des coups d'œil, eut un hoquet de surprise, puis courut hors de la pièce.

- Qu'est-ce qui lui prend ? interrogea Théo en fronçant les sourcils.

- T'inquiète pas, ça va venir, répondit Ron. Elle réfléchit toujours avant de nous expliquer ce à quoi elle pense.

- Alors, vous deux, s'impatienta Daphné à l'adresse du frère et de la sœur, expliquez-nous ce qu'il se passe ?

- Le seul moyen de récupérer la coupe, c'est de s'introduire à Gringotts, dit Harry.

- Et de braquer le coffre des Lestrange, acheva Dorea.

Un silence s'installa dans la pièce, puis brusquement, les anciens Serpentards explosèrent.

- Non, mais vous n'êtes pas bien ! s'écria Daphné.

- Personne ne peut braquer Gringotts ! fit Théo.

- Et encore moins le coffre des Lestrange ! ajouta Blaise.

- Je l'ai ! s'écria Hermione en revenant dans la pièce, légèrement essoufflée, tenant une fiole à la main. Je savais que ça allait nous servir.

Elle tendit le petit tube en verre à Harry.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un cheveu de Bellatrix. Pendant qu'elle me… torturait, il est tombé sur ma veste.

- J'imagine que tu as du polynectar sur toi, devina Dorea.

- Oui.

- Alors, nous avons un début de plan, déclara la rousse en prenant la fiole que lui tendait son frère.

- Drago, dit quelque chose ! protesta Daphné avec fervente insistance. Tu ne vas pas les laisser faire.

- Vous ne pourrez jamais entrer dans Gringotts, intervint le blond

- Ah bah, merci ! siffla Daphné.

- Si vous n'avez pas quelques informations utiles concernant les coffres qui se trouvent dans les profondeurs de la banque, poursuivit Drago en ignorant la blonde. Gripsec vous sera utile, mais je peux l'être également.

Harry se tourna vers sa sœur, surpris par l'intervention du blond. Mais un large sourire illumina le visage de la jeune Artwood.

Il était temps qu'ils fassent équipe.