Bonjour, Bonsoir les loulous :)

Me voilà de retour pour vous jouer un mauvais tour ! Et surtout, pour apporter du Drarry dans un monde bien trop pauvre en Hurt/Comfort - aka le meilleur thème, mon coeur est faible que voulez-vous. J'avoue que je reprends tout doucement l'écriture des fics, notamment sur Harry Potter, n'hésitez pas à me dire si les personnages sont oocs (j'ai fait au mieux, ça me paraît déjà pas trop mal).

A la base, c'est un OS qui peut devenir une mini-fic par la suite, si l'histoire vous botte. Sinon, ça pourra se transformer en recueil d'OS Potterien, à vous de voir.

Bref, finit de déblatérer, place au dur !

Bonne lecture !


« Je t'attendrais.» qu'il avait dit.

La ruine de Poudlard, en fière guerrière, avait cessé d'accueillir toute forme d'espoir.

« Les choses changeront» avait-il promis.

La nouveauté avait depuis longtemps cessé d'être un cadeau pour lui.

« Je suis désolé»

Et il lui avait tendu sa main, blanche et froide, à l'image de son secret inavoué, ce fameux soir devant le lac. Immaculé. Délicate de ses sentiments.

« Je t'aime.»

Harry ouvrit doucement les yeux. Les cauchemars avaient depuis longtemps cessé d'être une source d'angoisse pour lui. Le monstre sous son lit s'agite, se débat, hurle.

Parfois, il lui arrivait de repenser à leurs étreintes, les soirs où leurs corps résonnaient comme une composante essentielle du temps. Peut-être aurait-il mieux fallut qu'il se lance un sort d'Oubliette. Repenser à lui ne lui avait jamais fait de bien.

Il se redressa. L'obscurité masquait ses sentiments, c'était plus facile à camoufler maintenant qu'il n'avait plus à partager sa chambre avec ses camarades de dortoir. Etre Auror n'avait pas que du bon, mais au moins il lui arrivait de rêver d'autres horreurs que de celle-là.

- Vous ne dormez pas, Harry Potter?

Le tableau face à lui parlait souvent, en spectatrice silencieuse de sa pièce de théâtre. Le tragi-comédie n'avait jamais été sa tasse de thé.

- Ce n'est ni l'heure ni l'endroit.

Ce n'était pas tout à fait vrai. A quatre heures passées, il était temps pour lui de rentrer à la maison.

- Comme si dormir sur le canapé de votre bureau vous avez déjà dérangé, le taquina le personnage.

Harry leva les yeux au ciel sans rien dire. Il ralluma la bougie éteinte, et retourna à ses dossiers.

Le monstre sous son lit n'existait pas vraiment. Il était capable de se répéter cette phrase une centaine de fois, si ça signifiait penser à d'autres choses.

Il ne crie ni ne s'agite plus, après tout. Pourtant, il sentait quelque chose grogner jusque dans ses entrailles. Se tordre. Se débattre.

- Je pense que j'ai trouvé une piste, lança-t-il à un moment donné, quelques minutes ou quelques heures plus tard.

Il avait l'impression d'avoir répété cette phrase une bonne centaines de fois. Même le tableau avait cessé de se réjouir. Désormais, elle se contentait de hocher la tête d'un air triste, comme s'il se raccrochait à un fantôme.

Peut-être aurait-il dû laisser tomber. Harry n'avait pas été là pour lui, il avait été incapable de l'attendre. Il n'avait même pas assisté à son procès. Et lorsqu'il avait été enfermé à Azkaban, il s'était dit que c'était peut-être mieux.

Les caresses et les heures teintées de mots murmurés que personne d'autre n'entendait, ne rachetait pas des mois d'asservitudes. La marque des Mangemorts brûlait sur sa peau comme la cicatrice de la honte et, bon sang, il l'avait choisi.

« Je t'aime» paraissait-il.

Qu'importe s'il avait embrassé cette même marque en lui murmurant qu'aucune cicatrice ne vivait réellement si on ne leur donnait pas leur importance.

- Je ne voulais pas ça, lui avait dit Draco, un soir où il s'était encore trop attardé dessus. Tu sais… Ma mère… elle ne mérite pas tout ça.

- Je sais. Je suppose.

Il avait hésité.

- J'attends pas que tu me comprennes, avait grogné Draco d'une voix acide en tirant sur sa manche. Le Grand Harry Potter ne peut pas comprendre la demi-nuance.

Il n'avait pas bien compris à ce moment-là. La zone de gris. Même sur un échiquier où les pions étaient noirs, ou blancs, il y avait cet endroit précis, caché dans la demi-mesure. L'entre-deux. Coincé entre les valeurs et la culture. Entre bien faire mais tout perdre, ou rentrer dans le moule.

- Ta marque n'a pas d'importance, avait-il répondu. La mienne non plus. C'est pas ma cicatrice qui va me donner la force de vaincre Voldemort. Les gens… évaluent ma valeur à ma cicatrice. Mais c'est pas elle qui va me sauver.

Draco avait les pupilles cachées entre ses cils et la pénombre.

- Ton tatouage n'a pas d'importance. Elle ne t'enferme pas dans une case. Tu peux encore changer d'avis. Rien n'est figé dans le marbre.

- C'est facile à dire, avait ricané Draco, la voix vacillante. Mon tatouage est une marque. Elle me donne une appartenance. Si je bafoue mon appartenance… ma mère va…

- Dumbledore peut t'aider.

- Ton directeur adoré n'est pas surpuissant.

- Moi, je peux t'aider.

Draco l'avait regardé comme s'il venait de sortir la plus grosse connerie du siècle, et il s'était senti vexé. Mais bizarrement, il n'avait pas surenchérit dessus.

.

Harry soupira. Il détestait repenser à tout ça.

- Où t'emmènes ta piste? lança le personnage, le sortant de ses pensées.

- Sainte Mangouste. Malfoy doit y aller pour une visite post-Azkaban, demain.

Le personnage n'avait rien répondu. Il avait l'habitude de ses fausses pistes pleines d'espoirs, prêtent à se racheter.

Harry n'avait pas été là pour lui au moment venu. Il lui avait dit qu'il l'attendrait. Que les choses changeraient. Que tout irait bien.

Puis Harry l'avait abandonné. Et, alors qu'il était grignoté par la culpabilité, il l'avait à nouveau ignoré. Ses lettres. Ses demandes. Son procès. Draco avait eu du mal à lui offrir sa confiance, et Harry, après l'avoir choyé de promesses, l'avait laissé tomber par terre, sans un regard, la laissant piétinée et blessée.

Ils n'étaient pas fait pour s'aimer après tout. Le gouffre entre les Serpentards, rusés et solitaires, et les Gryffondors, téméraires et honnêtes, était trop grand. Draco était un Sang-Pur capricieux et élitiste. Lui était justement voué à changer cet ordre là.

Ils n'auraient même pas dû s'accepter.

Il n'empêche que côtoyer des horreurs rapprochaient forcément. Les heures de colle de Snape aussi.

- Demain…, murmura Harry, plus pour lui-même que pour le personnage. Demain, je lui dirai tout.

Le personnage ne répondit rien. Il n'y avait rien à répondre après tout.

.

Harry avait le coeur battant. Il faisait le pied de grue depuis deux heures, passant et repassant son regard sur les visiteurs de l'hôpital qui le regardaient d'un drôle d'air.

Le monstre en lui s'agitait.

Peut-être que Draco ne viendra pas. Il n'en avait jamais rien eu à faire des connivences. Ou des visites inutiles. S'encombrer des futilités n'avait jamais été son truc, après tout.

Ou peut-être qu'il viendra, mais qu'il ne le reconnaîtra même pas. A quel point les années à Azkaban avait-il marqué son visage laiteux ? Ses cheveux avaient-ils toujours cette pureté blonde ?

- Euh, Monsieur Potter ?, appela prudemment une petite voix, juste derrière lui.

Il se retourna. La jeune infirmière qui l'avait interpellé l'observait d'un air inquiet, comme si c'était sa santé mentale qu'elle devait remettre en doute.

Il avait juste été incapable de dormir de la nuit. Mais il allait bien, seul le monstre en lui commençait à grogner..

- J'attends quelqu'un, lâcha-t-il d'une voix rauque.

- Vous voulez vous installer en salle d'attente ?

- On voit bien l'entrée ?

- Euh, oui, oui, bien sûr.

Elle le dirigea dans le hall, où il s'installa sur le banc le plus près de la porte. S'assoir lui fit un bien fou.

- Il y a plusieurs entrées ?

- Il y a la cheminette d'urgence. Mais sinon…

- Ca ira. Je veux dire, merci.

Harry se mordit la lèvre. Son coeur menaçait d'exploser.

Et puis il le vit.

L'infirmière était encore face à lui, pourtant il prit toute la place dans son champs de vision. Il venait de passer la porte, les mains dans les poches d'un robe traînante, l'air négligé.

Il était là. Vivant. En chair et en os.

Un imbroglio de sentiments indescriptibles dégoulinèrent en lui. La terreur l'écrasa, l'angoisse le pétrissa, la joie – putain, enfin, il était là, après toutes ces années de vaines recherches – fit trembler tout son corps, de façon à ce qu'il fût obliger de reprendre un instant son souffle avant de se lever.

Ses jambes flageolaient. Il ignora la gentille infirmière qui était en train de lui parler - quelque chose autour de : « je suis une grande admiratrice, Monsieur Potter, vous... » et il s'avança.

Il était là.

C'était la certitude la plus effrayante qu'il ait ressenti.

Il était là.

- Malfoy… ?

Draco se retourna du guichet sur lequel il venait de donner son nom.

Son visage se para d'une expression de stupeur complète. Harry ouvrit la bouche, ses lèvres s'agitèrent dans le vide, incapable d'émettre le moindre mot.

Il était là.

Il avait perdu sa blondeur pure et son visage androgyne. Une barbe de trois jours lui mangeait doucement le visage, son visage était cerné, mais son regard avait toujours ce prisme qui donnait l'impression de lire dans ton âme.

Et ses yeux… ses yeux hurlaient au secours.

- M-Malfoy, je-

- Malfoy, hein ? lança Draco d'une voix traînante.

L'expression de stupeur laissa place à une autre émotion que Harry ne voulut pas interpréter.

Le montre en lui se mit à hurler.

- On est de retour au stade des formalités ?

Harry voulut dire quelque chose, se défendre, se faire entendre, il ne savait trop pour dire quoi, en réalité. Il voulait s'expliquer, tout lui dire, lui avouer sa lâcheté et sa faiblesse, lui dire je suis désolé, parce qu'il était tellement désolé, parce que la culpabilité compressait ses poumons et l'empêchait de respirer depuis trop d'années maintenant.

Parfois, il lui arrivait de repenser à leurs étreintes, les soirs où leurs corps résonnaient comme une composante essentielle du temps. Peut-être aurait-il mieux fallut qu'il se lance un sort d'Oubliette. Repenser à lui ne lui avait jamais fait de bien.

- Malf-Draco. Draco, il faut qu'on-

- Parle. Je sais.

Draco eut un rire qui résonna en une multitude d'émotions dont la joie ne faisait définitivement pas parti.

- Moi aussi, je voulais te parler, continua-t-il en haussant les épaules avec désinvolture.

Harry, lui, était tout sauf désinvolte.

- Mais tu t'en fichais. Tu devais être trop occupé à lécher les bottes des journalistes, je suppose.

- Draco… Laisse-moi juste…

- S'il vous plaît ? intervint l'homme au guichet, l'air passablement ennuyé. Monsieur Potter, vous avez rendez-vous ?

- Non, mais je…

- Alors je vous prierai de vous mettre sur le côté. Monsieur Malfoy, l'infirmière Caldwell vous attend à la salle 142 du sixième étage. Au suivant !

Draco se détourna, et se dirigea vers la sixième cheminette, sans un regard pour lui. Harry l'observa partir, démuni.

Mais le monstre en lui hurlait toujours à la mort.

- Draco ! S'exclama-t-il avant que le blond ne disparaisse complètement.

De sa vue. De sa vie.

Il bondit vers lui et lui attrapa brutalement le bras.

- J'ai passé des années à te chercher. Si tu crois que je vais te laisser partir comme ça, tu te mets ta baguette à l'oeil !

- Encore faudrait-il que j'en ai une, répondit Draco, le ton teinté d'une moquerie acide. Tu sais bien, Potter, ils la prennent le jour où tu poses les pieds à Azkaban.

Il se dégagea la bras, et Harry fut incapable de savoir quoi répondre.

Un Sang-Pur sans baguette, c'était comme un Malfoy sans dignité. Inconcevable. Et pourtant…

- Ne me laisse pas, souffla Harry, impuissant. (Sa vie était teinté de cette horrible saveur. L'impuissance. S'il était incapable de sauver Draco, comment pouvait-il prétendre aider qui que ce soit ?) Ecoute, je.. je veux juste m'exc-

- Tu te fiches de moi, j'espère ? Ne me laisse pas ? Non mais tu t'entends parler, Potter ?

Harry déglutit. Le monstre se mit à pleurer.

- C'est Sainte-Mangouste qui se fout de la charité ! Dégage d'ici et de ma vie, Potter, comme tu as si bien réussi à le faire quand j'avais besoi…

Draco s'est mordu la lèvre, le regard teinté d'une émotion qui ressemblait à s'y méprendre à de la souffrance.

- Dégage. Retourne à ta petite vie bien rangée et laisse la mienne tranquille. J'ai pas besoin de toi.

Et Draco disparu dans le feu de la cheminette.

A l'intérieur de lui, il s'entendit fondre en larmes. Qui sait depuis combien de temps il avait cherché ce moment. Qui sait dans combien de temps pourra-t-il à nouveau le retrouver. Tant pis si ça signifiait souffrir encore, il le lui devait bien.

Lorsque l'infirmière vint le voir, son visage n'avait rien de différent au bon vieux Harry Potter de d'habitude.

Mais le monstre en lui, lui, était incapable de respirer.


Et tadaam !

Un poil dramatique, cette fin, que voulez-vous, je vis pour le angst et le Hurt/Comfort (pas si Hurt/Comfort, dans ce cas-là). A la base, l'idée est un OS. Mais si vous êtes chaud bouillant, peut-être se transformera-t-il en fic. L'avenir de cette histoire ne tient qu'à vous d'en décider.

En tout cas, à vos claviers ! Qu'en avez-vous pensé ? :P

A bientôt !