Ayant un million d'idées et n'arrivant pas toujours à écrire ce que je voudrais, j'ai inclus dans cette histoire des passages "flash-back", environ tous les 2/3 chapitres, j'en posterai un ça vous permettra de découvrir la vie de Morgan avant son arrivée à la cabane.

Juste un petit mot encore : Merci à Karl912 pour le commentaire laissé :)

Et merci à Chizuru Chan ou la tortue complètement barrée pour son commentaire complètement déjanté qui m'a bien fait rire ^^ (et un peu flippée aussi : ma rotule j'en ai besoin !) En tout cas, ça fait plaisir de voir que tu me suis à 100% et je t'en remercie !


Flashback de Morgan : Le début de l'enfer

Tout était arrivé si vite, les informations à la télé n'étaient pas très claires, ça parlait d'une épidémie, rien de plus. De nombreux foyers un peu partout, ils demandaient aux personnes ayant des symptômes de se présenter aux hôpitaux les plus proches, les écoles étaient fermées et les personnes vulnérables devaient rester chez elles mais malgré tout ce jour là, Morgan s'était habillée, avait embrassé son homme et son fils avant de partir, son petit garçon s'accrocha à sa jambe :

- Maman, viens ! lui dit-il en lui montrant sa collection de 4X4

- Maman jouera plus tard avec toi, je n'en ai pas pour longtemps, je reviens dans deux heures !

- Je préférerai que tu restes ici, les informations disent de rester chez soi…

- Ils parlent des personnes vulnérables, les infos disent aussi qu'il n'y a pas de foyer ici, ne t'inquiète pas, je reviens dans deux heures, je dois faire l'ouverture de l'agence, je reviendrai vite et en même temps, je veux récupérer notre argent que j'ai laissé au coffre… qui sait avec tout ce qui se passe, ça pourrait être utile d'avoir un peu de liquide…

- Je peux t'accompagner…

- Et exposer notre fils ? Non je préfère que vous restiez à l'abri tous les deux, je te promets que je reviens vite !

Morgan embrassa tendrement son homme, qui était si inquiet pour elle que c'en était touchant. Son fils lui fit un signe de la main par la fenêtre pour lui dire au revoir. Il tenait dans sa main son doudou, le petit garçon s'était approprié une des ses écharpes et il ne voulait plus la quitter. Elle monta dans sa voiture et démarra, elle ne se doutait pas que c'était la dernière fois qu'elle les voyait…

Quand elle était arrivée à son agence, son patron était là, ils avaient discuté et en voyant tous les commerces de leur avenue fermés, ainsi qu'une file de voitures bourrées de bagages, ils se dirent qu'il valait mieux rentrer chez eux :

- Allez retrouver votre famille, tous les gens quittent la ville de peur d'une épidémie, nous allons mettre un panneau sur la vitrine disant que nous sommes fermés pour la semaine, un peu de congés ne nous fera pas de mal et on s'appelle à la fin de la semaine !

- D'accord, on fait comme ça ! Ce sont mes hommes qui vont être contents de me voir rentrer plus tôt !

- Attendez Morgan, je vais vous donner votre part de ce qu'il y a dans le coffre, autant le vider, sait-on jamais, s'il y a des pillages !

La jeune femme mit son argent dans son sac et fit un signe de la main à son patron qui s'en alla. Elle fit le tour des fenêtres pour vérifier qu'elles étaient bien verrouillées. Alors qu'elle baissait le store de sa vitrine, elle entendit un fracas de tôles, un homme venait d'emboutir sa voiture.

- Oh le con !

Morgan allait sortir pour faire le constat, quand elle vit l'homme au volant être pris de convulsions, sa passagère était penchée sur lui et releva la tête soudainement, Morgan put la voir, le visage ensanglanté, en train de mâcher le bras du conducteur. Elle eut un haut le cœur et baissa le store en entier. Elle s'assit à même le sol : est ce qu'elle avait vraiment vu ce qu'elle venait de voir ?

Elle rejeta un coup d'œil dehors, dans la rue embouteillée, c'était un spectacle d'horreur, des gens se jetaient sur d'autres pour les mordre, des personnes s'enfuyaient en hurlant, d'autres se faisaient dévorer à même le sol, des enfants pleurer… Elle ne put rien faire d'autre que dire : Oh mon dieu ! Elle pensa à son fils et son homme Morgan vida le contenu de son sac par terre et attrapa son portable. Elle l'appela, ça sonnait dans le vide, tout à coup, ça décrocha :

- Morgan, où es-tu ?

- Chéri, je suis au travail, c'est horrible, les gens s'attaquent entre eux…

- Mor… Ne… pas… atten… res… tu…

- Je ne comprends rien ! Allo!

- Mor… tion… lo... LO...

Morgan regarda son portable, plus de couverture réseau, les lumières de l'agence s'éteignirent, elle sursauta, qu'est ce qu'il se passait ? Elle actionna les interrupteurs, rien, le disjoncteur n'avait pas sauté, il n'y avait plus d'électricité. Elle se précipita dans la salle de pause, et ouvrit le robinet, l'eau coulait encore, elle en remplit l'évier, juste au cas où l'eau serait coupée aussi. Morgan était terrifiée, elle ne pouvait imaginer mettre un pied dehors et se retrouver pris au piège de ces gens complètement fous. Son homme allait venir la chercher, il saurait quoi faire… Mais il ne vint jamais…

Quatre jours qu'elle se cachait dans la pièce du fond, l'eau ne coulait plus, elle avait bu l'eau de l'évier et mangé ce qu'il y avait dans leur frigo, principalement des yaourts et des gâteaux apéritifs. Les trois premiers jours avaient été terribles, les gens hurlaient, les voitures se rentraient dedans, un jeune homme avait volé sa voiture, elle était restée cachée, alors que des personnes criaient à l'aide… Morgan avait trop peur, elle pleurait en se bouchant les oreilles et ne cessait de penser à sa famille… Elle ne cessait de se demander s'ils allaient bien ?

Le cinquième jour, elle n'entendit plus rien, la rue était silencieuse. Elle avait regardé par le store, des individus solitaires déambulés ça et là dans une démarche lente, ils étaient tous ensanglantés, défigurés, il manquait un membre à certains, elle ne put s'empêcher de sangloter comme une enfant, qu'allait-elle devenir ? Elle avait peur, elle était seule. Soudain, elle entendit un détonation, elle jeta un œil à l'extérieur, elle ne voyait rien. Une nouvelle détonation retentit, les individus de dehors se retournèrent et se dirigèrent vers le bruit, un homme avec un sac à dos slalomait entre eux en courant, abattant de son fusil ceux qui étaient trop près de lui Certains touchés à l'abdomen se relevaient, ceux touchés à la tête restaient à terre. Au cinquième tir de fusil, Morgan remarqua que les « fous » sortaient des ruelles adjacentes et se dirigeaient vers lui, l'homme courut plus vite et disparut à un coin de rue, suivis de près par une dizaine de ces choses à ses trousses. Morgan réfléchit, elle ne pouvait pas rester ici éternellement, elle devait rentrer chez elle. Ce n'était pas si loin en y réfléchissant, en voiture il fallait faire le tour de la ville, mais en coupant au travers, elle y serait en trois – quatre heures. Mais qu'allait-elle trouvé dans le centre ville ? Si ce qui s'était passé pendant ces cinq jours était une épidémie comme il en parlait aux infos, combien d'infectés pouvaient hantés les ruelles ? Ils réagissaient au bruit, elle devait donc se déplacer silencieusement. Sa décision était prise, elle allait sortir, mais pas sans arme, ni préparation.

Le sixième jour, elle prépara son sac à main, heureusement un bandoulière et mit une petite bouteille d'eau et les deux derniers yaourts, une boite d'anchois et une petite cuillère. Elle se débarrasse de la brosse à cheveux, du maquillage et de la crème pour les mains, mais garda son portable, bien qu'inutile, elle ne pouvait pas s'en débarrasser. Morgan fit le tour de son lieu de travail pour trouver un semblant d'arme, il y avait des couverts en plastique, des stylos, rien de très solide. Elle chercha dans sa salle d'archives et tomba sur un massicot, objet qui lui servait à couper ses prospectus, la lame était tranchante, il suffisait de la décrocher de sa base. Un court instant, elle fut fière d'elle, jusqu'à ce qu'elle se rappelle que les infectés devaient être nombreux dehors et qu'elle ne ferait peut être pas le poids face à une dizaine de ces choses avec une simple lame de massicot. Le peu d'assurance qu'elle avait acquis en prenant la décision de partir s'envola aussi vite qu'elle était arrivée, elle se remit à pleurer de désespoir. Et si elle se faisait attaquer ? Ou pire, si elle arrivait chez elle, pour découvrir qu'Ils étaient infectés ? Et s'ils l'attaquaient ? Arriverait-elle à se défendre contre eux ? ou question plus juste : le pourrait-elle ?

Elle avait fini ces préparatifs en fin de journée et se donna jusqu'au lendemain pour partir, elle n'avait jamais eu peur du noir, mais se balader en ville sans éclairage public au milieu d'hommes et de femmes n'attendant qu'une chose qu'elle soit à portée pour la déchiqueter, c'était au dessus de ces forces. Morgan se mit en route le septième jour à l'aube, elle n'avait pas dormi de la nuit, s'entraînant à donner des coups avec sa lame de fortune. Elle marcha vite, se cachant derrière des véhicules en stationnement, ou des renfoncements/encadrements de porte. Bizarrement, elle traversa la ville sans rencontrer grand monde, seulement trois infectés solitaires, mais elle n'eut qu'à taper un sprint pour les semer, l'un rampait les jambes broyées, l'autre une femme avait la moitié du visage arraché lui manquant un œil, le nez et les lèvres et le troisième était éventré traînant derrière lui son intestin grêle. Morgan n'avait jamais vu de telle horreur hormis dans des films d'horreur et pensait avoir tout vu, mais son estomac lui disait tout le contraire.

Alors qu'elle arrivait de l'autre côté du centre ville, elle fut interpellée par un couple de personnes âgées à une fenêtre au 1er étage :

- Mademoiselle !

Morgan leva la tête et s'accroupit derrière une poubelle, le vieil homme était avec une femme qui s'accrochait à son bras, il lui fit un signe de la main :

- Ne restez pas là !

- Qu'est ce qui se passe ?

- L'infection est arrivée par l'hôpital, ils ont été submergé, les infectés sont arrivés, peu de gens ont eu le temps de sortir de la ville…

- Et vous ? Que faites-vous là ?

- L'armée a évacué la périphérie de la ville, mais pas le centre !

- Il faut partir…

- Non, ils vont revenir nous chercher…

- Ma famille est en dehors de la ville, je dois les retrouver !

- Méfiez-vous de leur morsure, c'est comme ça qu'on devient comme eux… et attention, ils se déplacent en meute parfois et c'est là qu'ils sont le plus dangereux, soyez silencieuse…

- Si je trouve du secours, je les enverrai vous chercher… Avez-vous de quoi manger ?

- Nos voisins se sont enfuis, l'immeuble est à nous, nous avons barricadé la porte d'entrée et nous avons cherché de la nourriture dans les appartements voisins, on a une bonne réserve !

- Bon courage ! lança Morgan

- Et vous, faites attention !

- Merci ! Au revoir !

Morgan se remit en route. Il y avait des gens qui avaient survécus, cet espoir lui réchauffa le cœur, si son homme et son fils s'étaient barricadés, eux aussi avaient pu survivre… L'espoir lui donna des ailes et elle accéléra son allure.

Une heure plus tard, elle atteint enfin la résidence où elle habitait, son cœur s'accéléra, elle se mit à courir plus vite, inattentive, quand soudain elle sentit qu'on lui attrapait violemment le bras, elle tomba à terre et vit un homme du quartier la gorge en lambeaux s'approchait d'elle, les dents en avant, elle roula sur le côté et rampa en arrière. La peur lui fit lâcher sa lame, tandis qu'elle rampait toujours, au lieu de se relever et courir. L'homme lui attrapa la cheville et planta sa mâchoire dedans. Cette fois, elle ne put se retenir et cria. De son autre pied, elle le frappa de plus en plus fort, tandis qu'il la mordait. Avec la force du désespoir, elle lui envoya son talon dans le nez ce qui le fit lâcher prise et rouler sur le côté et atterrir sur le ventre. La jeune femme se releva, récupéra sa lame, se mit à califourchon sur son dos et asséna des coups de lame, encore et encore, jusqu'à ce que la tête de l'homme ne ressemble plus à une tête, mais à une bouillie dont elle fut recouverte. Quand elle réalisa qu'il ne bougerait plus, elle se laissa tomber sur le côté et pleura, décidément ça devenait fréquent ces derniers temps.

Au bout d'un moment, elle stoppa ses larmes et souffla un bon coup. Elle s'assit et se décida à regarder les dégâts sur sa cheville et elle faillit se remettre à pleurer en réalisant qu'elle portait des bottes en cuir sous son jeans et que ça l'avait protégé. Il n'avait pas réussi à percer le cuir et avait laissé son empreinte dentaire, elle aurait sûrement un hématome, mais elle préférait ça à une cheville en lambeaux. Morgan éclata d'un rire hystérique, seule, couverte de sang au milieu de la route. Elle était soulagée, il ne lui restait plus qu'à retrouver son homme et son fils, son cœur s'accéléra de nouveau et elle s'élança vers le portail de sa résidence. Au portillon, une affichette était posée, elle ne put croire ce qu'elle venait de lire :

« ORDRE D'EVACUATION

Par ordre du gouvernement, l'armée a toute autorité et a reçu les instructions d'évacuer toute la périphérie de la ville. Un centre de contrôle pour les réfugiés a été installé à Fort Benning, base militaire. Toute personne, non infectée, doit se rendre sur place. »

Morgan partit en courant vers chez elle, l'ordre d'évacuation était placardé sur sa porte d'entrée aussi. La porte était verrouillée, elle fouilla dans un pot rose sur la fenêtre et trouva la clef de secours. Elle ouvrit la porte et se précipita à l'intérieur en la claquant pour la refermer. Morgan traversa la cuisine et le salon vide, monta à l'étage, ouvrit les deux chambres qui étaient vides également, les larmes lui montèrent, ils l'avaient abandonné, elle était seule !

Morgan se traîna jusqu'à la chambre de son fils et trouva dans son lit, son doudou, enfin son double… Elle tendit la main pour s'en saisir, mais elle se rappela qu'elle était couverte de sang. Dans la salle de bains, le lavabo était rempli d'eau. Quittant son haut, elle se lava le visage et les bras, quand elle ne vit plus aucune trace de sang, elle mit un tee-shirt propre.

Morgan retourna dans la chambre de son fils, effleura la couverture sur le lit et s'empara du doudou qu'elle porta à son nez, l'odeur de son fils en était imprégné, elle descendit au salon et s'affala sur le canapé, elle était fatiguée. Morgan remarqua tout de suite la feuille scotchée sur la télé, elle se précipita pour la lire :

« Morgan,

J'espère que tu liras ces mots, je regrette de ne pas t'avoir attaché au lit ce matin là, tu serais avec nous. Les militaires nous évacuent, ils ne veulent pas que je reste à t'attendre, ils ne le savent pas eux, mais moi je sais que tu feras tout pour revenir ici. Ils disent que notre fils sera plus en sécurité à la base, je ne peux pas l'abandonner, et toi non plus, j'ai du faire un choix et j'en suis désolé. Je t'ai rempli tous les éviers de la maison, je t'ai vite fait un sac à dos avec quelques trucs pouvant t'être utile. Nous sommes évacués vers Fort Benning et nous sommes mercredi. Retrouve nous, nous t'aimons, je t'aime.

– S – »

Ils étaient partis, évacués vers un lieu sûr, protégé de l'armée. Morgan était seule, elle désespérait d'y arriver tellement elle avait peur. Elle ne se serait jamais cru si faible, il fallait qu'elle soit forte pour les retrouver et pouvoir les serrer dans ses bras. Les larmes coulèrent sur ses joues, Morgan se les frotta rageusement : Finies les larmes, désormais, elle sera forte et se jura de les retrouver.