Morgan avait du mal à immerger de son sommeil, elle sentait sa bouche pâteuse, sa gorge sèche et n'avait envie que d'une chose : Boire !

Elle avait fait un terrible cauchemar, elle était poursuivie dans la forêt par trois morts vivants, les muscles de ces jambes étaient tellement endoloris comme si elle avait vraiment couru. Elle se releva tout d'un coup, la tête lui tourna instantanément, elle ouvrit les yeux, la pièce tangua dangereusement, elle attendit un moment jusqu'à ce que ça se stabilise et observa autour d'elle : Elle était dans une cellule et une cellule fermée. Elle fit glisser ses jambes sur le côté du lit et les laissa pendre dans le vide le temps de se remettre de ce petit effort qu'il l'avait vidé de son énergie. Son bras était entouré de bandage et elle ne portait que ses sous vêtements. Elle regarda sa cellule : Il n'y n'avait pas ses habits, ni son sac à dos, ni ses hachettes. Par contre, coincée sous son oreiller dépassait l'écharpe, elle la prit et la serra sur son cœur.

- Tu ne devrais pas te lever…

Morgan leva la tête et vit la jeune femme croisée avec Daryl au centre commercial, celle-ci l'observait glaciale derrière les barreaux de la cellule, la main sur le manche de son couteau.

- Qu'est ce que je fais ici ?

- Tu étais mal en point, Rick t'a ramené.

- Et dans cette cellule ?

- Simple mesure de sécurité !

Morgan ricana :

- Vive l'hospitalité !

- C'est mieux que de crever dans la forêt ! rétorqua la jeune femme brune. Moi ça ne m'aurait pas dérangé, ça m'éviterait de jouer les baby-sitter !

- Je ne t'ai rien demandé, je n'ai rien demandé à Rick, laisse-moi m'en aller !

- Ce n'est pas possible pour le moment !

Un vieillard apparut dans l'encadrement de la cellule.

- Cela fait trois jours que tu te dors, ta fièvre a commencé à baisser ce matin, l'infection a presque disparu, mais tu dois encore rester quelques temps au lit en convalescence.

- Je peux la faire ailleurs…

- Je préfère te garder en observation…

- Putain, mais vous n'avez pas le droit de me garder ici !

- Il y a un problème ?

Rick apparut dans le couloir et se posta aux côtés du vieil homme.

- Oui, il y a un putain de problème, vous me retenez prisonnière !

- Tu n'es pas prisonnière…

- Je suis juste enfermée dans une cellule…

- Disons que c'est pour ta, et notre sécurité, tu as été difficile à maîtriser, tu m'as attaqué…

- Foutaises !

- Nous allons te soigner et une fois guérie, tu pourras t'en aller, mais tant qu'Herschel pense que tu dois te remettre, tu resteras ici ! dit-il en se tournant vers le vieil homme qui acquiesça de la tête

- N'attendez pas de remerciement…

- Pas la peine, tu as sauvé ma fille, après ça, on sera quitte…

- Je te signale que j'ai sauvé ton pote le Cowboy, j'ai droit à quoi pour ça ?

Maggie soupira et lança :

- J'en ai assez de cette chieuse, je m'en vais, trouvez quelqu'un d'autre pour la surveiller !

- Maggie, attend ! appela Herschel en s'en allant à sa suite.

Rick et Morgan s'observaient, elle se leva du lit, la couverture la couvrant à moitié, Rick détourna les yeux un instant. Elle s'approcha de lui, empoigna les barreaux et continua de l'observer furieuse, Rick lui lança :

- Alors Morgan, que veux-tu ?

- Mes fringues, ça serait un bon début… A moins que tu apprécies ce que tu vois !

- Disons qu'il y a pire comme vue, mais je peux arranger ça !

- Mon sac ?

- Il est juste là !

Son sac était posé contre le mur en face de sa cellule.

- Mes armes ?

- Non, ce n'est pas possible !

Morgan surprit Rick lorsqu'elle lui attrapa la chemise et le plaqua contre les barreaux, elle était de plus en plus en colère :

- Je veux mes armes !

Rick ne se laissa pas impressionner et sans pour autant essayer de se dégager, il lui dit fermement :

- Pour la sécurité de mon groupe, je ne peux pas te les rendre ! Elles sont bien rangées dans ton sac !

- Pour la sécurité de ton groupe ? Et la mienne, t'en fais quoi ? ricana la jeune femme

- Je ne m'inquiète pas pour toi, même malade, tu as failli me décapiter !

- Dommage, j'aurai du y mettre un peu plus d'entrain alors ! ricana la jeune femme

- Je ne suis pas ton ennemi Morgan ! s'emporta le shérif

- Je ne suis pas ton amie Rick ! riposta Morgan en le repoussant

- Laisse-moi t'aider… tenta l'homme

- Je n'ai pas besoin de ton aide ! Cria-t-elle

- Je crois au contraire que tu en as besoin, tu as tenté de te suicider bon sang, si ça, ce n'est pas un appel à l'aide ! hurla-t-il plus fort qu'elle

Morgan baissa les yeux et murmura :

- Ce n'est pas ton histoire, pas ton problème, tu ne me dois rien…

- Ecoute, reste le temps de ta convalescence et tu pourras partir !

- En clair, je n'ai pas mon mot à dire ?

- Non, par ordre du médecin !

Morgan retourna s'asseoir sur le matelas, elle ne voulait pas que Rick le remarque, mais elle fut prise de vertige, il lui tendit des vêtements à travers les barreaux. Elle les prit et lui dit :

- Tu vas rester là de peur que je me pende avec le jean ?

- Je reste là parce que tu es très pâle…

Morgan enfila le tee-shirt et le jean, elle se sentait faible, mais elle eut une idée pour se sortir de là, elle se laissa glisser à terre.

- Morgan ! Entendit-elle, Herschel !

Morgan garda les yeux fermés, c'était sa seule chance de s'échapper, elle entendit le cliquetis des clefs dans la serrure, le coulissement de la porte et elle sentit une main fraîche lui écartait les cheveux du visage.

- Morgan, réveille-toi ! murmura Rick à son oreille

Morgan ouvrit lentement les yeux et attrapa le revolver de Rick. L'homme leva les mains, toujours penché au dessus d'elle :

- Tu n'es pas obligé de faire ça !

- Je ne peux pas rester ici… Tu ne peux pas comprendre, tu as ta famille autour de toi, moi j'ai des personnes à chercher… Alors debout !

Rick se redressa, elle le poussa contre le mur et commença à le fouiller d'une main, il n'avait pas d'autres armes, mais elle lui prit son trousseau de clefs. Sans le vouloir, elle effleura sa joue barbue du bout de la main. Elle murmura désemparée :

- C'était toi dans la forêt… J'avais cru… Peu importe... Reste contre ce mur, ne bouge pas, je ne ferai de mal à personne !

La jeune femme recula jusqu'au lit et fourra l'écharpe dans sa poche arrière. Tandis qu'elle reculait, elle entendit derrière elle :

- Rick, je t'ai entendu appeler Herschel, je peux t'aider ?

Morgan pointa son arme en direction de la petite femme menue aux cheveux courts argentés qui se dirigeait vers sa cellule et lui dit :

- Je veux partir et ton chef ne veut pas, donc tu vas être mon ticket de sortie !

- Morgan, laisse Carol ! interrompit Rick

Morgan empoigna la femme et s'en servit comme d'un bouclier. Alors qu'elle s'éloignait de la cellule, elle vit le reste du groupe apparaître, Daryl leva immédiatement son arbalète quand il vit Carol prise en otage.

- Baisse ça ! ordonna Morgan

- Libère la !

- J'ai dit : Baisse ça !

- Et moi je te dis de la libérer !

- Ca peut durer longtemps ce petit jeu, mais ça ne m'amuse pas !

- Libère-la !

- Je veux partir d'ici !

Morgan s'était mise dans une mauvaise posture, elle ne savait pas quoi faire pour se sortir de là, elle avait la migraine, elle sentait la sueur couler le long de son visage et lui brûler les yeux. Tandis qu'elle luttait pour garder les yeux ouverts et défiait le chasseur, Carol lança à Herschel :

- Elle est brûlante !

Le vieillard l'interrompit :

- Morgan, nos intentions sont pacifiques, tu as une grave infection, c'est un miracle que tu sois en vie, si tu fais trop d'effort, la maladie va revenir plus forte…

- Ne vous en faites pas pour moi, je suis maudite de toute façon, vous mourrez tous avant moi, c'est ma destinée, voir les autres mourir ! ricana-t-elle

- Complètement tarée ! siffla Daryl

- En attendant, la tarée t'a sauvé les miches, alors sois un peu plus reconnaissant !

- Morgan, baisse ton arme, nous sommes plus nombreux et tu n'as aucun endroit où aller !

La voix de Rick était lointaine, Morgan dut s'accrocher à Carol pour ne pas s'écrouler et au lieu d'en profiter pour s'échapper, elle sentit celle-ci la soutenir. Morgan se pencha pour prendre son sac, la nausée la prit #Allez un petit effort, prends tes affaires et tire-toi !#

Une fois le sac à dos sur ses épaules, elle recula avec Carol, puis la poussa en avant dans les bras de Michonne et s'enfuit en courant. Mais arrivée au bout du corridor, elle se plia en deux et vomit de la bile, Daryl en profita pour s'avancer l'arbalète toujours pointée sur elle, suivi de près par Rick et Michonne. Morgan leva faiblement le bras et leur cria :

- N'avancez pas, sinon je repeins les murs avec vos cervel…

Elle vomit une nouvelle fois sans pouvoir finir sa phrase. Tout en s'essuyant avec le dos de sa main, elle lâcha le revolver de Rick et partit en courant dans les couloirs.


Le chasseur avait toujours son arbalète pointée sur Morgan, elle était pliée en deux en train de vomir tripes et boyaux, il jeta un coup d'œil à Rick, celui-ci tenta de passer derrière elle pour la prendre à revers tandis que Michonne se calait à la vitesse de Daryl, katana en main. Soudain, il vit la femme relever l'arme vers eux et crier :

- N'avancez pas, sinon je repeins les murs avec vos cervel…

Un nouveau flot se déversa et tandis qu'elle se relevait en s'essuyant avec sa main, elle jeta l'arme et partit dans les couloirs. Rick récupéra son revolver et se dirigea dans la même direction. Daryl ne baissa pas son arme et se tenait au côté de Rick à l'affût, elle pouvait être partie n'importe où, il y avait encore 3 blocs qu'ils n'avaient pas nettoyé et qui devaient grouiller d'infectés.

Daryl se stoppa, Michonne fit de même :

- Rick ! interpella Daryl

- Quoi ?

- Qu'est ce qu'on fait là ?

- On la rattrape !

- Ecoute, elle ne veut pas de notre aide, elle ne veut pas être ici, laisse la !

- Tu es sûr que tu veux la savoir en train de déambuler dans la prison ? cria Rick à bout

- Ca ne me plait pas plus qu'à toi, mais on peut pas prendre le risque de ramener des morts dans cette partie de la prison… répondit le chasseur

- De toute façon, si elle ne veut pas qu'on la trouve, on ne la trouvera pas ! poursuivit Michonne, elle a tes clefs n'oublie pas !

Daryl vit Rick le fixer et rire, mais il riait jaune :

- Elle m'a eu comme un bleu, en faisant semblant de tomber dans les pommes... elle est forte, très forte et complètement folle ! Tu m'avais prévenu, j'aurai dû t'écouter !

- Elle n'est pas folle, elle a juste du mal à communiquer… Comme moi quand je suis arrivée ici ! leur lança Michonne

- J'ai été beaucoup plus dur avec toi, j'aurai du faire la même chose avec elle…

- Elle doit s'adapter et ce n'est pas facile quand on est seule depuis longtemps ! expliqua Michonne

- Bon on laisse tomber et on verrouille nos blocs.

Jetant un dernier coup d'œil dans le couloir, Daryl baissa son arbalète et suivit ses deux compagnons.

Le repas fut mouvementé, Maggie criait sa colère à Rick d'avoir fait rentrer une folle dans la prison, tandis qu'Herschel et Carol lui trouvaient des excuses. La conversation s'était envenimée et Maggie s'était retirée sur les miradors pour le premier tour de garde, accompagnée de Glen.

Plus tard, pendant la nuit, alors que tout le monde dormait, Daryl était installé dans ce qu'il avait aménagé en chambre, l'ancienne tour de contrôle servant à surveiller les détenus dans la salle commune. Il venait de se réveiller en sursaut, il y avait du mouvement, il pouvait entendre comme un frottement de tissus, il jeta un coup d'œil par la vitre, mais il ne vit rien. Daryl se recoucha, mais il ne put se rendormir, il entendait des drôles de bruits au fin fond de la prison, des bruits lointains. Il patienta de longues minutes à écouter, puis il n'en put plus, quelque chose clochait. Sans prendre le temps de se chausser, il mit un pantalon, prit son couteau et alla inspecter les alentours. Daryl contrôla chaque cellule où dormaient ses compagnons, il leva les yeux vers les escaliers menant aux autres cellules et fut frappé d'horreur : au dessus du berceau de Judith, quelqu'un était penché quelqu'un couvert de sang, « il » restait là sans bouger à regarder le bébé.

Lentement, il s'approcha, grimpa quelques marches et il vit que c'était Morgan. Il avança lentement vers elle, par derrière, mais tout à coup, elle s'adressa à lui :

- On croit toujours qu'ils ont besoin de nous, mais en fait, c'est nous qui sommes dépendants d'eux…

Daryl ne répondit pas, les yeux focalisés sur la hachette que la femme tenait dans sa main, tandis qu'il se rapprochait, elle tourna la tête vers lui et lui dit :

- En m'enfuyant, je suis tombée sur le gymnase…

- On l'avait verrouillé, il y a une dizaine de geeks à l'intérieur ! expliqua Daryl

- Plus maintenant… C'est puissant l'adrénaline !

- Tu as été mordu ? lui demanda Daryl en faisant quelques pas dans sa direction

- Non !

- Tu es sûre ?

La jeune femme ne répondit pas, Daryl pointa le menton vers Judith :

- Tu vas lui faire du mal ?

- Pourquoi je ferai ça ?

- Parce que t'es clairement cinglée, tu t'en rends compte ?

- Je ne t'ai rien fait à toi, pourtant je t'ai regardé dormir aussi…

Le cœur du chasseur bondit dans sa poitrine, il n'osait imaginer ce qu'il se serait passé s'il s'était réveillé à ce moment – là. Morgan se focalisa de nouveau sur le bébé. Du coin de l'oeil, Daryl vit Rick sortir de sa cellule, il eut un sursaut en arrière en voyant Morgan au dessus de sa fille et sortit son arme, prêt à tirer. Daryl posa son doigt sur sa bouche et lui intima de ne pas bouger. Rick se mordit le poing d'horreur.

- Qu'est ce que tu veux Morgan ? poursuivit le chasseur doucement

- Je suis fatiguée…

- Tu restes avec nous ou je t'ouvre la porte de sortie…

- Après ce que j'ai fait… et ce que je pourrais faire…. Je ne sais même pas si je suis en train de rêver ou si je suis réveillée… Ou peut être que je suis morte et que j'ai atterri en enfer !

- Morgan, tu délires, c'est à cause de la fièvre, laisse nous t'aider…

Elle ne répondit pas, le regard fixé Judith. Il lui demanda :

- Tu lâches ton arme ?

- Non !

- Tête de mule !

- Bouseux !

Daryl la saisit par derrière, passa son bras autour de son cou et l'immobilisa. A l'aide de sa main libre, il lui arracha la hachette, il pouvait sentir tout son corps brûlant de fièvre.

- Je t'avais dit que j'étais plus fort que toi petite fille !

- Pas si fort, Cowboy, je me suis laissée attraper…

- Je t'aurai eu de toute façon !

- Tu veux qu'on compare nos compétences ? (elle sourit en se laissant aller contre lui), mais pas tout de suite, là je suis fatiguée, ramène moi chez moi !

Surpris, il ne la sentit pas tout de suite glisser à terre. Daryl la retint au dernier moment, la prit dans ses bras pour la ramener à sa cellule. Il entendit Rick se précipiter au berceau de sa fille et vérifier qu'elle allait bien, puis il suivit Daryl.

- Elle aurait pu tuer ma fille…

- Je ne crois pas qu'elle en avait l'intention, pas à ce qu'elle m'a dit…

- Parce que tu crois ce qu'elle dit maintenant ? Pourquoi elle est couverte de sang ?

- En s'enfuyant, elle a atterri au gymnase…

- Elle a été mordue ?

- Elle dit que non, mais avec tout ce sang, comment savoir ?

- Déshabille-la, on va s'en assurer !

Daryl vit Rick lui tâter les poches et en sortir son trousseau de clefs et l'écharpe, il commença à soulever le tee-shirt, Dary le retint par le bras :

- Tu ne veux pas laisser faire Carol ou Herschel ?

- Et prendre le risque qu'elle se transforme ? Pas question !

Daryl se perdit dans ses pensées, il se dit qu'elle avait vraiment besoin d'aide. Il reprit ses esprits quand Rick lui demanda de l'aider, ils lui retirèrent son tee shirt et son jean, elle était pieds nus, ses vêtements étaient bons à jeter, ils l'examinèrent, pas de trace de griffure ou de morsure.

- Qu'est ce que vous faites ?

Daryl et Rick se tournèrent ensemble et virent Maggie leur jeter une regard noir. Daryl se recula, il avait l'impression d'être un petit garçon pris en faute. Rick se justifia :

- Elle s'est battue contre des rôdeurs, on vérifie qu'elle aille bien !

- Ce n'est pas l'impression que ça donne, regarde-la, elle tremble !

- Maggie, on regardait juste si elle n'a pas été mordue…

- T'aurais du appeler mon père avant !

Maggie était furieuse et prit un drap pour couvrir la jeune femme. Daryl était très mal à l'aise, il s'éclipsa, laissant Rick en proie avec Maggie furieuse.


Maggie était face à face avec Rick.

- T'aurais dû appeler mon père avant ! (…) Je te pensais plus digne que ça !

- Maggie, j'ai essayé de l'aider…

- Parce que tu l'aidais à la palper dans tous les sens…

- Tu m'as pris pour qui ?

- Là tu me fais juste penser à un gros pervers ! lui balança-t-elle

- Elle ressemblait à un rôdeur, elle était penchée sur Judith, j'ai perdu mon sang froid ok, mais ne va pas trop loin non plus ! rétorqua-t-il en pointant son doigt vers elle

Elle soutint son regard et l'envoya chercher son père. Rick s'exécuta et Maggie entreprit de nettoyer la jeune femme avec un linge et de l'eau, elle lui nettoya le sang et les morceaux de cervelle. Maggie posa sa main sur son front, elle était brûlante. Elle n'appréciait pas la nouvelle venue, mais solidarité féminine oblige, Rick n'avait pas le droit d'agir ainsi. Elle vit la jeune femme s'agiter, et murmurer dans son délire :

- Où êtes-vous ? …. Ne me laissez pas…

Maggie se pencha sur elle et lui murmura à l'oreille en lui caressant les cheveux :

- Chhhhhut ! Calme toi, tout va bien, je reste avec toi !

Elle vit les traits du visage de la jeune femme s'apaiser. Maggie s'installa à côté d'elle pour la veiller.

Le lendemain matin, Maggie lisait un bouquin installé dans un fauteuil face au lit. Malgré les recommandations de Rick, elle avait refusé de fermer la cellule et de se poster à l'extérieur. Elle n'avait pas bougé de la nuit et avait assisté son père lors des soins. Daryl et Carol étaient passés prendre de ses nouvelles, Maggie avait été chaleureuse avec Carol et avait envoyé Daryl voir ailleurs. Maggie s'étira dans son fauteuil, quand elle vit soudain Morgan les yeux s'approcha et lui lança :

- Hey !

- Hey ! répondit Morgan d'une voix faible

- Comment tu te sens ?

- Faible et assoiffée !

- Tiens voilà de l'eau…

Maggie porta le verre aux lèvres de Morgan qui but la moitié du contenu à petites gorgées.

- Tu te souviens d'hier ? lui demanda Maggie

- J'ai des flashs… J'ai fait n'importe quoi ? se désespéra Morgan

- Disons que tu as pointé une arme sur nous, pris en otage Carol, t'es battu contre des rôdeurs et fais un remake d'un film d'horreur en allant regarder le bébé couverte de sang… Tu étais en plein délire à cause de la fièvre ! (…) Ah oui, tu nous as dit qu'on allait tous crever, une histoire de malédiction, j'ai pas très bien compris…

- Je ne suis pas faite pour être avec des gens ! souffla la jeune femme en s'asseyant

- Tu es bizarre, C'est vrai !

- Ton pote Daryl dit que je suis tarée…

- Daryl est aussi bizarre que toi à sa manière !

Morgan semblait réfléchir, puis posant ses yeux sur elle, lui demanda :

- Pourquoi tu es là ? Il m'a semblé que tu ne me porte pas dans ton cœur !

- C'est vrai… Disons que je suis la seule à ne pas avoir peur de toi et…

- Je suis désolée pour la dernière fois !

Maggie fut prise au dépourvu et ne répondit pas.

- Je sais que vous n'avez rien de comparable aux troupes du Gouverneur et ces gens là font presque passer les infectés pour des gentils…

- Je n'aurai pas dû m'emporter… Je suis un peu impulsive ! continua Maggie

- On a quelque chose en commun ! Tu as de la famille ici ? interrogea Morgan

- Mon père et ma sœur, mon père est le vieil homme qui t'a soigné, ma mère est morte au début de l'épidémie ! Et toi ? Tu cherches la tienne ?

Morgan ne répondit pas, les larmes lui piquant les yeux, Maggie lui prit la main :

- Je suis trop curieuse, désolée !

- Je suis fatiguée.

- Je comprends, repose toi ! Je suis dans le coin si tu as besoin !

Maggie observa Morgan fermer ses yeux, avant de se tourner face au mur.