Juste un mot : Merci à o Nani-San o, L'ange Maudit et L'Ange du Temps pour les commentaires laissés, ça fait très plaisir ! ^^
Merci à kansasbykeres pour son idée du Cap. C. :) merci pour tes conseils, ta présence, tes relectures, etc, etc...
Flashback de Morgan : rencontre du troisième type
Cela faisait un mois que l'épidémie avait anéanti le monde moderne, Morgan avait quitté sa maison pour se rendre à Fort Benning, mais elle devait sans cesse faire des détours. A pied, le trajet lui semblait interminable. Elle avait pensé à utiliser un véhicule, mais deux points l'en avaient dissuadé : 1) elle ne savait pas démarrer une voiture sans les clefs et 2) elle avait peur d'attirer l'attention des morts sur elle.
Morgan marchait en direction d'un village où elle pensait trouver de la nourriture. Elle devait traverser un champ pour atteindre son but. Quand elle se décida à se mettre en route, elle vit quelque chose qui l'intrigua. A sa droite, il y avait un bosquet et dans ce bosquet, un petit camion de livraison blanc était stationné. En s'approchant, Morgan constata qu'il était abandonné, elle fit le tour du véhicule. Personne. Elle tenta d'ouvrir le hayon, mais le verrou lui résista, elle força dessus. Soudain elle sentit qu'on lui agrippait le bras, elle se tourna et vit que c'était un mort, il se jeta sur elle, elle tomba en arrière, entraînant le cadavre avec elle. Morgan tenta de le garder à distance, mais il se rapprochait de plus en plus. Elle se mit à crier. Elle sentait que c'en était fini pour elle. Elle vit la tête du mort se rapprocher de son cou en claquant la mâchoire, quand tour à coup, une lame transperça le front du cadavre, l'immobilisant sur elle. Morgan souffla un bon coup et le poussa sur le côté, elle n'eut pas le temps de se relever, qu'elle fut empoignée par le col et soulevée de terre. Ses pieds frottaient à peine le sol, l'homme en face d'elle, était vivant et rouge de colère, il se mit à crier en rapprochant son visage du sien :
- Tu vas la fermer ta grande gueule connasse ! Tu vas rameuter tous les geeks des alentours !
- Pardon, je suis désolée… s'écria Morgan
- Désolée ? Quand on sera mort tous les deux, elles me tiendront chauds tes excuses !
Il la poussa violemment, Morgan tomba sur les fesses. Elle entendit l'homme marmonner :
- Putain de bonne femme, peut pas se démerder seule, faut quelqu'un sauve les miches de Madame…
- Eh ! l'interpella Morgan, j'ai dit que je m'excusais, pas la peine d'en rajouter !
L'homme s'approcha d'elle et lui pointa le doigt devant le nez :
- Tes putains d'excuse ne te sauvera pas la vie, ni la mienne, face à ces saloperies !
Morgan se releva en reniflant :
- Je ne pensais pas devoir prendre des cours pour me défendre face aux zombies à l'école !
- Le monde a changé Petite Fille, il serait temps que tu t'en rendes compte, comment t'as fait pour rester en vie jusqu'à présent, ça me dépasse !
- Connard ! cracha-t-elle, tout le monde n'a pas été élevé chez les ploucs fanatiques d'armes !
L'homme redevint rouge et l'attrapa au col une nouvelle fois :
- Dis toi que les ploucs seront les derniers survivants et ils repeupleront la terre avec des pétochardes de citadines dans ton genre !
Morgan lui envoya son genou dans les parties, l'homme tomba à terre en se tenant l'entrejambe, Morgan, de colère, lui envoya son pied dans le ventre en criant :
- Je préfère encore crever bouffer par les morts que de repeupler la Terre avec toi, sale bâtard !
Elle lui remit un coup de pied dans l'estomac, puis un troisième et elle s'apprêtait à lui en remettre un quand il leva son bras pour la stopper. Morgan vit qu'il n'avait plus de main au bout de son bras. L'homme se mit à quatre pattes pour reprendre sa respiration et éclata de rire.
- Ben finalement, elle a de la ressource la petite !
Il se releva et se mit face à elle :
- C'est comme ça que tu dois te défendre face aux morts, il faut que tu y mettes toutes tes tripes !
- T'es un connard, tu le sais ça ?
- Merle Dixon, enchanté !
- Morgan…
- Enchanté Morgan, adieu Morgan !
Merle cracha du sang par terre et contourna le camion pour monter dans la cabine. Il démarra le moteur, fit un demi tour et se dirigea vers la route. Au bout de quelques mètres, Morgan vit le camion se stopper, elle l'observa, puis se rapprocha doucement du côté conducteur. Merle avait baissé sa vitre et la regarda en souriant.
- Je vais vers le Nord, ça te tente ?
- Pourquoi tu me proposes ?
- Je suis peut être un bouseux, mais je ne peux pas laisser une demoiselle en détresse sur le bord de la route !
- Et que vas-tu me demander en échange ?
- Rien, t'inquiète, t'es la première donzelle vivante que je vois depuis quelques temps…
- Ecoute Dixon, si tu tentes quoi se soit contre moi, je te couperai les couilles avant, c'est compris ?
Merle éclata de rire de nouveau et lui répondit :
- Tu me fais rire et rien que pour ça, je t'emmène avec moi !
- Bon ok, je viens !
Morgan grimpa dans la cabine et sortit son couteau de son étui. Elle le tint sur ses genoux. Elle se demandait si ce n'était pas la plus mauvaise décision de sa vie qu'elle venait de prendre.
La compagnie de Merle était difficile à supporter pour Morgan : il était misogyne, avait un langage plus que vulgaire et pouvait se montrer violent, surtout quand son moignon le faisait souffrir.
- Bon tu le bouges ton cul ?
Merle réussit à faire sortir Morgan de ses pensées, ils étaient en mission ravitaillement et Morgan avait proposé un magasin multi-sport : il pourrait trouver plein de choses utiles au rayon camping et randonnée, de la bouffe lyophilisé, des barres énergétiques, des sacs de couchage et même des bouteilles d'eau…Merle s'était laissé convaincre et maintenant qu'ils étaient en route, il se conduisait en chef autoritaire.
- C'est bon, je suis là !
- Tu feras tout ce que je te dirai, compris ?
- Ok !
- Chevauche-moi comme un poney ! ricana-t-il
- Putain Merle, tu fais chier !
- Oh ça va, je devais tenter ma chance !
- Ca ne fait rire que toi… Bon tu as un plan ? On rentre par où ?
- On vient de faire le tour du magasin, il n'y a pas eu d'effraction, alors va falloir faire une ouverture !
- Et si on passait par le toit ?
- Et comment comptes-tu t'y prendre ?
- Regarde le camion stationné là-bas, il donne juste sous une avancée et sur cette avancée…
- Il y a une putain d'échelle ! … Allez, bouge tes miches !
- Bon sang, tu vas laisser mes fesses tranquilles ?
- Pas quand on a le dernier cul potable de l'apocalypse à ses côtés !
Morgan soupira et suivit Merle, ils grimpèrent sur le semi remorque.
- Je te fais la courte échelle… lança Merle
- Et tu m'expliques comment tu comptes faire ça ? le coupa-t-elle
- Me dis pas que je ne peux pas faire quelque chose femelle ! cria-t-il en lui pointant son moignon sous le nez
- Sois réaliste, JE te fais la courte échelle et TU me hisses, ça te va ?
- Mouais, marmonna-t-il suivi de, putain de bonne femme !
Quand Merle prit appui sur elle, Morgan regretta son choix, il pesait une tonne, mais elle ne voulait pas lui montrer qu'elle était faible, alors elle le souleva de toutes ses forces.
- Allez tend ta main !
Pour Merle, ce ne fut pas un problème, il la souleva comme si elle était aussi légère qu'une plume. Ils grimpèrent à l'échelle pour accéder au toit et cherchèrent la trappe menant à l'intérieur. Celle-ci était verrouillée, mais Merle la fractura avec un pied de biche.
Arrivés dans le magasin tout était silencieux, les deux compagnons firent le tour des rayons à la recherche d'un éventuel rôdeur, mais ils se réjouirent de ne pas en trouver. Morgan était heureuse de son idée, même si Merle ne lui dirait jamais.
- Alors ma petite dame, avant toute chose, prend un sac à dos et suis-moi !
Morgan fit ce qu'il lui dit et le suivit à travers les rayons.
- Avant de s'installer et de commencer à becter, il faut être préventif : sac de secours, vas-y, met ça, et ça, ça aussi…
Merle entraîna Morgan à travers les rayons et lui indiqua ce qu'elle devait prendre, c'était un kit de survie qu'il lui constituait. Il fut même patient au point de lui expliquer le fonctionnement d'une pierre à feu.
- J'ai un briquet pour ça !
- Et quand ton briquet sera vide, tu feras comment Einstein ?
Devant le mutisme de la jeune femme, il ricana et continua son enseignement. A la fin, il l'emmena au rayon vêtements et lui indiqua de prendre des habits de randonnée, beaucoup plus résistant que les vêtements qu'elle portait. Quand son sac fut plein, Merle se rendit au rayon camping, devant les tentes déjà montées en exposition, il déclara à Morgan :
- Voilà notre camp !
- Terrible ! Tout était déjà prêt !
Il n'y avait pas que les tentes qui étaient montées, la table était installée, ainsi que quatre fauteuils autour, un réchaud était au centre. Morgan alla au rayon nourriture et récupéra du lyophilisé. Grâce aux recharges de gaz, disponible dans le magasin, ils purent manger chaud et en quantité. Le ventre plein, Merle lui lança :
- Putain, je pourrais rester ici tranquille !
- Et moi donc. Enfin un endroit où se sent en sécurité !
- On est en sécurité nulle part ! Garde ça en tête !
- Ne sois pas rabat-joie ! On a un coin tranquille autant en profiter un peu avant de reprendre la route ! rétorqua Morgan
Après avoir mangé et fait plusieurs fois le tour du magasin, Morgan se rendit au rayon chasse et regarda les différents couteaux dans une vitrine. Elle pensa à son homme, il adorait les couteaux. Elle eut un petit sourire en coin. Plongée dans ses pensées, elle entendit Merle l'interpeller du bout du rayon :
- Eh Morgan, ramène-toi là !
- S'il te plait, c'est en option ? murmura-t-elle
Arrivée auprès de lui, Merle lui tendit tout fier, deux hachettes :
- J'ai trouvé l'arme idéale pour toi !
- Des haches ?
- C'est mieux qu'un couteau, tu ne seras pas complètement au corps à corps, le manche plus long te permettra de garder une certaine distance, mais c'est tout aussi efficace !
- Tu vas m'apprendre à les utiliser ?
- J'ai du temps libre devant moi !
- C'est… gentil ! hésita la jeune femme ne sachant pas si c'était le mot approprié
- Te fais pas des idées, je me dis que si on doit faire de la route ensemble, faut bien que tu serves à quelque chose, tu pourrais protéger mes arrières !
- Ok, apprends-moi, tu ne le regretteras pas…
- Proposition indécente ?
- Dans tes rêves le bouseux !
Merle éclata de rire une nouvelle fois, Morgan se demandait s'il ne prenait pas un malin plaisir à la faire tourner en bourrique.
Cela faisait trois jours que Morgan et Merle étaient dans le magasin. Après lui avoir montré comment se servir des hachettes, Merle lui avait expliqué quelques techniques de chasseur, il mentionnait souvent son petit frère, mais il ne s'éternisait jamais dessus et Morgan n'avait pas osé lui en demander plus. Merle ne lui avait pas posé de question non plus, ne lui demandant même pas où elle comptait aller, ni ce qu'elle y ferait une fois arrivée.
L'homme avait commencé à avoir de la fièvre après le repas, il était couché dans sa tente. Pendant ce temps, Morgan était retournée dans les rayons, elle voulait faire quelque chose pour Merle et avait eu l'idée de lui fabriquer un genre de prothèse avec une arme au bout. Elle s'était rendue au rayon pêche et avait trouvé un étui de couteau que les plongeurs se mettaient à la cuisse. En le modifiant un peu, Morgan pensait pouvoir fixer un couteau dessus. La jeune femme travailla dessus le reste de la soirée, consolidant l'étui avec une atèle pour poignée et du gros scotch et fut plutôt satisfaite du résultat. Elle le testa même sur un mannequin, c'était efficace. La jeune femme s'installa dans sa tente pour la nuit, contente d'elle. Le lendemain, Merle était toujours fiévreux et grognon, Morgan lui tendit sa boite de paracétamol :
- Tiens, avale ça ! Faudrait trouver une pharmacie pour des médocs plus forts…
- Ça ira pour le moment ! lui lança-t-il avant d'avaler la moitié de la plaquette
Morgan resta plantée devant lui hésitante, Merle leva les yeux sur elle et lui balança :
- Quoi ? T'as rien de mieux à faire que de rester là à me regarder ?
- Non, c'est… Que…
- Que quoi ? Bordel ! Parle !
- J'ai fait ça pour toi ! lui dit-elle en posant la prothèse sur la table devant lui
- Merde, c'est quoi ce machin ?
- Une arme… répondit Morgan de plus en plus dépitée
- Toi ? Tu m'as fabriqué une arme ?
- Fabrication artisanale ! tenta-t-elle avec un sourire crispé
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Euh, là, tout de suite, je sais plus… Ok, tu n'en veux pas, oublie-ça, c'était stupide !
Morgan tenta de lui reprendre, mais Merle l'écarta d'une main :
- Attend, je veux voir ce que ça donne !
Elle l'aida à passer atèle autour de son poignet et fixa les bandes de velcro. Merle observa ce que ça donnait sur son moignon et semblait plutôt satisfait.
- C'est pas con comme système ! Comment t'as eu l'idée ?
- Grâce au Capitaine Crochet !
- Tu te fous de ma gueule !
- Non, je trouvais que t'avais des airs du Capitaine Crochet qui avait perdu son crochet ! C'est con, je sais, mais ça donne un résultat correct, non ?
- Mouais, c'est pas mal ! Faudra que je le teste avant de me lancer dans un combat avec des rôdeurs !
- Tu pourras toujours le modifier et l'améliorer, mais pour une première tentative, je trouve ça… pas mauvais !
Morgan était contente finalement, Merle ne la remercierait pas, il ne le faisait jamais, mais le voir faire des mouvements comme s'il se battait en duel la satisfaisait amplement.
Plus tard, Merle était de plus en plus mal, elle l'avait forcé à lui montrer son moignon, il était de toutes les couleurs, visiblement infecté. La jeune femme eut un haut le cœur, la plaie dégageait une odeur horrible. Morgan avait parcouru le magasin, récupérant des trousses de premiers soins. Elle avait désinfecté la blessure à l'alcool, Merle avait juré à travers ses dents serrées, il ne pouvait pas rester comme ça, elle devait trouver des médicaments pour combattre l'infection sinon il risquait de mourir. Prenant les choses en main, Morgan s'était rendue dans la partie bureaux du complexe, cherchant une armoire à pharmacie. Elle ouvrit toutes les portes à sa portée, balayant les pièces avec sa lampe torche. Arrivée à la dernière, elle vit que c'était une salle de pose avec des tables, chaises, frigo, micro onde et au fond de la pièce, au dessus d'un évier, elle aperçut des placards. Elle les ouvrit tous le plus vite possible, elle tomba sur des flacons et les fourra dans sa poche. Alors qu'elle tournait les talons, elle vit un mort s'avancer vers elle en gémissant, il portait une tenue d'agent d'entretien :
- Fais pas chier toi, j'ai pas le temps pour ces conneries !
Elle dégaina sa hachette et lui planta dans le crâne, il tomba à terre. Elle essuya son arme sur la combinaison du mort et retourna auprès de Merle.
- T'as trouvé quelque chose ? lui demanda l'homme d'une voix faible
- Plusieurs flacons et un rôdeur ! T'avais raison pour les hachettes, c'est efficace ! Est-ce qu'il y a quelque chose d'utile là-dedans ?
Merle attrapa les flacons un à un et lut les étiquette : il y avait de l'ibuprofène, un anti diarrhéique, des pastilles pour la gorge… En clair que des solutions pour les petits bobos.
- Ecoute, prend de l'ibuprofène, moi je vais aller chercher ce qu'il faut, je vais trouver une pharmacie… commença Morgan
Elle attrapa son sac, Merle l'arrêta :
- Putain, tu vas où comme ça ?
- Je viens de te le dire, je vais trouver une pharmacie…
- Tu vas te faire tuer avant d'en trouver une…
- Je vais pas rester ici à te regarder crever Merle ! s'énerva Morgan
- Je te dis que tu feras rien, je vais bien, il faut juste que je me repose ! Me force pas à te botter le cul petite fille !
- Mais…
- Pas de mais, arrête de faire chier !
Morgan était stupéfaite par la réaction de Merle, elle ne dit rien, attrapa son sac et le jeta en travers de la table.
- T'es qu'un con Merle ! rétorqua-t-elle
Morgan s'était rendue sur le toit et regardait les alentours. Merle n'était rien pour elle, juste un connard de bouseux mal poli, mais c'était la première personne vivante qu'elle avait vu depuis qu'elle était partie de chez elle. Et même s'il passait son temps à parler de ses fesses, elle ne voulait pas le voir mourir pour autant. Mais d'un côté, elle devait avouer que Merle n'avait pas tort, elle avait toutes les chances de se faire tuer et elle ne pourrait jamais retrouver sa famille. Merle n'était rien, sa famille était tout. Tant pis pour lui, elle n'était pas responsable de lui, elle n'avait rien à voir avec sa blessure, elle ne lui devait rien.
Morgan s'attrapa les cheveux, elle avait envie de hurler. Mais elle n'en fit rien, car elle entendit des moteurs de voiture, levant la tête, elle vit sur la route, une colonne de trois véhicules se dirigeait dans sa direction. Il y avait d'autres survivants, elle allait leur faire signe quand quelque chose la retint. Les hommes à l'arrière des véhicules avaient des armes de gros calibre dans les mains. Morgan n'avait jamais aimé les armes, mais elle savait que c'étaient des armes de guerre et les hommes qui les portaient, n'avaient rien de militaires. Les véhicules se stoppèrent devant le magasin, une dizaine d'hommes en descendirent. Morgan les observa discrètement, la troupe se rassembla devant un homme brun, grand et charismatique qui leur ordonna :
- Vous trois, faites le tour du bâtiment ! Vous cinq, vérifiez le périmètre ! Martinez avec moi, montre-moi sur la carte, les autres endroits où on peut trouver de la nourriture !
- Il y a une zone commerciale à cinquante kilomètres au sud.
- Dès qu'on en a fini avec cet endroit, on s'y rendra !
Les trois hommes censés faire le tour du bâtiment revinrent auprès de l'homme :
- Tout est verrouillé !
- Bien, on va ouvrir une porte…
- Et si on trouve des survivants ? demanda Martinez
- Vous vous en occupez ! répondit froidement l'homme
Morgan se retint de crier. Elle devait partir d'ici, mais elle ne pouvait pas laisser Merle et alors qu'elle se dirigeait vers la trappe, des coups de feu retentirent, elle leva la tête et vit des rôdeurs attirés par le bruit se diriger vers eux. Elle profita de la diversion et s'engouffra dans le magasin. Elle trouva Merle debout, son couteau à la main, il était en nage et avait du mal à rester debout :
- Qu'est ce qui se passe ?
- Des survivants ! On doit partir !
- Quoi ? Tu viens dire qu'il y avait des survivants !
- D'après ce que j'ai entendu, ils n'ont pas de bonnes intentions envers nous, il faut fuir maintenant !
Merle tomba à terre, Morgan se précipita et voulut le relever, mais il la repoussa :
- Tu crois que je vais aller où comme ça ?
- Tu viens avec moi, même si je dois te porter !
Il la repoussa une nouvelle fois :
- Casse-toi, je reste ici !
- Merle, ne fais pas ça !
- Tu me fais chier, tu me colles aux basques comme une sangsue, j'en ai rien à faire de toi, t'es rien, tu vaux pas mieux que la merde étalée sur mes bottes ! lui cria-t-il
- Tu m'engueuleras plus tard, viens, faut qu'on parte !
Dans un effort ultime, Merle se releva, l'attrapa par le col et lui dit fermement :
- Tu vas prendre ton sac, tes armes et tu te casses !
- Mais…
- Bordel, je vais crever de toute façon, alors je vais rester ici et les occuper pendant que tu te tires !
Devant l'inaction de la jeune femme, il la gifla violemment :
- C'est bon, ça t'a remis les idées en place ? Casse-toi Morgan !
Morgan ne dit rien, elle regarda Merle, s'essuya le sang qui lui coulait au coin de la bouche, prit son sac et courut en direction de l'échelle menant au toit. A un moment, elle s'arrêta et regarda derrière elle, Merle lui fit signe de partir, elle entendit :
- Bye petite fille !
- Bye Capitaine Crochet !
Elle se remit en route, alors qu'elle avait presque atteint la trappe, elle entendit un fracas ahurissant, un véhicule venait de traverser la vitrine et le rideau de fer, arrachant tout sur son passage. Morgan vit les hommes se séparer dans les rayons. Elle chercha Merle des yeux, il était à terre sur le dos et avait un pistolet à la main. Trois des hommes l'encerclèrent. L'un d'eux, le dénommé Martinez, appela :
- Gouverneur ! Y'a un type là… Mal en point !
Morgan vit leur chef, le grand brun s'approcher de Merle et lui dire :
- T'es seul ?
- Ouais !
Morgan vit un des hommes se rapprocher d'elle, s'il levait la tête, il pourrait la voir, elle passa à travers la trappe et s'enfuit sur le toit. Il restait trois hommes à l'extérieur du magasin, ils en faisaient le tour. Entre deux passages, Morgan descendit du toit et partit en courant sans oser se retourner. Elle continua de courir, jusqu'à ce qu'elle atteigne le camion blanc de Merle.
Désormais elle était seule, il fallait qu'elle revienne à son objectif premier : retrouver sa famille. Morgan patienta deux heures, puis démarra le camion direction le nord, direction Fort Benning.
