Tout d'abord, juste un mot :
Une bonne et heureuse année 2014 ! Que cette année soit remplie de nouvelles fics TWD et de publication de chapitres des fics plus anciennes :) (je dis ça, mais on a bien été gâté en publication pour ce début d'année)
Egalement un grand merci aux lecteurs ayant ajoutés "Recherche..." à leurs follows, favoris et cie... Et pour les derniers commentaires laissés ^^
Quand Rick et ses deux compagnons arrivèrent à la prison, il faisait nuit, ils avaient réussi à éviter quelques rôdeurs solitaires, mais ça n'avait pas été simple avec le chargement qu'ils transportaient. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le bloc principal faisant office de salle commune, le chef remarqua que tout le groupe était présent, hormis Glen qui montait la garde dans le mirador.
Rick posa les sacs sur la table, se dirigea vers Carl et lui ébouriffa les cheveux. Il vit Herschel s'avancer vers Morgan, la jeune femme se tenait à l'écart observant le groupe, le militaire n'y était pas allé de main morte, elle avait un œil au beurre noir et le plus inquiétant était son menton qu'il pouvait voir saigner à travers le pansement qu'elle s'était posée. Rick se rapprocha d'elle tandis qu'Herschel la poussait vers une chaise.
- Viens par ici, je vais regarder ta blessure !
Il la fit asseoir à une chaise tandis que Beth lui apportait son matériel.
- Que s'est-il passé ? demanda le vieil homme en soulevant la compresse
- Un individu m'a attaqué pour mes fournitures.
- C'est lui qui t'a fait cette entaille ?
- Un peu lui et un peu moi ! … Disons qu'en voulant me délivrer de son emprise, j'ai glissé sur le couteau !
- Il va te falloir des points de suture, c'est ouvert du menton à la lèvre inférieure.
Il fouilla dans sa trousse à la recherche d'une aiguille, il se pencha vers la jeune femme, Rick entendit la question qu'Herschel lui chuchota :
- Est-ce que cet homme t'a fait quelque chose d'autre ? T-a-t-il fait du mal ?
- Du mal ? se moqua Morgan, j'ai un œil au beurre noir, une entaille au menton et il a essayé de m'enfoncer un pieu dans la tempe, je pense que… (soudain elle comprit le sens de la question du vieil homme)… Ah, euh, Non ! Non, il avait seulement faim, et puis, j'ai eu la chance que Rick et Daryl soient dans les parages.
Herschel sembla satisfait de sa réponse et lui dit de se tenir tranquille pendant le raccommodage. Alors que Rick se tenait à côté d'eux et observait l'aiguille pénétrer dans le visage de la jeune femme, il sentit une main saisir son poignet, il vit que c'était elle qui le lui avait agrippé sans s'en rendre réellement compte et le serrait pour s'empêcher de gémir. Quand Herschel eut fini, il lui nettoya le visage et remit un pansement, mais elle ne lui avait toujours pas lâché le poignet. Rick lui demanda :
- Alors tu veux choisir tes quartiers ?
Morgan tourna son regard vers lui, puis vers sa main qu'elle desserra doucement le délivrant de son emprise, elle répondit en souriant :
- Si vous n'avez pas l'intention d'avoir d'autres prisonniers, je veux bien le bloc où j'étais !
- Il est pour toi ! Je dépose ton sac dans la cellule !
- Merci Rick !
Le chef s'éloigna d'elle et remarqua que les poils de son bras étaient toujours au garde à vous, il attrapa ses affaires et alla les déposer dans sa cellule. Rick se mit face au mur et appuya son front sur le béton froid. Il espérait vraiment que tout irait bien et qu'elle ne ferait pas de vague. Il ne se l'expliquait pas , mais il appréciait cette femme. Soudain Rick se mit une tape sur la tête, comment pouvait-il penser ça ? Cette femme était folle, il avait perdu SA femme, il avait presque perdu la raison et voilà qu'il se sentait proche de la première venue. Non, il ne l'accepterait pas, il devait garder ses distances, lui et ses enfants. Une main se posa sur son bras, il se retourna et écarta la main violemment, avant de s'apercevoir que c'était Carl.
- Pardon fiston, tu m'as surpris !
- C'est bien que tu ais convaincu Morgan d'habiter ici !
- Ecoute Carl, Morgan est… perturbée, ça peut arriver quand les gens sont seuls depuis longtemps, je ne veux pas que tu restes avec elle, évite-la s'il te plait !
- Tu n'as pas confiance en elle ? demanda le jeune garçon
- On ne la connait pas depuis longtemps…
- Elle n'est pas dangereuse papa !
- Je sais, mais je préfère que tu te tiennes à distance et c'est pareil pour Judith, ne la laisse jamais seule avec ta petite sœur, d'accord ?
- Je ne comprends pas, mais c'est d'accord, je ferai ce que tu me dis ! répondit le garçon en s'éloignant, au bout de quelques mètres, Carl se tourna vers lui et lui dit : Tu te méfiais de Michonne aussi et regarde maintenant, elle est l'une des nôtres !
Sur ces mots, il s'en alla le laissant avec ses pensées. Rick était perdu.
Après avoir soufflé un bon coup, il retourna dans la salle commune, tout le monde était à table, tous regardaient Morgan qui avait les yeux rivés sur son assiette. Rick s'installa entre Carl et Michonne quand il entendit Herschel prendre la parole :
- Alors Morgan, et si tu nous racontais ton histoire ?
Morgan était installée à table, personne ne parlait, mais elle savait que tout le monde l'observait, elle n'osait pas lever la tête. Elle se sentait submergée tout à coup, c'était limite étouffant. Le temps qu'elle avait passé enfermée dans son bloc l'avait tenu à l'écart de ce petit monde, elle n'avait eu de réel contact qu'avec Maggie et de courts contacts avec Daryl et Herschel. D'ailleurs, celui-ci fut le premier à l'interroger :
- Alors Morgan, et si tu nous racontais ton histoire ?
Elle sursauta et répondit mal à l'aise :
- Il n'y a pas grand-chose à dire…
- Tu es déjà restée quelques temps avec nous, mais tu étais à l'écart du groupe… Et puis, on ne survit pas tout ce temps sans avoir des choses à raconter.
- Il n'y a rien d'intéressant à dire, de toute façon, tout ce que j'étais, tout ce que j'ai connu, plus rien n'existe à présent ! Alors quelle importance ?
- Comment as-tu vécu le début de l'épidémie ? demanda Beth
- Comme tout le monde, je crois. Ce jour là, j'ai tout perdu !
- N'insistez pas ! lança doucement Carol
- Je ne voulais pas te faire de la peine Morgan, je te prie de m'excuser… lui lança le vieil homme
- Non ce n'est rien, je n'étais pas préparée à ce monde, j'étais lâche, effrayée, résultat j'ai passé les 12 derniers mois à courir après un fantôme, mais il n'y a plus vraiment d'espoir dans ce monde ! répondit Morgan
- Tu es bien dure avec toi, tu as eu raison de garder espoir jusqu'à présent, on ne sait pas ce qu'il peut arriver ! lui lança Carol en posant sa main sur la sienne, Rick est le meilleur exemple !
Morgan tourna la tête vers celui-ci et il répondit :
- C'est vrai, j'étais dans le coma quand tout est parti en vrille, je me suis réveillé dans un hôpital déserté, des cadavres partout, je suis rentré chez moi, il n'y avait plus ma famille, la maison était vide, des survivants m'ont parlé d'un camp de réfugiés à Atlanta, j'y suis allé et suis tombé sur une horde de rôdeurs et j'ai rencontré Glen, il m'a sauvé et emmené à son groupe et c'est là que j'ai retrouvé ma femme et mon fils !
- C'est une belle histoire ! avoua Morgan, malheureusement toutes les histoires n'ont pas de happy end ! … Le jour où tout est a commencé, j'ai tout perdu. Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie et je crois que je n'ai jamais arrêté d'avoir peur depuis, je n'imaginais être une personne aussi lâche. Mon quartier avait été évacué par les militaires vers Fort Benning quand je suis rentrée chez moi, il y avait un avis d'évacuation placardé sur ma porte, ma maison était vide… Personne n'était là.
- Tu as rejoint ta famille ? interrogea Carl
- Je…
- Tu sais Morgan, pour moi, tu n'as pas été lâche, personne n'était préparé à ce monde, on a tous du apprendre à survivre et à se battre, faire des choix difficiles… On vivait tous dans un monde confortable et on est tous tombé de haut ! la rassura Maggie
Morgan lui sourit et lui souffla « merci »
- Moi je ne suis pas d'accord s'il y en a bien un qui était préparé à survivre, c'est Daryl Dixon ! continua Carol avec un clin d'oeil en direction de celui-ci
- C'est pas difficile pour moi, je survis depuis ma naissance ! Faut surmonter sa peur et avancer, c'est ça qui nous tient debout ! répondit Daryl en fixant Morgan, mais c'est plus louable quand on apprend sur le tas…
- Amen ! lança Herschel en levant son verre
Morgan vit tous les membres du groupe lever leurs verres et boire à sa santé. Cela lui réchauffa le cœur, leva son verre à son tour et se perdit dans ses pensées, elle ne leur avait pas tout dit, mais est-ce que c'était si important ?
- As-tu déjà fait partie d'un groupe ? questionna Carl
- J'ai rencontré des gens, répondit en lançant un coup d'œil à Daryl
Carl allait lui poser une nouvelle question, mais il fut interrompu par son père qui lança à l'assemblée :
- Assez de questions pour ce soir !
- Mais papa…
- Carl, elle sera là encore demain ! Ne l'embête pas, elle a eu une rude journée !
Morgan le dévisagea, elle avait l'impression d'être une petite fille, cela la vexa, mais elle ne dit rien. Ils finirent leur repas, et elle se retira dans sa cellule.
Un mois plus tard…
Morgan trouvait que le temps passait plus vite depuis qu'elle partageait la vie de la communauté de la prison, même si elle passait beaucoup de temps à l'extérieur, c'était pour elle agréable de vivre de nouveau avec des gens et d'avoir un semblant de foyer. Elle s'était découvert un compagnon de route en la personne de Michonne, Morgan partait souvent avec elle lorsque celle-ci faisait des excursions en dehors de la prison.
Michonne cherchait quelqu'un, tout comme Morgan, mais ce n'était pas pour les mêmes raisons. Animée par la vengeance, Michonne lui avait parlé d'Andréa et du Gouverneur, Morgan l'avait accompagné dans ses sorties, ça lui permettait de faire du repérage pour trouver des indices laissés par des groupes de survivants, espérant en trouver un qui lui serait destiné. Daryl se joignait parfois à elles, Morgan appréciait ces moments où ils étaient ensemble sans être obligé de parler.
Le trio se dirigeait vers une petite base militaire à une centaine de kilomètres au sud de la prison, ils espéraient trouver des fournitures et peut être des armes. Michonne conduisait le pick-up, Morgan était du côté passager et Daryl installé sur la banquette arrière. Au bout d'une heure dans le silence, celui-ci l'interpella :
- Eh Miss Frankenstein !
Morgan vit Michonne jetait un coup d'œil à l'homme dans le rétroviseur. Assis sur la banquette arrière, Daryl jouait avec une de ses flèches, Morgan se tourna et lui lança :
- On t'a déjà dit que tu savais parler aux femmes ?
Michonne étouffa un ricanement, Daryl lui jeta un regard noir et continua :
- Tu ne m'as jamais dit pour mon frère…
- Tu ne m'as jamais dit tes secrets Dixon... commença la jeune femme
- Sois sérieuse, la coupa Daryl, je voudrais savoir… s'il te plait ?
Morgan hésita et se perdit dans ses pensées, allait-elle lui avouer qu'elle avait abandonné son frère mourant entre les mains du Gouverneur ?
- Je peux te dire que c'est ton frère qui m'a donné ça et qui m'a appris à m'en servir ! lui dit-elle en lui montrant ses hachettes
- J'ai du mal à imaginer Merle en professeur… ricana Michonne
- Disons que Merle n'est pas la personne la plus patiente que j'ai connue, mais il lui fallait quelqu'un pour surveiller ses arrières. Répondit Morgan
- Comment…
- Non, chacun son tour de poser une question, l'interrompit la jeune femme, comment il a perdu sa main ?
- Il ne t'en a jamais parlé ?
- Je m'étais dit que quand il voudrait en parler, il le ferait, mais faut croire qu'on n'a pas eu assez de temps…
- Rick l'a menotté sur un toit et pour se délivrer, il s'est scié la main ! répondit Daryl
- Tu rigoles ? Je n'aurai jamais pensé Rick capable de faire ça ! s'offusqua la jeune femme
- Disons que tout n'est pas la faute de Rick… C'est un concours de circonstances : Merle a fait le con, Rick l'a attaché pour le calmer, T-Dog avait la clef, mais il l'a perdu, ils sont partis sans lui et mon frère n'a pas eu suffisamment confiance en moi et n'a pas attendu que je vienne le chercher…
- Quand je l'ai rencontré, il roulait à bord d'un camion de livraison et il se dirigeait vers le nord. Il était peut être à ta recherche…
- Je pense pas, il connaissait l'emplacement de notre camp, et on ne l'a pas revu là-bas ! … Et vous, vous vous êtes séparés quand ?
- Je crois qu'on a un souci ! les coupa Michonne
Morgan fut soulagée, ça tombait bien, elle n'avait pas envie d'en révéler plus à Daryl. Ils étaient à l'entrée d'un village, une vingtaine de véhicules étaient abandonnés sur la route.
- Tu penses pouvoir te frayer un chemin ? demanda Daryl
- Ça va être compliqué, il faudrait les bouger sur le côté !
Morgan accrocha ses hachettes à sa ceinture et ouvrit la portière. Elle s'avança prudemment des voitures, vérifiant qu'il n'y avait pas d'occupant à l'intérieur de la plus proche, elle ouvrit la portière, enleva le frein à main et mit la voiture sur le côté, Michonne avança le pickup au fur et à mesure que Morgan déplaçait les voitures, Daryl était dans le lit du 4X4 et surveillait les alentours, arbalète en main.
Alors que Morgan s'approchait d'une autre voiture, elle tira sur la poignée mais celle-ci était verrouillée, elle attrapa sa hachette et cassa la vitre. Une sirène retentit.
- Merde, s'écria Morgan en passant à travers la vitre
Elle tira sur la mollette pour ouvrir le capot et s'égratigna le bras avec des débris de verre. Le bruit était assourdissant, elle ouvrit le capot et tira sur les fils de la batterie, la sirène se stoppa net, mais elle entendit autre chose à la place, la voix de Daryl qui hurlait à son attention :
- MORGAN, derrière toi !
La jeune femme se tourna juste à temps pour éviter de justesse un rôdeur, elle lui planta sa hache dans le crâne et fit le tour de la voiture pour mettre un obstacle entre les cinq autres rôdeurs qui s'approchaient d'elle. Elle tourna la tête vers le pick-up, Daryl était toujours debout à l'arrière et était assailli par une dizaine de rôdeurs, tandis que Michonne tentait une marche arrière. Morgan vit que des rôdeurs arrivaient des deux côtés de la route sortant des bois qui la bordait. Ils lui barraient la route, elle ne pouvait retourner au véhicule, elle attrapa ses hachettes et se fraya un passage au travers des rôdeurs qui l'encerclaient. A une vingtaine de mètres, il y avait un van, elle courut dans sa direction, monta sur le capot et sauta sur le toit.
- Morgan, reste où tu es, on arrive ! lui cria Daryl
Morgan vit Michonne tenter une traversée, mais les rôdeurs étaient de plus en plus nombreux sur le pick-up. S'ils étaient submergés, ils seraient pris au piège, comme elle. Elle souffla un bon coup et leur cria :
- Daryl, allez-vous en !
Elle vit Michonne faire non de la tête, mais Morgan leur répéta :
- Allez-vous en, avant d'être pris au piège !
Morgan regarda Michonne et acquiesça de la tête. Sur ce simple geste, Michonne passa la marche arrière, Daryl dut se maintenir pour ne pas tomber, il tapait sur le toit du 4X4 et criait :
- Michonne, arrête, qu'est ce que tu fais ?
Morgan regarda ses compagnons s'éloigner suivis par des rôdeurs, maintenant qu'ils étaient en sécurité, elle se demandait comment elle allait s'en sortir, quand soudain, elle entendit quelqu'un hurler :
- Feu !
Tout autour d'elle, ce fut un déluge de balles, Morgan s'aplatit sur le toit du van, la tête entre ses mains.
- Michonne, arrête, qu'est ce que tu fais ?
Daryl frappait de ses poings le toit du véhicule, il n'arrivait pas à croire que Michonne allait abandonner Morgan. Il observa la jeune femme, elle était debout sur le van, ses deux hachettes en main, entourée de rôdeurs. Soudain, il la vit tourner la tête derrière elle et il entendit des armes tirer tout autour d'elle. Les rôdeurs étaient transpercés, les vitres des voitures volaient en éclats. Daryl vit Morgan se baisser et se protéger la tête de ses mains. Les rôdeurs qui les suivaient firent demi-tour. Michonne descendit du véhicule son katana à la main, se tournant vers lui, elle le questionna :
- Le Gouverneur ?
- S'il a de nouveau une armée, ce n'est pas bon pour nous…
- On fonce dans le tas ?
Michonne semblait déterminée, mais Daryl lui lança :
- Faisons demi tour, laissons le véhicule un peu plus loin et revenons à pied !
La femme rangea son katana et s'exécuta. Alors qu'ils s'éloignaient, Daryl vit un homme sortir du bas côté de la route, les viser avec son arme et tirer. Un pneu explosa, Daryl cria :
- Ne t'arrête pas !
Michonne poursuivit sa route et au bout de cinq cents mètres, ils camouflèrent le 4X4 dans un bosquet et partirent à pied vers l'embouteillage. La route était bordée d'arbres, les deux amis avancèrent à l'abri, ils virent deux jeeps de l'armée passer sur la route, chacune avec cinq hommes à bord.
Daryl espérait que Morgan allait bien, qu'elle avait trouvé le moyen de s'enfuir. Mais quand il s'approcha du lieu de la fusillade, il vit qu'il en était rien, Morgan était toujours sur le toit du van, mais au lieu d'être entourée de rôdeurs, il y avait des militaires. De ce qu'il pouvait voir de là où il était, Morgan ne semblait pas obéir à un des hommes, quand celui-ci essaya d'atteindre le toit, il vit Morgan le pousser du pied. Cet acte fit lever les armes des soldats autour d'elle et ils lui crièrent de descendre. Daryl voulut sortir de sa cachette, mais Michonne le retint :
- Attends ! murmura-t-elle en observant la scène,
Daryl trépignait d'impatience, l'arbalète en joue, il était prêt à se lancer. Il observa Morgan qui levait les mains et se baissait, elle s'assit sur le pare-brise et se laissa glisser. Un homme s'avança et lui tendit la main, elle l'empoigna et le tira d'un coup en avant, déséquilibré, il s'affala par terre, Morgan en profita pour se faufiler entre les voitures. Les soldats se déployèrent pour l'encercler.
- C'est le moment ! lança Michonne, je vais attirer leur attention de ce côté, occupe-toi de Morgan, on se retrouve au pick-up !
Elle sortit un revolver et attrapa celui que Daryl avait à l'arrière de son pantalon. Le chasseur la vit parcourir quelques mètres, se mettre dos à un gros tronc, puis tirer en direction des militaires, ceux-ci se baissèrent à l'abri des voitures et ripostèrent.
Pendant ce temps, Daryl se faufila parmi les véhicules, assommant un militaire qui passait à proximité, puis se glissa sous une voiture, alors qu'il regardait tout autour de lui pour découvrir l'endroit où se cachait Morgan, une main agrippa sa cheville, sous l'effet de la surprise, il releva la tête et se la cogna contre l'essieu de la voiture, il tira sur sa jambe retenue par une main qui sortait de dessous un tas de rôdeurs morts, mais quand il vit que cette main n'était pas pourrie, il cessa de se débattre. Un des rôdeurs se souleva, Morgan était dessous, elle lui adressa un clin d'œil. Tous deux sortirent de leur cachette et restèrent accroupis.
- Tu prends trop de risques ! souffla Daryl d'un air faussement énervé
- C'est toi qui dis ça, tu viens de te jeter dans la gueule du loup !
Ignorant sa remarque, Daryl lui chuchota :
- Reste accroupie, direction les arbres, la voiture est à cinq cents mètres, Michonne nous y retrouvera.
Les militaires autour d'eux s'étaient lancés à l'assaut des arbres en direction de Michonne, Daryl attrapa le bras de Morgan et la tira vers les arbres à l'opposé de la route. Une fois à couvert, Daryl n'avait pas lâché le bras de Morgan et continua de courir, l'entraînant à sa suite.
- Daryl, c'est bon, je peux courir seule ! marmonna-t-elle
Alors que Morgan tentait de se défaire de son emprise, elle lui tomba dessus, il partit en avant, son arbalète lui échappa des mains. Morgan tentait de se soustraire de l'emprise d'un rôdeur qui rampait et claquait la mâchoire dans sa direction. Le chasseur dégaina son couteau et se précipita. Mais il fut stoppé par un revolver pointé sur lui. Daryl leva les yeux, l'homme qui se tenait devant lui, avait une carrure impressionnante, il recula en direction du rôdeur sur Morgan, il le souleva d'une main et tira une balle dans son crâne pourri.
Daryl attrapa son arbalète, mais avant qu'il puisse le mettre en joue, il vit qu'il était encerclé par d'autres hommes. L'homme qui venait de les sauver attrapa Morgan par les épaules, Daryl pointa son arbalète dans sa direction en criant :
- La touche pas !
L'ignorant, l'homme la remit sur ses pieds et lui demanda :
- Ça va ?
Morgan encore déboussolée par l'attaque du rôdeur, ne répondit pas. L'homme s'adressa à Daryl :
- Baisse ton jouet ! C'est fini la partie de cache-cache !
- Qui t'es ? Tu veux quoi ? rétorqua le chasseur
- Colonel Taylor, ses soldats font partis de mon régiment ! Et même si ça peut vous surprendre, on ne vous veut aucun mal !
Daryl entendit ricaner à ses côtés, il se tourna vers Morgan qui semblait sortie de son étourdissement, elle balança au colonel :
- Aucun mal ? Le dernier militaire que j'ai croisé a essayé de m'égorger pour mes fournitures, je lui dois cette jolie cicatrice !
- Il ne faisait sûrement pas parti de mes gars. Regardez votre copine va bien !
Daryl et Morgan se retournèrent dans un bel ensemble, Michonne était entourée de deux hommes dont l'un avait son katana, elle le fusillait du regard. Le colonel Taylor semblait avoir une cinquantaine d'années avec une coupe de militaire, mais une barbe de trois jours. Il faisait une bonne tête de plus que Daryl, il semblait gigantesque par rapport à Morgan et il dominait la plupart de ses hommes également. Celui-ci s'avança vers lui et demanda :
- Vous ne vous êtes pas présentés.
- On n'a rien à vous dire « Colonel »
- Je crois que nous sommes partis du mauvais pied, nous avons sauvé la vie de votre copine sur ce van !
Avant que le chasseur ait pu répondre, Morgan le devança :
- Vos hommes se sont pris pour des cow-boys, j'aurai pu mourir vingt fois si je ne m'étais pas baissée ! Qu'est ce que c'est que cette façon de tirer sur tout ce qui bouge ? Vous ne savez pas que ce genre de bruit attire les rôdeurs ?
- Mes hommes se sont légèrement laissés emporter ! avoua Taylor
- Légèrement ? Ils nous ont tirés dessus ! rétorqua Michonne
- Bon, je fais preuve d'une extrême patience là, mais elle a des limites, nous ne sommes pas des ennemis, mais ne vous frottez pas à nous quand même ! la coupa le colonel puis s'adressant à ses hommes, baissez vos armes et toi rends-lui son coupe papier !
Michonne grogna en entendant son katana qualifié de coupe-papier, Daryl ricana intérieurement, puis fixa Taylor :
- Je suis Daryl, voici Morgan et Michonne.
- Il n'y a que vous trois ?
Daryl lança un rapide coup d'œil à ses compagnes, puis répondit :
- Oui.
- Menteur ! Votre pick-up était vide de fournitures…
- En quoi ça vous intéresse le nombre qu'on est ?
- Nous ne sommes pas sur la route pour nous promener, nous sommes à la recherche de groupes de survivants…
- Pourquoi ? interrogea Michonne
- Nous avons un camp… Fortifié avec des survivants militaires et civils !
Daryl vit Morgan légèrement sursauter et l'entendit questionner le soldat :
- Civils ?
- Oui, des femmes, des enfants, des vieillards…
- Vous acceptez tout le monde ? demanda Michonne
Daryl comprit que si Morgan s'intéressait aux civils, c'est parce que son gars en faisait peut être parti, Michonne par-contre ne pensait qu'au Gouverneur.
- Nous allons au devant des groupes, nous discutons avec eux et s'ils sont intéressés, nous les emmenons ! Peut être que votre groupe aimerait faire partie de notre communauté…
- Dites-nous où vous êtes basés, on leur en parle et on viendra s'ils sont d'accord !
Le Colonel Taylor éclata d'un rire franc et lui répondit :
- Nous ne sommes pas si bêtes non plus !
- Nous non plus, on a déjà eu des soucis avec certains groupes de survivants, alors vous comprendrez qu'on ne peut pas vous dire où nous sommes basés ! répliqua Daryl
Le militaire plongea son regard dans celui de Daryl et fronça les sourcils.
- Nous comptons refaire un passage par ici dans trois jours, reviens avec celui qui commande, parce que je vois bien que ce n'est pas l'un de vous, que je puisse en discuter avec lui… ou elle !
Daryl tendit sa main dans sa direction, quand Taylor la serra, Daryl exerça une pression et lui dit doucement :
- Ok pour dans trois jours, si jamais tu fais un coup de pute, je me ferai un plaisir de te tirer une flèche entre les deux yeux.
Le Colonel tira un peu plus sur sa main et lui dit sur le même ton avec un sourire en coin :
- Si tu essayes de me faire un plan foireux, je t'écraserai le crâne de mes mains !
Daryl hocha de la tête en lâchant la main de Taylor, il entendit Morgan dire à Michonne :
- Je pensais qu'on en avait fini avec les démonstrations de virilité depuis l'apocalypse !
- Les duels pour être le mâle dominant existeront toujours, répondit la femme au katana.
- Allez les morues, on s'en va ! les coupa le chasseur en mettant son arbalète sur son épaule et tournant les talons
Les deux femmes le rattrapèrent et lui plantèrent chacune leur coude dans les côtes.
- Morue toi-même ! lui souffla Morgan
Daryl continua sur sa lancée, mais jeta un coup d'œil à Taylor avant d'être dissimulé par les fourrés. Cet homme semblait réglo, mais il ne fallait pas trop se fier aux apparences.
