Juste un mot :

Un grand merci : à tous ceux qui ont pris le temps de laisser une review : L'AngeDuTemps, Roselia001, "Guest" et Zenitude ; à tous les lecteurs qui ont ajoutés "RD" à la liste de leurs favoris et/ou follows, et bien sûr, à la Team Epidémie : Eponyme Anonyme, Extraction, Pims-dana et Zacky.

Kansasbykeres : Que dire à part : P*****, qu'est ce que je ferai sans toi ? :) Toi que je peux "harceler" à ma guise à toute heure de la journée dès que j'ai une idée pour RD ! (on vit ensemble, on meurt ensemble, keresgirl pour la vie ! ^^ Je parie que tu flippes là !)


Trois jours plus tard.

C'était le grand jour et Morgan n'avait pratiquement pas dormi depuis qu'elle avait mis au point son plan avec Michonne, elle n'arrêtait pas d'y penser, elle essayait d'en découvrir les points faibles pour être prête à toute éventualité.

Le jour se levait, ça ne servait à rien de rester allongée à se torturer. Morgan pensa qu'une bonne douche lui ferait du bien, elle prit une serviette et des vêtements de rechange et se dirigea vers l'ancienne salle de douche des prisonniers que le groupe avait aménagée, ils avaient bricolé quatre cabines entourées de rideau de douche pour avoir un peu plus d'intimité. Dans un coin de la salle, ils avaient installé un poêle à bois pour faire chauffer de l'eau.

Quelques jours après son arrivée à la prison, Morgan s'était rendue compte que pour le groupe, les douches solaires n'étaient pas l'idéal, car ça prenait du temps pour que l'eau chauffe au soleil, Hershel avait proposé de poser un poêle et de le raccorder au conduit d'aération pour évacuer la fumée. Chacun faisait chauffer son eau avant d'en remplir le bidon de la douche solaire. Mais à long terme, il faudrait trouver une autre solution.

Quand Morgan pénétra dans la salle, elle vit qu'un des rideaux était tiré et l'eau coulait. Elle posa ses affaires sur le lavabo et se regarda dans le miroir : elle avait de grosses cernes sous les yeux.

Soudain, dans le reflet du miroir, elle vit le rideau s'ouvrir et Daryl apparut une serviette sur les hanches, elle remarqua des cicatrices sur son torse nu. Sentant une présence, Daryl leva la tête et quand son regard croisa celui de Morgan dans la glace, il sursauta et se couvrit avec le rideau de douche :

- Bordel, qu'est ce que tu fous là ?

Morgan se tourna, s'appuya contre le lavabo en croisant les bras sur sa poitrine. Elle lui répondit amusée de cette soudaine pudeur :

- Je venais prendre une douche comme toi. Tu n'es pas obligé de te planquer, j'ai déjà vu un homme nu et puis, comme ça, on est quitte !

- Quitte ? grogna le chasseur

- Tu sembles oublier que tu m'as arraché mes fringues lors de mon premier séjour ici ? se moqua-t-elle

- Ce n'est pas drôle Morgan et ce n'est pas pareil !

Daryl attrapa un tee shirt et s'en couvrit. Ils s'observèrent, silencieux, puis Morgan ricana :

- Qu'est ce qu'il y a Daryl ? Aurais-tu des choses à cacher ?

- Je n'ai pas de secrets, contrairement à toi ! rétorqua-t-il

- On a tous des secrets, tu en dissimules bien sous ton tee-shirt.

- Je ne cache rien…

Elle vit sa mâchoire se contracter, elle lui lança :

- On dirait que quoi je fasse ces temps-ci, ça t'énerve !

- Oui, c'est ta présence qui m'énerve ! s'emporta Daryl, t'as rien à foutre là, je n'ai rien à te dire, alors casse-toi !

- Au moins, ton frère savait aligner deux mots et tenir une conversation, rétorqua-t-elle

Morgan vit Daryl se raidir et la fusiller du regard, elle ne se laissa pas démonter et continua à enfoncer un peu plus le couteau :

- T'es curieux comme gars, tu me reproches de ne pas te dire qui je suis, mais je ne sais pratiquement rien de toi. Tu es prêt à te dévoiler Dixon ? Tu veux qu'on se trouve une bouteille d'alcool et qu'on joue à « je n'ai jamais » ?

- Tu devrais fermer ta gueule !

- Pourquoi ? Tu ne veux pas parler de tes cicatrices ?

- Ne fais pas ça !

- Ne fais pas quoi ? cria-t-elle

- Ne me pousse pas à bout.

- Je fais exactement ce que tu fais avec moi… Tu t'es mis en tête de déchiffrer l'énigme Morgan ? Tu serais déçu. Et d'abord, pourquoi ça t'intéresse ? C'est bien toi qui m'as dit qu'on n'était pas ami !

- Je te fais pas confiance ! Je mets ma vie entre tes mains lorsque nous sortons de la prison, la moindre des choses, c'est de savoir à qui je confie mes miches. Tout ce que je sais, c'est que tu vis dans le passé et c'est dangereux. Tu ferais mieux de t'occuper de l'instant présent et l'instant présent, c'est le groupe !

- Comment veux tu que je vive l'instant présent alors que je suis hantée par mon passé ? répliqua la jeune femme

- Bordel, ouvre les yeux, ton mec t'a abandonné…

C'était parti tout seul, elle n'avait pas supporté qu'il parle de Lui et l'avait giflé. Elle se tenait là devant lui, le feu aux joues :

- Ne t'avise plus jamais de parler de lui comme ça ! Tu ne le connais pas. Il avait une bonne raison de partir.

Daryl la fixait, elle venait de le gifler et malgré ça, il ne la quittait pas des yeux. Elle l'entendit parler calmement :

- Il suffirait que tu me l'expliques…

Morgan s'avança soudain sur lui et lui tira le tee shirt vers le haut tout en désignant ses cicatrices, elle rétorqua :

- Et toi, tu m'expliquerais ça ?

Devant le mutisme de l'homme, Morgan ricana :

- C'est bien ce que je pensais, finalement, tu ne vaux pas mieux que moi !

Morgan lui tourna le dos et prit appui sur les lavabos. Elle ne voulait plus le voir. Pourtant lorsqu'elle ne l'entendit pas partir, elle ne put s'empêcher de regarder dans le miroir, Daryl la fixait toujours. Au bout de quelques instants, il dit :

- L'homme que j'étais n'est rien à côté de l'homme que je suis maintenant, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.

- Ce que j'ai besoin de savoir, je le sais déjà, t'es qu'un connard !

Sur ces mots, Daryl récupéra ses affaires et s'en alla. Quand elle fut seule, elle soupira, décidément même l'épidémie n'avait pas réussi à lui faire perdre son sale caractère, il fallait toujours qu'elle ait le dernier mot. Ce petit jeu avec Daryl était drôle au début, ils s'envoyaient des piques, se donner des surnoms pas très sympathiques, essayer de se faire parler mutuellement, mais aujourd'hui, ce jeu ne l'amusait plus, c'était allé trop loin.


Daryl ne pouvait croire ce qui était en train de se passer, il était en train de rêver, non c'était un cauchemar. ELLE, Morgan, prenait un malin plaisir à le tourmenter, à le pousser dans ses retranchements, elle avait toujours le mot pour le titiller et le pousser à bout. Sa mâchoire était tellement crispée qu'il en avait des crampes. Comment en étaient-ils arrivés là ? Pourquoi voulait-il en savoir plus sur elle ? Pourquoi ça le préoccupait tant que ça ?

Cette fois, lui aussi avait poussé le bouchon un peu loin en lui disant ce qu'il pensait du gars qu'elle recherchait. Elle l'avait giflé, rouge de colère. Il avait atteint le point de non retour et Morgan s'était emballée aussi en demandant des explications sur ses cicatrices. Mais il n'avait pas envie de lui en parler, pas envie qu'elle le regarde avec pitié et qu'elle le plaigne, il préférait plutôt qu'elle garde de lui cette image d'un homme rustre, sans état d'âme et ne surtout pas passer pour une victime. Elle se moquait de lui encore quand elle lui balança :

- C'est bien ce que je pensais, finalement, tu ne vaux pas mieux que moi !

Puis elle lui avait tourné le dos, mettant fin à leur dispute. Mais il était resté là, essayant de dire quelque chose de pertinent, mais il ne trouva pas quoi dire. Quand enfin, elle leva les yeux sur lui dans le reflet du miroir, il lui lança la seule chose dont il était vraiment sûr :

- L'homme que j'étais n'est rien à côté de l'homme que je suis maintenant, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.

Ce à quoi elle avait répliqué :

- Ce que j'ai besoin de savoir, je le sais déjà, t'es qu'un connard !

C'était suffisant pour lui, ça ne servait à rien de poursuivre, cette nana était aussi têtue qu'une mule, aussi têtue que lui.

Quand il fut habillé, il se rendit sur le mirador où était perchée Michonne. Il regarda les alentours, puis posant les yeux sur la femme accoudée à la balustrade, il lui lança :

- Ça va être une grosse journée.

Michonne leva les yeux vers lui.

- La rencontre avec Taylor, continua Daryl

- Ça devrait être rapide. Morgan et moi, on vous accompagne au rendez-vous Rick et toi, puis nous retournerons au ravitaillement.

- Besoin d'aide ? demanda-t-il en regardant les alentours avec les jumelles

- Je pense qu'on va y aller en duo, c'est suffisamment tendu entre vous !

Ce fut au tour de Daryl de lever les yeux vers elle, ce n'était pas de Michonne de se mêler des affaires des autres. Mais il ne s'en formalisa pas, se disant que, de toute façon, Morgan était la dernière personne avec qui il voulait être aujourd'hui. Il entendit quelqu'un grimper dans le mirador, c'était Rick. Le shérif semblait anxieux.

- Nerveux ? demanda Daryl

- Un peu, on ne sait pas vraiment qui ils sont, ni comment ça va se passer !

- Comment on procède ? demanda Michonne

- J'ai vu avec les autres, Glen et Maggie restent ici pour veiller sur la prison et le reste du groupe. J'irai au rendez-vous de Woodbury dans un premier temps. Daryl, tu m'attendras à l'écart dans une voiture, il ne faut pas qu'ils te remarquent. Puis nous nous rendrons à l'autre rendez-vous où vous nous attendrez Morgan et toi. Tu m'as dit que vous retourniez au ravitaillement après ?

- Oui, si on est dehors autant en profiter, je pense qu'on sera partie entre trois et quatre jours.

- Si longtemps ? s'étonna Daryl

Michonne ne répondit pas et regarda derrière lui. Le chasseur se tourna, Morgan était là et c'est elle qui répondit :

- Nous avons déjà tout visité aux alentours, il faut qu'on commence à s'éloigner si on veut espérer ramener quelque chose. On sera prudente, comme toujours !

- Connaissant ton penchant pour le danger, laisse-moi en douter ! marmonna Daryl

Il vit Morgan hausser les sourcils, mais Rick les coupa :

- Ecoutez-moi bien tous les deux, ce n'est pas le bon jour pour vos querelles, si quelque chose se passe mal aujourd'hui, j'ai besoin que vous soyez opérationnel ! Compris ?

-Pas de problème pour ça ! assura le chasseur

Morgan lui balança un regard noir et au moment où elle allait dire quelque chose, Daryl vit Michonne secouer la tête, Morgan se stoppa et dit doucement à Rick :

- Tu n'auras pas de souci avec moi !

- Bien ! On en reparle tout à l'heure. Daryl, allons préparer les véhicules.

Daryl descendit le mirador en suivant Rick. Quand ils furent en bas, il observa les deux femmes, elles étaient proches l'une de l'autre et semblaient se parler à voix basse. Au bout de quelques instants, elles se rendirent compte qu'il les fixait, elles tournèrent la tête vers lui, puis se dispersèrent de chaque côté du mirador. Daryl rattrapa Rick au hangar où ils avaient stationnés les véhicules.

- Il y a un truc qui pue ! lança Daryl

- Comment ça ?

- Les filles, elles préparent un truc, j'en suis sûr !

- Qu'est ce qui te fait croire ça ?

- Depuis la visite de Tyreese, elles complotent toutes les deux.

- Elles se sont bien trouvées ces deux-là !

- Je trouve ça bizarre qu'elles s'absentent aussi longtemps.

- Je leur fais confiance, décréta Rick, mais, j'ai aussi confiance en ton instinct. J'espère juste que ton jugement n'est pas faussé par votre altercation de la dernière fois…

Daryl regarda Rick qui se tenait droit devant lui et attendait qu'il réponde. Daryl pensa à ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans la salle des douches. Jamais il n'avait laissé quelqu'un, et encore moins une femme, le pousser ainsi dans ses retranchements. Et lui n'avait jamais fait ça non plus envers une autre personne. Le chasseur admit que Morgan avait raison sur un point, il ne valait pas mieux l'un que l'autre. Perdu dans ses pensées, Rick l'interpella :

- Daryl ?

- Aucun rapport, mais crois-moi, il y a anguille sous roche. C'est mauvais les conspirations de bonne femme !

Rick soupira :

- Comme si on avait besoin de ça… Tu as quelque chose à proposer ?

- J'y réfléchis.

Rick se tourna vers les deux véhicules et commença à en faire le plein.


Deux heures plus tard, Morgan se rendait au lieu de rendez-vous avec Michonne, celle-ci conduisait tandis que Morgan avait allongé ses jambes sur le tableau de bord et se rongeait les ongles.

- Stressée ? demanda Michonne

- Il pourrait se passer des milliers de choses qui m'empêcheraient de les suivre…

- C'est de Daryl dont il faut se méfier.

- Oui, le connaissant, il a flairé un truc ! répondit Morgan

Michonne sourit en réponse.

- J'espère juste qu'il ne fera part de ses soupçons à Rick. Continua Morgan

- T'as préparé tes affaires ?

- Je voyage léger, j'ai pris un couteau.

- C'est tout ?

- Mes hachettes sont trop voyantes. De toute façon, ce sont des militaires, ils seront toujours mieux armés que moi. J'ai pris une veste à capuche et une casquette, si je camoufle mes cheveux, je peux peut être passer pour un gars.

- Ça ne me plait pas de te laisser y aller seule.

- Michonne, on en a déjà parlé…

- Non ! Tu as parlé et tu ne m'as pas laissé le choix.

Morgan se tourna vers celle qui l'accompagnait et fut surprise de voir son air déterminé.

- Si c'est encore un groupe du gouverneur, on ne peut pas prendre le risque qu'il te reconnaisse, affirma Morgan, et de plus, ça sera à toi de protéger le groupe contre une « possible » attaque.

Michonne arriva au lieu de rendez-vous et freina brusquement. Morgan la regarda :

- T'as intérêt de te pointer au rendez-vous.

- J'y serai, ne t'en fais pas.

Les deux femmes sortirent du véhicule et observèrent les alentours. Aucun rôdeur en vue, Morgan s'installa sur la voiture contre le pare brise, tandis que Michonne s'assit sur le capot. Elles attendirent.

Quelques minutes plus tard, Les deux femmes furent surprises de voir un gros camion militaire s'avancer vers elles. Michonne se tourna vers Morgan, celle-ci sauta de la voiture et pénétra à l'intérieur pour en sortir une mitraillette. Elle retourna aux côtés de Michonne qui lui murmura :

- Ils ne devraient pas être à Woodbury ?

- Si.

Le véhicule se stoppa à une dizaine de mètres du leur. Une dizaine de militaires en sortirent armés, l'un d'eux s'avança et les salua :

- Mesdames.

- Où est Taylor ? demanda Morgan

- Le Colonel Taylor, rectifia le soldat, est en pourparlers avec un autre groupe. Il nous a envoyé sécuriser le périmètre pour son arrivée. Et vous ? Vous êtes en avance.

- On est là pour la même chose. Répondit Michonne

- Bien, je vais envoyer mes gars dans les environs, pour vérifier quand même.

- Vous avez peur qu'on vous tende une embuscade ? demanda Morgan

- Simple mesure de précaution, lança le militaire, je suis l'adjudant Jefferson, vous pouvez m'appeler Jeff.

- Morgan, et voici Michonne.

- Bien.

Jeff donna des instructions à ses hommes qui se dispersèrent dans les bois, tandis que deux restaient en retrait près de leur camion. La tension était palpable, Morgan garda sa mitraillette en main, mais s'assit sur le capot de sa voiture. Michonne faisait les cent pas, la main sur le manche de son katana. Jeff revint vers elles et leur tendit une bouteille d'eau. Michonne déclina l'offre, de même que Morgan. Jeff rit aux éclats.

- Ce n'est que de l'eau…

- Comment est votre camp ? demanda Michonne

Jeff fut surpris par la question si directe et ne répondit pas. Ce fut au tour de Michonne de sourire :

- Je ne vous demande pas où vous êtes basés soldat, je vous demande comment vous êtes installés.

- Je n'ai pas le droit d'en discuter avec vous.

- Un militaire qui tremble devant une femme ?

- J'ai des ordres !

- On ne va pas vous forcer à enfreindre les ordres alors ! finit Michonne en s'installant sur le capot les bras croisés

- La seule chose que je peux vous dire, c'est que cet endroit sera mieux pour vous que d'errer dans la nature et risquer vos vies en fouillant les maisons, déclara l'adjudant

- Moi, ça ne me dérange pas, il parait que je suis une shootée à l'adrénaline ! balança Morgan en repensant à la pique de Daryl, mais dites-moi, qu'est ce que vous pouvez nous apporter de plus que ce qu'on a déjà ?

- La survie vous a rendu sarcastique Madame ! On a tout à vous apporter : l'équipement, la nourriture, l'eau potable, la sécurité, d'autres gens…

- Il faut vous méfier des autres gens… répondit Michonne plus sérieuse

- Dois-je me méfier de vous ? interrogea le soldat sur le même ton

Michonne et le soldat se toisèrent, la jeune femme lui dit :

- Je dirai que non et vous en serez convaincus quand votre Taylor rencontrera notre chef.

Sur ces mots, le soldat retourna auprès de ses hommes, revenus de leur vérification du périmètre. Chacun resta de son côté.

Morgan commença à s'impatienter et surtout, elle se rendit compte que si elle voulait se cacher dans ce camion, elle allait devoir déjouer leur vigilance. Elle doutait de plus en plus de son plan, mais elle savait qu'elle n'aurait plus jamais une occasion pareille. Une voiture arriva dans leur direction, c'étaient Rick et Daryl. Quand ils sortirent de la voiture, Rick s'étonna de voir les militaires déjà présents et Morgan armée :

- Ils sont arrivés en avance, je me suis dit que ce serait mieux s'ils voyaient que nous aussi, nous avions des armes !

- Morgan, tu ne sais pas tirer avec une arme ! lui lança Rick

- Oui, je le sais, mais eux non ! J'ai tenté un coup de bluff !

- Comment ça s'est passé à Woodbury ? demanda Michonne

- Bien, ceux de Woodbury ont décidé de partir avec Taylor, qui, je dois l'avouer, à l'air d'être un type réglo ! répondit Rick à voix basse

- Tyreese part avec eux ? interrogea Morgan

- Non, Karen, Sasha et lui vont nous rejoindre à la prison, intervint Daryl en lui prenant la mitraillette des mains

Le petit groupe se tourna en entendant des bruits de moteur. Un autre camion, ainsi que deux jeeps se stoppèrent près du véhicule de Jeff. Le Colonel Taylor descendit d'une des jeeps et parla avec l'adjudant Jeff. Celui-ci lui fit le salut militaire et écouta les instructions. Jeff repartit avec un des camions et une jeep, ainsi qu'avec les dix soldats arrivés auparavant. Quand le camion fit demi-tour, Morgan aperçut les gens de Woodbury assis à l'arrière. Il ne resta plus qu'un camion, une jeep, six soldats et Taylor.

Quand celui-ci s'approcha, il salua le petit groupe :

- Bonjour. Morgan, Michonne, Daryl et… Rick ! Alors vous n'êtes pas membres du groupe de Woodbury.

- Non.

- Difficile de commencer une relation de confiance ainsi, continua Taylor

- Vous pouvez comprendre que nous nous méfions des autres groupes et encore plus quand ceux-ci débarquent en promettant la Terre Promise, répondit Rick

- Vous avez pris votre décision ?

- On ne peut pas tout quitter en nous basant uniquement sur vos dires !

Le Colonel Taylor les observa tour à tour.

- Nous avons une zone sécurisée avec des vivres, de l'eau et des gens pour assurer votre protection. Il y a encore du bon en ce monde vous savez. Je tente de refonder une civilisation, de nous regrouper pour être plus fort. Nous devons nous entraider pour construire quelque chose qui durera dans le temps et essayer d'avoir un avenir.

Ce fut au tour du groupe de le regarder et de méditer sur ses paroles.

- Avez-vous eu des problèmes avec d'autres personnes ? demanda Daryl

- Oui, ça nous est arrivé, répondit Taylor

- Et comment réglez-vous le problème ? interrogea Rick

- Ça dépend de leur degré d'hostilité… Mais il faut que vous sachiez que ça fait plusieurs semaines que nous n'avons pas eu de problème de ce genre.

Morgan vit Rick regarder Daryl, celui-ci haussa les épaules.

- Je ne peux pas prendre cette décision seul, Colonel Taylor, il faut que j'en discute avec le reste de mon groupe. Peut être que si vous nous disiez où vous êtes basés… tenta Rick

Le Colonel éclata de rire :

- Et si vous me disiez où est votre campement ?

Morgan souffla et prit la parole :

- Cette conversation ne nous mène nulle part, on est dans une impasse là ! Taylor, je comprends votre manque de confiance, comprenez le nôtre. Vous avez l'air de vadrouiller souvent hors de votre camp, je me trompe ?

- C'est exact, la recherche d'autres groupes de survivants fait partie de nos activités prioritaires.

- Et si vous nous donniez un point de repère, un endroit où vous vous rendez souvent ? Si nous changeons d'avis, nous vous retrouverons là-bas. Qu'en pensez-vous ?

- J'en pense que ça peut se faire.

Il tira une carte de son gilet et la posa sur le capot de leur voiture, Morgan et ses compagnons se penchèrent dessus. Le Colonel leur désigna une route.

- Dans ce secteur, il y a un vieil hôpital, nous l'avons nettoyé et sécurisé, mes hommes s'y arrêtent toutes les deux semaines. Retrouvez-nous là bas quand vous aurez décidé de nous rejoindre, proposa le Colonel

- C'est une proposition qui me convient ! approuva Rick

Le Colonel lui tendit la main, Rick la serra. Puis ils se séparèrent et Taylor leur lança :

- Au plaisir de vous revoir !

Morgan regarda Michonne. Ca allait être le moment. Rick se tourna vers elles :

- Nous retournons à la prison avec Daryl, soyez prudentes toutes les deux !

- On fera attention ! le rassura Michonne

Rick et Daryl grimpèrent dans leur véhicule et le mirent en marche. Daryl ouvrit la fenêtre pendant sa manœuvre et leur lança avant de partir :

- Ne faites pas de connerie !

Michonne et Morgan rentrèrent dans leur véhicule. Michonne commença à faire demi-tour à très faible allure. Dans le rétro, elles virent la jeep faire demi-tour et repartir. Le camion resta en arrière pour finir sa manœuvre.

Il n'y avait personne à l'arrière, Michonne lui lança :

- C'est le moment ! A dans trois jours !

Morgan ouvrit la portière et se précipita sur le camion toujours en marche arrière. Elle sauta et s'accrocha à l'arrière, elle n'avait pas prévu que se soit si haut. Elle dut se hisser à la force des bras, réussissant à prendre appui sur l'attelage et se laissa tomber de l'autre côté. Elle se releva et tendit son pouce à Michonne qui roulait dans la direction opposée. Morgan regarda l'arrière vide du camion, il y avait deux bancs et une malle en fer. Elle s'assit dans un coin derrière la cabine et se cacha dans l'ombre. Son cœur battait la chamade. Comme une impression de se jeter dans la gueule du loup. Morgan repensa à la dernière phrase de Daryl, « ne faites pas de connerie », c'était exactement ce qu'elle était en train de faire et elle espérait juste qu'elle ne s'en mordrait pas les doigts.